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CHAPITRE LXXV

1356. EXPEDITION d'ÉDOUAKD III EN ECOSSE ' (§§ 352 à 355).

Le roi d'Angleterre quitte Calais dont il confie la garde au comte de Salisbury, repasse en Angleterre et se dirige tout droit vers l'Ecosse ^ Gautier de Mauny, qui marche à l'avant-garde de

1. Arnoul d'Audrehem, maréchal de France, qui avait été' nommé, le lei" janvier 1355, lieutenant es parties de Picardie, d'Artois et de Boulonnais (Arch. nat., JJ84, p. 181) tenait habituellement garnison à Saint-Omer (JJ85, p. 132) ou à Ardres (JJ84, p. 461). Philippe, duc d'Orléans, avait ét(' nommé aussi lieutenant du roi es dites parties le 6 juillet 1355 fJJ84, p. 499).

2. Robert de Avesbury raconte aussi que le lendemain du retour d'Edouard à Calais, c'est-à-dire le 12 novembre, le connétable de France et d'autres seigneurs vinrent au bout de la chaussée de Calais offrir la bataille pour le mardi suivant 16 novembre; mais le duc de Lancastre, le comte de Northampton et Gautier de Mauny, chargés de s'entendre avec les envoyés français, répondirent à ceux-ci par des faux-fuyants, de telle sorte que l'entrevue n'aboutit à aucun résultat. Robert de Avesbury, Ilist.Ed. III, p. 207 à 209.

3. Cf. Jean le Bel, Clironitjues, t. II, chap. xci, p. 185 et 186.

4. Edouard, qui repassa en Angleterre dans la seconde quinzaine de novembre, octroya, le 3 décembre suivant, à Westminster, des lettres de rémission à des seigneurs qui avaient chassé avec Edouard Baillol dans sa forêt d'inglewod en Ciiniiierland ; dès le 22 décembre, il était à Durham où il convoqua à iSewcaslle-upon-Tyne, pour le l*"" janvier 1356, au ])lus tard, tous les hommes valides entre seize et soixante ans; il était à Newcastle le 6 et le 9 janvier 1356 (Rymer, vol. III, p. 314 et 315). Le 13 janvier, il arriva devant Berwick où il rejoignit Gautier de Mauny qui l'avait précédé pour prendre le commandement

Lviii CHRONIQUES DE J. FROISSART.

l'expédition, parvient à reprendre le château de Berwick aux Ecossais avant l'arrivée d'Edouard dans cette ville. P. 450 à 152, 368, 369.

Les Anglais occupent Edimbourg qui est une ville ouverte ; le roi habite la maison d'un bourgeois auquel David Bruce avait promis naguère de le faire maire de Londres ; il met le siège devant le château. P. 153, 154, 369, 370.

La famine menace bientôt les assiégeants * . On est au fort de l'hiver. Les Ecossais, pour affomer les envahisseurs, ont emporté vivres et bétail de l'autre côté de la rivière de Tay ; et une horrible tempête force la flotte qui apporte des provisions aux Anglais à rentrer dans le port de Berwick ^. Edouard reçoit à Edimbourg la visite de la comtesse de Douglas qui habite le château de Dalkeith , à la prière de cette dame, il s'engage à ne pas brûler la capitale de l'Ecosse. Pendant ce temps, Guillaume de Douglas*, mari de ladite comtesse, garde avec cinq cents armures de fer des défilés par où les ennemis doivent passer pour retourner chez eux. P. 15^:, 156, 370, 37i.

Aussi, les envahisseurs, à leur retour en Angleterre, sont attaqués à l'improviste par Guillaume de Douglas au moment où

du château et qui avait fait miner les remparts de la ville, dont les habitants se rendirent le jour même (Robert de Avesbury, p. 228 et 229). Les prélats et barons d'Ecosse tenaient un grand conseil à Perth, le 17 janvier, pour traiter de la délivrance de Robert Bruce (Rymer, vol. III, p. 317). Trois jours plus tard, le 20 janvier, à Roxburgh , Edouard III se faisait céder solennellement par Edouard Baillol tous les droits de ce prétendant sur le trône d'Ecosse (^Ihid.^ p. 317 à 320).

1. D'après Robert de Avesbury (p. 235 et 236), l'armée anglaise se composait de trois mille hommes d armes, de dix mille soudoyers, de plus de dix mille archers à cheval et d'un égal nombre d'archers à pied ; elle avait un front de vingt lieues.

2. « Plures naves, de Anglia versus ipsum regem cum victualibus venientes, adeo fuerant per tempestates maris horribiliter agitatae quod quaedam earum, ut dicebatur, perierunt ; et quœdam ad portus diverses Angliœ redierunt per tempestatem compulsae, et quœdam ad partes exteras transvehebantur. » Robert de Avesbury, p. 237.

3. D'après Robert de Avesbury (p. 236 à 238), Guillaume de Douglas aurait sollicité et obtenu du roi de l'Angleterre une trêve de dix jours , en jiromcttant d'attirer les prélats et barons d'Ecosse dans l'obéissance d'Edouard ; mais au lieu de tenir sa promesse, il n'aurait profité de cette trêve que pour faire transporter tous les vivres et approvisionnements dans ses places fortes ou dans des cachettes souterraines et pour se mettre en sûreté lui et les siens dans des forêts inaccessibles.

SOMMAIRE DU PREMIER LIVRE, §§ 356-362. tix

ils traversent , morcelés en petits pelotons , les défilés de Cheviot d'où sort la Tweed qui forme la limite entre les deux royaumes. Edouard ne se trouve pas dans le détachement qui est ainsi surpris et ne doit son salut qu'à cette circonstance ; toutefois, les Ecossais ne se retirèrent pas sans emmener des prisonniers parmi lesquels se trouvent six Brabançons ^ P. d57 à 159, 37i.

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