‹ Chroniques [microform]Chapitre 30 sur 31 · PU · texte numérisé non relu

PU

T1 n’y a qu’une chose dont il vaille la peine que l’homme s'occupe, la vie éternelle, et c’est précisément la seule

qu’il ne pourrait atteindre ! I] n’a qu’un seul objet sérieux, un seul désir réel, et cet objet et ce désir ne seraient qu’une chimère de son imagination! Toute son existence depuis le berceau n’est qu’une marche plus ou moins rapide vers la limite qui le sépare du monde des esprits, un monde qu’il sait lui appartenir, vers lequel il tend avec une conviction qui peut être ébranlée, mais jamais détruite dans aucun homme, parce qu’elle est au dessus de lui, au dessus de son analyse et de sa science, et il ne trouverait au bout de cette marche, une fois finie, que le néant! Non, un destin aussi horrible pour une aussi frêle créature est impossible, Il y a au terme de l’agonie un moment inexprimable, que nul ne saurait franchir sans tout le renfort, sans tout l’appui des espérances futures. Que dis-je? La vie entière ne serait qu’une agonie continuelle, et quelle

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pourrait être notre mission, notre œuvre ici-bas ? Quels progrès, quels perfectionnements pourrait-on désirer ? A quoi servirait de travailler pour une succession d'êtres qui ne sont rien, dont les générations 8e poussent Jes unes les autres dans le vide ? Naître uniquement pour mourir | Je défie qu'il y ait un seul homme au monde qui ose affirmer cela nettement et qui en soit convaineu, Si ce monstre existe, on ne peut lui répondre qu’une chose, c’est qu’il le mérite.

‘ Rien ne meurt et tout se transforme” dit le matérialiste, Soit: mon corps, je l’abandonne; qu’on le brûle, qu’on l’enbaume, qu'il serve à l'étude médicale ou qu’il aille engraiïsser la terre, peu m'importe | mais mon âme... —#Tl n'y a plus d'âme quand la vie est détruite ”’—ahl vraiment. Eh bien! si cela est, si ect esprit qui est en moi, pour qui l’immensité elle-même n’est pas trop grande, si cet esprit qui n’a de bornes dans aucun sens, qui conçoit tout, leschoses même les plus en dehors de son atteinte, qui se porte en un instant an sein de tous les mondes, si cet esprit n’est pas autre chose que le morceau de boue, que la poussière accumulée qui à revêtu quelques jours une forme humaine, il n'y à plus rien de vrai, je n’existe pas, rien n'existe, il n’y a même de Dieu, car l'esprit de chaque homme ne peut être qu’une émanation de celui de Dieu,—tout ce qui est de la pensée est divin—les milliards d’astres qui peuplent l'étendue ne sont qu’une fiction, la grande âme universelie est effocée et aïnsi la nature entière est anéantie,

Mais il faudra peut-être l'effort de bien des matérialistes réunis pour renverser la création ; il en faudra bien autant pour qu'avec une raison infirme, pleine de ténèbres, qui erre sans cesse, ils puissent forinuier queique chose d’absolu.

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