‹ Chroniques (volume 5)Chapitre 35 sur 91 · Gironde, canton de Pauillac · texte numérisé non relu

Gironde, canton de Pauillac

3. De la famille de Preissac, qui comptait parmi ses membres Bermond Arnaud, syndic de Latrau en 136^ {Bibl. Nat. Pièces orig,, vol. 2376).

SOMMA.IRE DU DEUXIÈME LIVRE, fg 40-82. lv

nuit et jour sur la forteresse. D'autre part les deux armées, se'pare'es par un bras de mer, ne pouvaient en venir aux mains. Aussi les rencontres se bornaient-elles à quelques escarmouches entre fourrageurs. Les Anglais continuaient à creu3er leur mine, qu'en une nuit Morfouace et les siens purent détruire, grâce à la négligence du comte Richard d'Arondel. P. 92 à 94, 310.

Cette résistance fait réfléchir les Anglais qui, ayant perdu leur saison, songent à rentrer en Angleterre, ne pouvant creuser une nouvelle mine à l'approche de l'hiver. Le duc de Lancastre et le comte de Cambridge donnent donc le signal du départ, et l'armée anglaise arrive bientôt à Southampton, où elle est licenciée. Durant ce temps, Jean d'ArondeP, capitaine de Southampton, était parti pour secourir à Cherbourg Jean de Harleston et sa garnison. P 94, 9o, 310.

Après la levée du siège de Saint-Malo*, l'armée française se divise : la plus grande partie, les grands barons, les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon, le comte de la Marche, le dauphin d'Auvergne, renvoient leurs gens dans leurs foyers; plusieurs d'entre eux viennent vers le roi à Rouen. Quelques Bretons et quelques Normands s'établissent à Valognes, à sept lieues de Cherbourg, espérant rencontrer Jean d'A.rondel qui venait de ravitailler cette ville et qui ravageait le pays. Mais dans une reconnaissance que fait Olivier du Guesclin, frère du connétable, avec quarante lances, il est surpris dans les bois i>ar Jean d'Arondel et Jean Coq^, un écuyer navarrais, et fait prisonnier

1. Jean d'iWondel, nommé capitame de Cherbourg dès le 10 septembre 1378 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Ace. 4, m. 8 v°), s'engage le 12 octobre 1378 à garder la ville avec 300 hommes d'armes, 200 archers et 60 « balisliers », y compris les compagnies du roi de Navarre qui y sont déjà [Ibid., Trcas. of tite Rec, Mise. ^, n" 13'i). Il dut arriver à Cherbourg à la lin de novembre ou au commencement de décembre 1378; en tout cas il y est présent le 11 (Ibld., Mise. f|, n" 8), et un mandement du roi d'Angleterre en date du 12 décembre [Ibid., n° 4) ordonne le payement d'une somme de 1000 marcs pour le ravitaillement de la place.

2. Le siège de Saint-Malo fut levé à la fin de décembre 1378 : nous trouvons mention, à la date du 27, de personnages revenant du siège de Saint-Malo [Arch. Nat.., JJ 114, fol. 18). A cette date Cbarles V n'était pas à Rouen.

3. Ce Jean Coq avait été envoyé en juin 1378 à Southampton au duc de Lancastre [Rec. O//"., Issue Rolls, 1 Ricit. II, part 2, m. 8).

LVi CHRONIQUES DE J. FROISSART.

avec dix ou douze autres ^ Le reste de ses hommes peut retourner à Valognes et raconte l'événement à Guillaume des Bordes et à ses compagnons. P. 9o à 98, 310.

La l'ançon d'Olivier du Guesclin fixée à 40 000 francs, se partagea entre Jean Coq et Jean d'Arondel, qui retourna bientôt à Southampton, laissant à Cherbourg avec le capitaine Jean de Harleston, plusieurs chevaliers anglais tels que Jean de Copelant, Jean Burley et Thomas Pickworth.

Parlons maintenant de Jean de Neuville, sénéchal de Bordeaux, de Thomas Trivet et des autres. P. 98, 99, 310.

Jean de Neuville attendait toujours à Bordeaux des nouvelles de la guerre de Navarre. Apprenant que quelques gens d'armes bretons et gascons occupent Barsac^ et ravagent le pays, il envoie contre eux le sénéchal des Landes, Guillaume Elmham, et Guillaume le Scrop, avec deux cents lances et deux cents archers. Cette troupe rencontre à une lieue de Barsac 120 lances ennemies, commandées par Bertrand Raymond, qui est vaincu et fait prisonnier : ses hommes sont tous tués ou pris: et la garnison se rend moyennant la vie sauve. P. 99 à 101, 310, 311.

Le soir de la Toussaint 1378, les Anglais rentrent à Bordeaux, où est arrivé le même jour, sans prévenir, le roi de Navarre, qui vient demander à l'armée anglaise de l'aider, suivant le traité passé avec le roi d'Angleterre, à faire lever le siège de Pampe-

1. La prise d'Olivier du Guesclin et de ses compagnons ne fut qu'un épisode du siège de Cherbourg, qui commencé en juillet 1378 (cf. plus haut, p. xi.ii, note k) exigea de longs préparatifs [Mandements de Cil. V, n° 1786) et fut poussé avec activité d'octobre à décembre 1378 par Jean le Mercier (H. Moranvillé, Et. sur la vie de J. le Mercier.^ p. 65-66) et par Bertrand du Guesclin, logé à l'abbaye hors Cherbourg. Le froid obligea l'armée royale à lever le siège, et Guillaume des Bordes resta seul avec quelques troupes pour observer l'ennemi [Clir. des Quatre Valois., p. 276-277). Quant à Olivier du Guesclin, transporté à Cherbourg, puis en Angleterre, il fut attribué comme prisonnier à Gui de Brian, à Mathieu de Gournai et à Richard de Abberbury, le 20 octobre 1379 (Rymer, t. VII, p. 230). Le 10 septembre 1380, un sauf- conduit est accordé aux porteurs de la rançon [Ilnd., p. 271) et le 13 juillet 1381 un autre sauf-conduit est donné à diverses personnes, entre autres à Bertrand du Guesclin, fils d'Olivier, qui viennent chercher le prisonnier à Calais [Ibid.., p. 320). Un mandement de Charles VI, daté du 16 décembre 1381, est relatif à la rançon d'Olivier du Guesclin [Arch. Nat., KK 327, fol. 5 V et Mus. Jirit., Add. Charters 17 927).

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