Portugal, ch.-l. de district
9. Il tenait Ferreira de Avez, tandis que Martin Vasquez da Cunlia
LXIV CllUONIQUES DE 3. KROISSART.
de trois cents lances entrèrent en Portugal, afin de piller'. Chargés de butin, ils eurent l'imprudence de se mesurer avec la garnison de Trancoso. Après trois heures de lutte, ils se débandèrent; un seul de leurs capitaines, Adiontale Caçorla, put s'échapper : ce combat eut lieu un mercredi d'octobre 1384». P. 268 à 276, 377-378.
Mais la plus grande bataille eut lieu à Aljubarrota. Le duc de Lancastre en avait eu le récit par son héraut; mais il se défiait de cette source de renseignements. Aussi Lourenço Fogaça reprit-il son récit. D'après lui, il n'y aurait pas eu, dans cette rencontre, plus de deux cents étrangers. Anglais, Gascons et Français, venus aider les Portugais^; parmi eux, les plus remarquables lurent deux Gascons, Guillaume de Montferrand et Bernardon^, un Allemand de Gueldre, Albrecht, et deux écuyers anglais de distinction, Jean Nortberry et Huguenin de Hardeshull'', qui furent appelés au conseil du roi.
Tandis que le roi de Castille était à Sanlarem, on lui conseilla de faire venir des gens d'armes, surtout de France : il envoya en Poitou, en Bretagne, en Normandie, en Bourgogne,
était akade de Trancoso, Gil Vasquez tia Cunlia de Liiiarés. et que Gonçalo Vasquez Coutinlio se tenait dans la province de lîcira (D. Nuiïpz, |). 215). Pachi'CO paraît avoir travaillé A apaiser les anihilions rivales et les querelles de divers seigneurs poringais {Ihid.).
1. Le roi de Castille avait donné onlre a ses troupes de tout dévaster (Lopez de Ayala, p. 218; D. Nuiiez, p. 214).
2. Celte liataille eut lieu à une demi-lieue de Trancoso. non en octobre 1384, mais en juillel 1385. Le roi de Castille avait rassemblé ses troupes A Ciudad Rodrigo; trois cents lances commandées par J. Radigo de Castaiieda, Pedro Suarez de Tolède, Alvar Garcia il'Albornoz, entrèrent en Portugal et se heurtèrent au\ forces ennemies dirigées par Martin Vasquez da Cunba, Gil Vasquez da Cunha, Gonzalo Vas(|uez Coutiiibo: dans cette rencontre où ils furent battus, les Castillans perdirent Juan Itadigo de Castafieda et Pedro Suarez de Tolède (D. Nunez, p. 215 et suiv.). Suivant Lopez de Ayala, les forces castillanes se seraient élevées à treize cents lances (p. 218). — D. Nunez compte Adelantado Caçorla parmi les morts (p. 219) avec Lopez Goncalves Pe de I^'erro, Pedro Mercban da Cidade, Ruy Garcia Solares, Alvaro Cansado, Goterrc Ferreira. Seul Pedro Soares de Quinhonés aurait écbappé.
3. Le Iteligieux de Sainl-Denù (t. I, p. 440) fait figurer des Maures et des Sarrasins dans l'armée portugaise.
4. Il ne saurait s'agir de Bernardon de la Salle, alors en Provence au service de Louis II d'Anjou (cf. P. Iturrieu, Les Gascntix ni Italie, p. 1 iO et suiv.).
5. D'après Kervyn de Letlenbove, éd. Froissarl, t. XXI, p. 522.
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en Picardie, en Béai-n. Il rassembla à Santarem ' six à se[>t mille lances et trente mille t;astillans^.
Le conseil du roi de Portugal lui remontra qu'il était préférable de demeurer aux champs. Il convoqua donc, à jour fixé, ses troupes à Porto. Malgré les abstentions — car il n'avait pas rallié tous les Portugais à sa cause — il réunit à Coïmbre deux mille lances et deux mille hommes de pied. Nunez Alvarez Pereira en était connétable, son frère Alvaro Pereira occupait les fonctions de maréciial. De Coïmbre, l'armée alla à Alcobaça, près d'Aljubarrota, Joao Fernandez Pacheco se tenant à cinq lieues de là, à Ourem''. Le roi de Portugal se logea au château de Leiria, à deux lieues d'Alcobaça, et le roi de Castille à une petite heure de là. Les Portugais considéraient cette localité comme devant leur porter bonheur. Charlemagne 3' avait remporté une victoire qui l'avait rendu maitre du pays, et il y avait, en souvenir, fondé une abbaye de moines noirs; plus tard, deux cents ans environ avant les événements actuels, un roi de Castille y avait été battu par son frère, comte de Portugal, qui, à la suite de cette victoire, avait été sacré à Coïmbre comme premier roi de Portugal^.
Tandis que le connétable et le maréchal de Portugal rangeaient leurs troupes, Joao Fernandez Pacheco amenait d'Ourem quarante lances, et était chargé de tenir le frein du roi. Ce dernier adressa des paroles d'encouragement à ses troupes. Puis, des éclaireurs ayant apporté des nouvelles de l'armée castillane, on décida de former deux ailes et de placer au
1. Le roi de Castille échoua toul d'abord dans une al laque contre Elvas; ayant appris la défaite de Trancoso, il alla à Ciudad Rodrigo, pnisà Coloriée. Il entra en Portugal le 1\ juillet (Lopez de Ayala, p. 222; D. Nunez, p. 225).
2. Sur I importance de l'armée castillane, voy. jdus haut, p. xi.iv, n. 1. D'après le Religieux de Saiitt-Dciiis (t. I, p. 438) cette armée aurait été forte de dix mille hommes el de huit cents Français.
3. Le roi de Portugal se dirigea d'Ourem, qu'il quitia le samedi 12 août, sur Porto de Moz, après avoir, de Tomar, sommé le roi de Castille de sortir de Portugal (voy. plus haut, p. xliv, n. 2).
4. Il s'agit ici d'Alfonse le Conquérant, tils d'Henri de Bourgogne et de l'infante Thérèse, tille du roi de Caslille Alfonse VI. Ce dernier avait donné à son gendre le pays entre le Minho et le Tage. D'abord comte de Portugal, après la mort de son père, Alfonse le Conquérant, à la suite de différends avec la Castille et de victoires remportées sur les Maures, fut proclamé roi par ses troupes à Ourique en 1139.
XII — e
centre les deux mille cinq cents lances portugaises; en même temps, ordre fut donné de ne faire aucun prisonnier.
Entre les adversaires se trouvait un étroit fossé, dont le passage gêna fort les Castillans, troublés au reste par les flèches que lançaient les ailes portugaises. L'avant-garde des Castillans, serrée des deux côtés par les ailes ennemies, fut abordée par les forces des communautés portugaises et culbutée à coups de lances dans le fossé; en moins d'une heure, quatre mille hommes d'armes castillans furent tués. L'armée du roi de Castille. forte d'environ vingt raille hommes, arriva sur le champ de bataille à la nuit, ignorant le sort de lavant-garde. Plus de cinq cents hommes d'armes castillans vinrent caracoler devant les Portugais et firent sauter le fossé à leurs chevaux : c'étaient les meilleurs des Castillans, ainsi que les Portugais fidèles au roi de Castille. En voyant la tournure de la bataille, les Portugais franchirent le fossé, rempli de cadavres. Mais, mal montés et redoutant les embûches, ils n'osèrent, de nuit, entamer la poursuite'.
Nombreux furent les morts. Castillans, Français, Portugais. Parmi les Castillans on comptait le comte Joan Alfonso de Tello^, dom Pedro Diaz, grand prieur de Portugal, dom Diego Alvarez, son frère, « Ange Salvace de Genève », dom « Jean Ansalle >>, messire Diego Gomez Manrique, Diego Gomez Sarmiento, Pedro Ruiz Sarmiento, « Lugares de Versaulx », le grand maître de Calatrava' et son frère d. Diego Alvarez, Pedro Gonçalvez de Mendoça, Pedro Ferrando de Velasco, Pedro « Gonsart de Seville », « Jean Radigo de Iloies » et le grand maître^ de Saint-Jacques''. Parmi les Français, périrent
1. Sur les détails de celte bataille, voy. plus haul, p. xlv et notes. '2. « Le comte Jean Alfonse Rolc •, dit Froissarl ; c'était Juan, seigneur d'Asuilar de Castaneda, fils du ronilc d. Tello.
3. Pedro Alvarez Pereira, succes.ieur de Pedro Nufiez de Godoy; on le fait aussi mourir de la peste au sii-gc de Lisbonne.
4. Pedro Nufiez de Godoy, auparavant grand maître de Calalrava.
5. L'cnumération de Froissarl est très incomplète, les noms sont déformés et parfois méconnaissables. D. Nuncz donne (p. Î60) d'après Fernand Lopez une liste plus complète, dont l'orlhographe onomastique est ici respectée : « d. Pedro, lils de d. Alfonso, marquis de Vilhena, premier connétable de Castille, de la maison d'Aragon el cousin du roi de Castille; d. Juan de Casiille, seigneur d'Aguilar de Castanbeda, lils du comte d. Tello; d. Fernando, lils du comte d. Sancbe, pelil-lils du roi Alfonse IX: d. Peilro Diaz, prieur de S. Jean: le comte de Vilhalpando,
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Jean de Rye, Geoffroi Ricon, Geoffroi de Partlienay, Espagnole! d'Espagne, Renaut du Solier, dit Limosin, maréchal de l'ost du roi d'Espagne. Au nombre des Gascons et Béarnais qui demeurèrent sur le champ de bataille, le seigneur de Lignac, Pierre de Ker', Jean de Laspres, le seigneur de Bernech, les seigneurs des Bordes^, de Marsan, de Bringoles', Rai-
d. Diego Manrique, grand adiantado de Caslille; d. Pedro Gonçalvez de Mendoça, grand majordome, d. Juan Fernandez deTovar, amiral de Castille, d. Diego Gomez Manrique, grand adianlado de Galice, Pedro Gonçalvez Carrilho, maréchal de Castille, Juan Perez de Godoy, lils du maître de Santiago, d. Pedro Moniz de Godoy, Fernâo Carrilho de Priego, Fcrn-jo Carrilho de Maçuello, Alvaro Gonçalvez de Sandoval, son frère Fernâo Gonçalvez de Sandoval, d. Juan Ramirez de Arelhano, seigneur dos Cameros, Juan Orliz, seigneur de las Cuevas, Ruy Fernande» de Tovar, Goterrc Gonsalvez de Quiros, Gonçalo Alfonso de Cervantes, Diego de Tovar, lîuy Barba, Diego Garcia de Tolède, Juan Alvarez Maldonado, Garcia Dias Carrilho, Lopo Fernandez de Sevilha, Juan Alfonso de Alcanlara, d. Gonçalo Fernandez de Cordova, Pedro de Velasco, Ruy Dias de Rojas, Gonçalo Gonçalvez de Avila, Sancho Carrilho, Juan Duque, Ruy Vasquez de Cordova, d. Pedro Buil et son lils, Pcro Gomez de Parras, Ruy de Tovar, frère de l'amiral et grand commandeur de Calatrava, Gomez Golerrez de Sandoval, Alvaro Nunez Caheca de Vaca, Lopo Fernandez de Padilha, Juan Fernandez de Moxica, Pero Soares de Toledo, Fernâo Rodriguez de Escovar, Alvaro Rodriguez de Escovar, Lopo Rodriguez de Assa, Ruy Ninlio, Lopo Ninho. Juan Ninho, frt'res, Garcia Gonçalvez de Quiroz, Lojio Gonçalvez de Quiroz, frères, Sancho Fernandez de Tovar, Ayrez Pirez de Camoens. » Parmi les Portugais qui avaient suivi le parti de Béatrice et du roi de CastiUe un certain nombre périrent : « d. Joao Alfonso Tello, amiral de Portugal, comte de Mayorga et avant de Barcellos, frère de la reine Leonor; d. Pedro Alvarez Pereira, maître de Calatrava, Diego Alvarez Pereira, frères du connétable de l'armée portugaise; Gonçalo Vasquez de Azevedo et son lils Alvaro Vasquez de Azevedo, Joao Gonçalvez, grand alcade d'Obidos, Garcia Rodriguez Taborda, grand alcade de Leiria, et de nombreux autres. » — La liste donnée par Lopez de Ayala est moins étendue : cet auteur (p. 235) mentionne « Pedro, lils du marquis de Vilhena, d. Juan d'Aguilar et de Castaneda, d. F^errand, lils du comte d. Sanche, le |irieur de S. Jean, Diego Gomez Manri(|ue, d. Joan Ferrandez de Tovar, Diego Gomez Sarmiento, Pero Gonzalez Carrilho, Pedro Gonzalvez de Mendoça, Alvar Gonzalez de Sandoval et son frère Ferrand Gonzalez, Ruy Barba, Joan Martinez de Medrano, Ferrand Carrillo de Pliego, Ferrand Carrillo de Mazuelo, Gonzalo Diaz Carrillo, Diego Garcia de Tolède, Gonzalo Alfonso de Cervantes, d. Juan Ramirez de Arellano, Juan Orliz de las Cuevas, Ruy Ferrandez de Tovar, Gutier Gonzalez de Quiros, Juan Perez de Godoy », — et parmi les Portugais demeurés lidèles au roi de Castille ; « d. Joao Alfonso Tello, d. Pero Alvarez Pereyra, maître de Calatrava, et son frère Diego Alvarez, Gonzalo Vasquez de Azebedo et son tils Alvar Gonzalez. »