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Trois heures après notre départ d'Hébertville, nous arrivions au premier poste situé sur le lac et tenu par M. Ross, jeune homme de vingt et quelques années, au service de la Compagnie de la Baie d'Hudson.
Un poste est une maison unique avec hangar, magasin, dépôt de provisions, autour de laquelle se groupent un certain nombre de cabanes indiennes. Malgré la cession au gouvernement canadien dell’immense étendue de territoire qu’elle possédait, la compagnie de la Baie d'Hudson « néanmoins conservé tous ses établissements, parmi lesquels se trouvent en première ligne les postes nombreux qui sont disséminés dans tout le Nord-Ouest britannique. La compagnie avait autrefois un droit de chasse exclusif, de sorte que les indiens qui parcouraient, à la poursuite des fourrures, les vastes solitudes qui s'étendent des Montagnes Rocheuses au Labrador, ne pouvaient trafiquer qu'avec elle. A elle seule ils vendaient tous les produits de leur chasse et, en échange, recevaient des vêtements, des armes, des provisions... Depuis la cession du Nord-Ouest, la compagnie a perdu son monopole, mais les indiens n’en continuent pas moins de trafiquer surtout avec elle, parce qu'elle a ses
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Dans les environs du poste où nous étions arrivés, on compte environ quarante familles de Montagnais qui font la pêche en été et la cha:se en hiver. Dès que les premières neiges se sont durcies sur le sol, ils partent par groupes nombreux, emmenant femmes, enfants, chiens, tout. Ils se munissent au poste de provisions pour trois ou quatre mois, et comptent sur la chasse pour vivre le reste du temps. Alors, ils s’enfoncent jusqu’à une profondeur de cent lieues et au delà dans le nord et ne reviennent souvent qu'avec un maigre butin, car les animaux à belles fourrures deviennent de plus en plus rares, et il faut aller jusqu’à la vallée de la Sascatchewan et au territoire d'Alaska pour retrouver les espèces opulentes. Une fois partis en campagne, les sauvages marchent à petites journées et dressent leur camp chaque soir dans la neige épaisse des bois. Ce sont leur femmes invariablement, les squaws, qui vont de l'avant, faire les reconnaissances et dépister les traces du gibier: pendant ce temps, l’indien, étendu sur une peau quelconque, fume son calumet. Quand les femmes ont découvert une trace, fût-ce à trois, à quatre lieues du camp, elles reviennent, indiquent à leurs hommes la direction et repartent avec eux.
Bien des fois il se passe de longs jours, des semaines mêmes avant qu'on ait tracé le moindre vison ou le plus
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