‹ Chronologie de la Vie et de l'Œuvre de Thomas GrayChapitre 41 sur 83 · VI. — SEJOUR A LONDRES · texte numérisé non relu

VI. — SEJOUR A LONDRES

Ces trois années passées à Londres, où il est amené par les circonstances, font diversion dans la vie monotone de Gray. Il se consacre d’abord, dans une solitude relative, à l’étude de l’histoire et de la botanique. Puis, se créant peu à peu quelques relations, il se trouva mêlé au mouvement de renaissance des vieilles poésies celtique et anglaise, et frôla un instant, par ailleurs, les cercles politiques. Médiocres au point de vue de la production, ces années auraient pu être favorables à sa santé physique et

- morale, élargir son horizon. Mais, très vite, il se sentit dépaysé dans un milieu contraire à sa nature et à ses habitudes, et ne songea plus qu’à reprendre son existence paisible de Cambridge.

1759 (suite).

Si Gray alla à Londres, ce ne fut pas d'abord, très vraisemblablement, pour y séjourner, mais « contre son désir », pour « des affaires qui ne l’amusent guère ». Il a des difficultés avec les locataires de ses maisons; se plaint en avril d'avoir

perdu deux cents livres en vendant des rentes. Du reste, pour la troisième fois depuis trois mois, il souffre de la goutte.

Cependant, le milieu de Londres semble le tenter. I! y rencontre des amis (notamment Stonhewer, qui est maintenant dans l'administration des Finances, et ses deux sœurs): il vient de découvrir les richesses du British Museum‘. Les circonstances aidèrent à le retenir : Wharton est allé s'établir à Old Park, près de Durham, laissant libre un appartement (chez Mr. Jauncey, Southampton Row, Bloomsbury) bien placé, près du Museum et de la campagne.

Nous l'y trouvons installé au mois de juillet. Il y vit dans une solitude qui lui est agréable. Il se promène dans les champs de Highgate et de Hampstead, observe la croissance des plantes dans les jardins, étudie l’histoire naturelle (première mention de Linné, 18 sept.), tient un journal détaillé - de la température et des floraisons, qu’il communique à Wharton. À Brown, au contraire, toujours à Cambridge, il parle de la politique, des événements de la guerre de Sept Ans, dont il a des nouvelles de « première main ». Le Museum est sa « principale distraction »; il y passe souvent quatre heures par jour, y écrit « des volumes d’antiquités », est « noyé jusqu'au cou » dans de vieux documents « inconnus de nos historiens ». N

En été, il fit une visite à Strawberry Hill, où Walpole vient de finir sa chambre Holbein. Le 23 septembre, Lady Cobham, qui « se meurt d'hydropisie », le fait venir à Stoke. Il passe trois semaines auprès d'elle, puis l'accompagne à Londres, où elle désire voir ses médecins; sur sa demande, il reste encore un mois en sa compagnie dans sa maison de Hanover Square.

Vers le 20 novembre, revenu à Southampton Row, il continue ses observations météorologiques, s'occupe de décoration gothique et poursuit ses études d'histoire (la poésie ne l'intéresse plus guère, cependant il songe à reprendre Lydgate et Hoccleve, qu'il avait étudiés précédemment). Il fréquente toujours Stonhewer; va entendre la Mingotti; mais, le feu ayant ravagé plusieurs maisons dans le quartier de Cornhill, se couche tous les jours dans les transes.

39. Le British Museum avait été ouvert au public le 15 janvier de cette année.

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