Cf. plus bas : Les listes des rois Hi/ksos
4. L’Africain ne le connaît pas davantage. Dans Eusèbe et dans l’Africain, ce nom est remplacé par ”A pxXyjç.
scholie du Timée de Platon, p. 21, E (p. 947, éd. Baiter, Orelli, et Winckelmann), et à la fin se trouve ajouté ô às Sa ÎT7] ç (ainsi s’appelle chez l’Africain et Eusèbe le premier roi hyksos, que Joseph appelle SâXixtç, et le Livre de Sothis HtXîryjç) 7:poçé0r)K£ tÇ> (jwjvc topaç t(B', stvao 7)p.£pcov X', /ai tü êvtauTW zjfxspaç <r, /ai ysyovev v]fj.Eptbv tÇs'. Il est évident, comme l’a reconnu Lepsius, que cette note n’est qu’une modification de la donnée du Livre de Sothis ; elle cherche à expliquer l’origine des épagomènes par l’allongement des mois de 29 1/2 à 30 jours, mais elle se trompe dans le calcul, puisqu’il en résulterait 6 jours d’intercalation’ pour une année de 360 jours. Avec raison, Lepsius a rejeté ces deux données comme sans valeur, et il est plus qu’étonnant qu'il se soit trouvé dernièrement un champion pour les défendre2.
1. Je n’accepte pas la correction que fait Bœckh de 6 jours en 5. Cette correction donnerait sans doute un sens raisonnable à la notice (élévation des jours du mois à 30 et introduction de 5 jours d’appoint, par conséquent conversion de l’année lunaire de 354 jours eu année solaire de 365 jours), mais elle fausse le sens manifestement.
2. Von Bissing, Geschichle Ægyptens ini Umriss, 1904, p. 32. Selon lui, le renseignement du scholiaste du Timèe vient de Manéthon, « qui, on le sait (!), a consacré une attention particulière à la période sotbiaque ». Tout le passage de von Bissing ne prouve qu’une chose, c’est qu’il n’a pas compris la question du problème chronologique. Quant à ladatesothiaque de la XIL dynastie, il dit : « L’hypothèse pouvait certes être erronée, comme aussi l’observation du lever matinal à l’aide d’instruments imparfaits » (mais alors pourquoi s’en servir?). Les comptes, selon lui, ne portent pas sur une année de 365 jours, mais sur une année lunaire de 354 jours, — tandis qu’ils sont datés généralement d’après les mois de 30 jours de l’année égyptienne commune. Il reconnaît que les quantités sont comptées d’après des mois lunaires; mais c’est parce que, pour les dates, il faut prendre comme base une année de 365 jours.
Quant à la prétendue réforme calendérique des Saïtes et Aseth, il dit : « Naturellement elle avait pour base do vieilles observations faites » par les Égyptiens eux-mêmes. Ce n’est qu’une rupture avec la ma- » nière traditionnelle de compter jusqu’alors, et non pas l’introduction » d’un fait nouveau. » [Cette phrase est pour moi tout à fait incompré-
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Nous devons d’autant moins nous arrêter à ces données fantaisistes, que les monuments nous donnent des renseignements tout à fait suffisants. Nous avons déjà vu que les épagomènes n’apparaissent point seulement sous la XIIe dynastie, au tombeau de Hapzefa, comme jours de fête, mais qu’ils se présentent, — eux et la légende de la naissance des dieux, — dans les textes des pyramides, et que ces textes mentionnent également les relations de Sirius avec l’année (cf. p. 10, 14). Il suit de là, comme nous l’avons dit déjà, que les formules d’offrandes des mastabas reconnaissent, à partir de la IVe dynastie, deux fêtes de nouvel an, wep ronpet et tepi ronpet, le nouvel an de Sirius et le nouvel an civil'. Ainsi au temps où l’on a bâti les pyramides, c’est-à-dire, comme nous le verrons plus bas, vers 2800 av. J.-C., existait déjà le calendrier civil de l’année vague de 365 jours et, à côté de lui, le nouvel an fixe de Sirius (julien) était en usage régulier. Nous pouvons aller plus loin encore avec les textes des pyramides (c’est-à-dire les textes funéraires des pyramides royales); quoique la première rédaction qui nous soit parvenue se trouve dans les chambres funéraires du dernier roi de la
hensible.] « C’est ainsi que j’explique la présence accidentelle (! !) des » épagomènes à la XIIe dynastie, et même dans les textes des Pyra- » mides et les tombeaux de la VI' dynastie. On ne peut en conclure à » l’usage général d’une année solaire proprement dite, ni à l’existence » de la période sothiaque, comme ère. »
Avec de pareils arguments, il est à peine possible de raisonner. Je voudrais seulement attirer l’attention de l’auteur sur ce point, c’est que l’introduction du culte d’Apis par Aseth nous est connue a avec le même détail et la même précision » que celle des épagomènes. Tiendrat-il aussi cette donnée pour historique? Et sera-t-il aussi d’avis qu’elle n’est pas contredite par « la présence accidentelle » d’Apis dans les temps anciens et même sous les premières dynasties?
1. Brugsch a eu l’intéressante idée que l’on pourrait dater les tombeaux d’après l'ordre dans lequel ces deux fêtes et les autres fêtes habituelles sont énumérées. Malheureusement, il apparaît que l’ordre est complètement arbitraire et ne peut être d’aucun usage pour les recherches chronologiques. La plupart des fêtes sont rangées par groupes similaires et d’après leur importance relative.
Ve dynastie et des premiers rois de la VIe dynastie, il n’en est pas moins certain, d’après l’écriture, la langue et le contenu, qu’ils sont beaucoup plus anciens, et qu’ils remontent en partie au moins avant Menés. Pour eus, comme nous l’avons déjà vu, le calendrier de l’année de 365 jours est comme un legs sacré : il existait déjà au temps où les dieux naquirent, où l’ordre actuel du monde fut créé.
D’un autre côté, il est tout à fait évident que le calendrier égyptien ne peut avoir été introduit qu’à une époque où le 1er Thoth coïncidait avec le lever de Sirius le 19 juillet, c’est-à-dire au commencement d’une période Sothiaque. En d’autres termes, lorsqu’on a introduit le calendrier, on a choisi comme premier jour du premier mois de l’inondation le jour du lever de Sirius ; et le rapport de temps entre l’année vague et l’année Sothiaque, repose non sur une théorie, mais sur un fait historique qui nous permet de déterminer cette date initiale. Si l’on avait introduit le calendrier dans n’importe quelle autre année, aux environs de 4000 ou 3000 ans av. J.-C., il aurait subi, dès l’origine, le désaccord qui se produit tous les 4 ans entre le début de cette année et le nouvel an fixe ou la période Sothiaque. Comme, d’après les faits historiques admis, la période Sothiaque de 2781-2778 av. J.-C. doit être exclue comme trop récente, il en résulte que le calendrier égyptien a dû être introduit dans les années 4241-4238 av. J.-C.1
Les découvertes de ces dix dernières années nous apprennent que rien ne s’oppose historiquement à ce que nous remontions jusqu’à cette date, et jusqu’à la période de civilisation du 5e millénaire. Naturellement, nous n’entendons pas que le nouveau calendrier se soit imposé immédiatement à tout le pays; il s’est introduit peu à peu d’une principauté à une autre, puis, a prévalu dans l’Egypte entière
1. En théorie, on pourrait naturellement remonter plus haut, à une autre période Sothiaque (5701 à 5608 av. J.-C.), mais il n’y a aucune raison de le faire.
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grâce peut-être à la politique, ou par l’excellence de ses avantages. Un fait d’une importance particulière et qui augmente beaucoup nos connaissances historiques, c’est que la date du lever de Sirius ait été fixée au 19 juillet ; cela prouve qu’il faut chercher le lieu d’origine du calendrier dans la Basse Egypte, sur le territoire d’Héliopolis et de Memphis. Les monuments protohistoriques, si abondants en Haute Égypte, nous font à peu près défaut, du moins jusqu’à présent, pour la Basse Égypte, malgré la grande importance attribuée par le culte et les traditions à Héliopolis et aux villes du Delta. Mais, avec le calendrier, la Basse Égypte a produit un monument qui la place, dans notre connaissance, au même niveau de civilisation dans les temps reculés, et même à un rang plus ancien encore que les centres de culture de la Haute Égypte, Hiérakonpolis et Abydos.
Nous trouvons d’autre part une seconde confirmation de la date que nous assignons au calendrier. Le lever de Sirius doit indiquer le commencement de l’inondation du Nil. Sur la marche ordinaire de celle-ci, j’emprunte à Bædeker, Égypte (5e éd., p. xlviii), les dates suivantes :
« Au commencement de juin, le fleuve commence à monter lentement ; entre les 15 et 20 juillet, il croit avec impétuosité ; vers la tin de septembre, les eaux restent régulièrement 20 à 30 jours à la même hauteur, et dans la première moitié d’octobre, elles atteignent leur maximum.»
Comme on le voit, à l’époque ptolémaïque et romaine, le 19 juillet (jul. — d’après le comput grégorien, il tomberait quelques jours plus tôt) ne répond à ces données qu’autant qu'il y a une montée des eaux rapide à ce moment. Mais il est évident que cette croyance au retour de Sirius, ou à l’apparition d’Isis dans Sothis pour ramener l’inondation, ne pouvait s’établir qu’en un temps où le lever de Sirius coïncidait réellement avec le début de la crue et dans les jours où le Nil commençait à s’élever au-dessus de son
niveau le plus bas. Le calendrier copte d’aujourd’hui, qui compte par années alexandrines et présente par conséquent l’état de l’an 25 av. J.-C., offre les fêtes du Nil suivantes1 :
Nuit de la Goutte (où une goutte venue du ciel, la larme d’Isis, tombe dans le fleuve et le fait monter), 11 Bauna = 5 juin jul. (maintenant 18 juin grég.).
Commencement du gonflement du Nil ,18 Baùna — 12 juin jul. (maintenant 25 juillet grég.).
Proclamation de la crue du Nil, 26 Baûna = 20 juin jul. (maintenant 3 juillet grég.).
On voit ici que les fêtes populaires ne se sont pas seulement détachées de l’année vague, mais aussi de l’année de Sirius, et que plus tard (je ne sais pas quand cela s’est fait) les fêtes populaires se sont remises d’accord avec le cours naturel des saisons, c’est-à-dire avec l’année solaire vraie, sur laquelle elles sont calculées2.
De cet état de concordance idéale que nous devons rechercher aussi entre le vieux calendrier égyptien et la vieille année normale commençant au 19 juillet, nous nous rapprochons d’autant plus que nous remontons plus haut dans le calcul du temps. En l’an 2781, au commencement de la 2e période Sothiaque, le 19 juillet tomba au 26 juin grégorien, c’est-à-dire en un jour où le Nil montait déjà depuis quelque temps; en l’an 4241, au contraire, le 19 juillet correspond au
1. D’après Brugsch, Thésaurus, II, p. 334. Voir aussi Ba'deker, Æ(] ypten, t. V, p. lxxii, où la présentation des crieurs du Nil est indiquée seulement, un jour plus tard. Steindorlî m’écrit : « Dans le calendrier copte» et pour l’année copte 1617 (19U0-1901), la «fête» lêlat ennukta, nuitde la gouttejest fixée au soir du 17 juin (11 I’ayni). » C’est la date grégorienne du XIX1' siècle, qui se trouve naturellement de même dans B;edeker.
2. Comme elles reposent sur le calendrier copte alexandrin, elles s’écartent maintenant de la véritable année solaire de la même façon qu’elles s’écartaient autrefois de l’année de Sirius. Quand la dilîérence devient assez grande pour amener un état incompréhensible, il faut procéder à une remise au point, telle que le calendrier copte puisse être en usage encore aujourd'hui.
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15 juin grég.1, et tomba donc trois jours plus tôt qu’on ne fête maintenant la nuit de la Goutte.
Les dates pour les travaux des champs nous amènent aux mêmes constatations.
Pour l’ensemble de la culture d’hiver (ce sont les champs Rat, qui n’ont pas besoin d’irrigation artificielle, — terrain avant tout de froment, d’orge, de trèfle, de fèveroles), culture normale de l’ancienne Égypte, l’ensemencement se fait «immédiatement après le retrait des eaux; dans la Haute Égypte, dès le milieu d’octobre ; dans la Moyenne Égypte (de Siout au Caire), au commencement de novembre ; dans le Delta, vers la fin de décembre ». « On peut fixer partout à quatre mois la période qui va des semailles à la fin de la moisson. La moisson 2 tombe par conséquent, dans la Haute Égypte, vers le milieu de février; dans la Moyenne Égypte, vers le milieu de mars, et dans le Delta, vers la fin d’avril3. » C’est à ces dates que correspond la place des saisons de l’année normale égyptienne, c’est-àdire de l’année que le calendrier voulait, mais ne pouvait pas représenter et à laquelle correspondent les noms des saisons et leur commencement avec le lever de Sirius. La coïncidence n’est plus exacte au temps des Grecs et des Romains, comme les dates juliennes l’indiquent; mais elle l’est, dans les meilleures conditions, en l’an 4241 av. J.-C.
En cette année-là, nous voyons tomber :
1° La saison IlM de l’inondation (cal. j u 1 . , du 19 juillet
jusqu’au 15 novembre) du 15 juin (grég.) jusqu’au 12 octobre.
2° La saison d’hiver ou des semailles (cal. jul., du