‹ Chroniques (volume 5)Chapitre 2 sur 91 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La Chronique de Flandre insérée dans le deuxième livre de Froissart. — Date de sa composition. — Ses manuscrits.

Avant d'aborder l'étude de la rédaction proprement dite du deuxième livre, il me faut dire quelques mots de la Chronique de Flandre composée antérieurement par Froissart et insérée dans son deuxième livre, après l'avoir tout d'abord abrégée et façonnée au cadre général de ses Chroniques. Cette Chronique de Flandre, dont on connaît aujourd'hui trois manuscrits, commence en ces termes :

« Je, Jehan Froissart, prestre de la nation de la conté « deHaynnau et de la ville de Vallenchiennes,etencetemps « trésorier et chanoine de Chimay, qui du temps passé me

1, A mon retour M. Delisle voulut bien me remettre de la part de la famille de M. S. Luce quelques uotes relatives aux mss. de Paris et un paquet de fiches, dont la plupart faisaient malheureusement double emploi avec celles que M. A. Spont avait rédigées pour moi d'après les documents des Archives nationales.

INTRODUCTION. m

« suis entremis de traictier et mettre en prose et en ordon- « nance les nobles fais et haultes advenues des grans « faiz d'armes qui advenus sont tant des guerres de France «i et d'Angleterre comme de ailleurs, me suis advisé de « mettre en escript les grans tribulations et pestillences « qui furent en Flandres, et par le fait de orgueil et de 'i ceulx de Gand, à l'encontre du conte Loys, leur sei- « gneur, dont moult de maulx vindrent et nasquirent « depuis, si comme vous orrez recorder avant en l'ystoire, « et en l'incarnation commenchant l'an de grâce Nostre « Seigneur MCccLxxvin*. »

Suit un assez long passage relatif aux contestations survenues de tout temps entre les villes de Gand et de Bruges à propos des eaux de la Lys ; puis commence le corps même de la rédaction de la Chronique de Flandre, qu'à partir du § 101 (p. 158) de la présente édition, Froissart a intercalée dans son deuxième livre par séries de chapitres, corrigeant et surtout supprimant beaucoup'.

La concordance entre la rédaction des Chroniques et celle des différents manuscrits âe la Chronique de Flandre ne cesse qu'à l'extrême fin du deuxième livre, à la paix de Tournai, en décembre 1385, après un paragraphe' qui dans certains manuscrits de la rédaction primitive et de la rédaction revisée, clôt le deuxième livre. Le ms. de Paris (Bibl. nat. fr. 5004) se termine par le récit abrégé de la mort de François Ackerman (août 1386) ; un des mss. de Cambrai (l'autre étant incomplet à la fin) va jusqu'à l'entrée du duc et de la duchesse de Bourgogne à Bruges en novembre 1386.

Ces dates donnent la dernière limite à laquelle puisse être reportée la composition de la Chronique de Flandre \

1. J'emprunte ce texte au ms. de I.t Bibl. nat. fr. 5004. fol. 1 r".

2. Buchon (t. II, p. 352-364) a comparé lo texte des Chroniques à celui de la Chronique de Flandre donne par le ms. de lu Bibl. nat. fr. 5004.

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