CHAPITRE V
1327. PREMIÈRE CAMPAGNE d'ÉDOUARD III CONTRE LES ÉCOSSAIS.
1327. Comment les Ecossais font la guerre : ils servent tous à cheval, excepté la valetaille qui les suit à pied : les chevaliers
1. Sans doute Carlisle, qui est, non sur la Tyne, comme le dit Froissart , d'après Jean le Bel , mais sur l'Eden , non en Galles , ainsi que l'affirment aussi les deux chroniqueurs , mais à quelque distance du Galloway. Luguval/um , l'ancien nom de Carhsle au temps des Romains et au moyen âge, a pu se contracter en luel, qui , par l'addition de caer, jjourg, ville, auiait donne Carluel ou Carducl.
cxLviii CHRONIQUES DE J. FROISSART.
et ccuyers sont niontos sur bons gros roncins, et les gens du commun sur petites liaquenées. Leur sobriété est telle qu'ils n'ont besoin d'autres provisions que celles qu'ils emportent avec eux sur leurs chevaux. P. 51 et 5:2. — Robert Bruce, vieux et malade, met à la tête de ses troupes les deux plus puissants barons d'Ecosse [Jacques] de Douglas et le comte de Murray. P. 53. (Froissart parle à ce j)ropos du voyage qu'il a fait en Ecosse en 1365 : recommandé par Philippe de Hainaut, reine d'Angleterre, dont il était un d»^s clercs et familiers, à David Bruce, fds de Robert Bruce, notre chi-oniqueur passe trois mois à la cour de ce prince et visite .Ivec lui toute l'Ecosse. P. 269). — L'armée anglaise , ordonnée en trois batailles , s'engage à la poursuite des Ecossais qui mettent tout à feu et à sang sur leur passage, mais elle ne parvient pas à les atteindre à cause de la difficulté du pays. Après une journée de poursuite suivie d'un campement, les Anglais laissent là leurs bagages et leurs provisions, et ils entrej)rcunent, à la faveur d'une marche forcée, de passer la Tyne, pour couper la retraite à leurs ennemis. Description pittoresque des difficultés et des incidents de cette marche à travers les montagnes, les vallées, les bruyères, les marais, les fondrières et les forêts, peuplées de fauves, du Northumberland, dont les habitants, comparés aux Anglais, sont comme comme des demi-sauvages. P. 54 à .'')7, 200 et 270. — Passage à gué de la Tyne, et campement d'Edouard III et de son armée sur le bord de cette rivière, à (juator/e lieues anglaises de jVewcastle et à onze lieues de Carduel ou Cai'Iisle. Détresse des Anglais qui seraient morts de faim ainsi que leurs chevaux, s'il ne leur était venu de Newcastle quelques provisions. Cherté excessive des \ivres; complet déniîmeiit ; situation fausse et doublement mauvaise des gens d'armes du Hainaut. P. 58 à GO, 271 à 273. — Les Anglais démoralisés repassent la Tyne, et Edouard III j)romet le titre de chevalier avec cent livres sterling de revenu héréditaire à qui saura découvrir les ennemis (|uc l'on poursuit en vain et dont on n'a milles nouvelles. Un écuyer anglais, nommé Thomas Housagre', parti à la (hcouvei'le , vient dire que les Ecossais, entre les tnains dcsipiels il ('•lait tombé et (jui l'ont relâché, sont cam-
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SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 38, 39. cxlix
pés à quelques lieues de là sur une montagne où ils attendent de pied ferme qu'on vienne livrer bataille. P. 61, (52, 273 à 27o. — L'armée anglaise s'avance en bon ordre contre les Ecossais qui s'ordonnent en trois batailles sur la pente de la montagne où ils sont campés et au pied de laquelle coule une rivière grosse, rapide et escarpée. Les Ecossais refusent la bataille qui leur est offerte par les Anglais. Les deux armées restent ainsi campées en face l'une de l'autre pendant trois jours qui ne sont signalés que par quelques escarmouches. Le quatrième jour, à minuit, les Ecossais, menacés de famine, délogent et vont se poster sur une autre montagne plus forte encore que la précédente et assise sur la même rivière, au milieu d'un bois. Les Anglais les y poursuivent , et, après avoir pris position en face de leurs ennemis, ils offrent en vain la bataille à plusieurs reprises : les Ecossais la refusent comme la première fois. P. 63 à 68, 275 à 277. — Exploit de [Jacques] de Douglas : à la tête d'une poignée d'hommes d'armes, il va réveiller les Anglais dont il tue un très- grand nombre et pénètre jusqu'à la tente d'Edouard III. Pendant vingtdeux jours, les escarmouches continuelles des Ecossais ne laissent ni paix ni trêve aux Anglais. P. 68, 69, 278. — Le dernier jour des vingt-deux, les Ecossais prennent la fuite pendant la nuit, à l'insu des Anglais, laissant derrière eux dims le camp qu'ils abandonnent leur butin, leurs provisions et de nombreux ustensiles de leur cuisine portative. A cette nouvelle, le roi d'Angleterre ramène son armée à Durham, puis à York où l'attendait la reine sa mère ; et là il donne congé à ses gens : il fait escorter jusqu'à Douvres Jean de Hainaut et les autres compagnons d'outre mer, après les avoir comblés de présents. P. 69 à 74, 279 à 282.