‹ Chroniques [microforme]Chapitre 29 sur 83 · XL · texte numérisé non relu

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Il n’y a rien dans ce monde d’absolument louable ni de blâmable; il se mêle à la plupart des choses une forte dose de pour et de contre, qui explique tant de discussions oiseuses et interminables, parce que les hommes ne regardent jamais guère qu’un seul côté des événements, ou des questions. Savoir distinguer est le fait des esprits d'élite, Je vais tenter une chose hardie, c'est de justifier une grève; il y a eu tant de grèves depuis quelques années, qu'on peut bien me permettre cette audace. Celle dont je parle est la grève des ouvriers agricoles d'Angleterre, provoquée par la Land and Laborer League.

Dans les comtés du nord de l’Angleterre, où les grands centres manufacturiers retiennent presque tous les bras, les

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travailleurs de la terre sont plus rares et reçoivent de 4 à 6 dollars par semaine; mais dans le sud, ils n’ont guère que deux piastres. Ce qu’il y a là de paupérisme, d’abaissement: et de misère crapuleuse est presque inimaginable. L'ouvrier agricole y vit d’une vie toute animale et végétative ; il ne peut pas même s'élever à la conception d’un déplacement; l'endroit où il est né est celui où il doit souffrir et mourir; l'étranger lui est suspect, et l'étranger, pour lui, c'est déjà le village situé à deux lieues de son clocher. Tout mouvement dans cette masse apathique d'hommes ne peut donc que lui faire du bien ; mais, comme il est ir:yossible d'apporter un remède rapide à un état de choses qui dure depuis des siècles, le mouvement qui se fait prend la forme d'une vaste émigration agricole; aussi voit-on que, cette année, il y a trois Anglais contre un Irlandais qui quittent le port de Liverpool pour aller à l'étranger.

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L’Angleterre est le pays de la croyance religieuse, de la bonne foi personnelle et du fair play. Ahl le fair-play, il est partout, dans les combats de coqs, dans les batailles de dogues, et dans les luttes de boxeurs. Ce n’est pas une raison pour en médire ; tant qu'à se faire pocher un œil, ou aplatir le nez ou défoncer le thorax, vaut autant que ce soit fait suivant les règles ct adroitement que par un brutal quelconque, qui ne s’annonce pas. Ce n’est pas là ce qui m'occupe pour le moment ; mais je suis conduit à des réflexions philosophiques en voyant la souscription ouverte et presque déjà close en faveur du prétendant à la succession Tichborne.

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