‹ ChroniquesChapitre 26 sur 74 · Ardres-en-Calaisis, Pas-de Calais, ar. Saint-Omer · texte numérisé non relu

Ardres-en-Calaisis, Pas-de Calais, ar. Saint-Omer

2. Auj. hameau de Zutkerque , Pas-de-Calais, ar. Saint-Omer, c. Audruicq.

3. D'après Robert de Avesbury, Edouard fit crier dans les rues de Londres le 11 septembre que tous chevaliers, gens d'armes et archers se tinssent prêts à partir le 29 septembre de Sandwich pour Calais; le 15 et le 26 de ce mois, il défendait de faire sortir des ports aucun navire jusqu'à la Saint- Michel (Rymer, vol. III, p. 313). Grâce à ces mesures, une armée de plus de trois mille hommes d'armes, avec deux mille archers à cheval et un grand nombre d'archers à pied, était réunie à Calais avant la fin d'octobre. Ce qui avait déterminé le roi d'Angleterre à lever des forces si considérables, c'était sans doute la célèbre ordonnance par laquelle le roi Jean son adversaire avait convoqué à Amiens, dès le 17 mai de cette année, le ban et l'arrière-ban, c'est-à-dire tous les hommes valides depuis dix-huit jusqu'à soixante ans (Arch. nat. , sect. liist., K47, n° 35); mais nous apprenons par des lettres de rémission, octroyées en décembre 1355 aux habitants de Paris, que les contingents des communes, outre qu'ils étaient très-incomplets, n'arrivèrent pas en temps (JJ84, p. kb6). S'il fallait en croire Robert de Avesbury (v. p. 205 à 207), Edouard serait entré en campagne et aurait marché sur Sanit-Omer le 2 novembre. Le roi Jean, arrivé dans cette ville avec une puissante armée, n'aurait osé attendre les Anglais et se serait retiré devant eux en ayant soin d'enlever tous les approvisionnements pour les affamer. La disette de vivres seule aurait forcé Edouard à s'arrêter à Hesdin et à regagner, par la route de Boulogne, Calais, où il serait rentré après dix jours de chevauchée le jour de Saint- Martin d'hiver (11 novembre). L'itinéraire du roi Jean, que nous avons dressé d'après les actes, prouve que le récit du chroniqueur anglais est de toute fausseté, du moins en ce qui concerne la marche de l'armée française. Le roi de France, en effet, est à l'abbaye de Saint-Fuscien (Somme, ar. Amiens, c. Sains) le 28 octobre (JJ84, p. 352), à Amiens le 5 (JJSij, p. 335) et le 7 novembre (JJ Sk, p. ^12), à Colsy près Amiens (Somme, ar. Amiens, c. Villiers-Bocage) en novembre (JJS^, p. ^19), à Lucheux (Somme, ar. et c. Doullens, sur les confins de l'Artois) le 9 novemlire (JJS'», p. kkb], à Aire et à Sainl-Oraer en novembre (JJS'è, p. 371, 233, 330, 365). On voit par ces étapes que, du 2 au 11 novembre, le roi Jean, loin de se retirer devant les Anglais en s'enfuyant de Saint-Omer à Amiens, ne cessa au contraire de s'avancer à leur rencontre.

Lvi CHRONIQUES DE J. FROISSARÏ.

jusqu'à soixante ans; il se rend lui-même dans cette ville avec ses quatre fils , le roi de Navarre son gendre , le duc d'Orle'ans son frère et l'élite de la noblesse du royaume ; il parvient à réunir sous ses ordres une armée de douze mille hommes d'armes et de trente mille gens des communautés. P. 138 à 141, 336 à 359.

Sur ces entrefaites, les Ecossais, qui reçoivent des renforts du roi de France ', profitent de l'absence d'Edouard, du prince de Galles et du duc de Lancastre, pour attaquer, sous les ordres de Guillaume de Douglas, Roxburgh et Berwick; ils échouent devant Roxburgh , mais ils s'emparent du château de Berwick ^ et sont sur le point de prendre la cité elle-même dont les boui'geois demandent du secours au roi d'Angleterre. P. 141 à 143, 3S9 à 361.

Dans le même temps, un chevalier français nommé Boucicaut, prisonnier des Anglais, qui lui ont permis seulement d'aller quelques mois dans son pays mettre ordre à ses affaires, vient rejoindre le roi d'Angleterre devant Blangy, beau château et fort du comté d'Artois. Edouard met Boucicaut en liberté sans rançon, à condition qu'il ira de sa part offrir la bataille au roi de France ^ qui se tient toujours à Amiens où il achève de rassembler ses forces. P. 143 à 146, 361 à 363.

Le roi Jean laisse sans réponse le défi de son adversaire. Ce que voyant, Edouard rebrousse chemin à travers le comté de Fauquembergue, passe à Llcques*" dans le pays d'Alquines, contourne la bastide d'Ardres, et, par le beau chemin de plaine dit de Leulingue, rentre tout droit à Calais. Arnoul d'Audrehem,

1. D'après la Scala C/ironica, le roi de France avait envoyé en Ecosse le sire de Garancières avec cinquante liommes d'armes et une somme de dix mille marcs à partager entre les barons d'Ecosse , à condition qu'ils violeraient la trêve.

2. D'après Robert We Avesbury (p. 209), les Ecossais s'emparèrent par surprise, le 6 novembre, de la ville de Berwick, et non du château, qui resta au pouvoir des Anglais. Il ne fallait pas moins de trois jours pour faire parvenir cette nouvelle à Edouard ; et en effet le roi d'Angleterre, interrompant sa marche en avant à travers l'Artois , se mit en devoir de regagner Calais dès le 9 novembre.

3. Robert de Avesbury prétend (p. 206) que Jean fut effrayé en apprenant par Boucicaut, qu'il appelle a sire Bursyngaud », combien était forte l'armée anglaise qui marchait en bon ordre, divisée en trois batailles.

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