Nitocris
1. On a identifié ce nom avec Othoes, qui rappelle fortement sa consonance. Mais (1 Atoti ne peut pas avoir manqué dans Manéthon, et
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doit correspondre à Othoes.
2. L., D., II, 115 sq. ; Sethe, Urk. des allen Reichs, p. 148.
3. La démonstration de Sethe {Beilr., p. 86, n. 1) ne m’a pas complètement convaincu que le point (reste d’un signe?), qui est reconnaissable
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
Pour le total, si nous comptions les deux premiers règnes comme l’Othoès de Manéthon, à 30 ans — chiffre vraisemblablement trop élevé — nous aurions de 149 à 150 ans, en face des 197 ans de Manéthon (ou 185 sans Nitocris). Mais il est très étonnant que les trois rois du milieu, dans le Papyrus, n’aient que des années pleines. Nous avons vu cela pourNebka (p. 173) et pour les deux premiers rois de la IIIe dynastie (p. 190 et 206). Une hypothèse séduisante serait qu’au temps delà VIe dynastie on ne comptait pas par années de règne, mais par années civiles pleines; c’est ce que pense Sethe, mais il est difficile de le soutenir, puisque pour Atoti Y et pour Merenre' II, comme pour les rois du fr. 61, on indique les mois et les jours. Aussi faut-il peutêtre expliquer les nombres en chiffres ronds plutôt par des règnes associés. D’ailleurs le total n’est donné qu’en années (181)', quoiqu’on n’ait pu arriver que difficilement à ce nombre exact. L'état si fragmentaire du Papyrus ne permet pas d’arriver ici à une pleine clarté.
Le nombre de 20 ans pour Pepi se trouve vraisemblablement contredit par les données des monuments2, d’après lesquels ce roi a célébré la fête de Sed pour la première fois (et autant que nous le savons, pour l’unique fois) « l’année après la 18e fois » ( f\ On' 1 1 du recensement ; ce serait (dans le cas où, sous ce roi, le recensement n’aurait eu lieu que tous les deux ans, v. plus bas) dans sa 36° ou 37e année. Mais, comme la fête de Sed ne se célébrait jamais plus tard
dans le Papyrus entre « An » et les débris de «4», soit vraiment sans importance. Il est difficile cependant d’y voir un reste de 10; la lecture « 4 an> » semble donc certaine.
1. On pourrait supposer que les mois et les jours pourraient être cherchés dans le O O de la ligne suivante; mais c’est peu vrai-
semblable.
2. Rassemblées, par Sethe, Urk. des alten Reichs, p. 91 sqq. ; Bcitr., p. 79 sq., 84 sq. Cf. la remarque de Schæfer, ap. Æ. Z., XL, p. 75.
que la 30e année, et assez souvent plus tôt, Setlie suppose que les inscriptions ne dataient pas de l’année de la fête, mais faisaient seulement mention de la fête précédente, devenue en quelque sorte une sorte d’épithète du roi. Ce n’est pas impossible ; mais il me paraît plus vraisemblable : cependant que, sous lui, le recensement était irrégulier et a pu se faire plusieurs fois consécutives en deux ans, comme | sous Snofroub Pour Merenre' Ier, « l’année de la cinquième fois » du recensement , est mentionnée dans deux inscriptions 2; cela ne pourrait pas s’accorder avec le nombre donné au Papyrus si, sous ce roi, le recensement s’opérait chaque année [comme le dit Sethe] ; alors il serait mort dans ! cette année et le Papyrus aurait omis ses mois et jours en i surplus. Qu’il soit mort jeune, c’est ce que prouve l’examen de son cadavre, et, si son frère Neferkere' Pepi II est monté réellement sur le trône à l’âge de six ans3, lui ne peut avoir régné plus de 5 ans.
Le nombre d’années donné par le Papyrus est donc histo-
1. L’inscription des carrières d’albâtre de Hat-noub (Blackden- Fraser, Hieratic graffiti, p. 15, 1; puis Sethe, Urk. cl. A. R., p. 95) qui mentionne également la « première fois de la fête Sed », est
datée de j" © fl fl 1 1 1 II « l’année de la 25e fois » ; ce serait suivant l’alternance régulière des années de recensement, la 49° ou 50" année. Mais ! alors, d’après les analogies connues du Nouvel Empire, on aurait dû attendre longtemps la répétition de la fête de Sed — ; or, que cette tête était attendue à court délai, c’est ce que nous apprend la formule régulière ©
Je croirais donc qu’il y a ici une faute dans le nombre [pour une opinion contraire, cf. Setlie, Beitr., p. 84 sq.] -
2. Sayce, Recueil, XV, p. 147= Setlie, Urk. d. zl. R., p. 1 10 ; Blackden-Fraser, loc. cit., 15, 2; comp. Setlie, Beitr., p. 80, 85 sq.
3. Que Pepi II soit monté sur le trône enfant mineur, c’est ce que démontre clairement l’inscription (L-, D., II, 110 « — Setlie, Urk., p 112)de l’Wadi Magliâra, d’après laquelle, dans l’« année de la 2' fois du recensement des bu-ufs et de tout le petit bétail dans le Nord et le Sud », il était sous la régence de sa mère. Cf. aussi Erman, Æ. Z., XXXI, p. 72.
première fois de la fête de Sed » — .
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riquement faux, pour Merenre' Ier peut-être, et pour Pepi Ier certainement. La biographie d’Ouna témoigne d’un règne plus long de Pepi Ier, puisque ce personnage arriva à l’àge d’homme et reçut sa première charge sous Atoti V, puis, parcourut, sous Pepi Ier', une longue et brillante carrière, et enfin mourut (du moins on rédigea son inscription funéraire) sous Merenre', arrivé aux emplois les plus élevés. Nous ne pouvons cependant pas donner à Pepi Ier les 53 années que lui octroie Manéthon, car alors Ouna aurait été revêtu de la charge de gouverneur du Sud et il aurait conduit les grands travaux des carrières devenu tout à fait vieux, à plus de 70 ans.
Quant aux 94 ans de règne de Pepi II, nous ne pouvons pas décider s’ils sont historiquement vrais (le fait d’avoir célébré deux fois la fête de Sed ne prouve rien à ce sujet) ; ce n’est pas matériellement impossible; mais ce serait un exemple unique dans l’histoire du monde.
De la VIIe à la Xe dynastie
Après Pepi II, les monuments s’interrompent autant dire complètement, et ce qui a été conservé des siècles suivants ne porte que rarement un nom de roi. A cela correspond le fait que la table de Sakkara (comme celle de Karnak) passe sous silence complètement tout le temps qui suit, jusqu’à la XIÜ dynastie ; de même l’Epitomé de Manéthon qui, dans sa forme originale, donnait une image très correcte de l’œuvre complète, ne rapporte plus les noms des rois à partir des dynasties VII à XI, mais se contente des chiffres totaux. L’Etat de l’ancien Empire, profondément transformé depuis la Ve dynastie, arrive à sa fin sous Pepi II ;
1. Le court règne d’Ouserkere' a certainement été omis à dessein.
l’hypothèse que, sous les dynasties suivantes, l’Égypte est démembrée en plusieurs États et déchirée de guerres intestines, est aujourd’hui confirmée par les sources pour le temps des Hérakléopolitains.
Dans Manéthon, après la VIe dynastie qui se termine avec Nitocris, suit bétonnante VIIe dynastie, qui comprend 70 rois Memphites avec 70 jours (Eus. 75). S’il y a dans ceci quelque chose d’historique, on ne peut regarder cette dynastie que comme un interrègne, pendant lequel les plus hauts dignitaires de l’Empire exercèrent le pouvoir chacun un jour; règnes comparables aux cinq jours des sénateurs romains au temps de l’Interrègne. En tout cas, cette « dynastie» ne figure dans les listes des rois que par une conception semblable à celle des chronographes grecs postérieurs, quand ils ont introduit le vizir Artabanos, meurtrier de Xerxès, dans la liste des rois de Perse' : on voulait, en quelque sorte, que mention fût faite dans les tables qu’il y avait eu un interrègne.
Ensuite vient la VIIIe dynastie, qui, comme nous l’avons vu d’après l’Epitomé, se composait vraisemblablement de 18 rois Memphites avec 146 années. A cette dynastie correspond évidemment la longue liste de 17 rois, que la table d’Abydos énumère après Merenre' II et avant les rois de la XIe dynastie. Leurs noms, qui, sans exception, se rattachent à ceux de la VIe (et Ve) dynastie, démontrent clairement qu’ici les vieilles traditions survivaient. Il est significatif que, pour six d’entre eux, les noms personnels sont réunis dans un même cartouche avec les noms de Rois [il en était ainsi déjà pour Merenre'... emsaf] ; phénomène qui se reproduit sous la XIIIe dynastie. Pour ce qui est de monuments à leurs noms, nous n’en possédons pas, à part quelques scarabées1 2. D’autre part, il existe à Berlin un dé-