‹ Chroniques [microforme]Chapitre 50 sur 83 · LA PR PR D D D D OT PET I CR PET CT LLULLATIITELLLELILELLELLLELEXZX · texte numérisé non relu

LA PR PR D D D D OT PET I CR PET CT LLULLATIITELLLELILELLELLLELEXZX

Et Jacques-Cartier, et Champlain, et d'Iberville, et

F'rontenac, et Montcalm, et Papineau, tout cela, c'est de la pâtée, des objets confus, jetés dans l'ombre! Pardieul mes amis conservateurs, si vous nous trouvez ingrats pour méconnaître Sir George tout seul, qu'êtes-vous donc, vous autres, pour dédaigner de si grands noms ? À l’ingratitude ne joignez-vous pas quelque peu de bêtise, tout ce qu’il vous en reste encore, après en avoir tant consommé? Mais, continuons à savourer l'Écho :

«6 Sir George, dit-il, malgré cet échec, malgré les brutalités dont on l’a assailli, alors qu’il ne pouvait lui-même descendre dans l’arène, malgré la trahison d’un certain nombre que le dépit pousra à faire cause commune avec ses ennemis, malgré les calomnies, les fausses représentations est resté le grand homme d'état, le grand patriote, l’intrépide défenseur de nos droits religieux et politiques ; l’homme enfin qui, depuis vingt ans, personnifie la véritable politique nationale, celle qui consiste à réunir en un faisceau les intérêts bas-canadiens pour résister à l'oppression étrangère. ”?

Je ne sais pas quels peuples étrangers peuvent vouloir nous opprimer à ce point, et, j'ai beau chercher dans l’histoire, je ne vois que l’Angleterre, cette Angleterre dont Sir George s’est fait le plus opiniâtre adorateur, l’Anglete,re qui l’a siré, compagnonné, baigné, que sais-je encore ? Ah! une idée me vient, (C’est de l'oppression haut-canadienne qu'il s’agit peut-être. Mais on nous avait tant assuré que la confédération avait surtout pour objet de détruire à tout jamais la prépondérance de la province-sœur, d’enlever à Ontario son droit à la représentation basée sur la population que je ne vois pas qu'on puisse se plaindre d’être opprimé, quand sir George a vaincu toutes les oppressions. Sans doute, c’est une belle profession que celle de défendre les opprimés, maïs lorsqu'il n’y a pas d'oppresseurs, c’est exposer en pure perte s@ grande figure apparaissant à une nouvelle auréole.

210 OHRONIQUES.

Le Constitutionnel, de qui l'en pouvait attendre mieux, tourne la manivelle à son tour et se fait l'écho de l'Écho t 4 Aux youx des hommes, dit-il, qui veulent juger les choses sans passion, sans parti pris, la carrière politique de Sir George est une des plus belles que l’on puisse rencontrer. L'histoire impartiale, ce juge froid et tardif, lui rendra justice un jour. L'histoire dira quo cet homme d’une activité extraordinaire n'eut qu’une passion dans sa vie : servir son pays avec honneur.” L'histoire dira surtout qu’il a passé quinze ans de sa vie à côté de la caisse gouvernementale et que jamais on n’a pu l’acouser de faire usage de sa position politique pour favoriser ses intérêts péouniaires.”?

Rencontrer une carrière n'est pas absolument de la plus pure linguistique. —Une carrière ne se rencontre pas sur le chemin comme un électeur décidé à faire acte d’ingratitudo, Je voudrais, pour ma part, que les seuls hommes au monde qui aient du sentiment et de la reconnaissance sachent au moins l’exprimer, que ceux qui ont fait de Sir George le pilier de la nationalité canadienne, ne le démolissent pas par leur style ; mais on ne peut pas tout avoir. La gratitude, paraît-il, est un sentiment exclusif, et, lorsqu'on est reconnaissant, on oublie la syntaxe,

Mais voyez où l’on en est réduit pour prôner l’homme de bronze ; on l’adule parce qu’il a passé quinze ans de sa vie à côté de la caisse gouvérnementale sans qu'il ait profité de sa position pour favoriser ses intérêts pécuniaires. Cette louange ne laisse pas d’alternative. Ou l’on estun croquant, un fripon, ou l’on a tout simplement fait son devoir en ne prenant pas pour soi l’argent du public. Cette vertu me paraît facile, d'autant plus qu’elle est contrôlée,

Ce que j'admire, ce qui me gonfle d’étonnement, c’est qu’un homme qui a eu, pendant de si longues années, la direction d’un pays, ne se soit entouré que de braillards et n'ait pas prévu qu'il était mortel. Est-il rien de plus hu-

miliant que de se voir réduit à n'être plus rien parce qu’un bomme disparaît de la scène politique ? Est-il une condampation plus honteuse de la carrière d’un chef de parti et comment veut-on maintenant que nous ne soyons pas écrapoutis par le nremier oppresseur venu, puisque vingt années de pou’oir n’ont produit que des impuissants et des pleurnicheurs ? Quoi, pas un homme, pas un seul pour remplacer le dieu d'argile qui, en un jour, a vu ses autels déserts et son temple écroulé sous un souflle ! Deux générations passives, obéissantes, avaient été formées dans l'adoration muette et dans un fétichisme aveugle qui ne laissait plus de ressource à l'intelligence ni d'espoir à la pensée. Tout s'était effacé, courbé, pour ne laisser debout qu’un fantôme revêtu do toutes les apparences de la force.

Autour de lui il avait fait le vide, repoussé toutes les capacités, découragé tous les talents, sans songer qu'il faut avoir à soi le lendemain et commander le temps, qui n’obéit à personne, pour se décréter immuable, Aussi, lorsque le glas funèbre a sonné, sir George s'est-il trouvé seul en présence de l'Écho de Lévis qui le venge en l'appelant vaincu, du Constitutionnel qui le loue de navoir rien volé, et de la Minerve qui le livre aux expériences des métallurgistes, Dressez des autels maintenant, élevez des colonnes à .ces hommes-là, et asseyez-vous dessus.

Dès que sir Etienne aura disparu entièrement, le silence, un silence de plomb se fera sur lui, et, pour ma part, je souscrirai volontiers pour qu’on lui élève un monument, n’importe où, n'importe de quoi. Mais tant qu’il restera sur la scène politique, je le poursuivrai sans relâche du souvenir

du véritable grand homme d'état canadien dont il n’a pas craint de souiller le noble repos, qu’il a outragé et vilipendé sur tous les tons, de M. Papineau dont la gloire majestueuse ‘et calme, bien différente du fracas du petit sir, ne faisait qu'irriter son envie et gonfler sen venin.

C’est pour avoir jeté l'outrage à la plus pure, à la plus élevée de nos illustrations nationales, qu’iltombe aujourd’hui dans la boue si longtemps pétrie de ses propres mains, qu'il tombe honni, conspué, repoussé par ses propres compatriotes qu’il avait voulu, avant tout, faire anglais comme il l'était lui-même et qu'il n’a jamais servis qu'au point de vue de la politique impériale.

On dit que Sir George veut se chercher un siége dans Manitoba; c’est la dernière ressource d’une fortune politique . à tout Jamais détruite. Les manitobains en seront probablement peu flattés et trouveront de mauvais goût qu'on leur fasse jouer le rôle de bouche-trous dans la Corfédération, de cheville dans la charpente du puissant édifice.

Il y a dans Manitoba quatre comtés dont l’un compte 21 voix. Concevez-vous l'ébahissement des braves gens de ce pays en voyant le grand chef, à qui ils croient le Canada appartenir tout entier, le grand, le vaste, l’incommensurable vaincu du 28 août, leur demander un asile dans leurs chétives retraites |

Et maintenant apprenez, sires, métis et montréalais. Nunc erudimini.

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