‹ Chronologie égyptienneChapitre 165 sur 179 · Hrugsch, Thésaurus, p. 105 sq. et 452 sq · texte numérisé non relu

Hrugsch, Thésaurus, p. 105 sq. et 452 sq

2. J’ai eu tort de ne pas envisager plus tôt cette hypothèse, mais je n’en avais point trouve de preuves assez sûres, et je ne voulais pas charger mon exposé de considérations superflues.

Puisque de notre temps, le public se désintéresse presque de l’observation élémentaire de ce qui se passe au ciel, je noterai ici exprès-

4241 av. J.-C., le lever de Sirius à Memphis tomba le 19 juillet jul. ; et le solstice d’été le 25 juillet jul . 1 , par conséquent six jours seulement plus tard, ce qui compte à peine dans la pratique. Les Égyptiens pouvaient donc, à la fin du Ve millénaire, être convaincus que le lever de Sirius coïncidait avec le solstice, et célébrer la fête de la naissance de Re' en même temps que le jour de l’an véritable. Au cours des siècles suivants, les deux moment se rapprochèrent, astronomiquement, toujours davantage ; au XXXVe siècle, tous deux tombaient le 19 juillet, et, de même, au début de la deuxième période sothiaque (2781 av. J.-C.), où le solstice eut lieu le 13 juillet, ils coïncidèrent encore en pratique, presque parfaitement. La coïncidence du lever de Sirius, du jour de l’an, de la fête de la naissance de Re' (Mesore), qui se réalisait dans l’année idéale, fut donc, comme beaucoup d’autres choses, transportée de celle-ci à son image imparfaite, l’année civile vague.

Mais, dans les siècles suivants, le solstice d’été s’éloigne toujours plus de l’année de Sirius. Au début de la troisième période sothiaque (1321 av. J.-C.), il tombe déjà le 1er juillet jul., 18 jours avant la fête du nouvel an, donc au milieu du dernier mois de l’année idéale. Ce déplacement ne pouvait pas passer inaperçu2. On s’explique qu’au

sèment que ces deux phénomènes, dès que 1 horizon s’éclaircit, peuvent être suivis par chacun sans ia moindre difficulté; point n’est besoin ni de connaissance astronomique, ni môme d’instrument ; il suffit d’y apporter cet intérêt, qui ne manque jamais chez un peuple d’agriculteurs. Naturellement, il nesauraitici être question d’observation déterminée;! un jour (ou même à un moment) près ; le soleil, qui jusqu’alors, se levait chaque jour plus loin vers le Nord, se lève à ce moment, pendant plusieurs jours, au même point de l’horizon, pour reculer, ensuite, lentement vers le Sud. Le solstice dure donc plusieurs jours.

1. Date donnée par Ginzel, Handbuch der matheni. and tcchn. Chronol. , I. 190. A la page 16, j’avais précédemment donné le 28 juillet, d’après une communication du prof, borster.

2. J’ai suggéré ceci p. 17. tout en doutant que les Égyptiens en aient tiré quelque conséquence. Nous voyons maintenant que ce déplacement n’a pas été sans influencer leur calendrier.

Nouvel Empire, à côté de l’équation tirée de l’année de Si ri us :

Wepet ronpet = naissance de Re' (Mesore) = lever de Siri us = premier mois d’Echet I, s’établisse l’équation nouvelle, correspondant à la position I actuel le du solstice :

Wepet ronpet = naissance de Re' (Mesore) = 4P mois de

Somou XII.

Cette position nous est donnée au plafond du Ramesséum. Le tableau représente justement l’année normale idéale (l’année sothiaque fixe), d’après la position du soleil au moment du lever de Sirius, sous le règne de Ramsès II.

En ce temps là, la « naissance de Re' » tomba le dernier mois de l’année de Sirius, et Re'-Hor-achouti devait forcément apparaître comme le patron et gardien de ce XIIe mois ; au contraire, Isis-Sothis il ^ ^ restait tout ■ naturellement associée au Ier mois. Mais ce premier mois, puisque Re' reculait dans le XIIe mois, devait aller se rei lier à la fête Techi, qui jusqu’alors avait désigné le IIe mois. De la même façon, tous les autres dieux patrons et gardiens, et toutes les autres fêtes furent déplacés d’un rang dans l’année idéale, jusqu’à la fête d’Epiphi (Epet), qui passa du XIIe au XIe mois.

Dans la vie pratique, qui ne se conformait pas à l’année idéale, mais à l’année civile vague, les anciennes équations sont restées en usage pendant des siècles encore, et au moins jusqu’à la tin de la XXe dynastie; ceci nous est prouvé par les dates de Gardiner, et par un texte (pie nous allons examiner’. Ici encore, nous rencontrons l’esprit conservateur des Egyptiens, leur attachement extrême à la tradition : alors même qu’une conception nouvelle s’introduit, on garde l’ancienne, côte à côte avec elle, même si elles se contredisent ou s’excluent logiquement. Ce n’est

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