‹ Chronologie égyptienneChapitre 103 sur 179 · Ceci provient aussi d’Hérodote · texte numérisé non relu

Ceci provient aussi d’Hérodote

2. Correction de v. Gutschmid pour <;>; d’après la traduction arménienne ( usque duni).

3. C’est ainsi que par son analogie il faudra prononcer aussi le nom de Atoti, Apopi et autres Œrman).

4. Le numérotage des noms dans Lepsius ne répond pas évidemment aux intentions de l’auteur; les 1. 1 et, 3 devraient être lues de gauche à droite ; les 1. 2 et 1 de droite à gauche. Les n” (> et 7 (dans Lepsius 3 et 2) sont détruits, n" 8 (Lepsius 1) Ra'seehem smentaoui appartient à la XIII* dynastie.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

La comparaison des listes, pour les dynasties IIIe-Ve, se trouve au tableau annexé.

IVe et Ve dynastie

La comparaison des listes révèle un contraste violent entre la IIIe dynastie et les dynasties IV et V. Là, elles se séparent et différencient extrêmement; ici, il y a une concordance presque complète. T et S, autant qu’on peut le voir, s’accordent ici à nouveau et complètement ; mais S a laissé de côté, on ne comprend pas pourquoi, le roi Newoserre' si vénéré. — Est-ce à dessein ou négligence? — Par conséquent S compte un roi de moins que T. Dans M (et E), le troisième roi des autres listes, Dedefre', de la IVe dynastie, est omis'. Ce ne peut pas être par hasard; l’explication vient peut-être de ce que Dedefre', qui s’est bâti sa pyramide à Abou-Roasch, présente de ce fait, parmi les rois constructeurs des pyramides de Gizeli, une singularité encore inexpliquée. C’est pourquoi Manéthon a un numéro en moins que le Papyrus, c’est-à-dire 17 rois, de Soris jusqu a Onnos, tandis que le Papyrus en a énuméré 18 de Snofrou à Ounas (S, pour la même raison, en donne 17 seulement). Pour tous ces motifs et après examen impartial des monuments, il n’est pas douteux, à mon avis, que Snofrou corresponde à Soris, le premier roi de la IVe dynastie1 2. Avec lui com-

1. L’ancienne opinion qui l'identifiait avec le 'Pa-ot<rir)ç de Manéthon trouve, chose curieuse, des défenseurs, quoique les deux noms n’aient vraiment rien de commun, et qu’il est tout à fait impossible que Dedefre' puisse avoir régné après Mykerinos.

2. Sethe, Bcitr., p. 51, a voulu le remettre à la IIIe dynastie, mais comme prédécesseur immédiat de Cheops; alors il pourrait être encore Soris. Lepsius par contre l’identifiait avec Sephouris, le dernier roi de la IIIe dynastie manéthonienne ; ce serait évidemment admissible,! mais je tiens pour impossible de le séparer de Cheops. Le nom . . .zefa (T, n° 21) se retrouverait-il dans Er^oupi??

raence la liste ininterrompue des grands pharaons Memphi tes.

D’ailleurs, les premiers rois de la dynastie concordent partout dans les listes et sur les monuments :

Snofrou — IV. 1. Xcopiç.

Choufou = 2. Soûrptç (üaoypîç E) ; Herod. II, 124 Xéo^ ; Diod. I, 63 Xep.(juç' .

Dedefre' manque.

Cha'fre' =3. -oO'ptçll. Herod. II, 127 Xc^prjv ; Diod. I, 64 Kecpp/jV1 2.

Menkaoure* = 4. Mev^éprjç; Herod. II, 129 Mu/sptvo^; Diod. I, 64 Muxeptvoç, ov vtvsç Meyyepïvov ovop-â^ouatv, avec une excellente transcription.

Des rois suivants, Sepseskaf = IV 7 l’eêepyépr^ (mal écrit pour 'Zz6zayiç>'i)çy , seul est connu par les monuments. Nous avons cependant déjà vu que les trois autres rois que Manéthon nomme, et dont deux sont également connus d’Eratosthène, se sont trouvés aussi dans le Papyrus et dans la table de Sakkara — malheureusement leurs noms ne sont conservés nulle part. D’après Manéthon, Sepseskaf était le troisième successeur de Mykerinos. il aurait donc dans le Papyrus reçu 4 ans. C’est tout à lait admissible', et même démontré, comme nous le verrons plus tard, par la chronique de la Pierre de Païenne. Ainsi, entre lui et Mykerinos il y aurait deux règnes, dont le deuxième comprend 18 ans (ou même 28) et n’a pourtant laissé aucun monument, tandis que d’après les biographies de Sechemkere' et de Ptahsepses nous pourrions croire que

1. On sait que 1 égyptien b devient» plus tard dans la prononciation ; par conséquent il est rendu généralement par Y dans Manéthon.

2. Sepseskaf « vénérable est son esprit «est interprété très justement par Manéthon, d’après la forme du nom, comme : « vénérable est l’esprit de Re ». De même, il rend Ouserkaf « fort est son esprit » par Ouserclieres.

•1. Chez Manéthon aussi, il n’a que 7 ans, tandis que ses deux prédécesseurs régnent 23 et 22 ans.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

Sepseskaf a succédé immédiatement à Mykerinos. Cette difficulté, nous ne pouvons pas la résoudre avec nos moyens actuels ; peut-être devons nous supposer ici des règnes parallèles et admettre que le total du Papyrus, comme pour la XIIe dynastie, n’est pas calculé d’après les chiffres partiels et se trouve plus faible que la somme de ceux-ci. En tout cas, les contemporains des successeurs de Mykerinos n’ont considéré que Sepseskaf comme légitime; aussi son culte funéraire est-il souvent cité sous-la Ve dynastie, tandis que Ratoises, Bicheris et Thamphthis ne sont jamais mentionnés, ni eux ni leurs tombeaux 1 ; la table d’ Abvdos, elle aussi, ne nomme que Sepseskaf.

Avec cette concordance des noms contraste violemment la discordance des chiffres. De bonne heure la légende a cru devoir attribuer aux constructeurs des grandes pyramides des règnes extraordinairement longs : ainsi dans Hérodote (et dans Diodore, dont la source, Hékatée d’Abdère, a simplement remanié Hérodote), Chéops reçoit 50 ans, et Chephren jusqu’à 56 ans, mais Mykerinos, en raison de la petitesse de sa pyramide, ne compte que 6 ans, — ajoutez que Clieops et Chephren ont dû être frères2 3 et Mykerinos, le fils de Cheops! ... Manéthon les gratifie des chiffres absurdes de 63, 66, 63 ans. Au contraire, le Papyrus donne à Cheops 23 ans:l — (à son prédécesseur Snofrou, qui a bâti deux grandes pyramides, un an de plus). Les six durées de règnes conservées (rois 23, 24, 25; 29, .30, 31) forment au total 79 ou 89 ans (plus x mois); si nous comptons

1. t out au plus pourrait-on, comme Bouriant et E. Brugsch, Litre clos Rois , p. 6, le proposent, identifier le roi Imhotep (L., D ., II, 115 h, Wadi Hammamat), avec ©âjjcpôiç, qui alors serait mal écrit (le nom correct devrait être ’luovôr-,;). Même opinion chez Petrie, Histor;/, I, (»0.

2. Nous savons par le Papyrus Westcar, que Chephren était le (ils de Cheops.

3. Il est très digne d’attention que la liste d’Eratosthène se rapproche ici beaucoup, quand elle donne 29 ans à Saophis Ier. De même, Saophis II ne reçoit que 27 ans, Moscheres 31,

pour Chephren, Mvkerinos et son successeur inconnu (rois 26, 27, 28) en chiffres ronds 70 ans, nous aurions, pour toute la durée de la dynastie, environ 160 ans, au lieu des 277 ans de Manéthon. On a souvent attiré l’attention sur ce fait que les monuments ne permettent pas d’attribuer une durée plus longue à la dynastie. En effet, la favorite de Snofrou, Merit-atefes, qui passa ensuite au harem de Cheops (a l’avènement duquel elle devait donc avoir de 16 à 18 ans), vivait encore sous Chephren1, — et le prince Sechemkere', peut-être un fils de Chephren, vécut sous celui-ci, et sous Mvkerinos, Sepseskaf, Ouserkaf' et Sahoure'2. Ainsi, la dynastie ne s etend pas au delà de deux vies d’hommes, peutêtre très longues3, c’est-à-dire, environ 160 ans. A cela répond bien qu’elle n’ait compris que cinq générations, représentées par Snofrou, Cheops, Chephren, Mykerinos et Sepseskaf. La Ve dynastie commence chez Manéthon par Ouserkaf, avec lequel, en réalité, une nouvelle race parvenait au trône. Le Papyrus, par contre, ne fait la coupure qu’à l’avènement de son second successeur, Nefererkere' Kakai. D’après la légende du Papyrus Westcar, Ouserkaf, Sahoure' et Kakai étaient trois jumeaux, que Rec avait engendrés pour en faire des rois, et on admet généralement qu’ils ont été trois frères. Mais il est douteux que ce soit historiquement vrai : car il serait très bizarre que les deux premiers n’aient pas fait leurs fils héritiers du trône. Peutêtre étaient-ils tous les trois des usurpateurs, qui s’étaient alliés contre l’ancienne dynastie de façon à occuper le trône l’un après l’autre. Ainsi Nefererkere' Kakai peut avoir été en réalité le père et le fondateur de la nouvelle dynastie; il semble avoir fait triompher une tradition nouvelle, puis-

1. L’inscription de son tombeau ne parle pas du règne intermédiaire

de Dedelre".

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