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Chroniques, Volume 40

Comment le comte de CharoUois piint congië à son père ; et des ambassadeurs du roy qui yindrent vers lai j et comment il separtist pour aUer en Franche avec grosse artillerie.

Environ le quinziesme jour de mai, Tan de grâce mil quatre cent soixante-cinq , le comte de CharoUois, qui sçavoit que toute son armée était preste, réservé ceux de Bourgogne , lesquels estoient encoires en Bourgogne tout prests , lui estant en la ville de Bruxelles, print congié au duc son père. Après con^é prins se partistle comte et s'en alla au Quesnoy en Haynault, où illecq l'attendoit une am-

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bassade de Bretaigne et une ambassade du roy de Franche , dont estoit chief messire Thiebaut de Sainct-Pol, frère dudit comte Loys de Sainct-Pol, évesque du Mans, lequel évesque, comme dit est chi-dessus , s*estoit rendu moisne ès l'abbaye de Clervaulx, et laissié grandes terres et seigneuries; et cuidoit-on que ce fust par grande dévotion ; mais tantost qu'il fust moisne, il ne cessa tant qu'il fust abbé d'Igny , et d'abbé d'Igny évesque de Mans , et sur toutes choses aimoit deniers , comme on disoit ; et disoit-on que ledit évesque y besoingna peu / ou néant. Ce fait, le comte de CbaroUois se partist du Quesnoy-le-Comte en Haynault , le quinziesme jour de mai, avecq toute son armée, et s'en alla à Hencourt , entre Crèvecœur et Saint-Quentin , auquel lieu l'attendoit toute son artillerie, dont il avoit foison ; car parmi la ville d'Arras avoit passé deux cent trente-six charées chargées d'artillerie, tant bombardes, mortiers, veuglaires, serpentines et autres traicts à poudre, et tel qu'il faut à ost , laquelle artillerie avoit esté prinse au chasteau de Lille; et disoit-on que autres grandes quantités d'artillerie estoient passées par Cambray , que on avoit prinses à Bruxelles et à Namur , que tout vint en l'ost du cotnte à Hencourt. Le comte se partisl de Hencourt et s'en alla à Rossy , à deux lieues près Péronne , et illecq se tint aucuns jours accompagnié de tout son ost, qui estoit le plus bel et plus grand que oncques duc de bourgogne eult fait de gens de guerre, sans commune. Ceux de Péronne cui-

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doient et atteodoient de jour en jour que le comte de CharoUois les deubt assiéger ; mais le comte pensoit à toute autre chose.

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