TUÉS DANS LE COMBAT
Monseigneur de Valeron, c<rfonel des Français; le colonel Chiaramonte; le capitaine Gambasse, Français; le capitaine
Tablasso; le capitaine Jean de Villa; le seigneur Giovanni Bentivogli; Le Rondoch, brave jeune homme, lieutenant des Allemands.
Beaucoup d'autres capitaines et enseignes français, allemands et italiens furent tués pendant la bataille; mais je n'ai pu recueillir encore leurs noms.
Un commissaire nous a appris que cinq cents Grisons furent sauvés et renvoyés dans leurs foyers , par ordre de sa très-illustrissime excellence.
On dirigea sur le Piémont quatre cents Français, qui retournèrent dans leur patrie, après s'être engagés à ne pas servir le roi pendant une année; en outre, quatre cents Allemands, faisant partie de l'armée française, furent incorporés dans l'armée de César.
Les Italiens prisonniers, dont le nombre était fort considérable, furent renvoyés chez eux, pour la plupart sains et saufs. Beaucoup de Français blessés sont restés dans les difTérents petits châteaux ; il en meurt journellement.
Cette victoire, mon compère, si vous la considérez comme elle doit l'être , vous semblera l'œuvre de Dieu et non celle des hommes; le marquis lui-même en demeura confondu, ne sachant comment il avait pu obtenir un tel avantage. Nous devons reconnaître que Dieu a pris notre
duc Cosme sous sa protection, et supposer que, lui ayant fait remporter ce triomphe inespéré, il prépare au reste de Tentreprise une heureuse issue : en efTet , les qualités éminentes et saintes qui distinguent ce prince le rendent digne d'un plein succès. Puisse Dieu nous le conserver longtemps !
( 1 ) Une femme , appelée Laura Pieri Fiorentina , composa et publia , en 1664 , un poème en quatre chants sur la guerre de Sienne. J ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de transcrire les passages de ce poème cités en note dans VArchivio storico itaUano.
Laura raconte la mort du prieur de Gapoue avec des particularités qu'il ne nous souvient pas d'avoir lues dans aucun auteur.
Voici trois strophes, où elle ne semble pas avoir eu recours à l'amplification pour venir en aide à la poésie.
Sbarcô sue genti, e gl verso Piombino, E cominciorno a scorrere il paese :
E fecion cose (al per quel eonOno, Ghe tosto furon le lor prove intese.
Nel viaggio che fer, preser Scarlino; Gh'ebber al lor poter poche contese :
Ma di si poco acquisto un lungo dannb Pel lor sigQor fra poco spazio avraimo.
Finita la battaglia , et fatto acquisto Del castel che di sopra io v'ho narrato , Fu dal signor Priore un casai visto ; E di quel riconoscere ha pensato , Gh' era fra l'un confino e Taitro misto :
Ond' ei tantosto a quel si fu inviato, Non conoscendo la sua trista sorte , Gh' al loco il conducea per dargli morte.
Giunto alla casa il fomoso signore , Tosto vi fece appiccar dentro fuoco.
Quai era d'un viliano imberciatore ; Ghe vedendo iontan bruciar quel loco, Gonoscendo il suo nido , entré in furore ; Ë s'accostô fra macchia e macchia un poco , E con un scoppio il quai carico avea, La mira prese, e quel signor giungea.
Canto m.
(3) Laura Pieri déplore la fin sanglante de ce jeune homme, dans le chant iv de son poëme :
Era in mezzo ai nemici ito il figliuolo Di Gian di Luna, e combatteva solo; Giovane ei'a ei , e sosteneva forte , Tanto che al (in ci guadagnô la morte.
(3) Le même poète témoigne ainsi de l'inexpérience des soldats grisons qui prirent part à cette guerre :
Era questa (la retroguardia) d'un numer di Grigioni , Tutta gentaglia inordinata e pazza Non hanno in guerra termini o ragioni, Ne più stimano il brando che la mazza ; E non osservan patti o condizioni ; Tal çh' io non so conoscer questa razza :
Per6 che in lor non è pietade o fede , Ne peggior gente occhio mortal non vede.
Plus loin , Laura Pieri ajoute :
Son anco gli spagnuoi nelle fazioni E gran distruzion fon di quel matti; Quei matti de' Grigion, che vanno iu terra Morti , per non aver termin di guerra.
Ganto IV.
(4) Chacun remarquera Tingénuité de ce récit. La Florentine Pieri , dans le chant iv de son poème , parle ainsi du capitaine Mazzaloste :
Corre pel campo il sergente maggiore (Gli è Mazzaloste , il poderoso e forte), Menando il suo baston con tal furore, Che chi Taspetta , aspetta anco la mort^ :
Ma Io condusse a le sue ultime ore H suo fero destin , etc.
(5) Montalvo mentionne le nom de plusieurs autres capitaines espagnols, qui furent tués dans le combat: parmi les blessés, figure le marquis de Marignan, qui reçut un coup d'arquebuse dans la poitrine; mais la blessure ne présenta aucune gravité, la balle s'étant heureusement arrêtée entre la chemise et la chair.
(6) Roffia n'est pas ici d'accord avec lui-même , car il avait dit , quelques pages plus haut , que Clémente reçut dix-huit blessures.
Laura Pieri s'exprime de la sorte , à l'occasion de ce seigneur :
Fuvvi ferito il gran signor démente E '1 buon baron da TAquila fu morto.
Canto iT.
tt «
/// ma^ Mg. Philippo Strozzi,
Finetia.