ABRÉGÉS PROPREMENT DITS
A 38 = ms. 5005.
A 39 = ms. HF 145 de la bibl. de l'Arsenal.
A 40= ms. de la bibl. royale de Bruxelles.
xxïvi CHRONIQUES DE J. FROISSART.
Dans ce tableau comme dans tout le cours de notre édition, la première rédaction proprement dite est désignée par la lettre A suivie d'un chiffre qui varie pour chacun des manuscrits de cette rédaction.
La première classe comprend les manuscrits où le texte du premier livre est reproduit intégralement; non qu'il n'y manque çà et là des mots ou même des membres de phrase, mais ces lacunes résultent de l'inadvertance des copistes et n'ont pas le caractère de suppressions systématiques.
Dans la première famille de cette classe, le ms. de Besançon a * été mis à part, non-seulement à cause de son antiquité exceptionnelle, mais encore parce que le premier livre, s'il s'étend beaucoup plus loin dans cet exemplaire que dans les cinq congénères, manque en revanche des trois ou quatre chapitres qui le terminent dans ces derniers mss.
La seconde famille (mss. A 7 à 10*) comprend les copies à la fois les moins étendues et les plus anciennes du premier livre; ces manuscrits ont cela de très-particulier qu'ils ne semblent pas dériver les uns des autres et ne présentent pas toujours les mêmes variantes.
Les troisième, quatrième et cinquième familles de la première classe (mss. Ail à 10) sont plus mo-
1. Mon ami, M. A. Gistan, a pulili»- une excellente étude sur le ins. fie .Saint-Vincent <!<• IJesiuirjcjn. liihl. Je C Nicole des Chartes, t. XXVI, [1. \\k à l^éS. Ihiclion noyait ce niannsciit v^iWi- si non pcidn ; M. Cav lan nr Vi\ pan M'ulrnirnt irironvi' , il a éclairci toulos le» questions qui s'y rattachent.
2 Sni la nianièri- fiont se terminent ces manuscrits, voyez ce qui a ^tc dit plus liaMt, p. XIII et xiv, xxvii et xxviii.
INTRODUCTION. xxxvii
dernes que les deux familles précédentes; et un certain nombre d'additions des mss. Ail à 19, mais surtout des mss. A 11 à 14, ne doivent provenir que du fait des copistes.
La seconde classe embrasse les manuscrits où le texte est tantôt complet, tantôt plus ou moins abrégé. Dans les exemplaires de cette classe, les lacunes, les abréviations, au lieu d'être comme dans ceux de la première une exception due à la distraction d'un scribe, deviennent la règle; et ce système de suppressions s'étend à toutes les parties, on pourrait presque dire à tous les chapitres du texte.
La première famille de la seconde classe (mss. A 20 à 22) dérive de la première famille de la première classe (mss. AI à 6).
Le texte est encore plus abrégé dans les mss. A 23 à 28 que dans les mss. A 20 à 22.
Si dans la deuxième famille de la seconde classe le ms. de Breslau a été mis en dehors de l'accolade, c'est qu'à partir de 1340 le texte y est plus développé et offre certains détails qu'on ne trouve pas dans les autres mss. de la même famille.
Les simples fragments du premier livre sont rangés dans la troisième classe. Les mss. 34 à 36, qui sont la reproduction les uns des autres, ne contiennent que le commencement du premier livre; le texte, d'ailleurs complet, de ces mss. s'arrête à la mort de Philippe de Valois en 1350. Quant au ms. de Rouen, découvert et signalé pour la première fois par M. Delisle, on n'y trouve que des chapitres détachés.
Les mss. A 38 à 40, qui composent la quatrième classe, renferment le même résumé des quatre livres
xxxvTii CHROXIQUES DE J. FROISSART.
des Chroniques abrégés chapitre par chapitre; le premier h^Te est divisé dans ce résumé en 167 chapitres. '
§ 5. De la première rédaction revisée ; — classement des manuscrits de cette rédaction.
La première rédaction revisée, comparée à la première rédaction proprement dite, présente trois différences caractéristiques : 1 " le texte des onze premiers paragraphes du premier li\Te est différent dans les deux rédactions; 2" de 1350 à 1356, la première rédaction revisée substitue un récit plus ample au fragment fort sec que la première rédaction proprement dite offre pour la même période; 3" de 1372 à 1378, le texte de la première rédaction proprement dite est revisé et développé dans la première rédaction appelée pour cette raison revisée.
Ces deux dernières différences sont tout à l'avantage de la première rédaction revisée et prouvent surabondamment, comme nous l'avons dit plus haut, qu'elle a été composée après la première rédaction proprement dite sur laquelle elle constitue un progrès notable. Il n'en est pas ainsi de la pr(>mière <lifférence : on trouve dans les manuscrits de la bnnKîhe plus ancienne un meilleur texte que dans ceux de la branche pins moderne. Serait-ce pour cette raison qu'il a été rej)ro(hiit dans la seconde r(''(laclion de préférence à celui de la j^remière rédaction revisée ?
Suivant uneremaiYpie déjà faite, les manuscrits de Froissait sont <raiilant plus nombreux (ju(? la rédactinii (jn'ils rcpifscnlcnl «st plus ancienne. TiC
INTRODUCTION. xxxix
nombre des exemplaires de la première rédaction revisée confirme cette observation. Cette rédaction ne compte aujourd'hui que trois manuscrits complets; mais notre Bibliothèque impériale en possède un quatrième exemplaire dont malheureusement le tome I, qui contenait la plus grande partie du premier li^Te, ne se retrouve plus. L'Anglais Johnes, qui vivait au commencement de ce siècle et dont il paraît que la riche collection a péri dans un incendie, devait aussi avoir en sa possession au moins un manuscrit de la rédaction dont il s'agit, puisqu'il a signalé et publié le premier certaines variantes propres à cette rédaction'; et la bonne leçon de 1350 à 1356, renvoyée en appendice à la fin du ms. du fonds Arundel 67 au British Muséum, avait peutêtre été extraite au quinzième siècle des manuscrits qui plus tard ont appartenu au châtelain de Hafod. On arrive ainsi pour la première rédaction revisée à un total de cinq manuscrits au moins contre quarante de la première rédaction proprement dite, deux de la seconde, un seulement de la troisième.
1. Voyez l'édition imprimée par Johnes en son château d'Hafod en 1803, formats in-4o et in-S". Johnes est également l'auteur d'une traduction anglaise des Mémoires de la Curne de Sainte-Palaye sur Froissart, qui parut à Londres en 1801. Notre chroniqueur a su toujours inspirer de belles passions à nos voisins ; espérons que Johnes aura des successeurs.
Mss. DE LA PREMIÈRE RÉDACTION REVISÉE = Mss. B.
B l=ms. 6477 à 6479*.
fB 2 = (t. I manque) ; t. II coté 5006 (du f" 1 au f 104). (B 3 = ms. 20356 et 20357 « (du f° 1 au f'^ 81 v°).
B 4 = nis. de Mouchy-Noailles, à Mouchy-le-Châtel.
B 5 = ms. du fonds Arundel 67 au British Muséum (du f» 358 au f° 373).
B 6 = ms. 10144 (du f 422 au f" 532 et du f» 809 au f° 886).
Dans le tableau qui précède et dans le cours de cette édition, de même que la lettre A désigne la première rédaction proprement dite, la lettre B correspond à la première rédaction revisée dont les divers manuscrits sont indiqués par les chiffres qui suivent B.
A défaut du tome I aujourd'hui perdu du manuscrit B2; le manuscrit Bl, le plus ancien de beaucoup et le meilleur de la branche dont il fait partie, a été adopté comme texte du j)remier livre; et l'on exposera plus loin les raisons qui ont dicté ce choix*.
liCS mss. B2 et B3 offrent le même texte, plus ancien dans le ms. IV2, plus moderne dans le ms. B3
1. Dans ce tahlf-au , comme flans le prt'ct'dont , 1rs manuscrits designt's par un !tinij)l(- cliirfrc a>>j)aiti(Mincnt à nolic liihliotlièipic impériale.
2. Ce mannscrit, (pii provient dn fonds de Caignières, est tonjours appeli- dunH les variantes dn texte de ce volume : Ms. de. Gni^nières. Dans les volumes suivants, il seia dc-signé sous In ruhriipie 1(3, le ms. 6477 à 6'i79 sous la rubrique JU, le ms. de Mouchy-Noailles sous la ruhriipie \\k.
3. Voyez, le chapitre i de lu seconde purtiu de cette introduction.
INTRODUCTION. xli
qui n'est qu'une copie du premier; voilà pourquoi ces deux mss. ont été réunis par une accolade. Une main postérieure a pris à tâche de faire disparaître du ms. B2, en grattant ou en ajoutant des lettres à certains mots, une empreinte wallonne très-caractérisée ainsi que les signes usités dans notre ancienne langue pour marquer la distinction du cas sujet et du cas régime qui est encore généralement observée dans ce précieux ms. Il est fâcheux que nous ne connaissions pas la date précise de l'exécution du ms. B3 : nous saurions ainsi à quelle époque la fâmeuse règle de l's est devenue, non-seulement une lettre close, mais encore un objet de scandale pour ceux qui faisaient copier ou copiaient les manuscrits. Ce qui prouve, malgré la différence de l'orthographe, que le ms. B3 a été copié sur le ms. B2, c'est que la plupart des notes marginales du t. II coté 5006 se trouvent reproduites sur les marges du t. Il de l'exemplaire provenant du fonds de Gaignières coté 20357.
Les mss. Bl, B2-3 et B4 ont cela de particulier qu'aucun des trois n'a été copié sur l'un des deux autres^; en d'autres termes, chacun d'eux a sa valeur propre et indépendante. La rareté relative des exemplaires de la première rédaction revisée rend cette circonstance doublement précieuse.
Comme le ms. du British Muséum fonds Arundel n° 67 appartient à la première rédaction proprement dite, il ne donne pour la partie du premier livre comprise entre 1350 et 1356 que le sec fi^agment
1. Sur la manière dont se termine le premier livre dans les divers manuscrits de la première rédaction révisée, voyez plus haut la fin du § 2, p. XIII et XIV, xxvii et xxviji.
xLii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
qui caractérise les exemplaires de cette branche. Mais une note placée en marge du ms., au feuillet 173, renvoie à la leçon plus ample propre à la première rédaction revisée que le copiste du ms. Arundel avait sans doute connue trop tard pour l'insérer dans le corps du texte. Cette note est conçue en ces termes : « Après ceste présente rubriche de rouge coumensant : Coument le roy Phelippe de France trespassa, fault seize feiles lesquelx vous trouverez au dernier du livre. Et coumence la rubriche de rouge : Du chapelet de perles que le roy Edouart d' Angleterre
donna » Le fragment du ms. Arundel figure sous
la rubrique B5 dans le tableau des mss. de la première rédaction revisée et sera désigné ainsi dans notre édition.
On conserve à notre Bibliothèque impériale sous le numéro 10144 un abrégé du premier livre tellement original qu'on pourrait le considérer presque comme une quatrième rédaction. Cet abrégé se termine par VexpUcit suivant : « Che sont les croniques de Froissart. Cest croniques escript Bertoulet Lebrun, archiés de corps de Phelippe duc de Bourgoigne, que Dieu absol ! et le commencha au Noël mil CCCLXXVIP; et furent fait quinze jours devant le Saint Jehan Baptiste en sievant. Et priés à Dieu (K)ur luy, et il pri[('r]a à Dieu pour vout (sic) et |)()iir tous vos amis. Et a voit le dit Bertoulet soissaiitc Irois ans (pianl il furent parfait. )* T^e caractère pal('()graj)lii(pie du ms. 10 144 s'accorde bien avec la date de 1477 (j[ue le copiste a voulu
1 . Lo copiMr rloit nvoir niihlié un C. Ces mots : que Dieu ahsol ne |)fuvi'nl iM- r;ip|(ort(T qn'à l'Iiilippc le llim, «Inr de Ilnurgopne, mort À i<iu){rs h I '» juin 1^6".
INTRODUCTION. xliii
écrire, et l'orthographe de ce ms. sent, comme on vient de le voir, son archer d'une lieue. D'ailleurs, rien dans le contenu de cet ahrégé n'autorise à mettre en doute l'authenticité de l'exemplaire unique qui nous l'a conservé. Il porte comme tous les hons manuscrits des Chroniques une forte empreinte de dialecte wallon; et il rectifie ou complète parfois heureusement les autres rédactions du premier livre*. Le ms. 10144 contient, du feuillet 423 au feuillet 532, pour les années 1350 à 1356, le même texte, mais plus abrégé, que les mss. de la première rédaction revisée. Il renferme aussi, à partir du feuillet 809, pour les années 1372 à 13T5, un sommaire de la version particulière à ces mêmes manuscrits. Ces deux circonstances nous ont déterminé à le classer sous la rubrique B6 parmi les exemplaires de la première rédaction revisée.