‹ Chroniques toulonnaisesChapitre 2 sur 19 · CHEZ TOUS LES LIBRAIRES · texte numérisé non relu

CHEZ TOUS LES LIBRAIRES

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Les institutions sociales de Vancien régime étalent elles préférables à celles qui nous régissent aujourcChui, nos pères valaient-ils mieux que nous ?

Chacun, selon ses traditions de famille , ou ses convictions politiques , répond affirmativement ou négativement : personne n'hésite. Cependant, rien n est plus difficile que de juger cette cause avec une complète impartialité et, surtout , avec une parfaite connaissance des faits qui peuvent être invoqués de part et d'autre.

Si j'osais citer rnon exemple , je dirais, qu'après quinze ans de recherches et d'études spéciales , qui m'ont initié aux mœurs de l'ancienne société, après avoir comparé , sans parti pris , le passé avecle présent, je suis plus incertain que jamais.

On m'a donné le conseil, et je suis prêt à le suivre, déplacer sous les yeux du public le résultat de mes

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recherches; mais, avant de commencer cette publication, je dois un aveu à mes concitoyens. — Je me suis livré che^ eux et autour d'eux à une enquête minutieuse. J'ai été , je l'avoue très curieux et très indiscret. Je suis entré dans toutes les maisons, j'ai fouillé dans tous les coins, j'ai lu tous les papiers qui me sont tombés sous la main. — J'ai ensuite interrogé les archives publiques, les dossiers des greffes , les minutes des notaires , les correspondances de tous lej fonctionnaires , leurs rapports officiels et jusqu'aux lettres confidentielles , conservées, par un hasard heureux , dans les papiers de l'Intendance de Provence.

Quand j'ai eu amassé ces innombrables documents, je me suis trouvé fort embarrassé pour les mettre en lumière. Après y avoir longtemps réfléchi , il m'a semblé que le procédé leplus simple serait encore le meilleur. J'ai donc placé chacun de mes personnages dans le cadre qui devait le mieux le faire valoir , c'est-à-dire , dans la maison qu'il a occupée et où il a vécu, entouré de sa famille et de ses amis, tantôt dans des appartements somptueux , tantôt dans une modeste chambre, ou dans une arrière boutique: dans le milieu, en un mot, que lui assignait sa position sociale.

J^ai été conduit ainsi à écrire la monographie de ces maisons y en même temps que la biographie des personnes qui les ont habitées , et en écrivant V histoire des habitants de Toulon, f ai dû faire connaître leurs mœurs j leurs coutumes et les institutions qui les régissaient.

Voilà bien, si je ne me trompe, une enquête suffisante pour permettre au lecteur de juger lui-même , parla, comparaison, si les anciens Toulonnais valaient mieux que nos contemporains.

JJenquèteur n'a rien négligé pour être exactement renseigné, et il a donné tous ses soins à la rédaction des notes qu'il publie; mais^ comme la bonne volonté ne suffit pas pour parfaire une œuvre , quelque modeste qu'elle soit, ce n'est pas sans émotion qu'il

sollicite l'indulgence des personnes qui voudront bien lire :

Les Rues de Toulon.

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