V. — DE PETERHOUSE A PEMBROKE
Pendant cette période, Gray continue à résider à Cambridge; il quittera seulement le Collège de Peterhouse pour celui de Pembroke, où il trouve plus de calme et de sympathie. Ses séjours à Londres, du moment où Whatton y vient habiter, seront plus fréquents. Par contre, Stoke, après la mort de sa mère, le retiendra moins à ia belle saison. Il va prendre l'habitude de voyager, de passer des vacances chez ses amis. Ce changement dans son existence s’accompagnera d’un goût croissant pour les antiquités nationales et la nature anglaise. Mais il sera trop souvent immobilisé par une maladie qui entre dans sa période aiguë et dont les crises se multiplieront. Les premiers symptômes lui 6teront tout courage; il produira peu, cessera même de produire. Îl poursuivra seulement ses lectures et ses recherches d’érudition, orientées désormais vers les civilisations septentrionales. Il songera à écrire une histoire de la poésie anglaise, réunira de nombreux matériaux, mais en définitive abandonnera son projet.
1753 (suite).
Après la mort de sa mère, Gray resta à Peterhouse jusqu'en juillet. [l fut présenté au Chancelier de l'Université, le Duc de Newcastle, qui le complimenta sur ses poèmes.
27. Mrs. Oliffe vient maintenant vivre à la maison de Stoke avec Mrs Rogers.
A ee
Voyage dans le Nord. En été, il put enfin se rendre chez Wharton, en vacances à Durham. Il partit en chaise de poste le lundi 16 juillet, en compagnie du jeune Stonhewer, qu: allait chez son père à Houghton. Ils cheminèrent lentement, voyant en route « tout ce qui en valait la peine »: visitèrent York le jeudi, et le vendredi rencontrèrent, à Studley, Wharton et sa femme, venus au devant d'eux. Le soir, ils couchaient à Ripon (Yorkshire), le lendemain soir à Richmond (ibid.), et arrivaient à Durham le dimanche soir 22 juillet.
Gray fut enchanté de ces vacances passées chez son ami, dans la vallée « sauvage et romantique » de la Wear, au pied de la chaîne Pennine. Il assista aux courses de chevaux: revit le Dr. Chapman (Master de Magdalen) qu'il avait connu à Cambridge; fut invité à dîner chez le Dr. Trevor, évêque de Durham. Au retour, il s'arrêta à York, où il passa uné journée (dim. 30 sept.) avec Mason, qui venait de perdre son père. Il repartit le lendemain, fit un agréable voyage, observant et notant l’aspect des champs, l’état des cultures (première « Géorgique en prose » à Wharton). Pendant une partie de la route, il fut distrait par la compagnie d’une dame de York, Lady Swinburne **, femme cultivée et ayant beaucoup voyagé, qu’il devait retrouver quelques années plus tard. Il arriva à Cambridge le 3 octobre; mais, apprenant que Mrs. Rogers venait d'avoir une attaque de paralysie, n’y resta qu'un jour. Il se rendit à Stoke, où il fut retenu jusqu'à la fin de novembre, triste malgré le.
chant des oiseaux dans les bois, trouvant à chaque pas de douloureux souvenirs. [I] passa ensuite un mois à Londres (Jermyn St.) et rentra à Cambridge dans la semaine du 21 décembre.
Première crise de goutte. Gray réside à Peterhouse jusqu’à la fin dé juin. À cette époque se place sa première crise d’arthritisme connue (douleur dans la poitrine, dans le genou, dans les reins; éruption au poignet). Il tient régulièrement, désormais, un journal d'observations météorologiques; fait des expé. riences de germination”. Au printemps, il commence son Ode: