‹ Chroniques LaurentiennesChapitre 16 sur 25 · LA LEGENDE D'UN SCIÈCLE · texte numérisé non relu

LA LEGENDE D'UN SCIÈCLE

Chez nous l'art a ses disciples, ses dévots même, voués tous au culte de l'idée noblement rendue.

En effet, règle générale, les Canadiens aiment le beau, et pour eux le Bon, le Vrai seul est aimable ! C'est ce qu'affirmait hier soir le plus sincèrement du

monde, M. de Labriolle) au cours de sa remarquable conférence, à l'Institut Canadien.

Une lég-ende ! Qui d'entre vous n'aime pas les légendes ?

Chaque pays a les siennes ; or jamais terre, fut-elle plus fertile que la nôtre en légendes merveilleuses : récits étranges, superstitieuses visions, songes fantastiques, rappelant quelque aventure extraordinaire ou quelque sinistre présage ; dont s'entretenaient au coin du feu l'hiver, les hardis **voyageurs" des pays d'en Haut. Mais ces légendes canadiennes, toutes poétiques et mystérieuses, inspirées qu'elles soient, par l'écho de nos montagnes, le bruissement de nos grands bois ou le mirage de nos grands lacs ; ne sont, après tout, dans leur pittoresque naïveté, que des contes, des histoires du **bon vieux temps."

La "Lég^ende Napoléonienne,*' la ! lég'ende vraie de ces temps historiques, elle revit plus belle et plus retentissante que jamais au seuil du XXe siècle :

* *Qti ils éta ient gra n ds, ces jou rs

[où r Europe tretnblante.

Devant tinvit^cihle g^tterrier.

Comme d*!vant un Dien, se cour-

[bail en silence.

Au nom. seul de Napoléon^'

En voici **une," qui doit consoler bien des Français de la dure réalité des défections de l'heure présente.

Jamais, de mémoire d'homme, vit-on tant d'engouement, de vénération, de haine et d'idôlatrie autour d'un nom, d'une tête coiffée ou non du fameux **petit chapeau." Il fut l'idole, à laquelle on voua un culte légendaire et fantasmagorique, dont

s'est un siècle durant enthousiasmée **râme française." La France d'aujourd'hui, magnétisée par l'ombre du petit caporal devenu empereur, dont la gloire militaire l'électrise ; entrevoit, aux reflets de son épée victorieuse, le réveil de demain.

M. de Labriolle, nous à dit cela et bien mieux : évoquant tour à tour la populaire et touchante chanson de Béranger, les immortelles strophes de Victor Hugo ; ou encore le témoignage d'historiens de la trempe métallique de Thiers, doublé de l'influence politique d'une telle épopée sur les destinées européennes.

Puisque nous en sommes aux récits épiques, rappelons ici une période glorieuse de notre histoire, à laquelle d'ailleurs : **la proposition américaine d'élever

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