‹ Chroniques (volume 3)Chapitre 51 sur 94 · Mémoim Je r.4cailémif des inscriptions ^ I. \, j · texte numérisé non relu

Mémoim Je r.4cailémif des inscriptions ^ I. \, j

SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, g§ 48, 49. clxiii

de France, se rend à Valenciennes auprès du comte Guillaume de Hainaut. Le comte fait le meilleur accueil au fugitif, et il charge Jean son frère et l'évêque de Cambrai d'aller en France implorer la clémence du roi en faveui" du prince exilé. Cette démarche reste infructueuse, et Philippe menace Guillaume de toute sa colère s'il continue de prêter main forte à Robert d'Artois. P. 308.

Les barons de Hainaut engagent leur comte à ne pas se mettre pom' ce sujet en guerre avec le roi de France. Robert, avant de quitter Valenciennes, est comblé de présents en vêtements, chevaux et joyaux, et six mille vieux écus lui sont remis pour payer ses dépenses par le comte Guillaume. Robert d'Artois va voir à Namur sa sœur, le jeune Jean II son neveu et les frères de celuici, Guillaume, Robert et Louis, encore fort jeunes.

Les menaces du roi de France forcent Jean II à congédier son oncle qui va chercher un asile à Leeuw * auprès de Jean III, duc de Brabant, son cousin. Ce dernier répond à Philippe de Valois, qui réclame l'expulsion du fugitif, que les obligations d'une parenté très-rapprochée lui font un devoir de venir en aide à Robert d'Artois, et que d'ailleurs il n'est pas convaincu du tout de la culpabilité de son cousin. P. 309, 311.

1334. Phihppe déclare alors la guerre au duc Jean qui n'obtient la paix qu'à la condition de mettre hors de son pays 1 ennemi du roi de France. Congédié ainsi par le duc de Brabant après avoir reçu six mille vieux écus pour payer ses frais, Robert d'Ai^tois s'embarque pour l'AngleteiTe à Anvers et arrive à Sandwich. Il se met en marche pour rejoindre Edouard III qui fait alors la guerre en Ecosse. Il passe par Stamford, Lincoln, Doncaster et painient à York, qu'on dit Ebruicli, où il trouve la reine Philippe, sa nièce , enceinte d'un fds [qui fut nommé plus tard Guillaume de Hatfield.] La reine f;nt fête à son oncle et le retient près d'elle environ une semaine ; la joie de Phihppe est encore accrue par la nouvelle, qu'elle reçoit en ce moment-là même, de la reddition du château d'Edimbourg. Entouré d'une escorte de trois cents archers dont Henri de Beaumont est le chef, Robert d'Artois se rend à Berwick en Ecosse où il passe trois jours. Là, il apprend qu'Edouard III, après avoir établi garnison au château

1. Sans doute Lepuw-Saint-Pierre, Belgique, province de Brabant, à 13 kilomètres de Bruxelles.

cLXiv CHRONIQUES DE J. FROISSARÏ.

d'Edimbourg, est allé mettre le siège devant Stirling, et il se dirige vers cette ville. P. 313 et 3U.

Prévenu de l'arrivée de Robert d'Artois par Henri de Beaumont qui a pris les devants, Edouard HI envoie quelques-uns de ses barons à la rencontre de son oncle qu'il reçoit avec magnificence. Robert d'Ai'tois raconte ses malheurs, l'emprisonnement d ses deux fils Jean et Charles, la confiscation de ses biens, enfui sf-n bannissement : il n'est plus nulle part en sûreté sur le continent ; et il n'est ni comte de Hainaut ni duc de Brabant ni [marquis] de Namur qui consente à lui donner asile, par crainte du roi de France. P. 314.

Le roi d'Angleterre relève le courage de Robert d'Artois et lui dit : « Bel oncle, nous avons assez pour nous et pour vous. S03 ez sans inquiétude et sans crainte, car si le royaume de France est trop petit pour vous, celui d'Angleterre vous sera tout grand ouvert. » « Monseigneur, reprend Robert d'Artois, toute mon

espérance gît en Dieu et en vous, et je confesse ici que j'ai eu tort et que j'ai péché en iirêtant les mains naguère à votre exhérédation. J'ai contrii)ué pour ma part à faire celui-là roi de France qui ne m'en sait aucun gré et qui n'y a pas autant de droit que vous, car vous êtes plus rapproché d'un degré de feu Charles, le (lornicr roi : Phili|)pe n'est que son cousin germain et vous êlcs son neveu. » Edouard HI devient tout pensif en entendant ces iiarolcs qui ne laissent j>as toutefois de lui être agréables, mais poin- lors il n'y donne point d'auti'c suite, se réservant d'y revenir, (juand il croira le moment venu. I'. 314 et 31 r>.

Troisirine rédaction. 1331 à 1334. — Robert d'Artois, après avoir séjourné successivement à \amur et en Brabant, vient en Hainaut trouver le comte Guillaume son beau-iière. La comtesse de Hainaut et Jean de Hainaut entreprennent inutilement un vovagc en France afin de fléchir Philij)|)e de Valois et de le réconcilier avec Robert. Ce que voyant , le comte d'Artois, désespéré, jure (ju'il liomiira tout et plougei-a la Fi'ance en de telles luttes et divisions (|ue les suites s'en fei'out «'neorc sentir dans deux cents ans. Il reçoit du comte de Hainaut tout l'argent n«;eessaire pour payer ses dt-penses , et il prend la n-soliilion de passer en Angleterre; mais au|>aravant il retoiu'ne auprès du duc rji llr.ii)ant (|ui, après l'avoir retenu à sa coui- en lui promettant de le «i('fen<lre envers et contre tous, est bientôt contraint de céder aux menaces du loi de France. P. \W.) et 310.

SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 49, 30. clxv

1334. Robert d'Artois s'embarque à Anvers pour l'Angleterre et il se rend auprès d'Edouard III au moment où ce prince, qui l'accueille courtoisement, se dispose à entrer en campagne contre les Ecossais. Au retour de cette campagne, le roi d'Angleterre fait proposer en séance du parlement d'assigner une dotation à Robert d'Artois, l'un des plus hauts et plus nobles seigneurs qu'il y ait au monde. Philippe de Valois a mis en prison la femme, les enfants, il a confisqué les biens de son ennemi, apiès l'avoir banni de son royaume. C'est justice, maintenant que Robert d'Artois fait partie du conseil d'Angleterre, de le dédommager dans son pays d'adoption de ce qu'il a perdu en France. La proposition d'Edouard III est agréée, et l'on assigne à Robert le comté de Bedford dont le revenu est évalué trois mille marcs. Robert d'Artois remercie son neveu et les seigneurs , et devient ainsi l'homme lige du roi d'Angleterre pour le comté de Bedford. P. 315 et 316.

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