‹ Chronologie égyptienneChapitre 45 sur 179 · L. 8 : Le vizir vint, etc. — Suit la nomenclature des · texte numérisé non relu

L. 8 : Le vizir vint, etc. — Suit la nomenclature des

a régné vers 1958-1916 av. J.-C. : la Ire dynastie commence vers 2060 ; le royaume de Sumer et Akkad au plus tôt vers 2350 ; Sargon au plus tôt vers 2550 av. J.-C. ; aucun monument historique trouvé en Habylonic ne remonte plus haut que 3000 av. J.-C. Ainsi l’histoire babylonienne serait encore, par rapport à l’histoire d’Égypte, de quelques siècles plus jeune que nous ne le pensions jusqu’ici.

1. Publiée par Mariette, La Stèle de l'an 4U0, dans la Reçue archéologique, nouv. série, XI, 1865, p. 169 sqq. et pl. IV. Cf. la planche CCCLXXXl de Lanzone, D izionaria di mitologia eghia.

2. Les titres sont à la 1. 8; son père Phra'raeses a revêtu les mêmes charges (1. 10).

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titres de Sétlii et de ses parents, et ensuite]. 11. et suivantes, une prière à Seth, dont la dernière partie est détruite.

Personne n’est encore arrivé à donner à ces phrases un sens raisonnable. Qui sont « les pères » du roi, qui est «le père de ses pères», qu’est-ce que son père Sétlii Ier vient faire là, lui que la ligne 6 intitule comme un souverain vivant et non comme un souverain mort, tout cela n’est pas clair. Que signifie aussi l’arrivée du vizir (à Tanis)? On pourrait supposer qu’il aurait reçu du roi l’ordre d’ériger ledit monument à Tanis, c’est-à-dire une sorte de table des ancêtres, comme celles d’Abydos et de Karnak ;à cette occasion il aurait adressé au dieu Seth de Tanis une prière éternisée dans cette stèle. Si c’est sa pensée, il l’a exprimée d’une façon bien surprenante, et la mention du roi Sétlii Ier n’en reste pas moins une énigme.

Mais la plus grande singularité de la stèle, c’est la manière de dater non d’après les années du roi régnant, mais d’après la 400e année du roi Noubti, qui porte la titulature d’un souverain régnant. On admet communément aujourd’hui que ce roi ^

ne serait pas un souverain terrestre, mais le dieu Seth, qui, sous son surnom Noubti, « celui d’Ombos », avait régné dans la dynastie des dieux'. Mais je ne puis tenir cette explication pour exacte. Un contemporain de Ramsès II a-t-il pu croire que le dieu Seth, meurtrier et successeur d’Osiris dans la première dynastie des dieux, avait régné sur terre 400 ans auparavant, au milieu de rois humains, qui, au su de chacun, régnaient depuis des milliers d’années? Il est impossible d’y penser1 2; quant à prêter au mot , qui partout ailleurs

1. La façon de dater du texte d’Horus à Edfou « l’an 363 du roi Re‘ Harmachis, éternellement vivant », que l’on ne manque pas de citer en parallèle, ne veut pas dire grand’chose. Car il s’agit là du récit d’une guerre qui s’est passée en réalité au temps des dieux et non pas d’un événement présent.

2. Je ne puis comprendre comment Sethe ( Beitr . zur altesten Gcscli.

signifie « an », le sens de « période d’année » ou « siècle », cela n’est pas moins impossible, surtout que le mot s’accompagne de la notation du mois et du jour. Il ne peut ôtteîion plus question d’une manière de dater précise, comme celle qui utilise les années de règne. Nous avons donc réellement ici' uné ère, qui a dû être en usage à Tanis, peutêtre seulement pour des cas particuliers, tels que le culte de Seth. Et ici 'je dois faire remarquer de nouveau qu’une ère de Tanis apparaît dans l’Ancien Testament {Nombres, ch. xili, v.,‘23) dans le récit jahviste de la découverte de la terre promise, où il est dit qiTHébron fut bâtie sept ans avant Zo'an (Tanis) en Égypte ( Hébron septem annos ante TarUm urbem Aegypti condita est).

Ce Noubti, qui, montant sur le trône, prend un nom formé du nom et de l’épithète ordinaire de Seth, fait songer immédiatement aux Hyksos, adorateurs de Seth. Telle est l’explication la plus ancienne et la plus naturelle. Et je ne sache pas ce qu’on pourrait objecter à ceci: il y aurait eu un, roi Hyksos .Noubti, lequel inaugura une ère qui a subsisté à Tanis. Mais si le roi doit absolument être le dieu Seth, la même explication peut nous suffire. Le règne de 67 ans de Ramsès JJ tombe dans la première moitié du XIIIe siècle. En admettant que l’inscription date du milieu de son règne, vers 1270, alors l’ëre commencerait en 1670, c’est-à-dire au commencement du temps des Hyksos. Si elle porte le nom du dieu Seth, nous devons admettre que c’est une ère de temple, que l’on pourrait rattacher à l’introduction ou du moins à la fondation du culte de Seth à Tanis par les Hyksos et peut-être- à la construction du temple de ce dieu.

■ f'bjjiptens ( Untcrs ., III), p. 00) a pu émettre cette opinion : « La 100” année de règne de ce dieu... devait, suivant une façon de raisonner.qui nous .échappe, tomber au temps de Ramsès II. »

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