‹ Chroniques, Volume 40Chapitre 27 sur 52 · CHAPITRE LUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LUI

Comment le comte de CharoUois prUt congië ao roj et ans princes de Frandie et se partist de Conflans \ et comment le ro j , à sa reqaeste , Tint veoir tonte l'armée du comte j et comment le doc de Normandie feit liommaige au roy de la dachë.

Le traictié de la paix faite entre Loys , roy de Franche, et les princes de son sang, comme dit est, et par la manière ci-dessus desclarée , le roy et touts les princes s'assemblèrent ensemble an bois

MOVSTRSLBT. 7*. XV, — MâM. DE J. DU ClEHCQ. O

de Vinchennes, dedans le chasteau; auquel lieu Charles , seul frère du roy , nouveau duc de Normandie , et pareillement touts les princes de Franche qui illecq estoient, feirent au roy les debvoirs qu'ils lui debvoient faire à cause de leurs seigneuries ; et en ce mesme lieu touts les princes prindrent congié au roy, et puis l'ung à l'autre pour chacun soi retirer enleurs pays etaflFaires. Ce dessusdit fait, le comte de CharoUois feit faire reveus et monstres de ses gens, auxquelles reveus le roy vint pour les veoir, car elles se feirent entre Paris et Conflans ; et dit-on que le roy dit qu'il n'eult point cuidé que le comte eusteu tant de gens, ne qu'il eust esté si puissant, et en fust tout esbahy.

Le comte de Charollois , après avoir prins congié au roy et aux princes de Franche , comme dit est, et encoires depuis , le dernier d'octobre se partist de Conflans et alla ceste nuict gésir à Villers-le- Bel, qui est entre Paris et Senlis , lui et toute son armée; mais, ains qu'il se partist de Conflans, le roy ' vint à Conflans devers lui, pour dire encoires une fois adieu et prendre congié; et convoya le roy ledit comte jusques à Villers-le-Bel, quelque prière que le comte lui feist, en disant au roy que il n'appartenoit point à lui de ce faire. Le roy, à bien petite compagnie, convoya le comte jusques audit Villersle-Bel, auquel lieu le roy et le comte le lendemain célébrèrent la feste et solemhité du jour de Touts les Saints; et feurent le roy et le comte audit Vil* lers-le-Bel trois ou quatre jours ensemble, où ils

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eurent plusieurs secrettes devises ; et monstroit si grand amour au comte , que on ne polroit plus dire ; et sembloit que il se partoit de lui enfin en moult grand amour. Le comte pristcongié duroj, et s'en alla en Senlis , et le roy retourna à Paris. Le comte fut en la ville de S^enlis honorablement receu, et pareillement à Com^iégne , Noyon et ailleurs les villes du roy, et tout par le commandement du roy ; et n'entroit en nulles bonnes villes que, ains qu'il y entrast , les villes ne feussent les

plus, auxquelles villes les gens du comte

payoient tout ce qu'ils prendoientsans y faire nul des roy, car lecomte leur avoit deffendusur lahart.

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