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roi Edouard III, pour payer ses troupes devant Tournai'. P. 261 à 263, 388.
Après avoir pris l'avis de Pierre du Bois et de Pieri'e de Wintere, capitaines de Bruges^, et de ceux d'Ypres et de Courtrai, Philippe organise son aniliassade : chaque bonne ville enverra un ou deux bourgeois, Gand en enverra six^, à savoir François Ackerman ', Basse vande Vcorde-', Louis de Vos^, Jean de Scotelaere', Martin vande Water* et Jacques de Brauwere'.
Ffelbrigg, écuyers, députés vers les Gantois [Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 9, 11 et 13). A la date des 19-24 aoiil ligure aussi dans les comptes de la ville de Gand rembarquement des échcvins de Gand Mic.hiel Boene et Jan de Hcrt. et à la date du 13 septembre le départ |iour l'Angleterre de Laurent de Maech, de Jan de Jonghe et de Jan uten Broucke {Rekenin- (jen, p. 328-329).
1. Voy. le passage relatif à cet emprunt de 200,(100 florins ou 50,000 marcs dans la rédaction du ms. de Rome, t. II, p. 256-257.
2. Philippe d'Arteveldc était à Bruges du 4 au 8 septembre 1382; nous le trouNons sous les murs d'Audcnardc ou à Edelaere du 12 septembre à la lin de novembre {Rekeningen, p. 328-331).
3. Le récit de Froissart renferme plus d'une erreur et plus d'une confusion dans rénumération des ambassadeurs llainands. Cette ambassade se composait en etïet de 12 membres, dont les noms nous ont été conservés par les lettres de créance (jui leur furent données le 14 octobre 1382. C'étaient Willem van Coudenberghe, Willem vanden Pilte, Race vander ■Voerde, Jan van Waes et Michiel Boene, rejirésenlant Gand; Lodewijc de Vos, Jacop de Scoteleere, Jacop de Bruwere et Willem Matlen, représentant Bruges; Gillis Tant, Jacop Moanin et Lamsin de Borcbgrave, représentant Ypres {Rekeningen, \\. 457-459; voy. aussi Gachard, Mémoires de l'Académie de Belgique, t. X.WII, p. 37). Aux cinq envoyés de Gand étaient adjoints Gillis van Wijnvelde, Martin van Erpe et Pieter van Beerevelt [Rekeningen, p. 330).
4. François Ackerman ne [louvait faire partie de l'ambassade, étant à cette époque parti pour la Rochelle à la léte d'une Hotte {Rekeningen, p. 345).
5. Mentionné plusieurs fois dans les Rekeningen der Stad Gent (p. 278, 298 et 310).
6. Ce Louis de Vos est peut-être le même que ce bourgeois de Gand, qui, en 1383, à la bataille de Dunkerque, fut fait chevalier (Kervyn, t. X, p. 225).
7. Nous trouvons un Jean de Scotelaere mentionné en 1380 dans les Rekeningen (p. 184); mais il est à remarquer ([ue l'envoyé de Bruges se nommait Jacques et non Jean.
8. Martin vande Waler fut le successeur, en 1384, de l'évèque urbaniste de Gand, Jean de West; il ne faisait pas partie de l'ambassade (cf. Kervyn, t. X, p. 463).
9. Le nom de Brunere, qui appartient ici à un bourgeois de Bruges, est fré(pionl à Gand [Rekeningen, p. 64, 84 et 97).
LXXli CHRONIQUES DE J. FROISSART.
Aces envoyés se joint un clerc', parent de Philippe d'Artevelde, qui vient d'être élu évêquo urbaniste de Gand en remplacement de Jean de West^, ancien doven de Notre-Dame de Tournai.
L'ambassade, composée de douze bourgeois, quitte le camp d'Audenarde au commencement de juillet' et arrive à Calais. Le capitaine de la ville, .Jean d'Evreux, leur procure des bateaux pour passer en Angleterre. Ils débarquent à Douvres et arrivent à Londres, bien accueillis par la population anglaise.
Le roi venait de donner à Perducat d'Albret, en récompense de ses services, la terre de Cauraont en Gascogne, qui, après le décès de Jean de Caumont '' et d'Alexandre, son frère, morts tous deux sans héritiers, avait été attribuée par le roi à Jean
1. Ce clerc, dont le noin esl siippriiné dans la ])lupart des manuscrits, est appelé Bande Quintin dans l'un (c'est la leçon que nous avons adoptée) et Hinvart de Sueskes dans un autre: mais ces noms sont tout à fait fantaisistes. Nous avons consulté à ce sujet M. Julius Vuylsleke, dont la coniiiélence esl f;rando pour tout ce qui regarde l'histoire de Gand. Il nous a ^gracieusement répondu et sa conclusion esl (jue le jiersonnage en question ne peut être que maitre Willem do Coudenherghe. l'un des ambassadeurs. Malgré la valeur de celte autorité, nous croyons qu'il faut plutôt reconnaiire dans le clerc de Froissarl. parent de t'hilippe d'.Xrtevelde, Martin van Erpe, neveu de Philippe cl plus lard nu de ses hériliers, un de ceux qui avaient été adjoints à ranil)assade(voy. p. lxxi. noie 3). En faisant de ce clerc anonyme le successeur prématuré de l'évéque urbaniste Jean de West, l<'roissarl l'idenliliait avec Martin vande Water, qu'il avait déjà mentionné à tort comme accompagnant l'ambassade.
2. Jean de West, évéque urbaniste de Gand, (]ue Froissarl semble avoir confondu avec l'échevin Jan van Waes, suivi dans celle erreur par Meyer (fol. 186 \") et ]iar Kervyn de Lettenhove {Histoire île Flandre, t. III, p. 505), a laissé peu de traces dans l'histoire de Gand. Cet ancien doyen de Tournai, nommé par les Gaulois, en haine de la France clémentine, évéque de Tournai à la place de Pierre d'.\uxy, avait élé pourvu en 1380 de bulles régulières ]iar Urbain VI (Valois, La France el le grand schisme, t. I, p. 261). C'était un grand clerc. <lisent les chroniques du lenq>s {/s/, et chr., t. II, p. 175; dom Smel. Rec. des chr. de FI., t. III. ]). 273); il mourut en 1381 et fut enterré dans labhayc de Saint-Victor de Waestmunsler prés de l'ermonde, revêtu de ses habits pontiticaux (Gallia chrisliana. I. lit, col. 229).
3. l^c's ambassadeurs qui vinrent recevoir leurs instructions de Philippe d .Vrievelde elaicrit à Edelaere du 30 septembre au 2 octobre ; ils partirent le 17 {Itel.eiiiiigen. p. 32'.l-:i30\
A. Ce Jean de ('aunionl semble devoir être nommé Raymmid (P. Anselnie. t. IV, p. i.Sl). Par contre, runis trouvons un .lean de Caumont. sans doute frère de Nompar de Caumonl \lbid., t. IV, p. i70),ecuycrcn Flandre et à l'Écluse en 1387 et 1388 [Bibl. nat.. Pièces orig. vol. 622).
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Chandos, puis à Thomas de Felton. P. 263 à 265, 388, 389.
Perducat accepte la terre de Caumont et s'engage, lui et son hoir, à servir le roi d'Angleterre contre toul ennemi, excepté contre la maison d'Albret, dont il est issu. Il est mis en possession de sa nouvelle terre par le sénéchal de Bordeaux, Jean de Neuville', mais meurt hientôt, laissant son héritage à un jeune cousin, Perducet, qui prend les mêmes engagements vis-à-vis du roi d'Angleterre 2. P. 265 à 267, 389.
Les ambassadeurs flamands sont reçus par le conseil du roi ; ils demandent l'alliance do l'Angleterre et offrent au roi 100,000 hommes pour combattre les Français^; mais ils tiennent avant tout à être remboursés des 200,000 vieux écus prêtés autrefois par Jacques d'Artevelde ''. Les seigneurs
1. Perducat d'Albret, que nous voyons le 6 mai 1381 recevoir du roi d'Angleterre la confirmation du don de la ville de Bergerac, qu'il avait reçue précédemment du roi Charles V, se retrouve à la Rochelle, après le 6 mai 13S1 (Labrouo, Le lirre de vie, p. 154) et à Londres lors de l'insurreclion de 1381 (voy. plus haut, p. xxxi), reçoit le 6 septembre le don de la baronnie de Caumont et autres lieux (Hec. Off'., Privij Seals 473, n° 1901), après avoir reçu le 1" du même mois les terres du seigneur de Langoiran rebelle {Ibirl., 471, n° 1897). Il reçoit le 25 octobre un don d'argent {Rec. 0/f'., Issue Rolls 304, m. 5), le 0 mai 13S2, le château de Verteuil-de-Castelmorou (Labroue, p. 159); enlin, le 26 juillet de la même année, 50 livres à valoir sur une somme ]iromise par le roi Edouard. Cette somme de 50 livres est délivrée à « Bertucato de la Brette de dominio (I Aquitannie, nuper capto de guerra in servicio régis per gentes fran- (( cigenas, inimicos régis, et pro instante prisonario existent! » [Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 13). Sur Perducat d'Albret, alors qu'il était au service de la France, voy. une note de Siméon Luce (t. VII, p. civ, note 2).
2. La note précédente montre que Perducat d'Albret ne mourut que passé le 36 juillet 1383, au moins près d'un an après avoir été mis en possession de la baronnie de Caumont.
3. Les ambas.sadeurs flamands étaient porteurs d'instructions que nous résumons d'après le texte qu'en a donné Kcrvyn (t. X, p. 464-466). Ils demandaient la confirmation des privilèges à eux accordés par les rois d'Angleterre, l'établissement à perpétuité en Flandre de lestaple de la laine, la proleclion par une Hotte anglaise du commerce que la Flandre entretenait avec la Rochelle et autres villes du continent, le paiement par termes de la somme de 140,000 livres sterling octroyées autrefois aux Flandres par le roi Edouard, enlin l'expulsion hors du territoire anglais des réfugiés flamands. Les ambassadeurs recevaient des présents du roi à la date du 25 octobre 1382 (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 3) et, le 31, Jean Morewell les accompagnait jusqu'à Sandwich (Ibid.), comme il l'avait fait précédemment pour une autre ambassade (Ibid. 306, m. 1), et retenait des bateaux pour leur traversée (Ibid. 305, m. 3).
4. A la date du 20 décembre 1383, Philippe d'Artevelde recevait du roi
anglais trouvent les propositions quelque peu risibles et diffèrent leur réponse. Les choses vont ainsi à bien pour le roi de France, qui se prépare à entrer en Flandre. P. 267 à 209, 390.
Charles VI fait relâcher le messager de Philippe d'Artevelde. Echange de prisonniers entre la ville de Courtrai et la ville de Tournai. Philippe d'Artevelde, qui s'attend à être attaqué par le roi de France, défend aux habitants de Tournai de venir s'approvisionner dans les Flandres. P. 269 à 272, 390, 391.
Philippe continue à assiéger Audenarde, mais ne donne pas l'assaut; il espère affamer la ville et la prendre sans risquer de faire tuer ses gens*. P. 272, 273, 391.
Le roi de France se résout à intervenir auprès des Flamands^; il envoie à Tournai l'évêque de Beauvais Milon de Dormans, l'évêque d'Auxerre^, l'évêque de Laon'', Gui de Honcourt'* et
d'Angleterre une certaine somme à valoir sur les 100 marcs représentant jusc|u'au 14 novembre les arrérages d'une pension viagère de 12 sous par jour à lui accordée autrefois par le roi Edouard III (Itec. O/f., Issue Rolls 300, m. 9).
1. Au cours du siège, Philippe manqua de s'emparer de la ville sans coup férir, car les chevaliers, se plaignant de ne |ias recevoir leur solde, étaient décidés à abandonner le service du comte. Les bourgeois intervinrent, et grâce à un changeur de Valenciennes, Pierre Rasoir, les choses restèrent en l'état. Voy. de longs détails sur cette négociation dans la Chronique de Flandre de Froissart {Bibl. nat., ms. fr. 5004, fol. 138 r°- 142 v°). I^endant (|ue les Gantois étaient ainsi occupés par le siège, nous trouvons, à la date du '2S septembre, la mention d'un paiement fait par le comte à un garçon (pii aurait mis le feu au logis de Philippe d'Artevelde {Chr. rime'e, \t. lOli). Cette maison n'est sans doute pas celle que son jière possédait k Gand place de la Calandre, à coté de l'hôtel de Masmines (Kervyn, t. Il, p. 537), et que l'on montrait encore au xv° siècle (KervTn, t. IV, p. 473).
2. Malgré des avis contraires qui se manifestèrent jusqu'au dernier momenl, le roi, inlluencé par le duc de Bourgogne, qui plaidait la cause de son heau-père {Chr. du bon duc Loys. p. 107), était décidé à intervenir dès le mois d'août; et le 18 il allait à Saint-Denis prendre l'oriflamme qui fut remise à Pierre de ViUiers {Religieux de Saint- Denis, t. I, p. 176). Pendant ce temps, la campagne se ]iréparait secrètement et sous l'apparence d'un projet d'expédition en Angleterre. C'est ainsi (|ue la compagnie de Jean de Vienne, rassemblée à Orléans, ne i>rit qu à la lin de .septembre le chemin du nord (Terrier de Loray, Jean de Vienne, p. 167).
3. L'évêque d'Auxerre, Guillaume d'Estouteville, lui transféré à Lisieux le 18 .septembre 1382; son successeur, Ferri Cassinel, fui installé sur son siège avant le 22 octobre 1382.