‹ Chroniques (volume 4)Chapitre 66 sur 125 · SOMMAIRE DU LIVRE TROISIÈME, §§ 28-47. XLIII · texte numérisé non relu

SOMMAIRE DU LIVRE TROISIÈME, §§ 28-47. XLIII

sur-Mer', el que le sénéchal de Bordeaux, Jean Harpedenne, inquiet de leur concentration à Bordeaux, jioussa à partir. Leurs capitaines étaient >'ortber3', Mortebery, Huguenin de HardeshuU. Us étaient au nombre de deux cents; le roi de Portugal se réjouit de leur arrivée, lès fit dîner au Palais et loger dans la ville. Malgré ce secours, le roi était fort dépilé de l'indifférence des Portugais à son égard. A la suite d'un conseiP auquel prirent part Joao Radigo, Jean ïête-d'Or, Nougès Navaret, transfuge castillan, le seigneur de Figuiera, Gomes de Gabeston, Ambroise et Pierre Coutinho, il décida d'avancer contre lennemi''.

Il se mit en ujarche trois jours plus tard, un jeudi, et avança de deux lieues, campant près d'une petite rivière; le vendredi, il progressa encore de quatre lieues. Prévenu de cette marche le samedi, le roi de Castille* mit à la tête de ses troupes, Renaud Limosin, et créa chevaliers : un Bourguignon, Guillaume de Montdig), venu avec Jean de Rye; un Gascon, Bertrand de Barège; un Castillan, Pierre Ferrand de Médina, qu'il envoya reconnaître les positions de l'ennemi. Le corps principal de son armée comptait bien deux mille lances françaises et

1. C'est peut-être au rassemblement de ces troupes que fait allusion le pouvoir donné à Fernand, maître de Saint-Jean, et à Lourenro Fogaça par Richard II, le Î8 juillet 1.384, de réunir des hommes d'armes et des archers en Angleterre {Hi/mer, t. III, part, lll, p. 169).

2. Beaucoup de Portugais demeuraient fidèles à Béatrice et au roi de Caslille. maîtres de nombreuses places entre Douro et Minho, en Tras les Montes, en Vcra (Lopez de Ayala, p. 197). Voir plus haut, p. v, et n. 7.

3. Toute la lin de 138i et le début de !385 furent remplis tant de conseils ([ue de marches guerrières. Le roi de Castille, à la suite de son échec à Lisbonne, avait sollicité l'appui de la France (Lopez de Ayala, p. 201), et les Castillans avaient battu les Portugais à Torres Novas (Portugal, district Santarem); ces expéditions durèrent durant les premiers mois de 1385; linalement, le maître d'Aviz, devenu roi de Portugal et couronné en avril 1385, se décida, après la défaite des Castillans à Trancoso (Portugal, district de Guardia) (juillet 1385), à l'offensive; il passa par Villa Nova dOurem (Portugal, district de Santarem) le samedi 12 août 1385, et il se trouva le dimanche 13 à Porto de Mos (Portugal, district Leiria); le lundi 14 fut consacré au repos; d'ultimes négociations furent reprises, sans aucun résultat, entre Lopez de .\yala, Diego Alvarez Pereira et Nuno Alvarez Pereira (Lopez de Avala, p. 227, et Duarte Nunez, p. 235).

i. Le roi de Castille, malade depuis i|ucli|ue temps, semble avoir hésité à engager la bataille. Selon Lopez de Ayala (p. 230), il devait s'appuyer à un chevalier et pouvait à (leine parler.

XLIV CHRONIQUES DK J. KROISSAHT.

vingt raille Castillans montés'. De son coté, le roi de Portugal sut par ses éclaireurs que l'ennemi comptait trente mille chevaux . Ayant tenu conseil, on décida l'attaque'-.

Les armées se trouvaient près d'un gros village nommé Aljubarrota^, où les Portugais avaient rassemblé leur ravitaillement; a3ant, à un quart de lieue, avisé une motte environnée d'arbres et de buissons, où se trouvait une église, ils s'y retranchèrent, après avoir délibéré dans un conseil, où le roi prononça un discours belliqueux'' et où il arma chevaliers soixante Anglais. P. 137 à 150, 355 à 357.

Malgré les avis des Castillans', le roi de Castille, estimant à dix mille le nombre des Portugais, suivit le conseil des auxiliaires français et de Henaul Limosin, qui voulaient engager de suite la bataille ; il arma cent quarante chevaliers dont Roger d'Espagne, Bertrand de Barège, Pierre de Sarraberre, Pierre de Balansun, Onillauiiie de Rer, Auger Salenave, Pierre de

1. Froissarl évalue Ip iiomlne des Castillans à vingt mille, dont deux mille lances franiaisps, gasconnes, béarnaises. Duarte Nunez, d'après les documents de Toire do Tumiio, AiWuae qu'il y avait huit mille cavaliers castillans, six mille lances, doux mille coursiers, huit mille arbalétriers, quinze mille hommes à pied, soil en tout trente mille hommes. Quant aux Portugais, ils auraient compté dix-sept cents lances, huit cents arbalétriers, quatre mille fantassins et cavaliers, soit six mille cinq cents lances; parmi ces troupes on comptait peu de noblesse (Ibid., p. 188).

2. La décision du roi de Portugal semble avoir été prise dès son départ de Villa Nova <rOureiii; le chroniqueur 1). Nuiîez laisse clairement entendre que le roi désirait ardemment la lutte; arrivé à Thomar (Portugal, district Santarcm), il aurait sommé le roi de Castille d'évacuer le Portugal (p. Î^O et suiv.). 11 était nécessaire qu'il afl'rontât un combat; sinon, il n'aurait jamais |iu rallier à .sa cause la noblesse portugaise, favorable en grande majorité au roi de Castille.

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