CHAPITRE XXIX
Comment le coin te de Cliarollôist)am la Hvière de Somme pour tirer en Franche } et des villes de Brajr, de î^eelle, Roye et Mont-Bidier qu^il meit eh son obe&sanee.
Le quatriesme jour de julng mil quatre cfent soixante-cinq, le comte de Charollois et toute son àr* mées'en allaà Bray-sufr-Somme; et lui apportèrent, ceux de la ville les clefs ; et le septiesme jour^ le comte deSainct-Pol et le bastatd de Bourgogne, et leurs gens allèrent devant NeeUe en Vermandois; et comme ils délibérassent d'assaillir la ville , ceux de ïa ville se rendirent à eux par telles conditions que huict hommes d'armes et six-vingt archiers, lesquels estoient dedans en garnison , s'en partirent saufs vies, chevaux et armes; mais les archiers laissèrent tout, et s'en partirent en leurs pourpoint ou pàltet , en sa rhain chacun ung baston blancq. lUecq fust prins le seigneur de Neelle et détenu prisonnier. Et ce propre jout* le seignéur de Haulbourdin, bastardde Sainct-Pol, accompagnié d'aucuns gens de guerre , allèrent à Roje en Vèrîhandois, et aval lèretit des échelles ès fossés pour
Tassaillir. Ce voyants, ceux de la ville se rendirent à lui pour et au nom du comte de Charollois. Sy entra ledit bastard dedans la ville , en laquelle estoit la comtesse de Nevers ; à laquelle comtesse , femme dudit comte, on donna congié de soi retraire où bon lui sembleroit sans lui faire grief ni injures. Laquelle comtesse ung jour ou deux après se partist et s'en alla à Compiégne , et là envoya Adolf de Clefves atout cinq ou six cents coml^attants ; et environ deux jours après, se rendit la ville de Mont-Didier an comte de Charollois, enlaquelle estoit Hues de MaîUy, seigneur Boulliencourt , hardi et valliant chevallier , qui toujours avoit tenu la partie de Bourgogne , lequel en fust faijt capitaine; etestoient ceux de Mont-Didier ceux qai pins aimoient, de tontes les terres dessus la rivière de Somme , le duc de Bourgogne, et avoient toujours aimé.