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Hierat, inscriptions , pl. XXVIII

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

qu’au Ier millénaire, que la nouvelle classification a pénétré partout et a fini par s’imposer. Nous la constatons tout d’abord dans les noms de mois des sources araméennes, au temps des Perses ; cependant ces noms ont été évidemment adoptés auparavant, et pas plus tard sans doute que la Restauration sous la XXVIe dynastie. Cette adoption fut alors réglée par un acte officiel, qui fixa définitivement les noms de mois sur la base des nouvelles équations. Désormais, il n’v a plus d’hésitation, ni dans les appellations, ni dans leur concordance avec les graphies en usage depuis les temps très anciens : « premier, deuxième, troisième, quatrième mois d’Echet », etc.

Pour comprendre nettement tout ceci, il faut considérer deux faits :

1. Ces noms de mois, à l'origine, ne sont pas une désignation officielle ; leur déplacement n’implique aucune modification du calendrier. Le calendrier est fixé, de toute antiquité, définitivement et suit son cours uniformément sans aucune perturbation ; tout aussi vieilles et définitives sont les désignations de mois : premier mois d’Echet, etc. Ce qu’était la prononciation de ces graphies, nous ne le savons pas; ce que nous savons seulement, c’est que la prononciation officielle de ^ n’a jamais été Mesure \ ni (du moins jusqu’à l’époque tardive) Thout. Ce sont uniquement des appellations populaires; elles se formèrent peu à peu, elles étaient susceptibles de déformations et se déformèrent, jusqu’à leur fixation définitive, qui eut lieu vraisemblablement sous la XXVIe dynastie.

2. Parmi les fêtes annuelles, deux seulement sont en relation avec des phénomènes naturels, et par conséquent devinrent des fêtes mobiles dans le calendrier civil : la « fête de naissance de Rc‘ » Meaourec, c’est-à-dire le solstice d’été, dont nous ne savons pas, à ma connaissance, s’il était véritablement célébré comme une fête — et la « fête du lever de Sirius » peret Sopdct, qui était célébrée officiel-

lement tous les ans. Toutes les deux sont désignées comme heb tcepet ronpet « fête du nouvel an ». Cela laisse supposer que, dans la pratique, le solstice d’été n’était pas célébré isolément, mais tombait en même temps que la fête de Sirius ; cependant, en réalité, il avait été séparé de celle-ci, et cela s’attestait aussi par le transfert du nom heb wepet ronpet = Mesore ' au dernier mois de l’année idéale et de sa copie imparfaite, l’année vague’. Cette fête ou double 1 fête sont donc, dans le calendrier égyptien, ce que sont chez nous Pâques et Pentecôte. Au contraire, toutes les autres fêtes sont fixées à des jours de mois déterminés du calendrier civil ; celui-ci ne comprend donc pas de fêtes mobiles. La plupart du temps, elles embrassent toute une période de jours, et pour quelques-unes d’entre elles, on peut prouver qu’elles sont à cheval sur deux mois. Cela ; explique quelles pouvaient servir à désigner deux mois différents : dans le classement ancien la fête de Rekeh donnait déjà son nom à deux mois, le VIIe et le VIIIe. Ainsi, entre toutes, la grande féted’Amon en Opet (Karnak), qui a donné son nom à Paoplii, s’étend, d’après le calendrier

1. Le fait qu’il existe simultanément pour la même expression v-^7’

trois acceptions différentes, est vraiment caractéristique de la mentalité égyptienne (de même que la double signification du nom des saisons). Ces trois acceptions sont : 1“ premier jour de l’année idéale lever de Sirius (formules funéraires de l’Ancien Empire; décret ! de Canope ; fréquemment dans les calendriers, et en outre, avec le i sens de 1" mois tout entier de l’année de Sirius, dans le calendrier du papyrus Ebers); 2" 1" jour de l’année vague, très commune à toute époque (cf. p. 41 sq.); 3“ le XII' mois de l’année vague (Edfou) Mesure'. — Au calendrier d’Edfou, le 26 X est en outre désigné

| (Brugsch, Thésaurus, p. 383, 1. 15, cf. p. 447). Brugsch dit

que cela s’explique par le calendrier alexandrin, où, à vrai dire, le 26 X (Payni) — 20 juin jul., et tombe, par conséquent, peu avant le solstice. Cette explication ne me parait pas sûre. De plus, au calendrier d'Edfou, le 1 V (Tybi), jour du couronnement d’IIorus, est désigné

comme : cf. Brugsch, Thésaurus, p. 369, col. 10 a ; p. 373, col. 7 ; cf. p. 395 sq. et p. 1125; voir aussi supra, p. 303, § 4.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

des fêtes de Ramsès III à Médinet-Habou, du 19 II au 12 III, et par conséquent désigne, à l’origine le IIIe {Hier. In.sc. , XXVIII), et, plus tard, le IIe mois. A toute époque, la grande fête du dieu Thout' fut célébrée le 19 I; elle s’accompagnait delà grande allégresse de 1’ «ébriété» Techou , qui durait du 20 I au 5 II, et se trouvait donc étroitement unie à celle de Thout1 2 3 * 5. Ainsi s’explique, qu’à une époque antérieure, la fête de Techi se rapportait au IIe mois, tandis que Thout était aussi le dieu du IIe mois {Hier, /use., XXVIII) ; plus tard, tous deux sont reliés au Ier mois. L’appellation d’après le dieu (mnn, WoouO) est alors devenue prédominante. La fête « navigation de Moût d’après laquelle on nomme le VIe mois {Hier. Insc., XXVIII), est célébrée en l’an 17 de Ramsès IX ('?), comme « jour de la sortie en barque de Mout-ouert d’Aserou, le 30 V (Gardiner, l. c.. p. 140), et à l’époque romaine le 17 V (Brugsch, Thésaurus, p. 322); elle empiétait donc, selon la remarque de Gardiner, sur deux mois. La même chose se passa probablement pour la fête d’IIathor, le 1 IV, celle de Renenoutet, le 1 IX, et celle de Neheb Kaou = Kahirka, le 1 V (cf. supra, p. 303, $ 4), et vraisemblablement pour plusieurs autres encore, surtout celle d’Epiphih

Ajoutons à cela, que le choix des fêtes, devant servir à l’appellation des mois, a subi des variations fréquentes. Les noms anciens, qui se présentent dans le calendrier du papyrus h’, bers, furent souvent, aux siècles qui suivirent, supplantés par de nouveaux noms, dont quelques-uns sont

1. Cf. p. 44, n. 1, d’après le calendrier de Médinet-Habou; de même, dans Plutarque, De Isidc , (58.

2. D’après le calendrier d'Edfou ; cf. Brugsch, Thésaurus, p. 455. Je ne connais pas de données antérieures sur la date de cette fête si souvent mentionnée.

3. En outre, il faut tenir compte de l’influence possible des différences

locales. De plus, certaines fêtes, comme celle d’Epiphi, ont peut-être été à l’origine en rapport avec les phases lunaires et oscillé avec

celles-ci.

d’origine thébaine (Gardiner, p. 137). Voici un tableau des principales listes conservées.

I. — Classement ancien ( Mesore ' ou icepet ronpet premier mois, Techi ou Thout deuxième, Epiphi douzième) :

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