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CHAPITRE XXXIII

1340. DÉCLARATION DE GUERRE ET OnVERTURE DIS HOSTILITÉS ENTRE LA FRANCE ET LE HAIXAUT : SAC D HASPRES PAR LES FRANÇAIS ET d'aUBENTON par LES HAINUYERS; DEPART DU COMTE DE HAlN'AUT POUR l' ANGLETERRE (§§ 93 à 98).

Godemar du Fay tient garnison pour le roi de France à Tournav, Edouard de Beaujeu à Mortagne sur Escaut, Jean de la Roche, sénéchal de Carcassonne, à Saiut-Vmand, Amé de Poitiers à Douai, Etienne dit le Galois de la Baume, Ilumbert de Villars, Jean de Lévis maréchal de Mirepoix, Thibaud de Moreuil, les seigneurs de Villers et de Roussillon à Cambrai. Ces chevaliers et leurs gens d'armes n'attendent qu'un signal pour guerroyer en Hainaut afin de piller ce pays et d'y faire du butin. De son côté, Guillaïune d" \u\onn(.', <''vêque de Cambrai, qui se lient à Paris à la cour de Philippe de Valois, se plaint sans cesse de l'hostilité du comte de llaiiiaut, qui est de toutes les assemblées des Anglais, et des incursions des Ilainuyers qui courent, pillent et brûlent le C.imbrf'sis. Philippe est tellement indispos(' contre son neveu rpi'il donne cong*' à la garnison de Cambrai et aux garnisons des forteresses voisines d'envaliir le llainaut et de dévaster ce pays, non pas il est vrai au nom du roi de France, mais sous le couvert du duc de Normandie bailli du (^ambrésis. Cin(| ou six cents liounnes d'armes partent un samedi soir de Cambrai, du (^atcau- (iiimbrésis et de l.i Malmaisou ' sous Ifs ordies de 'riiibaiid de IMoii iiil, (le lli'iMiid df 'lv\('., de Dreux di- Rovc, du seigneur de

1. Ln Miilniaisoii, lieu dit ili- la romm. d'Or», Nord, arr. Cainlinii, r |p C'itc.-iii.

SOMIAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 93-98. ccn

Malincourt' ; ils arrivent au milieu de la nuit à llaspres^, ville riche mais dépourvue de fortifications et surprennent les habitants dans leurs lits. Us font un immense butin et l'entassent sur des charrettes qu'ils ont amenées avec eux; puis ils mettent le feu à Haspres, et l'incendie dévore si complètement les maisons qu'il n'en reste que les murs. On conserve dans l'église d'Haspres les reliques de saint Achaire, saint terrible et qui est bien à redouter'; cette église est une prévôté gouvernée par les moines de Saint- Vaast d'Arras. Sans la prévoyance du prévôt qui avait eu soin de faire transporter à Valenciennes la fierté (châsse) du saint, le reliquaire et les plus riches ornements de l'église, tout aurait été perdu, car les ennemis pillent l'abbaye aussi bien que la ville dont ils abattent et brûlent les moulins. P. 193 à 19o, 488 à 490.

Les habitants de Valenciennes ne tardent pas à être informés du sac d'Haspres ; on court à la Salle et l'on réveille le comte de Hainaut pour lui annoncer cette nouvelle. Guillaume II se lève aussitôt, s'arme et fait armer ses gens. Gérard de Verchin, sénéchal de Hainaut, Henri d'Antoing, Henri d'Houffelize, Thierry de Valcourt, les seigneurs de Potelles, de Floyon, de Roisin, de Gommegnies, de Mastaing, de Vendegies, de Hartaing, de Sars, de Rerlaimont, de Wargnies, de Boussu, de Vertaing s'empressent de répondre à l'appel du comte. Sans attendre que ces seigneurs l'aient rejoint, Guillaume II se rend sur la place du Marché et f;ùt sonner la cloche du beffroi à toute volée. A ce signal, Jean de Haussy, alors prévôt de Valenciennes, vient à la tête d'un certain nombre de bourgeois de la ville se ranger sous la bannière du comte qui s'élance par la porte de Cambrai sur la route d'Haspres, impatient de rencontrer ses ennemis. Arrivé entre IMaing'^ et Mondiaux après avoir chevauché environ une heure, Guillaume II reçoit la nouvelle de la retraite des Français. Il revient alors sur ses pas, et chemin faisant il va rendi'e visite à sa mère à l'abbaye de Fontenelle^. Jeanne de Valois essaye en vain de calmer la colère de son fils en disant que le sac d'Haspres n'est

1. Nord, aiT. Cambrai, c. Clary. Ce village servait d'apanage à un cadet de la maison de V^'^alincourt.

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