HISSEUR. PRISE DU CHATEAU DE BERWICK PAR LES ÉCOSSAIS
RETOUR d'eDOUARD A CALAIS * (§§ 345 à 351).
Les frères de Navarre se rendent en Angleterre où ils concluent une alliance offensive et défensive avec Edouard contre le roi de France ^ ; à leur retour en Normandie, ils mettent en état de défense les châteaux d'Evreux, de Rreteuil et de Couches. Le roi d'Angleterre lève trois armées à la fois : la première, composée de cinq cents hommes d'armes et de mille archers sous la conduite du duc de Lancastre, doit opérer en Bretagne contre Charles de Blois qui vient de recouvrer sa liherté moyennant une rançon de quatre cent ^ mille écus; la seconde, dont l'effectif ne
1. Cf. Jean le Bel, C/troniques, t. II, chap. xc, p. 177 à 183.
2. Les actes ne font aucune mention de ce voyage du roi de Navarre et de son frère en Angleterre. On voit seulement par la déposition en date du 5 mai lr556 de Friquet, gouverneur de Caen pour le roi de Navarre, que le duc de Lancastre, qui était alors en Flandre, lit offrir à Charles le Mauvais le secours de son cousin Edouard contre la vengeance du roi Jean, que le roi de Navarre se réfugia aussitôt auprès du pape à Avignon d'où il se rendit en Navarre, et que ce fut de là qu'il expédia un de ses agents, nommé Coliu Doublet, en Angleterre pour aiuioncer au roi qu'il se rendrait par mer avec des troupes a Cherbourgdfin de recouvrer ses places occupées par le roi de France. Cette déposition de Fri([uet a été publiée par Secousse, Preuves de rhistoirc de Charles le Mauvais, p. 49 à 57.
3. Les lettres de sauvegarde données par le roi d'Angleterre à Charles de Blois pour aller en Bretagne assister au mariage de sa lille Marguerite avec le connétable Charles d'Espagne et chercher l'argent de sa rançon, sont datées du 10 novembre 1354 (Rymer, vol. IH, p. 290). Dos lettres de sauf-conduit furent aussi délivrées le même jour à seize seigneurs bretons qui , après avoir accompagné Charles sur le continent, devaient revenir en Angleterre se constituer otages, eu cas de nonpayement de la rançon, si Charles lui-même n'était pas de retour avant le 24 juin 1355. Parmi ces seigneurs figurent Jean, vicomte de ilohan, banneret, Tbibaud, sire de Ilochefort, banneret, lionabhi' de ilougé, sire de Derval, banneret, Jean de Beaumanoir, Yvain Cbaruel, lier-
uv CHRONIQUES DE J. FROISSART.
s'élève pas à moins de mille hommes d'armes et de deux mille archers, est dirigée sur la Guienne et placée sous les ordres du prince de Galles* et de Jean Chandos; la troisième enfin, forte de deux mille hommes d'armes et de quatre mille archers, est commandée par le roi d'Angleterre en personne et doit débarquer en Normandie. P. 133 à d36, 351 à 354.
Edouard s'embarque à Southampton- et fait voile vers Cherbourg où l'attend le roi de Navarre ; mais les vents contraires l'obUgent à relâcher quinze jours à l'île de Wight, puis à Guernesey. Le roi de France est informé de ces préparatifs ainsi que de la prochaine descente des Anglais en Normandie ; il envoie à Cherbourg l'évêque de Bayeux et le comte de Saarbruck qui parviennent à détacher le roi de Navarre de l'alliance d'Edouard et le décident à faire la paix ^ avec Jean son beau-père ; toutefois Philippe de Navarre reste attaché au parti anglais. P. 136 à 138, 3b4 à 356.
A la nouvelle de la défection de son allié, le roi d'Angleterre renonce à descendre en Normandie et débarque à Calais. Il en-
trand duGuesclin. En même temps, par acte datédn 11 novembre 135'i, il fut convenu qu'il y aurait trêve en Bretagne entre les Anglais et les partisans de Charles de Blois jusqu'au 24 juin 1355 {Ibid., p. 290 et 291). Le 8 février 1355, Thomas de Holland avait été nommé pour un an capitaine et lieutenant en Bretagne (p. 295), mais Edouard lui notifia, le 14 septembre suivant, qu'il eût à livrer les places fortes à Henri, duc de Lancastre, appelé à le remplacer dans le commandement de cette province et des pays adjacents {Ibld.^ p. 312).
1. Dès le 27 avril 1355, Edouard donne des ordres pour rassembler la flotte qui doit transporter en Guienne le prince de Galles et son armée ; le 6 mai il fait préparer pour l'expédition de son fils deux mille cinq cents claies et quinze équipages de ponts (Rymer, vol. III, p. 298 et 299).
2. Le le"" juin 1355, le roi d'Angleterre demande des prières à l'archevêque de Cantorbéry, primat du royaume, à l'occasion de la guerre contre la France qui va recommencer {IbicL, p. 303) ; le 1" juillet suivant, il nomme gardiens du royaume pendant son absence Thomas son iils, les archevêques de Cantorbéry et d'York, l'évêque de Winchester, Richard comte d'Arundel et Barthélémy de Burgbersh {IbicL, p. 305).
3. Un traité fut conclu à Valognes le 10 septembre 1355 entre Charles II, roi de Navarre, et le roi Jean; il avait été négocié au nom du roi de France par Jacques de Bourbon, comte de Ponthieu, connétable de Franco, et par Gautier, duc d'Athènes, comte de Braine. Ce traité a été public- par Secousse, Preuves de rhistoire de Charles le Mauvais, p. 582 à 595.
SOM'MAIRE DU PREMIER LIVRE, §g 345-351 . lv
treprend une chevauchée à travers la France, passe devant Ardres * et la Montoire *, court devant Saint-Omer, dont Louis de Namur est capitaine, et s'avance tellement dans la direction de Hesdin que les habitants d'Arras s'attendent à être assie'gés par les Anglais "\ — Le roi de France, de son côte', fait de grands préparatifs pour repousser l'envahisseur ; il appelle à son secours ses bons amis de l'Empire, entre autres Jean de Hainaut; il convoque à Amiens tous les chevaliers et écuyers depuis quinze