‹ Chroniques [microform]Chapitre 28 sur 31 · LE PETIT CAP · texte numérisé non relu

LE PETIT CAP

Sept hivers ont passé sur la grève déserte Du vieux cap solitaire où je venais rêver. Là, sous la pierre inerte, Sous les sapins ombreux où le vent vient jeter Les murmures du soir ; sous la mousse endormie Qui pend comme un long crêpe aux flancs du roc Mon âme est enfouie [brisé, Comme sous la forêt un rameau desséché,

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J’erre depuis sept ans comme un flot sur la plage

. Arrive, puis repart, poussé, puis repoussé,

Retournant à l’abîme et par lui rejeté, Pour moi pas de rivage Où reposer mon cœur; je vais, quoique abattu,

Brisé, je marche encor; si parfois je m’arrête, Je ne vois à mes pieds qu'une rive muette Près d’un port inconnu.

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Le fardeau pèse en vain sur mon âme accabiée, Je n’incline pas plus vers la terre glacée Gù m'aspire l'oubli.

Ma vie est un désert où souffle un vent aride, Sans éveiller d'échos....mon cœur est dans le vide Et le vide est en lui.

#4 Je porte mon néant; mon tombeau,c'est moi-même; Et l'ombre du sépulcre est comme un diadème Qui m’entoure vivant ; Tel un arbre flétri sous les coups de l’orage

Se prépare un linceul de son propre feuillage, À sa mort survivant!

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O rêves d'autrefois! à mes jeunes années !

Dans le flot éternel qui donc vous a poussées Si loin de mon regard ? [s'ouvre |

Oh ! revenez vers moi, qu’un instant mon cœur

Que j'écarte un seul jour le deuil qui vous recouvre Avant qu'il soit trop tard!

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POÉSLE, 307

Venez, mes souvenirs, que je vous voie encore,

Passez devant mes yeux comme la fraîche aurore Qui dorait mes vingt ans.

Passez, souflles ardents où flottaient les ivresses

De mes jours enchantés, et qui de vos caresses Attendrissiez le temps.

Quel accent triste et douxsort de lanuit tombante?

Est-ce le hoïs qui pleure en courbant ses rameaux?

Ou les échos du soir qui glissent sur les eaux Avec l'ombre rêvante 7...

#54 Non, je suis seul, hélas! le sentier frissonnant Ne rend plus de ses pas le fugitif murmure.

Je reviens seul, errant, Avec le souvenir, vivante sépulture, Où le bonheur s’engouffre en laissant le regret, Semblable à ce reflet

Qu’agite le soleil sur une feuille morte,

Et qui la suit au Join dans le vent qui l'emporte.

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