‹ Chroniques toulonnaisesChapitre 3 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La ville (le Toulon n'a pas toujours été celle grande et populeuse cilé que nous connaissons ; elle n*a pas toujours possédé cet immense arsenal, sans égîil dans le inomle , où nous avons vu construire , en vingt années, plus de deux cenls vaisseaux de toutes grandeurs *.

Toulon n'était, au moyen i%e, qu'un très petit centre dépopulation. Son enceinte forlifite tenait tout entière dans la partie comprise, aujourd'hui, entre la rue Bourbon, la rue Lafayetle, la place au Foin, la rue de la Miséricorde et la rue des Chaudronniers'.

Autour de celle enceinte se groupaient huit bourgs [bores) ou faubourgs, séparés de la ville par un fossé profond :

!<> Le horc del Portalei, (aujourd'hui place Saint-Pierre et rues y al))iilissan();

2" Leborcdels Prédicados, (ru3 Sainl-Sôbaslien et toutes les traverses montant vers la rue Royale) ;

' 11 a été construit, de 1835 à 1856, 37 vaisseaux, 62 frégates, 21 corveUcs et 140 avisos, batteries bricks etc , ce qui donne un total de 260 navires de guerre. {Situation économique de la France Paris. Cuillaumin. i557.)

' Aujourd'hui rm d'Alger, J'ai da conserver aux diverses rues, mentionnées dans cet ouvrage, les noms quY'lles ont portés pendant plusieurs siëclesi afin d'éviter certaines confusions et de rendre plus facile la le<-lurc du plan cadastral de 1442, que j'ai publié à la suite de 1 UiUoire de Toulon au moyeu âge.

3* Le bore d'Amont , (place au Foin et rue du Pradet];

4* Le bore de Dona Borgna , dont on a fait Donebourg, (de la place du Théâtre à la rue Fougassiëre) ;

5** Le bore de la Lauza^ (entre les rues Fougassiëre et de Lirctte);

6* Le bore de Saneta Catharina , (de la rue de Lirette à la rue Champ-de-Mars);

7* Le bore de Sanct Lazer, (rues Champ -de-Mars et de Sainte- Croix et place dltalie];

8* Le bore de Sanct Michael, appelé plus tard de Saint Jean , (de la place d*Italie à la place Saint-Jean).

En 4 589, les Toulonnais obtinrent du roi Henri IV, Tautorisation d'abattre les anciens remparts de leur ville, et d'englober ceshuitfaubourgs dans Tenceintc agrandie.

Les nouvelles fortifications, commencées immédiatement, et achevées en 1595, avaient leur point de départ à rexlrémité du quartier de Saint-Jean , suivaient Talignement actuel du Boulevard de Strasbourg, contournaient à la fonderie, et, traversant la place de Tlnlendance et le Champ-de-Bataille se prolongeaient jusqu'à la mer.

La construction des premiers établissements de Tarsenal remonte à la même époque. Confiés h un habile ingénieur, nommé Jean Bonnefons , les travaux étaient très avancés en 4610, quand la mort de Henri IV les fit suspendre. Repris en 4628, ils furent poussés très activement, et bientôt le port de Toulon , devenu le plus sur et le plus vaste du royaume , vit successivement accroître ses forces navales. En 1G43 , on y comptait plus de 20 vaisseaux , et , en 1646, on y réunit une escadre composée de 24 vaisseaux , 42 brûlots , 20 galères et 70 tartanes.

Vauban , qui vint à Toulon , pour la première fois , en 166'J , fut

frappé des immenses avantages que présentait notre port au point de Tue militaire. Dix ans après , il soumettait à Louis XIV un très beau projet pour Tagrandissement del^arsenal. Ses plans, adoptés mais amoindris, furent exécutés sans retard.

On commença par démolir les remparts qui entouraient la ville à rOaest, depuis la fonderie jusqu'au vieil arsenal , et on les reporta plus loin , de manière à renfermer dans leur enceinte Tarsenal nouveau.

Les terrains achetés par la marine, moyennant 105,678 livres, n'ayant pu être tous employés, par suite des réductions apportées dans le projet primitif, on en revendit trois lieclares environ h divers particuliers.

La ville eut ainsi sa part dans Tngrandissement maritime de 1680. Elle y gagna une place et quatre rues : la place d'Armes , les rues Saint-Roch, du Trésor, de la Comédie et le prolongement de la rue Royale.

Les fortifications élevées autour de la nouvelle enceinte n'étaient pas achevées que, déjà, on regrettait de n'avoir pas donné plus d'extension à cet agrandissement. Cependant Vauban s'en était expliqué dès le principe; il avait déclaré que le cours ordinaire des événement?, l'accroissement de la population, rendu inévitable par les grands travaux maritimes qui se préparaient, et les avantages indestructibles de la position de Toulon, laisseraient bientôt à l'étroit l'arsenal et la ville. Mais il avait rencontré, ici et à Paris, cette opposition que les grandes idées provoquent toujours chez certains esprits timides. Ses plnns avaient été modifiés, le périmètre de l'arsenal réduit de moitié, et alors qu'il n'était plus temps, chacun proclamait l'insuffisance de l'agrandissement. Il fut décidé, sur les propositions de Vauban, que

la Tille serait prolongée à TEst, comme elle venait de Tètre à TOuest.

L'économie du nouveau projet se résumait ainsi : le quartier du Mourillon était relié à la ville par un magnifique quai; on creusait, près de la vieille darse , un port marchand de 15 hectares, et on reculait les remparts jusqu'au fort Lamalgue.

Les plans et devis présentés par M. Niquet, directeur des fortificalions, ayant été approuvés, on procéda, le 44 décembre 4714 , à Testimation des terrains à acquérir ; mais on reconnut que la dépense était trop forte et ce projet fut abandonné. Du reste les dernières guerres avaient ruiné les finances de TElat, et il était impossible de trouver en ce moment de Targent, même pour les dépenses les plus urgentes.

D'autres projets furent successivement présentés et adoptés en principe , mais toujours la question financière s'opposa à leur exécution.

Pendant tout le dernier siècle et la première moitié de celui-ci, nos édiles renouvelèrent leurs démarches sans obtenir aucun résultat; et , sans doute, nous serions encore aujourd'hui enfermés dans les étroites limites des anciennes fortifications, si le prince Louis Napoléon, président de la République, n'eut désiré , en venant dans notre ville, en 4 8o2, acquérir les sympathies des Toulonnais et se ménager un accueil enthousiaste.

En eflet , le lendemain de son arrivée à Toulon , un avis , placardé sur tous les murs de la ville, annonçait que l'agrandissement, depuis si longtemps demandé, venait d'être décrété par le Président de la République (28 septembre 4852).

Cet agrandissement promptement réalisé, doubla la contenance superficielle de la ville. — Les terrains compris entre l'ancienne et la nouvelle enceinte furent ainsi ré|iartis ;

Etablissements militaires . . . 95,202"

Gare du chemin de fer 52,080

Jardin et hospice 29,8<9

Etablissements civils 21 ,096

Voie publique 4 26,370

Maisons particulières 125,374

L'ensemble de la ville actuelle se développe sur une ('tondue de 76 hectares, et les établissements maritimes n'en occupent pus moins de 120, soit un total de 198 hectares.

Or, il y a quatre siècles, en 1442, Tonciintc de Toulon ne renfermait que 6 hectares!

Ce développement prodigieux, qui a transformé un [)etil bourg de pécheurs en une très-grande ville , est vraiment remarquable; il fait honneur à Tintelligence d'une population, qui a su proliter d'une magnifique situation maritime, pour appeler à elle une des |)nncipalos forces militaires de la France.

El, maintenant, que le lecteur connaît l'œuvre accomplie, il sera, je n'en doute pas, très désireux de connaître les Toulonnais des si; clcs passés (fui y ont coopéré, et de recueillir quelques d.'tails biogra[)lîiques sur les habitants actuels des Hues de Toulon

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