Voj. plus haut, p. xir, note
Si le combat d'Ardres avait eu lieu en 1352 , comme l'avancent tous les historiens, la garnison de Ouines ne serait pas venue au secours des Français, puisque cette forteresse tomba au pouvoir des Anglais dès le commencement de janvier de cette année,
4. Ce fut Jean de Boulogne, qui succéda à Edouard de Beaujeu et fut envoyé à Saint-Omer dès le mois de juillet 1351 comme lieutenant du roi es parties de Picardie et sur les frontières de Flandre (JJ82, p. 276).
5. Ce ne fut pas Thomas de Beauchamp, comte de W^arwick, qui succéda à Jean do Beauchamp son frère ; Hobert de Herle fut nommé caj)itaine du château de Calais le 20 juin 1351 (Rymer, vol. III, p. 222).
6. Jean de Beauchamp ne fui pas échangé contre Gui de Nesle; il était encore prisonnier le 4 décembre 1351 (llymer, vol. III, p. 236).
7. Etienne Aubert, ancien évoque de Clermont, cardinal d'Ostie, fut élu pape sous le nom d'Innocent VI le 18 décembre 1352 en remplacement de Clément VI mort le 6 décembre précédent.
8. Une trêve fut en effet conclue, grâce a la médiation du cardinal Gui de Boulogne, entre le château et la bastide de Guines, le 10 mars 1353 (n. st.) ; elle devait durer jusqu'au l*-'" août suivant (Rymer, vol. III, p. 254).
xLvm CHRONIQUES DE J. FROISSART.
Raoul, comte d'Eu et de Guines, connétable de France, peu après son retour d'Angleterre* où il a passé quatre ans en pi'ison, est mis à mort sans jugement par l'ordre du roi Jean qui donne les biens de la victime à Jean d'Artois, comte d'Eu; et cette exécution excite de violents murmures en France comme aussi au dehors du royaume. P. 123 à 125, 346, 347.
Quelque temps après l'exécution du comte de Guines, et durant la trêve ^ conclue avec le roi d'Angleterre, un traître vend et
1. Raoul deBrienne, comte d'Eu et de Guines, connétable de France, fait prisonnier à la prise de Caen par les Anglais le 26 juillet 1346, était encore en Angleterre le 20 octobre 1350, jour où Edouard octroya des lettres de sauvegarde à quinze personnes envoyées en France pour rassembler l'argent destiné à la rançon du connétable (Rymer, vol. III, p. 206). Le 8 novembre 1350, Raoul d'Eu était encore dans les bonnes grâces du roi Jean qui ordonna, y ^r un mandement en date de ce jour, d'exproprier Jean Morier, cbangeur, qui avait pris la fuite, emportant quatre cents deniers d'or à l'écu qui appartenaient à son très cher et féal cousin le connétable de France du fait de sa charge (JJ80, p. 312). Il dut être exécuté le 18 novembre au matin, car il est déjà mentionné comme défunt dans un acte de ce jour par lequel le roi Jean donne à Gautier duc d'Athènes, marié à Jeanne d'Eu, sœur du connétable, l'hôtel que Raoul d'Eu possédait à Paris dans le quartier Saint- Paul (JJ80, p. 168). Sauf le château et la châtellenie de Beaurain concédés le 23 décembre 1350 à Robert de Lorris (JJ81, p. 220), le comté d'Eu donné en février 1351 à Jean d'Artois (JJ81, p. 282) et la reprise en mars 1351 (JJ80, p. 348) par Catherine de Savoie, iille de feu Louis de Savoie et veuve de Raoul d'Eu, d'un apport dotal de quatre mille florins d'or assis sur la terre de Sauchay ^Seine-Inférieure, arr. Dieppe, c. Envermeu), le reste de la succession de Raoul passa, en vertu de donations faites par le roi Jean en février (JJ80, p. 368) le 16 mars (JJ80, p. 659) et le 26 septembre 1351 (JJ80, p. 464), à Gautier de Brienne-Châtillon, duc d'Athènes, comte de Braisne, Ijcau-frère, et à Jeanne d'Eu, duchesse d'Athènes, sœur de l'infortuné connétable. Villani dit (1. II, c. 50) que le roi Jean fit mettre à mort Raoul d'Eu parce que, n'ayant pu se procurer l'énorme somme exigée pour sa rançon, le comte de Guines promit de livrer au roi d'Angleterre en échange de sa liberté le comté et la forteresse de Guines. Ce qui rend la version du chroniqueur florentin très-vraisemblable, c'est que Jean confisqua au profit de la couronne et ne donna à personne le comté de Guines. -
2. Cettre trêve fut conclue entre Guines et Calais le soir du 11 septembre 1351 et devait durer jusqu'au matin du 12 septembre 1352 (Rymer, vol. III, p. 232). D'après les Grandes Chroniques de France (V. p. 401 fie ce volume) et la Chronique des Valois (p. 24), le château de Guines fut pris par les Anglais pendant la première fête de l'Etode à laquelle s'était rendu le sire de Bouvelinghem, capitaine de ce château. Or celte fête se tint le 6 janvier 1352. Le rédacteur des Grandes Chroniques rapporte, il est vrai, la fête dont il s'agit au mois de novembre
SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, g§ 331-342. xlix
livre le château de Guines aux Anglais. Jean de Beauchamp, gouverneur de Calais, répond à toutes les réclamations du roi de France au sujet de ce marché que l'achat d'un château ne constitue pas une infraction à la trêve. P. 125, 126, 347, 348.
Le roi Jean fonde * , à l'imitation de la Table Ronde du roi Ai'thur, un ordre de chevalerie composé des trois cents chevaliers les plus preux de France, et appelé l'ordre de l'Etoile, parce qu'il a pour signe distinctif une étoile d'or, d'argent doré ou de perles qu'on porte par-dessus le vêtement. Les membres de l'ordre doivent, à toutes les fêtes solennelles, se réunir à la Noble Maison construite exprès pour cet objet près de Saint-Denis ; c'est là que le roi tient cour plénière au moins une fois l'an, et que chaque compagnon vient raconter ses faits d'armes enregistrés sous sa dictée par des clercs. On ne peut être admis dans la confrérie qu'avec l'assentiment du roi et de la majorité des compagnons ; on fait serment, en y entrant, de ne jamais fuir dans une bataille plus loin que quatre arpents, au risque d'être tué ou fait prisonnier; on jure aussi de se porter secours les uns aux autres en toute occasion. Si un compagnon de l'Etoile se trouve sans ressource sur ses vieux jours, la Noble Maison lui offre un asile oii il est assuré d'un train de vie honorable pour lui et pour deux varlets. — Peu après la fondation de l'ordre de l'Etoile, la guerre redouble en Bretagne où le roi d'Angleterre, allié de la comtesse de Montfort, expédie des forces considérables. Gui de Nesle, sire d'OfTémont ^, et plus de quatre-vingt-dix chevaliers de l'Etoile,
1351 : mais il aura confondu sans doute l'ordonnancp de fondation en date du 16 novembre 1351 avec la première fête de l'Ordre qui eut lieu, comme nous venons de le dire, le 6 janvier 1352. D'un autre côté, Robert de Avesbury place la prise de Guines vers la Saint-Vincent (22 janvier) 1352 : lune instante fcsto Sanctl Fincentii {Hist. Ed. III, p. 188). D'où il suit que la prise de Guines par les Anglaisent lieu du 6 au 22 janvier 1352. Un archer anglais, nommé Jean de Dancaster, s'empara-t-il de ce château par surprise, suivant le témoignage de Robert de Avesbury; ou la forteresse française fut-elle livrée par la trahison de Guillaume de Beaucaurroy, suivant la version de la plupart des chroniqueurs français? C'est ce que le silence des actes ne nous permet pas de d«'cidcr.
1. L'ordonnance de fondation est du 16 novembre 1351, et la première fête se tint le 6 janvier 1352. Du reste, pour tout ce (jui concerne l'ordre de l'Etoile, il nous suffît de renvoyer à l'excellent ouvrage de M. L('o|K)ld l'aïuiier, La Noble Maison de Saint-Ouen, Paris, 1872, in-12, p. 84 à 127.
2. Froissart désigne ici le combat de Mauron (Morbihan, arr. Ploër-
envoyés par le roi de France au secours de la comtesse de Blois, trouvent la mort dans une embuscade que les Anglais leur avaient tendue; ils auraient pu se sauver, mais ils venaient de s'engager par serment, en vertu des statuts de la nouvelle confrérie, à ne jamais fuir. Un aussi malheureux début et plus encore les désastres qui s'abattent ensuite sur la France ne tardent pas à amener la ruine de l'ordre de l'Étoile. P. 126 à 128, 348, 349.