Pierre Aycelin de Montaigu
5. (îui de Iloncourt, chevalier, au service du duc d'.\njou en 1379, gouverneur du bailliage d'Amiens en 1385 {Bibl. nal., Clair, vol. 60, n" 14 et
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Tristan du Bos. Ces commissaires' apprennent à Tournai de Jean Bonenfant^ et de Jean Piétart^, qui se sont occupés de l'écliange des prisonniers avec Courtrai, que Ptiilippe d'Artevelde ne veut point entendre parler de traiter avant la prise d'Audenarde et de Termonde ; mais, confiant dans le bon sens des Flamands, ils adressent à chacune des trois villes, Gand, Bruges et Ypres, une lettre portée par un messager spécial. P. 273, 274, 391.
Par cette lettre, datée du IG octobre 1382, les trois bonnes villes sont informées que le roi de France, désirant voir la paix se rétablir entre le comte et son peuple, ne saurait tolérer l'alliance que les villes de Flandre pourraient contracter avec le roi d'Angleterre. En conséquence, les commissaires demandent un sauf-conduit leur permettant de mener à bien les négociations de paix. P. 274, 391, 392.
Les trois messagers arrivent et sont retenus prisonniers. Philippe, qui a lu la lettre à Gand, va la communiquer au seigneur d'Herzeele sous les murs d'Audenarde. P. 274, 275, 392.
Réponse de Philippe, datée d'Audenarde, 20 octobre 1382 '■ :
63), était seigneur de Laitlain el de Fontaines, conseiller du roi [Bibl. nat.. Pièces oiig. vol. 1530) en 1387, et plus lard bailli de VoiMnandois. Nous l'avons déjà mentionné à Bpihune et à Haui en 1380 (t. IX, |i. en).
1. Ces commissaires, auxquels une chroniiiue de Flandre ajoute Enguerran de Hedin (Ist. el chr., t. II, p. 260), arrivaient en octobre à Tournai [Chronographia. t. III, p. 40) et demandaient par deux fois un sauf-conduit à Philippe d'.\rtevelde pour aller traiter avec lui, mais celui-ci refusa Insolemment une première l'ois de Gand à la date du 10 octobre, une seconde fois d'Edelaere à la date du 14 (Ist. et chr., t. II, p. 261-262). Une autre rédaction note ce|iendant que (|ueli|U('s-uns des commissaires allèrent à .\udenardc parlementer avec Philipiie {Ibid., p. 207).
2. Jean lionenfant, bourgeois de Tournai, premier échevin de Saint- Brice en 1379, était marcUand de vins (Kervyn, t. XX, p. 357).
3. Sur Jean Piétarl, bourjj;eois de Tournai, tanneur, plusieurs fois mayeur des éclievius de Saint-lirice, voy. Kervyn (t. XXII, p. 358-359).
4. Cette lettre du 20 octobre a ('■té publiée par M. J. Vuylsteke dans les Reheningen der Stad Cent (|i. 461-463) d'après un ms. de Gand qui offre quelques variantes avec notre texte et modilie même le sens de toute une phrase; c'est ainsi qu'à la ]>. 276, 1. 19-22, au lieu de mais il... entre nous (leçon qui se retrouve à peu près semblable dans tous les mss., même ceux de la Chronique de Flandre, cf. Biljl. nat., fr. 5004, fol. 145 r°), on lit dans le ms. de Gand : mais il vous samble que, selonc nosire response à vous sur ce envoiée que nous n'avons volenté de entendre à la voye du traitie' ; sur quoy fermement sachiés que nul traitie n'enquerrés entre vous.
Lxxvi CHRONIQUES DE J. FROISSART.
il s'étonne que son souverain seigneur, le roi de France, veuille aujourd'hui s'interposer en faveur de la paix, alors qu'il ne lui a pas répondu naguères sur le même sujet. Aucun traité n'aura lieu tant que toutes les villes et forteresses de Flandre ne seront pas ouvertes au peuple flamand; jusque-là, tous les messagers seront emprisonnés. P. 275 à 278, 392, 393.
Cette lettre est confiée à un écuver d'Artois qui avait été fait prisonnier. Il la remet, à Tournai, à l'évêque de Laon et aux autres commissaires royaux, qui la communiquent au prévôt et aux jurés de la ville. P. 278 à 280, 393.
Voulant ne pas trop s'aliéner les gens de Tournai, Philippe leur écrit quelques jours après (23 octobre), pour leur dire qu'il désire vivre toujours en bonne amitié avec eux, qu'il regrette de ne pouvoir encore mettre en liberté les messagers, mais qu'il accorde toute facilité aux marchands pour trafiquer et passer par les Flandres. P. 280 à 282, 393, 394.
Cette lettre est apportée à Tournai par un valet de Douai ; elle est lue en présence des commissaires royaux, qui conseillent aux gens de Tournai de ne pas répondre aux avances des Gantois, de crainte de mécontenter le roi de France et le duc de Bourgogne. Trois jours après, les commissaires retournent à Péronne ' auprès du roi et de ses oncles. P. 282, 283,
La veille, le comte de Flandre était arrivé pour plaider sa cause et faire hommage du comté d'Artois, qu'il venait d'hériter de sa mère. L'orgueil des Flamands et leur désir de s'allier aux Anglais décident le roi à soutenir les droits de son nouveau vassal^.
1. Nous ne Irouvons ni dans les Séjours de Charles VI ni dans les Itiiicraires de M. Petit la mention à cette date du séjour à Pcronne du roi ou du duc de Bouriîûgne
2. « Pluiseur noble du conseil du roi ne consillèrent mie que li rois « entn'iirinsl le fait, pour ce ipie li Flanienc estoient fori et douté, et 0 ]i(iur ce (|uil sambloit à aucuns que li contes na\oil une on temps (( passé oliey à la couronne de Franche dont il devoit le conte de Flandres a tenir en pairie. » Ce (pii décida l'intervention royale fut la promesse que le comte ferait hommage de son comté au roi {Ist. et clir., t. II, |i. Î07). On feignait du reste de ne prendre aucune décision ferme, et il fut convenu que le roi irait d'abord à Arras « et là se jirendroit la conclu- « sion de ce (piil devroit faire » {Ibid., p. 262).
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Le comte retourne à Hesdin, et le roi appelle à Arras tous les gens d'armes du royaume'. P. 283 à 285, 394, 395.
Le comte s'occupe des vivres nécessaires à l'armée royale"^. Le roi arrive à Arras ^, où le comte le rejoint; en recevant son hommage', il lui promet de le secourir en Flandre. P. 285, 286, 395.
Bien qu'il afTecte de se moquer des entreprises du jeune roi de France, Philippe d'Artevelde n'en appelle pas moins à Audenarde le seigneur d'Herzeele pour le remplacer, tandis qu'il part pour Bruges et Ypres^. Craignant que les Français ne traversent la Lys, il charge Pierre du Bois de garder le passage de la rivière à Commines" et Pierre de Wintere de défendre le
1. C'est vers la mi-octobre, à Arras, que (levaient se réunir les gens d'armes [Religieux de Sainl-Denis, t. 1, |). 174). La Chronographia fixe le rendez-vous à Corbio et à Péroune pour le 10 octobre (t. 111, |). 39).
?. Quoi (|u'en dise l'roissart, la dislriliution des vivres l'ut moins qu'assurée et l'arnire royale, ne recevant pas de solde, iiilla la province d'Artois, abandonnée aux hommes et aux chevaux {[st. et chr., t. II, p. 210; cf. Chronographia, t. III, p. 41).
3. C'est de Conipiègne que Charles VI partit pour la Flandre; et avant son départ, le 28 octobre, il écrivail une lettre au bailli de Rouen pour presser l'envoi dune troupe de 1(1(1 arbulétriers {Bil)t. nat., PorlefeuiUes Fontanieu, vol. !)ii-lUU, fol. 1.5'2-)3tJ). Les <liverses chroniques fournis.senl des dates dittcrcnlos pour l'arrivcc de Charles VI à Arras. D'ajirès les Séjours de Charles VI, le roi était les 30 et 31 octobre à Nesle, le 1" novembre à l'abbaye de Saint-^Mcolas d'Arrouaise et le 3 à Arras. Le prince Louis, frère du roi, vint aussi à Arras, mais le conseil décida son éloignement, voulant assurer la succession au trône, au cas où il arriverait malheur au roi [hl. et chr., t. II, p. "210-211). L'armée royale était forte de 10,000 honnnes, sans conqiter les arbalétriers, les gens de ]>ied, les troui)es légères et les valets d'armée [Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 188).
4. C'est à l'abbaye de Saint-Nicolas d' Arrouai.se, le 1" ou le 2 novembre, (|ue le comte de Flandre « lîst hommage au roy de toutes les terres qu'il « devait tenir du roy et du royaufue « [Ist. et chr., t. II, p. 210). Le comte était du reste arrivé à Arras bien avant Charles VI, puisqu'à la date du 26 octobre il donnait <[uiltance eu cette ville à Gilles Basin, son jianetier, d'une certaine somme enqiruntéc pour lui [Chr. rimée, p. lOti).
5. D'après le Religieux de Sainl-Denis (t. I, p. 190), le roi, avant de commencer la campagne, ht sommation de iléposer les armes et de rentrer dans le devoir a Philippe d'Arti'veldc, iiui refusa. C'est sans doute une allusion à l'échange de correspondances i|ui eut lieu précédeuunent entre Philippe et les commissaires royaux.
6. Nord, arr. de Lille, sur la rive droite de la Lys; la partie belge de la ville est sur la rive gauche.
LXXvm CHRONIQUES DE J. FROISSART.
pont de Warneton, avec ordre de rompre les ponts d'Estaires', de la Gorgue^, de Merville' et autres jusqu'à Courtrai. Philippe pense ainsi empêcher le roi de France de pénétrer en Flandre, jusqu'à l'arrivée des troupes anglaises, qui ne saurait tarder. P. 286 à 288, 395, 396.
Un certain nombre de chevaliers et écuyers de la garnison de Lille, 120 hommes environ, tentent, sous la direction du Hase de Flandre, de faire une chevauchée. Ils passent la Lys à Menin* et dévastent la ville, tuant et chassant tout devant eux; mais au retour, assaillis par les paysans, ne pouvant se servir du pont qui s'est brisé, ils perdent, tant tués que noyés, plus de 60 des leurs, sans parler des blessés'', parmi lesquels il faut compter Jean de Jeumont. Le châtelain de Bouillon et Bouchard de Saint-IIilaire'' sont tués; Henri de Dufïle^ se noie. P. 288 à 291, 396, .397.
Tandis que Pierre du Bois démolit le pont de Commines, Philippe apprend à Ypres la défaite des Français et s'en réjouit. Pendant cinq jours, il harangue le peuple, lui faisant entrevoir l'appui de l'Angleterre, et, confiant dans la fidélité des habitants, il retourne au siège d'Audenarde en passant par Courtrai, où il se repose deux jours. P. 291, 292, 397.