‹ Chroniques (volume 3)Chapitre 65 sur 94 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

1332 ù 1338. voYAGKs* kt si^jour dk nAvi» bruce, roi d'kcossr,

l'.N FRANCE (^ 69).

Preniit-re rcdaition. — David Bi ur(! , dépnuillt' de hi phis

1. Ccii cxpresiiiotiH de IroisHiiil : la rue de In /iiolr , (h's'ipwut peut- Ptrr If Stniiid.

2. Non» «'crivoiiH vojaf,'!} i\u plm ici, p.iicc (jiir, s'il piiniit l)ii'ii «'tiilili

SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, g 69. ccxxi

grande partie de son royaume, j^rend le parti de se retirer en France oîi il trouve ainsi que la reine sa femme l'accueil ie plus empressé. Philippe de Valois met à la disposition du roi d'Ecosse plusieurs de ses châteaux et se charge de pourvoir à tous les frais d'existence de son hôte. Par l'entremise de David Bruce, un traité d'alliance offensive et défensive est conclu entre le roi de France et les seigneurs d'Ecosse j^artisans de David : Philippe de Valois s'engage à secourir de tout son pouvoir les Ecossais qui promettent en retour de n'accorder aucune trêve aux Anglais sans le consentement de leiu" royal allié. Arnoul d'Audrehem, maréchal de France, et le sire de Garencières, envoyés en Ecosse à la tête d'un corps d'auxiliaires, se couvrent de gloire*. P. 146 à 148.

Seconde rédaction. — Toutes les forteresses du plat pays d'Ecosse sont tombées au pouvoir des Anglais, et Guillaume de Montagu, comte de Salisbury, occupe Edimbourg. Le comte de Murray, Guillaume de Douglas, Robert de Vescy, Simon Fraser, Alexandre de Ramsay se sont réfugiés dans les forêts de Jedburgh : le centre d'opérations de ces défenseurs de l'Ecosse est le fort château de Dumbarton où le jeune David Bruce et la reine sa femme ont fixé leur résidence. Lorsque les seigneurs écossais apprennent qu'Edouard III se dispose à entrer en campagne contre le roi de France, ils chargent Guillaume de Douglas, le comte de Sutherland et Robert de Vescy d'aller en compagnie du roi d'Ecosse négocier un traité d'alliance avec Pliilippe de Valois. David Bruce s'embarque à Aberdeen avec la reine et

que l'arrivée de David Bruce en France remonte à 1332, un voyage de ce prince en Ecosse, avant l'ouverture des hostilités entre la France et l'Angleterre, n'a rien que de conforme à la vraisemblance. Certains détails de la seconde et de la troisième rédaction, notamment la rencontre des Ecossais et des écumeurs normands, font supposer que ce second voyage, s'il a existé réellement, a dû avoir lieu en 1338.

1. Cette expédition dut avoir lieu en 1335. Au mois d'a^Til 1343, Philippe de Valois donna au comte d'Eu mille livres tournois de rente sur le Trésor à Paris <c comme dès l'an de grâce mil CCC trente et cinq nous eussions ordenné à Cliastelheraut de envoier en Escoce nostre amé et féal cousin le comte de Eu., connestable de France, en Paide du roj d' Escoce contre le roj d'Engleterre ; et pour ce que nostre dit cousin, qui lenoit en Engletcrre et en Yriande certaine terre en fié du roy d'Engleterre, ne devoit ne voloit aler encontre li sanz avant li renvoier son hommage, par nostre volenté et ordenance li renvoya de lors l'ommage de la dite terre, laquelle vaut quatre mille livres tournois par années communes s (Arch. de l'Empire, JJ 74, p. 74, f° 44.)

ccxxii CHRONIQUES DE J. FROISSART.

les seigneurs ci-dessus nommés. Pendant la traversée, les quatre navii-es qui portent le roi d'Ecosse et sa suite, poussés par un fort vent d'est à l'ernbouchure de la Tamise près de Margate, tombent au milieu d'une flotte de soixante-quinze vaisseaux montés par des Normands et des Génois en croisière dans ces parages. Les Normands croient d abord avoir affaii'e à des Anglais et ils commencent à donner la chasse à ces quatre nawes; mais les Ecossais se font reconnaître, et aussitôt Hue Quieret*, qui commande la croisière, s'empresse de les escorter jusqu'au port de Calais. Une fois débarqué, David Bruce passe à Thérouanne, Arras, Bapaume, Péronne et arrive à Paris. P. 429 à 431.

Philippe de Valois, qui vient de recevoir le défi d'Edouard HI, accueille avec joie le roi d'Ecosse ; il est heureux de trouver dans les propositions d'alliance qu'on lui vient soumettre un moyen de forcer son adversaire à détourner contre un pays autre que la France une partie des forces de l'Angleterre. Aussi, la conclusion du traité ne se fait pas attendre, et Robert de Vescy retourne en porter la nouvelle à ses compatriotes. Aussitôt qu'Edouard HI est informé de cette nouvelle, il renvoie en Angleterre l'évêque de Durham, les seigneurs de Lucy et de Mowbrav, et il les charge d'inviter le comte de Salisbury, les seigneurs de Percy, de Nevill, de Greystock et Edouard Baillol, capitaine de Bcrwick, à renforcer toutes les garnisons sur la frontière d'Ecosse. P. 431 et 432.

Troisirme rédaction. — Après la prise de Berwick, David Bruce , forcé de se retirer à Aberdccn et aux environs dans la Sauvage Ecosse, ap|)rend que le roi d'Angleterre, à l'instigation de Robert d'Artois, se dispose à revendiquer le trône de France;

1. lliu' Qiiirrrt, clnv.ilirr et cnnsi'ilK-r du roi, son amiral vn nior, fut ca|iiliiim' de Douai du 28 octfthrc au 6 cli'ccinhic 1339 (Bil>l. irii|)., I)f Camp», poitrf. 83, f" 311). Parmi les rli<'vali(is <|ui scrviniil sur ir» fronli^rps de Flaiidn- eu 1339 <l 1340, ou voil fij^uirr \\\\f Quinct avec un écwyov « vfnu d<; Roust-iiVFn'Siicmonlicrs » (auj. FrcsmouliciH, SonuiK-, arr. Amiius, caulou Couty). Le 'J4 avril 13'i0, Hur Quirrct, «'cuycr, (ils di- fiu (uii-rard Quirn-t, clu-valicr, Miidit aux chapt-lains de Notn--Dainc d'Amiens tout le lief dit dr Gucravillc, tenu d«- (iauclicr de Ciiâliilon, siipui-ur de la FrrU- en Poiilliicu et de Marie de 'Idulecourl sa femme et silué à Doius (auj. I )niiif;i-l"lami- Cf)uri, .Sommi-, arr. el eanlun Péronne), Arcli. do l'Kmpire, JJ 72, p. 555.

SOmiAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 68-71. ccxxiii

et il forme le projet de se rendre sur le continent pour négocier un traité d'alliance avec Philippe de Valois. Ce projet reçoit l'approbation des Écossais qui ont toujours été plus partisans des Français que des Anglais. Le roi d'Ecosse s'embarque au port de Montrose en compagnie de la reine sa femme, de Guillaume de Douglas, de vingt-six chevaliers et écuyers, des dames et damoiselles de la suite de la reine ; il confie la défense du royaume en son absence à Archibald de Douglas, à Robert de Vescy, à Alexandre de Ramsay et à Simon Fraser. Les Ecossais abordent à l'Ecluse où ils se font passer pour des pèlerins et pèlerines qui vont à Saint-Maur des Fossés. De l'Ecluse, ils se rendent par eau à Bruges oiî ils attendent leurs chevaux et renouvellent leur équipage. Ils passent à Lille, à Arras, à Eclusier \ à Lilions^ en Santerre, à Roye, à Canny ^, à Ressons '' à Creil, et ils ne s'arrêtent qu'à Luzarches^. Arrivés là, Guillaume de Douglas et David de Lindsay prennent les devants pom' prévenir le roi de France. Philippe de Valois, qui tient alors sa cour à l'hôtel du bois de Vincennes, envoie au-devant du roi et de la reine d'Ecosse les seigneurs de Montmorency et de Garencières. De Luzarches, le cortège royal vient coucher à Saint-Denis; et l'entrevue des deux rois et des deux reines a lieu le lendemain au Bois avant la messe. Le séjour du roi et de la reine d'Ecosse en France dui'a neuf ans pendant lesquels ils habitèrent la ville et le château de Nemours que Philippe de Valois leur avait assigné pour leur demeure avec mie rente de mille écus par mois. P. 432 à 435.

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