DE LOURDES, ET SUR LES DÉVASTATIONS COMMISES PAR LES HOMMES
d'aBMES en BIGORRE. RENCONTRE DE l'ROISSART ET d'eSPAN DU
LION A PAMIERS. RÉCITS d'eSPAN DU LION : PRISE d'aRTIGAT PAR PIERRE d'aNTIN (1366); CAPTURE DU MONGAÏ DE SAINTE-liAZElLLE (1384) ; BATAILLE DE LAUNAC ET CAPTIVITÉ DU COMTE d'aRMAGNAC ET DU SIRE DALBRET (1362); PRISE DE CAZÈRES PAR LE COMTE DE FOIX ET CAMPAGNE DE COMMINGES (1376) (§§ 5 à 8).
L'année qui suivit la prise de possession du duché d'Aquitaine par le prince de Galles', le comte d'Armagnac- l'invita, ainsi que la princesse', à visiter le comté de Bigorre* et à séjourner à Tarbes. Le comte de Foix, qui faisait alors reconstruire le château de Pau"", vint saluer le prince. Le comte d'Armagnac en prolita pour prier ce dernier d'intercéder auprès de Gaston Phœbus afin d'obtenir une remise au moins par-
1. C'est à la lin de 1362 i|ue le prince de Galles prit possession de l'Aquitaine, érigée en principauté par Edouard III (cf. J. Moisant, Le Prince Noir en ÀiiuUaine (1355-137]). Paris, A. Picard, 189i, in-8°, p. 75 el siiiv.). Le prince reçut en 1.3(i3 et 1364 l'hoininafie de ses vassaux, sans qu'il soit possible de déterminer son itinéraire. On sait ([uc du 9 au lî janvier il reçut les lioinniagos du comté de Comminges et ceux de Bertrand d'Espagne, dp Ramond-Arnaud de Coarraze (cf. Delpit, Colleclioii géiternle des dociinienls friiiiç/iis ijiii se tronvent en. AnijUierre. Paris, Duinolin, 18'i7, in-4°, t. I, p. 1 15), sans qu'il puisse résulter de cette prestation rien de précis. I.e r2 janvier 1364, Gaston Phœbus prèlait, à Agen, lioniinage pour les vicomtes de Marsan et de Gabardan (.'Vloisanl, nuvr.cUè, p. 74).
'2. Jean I", coinle d'Armagnac (1319-16 mai 1373), lils de Bernard VI el de Béatrice de Rodez.
3. Jeanne, lille d'Edmond, comte de Kent, veuve en premières noces de Thomas Holland.
4 Le comté de Bigorre avait été cédé à Edouard III au Irailé de Bré- (igny (cf. Delachenal, oiir. cité, t. II, p. Î0"2).
5. Suivant M. Raymond Ritter, Le chnle.au de Pau. Paris, 1919, in-8°; et Id., Les constrticlions militaires de Gaston Pliœbtis en Béarn. Paris, 19'23, in-S°, les travaux les plus importants n'auraient été entrepris qu'en 1377; rien ne s'o|)pose à ce que d'autres travaux aient été exécutés antérieurement.
VIII fHKONIQlES UE J. FROISSART.
tielle de sa rançon'. Le prince refusa, mais la princesse y consentit, et obtint une réduction de quarante mille francs sur deux cent mille. P. 14 à 17, .329.
Durant son séjour dans le comté de Koix, en Bigorrc et en Béarn, Froissart s'enquit des événements passés. On lui rapporta que lors de son passage à Tarbes le prince de Galles alla à Lourdes ■■' et confia la garde du château à un chevalier béarnais de son hôtel cl parent du comte de Foix, Perarnaut de Béarn^. Quand la guerre recommença entre la France et l'Angleterre'', tandis que le comte de Saint-PoP et le maître des arbalétriers de France, Hue de Châtillon", occupaient Abbeville et le Ponthieu", deux seii;neurs de Bigorre, Menant de Barbazan' et le sire d'Antin^, ralliés à la France, s empa-
1. Battu, avec le sire dAlbret, à Launac tlaule-Garoiine, air. Toulouse, «ant. Grenade snr-Gaioniie), et lait prisonnier, le comte d'Arinai-nac avait dû, le 14 avril l.SGli, accepter d'être rançonné à trois cent mille florins (cf. abbé Rouquetle, Le Rouergue sous tes Ajirjlais. Milhau, .^rtières et Maury, 1887, in-8°, ]i. 144, et dom Vaissete. Hisluire de Lanijuedoc, éd. Molinier, t. .\, col. 1281-1282).