SOMMAIRE DU LIVRE TROISIÈME, §§ 59-69. LVII
put lui donner que mille francs. Mécontent, il garda la neutralité entre Marguerite de Duraz/o, qui se trouvait à Gaëte', et Louis d'Anjou; il ne savait à quel parti se rallier. C'est alors que le sire de Montjoie-, un chevalier de Rhodes, nommé ïabbart^, et Bernardon de La Salle ^ tinrent Urbain VI enfermé à Pérouse. Bernardon courut à Avignon obtenir vingt mille francs, grâce auxquels il se faisait fort de s'emparer du pape de Rome^; mais il ne les put avoir*. Tels furent les renseignements donnés à Froissart par un capitaine allemand nommé le comte Conrad.
La religion était alors en i ien triste état. Seul parmi les princes que connut le chroniqueur, le comte de Foix avait une intelligence supérieure, qui lui épargna les erreurs des autres seigneurs qui ne seraient que des bêtes, si le clergé ne les conduisait. Cliarles V, suivant l'avis de la majorité du clergé de France, s'était rallié à Clément VII: en raison des alliances politiques, les rois de Castille et d'Ecosse suivirent son exemple, tandis que, pour les mêmes motifs, le parti contraire a été adopté par les rois d'Angleterre et de Portugal; de même, le comte de Flandre, l'empereur et le roi de Hongrie reconnurent Urbain VI.
Écrivant ces détails, Froissart se rappelle qu'étant dans sa jeunesse à Avignon, on y tenait emprisonné, sous le règne
soinnics lui furent payées en juin 13SG (N. Valois, ouvr. cité, l. H, ]). m, n. 1).
1. Ollon (le Brunswick entra à Naples, d'où s'enfuit Marguerite de Durazzo le 7 juillet ;387; il arbora 1 étendard de Louis II d'Anjou et avec lui, il est vrai, celui du pape Urbain VI (Ibid., t. II, p. 1-3).
2. Louis de Montjoie, Franc-Comtois, était entré dés 1378 au service de Clément VII (cf., à son sujet, N. Valois, ouvr. cilé, l. I, p. 163, 166, 170 à 173, 177; t. II, p. 44, 57, 74, 143, 441-444).
3. Ce personnage se nonunait Ayniard Broutin; il était Dauphinois, chevalier de Sainl-.Iean de Jérusalem, commandeur de Poët-Laval (N. Valois, oun: cité, t. III, p. 616-62.3).