LA LÉGENDE D'UN SCIÈCLE
Chez nous l'art à ses disciples, ses dévots même, voués tous au culte de l'idée noblement rendue, En effet, règle générale, les Canadiens aiment le beau, et pour eux le Bon, le Vrai seul est aimable ! C'est ce qu'affirmait hier soir le plus sincèrement du
LA! RENTIENNES
monde, M.de Labriolle, au cours de sa remarquable conférence, À l'Institut Canadien.
Une légende ! Qui d’entre vous n'aime pas les légendes ?
Chaque pays a les siennes ; or jamais terre, fut-elle plus fertile que la nôtre en légendes merveilieuses : récits étranges, superstitieuses visions, songes fantastiques, rappetant quelque aventure extraordinaire ou quelque sinistre présage ; dont s'entretenaient au coin du feu l'hiver, les hardis ‘‘voyageurs” des pays d'en Haut. Mais ces Ié,;endes canadiennes, toutes poétiques et
mystérieuses, inspirée > tes soient, par l'écho de : 1tagnes, le bruissement nos
grands bois ou le mirage de nos grands lacs ; ne sont, après tout, dans leur pittoresque naïveté, que des contes, des histoires du “bon vieux temps.”
La “Légende Napoléonienne, L la légende vraie de ces temps historiques, elle revit Plus belle et plus reétentissante que jamais au seuil du XXe siècle :
“Qu'ils étaient rands, ces jours à « [où / Europe tremblante.
Devant r invincible £&uerrier,
Comme devant un Dien, se cour.
[ôait en Silence,
Au nom seu de Napoléon."
En voici “une,” qui doit consoler bien des Français de la dure réalité des défections de l'heure présente.
Jamais. de mémoire d'homme, vit-on tant d'engouement, de vénération, de haine et d'idôlatrie autour d'un nom, d'une tête coiffée ou non du fameux ‘petit chapeau.” I] fut l'idole, à laquelle on voua un culte légendaire et fantasmagorique, dont
s'est un siècle durant enthousiasmée ‘l'âme française.” La France d'aujourd'hui, magnétisée par l'ombre du petit caporal devenu empereur, dont la gloire militaire l'électrise ; entrevoit, aux reflets de son épée victorieuse, le réveil de demain.
M. de Labriolle, nous a dit cela et bien mieux : évoquant tour à tour la populaire et touchante chanson de Béranger, les immorteiles strophe: de Victor
Hugo ; ou encore le témoignage d'historiens de la trempe métallique de Thiers, doublé de l'influence politique d'une telle épopée sur les destinées européennes.
Puisque nous en sommes aux récits épiques, rappelons ici une période glorieuse de notre histoire, à laquelle d'ailleurs: ‘‘la proposition américaine d’élever
un monument 4 Montgomery,” donne une teinte d'actualité militante.
Les résolutions de la Société Historique et Littéraire, ont don.
né le Coup de grâce 4 Ja commsé.
tonais, en 1775: et de la mort de Montgomery; lequel, selon la Chronique du temps, aurait lors de l’engagement, ordonné des traitements barhares Contre les blessés et Prisonniers tombés entre ses mains.
Mais si l’ennemi se montrait cruel et inhumain, dans la Pour.
Suite de ses Projets de conquête du Canada: il Nous semble juste de rappeler ici l’héroïque conduite du Peuple canadien dans les circonstances critiques de cette invasion américaine, Le SOuvernement, Je clergé st je
peuple tout entier, s'unirent pour repousser les offres mielleuses et dorées des émissaires du Congrès. Adresses, suppliques, argent, rien n’y fit ; la nation resta fidèle au drapeau britannique.
Ceci est d'autant plus digne de remarque, si l'onsongeque‘l'Acte de Québec,” contre lequel murmurait bon nombre de Canadiens, venait d'entrer en vigueur. Mais À l'incertitude du lendemain, ils préférèrent sagement le principe de liberté nouvellement établi et dont ils espéraient étendre le bienfait, à leurs justes revendications d'alors. L'Histoire leur a donné raison.
Quoi qu'il en soit, nous ne saurions, trop louer la conduite héroïque des habitants de la petite colonie, qui à peine sortie d'une guerre désastreuse ; dont elle ne venait que de se remettre, se
mentée et décisive Pour notre avenir dans l'Amérique du Nord, en font foi. Le Souverneur Guy Carleton admira la valeur de nos troupes, et les milices canadiennes en maintes circonstances se COuvrirent de gloire et remportérent d'éclatantas victoires sur l'ennemi bien Munitionné et toujours supérieur en nombre,
Nous avons tenu à rappeler ce fait historique afin de prouver le loyalisme Constant, raisonné, éclairé des Canadiens, à la noble cause de la défense de la patrie menacée. Leurs s entiments d'hier 4 aujourd'hui, n'ont pas changé.
20 Mai 1901.
US