‹ Chroniques (volume 5)Chapitre 21 sur 91 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

REPRISE DF.S UOSTILITKS EX ECOSSE. 1378, 23 IlOVeiubre. PRISE

DU CHATEAU DE BERWICK PAR LES ECOSSAIS. Fîtl de 1378.

CHEVAUCHÉE DU COMTE DE NORTHUJMBERLAND SUR LES MARCHES D ECOSSE (§g 21 à 33).

Le roi de France, sans engager sa propre armée, savoit faire harceler ses ennemis par ses alliés; aussi profite-t-il de l'avènement de Richard II pour renouveler avec le roi d'Ecosse, Robert, les traités conclus avec ses prédécesseurs'. A la suite d'une réunion à Edimbourgh, la guerre est de nouveau résolue, et le roi d'Ecosse divise son armée en quatre parties sous les ordres des comtes de Douglas, de Morav, de MaretdeSutherland; le connétable d'Ecosse était Archibald de Douglas, et le maréchal de l'armée, monseigneur Robert d'Erskine^. Le rassemblement des ii-oupes

1. Le traité d'alliance unissant la France à l'Ecosse avait été renouvelé entre Charles V et RobertStuart dès k- 30 juin 1371 [Mandements Je Ch. y, n" 790). Aussitôt après la mort d'Edouard III (12 juin 1377), les Écossais rompirent les trêves conchies ayec l'Angleterre : notamment une dispute survenue au marché de Roxburgh entre Anglais et Ecossais est la cause du meurtre de quelques Ecossais. Leurs compatriotes voulant les venger, brûlent la ville sous les ordres du comte de Dimbar-, de là des représailles de la part des Anglais, qui, au nombre de lUOOO, commandés par le comte de Northumberland, entrent en Ecosse et ravagent le pays (Walsingham, Hist. a/igl., t. 1, p. S'iO). La lutte continue ainsi pendant l'année 1378, entretenue par un échange constant de correspondances entre la France et l'Ecosse {^fandements de Ch. V^ n"' 1669, 1688, 1712 à 1714) « pour certaines besoingnes », jusqu'à la défaite des partisans du comte de Northumberland. Intervention d'Edmond Mortimcr et de Jean, évêque de Hereford, qui quitte son manoir de Wytebourne et voyage du 27 mai au 22 juillet « pour la reformation » des attentats contre la trêve avec l'Ecosse (Rcc. Off., Lord Treas. Bem., For. Ace. 4, m. 8 v°). La trêve est renouvelée, mais dure peu; et un nouveau voyage en Ecosse de l'évêque de Hereforfl (23 octobre- 6 décembre 1378) est rendu nécessaire par les événements qui précèdent et suivent la prise de Rerwick racontée par Froissart {^Rec. Off., ibld.].

2. Le roi Charles V, sans doute pour gagner à lui les principaux chefs écossais, ordonne le f)alement,à la date du 23 décembre 1377, de trois harnais d'or envoyés par lui au comte Guillaume de Douglas, à Jacques son ills et à Robert d'Erskine [Mandements de Cli. r^ n° 1564).

SOMMAIRE DU DEUXIÈME LIVRE, gg 21-33. xxix

devait avoir lieu près du Lammerlaw*, à la frontière d'Angleterre.

Durant ce temps, un des plus hardis écuyers d'Ecosse, Alexandre de Ramsay, prend avec lui quarante compagnons de sa route et marche sur Berwick, qui appartenait aux Anglais. Le ca[)itaine de la ville de Berwick était alors un écujer du comte de Northumberland^, nommé Jean Biset, et celui du château s'appelait Robert Ashton^. Le château est pris par surprise* et Robert Asliton se tue en sautant dans les fossés". Jean Biset, le capitaine de la ville, coupe alors les ponts reliant le château à la ville (de la sorte les Ecossais restent enfermés dans le château) et envoie demander du secours au comte de Northumberland, qui était tout près de là, à Alnwick'', par Thomraelin Friane, un de ses hommes. P. 27 à 31, 297 à 299).

Alexandre de Ramsay et les siens, maîtres du château, tuent une partie de leurs prisonniers et gardent l'autre; mais quand ils veulent pénétrer dans la ville pour la piller et y mettre le feu, les ponts leur manquent. Ils se renferment alors dans le château et s'y maintiennent jusqu'à l'arrivé des barons écossais; le comte de Douglas et Archibald de Douglas avaient déjà quitté Dalkeith'' et étaient arrivés à Dunbar*. P. 31, 32, 299.

1. Le Lammerlaw est un des pics faisant partie de la cliaîne des Lammermoor Hills.

2. Henri de Peicy, comte de Northumberland, avait touché 500 livres pour la garde du château de Berwick du T' décembre 1377 au 15 juillet 1378 {Rec. O/jT.^ Trcas. of tlie Recel/tt^ Mise. ^, n" 55).

3. Robert Asliton, chambellan d'Edouard III, était venu en France pour traiter de la paix (30 avril-13 juin 1377) et avait reçu lûO L. à cette occasion. Le 12 juin, nous le voyons capitaine de Sandgate j)rès Calais. [Bec. O/f.^ Queens Rem., Misc.^ Ntincil ^ et Lord Treas. Rem., For. Jcc. 4, m. 77 V.)

4. C'est le 25 novembre (le jeudi avant la Saint-André) et non le 22 novembre 1378, que le château de Berwick fut pris par les bandes écossaises, durant la nuit, per quoddam foramen cujtisdam lurris (Walsingbam, Il'ist. an^'L, t. f, p. 388).

5. Le comte de Dunbar, gardien des marches pour TF-eosse, n'admettait pas cette rupture de la trêve et voulait faire rendre le château aux Anglais : les Ecossais répondirent qu'ils ne le rendraient ni au roi d'Angleterre, ni au roi d'Ecosse, mais qu'ils l'occupaient pour le roi de France. Huit jours après, grâce à ses machines de guerre, le comte de Northumberland reprenait Berwick (Walsingliam, Ilisl. aiigl., t. I, p. 389).

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