NEW-YORK
VStat de New-York est situe entre les 4o« Zo' et le 45« de latitude nord , et entre le 5^ de longitude est et le a» \y de longitude ouest de Washington.
Cet Etat embrasse une superficie de 469085 milles 1/2 carrés. Population en i83o, 1,913,006 habitants ; en 1840, 2,4^8 ,9*21 habitants.
Indiens. La nation mohawk (i) nommée Iroquois par les Français, Maquas par les Anglais et les Hollandais , était divisée primitivement en cinq tribus, savoir : les Mohawks, Oneidasj Onondagas^ Cayugas et Sénécas. Les Tuscaroras^ après avoir été défaits, en 1 7 1 1 , par les habitants blancs de la Caroline du Nord , furent obligés d'abandonner leur pays ; et ayant été adoptés, l'année suivante, par les Mohawks, Us formèrent une sixième nation.
Les Scatakook^ ou Indiens de la rivière de la Nouvelle-^ Angleterre , qui avaient aussi' abandonné leur pays pendant
(i) Parmi les Indiens du midi, les Mohawks étaient connus sous le nom de Massawomaks,
T* XYIIl^ t
3 » CHHOUOLOGIE HS^TORIQUE
la gaerre du chef indien Philippe^ en 1676, troaTèrent un asile chez les Mobawks et furent incorporés dans leurs tribus.
Les Mohawks étaient de taille moyenne, mais bien proportionnés. Ils avaient les yeux noirs et le teint basané. Les femmes portaient les cheveux longs at attachés sur le dos ; les hommes les laissaient croître d un côté seulement ou des deux côtés, excepté une mèche courte qui s'étendait du sommet de la tète jusqu'à la nuque. Ils se peignaient le visage de rouge , de bleu ou d'autres couleurs. Les deux sexes ne cachaient leur nudité qu'après l'âge de 10 à 12 ans. En hiver, ils se couvraient de peaux d'animaux sauvages.
Les femmes , aussitôt leur accouchement , se baignaient avec leur enfant, même en hiver, dans un courant d'eau vive ou se roulaient dans la neige , et elles se livraient immédiatement à leurs travaux journaliers. Elles se chargeaient de tous les ouvrages domestiques. Les hommes s'occupaient de chasse , de pêche ou de guerre. Tous dormaient sur des nattes ou des peaux de bétes avec une pierre ou morceau de bois pour oreiller.
Leurs cabanes étaient faites de jeunes arbres dont le gros bout était fiché en terre ; on réunissait ces arbres au sommet au moyen de ligaments provenant des racines, Ae& plantes ou de l'écorce même des arbres.
Leurs canots , qui étaient faits de troncs d'arbres creusés, pouvaient contenir 10 à 12 personnes.
Ils avaient pour armes un aix: , des flèches et une hache en pierre.
Ils cultivaient le mais dont ils faisaient des gâteaux en Féerasant entre deux pierres et le faisant cuire sous la cendre.
En 1677, les Mohawks comptaient i,25o guerriers, savoir: Mohai^ks , 3oo ; Oneidas , 200 ; Onondagas, 35o ; Gayugas, 3oo ; Sén^as, 1,000 ; total, i,25o. On a évalué leur population à environ 7,206 individus (i).
En 1721 , la nation mohawk comptait i,48o guerriers, savoir : les Sépécas, 700 ; les Onondagas, 25o ; les Oneidas, 200 \ les Mohawks, 160 ; les Gayugas, i3o; lesScatakooks,4o.
Les Mohawks, autrefois les pilus nombreux et les plus renommés parmi les Indiens , occupaient le pays arrose par la rivière du même nom, affluent de l'Hudson. Ils possédaient deux châteaux^ dont l'un était situé à environ 4o milles au snd*oaest d'Albany ; l'autre à 25 milles plus loin.
(i) Chalmers' Annals, I, ch. 19. London, 1780.
M L^MÉRIQTJE. 3
Les Oneîdas demeuraient à la distance de 80 milles du second châteaa des Mohawks; les Onondagas,à 25 milles des Oneidas ; les Cayngas j à 70 au-delà des Onondagas ;, les Sënëcas , à environ 80 milles des Cayngas, dans l'intériear du pays et à 3^3 milles de la ville d'Albany.
A cette époque , les Mohawks étaient alliés avec les autorités de la province de New -York, et jouissaient de la protection du gouvernement britannique. Ils faisaient un commerce considérable avec les trafiquants de cette nation en pelleteries et en fourrures (i).
Dans V Histoire de Long-Islandj l'auteur (2) donne les noms et la résidence de treize tribus (3) qui l'habitaient à l'époque de sa découverte par les Hollandais.
Les Montauks, quoique plus nombreux que les autres, furent vaincus par les Péquots auxquels ils payèrent annuellement un tribut jusqu'à l'année 1637, qu'ils devinrent sujets et tributaires de l'Angleterre. Ces naturels parlaient une langue qui différait peu de celle des Narragansetts.
Sampson Occom, Indien , naquit dans le Connecticut en 1723. A l'âge de seize ans , il fut reçu par le révérend M* Wheelock dans son école de Lebanon , où il resta quatre ans. Vers l'année 1755, il ouvrit une école à Montauk, pour l'éducation des enfants de cette tribu, et y demeura dix ans. En 1 759, le presbytère de Suffolk lui conféra les ordres , et il fut envoyé comme missionnaire chez les Oneidas. Il s'embarqua^ avec M. Whittaker, pour l'Angleterre -, et, pendant les années 1766 et 1767, il prêcha dans différentes villes de ce pays, devant un nombreux auditoire.
Etant retourné aux Etats-Unis, il se fixa avec les Indiens Stockbridge, a Brothertown, dans le pays des Oneidas^ où il mourut en 1792.
Un autre Indien, Paul Ci^^ee^ prêcha parmi les Montauks et les Shinecocks , et mourut en 16 12. Il fut honoré de l'inscription suivante, gravée sur sa tombe qui se trouve prés de Canœ-Place : « Elevée par les missionnaires de la société de » New-York, en mémoire du révéï'end Paul Cuffee? natif delà
(i) Hist. colL ofUfassachusetts, VII> a* série, p. !i43-5.
(a) History ofLong-Uland, by B. F. Thompson. New-York, iSSg.
(3) I* Montauk. ; a» Canarsee ; 3<> Bockaway ; 4^ Merric ou Mericokè ; 50 Massapequa ou Marsaoeague ; 6» Matinecock ; 70 Nesaqaakef 80 Seatalcotou Setauket; 90 Corchaug; 100 Manhasset; 110 Secatogne; ia<> Patchogaei i3<» Shinecock.
» tribu de Shinecock , qui fut employé par cette société, pen- » dant les treize dernières années de sa vie, dans la partie » orientale de Long-Island, où il travailla avec fidélité et n succès )»(l)*
Selon de Laet, les Aqarnachuques habitaient sur les bords de la baie de Manbattes {Manhattan), Les Manhattes ou Manathams occupaient la rive droite ou orientale du fleuve de ce nom. Cette nation était cruelle et surtout ennemie des Hollandais. Les Sanhikani , plus civilisés et en guerre avec les Manhattes, demeuraient sur la rive gauche. Vis-à-vis les Manathanea se trouvaient les Machkentiwomi ; et au détour du fleuve, du même côté, les Tappaanes. A l'endroit nommé Visschers Rock, ou détroit des pêcheurs, sur la rive orien-^ taie, demeuraient les Pachami; et plus haut, dans un espace où le fleuve se rétrécit, et vulgairement appelé £'50/71/5, étaient les PFaoranekjr ,• sur Tautre rivage , les FTaranawancougy; derrière Tîle des Ours, devant une petite baie, nommée le Fieil-Havrej sur la rive droite , demeuraient les Manhikani ; sur la rive gauche , près le fort Orange , les Mackwasiosj ennemis mortels de ces derniers, qui se trouvaient vis-à-vis d'eux (2).
A répoque de rétablissement des Français dans le Canada, en i6o3, les Mohawks , qui occupaient le pays où la ville de Montréal fut ensuite établie, se trouvaient en guerre avec les Adirondacks. Ces derniers , qui comptaient i ,5oo guerriers , demeuraient à environ 3oo milles au-dessus des Trois-Ri^ vières. Les premiers cultivaient le maïs ; les autres s'adonnaient à la chasse et méprisaient ces cultivateurs, dont l'occupation , disaient-ils , n'était convenable que pour des femmes.
Une guerre éclata entre ces deux peuples, et les Mohawks, ayant été vaincus , furent obligés de quitter leur pays et de se retirer aux bords des lacs où ils se fixèrent ensuite. Honteux de leur défaite, et encouragés par leurs sachems, ils apprirent le métier des armes , et, pour s'y exercer, ils attaquèrent les Satanas (3), qui habitaient près des mêmes eaux, les défirent et les forcèrent à se retirer. Les vainqueurs , enhardis par ce succès, marchèrent contre les Adirondacks ; et.
(1) Histoire de Long-Island, déjà citée.
(2) De Laet> Novus orbis, lib. III, cap. 9.
(3) Nommés Shaouonons par les Français. Cette peuplade se retira vers les bords du Missis^ipi.
après plusieurs combats, les chassèrent de leur pays. Ceax-cî se retu'èrent dans celui où la ville de Quiébec fat ensuite bâtie. Des Français, s'y étant établis , fîrent.alliance avec ces Indiens , et les aidèrent dans leurs attaques contre les Mohawks sur les bords du lac Corlar (4). Effrayés de TefFet des armes à feu , ces derniers se retiraient avec perte , et , dans leur retraite, livraient plusieurs combats sanglants.
Les Mohawks usèrent alors de stratagème pour empêcher les Français d'agir contre eux pendant qu'ils attaqueraient une autre peuplade nommée Quatoghies. Ayant accepté l'offre du gouverneur français de recevoir une députation de quelques prêtres jésuites, les Mohawks les retini-ent en otages, et par ce moyen obligèrent les Français de rester neutres pendant qu'euxmêmes attaquèrent avec succès la tribu des Quatoghies, à deux lieues de Québec, et la dispersèrent vers le sud-ouest. D'autres Indiens, frappés d'une terreur panique, s'enfuirent également. Les Utawa^as prirent la même direction. Les Nipeceri" nienSj qui occupaient les bords du Saint -Laurent, se dirigèrent vers le nord.
Bientôt après, les guerriers mohawks, au nombre de i,ooo ou 1 ,200 , attaquèrent les Adirondacks et remportèrent sur eux une victoire complète sur les bords de la rivière Nicolet et à PF'abmakej à trois lieues au-<lessus des Trois-Rivières. Ceux qui survécurent à cette défaite, entièrement découragés, s'établirent dans quelques villages près de Québec.
Les Quatoghies fréquentèrent cette ville pour y acheter des articles européens. Les Mohawks, ayant été informés du lieu où ils s'étaient retirés, les poursuivirent jusqu'au grand fort des Putewatemie où les fuyards trouvèrent un asile, ainsi que les nations vobines. Les Mohawks, faute de provbions, ne pouvant assiéger ce fort, proposèrent un traité qui fut accepté et d'après lequel les Putewatemie, reconnaissant les Mohawks comme maîtres de toutes les nations environnantes , leur garantissaient leur amitié , et s'engageaient à leur fournir des provisions. Toutefois, ce traité notait qu'une trahison, car tous les vivres fournis étaient empoisonnés. Heureusement, les Mohawks en furent avertis par un vieux quatoghie dont le fils se trouvait parmi eux comme prisonnier. Ne pouvant se venger, les assiégeants se divisèrent en bandes pour aller à la chasse, et l'une
(i) Nommé d'après un Hollandais qui s'était établi parmi les Indiens de Skenectady. Ce lac prit ensuite le nom de Champlaio, goayemeor du Canada.
d^elies, étant tombée sur un yillage des Chicktagliles, emmena captifs les vieillards, les femmes et les enfants ; mais, étant vivement poursuivie par ies guerriers de plusieurs villages , elle fut obligée de relâcher ses prisonniers. Geux-oi, effrayés du danger qu'ils avaient couru, abandonnèrent leurs demeures pour se retirer vers l'ouest, et n'y revinrent qu'à Tépoque de la paix avec les Français (i).
Chacune des cinq nations composant le peuple iroquois était gouvernée par ses propres lois, mais elles étaient unies entre elles par une ligue ou confédération qui ressemblait à celle des Provinces-Unies. Chaque nation se composait de trois tribus ou familles, qui se distinguaient par leurs différentes qualifications , savoir : la tortue , le loup , et Tours , dont se servaient les sachems quand ils signaient quelque document public.
Les sachems ou vieillards qui avaient la direction des affaires publiques de la nation étaient choisis à cause de leur sagesse et de leur intégrité, ainsi que le chef ou capitaine. Ces dignitaires étaient les plus pauvres de leur tribu, par leur coutume de distribuer les présents et les prises qui leur revenaient de leurs butins ou de leurs négociations. Chaquç nation était une république absolue : les fonctionnaires n'avaientaucun salaire. Les emplois étaient donnés à ceux qui en paraissaient les plus dignes , de même qu'une mauvaise action suffisait pour les faire perdre.
Les Mohawks se croyaient supérieurs à tous les autres peuples, comme le prouve leur nom de ongue^honwe^ ou hommes qui surpassent tous les autres. Toutes les tribus des Indiens voisins étaient soumises à leur autorité et leur payaient un tribut annuel de 'wampum (2) , qu'ils exigeaient non pas à cause de sa valeur, mais comme une marque glorieuse de leur supériorité.
Les affaires de la nation entière étaient discutées dans une assemblée générale, ou convention de sachems ^ qui se tenait ordinairement à Onondaga (3), ville située au centre de leur pay^. Quand ils voulaient s'entendre avec les colons anglais, les chefs se rendaient à Albany.
Afin d'augmenter leur population, les Mohawks suivaient
(i| Coldens' historjr ofthe Five nations, etc. , ch. i. London, 1747.
(3) Monnaie des Indiens , qui consistait en morceaux de coqpiiles rondes et enfilées. ,
(3) Située dans l'Etat de New-York, à i34 milles à l'ouest d' Albany. Population en i83o, 5,668 individus.
DE l'ahérique 7
la contame des Romains, encourageant les peuples des autres nations à s'incorporer avec eux. Les Tuscaix>ras, déjà men«tionnés, furent ainsi adoptes, de même que les Cowetas ou Creeks, Après leurs victoires, quand ils avaient satisfait leur soif de vengeance par la torture ou la mort de quelques-uns des prisonniers, ils traitaient le reste en allies. Comme aucune espèce de servitude n'était permise dans leur territoire, les captifs étaient naturalisés parmi leurs familles par un acte d'adoption.
Les jeunes gens qui voulaient acquérir de la réputation par quelque action d'éclat contre l'ennemi , préparaient un festin de chair de chien, et tous ceux qui y participaient étaient considérés comme devant faire partie de l'entreprise. La veille de leur départ, une autre grande fête avait lieu, à laquelle on invitait les guerriers les plus distingués.
Ceux-ci prenaient leur place assis sur deux rangs, leur figure peinte d'une manière horrible. Chacun à son tour se glorifiait en chantant ses exploits et ceux de ses ancêtres. De tems en tems, tous se joignaient en choeur pour applaudir les actes les plus remarquables. C'est ainsi qu ils savaient inspi* rer et entretenir l'enthousiasme guerrier.
Après avoir passé la nuit de cette maniè^, ils s'habillaient de leurs plus beaux vêtements, et commençaient leur marche dans le plus profond silence à une distance de trois ou quatre milles, avec leurs femmes qui portaient leurs vieux haoillements : ils les échangeaient contre des neufs qu'elles remportaient chez elles. Les guerriers voyageaient en canots, et avant de s'embarquer, ils arrachaient une partie de l'écoroé d'un vieil arbre, ordinairement un chêne, et sur la surtaoé polie ils dessinaient, avec de la craie rouge, la figure d'un ou de plusieurs canots, avec le nombre d nommes composant l'expédition. Ils peignaient aussi à la proue du canot Quelque animal qui indiquait la nation à laquelle ils faisaient la guerre. A leur retour, ils s'arrêtaient à la même place pour représenter, sur un autre arbre, le nombre des ennemis tués, ainsi que celui des prisonniers. Ils désignaient les premiers par des chevelures peintes en noir ; les derniers, par une espèce de crimaillons (i). Leurs chants de guerre et ces arbres étaient leurs annales.
Dans leurs incursions contre les Indiens de la Nouvelle- Angleterre, ils se divisaient en plusieurs bandes de quatre
(0 En anglais, pot-hooU^ anses de pot.
ou cinq p;aerriers et se plaçaient en embuscade poar surprendre les individus isoles et les tuer. Après ayoir dépouillé les cadavres, ils les scalpaient et enlevaient, la chevelure qu'ils séchaient dans la cendre chaude et portaient chez eux comme un trophée.
En 1670, une jeune fille de i4 ans fut surprise par les MohawLs dans les bois, près de Naamkeck ou Wamusit^ au nord du fleuve de Merrimack. Us lui enlevèi*ent la chevelure et lui fracassèrent le â^âne. On la transporta chez le lieutenant Thomas Hunckman et ensuite chez une femme habile, nommée good-wi/e ou bonne femme, Brooks^ qui demeurait à TVoburn , où elle fut parfaitement guéne ; mais les cheveux ne repoussèrent jamais. Xa frayeur qu'inspirèrent les MohawLs était telle, que cinq ou six d'entre eux suffisaient pour mettre en fuite un grand nombre d'Indiens des autre» nations.
En tems de paix, les villages des Mohawks étaient sans défense : en tems de guerre , ils étaient entourés de palissades sans bastions. Leurs instruments de guerre, en dernier lieu, étaient des haches et de longs couteaux très-eifilés.
Les Mohawks étaient remarquablement hospitaliers.. Les plus grandes attentions étaient réservées pour ceux qui venaient d'une grande distance. Les plus jolies filles leur étaient présentées pour remplir près d'eux les devoirs de la femme la plus dévouée.
Ce peuple se vantait de manger toute espèce de mets sans distinction, ours, chiens, chats, crapauds, etc.; disant qu'il fallait être efféminé pour se montrer délicat dans le choix des aliments.
Dans le mariage, quand l'un des deux partis était fatigué de ce lien, les époux se séparaient sans honte ni mauvais traitement, à moins que ce ne fût pour cause de mauvaise conduite. Les en£sints suivaient la mère. Comme tous étaient presque égaux sous le rapport des richesses et du pouvoir, la polygamie était rare parmi eux.
jy ayant pas de serrures, les portes des cabanes n'étant point fermées, les vols étaient regardés comme infâmes.
Après leurs relations avec les blancs, les Mohawks s'adonnèrent à l'ivrognerie. Ce vice les dépeupla plus que ne l'avaient fait leurs guerres et leurs maladies.
Les cérémonies de leurs funérailles semblaient indiquer la croyance d'une autre vie. Ils plaçaient le corps du défunt assis ou debout dans un creux en terre : ils y mettaient du
wampumeï d'antres articles prëcîeax; et après avoir reconvert cette fosse de branches, ils amoncelaient dessus une masse de terre de forme ronde. Les parents y venaient souvent pour pleurer la perte de leurs proches.
Les Mohavrks étaient très-superstitienx. Ils consultaient les présages, les songes et particulièrement le cri du hibou.
Les cinq nations avaient le même langage, quoique le dialecte des Mohawkset des Sénëcas fût un peu différent des trois autres.
Un Indien converti a fourni beaucoup de renseignements concernant les Indiens Montauksj de Vile Longue {Long- Island) (i).
Mariage. Les Indiens avaient quatre différentes manières de célébrer le mariage : i"* A la naissance des enfants, ou bientôt après, leur mariage était arrangé par les parents. Si le père était mort à l'époque de la célébration, la mère le remplaçait pour cette cérémonie ; et si tous les deux n'existaient plus, elle était célébrée par un proche parent ou ami. 2® 11 arrivait très-souvent que les époux ne se voyaient qu'au moment de leur union. Le jeune homme était assis sur un banc élevé dans un wig'wam ou cabane. Le plus proche parent ou ami conduisait par la main la jeune fille et la plaçait près de son fiancé : un plat était immédiatement apporté et ils le mangeaient ensemble. 3"* Les jeunes gens pouvaient se marier par consentement mutuel en avertissant les parents, qui s'empressaient de leur donner une fête. Quelquefois la temme, en contractant le mariage, fesait un gâteau cuit dans la cendre, le plaçait devant son futur, qui, en l'acceptant, s'engageait à vivre avec elle.
Baptême, En donnant des noms à leurs enfants, ces Indiens se livraient aux danses et aux jeux. Quelquefois plusieurs familles se réunissaient pour cet objet et invitaient les Indiens d'autres villages à y assister. Des présents et des liqueurs étaient distribués à chaque personne, qui, en les recevant , se levait et prononçait trois fois le nom de l'enfant.
Culte. Ces Indiens connaissaient un grand nombre de divinités. Chacune des quatre parties de la terre était gouvernée par un Dieu, ainsi que les quatre saisons de l'année. La mer, le vent , le feu, le wig^vam, le maïs et chaque espèce de légume étaient sous l'influence d'une divinité. Mais ils
(i) La pointe orientale de cette Ue a pri* le nom de ees Indiens.
lO CHRONOLOGIE HISTORIQUE
reconnaissaient an être sapérieur nommé Cauhluntoowut:, qui était doué d'un pouvoir sans bornes. Ils croyaient aussi à un grand Dieu du mal qu'ils nommaient Mutcheshesun^ netooh. Ils ofiBraient des sacrifices à ces divinités, et s'adressaient à elles dans les cas difficiles. Us consultaient leurs images comme des oracles, et les powwaas^ ou sorciers, prétendaient qu'ils possédaient l'art de la divination du démon lui-même qui leur apparaissait sous différentes formes ou dans des songes et des visions.
Funérailles, Us nettoyaient leurs morts, les paraient de toutes sortes d'ornements et peignaient leur figure de diffé^ rentes couleurs. Cette cérémonie se fesait avec accompagne*ment de grands cris et gémissements, qui se renouvelaient au moment de l'enterrement, et particulièrement de la part des femmes. Ib enterraient avec le corps du défunt tout ce qui lui avait appartenu , et ils détruisaient son wgwam. Ils portaient ordinairement le deuil pendant un an : les femmes le manifestaient en se peignant la figm^e de charbon de tezxe mêlé de graisse ; elles cessaient de chanter et de danser, et ne voulaient pas prononcer le nom du défunt ni soaffi*ir qu'il iét prononcé, jusqu'à ce que quelque parent voulut bien le porter. En quittant le deuil , ces Indiens fesaient ordinairement une grande fête.
Croyances religieuses. Les Montauks croyaient que l'âme, séparée du corps, fesait un grand voyage vers l'ouest, et s'ar*» ré tait dans un lieu où ceux qui se sont bien conduits dans ce monde se livrent aux plaisirs de la danse et du chant , en présence de leur Sawwomiuntoh ou Dieu de V ouest ^ dont ils reçoivent le maïs, les fèves et d'autres légumes. Us pensent que les méchants vont au même endroit, mais pour être employés à quelques travaux rudes ou impossibles , comme verser de l'eau dans un tamis, ou faire un canot avec une pierre ronde.
Dans l'année 174^9 il y eut une grande réforme parmi ces Indiens. Us renoncèrent à leur idolâtrie et à leur» superstitions; plusieurs devinrent de vrais chrétiens et apprirent à lire, à écrire et à calculer, sous la direction des missionnaires (i).
Les Mohawks étendirent leurs conquêtes vers le midi en soumettant de nombreuses peuplades ; les Eries , Ottawas , Hurons, Ulinois, Miamis, Algonquins, Shawanees et Lenni^
(1) Yoy. Biatorical Collections ofMassachusetts^ V0I.X. An aceouni ofthe Montauk Indians on long-Islandy by Rev.'Sampson Occum, an imUan oftht Mohea^wt iribe»
]>£ L'aMÉRIQUE. II
Lennapes , les obligeant à reconnaître leur autorité par un tribat annuel. Toajoars engagés dans les gaerres entre les Français et les Anglais et, plus tard, poor ces derniers contre les colons américains, ils ont va leur nombre tellement diminuer que quelques tribus sont aujourd'hui totalement éteintes.
£n 1822 , le nombre des Mobawks, dans l'Etat de New- York , s'élevait seulement à 5,iS4 individus^ y compris le reste de quelques autres tribus (i).
D'après un traité conclu, en 1887, entre le gouvernement des Etats-Unis et; les Indiens de l'Etat de New- York, les Sénécas , Cayugas , Tuscaroras et Onondagas , ceux-ci consentirent à abandonner leur territoire, sous condition de recevoir 1 ,824,000 acres de terres publiques desdits Etats, situées à l'ouest du Missouri , ce qui fesait 820 acres pour chaque individu. Le gouvernement s'engagea en outre à leur accorder 3o,ooo dollars pour l'entretien d'une école ; 20,000 pour la construction de bâtiments et d'enclos, ainsi qu'un revenu annuel de 10,000 dollars, pendant cinq années, pour l'achat d'instruments d'agriculture et d'animaux domestiques. Cette concession a 106 milles de longueur et 27 de largeur. Le pays est arrosé par le petit Osage, le Marmaten et plusieurs autres cours d'eau.
A la date de ce traité , le nombre des Sénécas s'élevait à 2,5oo individus, des Oneidas à 5oo, et des Onondagas à plus de 4^00.
1524. Premières explorations de la cote. Fojrage de Jean P^errazzano, Ce navigateur, Florentin de naissance , au service de François I^^^ fut employé dans une croisière contre les Espagnols avec une escadre de quatre vaisseaux. Une tempête les ayant dispersés, il résolut d'entreprendre un voyage de découvertes sur un de ces navires.
dans l'espace de 25 jours. Le 20 février, il fut assailli par un ouragan qui mit son navire en grand danger. Continuant sa route pendant 25 autres jours, il fit encore 4oo lieues, et arriva sur la cote américame par la latitude de 34 degrés (2)^
(1] Voy. !>'• Morses' Report to Hie secvetary of statey 182a, p. af et appendix.
(a) Il aborda la côte de la Géorgie. Il y vit des palmiertf et cet arbre ne se trouve pas au nord de cette latitude.
la CHRONOLOGIE HISTORIQUE
où beaucoup de feox firent connaître qu'elle était peuplée. N'osant débarquer avec si peu de inonde , Verraxzano tourna au sud et fît 5o lieues sans trouver d'ancrage ; ce qui l'engagea à diriger sa course , vers le nord, jusqu'à la latitude de 4i degrés 2/3. Là , il découvrit un port qui , d'après la description , était probablement celui de New- York. « Cette terre, dit-il, est située sous la latitude de Rome ; mais le cli« mat est plus froid, ce qui est dû à des causes accidentelles. Le port , ouvert au sud et large d'une demi-lieue , s'étend à 1 2 lieues entre l'est et le nord , et se termine en un golfe qui a environ 20 lieues de tour, et qui renferme cinq petites îles fertiles, agréables et couvertes de beaux arbres. Une escadre peut y mouiller en sûreté (i).
Verrazzano demeura dans ce port environ quinze jours. Il descendit souvent avec quelques bommes de 1 équipage pour se procurer des provisions , et s'avança à la distance de 5 à 6 lieues dans les terres. Les naturels arrivèrent sans crainte, sur leurs canots , pour trafiquer à son bord. La description qu'il a laissée de leur babiilement et de leurs costumes répond à celle qui nous a été donnée , près d'un siècle après, par le capitaine Hudson (2).
Ces Indiens étaient généralement bien faits et très-agiles : leurs yeux étaient noirs et leurs regards pénétrants. Quelcjues cbefs étaient vêtus d'une peau de cerf. Les femmes étaient nues, excepté vers le milieu du corps qui était couvert d'une peau d'animal. Elles portaient des plumes d oiseaux sur la tête, et de petites plaques de cuivre aux oreilles ; les armes des bommes étaient l'arc et les flèches. Leurs cabanes, bâties en bois, étaient rondes, couvertes de nattes et assez grandes pour contenir de i5 à 3o personnes.
Verrazzano quitta ce port le 5 mai, et longea la côte, vers le nord , environ 1 5o lieues. Les provisions commençant à lui manquer , il fit voile pour la France , et arriva à Dieppe, le 8 juillet. Suivant son estime, il avait découvert plus de 700
(1) u La bocca del porto guarda verso mezza di, stretta mezza lega , dipoi entrando in quello , infixi levante et tramontana , si stende leghe dodeci, doue va allar^andosi, et fa un golfo dicircuito di leghe ventiin circa, doue sono cinque îsolette di molta fertilita et vaghezza, piene d'alti, et spatiosi alberi, frà Uquali, ogni grossa armata senza timor di tempesta, o altro impedimenta difortuna; puo starsicura, »
(a). Yoy. l'année 1609.
B£ l'aMÉHIQVE. i3
lieues de la cote américaine, à laquelle il donna le nom de NouvelU^Franct (i).
1609. Voyait de Henri Hudson. Ce navigateur anglais, après avoir fait deux voyages, aux frais d'une Compagnie de négociants de Londres, dfans le but de pénétrer dans 1 Inde, par le nord, passa en Hollande, où la Compagnie des Indes orientales rengagea à faire un nouveau voyage de découvertes. Elle lui accorda, pour cet objet, un petit navire nommé la Demi» Lune^ avec un éqoipage de vingt hommes anglais et hollandais. Parti du Texei, le 6 avril, il chercha encore, par le nordouest , un passage pour gagner l'Inde ; mais , trompé dans son espoir, il se dirigea vers le continent américain , et en aborda la côte , le 17 juillet, ^r la latitude de 44 degrés nord (2). 11 y fut accueilli par six Indiens, montés sur deux canots , qui lui firent comprendre qu'ils trafiquaient avec les Français et que le pays renfermait des mines a'or, d'argent et de cuivre. Il entra dans une rade, et y resta six jours, pour rétablir son mât de misaine et raccommoder ses voiles. Le 25, abusant de l'hospitalité des Indiens qui l'avaient bien accueilli , il fit conâre eux une décharge de mousqueterie, les ' chassa de leurs cabanes, s'empara de leurs biens , prétendant qu'ils auraient agi de même à son égard, »'ils en avaient en le pouvoir. Ces Indiens entretenaient alors un commerce actif avec les Français. Ils avaient appris quelques mots de leur langue et possédaient plusieurs articles de leur manufacture. Quittant cette rade , Hudson fit voile vers le sud et aborda au cap Cod (3), le 6 août. De là, il côtoya vers le sudouest ; et , le 18, arriva à la baie de Chésapeake, à l'entrée de Kings'River^ par la latitude nord de 87^ 26\
Rebroussant chemin , il reconnut, le 28 , la baie nommée ensuite la Délaware; et, le 3 septembre, il jeta l'ancre à Sandy-Hookj par la latitude de 40** 3o^ nord.
Le lendemain, il débarqua pour faire la pèche. Les Indiens vinrent sans crainte lui présenter du maïSj du tab€ic vertj du
(i) Al Chn'stianissimo Re di Francia Francesco Primo. Relatîone di Giovanni da Verrazzano Fiorentino délia terra per luiscoperta in nome di sua maestà, scritta in Dieppa adi 8. Lu^lio. M.D.XXIIII. Bamusio. Délie navigationi, etc., vol. III. In Yenetia, 1606.
(a) Près du lieu oùeit actueUement située la ville de Portk|p> dans l*£tat du Maine.
(3) Ce port avait été découyertpar Bartholemew Gosoold en 1 60a. Latitude ^^** 4' nord.
l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
chambre et des fruits secs (i). Us étaient vétns de peaux de daims bien préparées , de fourrures et de manteaux de plu^ mes* Ils portaient des colliers de cuivre et fesaient usage de pipes à tabac du même métal.
Le 6 septembre, Hudson expédia le contre-maître et quatre marins, dans la cbaloupe, pour explorer labaie, et il reconnut l'entrée d'un courant profond, qui était sans doute le Détroit j, nommé en anglais canal des Narrowsj qui sépare les iles Long etStaten. En revenant au navire, ces marins furent atta« qués parles naturels armés de flèches, qui en tuèrent un et en blessèrent deux autres.
Le la , Hudson entra dans le fleuve de son nom ^ qu'il re* monta à i44 milles de son embouchure. A différents endroits, les Indiens apportaient des peaux de castors et de loutres qu'ils échangeaient contre des haches, des couteaux et autres articles de peu de valeur.
Trouvant que le fleuve avait peu de profondeur , le capi* taine expédia le contre-maître , avec quatre hommes, dans la chaloupe , pour le reconnaître. Celui-ci s'avança jusqu'à huit ou neuf lieues plus haut (2), et, ne trouvant que sept pieds d'eau, il revint au navire.
Le a3 septembre, Hudson remit à la voile pour redescendre le fleuve. Pendant ce trajet, les Indiens des deux rives (3) lui montrèrent la même disposition pacifique , jusqu'au-dessous des hautes terres (4)7 où ceux du bord occidental firent une tentative pour s'emparer du navire. S'en étant approchés 4ans plusieurs canots, ils lancèrent une grêle de flèches contre l'équipage, mais sans blesser personne. Le i*' et le 2 octobre, 00 fit quelques décharges de mousqueterie contre eux , qui leur tuèrent dix ou douze individus.-
. Le 4? Hudson sortit du fleuve auquel il donna le nom de Grande-Rivière des Montagnes (5). Sans s'arrêter, il fit voile
(1) En anglais, dried currants [Ribes) ; probablement le fruit d'une espèce de vaccinium ou myrtille qui y abondait.
(3) Près du village indien de Skenect€idea , où la ville d'Albany fut ensuite établie. Latitude, 4^0 38' nord. Longitude, 760 5' ouest de Paris. Bowditch.
(3) Les Indiens qui occupaient le bord occidental du fleuve, depuis son end^ucbure jusqu'aux montagnes de Kaats^Kill, étaient connus sous ieirom de Sankinani, Ceux de l'autre bord se nommaient Mahi" caans,
(4) En anglais, Highlands,
(5) Ce fleuve fut nommé Cohohatatea par les Iroquois : il prit le
DE L'AMÉRIQUE. t5
poar l'Angleterre; et, le 7 noyembre suivant, aborda à la c6te de Dévonshke (i).
1610, Après le retom* da capitaine Hadson, quelques négociants d'Amsterdam expédièrent, au commencement de 1610 , un navire cbargë d'une pacotille d'objets divers propres à faire du négoce avec les naturels du pays qui avait été reconnu par ce navigateur. Le résultat de cette expédition fut favorable et attira de ce côté Tattention du commerce (a).
Selon quelques auteurs (3), Hudson vendit aux Hollandais ses droits au pays qu'il yenait de découvrir ; mais sans citer aucun contrat de vente ou d'acquisition £ait avec les aborigènes , véritables propriétaires de cette côte, qui avait été visitée antérieurement par les Français et par les Anglais. On ne sait pourquoi ce navigateur quitta le service des Hollandais. L année suivante (i 610], il passa en Angleterre , s'embarqua sur la Tamise, afin de continuer ses découvertes, pour le compte de quelques particuliers, et périt dans ce voyage près des côtes du Groenland.
i6i4« Le 27 mars, par un édit de cette date, les État»-Généraux de Hollande accordèrent, à ceux c[ui avaient découvert le fleuve Hudson, le commerce exclusif de ce pays , pour quatre voyages successifs.
Cette même année , deux navires , l'un commandé par AdriaanBlokj l'autre par Hendrik Ckristiaansj partirent d'Amsterdam et arrivèrent à Manhattan. Le navire du pr^ mier ayant été bràlé par accident, il construisit un yacht avec lequel il explora les côtes. Passant par Helle^Gaat (4), il se dirigea vers les côtes du pays que Hudson avait nommé la Nouvelle-Hollande (5), où il rencontra l'autre capitaine ; et , après avoir reconnu les îles et les rades , ils retournèrent à l'embouchure de la Grande-Rivière (6).
En l'honneur de ces explorateurs, leurs noms furent donnés
nom de Rwièredu Nord, poar le distinguer de la Rivière du Sud oa de Bélaware.
(1) Voy. Purchas' his. Pilgrim, vol. III, book III, ch. 16.
(a) De Laet, iVbfiis wbisy lib. III, cap. 7 et 8. Charlevoix^ Nouvelle- France, I, liv. 4.
(3) Blome, English America.
(4) Nommé entuite Long-Tsland-Sound.
(5) Le cap Cod,
(6) VHudson.
i6 CHRONOLOCK HISTORIQUE
à denx îles, Blok (i) et Christiaans^Eylandt. Dans ce t«H jet , ils avaient reconnu une grande baie qa'ils nommèrent Bait de Nassau (2), et la rivière Versche ou fraîclie (3), ainsi que celle de Fan-den^Royenberch (4).
En remontant la Grande-Rivière , à 160 mâles au-dessus de son embouchure, ils rencontrèrent une petite île (5) dans laquelle ils établirent un fort, nommé Aurarda^ avec un comptoir , et ensuite un autre, nommé Orange j presque en face du premier, sur la rive occidentale du fleuve. Christiaans fut nommé commandant du premier, et Jacob Elkens commissaire pour le commerce.
16 14. Expédition du capitaine ArgalL D'après les ordres de Thomas Dale, gouverneur de la Yurginie , Argall fut envoyé pour détruire les établissements français de Port-Royal et de Sainte-Croix, dans TAcadie, que les Anglais réclamaient comme appartenant à la Virginie, A son retour , cet officier aborda à Tembouchure du neuve Hudson, et força les Hollandais à se soumettre à la couronne d'Angleterre, sous l'autorité dudit gouverneur (6).
Selon quelques auteurs anglais , le roi Jacques accorda aux Hollandais , l'année suivante , la permission d'établir un fort sur la pointe sud -ouest de l'île de Manhattan , pour y faire de l'eau en sûreté, dans leur passage au Brésil (7).
1616. Vers cette année, les Hollandais établirent le village A^ÉsopuSj qui prit ensuite le nom de Kingston (8).
16 16- 1620. Établissement, par les mêmes colons, du village de Schenectady ^{cj) sur la rivière de Mohawk, à i5 milles et demi d'Albany.
(i) Nommées ensuite, par les Anglais, Marihas' Vineyard, (3) Baie de Narragansett.
(3) Le Ck>imecticut.
(4) Le Housatonnuck.
(51 Depuis nommée Ile de Dunn, un peu au-dessous de la ville actuelle d'Albany.
(6) Stith, dans son Histoire de la Virginie» place cette expédition en i6i4, Charlevoixen i6i3. Voy. la Nouvelle-France, 1. 1, book III.
(7) SmiM New-York, part. I.
(è) Situé à environ 100 milles au nord de New- York. Population en i83o, 4>i70 habitants.
(^ En langue indienne, Schaunaughtada, gui signifie à travers les j^iw,é>^ y./».,.^^^. ^- ...v,- r»^*.«;i. 1- ^Qjjj intiien ^^ ijgj, ^ ^ trouve
I avaient transférée à Scbeaecta- .,si68 habitants.
DE l'aMÉRIQUE, ly
1621 1 le 3 juin. Charte CLCcordée par les hauts et puissants seigneurs des Etats-^ Généraux à la Compa^ gnie des IndeS'-Occidentales, Cette Compagnie, établie en corp<H*ation pour vingt-quatre ans y fut investie du privilège exclusif de faire le commerce et de former des colonies sur les côtes et dans le pays d'Afrique , depuis le tropique du Cancer jusqu'-aa cap de Bonne-Ësperance , ainsi que sur les côtes de l'Amérique et des Indes-Occidentales depuis le détroit de Magellan jusqu'à celui d'Anian dans le nord , et dans le pays depuis ledit cap de Bonne-Espérance dans l'est,
Jusqu'à l'extrémité orientale de la Nouvelle-Guinée vers 'ouest.
Le gouvernement de la Compagnie était placé sous la di-* rection de cinq chambres de directeurs dans les principales villes, qui, tous les sis ans^ devaient foiurnir un état des bénéfices et pertes de la Compagnie. Une commission de dix-neuf membres était chargée de la direction des affaires et avait le pouvoir de faire des traités, d'élever des forteresses pour protéger le commerce, de nommer des magistrats, des oiïïciers, de lever des soldats, mais sans pouvoir déclarer la guerre, qui ne devait avoir lieu qu'avec 1 approbation des Etats-Généraux. Afin d'encourager cette association , les Etats s'engagèrent à avancer un million de guilders ( i )., qui devait être payé en cinq ans, et les premiers 200,000 quand le premier versement serait fait par les actionnaires. Des personnes de toutes les nations pouvaient souscrire. En cas de violation ou d'attaque contre le commerce de ladite Compagnie, les Etats-Généraux s'engageaient à fournir 16 vaisseaux de guerre et 4 yachts, et la Compagnie un pareil nombre. Le tout devait être entretenu à ses frais , et commandé par un amiral des Etats-Généraux (2).
En 1622 , les Hollandais entretenaient déjà un commerce considérable avec les Indiens Mohawks. Morton^ qui arrriva à la Nouvelle- Angleterre en 1622, dit qu'ils avaient gagné 20,000 livres sterling rien que sur le commerce des castors, et qu'ils possédaient des plantations bien entourées sur la rivière de Méhégan (3).
1623. Cornelius-Mey arriva , cette année , à Manhattan,
(1) Le guilder ou florin vaut a fr. 1 1 cent, (a) Hazards' state papers, I, i3i-i3i.
(3) New-England Canaan, p. 99.
T. XVIII. a
i8 GHaONOLOGIE HISfOEIQUE
avee quelques colons et des arfldes nécessaires aux noateaax étal»Hsseinent8. En son honneur, la baie fat nommée Port^ ilfef .€Âtoyant)asqa'àremboncharedeiaDëlaware,ii en prit possession, ainsi qne dn pays qu'elle arrose. Les Hollandais, se SattaAt de reoeroir des secours de la mère-patrie , refusèrent de payer le tribut convenu au gouverneur de la Virginie, et coiistruisirent le fonde Nassau (i) sur un affluent (a) de ladite rivière ; et celui de Bonnes-Espérance sur la rivière Fraîche (3).
1 623-4* i^s vaisseaux de la Compagnie ayant fait plusieurs riches prises sur les Espagnols , elle se trouva ainsi plus que remboursée de toutes ses dépenses. Le collège des dix-neuf céda la direction du commerce à la Chambre d'Amsterdam, qui envoya deux navires aux nouveaux Pays-Bas , sur l'un desquels se trouvaient le premier gouverneur, Pierre Minuit ^ Isaàc de Ro%ier, commissaire , et un certain nombre d'émigrés wallons (4) qui s'établirent à l'extrémité occidentale de Long-Island, vis-à-vis Manhattan , et qui prit le nom de PFaal-Bocht ( TVallabout ) : ils furent les premiers agriculteurs de cette nouvelle colonie.
1624* Cette année , la Compagnie hollandaise se procura 4,000 peai|x de castors et 700 peaux de loutres, évaluées à 27,125 guilders.Xe commerce s'augmenta beaucoup pendant les dix années suivantes. En i635 , le nombre des peaux de castor s'éleva à 149891 , et celui des peaux de loutres à i ,4^3, le tout représentant une valeur de 1 34^025 guilders.
Les Hollandais échangèrent des fourrures contre du maïs et du poisson , avec leurs voisins les colons de la Nouvelle- Plymouth.
1625. De Laet ^ un des directeurs de la Compagnie , publia , cette année , sa Description du Noui^eaii-Monae (5). Il peint les nouveaux Pays-Bas comme très-favorables à l'établissement des colonies. « La grande liauteur des arbres, dît-il, est une preuve de la fertilité du sol. La vigne sauvage
(i) En l'honneur du prince du même nom. , (a) Nonunë depixii Timber-Creek.
(3) Le Connecticut.
^) Ainsi nommas a cause de la résidence de leurd parents sur la rivière JVaaL
(5) Notnis orbis seu descnptiônU IndioR ocddenUdis , nmriê tabulis ^eogmphicis etvariis animtintium, plantanunj fruciuwnqu» iconibu» illustrati.
DE L'ABJnÉRrQUE. ig
y abonde. Le maïs et différentes espèces àe légumes j réasissent parfaitement. On y voit mie quantité de daims et d'autres quadrupèdes, ainsi que beaucoiw d'oiseaux dont le coq d'Inde ( i ) est le plus remarquable. Dans les riyières, on trouve d'excellents poissons , tels que : saumon, estui^eon et autres!. La température difière peu de celle de nos climats ; en sqrte qu'aucun pays ne peut mieux oonyenir aux Hollandais (2}. »
1637, 9 mars. Le gouverneur hollandais , appnenant que les colons anglais avaient un magasin 4 Manoimt^ sur le bord septentrional du cap God , envoya une dép«ita(tion au G)nseil de Plymouth, auquel il adressa une lettre en fiançais et en holbndais, signée par le secrétaire Isaac de Ro%ier^ et datée du fort Amsterdam. Il y félicitait le gouverneur et le Conseil de Plymouth sur les progrès de leur établissement, offrait les articles qui pourraient âur être nécessaires, et proposait d'ouvrir un commerce d'écbange.
Dans la réponse du Conseil de Plymouth ^ du 19 mars , il est dit : « Qu'il a plu à Dieu de toucher le cœur de sa majesté , non-seulement pour confirmer l'ancienne alliance et amitié, et les contrats autrefois faits et ratifiés , mais encore IK>ur les fortifier par une nouvelle union , afin de mieux résister aux Espagnols, leurs ennemis communs ».
Le. gouvernement et le Conseil acceptèrent avec reconnaissance l'offire amicale, qui leur avait été faite, deleur fournir les marchandises et articles dont ils pourraient avoir besoin ; mais ils firent entendre que, d'après leur commission, ilsétaient autorisés à expulser et à retenir prisonnier tout étranger ou même tout Anglais qui, sans leur permission, essaierait de trafiquer ou de fdanter dans leurs limites, qui s'éten-* daient jusqu'au 40* degré ; et les Hollandais furent priés de ne plus commercer avec les naturels dans la baie de Nevr«- Plymouth et dans les rivières de Narragansettet Sowames (3). iQiQ.Chartt de libertéet privilèges Si(xordéefs^V3LSsemh\ée des dix-neuf de la Compagnie autorisée des bides-Oociden** taies , à tontes personnes qui pourraient former un établisse«^ ment dans les nouveaux Pays-Bas.
En voici les principaux artides : Seront reconnus comme Patroons des nouveaux Pays-Bas tous ceux qui , dans l'es-
(1) Le dindon sauvage , meleagris sii^esèm^ Vieillot. (9) Novus crhis, III, cap. 10. Lugd. Batav., i63S. (3) Hist. CoU, ofMassachuseUSy YoLlllySiii.
ao i:HR0N010GIB flISTOKIQlJE
pace de cpatre ans, entreprendront d'j former une colonie de 5o personnes âgées de plus dç i5 ans; la Compagnie se resservant l'île de Manhattes,
Les Patroons auront le droit d'ëtendre les lipiites de lears colonies à 4 milles ( i ) le long des bords d'une rivière navigable, ou jusqu'à moitié de cette distance de chaque côté ; mais nul ne pourra s'établir en deçà de 7 ou 8 milles de la colonie sans le consentement de la Compagnie. Et les baies, rivières et îles de la première colonie fondée , resteront sous la direction de ladite Compagnie et des Etats-Généraux.
Les Patroons jouiront des terres à eux concédées comme d'un héritage perpétuel j avec tous les produits et droits qui en dépendent. Personne ne pourra , sans leur permission , y pécher ni y chasser ; et dans le cas où l'on viendrait à y jeter les fondements d'une ou de plusieurs villes , les Patroons auraient le droit d'en nommer les magistrats.
Les Patroons pourront disposer de leur héritage par testament.
Ils pourront aussi naviguer et trafiquer le long des cotes de la Floride jusqu'à Terre-Neuve , à la condition qu'ils retourneront av€c leurs marchandises à l'île de Manhattes, et qu'ils paieront 5 pour œnt à la Compagnie.
Les colons des Patrooo» seront ci^mpts des taxes et autres contributions pendant dix ans.
Ceux qui établiront une cabane hors des limites de l'île de Manhattes devront indemniser les Indiens pour les terres sur lesquelles ils «'établiront. Toutes les colonies seront tenues de présenter annuellement au commandant et Ccmseils un rapport exact de leurs produits et de leurs terres. . Les colons ne pourront fabriquer aucune étoffe de laine, de soie ou de coton sous pehie d'être bannis , et punis comme parjures.
, La Compagnie fera son possible pour fournir aux colons autant de noirs esclaves qu'elle le pourra (2).
1629. Au mois de juin de cette ann^, le gouverneur hollandais, JVouter Van Twiller^ arriva au fort d'Amsterdam pour diriger les affaires de la colonie. L'année suivante , il commença à. faire des concessions de terre. Dans les patentes qu'Û accordait , il employait la formule suivante :
(1) Seize milles anglais.
,1; oeize muies anglais.
>) New-Netherland ou New-Yori, par M. MouUon, part. II, ch. 5.
DE l\MtaQVEé ai
« "Sons, directeur et conseil résidant à la Nouvelle-Hollande, dans rîle Manhattes , sous le gouyemement de leurs hautes puissances les Etats-Généraux des provinces unies et la Compagnie privilégiée des Indes-Occidentales, etc. »
i634* La Compagnie hollandaise des Indes-Oocidentak^ fit failUte cette année , et , d'après son rapport, qui fut publié l'année suivante, l'établissement de la province des nouveaux Pays-Bas lui avait coûté la somme de 41^9800 guilders, et celui du fort Amsterdam 49>72 guilders (i).
En i636,yanTwiller envoya un commissaire, yan Curht^ chez le souverneur de Massachusetts pour protester contre les en^pi&roents des habitants de cette province, qiu avaient commencé des établissements dans le pays réclamé par les EUU-Généraux^
En 1637, Van Twiller fut rappelé et eut pour successeur Guillaume Kitft,- Celui-ci commença son administration en renouvelant la protestation de son prédécesseur contre les empiétements du gouvernement des provinces de Gonnecticut etdeNew-Haven,
1639, juin. Une partie considérable de ^extrémité orientale de Long-Island fut cédée par Forrestj agent du comte de Stirling, à M. Jlowell et à ses associés, avec les mêmes pouvoirs qu'il tenait de la Compagnie de Plymouth (2).
1639-40. Lord Stprlinç avait obtenu, de la Compagnie de Plymouth , une coi^ssion de Long-Islaad , et son agent ayant vendu une portion de terrain , qei se trouvait pvèa de son extrémité occidentale, à quelques habitatits de Lynn, dans le Massachusetts « ils y commencèrent un établissement avec le consentement des naturels. Le gouverneur hollandais y envoya des troupes, qui les arrêtèrent : ils furent mis en prison, et remis en liberté presqu'aussitot, après avoir prêté serment de renoncer à leur projet. Ils se retirèrent alors à l'extrémité orientale de ladite île , au nombre de quarante familles , oà ils formèrent le district de Southamptonj et établirent «ne forme de gouvernement ; en]i644(3}» il fut placé sous la juridiction de Connecticnt (4).
(1) Hazartis* Collection of'state papers^ toL I, p. 897. (a) Chabnen Armais^ book I, ch. 19.
(3) Population «n i83o, ^fiSo habitants. En 1840, 6,ao5.
(4) Hubbard$' New^England^ cliap. 33. Voyeit l'art. Ma$sachuê€Ut .
1640-49. Enoonrag^ par ce titre, les habitants du G>iiiiecticat prirent possession de cette même partie de l'île et s'étendirent vers l'autre eitrëmitë jusqu'à la bait des Huîtres (i). Etant repousses par le gouverneur Kieft , ils s'emparèrent de la garnison hollandaise du poste nomme Eest-Hope sur le Conaeotîcaty dans le voisinage de Hartford y et l'obhgèrent à se retirefc* à la distance de 10 milles du fleuve de Hudson (2).
1643, 19 mai. LeÀ colonies de Massachusetts, de Plymouth, de Gonnecticut et de New-Haven forment une ligne défensive contre les Hollandais et les Indiens (3).
i645-4^* G^^^re entre les Hollandais et les Indiens. Cd^te année, la colonie fut en danger d'être détruite par les hostilités des Indiens. Le fils d'un des chefii, dont ronde avait été volé et massacré, chercha à le venger aussitôt qu'il fut parvenu à l'âge d'homme. Il tua un Hollandais, et Kteft demanda qu'on fui livrât l'assassin. Les che£i expl4nièrent leur regret, et offrirent, à sa place, 200 brasses de meilleur. wampum- En même tems, un parti d'Indiens descendit le fleuve de Hudson pour réclamer, comme leurs tributairesy les Algonquins. Kieft résolut de profiter de cette occasion poiur en faire un massacre général. A la faveur d'une nuit sombre d'hiver, il passa le fleuve à la tête d'un détachement de soldats du fort et de marins de quelques navires, attaqua à l'imp proviste les Algonquins et en tua une centaine. Exaspérés par cette trahison, tous leurs guerriers prirent les armes, brûlèrent les villages des colons et les égorgèrent, eilbepté les enfants ^m furent emmenés en captivité. Après cette cruelle, mais juste vengeance, les chefs consentirent à faire la paix ; les jeunes guerriers ne le voulurent pas, disant « que le prix du sang n'avait pas été payé », et la guerre recommença de nouveau.
Jean Underhillj de Massachusetts, ayant reçu une réprimande sévère de l/église de cette province, passa dans les Nou- 'veaux Pays-Bas. Étant connu comme bon officier et instruit de la manière de faire la guerre aux Indiens, il fut nommé commandant d'un détachement dé 120 soldats hollandais, pour les^combattre. Une guerre d'escarmouches eut lieu, et dura deux ans; elle fut terminée par l'intervention des Mohawks. La paix fut signée le 3o août.
(i) En anglais, 0/$ter^Bajr.
(a) Smith^ New-York, part. ï. London, 1786.
(3) Yoyes l'art. Massachusetts, an 1643.
Le dernier combat eut liea dam la plaine de Sitiekiaàd, près des frontières dn C^aaiecticat. Le nombre des tuésy des deux côtëfl, fut A graiid que, pendant plus d'u siède, les tombeanix c|ui les renfermaient s'âevaient comme: antaiit de petits mont]Cttless( i ).
Rieft fat condamné par la Compagnie des Indes^Oeoîden-» taies, ainsi que par les colons, pour le massacre dont il «'était rendu coupsuble ; et deux ans ajprès, il s'embarqua pour la Hollande. Le navire ayant été jeté, par une tempête, sur les côtes du pays de Galles, près de Swansey, s'y brisa, et Kieft périt avec environ 80 autres personnes.
16479 mat. Pierre Stiiyvtsantj son successeur, avait reçu l'ordre de traiter les Indiens avec douceur, et d'accorder plus de liberté au commerce en imposant des taxes sur les arfeicles d'exportation, au lieu d'user du système de monopole. €raimasA lés empôétements des Anglais à l'égard d« commerce des fourtvres, il réclama tout le pays »tué entre les deux caps lienlopèn et God.
164B. Cette année, les commissaires anglais rendirent une ordonnancé pour empécber les Français, Hollandais et autres étrangers de trafiquer dans la juridiction des colonies unies.
i65o, 19 septembre. Pendant que lesdits commissaires étaient rassemblés à Hartford, dans le Connectîcut, le gouverneur bollandais, Pierre Stuyvesant, y arriva et se plaignit des empiétements des Anglais sur les fleuves de Hadson ^ de Connec^iciit, de la protection accordée aux fugitifs hollandais, du règlement empêchant ses compatriotes de faire le commerce avec les Indiens ; enfin, de ce qu'on avait ruiné le commerce avec ces derniers, en fournissant des marchandises à un prix trop bas. Après plusieurs jours de discussion sur ce sujet^ la aoestion fut soumise à un comité de quatre membres (si), ijui oéoida que la ligne de démarcatimi entre lés deux provinces se dirigerût, vers le nord, du côté oooîdental de la baie de Gjreenwtch ou la mer, à la distance de ao milles^ pour qu'eUe ne passât point à plus de 10 millesdliâeRve deltodion. Il fut convenu que les Hollandais ne bâtiraient auoua édifice à plus de six mules de distance de cette ligne ; qu'ils posséderaient les terres jusqu'à Hartford, et les Anglais les deux rives
(1) TrumbuU^ Connecticut, l, i6i.New-Haven, idi9. (a) Simon Bradstreet et Thomas Prince pour les commissaires : Thomas Willet et Geoige Baxter povae les MalUiidais.
i4 cHROirôE.(H$ns historique
de la rivière Fraîche ou le Gonnectioat. Il fut aassi convenu que la partie orientale de Long-Island appartiendrait aux Anglais, et la partie occidentale aux Hollandais ; que la ligne de division se dirigerait de la partie occidentale de la baie aux Huîtres en ligne droite jusqu'à la mer. €es articles furent approuvés par les États à La Haye, le 22 février i656 (i).
i653, 3 nov. Les habitants de la baie de Massachilsetts, ayant refusé d'entrer dans la confédération des colonies, TVilliam Hookej de New-Haven, communiqua cette nouvelle au protecteur Olivier Cromwell et lui fît connaître les dispositions hostiles des Hollandais, qui fournissaient des armes et des munitions aux naturels. Il pria le protecteur d'engager les habitants des colonies orientales d'entrer dans la ligue, et de lui envoyer quelques frégates pour agir contre la colonie hollandaise. Cromwell envoya des instructions aux autorités et à ses commandants afin de soumettre les Hollandais ; mais la situation des affaires politiques ne lui permit point d'éqni-i per une flotte pour cet objet ; et, le 5 avril de l'année suivante, il fit la paix avec les Etats-Généraux. D'après ce traité, les deux partis s'engagent à s'abstenir de commettre aucun dommage, ni d'exercer aucun pillage, tant sur terre que sur mer, et sur les Indiens dans toutes leurs terres, pays, domaines, places et gouvernements, quels qu'ils soient (2).
i655, 25 septembre. Le gouverneur hollandais, ayant résolu de faire la conquête de la colonie de la Nouvelle-Suède, entra dans la Délaware avec 600 hommes, attaqua les forts avec succès, et le commandant Rising fut oblige de capituler (3).
Pendant l'absence de Stuyvesant de Manhattan, les Indiens Algonquins se présentèrent près de cette ville sur 64 canots, et ravagèrent le pays adjacent (4).
i656. Conditions offertes par Im bourgmestres de la ville d' Amsterdam j à toute personne qui voudrait se fixer dans les not^eaux Puys-Basj, df après un arrangement fait avec la Compagnie des Indes-Occidentales et approuvé par les Étais^Généraux, Les colons sa[t)nt transportés dans des navire» commodes avec leurs familles, meubles et choses néces-
Çi) Hutchinsons* Massachusetts' Bay, vol. I. London , 1765, a*; édition. Hazardê* Collection^ II, ai8-ao. Philadelphia, 1794.
(q) Hazardi Collection, I, 587-go.
(3) Voyez Tarticle Délaware,
(4) Hutchinsons' Massachusetts, I, ch. i. London, 1765,
saîres à la vie. La ville d'Amsterdam fournira aux colons, pendant un an, des vêtements, des vivres, et les semences nécessaires pour les plantations. Elle fera construire un grand mafasin, pour contenir les articles d'habillement et autres objets 'utilité, qui seront vendus aux prix d'Amsterdam, les droits de laG)mpagnie exceptés qui seront employés à faire construire et à entretenir des édifices publics. Le schout (i), et grandjuge seront nommés par les députés d'Amsterdam ; les trois bourgmestres car les bourgeob. Cinq ou sept schepens (2) seront aussi choisis, en double, parles mêmes bourgeois, afin que les directeurs puissent en faire le choix parmi eux.
Lorsqu'une cité ou ville possédera 200 familles ou plus, elle nommera un conseil de 21 personnes, lesquelles, aveo les bourgmestres et les schepens délibéreront sur les affaires du gouvernement de ladite cité ou ville. Ce conseil ppurr£| remplir les vacances en cas de mort et choisir annuellement les bourgmestres.
Les schepens décideront de toutes les causes montant à ioq guilders; mais au-dessus de cette somme, les partis auront le droit d'en appeler au directeur-général, et au Conseil des nour veaux Pays-Bas. Les schepens pourront aussi prononcer sentence dans toutes les causes criminelles, mais avec appel.
La ville d'Amstardam devra fournir un maître d'école, un forgeron, un charron et un charpentier pour l'usage des co-? Ions.
Tous les fermiers auront autant de morgens (3) de terres labourables, on de prairies qu'ils pourront en cultiver et qu'ils en auront besoin pour le pâturage, pourvu que dans deux ans ces terres soient en rapport.
Pendant dix ans, leis colons seront exempts de droits ; à l'expiration de ce terme, ils ne seront pas taxés plus haut que ies autres habitants des districts , sous le gouvernement de la compagnie des Indes-Occidentales dans les nouveaux Pays- Bas. Ils seront aussi exempts des dîmes pendant vingt ans, après lesquels, ces dîmes appartiendront à la ville d'Amsterdam, la moitié devant être employée pour les fonctionnaires et les travaux publics.
Les colons pourront expédier des navires à leurs frais, pour-
(i) Grand'baillip (a) Echevins.
(3) Journal ou arpent de 600 verges carrées. La verge a la pieds de long.
^ C8R0N6i.ûGIE HISTORIQUE
To qaHU soient consignés pour la YiUe d'Amsterdau, 6ù leiM marcbandises seront yendnes à lenr compte, arec un Aroit de deux pour cent, et un dixième des produits nets. Ils pourront couper du bois pour construire des maisons et des navires autant qulls le jugeront convenable ; ils auront aussi le droit de obasse et celui de pèche sur tous les cours d'eaux et rivières(i).
16649 12 mars. Deseermes d'hostilité ayant éclaté entre l'Angleterre et la Hollande, Charles II, qui avait une antipathie prononcéecontre cette nation, voulut s'emparer de leur colonie dans l'Amérique du Nord. Pour mieux effectuer cet objet, il céda à son frère Jacques j duc d'York et d* Albanie, tonte la partie de ce continent qui s'étend de la cote occidentale du fleuve de Gonnecticut, jusqu'à celle orientale de la baie de Délaware, avec l'île de Mattawacks ou Ile^^Longue, lui accordant tous les pouvoirs du gouvernement dvil et militaire, sans faire mention ni réserve des établissements de Gonnecticut et des nouveaux Pays-Bas (2).
Dans cette concession au duc d' Yœrk se trouvait comprise la moitié de la province de Gonnecticut. Gette colonie envoya des commissaires à New- York, au mois de décembre de la même année, pour réclamer ses droits. Long-Island fat aban^ donnée au duc d'York, et les limites orientales de sa province furent désignées par une ligne tirée de la rivière Mamarontck dans une direction nord-nord-oucst jusqu'à la ligne de limites de Massachusetts.
1664, 20 août. Prise de la Nouvelle^ Amsterdam par les Anglais. Une expédition anglaise, composée de quatre frégates, commandées par le chevalier Robert Carr, a^ant à nord 3oo soldats sous les ordres du colonel Richard Nichols, arriva devant le fort de cette ville ; et cet officier envoya au gouverneur et au Gonseil de Manhattan la sommation sui^ vante:
« Le roi de la Grande-Bretagne, dont le droit et le titre sur cette partie de l'Amérique sont incontestables, pensant
(0 Collections ofthe NeW'Tork, hist. society, vol. I, 181 1.
(a) Dalrymples* memoin, v^ II,appeiidix,ch. I, a« éd. Lo&doB,i 77S.
Smiihs' New-York, part. I.
Par un contrat cassé le a4 juin de la même année, le doc céda tine partie de ce territoire à deux membres du Conseil du roi, kvd Berkeley et Je chevalier George Carteret, sous le nom de if$va'C0$area ou Sfouyelle-Jersey, Voyez cet article.
que sans déx^r à sa couronne et à sa dignité, il ne ponrait souffiir qoe des étrangers, fassent-ils même ses alliés, s'éta* blissent sans son consentement dans ce territoire, m'a commandé de Étire livrer les forts, forteresses et villes apparte* nant aux Hollandais, afin qu'ils rentrent sous sa protection et obéissance. Sa majesté, voulant épargner leffusion du sang chrétien, garantit aux habitants, leur vie, leur liberté et leurs biens, pourvu qu'ils se soumettent à son gouvernement ; mais ceux qui s'y refuseront doivent s'attendre à tous les maux de la guerre.
« A bord du vûsseau de sa majesté la Guinea , à l'ancre devant Naijackj le 2o/3i d'août 1664 (i)« »
Le gouverneur hollandais Stuyvesant, brave officier, étant résolu à se défendre, ne voulut pas montrer la sommation aux bourgmestres et aux habitants , de peur qu'ils ne profitassent des conditions favorables qu'elle renfermait. Le3 bourgmestres en demandèrent la copie pour la communiquer aux principaux bourgeois qu'ils convoquèrent àl'hôtel-de-vdle. Ceux-ci, informés du refus du gouverneur, exprimèrent leur mécontentement, qui fut encore augmenté par une lettre adressée au directeur et à son Conseil par le gouverneur Winthrop, pour les engager à se rendre. Le 22 août, lesboorgmes^ très s'assemblèrent de nouveau pour importuner le gouverneur, qui, dans un transport de colère, déchira la sommation^ Les bourgmestres protestèrent contre cette action ; et Stuyvesant, pour se justifier, fit une longue réponse au message du commandant anglais, dans laquelle il établit, par des
f preuves historiques, les droits des Hollandais à cette partie de 'Amérique.
« rVous ne voulons point, daisait-il, discuter les droits i^ sa majesté sor la Virginie, le Maryland, et d'autres contrées de la Nouvelle-Angleterre ; mais ceux qu'elle prétend avoir sur les parties septentrionales de l'Amérique ne sont point reconnus' ptt* les rots de France et d'Espagne, et je les désavoue en yertu de ma commission de gouverneur-général dû la Noui^elh'Hollande et du Curaçao j Bonaire^ Aruba et leurs dépendances. Cette commission m'a été donnée par messeigneurs les États-Généraux, le 26 juillet 1646. En vertu de la cession et de la commission accordées, en 162 1 , par lesdits États-
(1) Cette sommation tut présentée par le colonel George Carteret, le camtaifie Robert Needhara, le capitaine Edouard Grèves et 01. Tho« mas Delatal. -*<^fmefts' Kew-Jersex, chap. ÏII.
28 CHRONOLOtilE mSTÔRIQUlï
Généraux à la Compagnie des Indes Occidentales, que noas ayons montrées à vos députés (i), et par diverses pièces oi&délies adressées à différents propriétaires, tant Anglais qu'Hollandais, des villes et villages de Long-Island, les habitants sont déclarés et reconnus être sujets de nosdlts seigneurs les États-Généraux. Par conséquent, ce que vous avancez est absolument faux* C'est un fait positif que nos prédécesseurs, en vertu de la commission et de la patente desditâ seigneurs, ont paisiblement joui du fort à' Orange pendant environ 4Bà5o ans ; de Manhattan de 4i ^ 4^ ans,fde la rivière du Sud, (Délaware) pendant 4o, et de la rivière d'eau douce (le Connectlcut) pendant 36 ans.
» Les Hollandais ne se sont pas établis par violence dans ces provinces, mais en vertu des commissions de mes seigneurs les États-Généraux. Premièrement, dans les années i6i4, i6i5 et i6i6, sur la rivière du Nord, près du fort d'Orange. Ils y bâtirent un petit fort pour se défendre contre les Indiens. Ensuite dans l'année 1622 et jusqu'à présent en vertu de l'octroi fait au gouvernement de la Compagnie des Indes- Occidentales, ainsi qu'en 1 656 aux honorables bourgmestres d'Amsterdam, de la rivière du Sud. SI sa majesté était Instruite de ce fait, elle se garderait bien de donner un pareil ordre , surtout lorqu'll règne une parfaite amitié entr'elle et nosdlts seigneurs. En qualité de gouverneur-général, nous sommes obligés de soutenir les droits des États-Généraux, et de repousser toute entreprise et violences qui seraientcommlses contre ses fidèles sujets et habitants. Quant aux menaces, nous ne les craignons pas; nous ne craignons que Dieu seul. Pour prévenir tout différend et empêcher l'effusion du sang, nonseulement dans ces contrées, mais encore en Europe^ nous vous proposons un traité par nos députés (12).
» Signé : H. STurvESANT.
» Au fort d'Amsterdam, le 2 septembre (nouveau style) i664* »
Pendant la contestation qui eut lieu entre le gouverneur et les bourgmestres, les commissaires anglais adressèrent une proclamation aux habitants^ d'après laquelle ils promettaient
(1) Le colonel George Carteret, les capitaines Needham et Edouard Groves, et M. Thomas Délavai.
(a) MM. Cornélius Van Ruyven, secrétaire et receveur de ia Nouvelle-Hollande ; Cornélius Steenwich, bourgmestre ; Samuel Mégapolensis, docteur et médecin, et Jacques Consseaux, ci-deyant shériff.
à tous ceux qui voudraient se soumettre au gonyemement anglais de les protéger, de leur laisser la libre jouissance de leurs biens, et de leur conserver tous les privilèges des sujets de la couronne d'Angleterre. Les habitants, séduits par ces
C messes , s'empressèrent de lever des volontaires pour ■er le gouverneur à se rendre. £n même tems, on donna ordre à Hu^h Hide^ qui commandait l'escadre, de réduire le fort. Craignant de nêtre pas soutenu, Stuyvesant écrivit encore aux commissaires anglais , le 25 août (vi^x style) , pour ménager un accommodement ; mais IVicbols , averti de la disposition des habitants, ne voulut rien entendre.
Le gouverneur, hors d'état de résister, fut oblisé de céder aux vœux des bourgeois. La proclamation de JVichols futacceptée comme la base d'un traité, et le gouverneur capitula le lendemain. Le jour suivant, 27, les commissaires des deux partis se rendirent à sa maison de campagne et signèrent les articles suivants :
« Les États - Généraux , ou les Compagnies des Indes- Occidentales jouiront librement de toutes leurs fermes et maisons, excepté celles qui se trouvent dans les dépendances du fort ; mais sous condition de transporter les munitions et les armes, ou de les laisser en acceptant leur valeur. Les édifices publics seront employés aux usages pour lesquels ils sont destinés ; les habitants reconnus comme regnicoles conserveront leurs terres, leurs maisons et leurs biens, et pourront en disposer à leur gré. Celui qui voudra quitter le pays , le pourra au bout d'un an et six semaines , à compter de la date des présentes. Il sera libre de vendre ses terres, de se transporter où bon lui semblera avec sa femme, ses enfants et ses domestiques. Tout Hollandais pourra s'établir dans la colonie, avec la facilité de s'en retourner en Hollande à bord des navires de cette nation, et d'y envoyer telle marchandise qu'il lui plaira; et tout navire hollandais, ou autre pourra faire le commerce avec la colonie comme avant l'arrivée des Anglais, pendant Tespace de six mois.
Les Hollandais habitants du pays jouiront d'une entière liberté de conscience ; ne seront pas forcés de servir en guerre contre une nation quelconque ; et les bourgeois de Manhattan ne seront tenus à loger les soldats qu'avec une indemnité. Quant aux successions et aux héritages , les habitants suivront leurs usages et leurs coutumes: : les registres et documents publics resteront dans les mains de ceux qui en sont les dépositaires. Les jugements prononcés par les Cours
3o CHRONOLOGIE HISTOUOUE
{'adicîaires seront obligatoires ; mais avec le droit d'appel aux Stats-Génëraax.
Les Hollandais domiciliés qui yoadront yoyager ou oommercer en Angleterre, ou dans les pays qui dépendent de sa majesté britannique , devront se munir d'un certificat pour cet effet.
Tous les officiers civils et les magistrats subalternes peuvent rester en place jusqu'à une nouvelle élection ^ et en nommer ^'autres eux-mêmes , pourvu qu'ils prêtent serment de fidélité à sa majesté avant d'entrer en chaîne.
Les officiers militaires et les soldats sortiront avec leurs armes. Celui qui voudra rester pour s'établir dans le pays obtiendra 5o acres de terrain.
Les députés cboisis par la ville de Manbattan auront droit de discuter librement sur les affaires publiques.
On livrera le fort , et la ville appelée New- Amsterdam entre les mains du colonel Richard Nichols , lieutenant de son altesse royale (i).
Après avoir pris possession de la ville, cet officier envoya une expédition sous les ordres de George Garteret , pour réduire le fort d^Orange sut le fleuve Hudson. La garnison capitula le 24 septembre, et il prit le nom à'jiloany en l'honneur du dac. En même tems^ une expédition entra dans la rivière du sud (le Délaware) , et s'empara du fort et de la ville.
Sans perdre un seul hommie, la JVouvelle-Hollande fut ainsi entièrement soumise à la couronne d'Angleterre. Le nom de New-Amsterdam fut changé en celui de New-York. La plupart des Hollandais restèrent dans le pays : j^tuyvesant lui-même y mourut (2),
i664- Immédiatement après la conquête de cette province, le dac d'York fit une proclamation pour encourager les progrès de la colonie, d'après laquelle il garantissait la liberté de conscience, pourvu qu'elle ne dégénérât point en licence, et qu'elle ne troublât point l'existence de la religion protes-
(i) Ces articles furent signés par les commissaires faoUandatset anglais, dont voici les noms: Jean de Decker ; ]!9iehola8 Yerleet; Samuel Mé« gapolenôft) Cornons Steenwick; Oloffe Stevens van Kortland; Jacoues Cousseafi j Robert Garr ; George Carteretf Jean Winthrop ) Samuel Will^s; Thomas Clarke j Jean Pinchon: mais Stuyyesant refusa de les ratifier.
(a) SmiM histmy oflfewTorkf part. I.
0B L'aMÉRIO^E. 3{
tante. Les habitants de chaque district étaient tenus de ponr'^ Yoir à Tentretien âea ministres de TÉglise, qui devaient être choisis par la ina|orité des habitants propriétaires. Enconragëes par ces privilèges , plasieurs ^milles protestantes de France, exilées par la révocation de Tédit de Nantes, vinrent s'établir dans la viUe de New^York, à File de Staten, à la Nouvelle-Hochelle, dans le comté de West-Chester , et à la Nouvelle-Paltz , comté d'Ulster. Ces émigrés étaient tous calvinbtes (i).
Vers la fin de cette année (1664)9 1^ Hollande et l'Angleterre commencèrent des actes d'hostilité sans déclaration de guerre, et cette dernière puissance confisqua les biens de la Compagnie des Indes-Occidentales. La guerre fut publiée à Londres, le 4 mars de l'année suivante.
i665. Le a août, le colonel Richard Nicholsj nommé gouverneur de l'Etat de New-York, prit les renés du gouvernement, établit une Cour d'assises composée du gonvei^ieor, du Conseil et des juges, investie des pouvoirs législatif, exécutif, et judiciaire. Au mois de juin, cette Cour rédigea un code composé des anciennes ordonnances hollandaises et de lois anglaises qu^exigeait le changement du gouverneur. Ce code fut approuvé, l'année suivante^ par le duc d'York.
Sous la dénomination de lob capitales se trouvent les crimes suivants, qui étaient punis de mort : i"^ impiété ; 2* homicide volontaire ; 3** meurtre avec une arme quelconque d'une personne incapable de se défendre ; 4° empoisonnement ; 5® rapports avec un animal (tous deux seront mis à mort et l'animal brûlé) ; 6^ crime de sodomie , à moins que l'un des accusés n'ait été contraint et ne soit pas âgé de i4 ans; fj^ faux témoignage dans le but d'ôter la vie ; 8<* déni des droits et titres de sa majesté à la couronne : 9® révolte armée contre son autorité ; io<* invasion en surprise d'une ville ou forteresse du gouvernement ; . 1 1® attentat d'un enfant, au-dessus de 16 ans, d'un raisonnement sain, qui frappera son père ou sa mère, à moins d'y avoir été provoqué pour sa défense personnelle {ol).
i665, juillet. En réponse aux questions qui forent adressées par le gouvernement anglais au gouverneur Nicbols , ce fonctionnaire fournit beaucoup de renseignements concer-
(i) Hist, colL of Massachusetts, vol. I, a" série.
(a) Collections ofthe Nevf^York historical society, vol. I.]
nant la colonie. En voici une courte analyse. La Cour des assises générales^ oomposëe da goayerneur^ des membres du Conseil, da grand-prëvot et du jage de paix, avait le pouvoir de £aire des lois, de les modifier ou abroger. Toutes les causes étaient jugées par le jury.
Des terres étaient accordées aux planteurs en tonte propriété. La taxe la plus élevée était d'un sol par acre ; la moindre de deux shillings et six pence par loo acres, que le planteur avait permission d'acheter des Indiens.
La liberté de conscience était accordée, pourvu que la tranquillité publique n'en fût pas troublée.
Tout colon avait le droit de pécher, de chasser et de faire le commerce de fourrures.
Aucune loi ne pouvait être établie en opposition à celle d'Angleterre.
Les militaires seuls étaient soumis à la juridiction d'une Cour martiale : aucun autre individu n'y passait en jugement, excepté pour cas d'invasion, de mutinerie ou rébellion.
Il n'y avait aucun droit établi sur le blé ni sur les bestiaux qui étaient les principaux produits ( i ).
i665. Le 12 juin de cette année, la ville de New York (2), alors composée de quelques maisons, fut établie en corporation ou municipalité.
\6G6. Expédition française contre les Indiens Iroquois, nommés Agniers et Onneyouth^ de la province de New- York. Ces Indiens avaient surpris et tué trois officiers français, Chamat^ Marin et de Chasy : ce dernier étant neveu de M. de Tracy, vice-roi d'Amérique, il résolut de punie ce meurtre , et de marcher contre eux ; mais ayant eu connaissance de ses préparatifs, ils voulurent se soumettre , et envoyèrent des députés à Québec à cet effet. Le vice-roi les ayant questionnés concernant la mort de son parent, le chef Âgniers leva le bras en déclarant « que c'était ce bras qui avait cassé la tête au jeune officier » . De Tracy le fit étrangler sur-le-champ, et dès lors toute négociation fut impossible.
Sur ces entrefaites , M. de Courcellesj gouverneur de la
(i) Chalmers' Anruds, I, chap. 19, note i.
^) Latitude 40? Aa' nord, loDgitudc 76» ao' de Paris.
En 1678, cette ville consistait en 343 maisons, qui renfermaient une population de 3,430 individus; en 1696, elle en comptait 6,000; en 1776, environ ao,ooo; en 1790, 33,i3i ; en 1800, 60489; en 1810, 96,373; eA i8ao, ia3/7o6 ; en i83o, ao3,oo7 ; et en 1840, 312,710.
DE L'AMÉfaOUE. 33
NoQ^le-France , avait eu qne entreme arec le coioniandant deCorlear (i), qui liû ayait promis de ne pas secoorir les Iroqnats. Comptant sar sa parole, le gouTerneur. se' mit à la tête d'un corps d'hommes oom^së de soldats et d'Indiens; il marcha contre l'ennemi ap milieu de l'hiver. Selon Gharlevoix y cet oi&ciery les raquettes aux pieds, portait lai-mèane ses provisions, ainsi que ses armes, comme le dernier soldat ; p^Qsiears de ses compagnons , nouvellement arrivés de France, furent estropies par le £roid. Entrant dans le canton d!Agnier, il trouva les villages abandonnés. £n attendant le résultat des négoâations , les guerriers avaient marché contre d'autres nations , après avoir caché dans les bois, les vieillards, les femmes et les enfants. Néanmoins il y eut des escarmouches avec des Indiens coureurs j dont quelquesuns forent tués ; d'autres faits prisonniers. Un officier français et 4 ou 5 soldats périren;|lpaf accident.
A son retour, il trouva iine. expédition préparée par M. de^ Tracy ^ur attaquer les mêmes Indiens. Cette expédition, commandée par le vice-roi, M. deXracy, quoiqu'il fût septuagénaire, était composée de 6oo soldats de Carignan, autant de Canadiens, et d une centaine d'Indiens de di&rentes peuplades, avec deux pièces de campagne. L'avant-garde de 4oo nommes était sous les ordres de M. de Courcelles; l'arrièregarde sous ceux de deux capitaines, MM. de Sorel et de Ber^ thier. Avant d'arriver chez les Indiens, les provisions manquaient, et les troupes se disposaient à se débander pour en chercher, lorsqu'elles entrèrent dans un bois de châtaigniei^s qui leur fournirent de quoi subsister j.nsqu'au pays ennemi.
L'expédition y entra en ordre de bataille avec Tespoir de surprendre les Indiens ; mais avertis de son approdie , ils prirent la fuite, labsant les vieillards, les femmes ^ les enfants qui n'auraient pu les suivre. Ce canton des Agniers renfermait beaucoup de villases ; dans quelques-uns. les cabanes , bien garnies de planches en dedans , avaient oo pieds de long, et une largeur proportionnée. On découvrit des maganns creusés dans la terre contenant assez de maïs pour nourrir toute la colonie pendant deux ans. Le vice-roi, ne
Kvant poursuivre les Indiens, fit brûler tous leurs villages, urait désiré attaquer ceux ducantond'Onneyouth3 mais il n'osa pas différer son départ, car on était à la mi d'octobre, et
(i) Les Indiens nomiasdent ainsi le gouverneur de la Nouvelle-York* T. XVIIU 3
34 CHRONOLOGU UgTORIQUE
ii aurai oovrarisqae dé traaretXtB xîmèfe^ tennéeB jmr Ul sldoe y et d'être baroetë^reniiem* Etantartiinéà QMbee, u fit pendre disox <m trois fKwmsAenj et renfoyAles mÊ/reti cfasE ewÊL après les avoir bien traites.
n est eertain, dit Gharleroix, ^e si la frayeur n'aTatt paa saisi les baorbares, l'armée fhuiçaise aorait pu se troETer dans de grands embarras ( i ).
En conséquence de craelqnes mésinteHigenoes survenues entre l'Angleterre et la Hollande , la guerre ëdata entre la France et la Grande-Bretagne qui la déclara le 36 janner et Taatre le g férrier sutTant.
c Le roi de FVance se croyait obligé , en Tertu d*nn traite 9 de ligne défensiTe , de secourir les États*Généraux , et de » joindre toutes ses forces pour agir contre l'Angleterre , » tant par mer que par terre (a),
1667,21-31 juillet. Parle traité' de paix et d'alliance conclu à Bréda , entre Charles II , roi' dé' la Urande-Bretagne» et les provinces unies des Pays-Bas, il JFut stipulé que chaque nation garderait la possession de ce qu'elle avait acquis pendant la guerre ; maïs que les nouveaux Pays-Bas resteraient au pouvoir des conqruérants en échange de Surinam^ qui avait été
rpar les Hollandais. Cette nation n'aurait pu conserver colonie de New «York contre les forces reunies de la Nouvelle-Angleterre, du Maryland et de la Virginie (3).
1667. Dans le commencement de cette année , Nîchols (4) se rétira. Le roi, satisfait de sa conduite, lui fit un présent de 200 livres sterling.
Au mois de mai , il eut pour successeur le colonel Fran^ çois Loi^claee. Chalmers parle favorablement de son administration, qui fut conduite avec prudence, mais il fut vivement affecté de la perte de la colonie ; et , plus tard , ses propriétés furent saisies pour acquitter une dette envers son souverain qu'il avait ofensé peut-être sans sujet.
(i) Gharlevoix, NouycUe-France, t. I, liv. IX. (a) Mémoires des commissaires du roi, III, 127.
(3) Corps diplomatiqne, t. VII, part. II. p. 44* fliémoires des commbsatres da roi, II, 40-73. Paris, 1755.
(4) Nîcbols foi tuë, en 1672, à bord du vaismau commandé par le dii€ d'York, daat ua combat avec la flotlie hoilandaise^ Oa élera ua monument à sa mémoire dans l'église d'ÂmpthiU^ dans le Bedfordsbire. On plaça dans le fronton la balie meurtrière arec cette inscription : InstrumentummortU et immortaUêatis. Graham»' norih America, vol. ÏI, book V.
i67i'>7t9 , 17 wtfirs. Charlçs II , se f^fêUnï aox jàeasev^$ dQ tjqui& XIY coht^ U Hollande^ se détâcha de son alUaocê avec cette nation et lui déclara la guerre. Les États-Génécau. enrojèrent, Tannée suivante (ibyS) une petite escadrçsops le commandement de Jacob Binks et ide Cornélius JE ver^ tzen , pour inquiéter le commerce des colonies anglaises. Ayant réussi sur la côte de la Virginie 9 ils se rendirent , le 3o juillet , à Tîle de Staten j près de New- York. Jean Manningj capitaine d'une compagnie francbe , qui , en l'absence du gouverneur, commandait le fort de cette ville , envoya un messager à bord de l'escadre , pour traiter avec Tennemi et lui rendre la ville. Les officiecs hollandais ( i ) y tinrent un conseil de guerre et sommèrent les magistrats et les gouverneurs d'ËastJersey, de Lons-Island, d^Ësopus et d'Albany de venir
Srêter serment de fidéltlë aux É^ts-Genéraux et au prince 'Orange. La plupart y consentirent et se soumirent. Le Conseil de guerre açsemblé , le 1 2 août , au fort Guilkunie- Hendrîck,' &a les limites du pays ainsi qu'il suit : « Depuis ïè cap Henlopen sur la rive mëridionalè de la Délaware et quinze milles plusf au midi , y compris ladite baie et 1^ rivière du sud ; et depuis ledit cap fe long du grand Océan jusQu'àla pointe orientale de Lohg-Island et Sbelter-Island ; de là , à l'ouest , au milieu du Sund , à une ville, appelée Greenwich sur le Maine y en tirant Ters la ten^e au nor<t ,
53urvu que ladite ligne ne tombe point à dix mdles de ortb-River, conformément à un traité provincial fait en x65o, et ratifié nar les États-Généraux le 22 février ï65iS, et le 23 janvier 1064».
i6jif le g février. Les Hollandais se réjouiraient de se trouver encore en possession de toute la Nouvelle-Belgique, mais ils ne la conservèrent pas long-teijas. D'après le traité de paix signé à Westminster, le 9 février, entre TAnglQdberre et les États-Généraux, les nouveaux P^yfr-Bas forcit i^mis aux Anglais en échange de leur territoire dans la Guyane. Le même article dit : que l'on restituera les pays, les iles , les villes, les ports, les châteaux et les forts qui ont été ou qui pourront avoir été pris depuis le tems de la dernière guerç$) soit en Europe ou ailleurs , à leurs andens possesseurs, dans l'état où ils se trouveraient lors de la publication dé la paix.
Le colonel Lo^velace reprit le gouvernement dé la pro-*
(1) Jacob Binks, Cornélius Evertzen, chefs d^escâdre ; AntoilieCôltd $ Nicholas Boes, Abr. Ferd. y anzyll, capitaines. ^ ' ''
TÎnce aa mois ie mat et remit en rigoear le Code de i685y avec de nouyeaux règlements conformes à la législation an« glaise.
Ces lois, rédigeas par ordre alphabétique, et appelées Lois du Duc, portaient le titre suivant : '
Jus Novœ Ebordcensis
Leges ab itiustrissimo Principe Jacobo duce
Eboraci et Albaniœ^ etc.
Institulœ et orddruUœ *
Ad observandum in territoriis AmericcBj
Transcriptœ
Anno Domini
MDCLXXIF{i).
1674? le ag juin. En vertu d'une nouvelle charte^ accordée par le roi au duc d'York , ce dernier fut autorisé à gouverner d'après ses propres ordonnances ; à administrer la justice selon les lois d'Angleterre , mais avec le droit d'appel au roi et à son Conseil , et à accorder aux habitants la permission d'importer des marchandises en payant les droits suivant le tarif du royaume.
Après la conquête de cette province, plusieurs colons hollandais quittèrent la prpvinoe de New-York pour s'établir à la Caroline.
3i octobre. Le major Edmond Andros fut nommé gouverneur de la province de New- York , avec les instrndSons du propriétai^, pour rendre la justice au nom du roi , selon l'exemple de ees deux prédécesseurs. Afin de calmer les esprits des mécontents , il déclara en vigueur les anciennes ordonnances : il désirait même convoquer une assemblée de représentants ; mais le duc s'y refusa.
Dans une lettre adressée , à cet effet, à Andros, sous la date de janvier 1676 , le duc exprimait son éloignetnent pour rassemblée que le gouverneur s'était proposé Rétablir. « Je suis porté à croire , » dit-il , « que ces assemblées n'ont que de dangereuses conséquences : elles tendent souvent à' détruire la tranquillité du gouvernement ; et je ne vois pas non
(1) SmiOn' New^Yorky part. lî.
Chalmen' Ânnats, book X, ch. 19.
DE l'aMÉRIQI^S* . 37
pins cle quelle néœssité dles peuvent étr» tant qae voilset Yotre Conseil gouvernerez d'après les lois, établies, et quand la justice peat se rendre d'une manière lé§^ ; et en caa de . besoin, an moyen d'appel auprès de ma personne. Néanmoins, . si vous persistez dans la même opinion , je serai disposé à examiner les propositions que vous pourrez me faire à ce sujet. »
Dans une autre lettre, du 6 juin de la même année , adressée. à Andros , par le chevalier Jb^it TVerd^rij secrétaire du duc, il est dit : « L'intention de son altesse est que chaque colon soit traité avec toute Thumanitë et les égards possibles » (i)*
1675. Le gouverneur, pour encourager les Européens qui voulurent s'établir dans la province , offrit 60 acr^ de terre pour chaque personne libre , 3o pour sa femme , 5o pour chaque enfant , et autant pour un domestique.
1677. Andros, après avoir cherché en vain à prendre possession du pays situé à l'ouest du fleuve de Connecticut, se retira en Angleterre , au mois de nov. 1677, laissant la province en paix , sous l'administration d^un seul gouverneur. Il y retourna , l'année suivante , avec . des instructions pour continuer et même augmenter les taxes, ce qui excita contre lui l'indignation publique r il fut rappelé au commencement de l'année 1680.
1678, avril. Le comité pour les colonies ayant demandé à sir Edmond Andros des renseignements concernant la colonie de New- York , il en fournit beaucoup dont voici les plus importants. « Le pouvoir législatif était confié au gouverneur et à son Gonsed, qui ne devait pas excéder dix membres. Le pouvoir exécutif appartenait aux shériSs et autres officiers civils agissant d'après les décisions de la Cour.
La Cour générale d'assises était composée du gouverneur et du Conseil, des juges et magistrats de Nevr- York. Dans chaque village ou paroisse, il y avait une inférieure et une Cour des sessions ou assises. La première jugeait les causes s'élevant à cinq livres sterling , mais avec appel à l'autre Cour, qui jugeait celles de vingt livres, avec appel de la Cour d'assises, et, en dernier ressort, au roi.
La milice se composait d'environ 2,000 hommes, dont i4o
(i) Chalmen* Annals, book I, ch. 19, note 37»
^ CHRO!ld£d01Ë HkSTORlQUË
^é cataterie. H'y avant xkiie câmpàgnie de totâatd| atefeartiiiêlnb {K>cir ks Ibrts dé New*York et d'Âlbattj. Le premier ^tâit d^endu par 46 cations ; rautrepar 12.
Il y avait 24 villes ou paroisses. Les produits du pays consistaient en h\é ^ petits pois , bœuEs , porcs , tabac, bois , cbe- Vaùx, poix, goudron et fourrures fournies par les Indiens. Oh exportait, chaque année, 60,000 boisseaux de blé ; et l'on im-
Sortâit des articles de manufactures anglaises pour la valeur e 5d,ooo livres.
Personne ne pouvait se fixer dans le pays sans remplir les conditions requises par l'acte du Parlement. Ouelques esclaves venant de la Barbade avaient été introduis, de terj^ à autre, en échange de provisions. Ils étaient évalués de 3oa 35 livres c}iacun.
Un négociant, possédant de 5oo à i ,000 livres, était considéré comme un homme riche , ainsi qu'un planteur avec la moitié de cette somme en biens meubles. Toutes les propriétés pouvaient être estimées à i5o,ooo livres.
Le commerce de la colonie employait annuellement de 10 à i5 navires de 100 tonneaux, dont â appartenaient à la ville de Nevr-Yprk.
Le seul droit sur les articles exportés était de deux shillings sur chaque boucaut de tabac, et d'un shilling sur chaque peau de castor ; et d'un droit proportionnel sur les autres |>elleteries. On prélevait 2 pour 100 sur les marchandises importées.
Parmi les sectes religieuses, les presbytériens et les indépendants étaient les plus nombreux. Il y avait quelques cpiakers, anabaptistes et juifs. On y comptait 20 églises dont la nioitié sans pasteurs. Les appointements dès pastears étaient de 4o ^ 70 livres par an, avec une maison et un jardin. Il y avait si peu de ministres protestants qu'il n'était donné aucun détail sur les mariages et les décès ( i ).
En 1678, la marine de Nevr-York consistait en 3 navires, 8 goélettes et 7 bateaux.
1681. M. Dyevj receveur des taxes , accusé de les avoir levées sans aucune autorisation lé^alfi, fut déclaré coupable de lèse-majesté par une Cour spéciale, et envoyé en Angleterre pour y être jugé.
(1) Chalmeri Anhals, book I, ch.' 19, notes 1-37.
M l'aMÉHIOUE. 3g
i68i-2^. Dans une noofeUel^tre^/oAit ^eiv£B?t>ieerétalre du duc d'York, adressée à Brohholes^ 8Qas-f[oaTernear, il dit : que le prince accorderait une assemblée à condition qu'on revenu serait fixé. « Je suis chargé », dit ce secrétaire, « de TOUS prier de veiller à l'ordre et à la tranquillité, et je puis vous assurer que son altesse royale consentira aux désirs de la colonie en lui donnant comme aux autres professions anglaises en Amérique, le privilège de choisir une assemblée ; mais, en supposant que les habitants consentent à fournir des fonds pour acquitter les dettes publiques, et pour le maintien du gouvernement et de la garnison. »
Dans une lettre du duc , datée du 28 mars 1683, au même sous-gouverneur, cette promesse est encore répétée sous les mêmes conditions r « Vous pouvez n , dit le prince, c assurer les colons que les fonds fournis par eux seront employés au service public ; car je n'ai en vue que le bien-être du pays, la prospérité générale et l'accroissement du commerce (i). n
i68a. Première assemblée coloniale • Le Conseil , la Ck>ur d'assises et la corporation de New- Yoi^ ayant de nouTeau sollicité le duc pour accorder aux habitants le droit de participer au pouvoir législatif, le prince y «consentit enfin malgré son aversion pour les assemblées populaires. Le ooloi^el Thomas Dongaa (a), nommé gouverneur au mois de septembre, fut autorisé à céder aux vœux des pétitionnaires en leur accordant une assemblée composée d'un Conseil de dix membres nommés par le roij et d une Chc^mbre des repré^ sentants de dix-huit membres choisis par les francs tenanciers.
i683. Dongan arriva à New- York le 27 août de l'année suivante. L'assemblée étant convoquée le 17 octobre, elle passa un acte de naturalisation générale ifour tous les habitants libres qui jgrofessaient la religion chrétienne : un pour subvenir aux frais du gouverntinent ; et d'autres pour régler l'économie polique et assurer la liberté des citoyens.
L'année suivante , toutes jces lois furent confirmées par le duc.
t€849 octobre. L'assemblée futconvoquée de nouveau, et se réunit encore au mois d'octobre de l'année suivante, i685.
(1) CWmers' ÂnnaU, I, ch. 19, note 36. (») Eneoite conte de idmeriok*
4o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Ge fut la dernière avant la reTolation qni mit sur le trône les rois Guillaume et Marie.
2 juillet. Le lord Ef&ngham, couTemeur de la Virginie, et le colonel Dongan, gouverneur de New-York , conclurent, à Âlbany, un traité de paix avec les Indiens des cinq nations. D'après ce traite, les terres et les châteaux des Mohawks et des Oneidas (i) furent mis sous la garde du gouverment an- 'ais, qui s'engagea à les protéger. Après la paix de 1 761, ces
idiens avaient conquis le pays depuis le Mississipi jusqu^à la
(i) Skenandon, principal chef des Oneidas, est mort à Fâge de xio ans, auprès. d'OneiWa-Casc/e, dans l'Etat de New York. Dans sa jeu* nesse, il fut brave guerrier; et, dans un âge çlus mûr, il devint l'un des plus habiles conseillers des tribus américaines du nord. Ami constant des colons anglais, il surveillait et repoussait les invasions du Canada. Sa vigilance préserva une fois du massacre tes habitants des établissements naissants de Germanflats, Son influence amena sa tribu à l'aide des Américains, dans la guerre de la révolution. Les habitants des villages lui ont témoigné leur reconnaissance pour ses médiations bienveillantes, étales tribus indiennes le distinguaient toutes par le surnom d'ami des hommes blancs.
En 1775, ce célèbre chef fissistait à un traité conclu à Âlbany. Le soir, il fut excessivement ivre, et, au matin, il se trouva dans la rue, dépouillé de tout vêtement et de tout ornement. Son orgueil, révolté de cette dégradation de lui-même, lui fit prendre la résolution de ne jamais se livrer au pouvoir de Veau-forte,
Les Oneidas étant repoussés par les blancs dans les terres non cultivées, leur chef, aveugle et qui avait près de 100 ans, fît le discours suivant : « Mes guerriers et mes enfants , votre sort est cruel, il est trèscruel, il est douloureux. Voici un jour sombre. Les nuages sont noirs et pèsent sur la nation des Oneidas. Un bras sévère est suspendu sur nous, et nos cœurs en murmurent. Nos feux sont dispersés et nos lits ont disparu. Les tombeaux de nos pères sont détruits, et leurs enfants sont chassés. Où sont les chefs du soleil levant? Maintenant.ee sont des chefs blancs qui rallument leurs feux. Votre Skenandon ne sera bientôt plus, et son village ne sera plus un village d'Indiens ; longtems sa voix forte vous a crié : Enfants, soyez saees, soyez unis ! S«8
Fieds étaient alors comme ceux du daim, et son bras cflUnme celui de ours : il ne peut maintenant que gémir. Long-tems il a dit : Mes enfants, ne buvez noint d'eau-forte, car elle fera de vous de$ souris pour les hommes blancs, qui sont des chats. Leur marche ressemble à celle du renard; leurs lèvres sont douces, mais leur cœur est méchant. Cependant, il y a de bons blancs comme de bons Indiens. Si le» blancs ont notre pays, nous ne l'avons pas vendu : nous avons été trompés, et mes envoyés diront des paroles de vérité dans la demeure du grand Conseil , et ils iront ensevelir cependant le Tomahawk.. Les Oneidas doivent être les enfants de la paix. Mes enfants , quelques-uns vous ont dit que vos chefs avaient signé des papiers d'hommes blancs pour vendre nos frères. Vos chefs n^nt point signé de papiers. Ils abandonneraient plutôt le Tomahawk. Les papiers sont dei choses
Caroline j dëtrnissuit de nombreuses peuplades dont les noms ne sont plus connus.
Cette année , on établit la ligne de dëlimitation entre le New-York et le Connecticat qui fut reconnue par les gouverneurs de ces provinces, le 24 février de l'année suivante (i).
1684. Expédition française contre les Indiens Iroqiiois, M. dé la Barre , gouverneur-général du Canada , marcha contre les cinq nations ^ et débarqua près d'Oswego. S^étant convaincu que ses forces ne seraient pas suffisantes pour lui assurer le succès , il se retira après une conférence avec Ga « rangulaj chef des Onondagas. Le gouverneur lui dit : « Les cinq nations ont rompu la paix avec le roi mon maître : ils ont pillé et maltraité les trafiquants , enfants de mon souverain , chez les Illinois , les Miamis et les autres nations : ils ont conduit les Anglais dans les lacs qui appartiennent à mon roi. J'ai Tordre d'exiger satisfaction ; et , en cas de refus , de vous déclarer la guerre, et de me réunir au gouverneui* de New- York , qui m'aidera pour brûler les châteaux des cinq nations, et vous détruire complètement (2).
Garangula répondit en ces termes : « Yonnondio (3) , il faut que vous ayez cru , quand vous avez quitté Québec, que le soleil avait brûlé toutes les îocèts qui rendaient le pays inaccessible aux Français , ou que les lacs avaient tellement débordé , qu^ils avaient entouré nos châteaux , et qu'il nous était impossible d'en sortir. Oui , Yonnondio , certainement TOUS l'avez rêvé; et la curiosité de voir une si grande mer-
méchantes. Prenez garde, n'en signez point d'autres que ceux qui nous sont lus par notre père (*].
» Nos deux messagers ont porté nos chagrins au grand Conseil du feu, vers le soleil levant. Allez, mes enfants, et répétez nos paroles. Souhaitez de la santé à tous les chefs rassemblés autour du grand feu, et puisse Jésus, le grand sauveur, vous ramener en sûreté (**). »
Aux approches de la mort, il a témoigné un grand désir d'être enterré auprès de son père. Son corps a été transporté au village de Clinton. Un grand nombre de personnes assistaient à ses funérailles, parmi lesquelles se trouvaient plusieurs ministres de l'église et les ëtu diants du collège de Hamilton (***}.
(1) l^rumbuUi' Connecticut, I, ch. i5.
(2) Charlevoix, Nouvelle -France, t. I, liv. XI, Paris, 1744*
(3) Les Indiens appelaient ainsi le gouverneur du Canada.
(*) M. Kirkland, missionnaire de sa nation. (•♦) National Registcr, vol I.
<•♦•) Utiet pttriot.
42 GHRO!r<ML0Gm HKESTORIQUE
réXke vous a condait aaasi loin. A présent , roni êtes désabuse « puisque moi , et les guerriers ici fniévents , Sommes Tenus pour TOUS ftsisnrér quci les Séâécsas , Cayugas , Onondagas, Oneidas et Mobawks sont encore TiTants. le tous re* merde, en leur nom, de ramener, dans leur pays, le calumet que Totre prédécesseur reçut de leurs mains. Il est heureux pour TOUS que tous ayez laissé sous terre cette hache^ meurtrière, sisouTcnt trempée dans le sang des Français. Écoutez, Yonnondio, je ne dors pas , j'ai les yeux ouTCrts , et le soleil qui m'éclaire me montre un grand capitaine , à la tête d'une compagnie de soldats , qui parle comme s'il rêTait. Il dit qu'il ne Tient aa lac que pour fumer le grand calumet aTec les Onondagas; mais Garangula prétend qu'il Toit le contraire, que c'est pour les frapper sur la tête si la maladie n'a pas affaibli les bras des Français. Écoutez, Yonnondio, nous n'aTons pillé aucun des Français, excepté ceux qui appctrtaientde la poudre et des balles aux Twightwieset^VLii Chictaghicksj, parce que ces armes auraient pu nous coûter la TÎe. En cela, nous aTons suÎTi l'exemple des jésuites, qui enferment tous les barils de rhum que l'on porte à nos châteaux , de peur que les Indiens iTres ne les écrasent, ^os guerriers n'ont pas assez de castors pour payer toutes les armes qu'ils ont prises , et nos Tieillards n'ont pas peur de la guerre. Cette ceinture est une garantie de mes paroles.
» Nous aTons amené les Anglais dans nos lacs pour y faire Iç commerce aTec les Utawtpwasj et les Quatoghies, comme les Adirondacks, ont amené les Français dans nos châteaux pour établir le commerce que les Anglais disent leur appartenir. Nous sonunes nés libres : nous ne dépendons ni de Yonnondio , ni de Corlear.
» Nous pouTons aller où nous Toulons , et amener aTCC nous qui nous Toulons. Si tos 'alliés sont tos esclaTCS, traitez-les de la sorte ; ordonnez-leur de ne reccToir que Totre peuple. Cette ceinture est une garantie pour mes paroles.
» Nous aTons écrasé les Twightwies et les Chictaghicks, parce qu'ils ont abattu les arbres de la lib^té qui étaient les limites de notre pays ; ils ont chassé le castor sur nos terres ; ils ont agi contrairement aux coutumes des Indiens, car ils n'ont pas laissé un seul castor TiTant; ils ont tué mâle et femelle ; ils ont conduit les Satanas dans le pays , pour le partager aTCC eux , après qu'ils eurent concerté de mauTais desseins oonti^ nous. Nous aTons encore moins fait oue les Anglais ou que les Français qui ont usurpé les terres ae tant
m ï/kWÊmi^^ 43
de ii«tiDD$ iôdiemies, et qui les oilt chassées de lëtïr propre pays. Cette ceintcire est une garantie de mes paroles.
» Écotttex, Ydiinoadio, prenez garde, pour Tatenir, qu'un si grand nombre de soldats qu'il en paraît y n'ébranle l'arbre de la liberté planté dans un si petit fort. Ce serait une grande perte , si après avoir si facilement pris naissance, tous alliez rarréter dans sa croissance et l'etnpécber de couvrir votre pays et le nôtre de ses branches. Je vous assure, au nom des cinq nations, que mes gqerriers danseront Sous ses feuilles , aux sons du calumet de paix , et qu'ils resteront tranquilles Sur leurs nattes , et ne déterreront jamais la hache jusqu'à ce que letirs frères, YoriUondio, ou Gorlear, essaient ensemUe ou séparément d'attaquer le pays que le Grànd-EsjArit a donné à nos ancêtres. Cette ceinture est une garat^ie pour mes paroles , et celle-ci , de l'autorité que tu'ont donnée les ctnqjiations(i). »
i685. Après l'expédition française contre les Mohawks, en 1684, le colonel Bongan rencontra plusieurs chefs indiens à Albauy ; il leur fît un Long discours qui contenait les avis suivants : de ne pas tuer les prisonniers français, mais de les garder 5 Dur lès échanger contre ceux de leurs gens qui seraient pris ; e nommer un ou deux sachems ou principaux capitaines de chaque nation pour les aider de leurs conseils dafos la guerre qu'ils auraient à soutenir ; de faire alliance avec les Ùtavrav^as, les Twichtwîes et les Indiens éloignés qui trafiquaient avec les Français , et de donner passage aux Mahikanders^ et aux Indiens dti nord qui se trouvaient chezlesdits Indiens ; d'envoyer des messagers aux Indiens chrétiens établis dans le Canada , pour les engager à retourner dans leurs pays ; de construire un fort sur le lac, afin de mettre en sâreté les vivres, munitions, que lui^ Dongan, avait l'intention de leur fournir pour leurs besoins ; d'enterrer leur maïs bien avant dans les bois, au lieu de le tenir dans les châteaux^ comme ont fait les Onondagas ; de ne recevoir aucun prêtre français ; de se tenir sur leurs gardes, de peur de surprise^ les forces des Français se trouvant sur les frontières, à Cadarachui et Oniagara^ où ils s'étaient bâti un fort, et aux Trois-Rwières^ Montréal et Chambly, Dongan finit en leur conseillant de ne faire aucun traité sans lui (2).
(1) Smith&' hist. of New-Yorky part. II. (a) Idem.
44 CHRONeLOC»» RISTORIOVE
Bientôt après cette entreyae, un corps d'Indiens , compose de Mohawks et de Mahikanders , assiégea le fort Chambly, brûla plusieurs maisons , et amena plusieurs prisonniers à Albany.
Dongan avait voulu obliger les Français à s'adressera lui, dans tout ce qui concernait les cinq nations, et il leur avait refusé le secours qu'ils lui demandaient , à moins qu'ils ne se reconnussent sujets de la couronne d'Angleterre. iVIais le roi Jacques donna des instructions pour ne pas insister sur cet article, et engagea les Mobawks à envoyer des députes dans le Canada, pour faire la paix avec les Français. Cçus-ci proposèrent une suspension d'armes et l'échange des prisonniers, ce que les Indiens acceptèrent. Environ i ,200 |iaturels se trouvaient à cette négociation à Montréal.
i686. A cette époque , la force militaire de New- York consistait en 49O00 hommes d'infanterie, 3oo de cavalerie et une compagnie de dragons. La marine était composée de 9 à 10 navires de 80 à 90 tonneaux , 2o3 barques de 4o tonneaux et 20 goélettes de 25 tonneaux (i ).
1686. Cette même année , la ville d' Albany reçut une charte d'incorporation ou de municipalité sous l'administration du colonel Dongan (2).
1686. Le duc d'York ( Jacques II ) ayant succédé à son père, le 6 février î685, résolut d'établir, dans la province de New- York , le système arbitraire qui exbtait dans la Nouvelle-Angleterre. Au mois de juin , il renouvela la commission de Dongan, qui , avec le consentement du Conseil , eut le droit de faire des lois, et d'empêcher V établissement d'une imprimerie (3). New- York , privée de son assemblée , fut ainsi réduite à la condition d'ane province vaincue.
1686, 16 novembre. Un traité de neutralité poar l'Amérique, entre la France et l'Angleterre, fut conclu à Londres, par les rois Louis XIV et Jacques II, au palais royal de Whitehall. Le premier article dit : qu'il y aura entre la
(1) Chaîmers* Annals, l, ch. 19, note 18.
(a) Albany est situëe sur la rive occidentale de FHudson, à la distance de 144 milles de New-York. Latitadc 430 3S' nord, longitude nQo 5o' de Paris . En 1760, la ville était composée de 35o maisons. Population en 1790 , 3,498 habitants ; en 1,800, 5,349 * ®° i^^o» 9>356 \ en|i8!io, ia,63o; en i83o, 1149^^9 ^^ 1840, 33,7ai.
(3^ Il parait que la Nouvelle-York n'avait pas d'Imprimerie en 1689; car les pièces concernant les insurgés sous Leisler> furent imprimées à Boston. — Chalmers*, book I, chap. 19.
DE L^ÂlfÉRlQUË. - 45
i^ation française et la nation anglaise, paix , union , oonoordé et bonne correspondance , tant sur mer que sur terre , dans FAmérique septentrionale et méridionale , et dans les îles , colonies, forts et villes.
D'après l'article 3 , aucun soldat , gens de guerre ou autres personnes quelconques , qui habitent et demeurent dans les colonies , îles , yilles ou forteresses de sa majesté le roi de France, n'exerceront aucun acte d'hostilité, et ne feront aucun tort ou dommage aux sujets de sa majesté britannique dans lesdîtes îles , colonies , villes et forteresses , et ne prêteront aucun aide en secours d'hommes on de vivres aux sauvages contre qui sa majesté britannique aura la guerre ; et réciproquement.
Par le 4* article, il a été convenu que chacun desdits rois aura et tiendra les domaines , droits et prééminence dans les mers, détroits et autres eaux de l'Amérique , et avec la même. étendue qui leur appartient de droit, et eh la même manière quils en jouissent à présent (i).
1688, le 28 juillet. La province de New-York étant comprise dans l'union des colonies septentrionales , le gouvernement anglais révoqua la commisssion de Dongan, et confia l'administration de ladite province au chevalier , Edmond Ahdros^ nommé gouverneur de toutes les possessions ami" ricaines,
«c Quelle qu'ait été la conduite du colonel Dong^n dans les affaires civiles , dit l'historien de New- York , il ne négligea pas celles qui concernaient les Indiens ; et cependant il mt diseracié pour avoir soutenu, avec trop de zèle , les intérêts de la province {2). »
Chambers fait aussi l'éloge de ce gouverneur : « Quoiqu'il fût catholique , il était patriote , et l'ennemi irréconciliable du pouvoir français. Le peuple vivait sans griefs et sans plaintes sous son administration, qui fut également remarquable par sa sagesse et par sa modération.
1688, novembre. Les Indiens de l'est de la Nouvelle-Angleterre ayant renouvelé leurs hostilités , Andros marcha contre eux à la tête de 800 hommes, attaqua leurs villages , détruisit leurs propriétés et les força à se retirer. En même
(i) Corps diplomatique, t. \II, part. II, p. i4x* Mémoires des commissaires du roi, t. II, p. 81-89. (a) Smth$' NeW'Yorkj part. IL
46f CHRONOLOCIE QfêîTaS^<tt[£
tetaas, il établit de jpetites gornispn» jK>ar protéger le ]^jf oootre d^ npayelles inyasioi^s.
lies eBiieçQi$ d'Andros raccosërent dWoir Toola faire mourir les soldats de faim oa de froid ; mais les gens sinoères reoonnm^nt, dit Chalmers, (ja'il les traita, aa çpntraûre, ay^ ane humanité digne d'un bon général (i).
1688. Projet des Français contre la prosfince dû iVew- Fork. Les hostilités des Iroquois , alliés des Anglais , excî-* tèreot Findignatîon des Canadiens et donnèrent lieu au prgjc^t du cheyalier de Callières, gouyernenr de Montréal, de con« qnérir la province de New-York. Après ayoir communique ce di^sein au gouverneur-général, le marquis de DenonvilU, il passa en France, vers la fin de l'année, pour le proposer à la Cour, coo^me le seul moyen dç sauver la Nouvelle-France. D^ns up mémoire qu'il présenta au minière sur ce sujet , il dit : « Qu^on me donné treize cents soldats et troU cents Canadiens , je descendrai la rivière de Sorel , au lac Champlain , sous jprétexte d'aller Caire 1^ guerre aux Iroquois ; et étant arrive chiez eux, je leur déclarerai que je désire vivre en paix avec eux et que je n'en veux qu'aux Anglais. Orange ( Albanie ) qui renferme 3oo habitants, n'a pour défense qu'une palissade non terrassée et un petit fort à duatre bastions , où il n'y a que i5o soldats. Manhatté (JVcw-York ), la capitale n'est point fermée , mais elle a un fort à quatre bastions revêtu de pierres , avec du canon. Les habitants, au nombre de 4oo , sont divisés en huit compagnies , moitié cavalerie et moitié infanterie. Cette conquête rendrait le roi maître des plus beaux ports de l'Amérique.
Le roi, approuvait ce projet , prit des moyens pour le mettre à exécution. Il rappela de Denonville , nomma à sa
S lace le comte de Frontenac , en 1689 , et mit à ses ordres eux vaisseaux dans le port de Rochefort , commandés par M. de la Cornière.
Le 25 juin , la guerre fut déclarée à l'Angleterre : le 27 octobre, M. de Frontenac arriva à Montréal , où il trouva M. de Bsnonville qui lui raconta les détails de l'irruption des JroqpfÀs dans cette île, le 25 du mois d'août, et l'évacuation du port de Cataraçouy sur le lac Ontario. Découragé par ces tristes nouvelles , de Frontenac jugea alors la conquête de New-York impraticable, et il y renonça (2).
(i) Chcdmers' AnnaU, bock I, ch. 19.
(a) Gharlevoixy Nouvelle-France, t. I, liv. XIX.
i^, le 25 aoât. Le pèro (Siarlefok , parlant ifi cette attaque des Ifo^^s dans Tile de Montràil , dti : « Qa'ils dâbarqaèrent dans la mût, au npmfare de i ^Sop^ aa quartier de la Chine, et , trouirant tout le monde endormi , commenoàrent par massacrer les hommes et mirent le fea aux mai-* sons. Ils commirent mille atrocités : des femmes enceintes forent érentanéea ; d'antres sobirei^t des supplices afifrenx, étant contrainto de tourner la broche pour faire rôtir leurs enfanta qui ^ étaiei^ nus tout yirants ». En moins d'une heure, deuK cents personnes prirent ( i )•
Le comte de Frontenac reconnut que la chose la plus aran*tageuise pou|^ la colonie ser^t de regagner l'amitié dest Iro« qoots. 11 se servit , pour cet objet, du capitaine Goyogouitty nommé Oureouham^ l'un des naturels, qu'il avait ran(iené de France et qui lui ^it attaché (a). Une assemblée de 8o sachems ouvrit ses séances le 28 janvier, et , dans IçuTs dis^ cours, ils montrèrent le désir de conclure la paix avec leurs anciens amis , mais, sans rien faire qui pût donner ombrage aux Anglais. Afin de détacher les Indiens des intéx^ts de cette nation et de ranimer le courage de^ Canadiens , le comte de Frontenac envoya des expéditions dans 1^ cohmies aiv glaises.
1689, 27 juin. En même tems , les Sénécas, les Onon» dagas , Cayugas et Oneidas , renouvelèrent le vieux traité fait, disaient-ils , il 7 a plus de vingt ans , avec un nommé Taguesy qui était arrivé sur un navire dans leur rlyière. « Alors nous devînmes frères et continuâmes ainsi jusqu'à la dernière chute des feuilles', que sir Edmond ^K^dros vint , et fît une nouvelle, chaîne en nous nommant ^es enfants ; mais rattachons-nous à la vieille chaîne par laquelle, n^ons sommes devenus frères. La Virginie , le Maryland et la Nou<r velle-Angleterre ont été compris dans cette chaîne d'ârgenf qui scelle notre amitié. Nous sommes venus pour la rendre polie et brillante. Ils présentent deux peaux de castors. »
Vers le commencement de septembre, le colonel Pinchon^ le major John Savage et le capitaine Jonathan Bull^ agents de Massachusetts , New-Plymouth et de Connecticut , arrivèrent à Albany pour renouveler leur alliance avec les cinq nations , et les engager à se déclarer contre les Indiens de
(1) Charlevpîx» Nouvelle-FK^mce^ t. I, liy. XI F. (1) Yoy. l'article Canada.
48 CHRONOLOGIE HfSTCmiQUE
l'est j qui faisaient la gaerrè aux Anglais de ces colonies et étaient soutenus par les Français. A cette occasion, le sacheài Tàkajadoris prononça, le 24septeinbrey lecLisoonrs.smrant : « Vous êtes les bien-yenus dans cette maison ilestinëe à ârîre nos traités et nos afiaires publiques avec les chrétiens. Hons TOUS remercîoiis de renouveler laxbaine d'aixîitié ; désormab elle ne sera plus de fer> sujette à. la rouille, mats d'argent pur, et comprendra tous les sujets du roi depuis le pays des Sénécas, à l'est, aussi loin qu'il se trouve des sujets du grand roi ; et au midi, depuis la Nouvelle-<Angleterre jusqu*à la Virginie ( là, il présenta une peau de castor). Nous apprenons avec plaisir les bons succès du grand roi sur les Français dont les vaisseaux ont été détruits. Vous dites, dans une de vos propositions, que nous ne sommes qu'un peuple, donnons** nous la main pourdétrnire les Français, nos ennemis communs (i).»
1690, le 8 Éevrier. Le village de Schenectady (2) , situé k la distance de i5 milles au nord-ouest d'Albany, fut pillé et bràlé par 000' Canadiens et quelques Indiens , sous les ordres de Dailhbout de Mantel et le Moyne. Ils étaient partis le 17 janvier, et arrivèrent, après une marche de ^2 jours, à travers une forêt couverte de neige. Us surprirent les ' habitants, dont une partie fut massacrée. Soixante en furent tués, vingt-sept emmenés captifs , et ceux qui échappèrent eurent les membres gelés avant d'arriver à Albany (3).
1689-90. Le roi Jacques ayant abdiqué la couronne, Guillaume, prince d'Orange , et Marie , fille de Jacques , furent proclamés ses successeurs, le 16 février 1689.
La province de New- York fut mise sous la direction de François Nicholson^ en qualité de sous-gouverneur, et de quelques membres du grand Conseil de la Nouvelle-Angleterre. Le changement dans l'administration des affaires fut suivi d'une scène tumultueuse et affligeante. Le peuple se plaignit de ce que le gouverneur Dongan avait accordé aux papistes la permission de s'établir dans la colonie et de ce que plusieurs des principaux officiers s'étaient formellement
(i) Coldens' 5 Indian nations, part. II, chap. i et 2.
(a) Nommé aussi Cor/ear d'après un Français qui s'y était établi avec les Indiens.
(3) A Fépoque de ce désastre, ce village était composé de 63 maisons et de plus de 3oo habitants. £n i83o, sa population montait à 4,a6S indiyidus.
M l'améeiqw. . 49
^^Bcbin^ en faveur de VEglUe eatiialique. La condatfee d'Andros j dans la Nourelle-Ângleterre, ayaît excite rindignatîon g^nà^. Les. habâtants , ne Toalai^ plus fapporter- sa ty. rannie , l'avaient arrêté et renvajé en AB§leteiTé. Plaaienrs capitaines de milice, de New-York, ayant aj^pris cet diyëneipent, s'assemblèrent ponr adopta des mesures afin de «oortenir l'autorité du prince d'Orange. . .
Le oaj^taine Jaci^b* Liisler^ n^ociant ai foillite, se mit à leur tête, et , aidé par son gendre, MMoume, s'empara de la gurnison de New» York, qui était composée des miiieîens^.^ Le $1 i^ai , il entra dans la place. arec 49 bommes. Le co* lonel Dongan venait de résigner le gouvernement à Francis Nicbolson, et s'était embarqué sur un navire pour retourner eii Irlande.
Les autorités, de la ville se déclarèrent contre Leirier, - qui n'avait pour lui, aueQmmenoement,que.quttlqoe8 eoippagnies de milice. Après ^busieurs jours de gnmdes inqaiétadee , des méoontmits firent oooijr le. bruit de l'arrivée de trois < vaisseaux expédiés par le prince d'Oran^. Par cette nouvelle , le parti de Leisler fut augm^ité de 4oo hommes de la ville 4e. New- York et de 70 de Eaat-Cbester, qui r^nlut^nt' dé garder le fort au nom du prince. Ils- signèrent > «ne déolalotion à cet effet, le 3 juip, dans iaquelleils déclaraient nV voir d'autre intention que de nuûntenir la. religion -protestante et de défendre ïe fort de. œtte ville jusqu'à l'arrivée des f)rdres du prince d'Orange. . -
I^isler ayant appris l'avènement au trône du roi' Gtkillaume et de la. reine Mkrœ , . leur envoya- deux lettres pour reconnaître leur autorité , et leur faire connattre sa conduite dans les événement» qui avaient eu lieu depuis le dé* part du colonel Dopgan. Le il j Ain , Nicholson , et un ministre épisoopal, non&mié EnniSy s'embarquèrent pour l'Ângkterre e^ y arrivèrent avant le message de Leisler. Ils firent entendre au roi. que les babita«t8 de New- York , dans le$ menuras qu'iU venaient de prendre , étaient plutM influençai par leuravBrsion oontlne l'Église angUcsme, que par leur zèle pour le prince d'Orange. Le roi , n'écoulillit pas les plaintes payées par Leiskr contre Nicbolson , nomma te dernier^ peu de tsms aprèa^ ai» gauveraemeHt de la Yîiigttiie. '
Le Conseil et les magistrats de New-YorlT témoignèrent vm grand ék»gnement pour Leftler, et tentèrent de s'opposer aux m^esures qu'il prenait ; mais, ne pouvant former vm |nrti asse^ puissant contre lui, ses prinâpaus^ antagoniate» , le ço^
5^ CHROroMMSIK UftTMIQinS
louftl BKfêriy el ConrtbpiA, major delà tiU», te retirerait à
Leisler^ oemgstawt leur iaflaenoe , fome un cooiàé de sAffiéy dont il ae ooMina pré$id€nt.
Au neis de diéoeailM, une dëpécbe du goirremeineiit , du 09 jiitllet) arriva à l'adrette de François Mieholson , pour l'autorUer à prendre radmiimtxvtîon de la prorînee en oaa* IHé de Uentenant-f^UTemeiir jusqu'à nouvel ordre. Ni^olaon ëtM^ Mers cache , Lekler t'emnara de cette lettre ; s'arlygfPrtnt le titre de (ouverneur, u fit assembler son Conseil, le 1 1 dëcifnlire , et nomma huit personnes pour l«i aertîr
soumîfsotj
tttffiers^ possesseurs de fieii , s'adressaient secrètement aux
aalpplés en Conneotionjt pour les prier de les prendre sous
leur JMriflicfcian. Lew demande ayant M refusée , ils firent
leur 4iMniasioii complète am chef.
Le !)6 oebolM», avant l'arriWe des dépéebes du eouTemementy les hnhitants d'Albaaj s'assemblèrsnt; ils résolurent de tenir la ^fifvÀmm et la ville pour le roi Guillaume, et de ne point reçwpwlre Lekler.- lies jages et les écbevms adressèrent uae: le^re à«i ofiders principaux (!>) de la ville de Nnr- York ^ pour Sûre smroir à ce capitaine qu'ils avaient reçu un renfort de 95 hommes de la Nouvelle - Angleterre / et un^ Qçntaine du comté d'Ulster. Néanmoins, ils consentirent à accepter l<ps. seeouffs qu'il lui plairait de leur en- Toyer ppur 1^ défense dsi comté d'Alhwj, pourvu que ces tro^pfs fussent soumises aux ordres de l'assemblée qui avait résolu do conserver le fort et la vitte pour Guillaume et Marif y roi et reine d'Angleterre. Si ledit Leisler persistait à molestev les habitants dn ee comté, les officiers de Mevpi-York étaient priés de piPOtesler tioatre lui et ses associés au nomt 4e i'j^seemlpiMe et desbnhitants , ^n les rendant resjpensables de to^Ues les pertes ,4es dammSuys et eAisâon de sang qui pourraient eioi résnltnr*
Malgré cette déinoosilration , Lcîsler contimu à gpuvemet la provinoQ pas i^i Comité de ïïùroU, esi convention de dét
(0 Pierre de Lancr, Samuel StasU, Sendrick Jeuen,
Veriiiilîé, Gèrardus Ëeclunan» Samuel Edael» Thomas WiUiama et GsMIttawie Lawtebce.
(ft) LeHaoaTsnStMUAt, dâennan, et Joachim Staats, lieutenant.
MiCf y qttll ctHnroqaa dewe few en 169b. Celle ansémiiMo dwtkua PlmvnULnj dbeetoar des douanes ^ pnt» qu'il éM^ caihid%qÊi€j fit enrèler qmiqiies troàpésrpaiiKa ime pvoèl»^ iBâtiêB pour assurer les ettoye«s paisîbrei de sa proteeUoii, et ondonaa dm aetîons de igrà^ |»ouk* la* dëlivranœ de la pro^ TÎtioe« A celle èoeasioa , elle eibcnrlait le peaple à craMA*e Dieu, à honorer le roi et à ne point écouter ceux qui ahuetit lé changen&èHl.
Sur ces en^f ailes , une îmxptiott èx;B Françaiii et des In-^ dioM snr les froalières de 1» {trovînee , aujgiaenta kto tes-* soorèes'de l'usuratteur, cpâ étapl 9 en m^ne tems , renfott^d de 80 homnes du Comsectiout , réussit à gagner le fort et k étaMir soi» autorité dans la tille; h^ principaux kabHaiilK s'enfuirent dans les provinces voisines et leurs bîeils ftirettt confisqués.
Leisler fortifia encmre son pouvoir au moyen d'dne ligue avec le MasSailrasetls , New • Plymouth et Connecticut , diaprés' laqœlle ces distifitts s'etlgageàîent^ à Ibuniir ^o Ikmuiies , pour SÉrét^r les incursions des Français et des Indiens.
Les habitants de New-York avanént tr6uvë' moyen it faire
passer au roi de^ pétitions pour les prier de les protéger ébiitrê
3 celui qui avait usurpé le pouvoir. Letslèr, de son edté, «n^
vora en Angleterre un affidé, nommé Biâggj afin de faire
vaW ses servieeè et de p^Mtyser les éibrts des p^îlicmnàîrès.
16^ Le 8 février, destruélkm du village de Sehenec* tady (t) par un détachement de i5o Français {cioùi^eurs des dois) et Indiens, expjédiés de MontHial par le comte de FVôn^ tenac; sous le commatadeineMt du capitaine fftf^êi.
Bmïs la letttie du i5 du même mois du colonel Sdmyler, maire d'Albany, adressée aux chefs des colonies^ voisines', eoneemaht oette affaire^ il dit : Que les -fVançais, à leur atti^ v^e piés de la bourgade, étaient tellement épVisés par le !h)id et la' fatigue, que lès commandants étaient disposés à se rendre prisonniers de guerre ; mais qu'ayant apprH par leurt batteurs d'estrade qui s'étaient glissés 'dans le village sans être apevçiM , que les portes se trouvt^nt oaveites et les ha^ bitsttts sans aucune crainte d^un ennemi , ils y entrèrMt vers le» n heures du solh, divisés en partis de six à sept hommes , et investirent à la fbts toutes les maisons , en fermanft les portes avant que les habitiaits eussent eu le lems de se
(t) Ce village, situé à i5 milles i/a de U cité cTAlbanyA était alors composé de 63 maisons»
5!| CHRONOLOMB ' tilSTMlQtJe
kfar* On éreatra 1^ femmes enoAntet, on jeta letenfi^Ht daos le feu, on les brisa contre les murs ; 60 indtTidas fdi«ttt nassacrés, et 20 iûts prisonniers. De ceux qui se sauirèinnt ntts à Albanj, »5 perdirent les pieds par le firoîd. La YtUe fut livrée au {filage, et environ 4q des meilleurs ohevaiux fureni emmènes par l'ennemi. Le reste , ainsi que le bétail , futtuédans les rues (i).
Les Indiens Caghnna^as qui accompagnaient cette expédition étaient autrefois Ués avec le8«M<Hfawks. Ceux-ci se joignirent à ijuelqueç individus venus d'Albany, powrsmivi* r^nt renpemi) et tuèrent ou prirent ^5 hommes de l'arriàregarde. Les hantants de cetle viUèy fioa^ppésde terraur, se dis* psisaWnt à f ttir Wsque plusieurs sacbems y arrivèrent pour les engager à rester.
Bientôt après , les Mobawks ravagèrent les frontières du Canada. Les députés français qui avaien^été envoyés pour £iîre la paix avec eux furent maltraités et livrés aux Anglais.
Le chef des Mohawks/ après la destruction du village de Sc^enectady, fit un discours aux magistrats d'Albany dont voici un extrait ;
« JVIes frères, nous défions la perte de tant de nos firères » iimt le sang a été i^pandu à Schenectady. IVous ne pen- » sons pas que œ que les Français ont fait puisse être appelé » une TÎctoire; ce n'est qu'une nouvelle preuve de leur. » cruelle dissimulation. Le gouverneur du Canada a envoyé » à. Onondaga pour nous parler de paix avec toute notre » maison ; mais la guerre était daqs son coeur. Autrefois il ]» £t de même à Cadarackui, et dans le pays des Sénéoas, et » aujourd'hui il agit encore de même ici.
» Mais nous espérons bien en être vengés ; une centaîaie de il ,nos {dus braves jeunes gens sont à leur poursuite. Ils sont » ^tes, et suivront Jes. Français jusqu'à leurs portes; nous |i; les observerons de si près que pas un bomm^» tdîms le
# Gauada, n'osera s<Hi;ir pour couper un morceau de bois; » miais à présent, rassemblons nos morts afin de les enterrer. » Mes (rà^Sy il y a trois ans que nous étions engagés dans j» .une guerre sanglante avec les Français, et vous noun encou- » Kagie» à la continuer. Nos succès . ont répondu à nos espé* » ranges ; mais nousavions à peine commencé quand Corlear » nous a arrêtés. Si vous nous aviez permis dé continuer, les
• Français ne nous auraient pas causale mal qu'ils nous ont
(1) Vojr.Charlevoix, Noiyelle-rrançe, II,Uy. Xîy,eiCqidfn$'51n' dian nations ^ chap. 4* *
M L'ABfÉRIQm. 53
» fiitt ; nons les aurions empêchas de semer, de planter et » de nfoolter. Noos les eussions humilia, tandis qu'à présent » nons snooombons. L'obstacle que tous ayee apporté nous » mine. D'après cela, soyons pradents, et à Tavenu*, n'adop- » tons pas de fansses mesures, mais continuons la guerre vi- » gooreusement. » (L'orateur donne une peau de castor.)
« Les firères doiyent yeiller soigneusement, et si l'ennemi » paraît encore, yous en serez prévenus plus fODmptement. Ne » désertez pas Scbenectady ; Vennemi se réjouira s'il le yoit » abandonné, et cette faiblesse au|;mentera son courage. » Fortifiez la place, elle n'est bas bien défendue ; les barri- » cades sont trop basses , les Indiens peuyent sauter par des-> » sus. » (Il donne encore une peau de castor.) (i)
1691. Henri Sloughterj qui ayait été nommé gouyernenr de la province, le 4 janyier 1689, arriva à New- York , le 19 mars 1691, et y publia sa commission. Elle lui accorda le pouvoir exécutif , et il avait une part dans la législature. Le Conseil était composé de membres nommés par le roi ; l'assemblée des délégués de chaque comté élus par les francstenanciers. Le roi se réservait la révision des lois. Les habitants, sous les armes , se présentèrent devant le nouveau gouverneur, pour maintenir l'autorité royale. Il somma Leisler de rendre la place ; mais œlui-ci s y étant refusé , Slougbter fit une sommation, et alors Milbourne et de Lançy sortirent du fort sous prétexte de conférer avec le gouverneur, qui ne youlut pas les écouter, et les fit arrêter. Leisler, voyant sa cause perdue , abandonna le fort et fut aussi arrêté, ayec plusieurs de ses complices.
Sous ces heureux auspices , le gouyemeur commença l'administration de la province qui fut encore séparée de celle de la Nouvelle-Angleterre. Leisler fut traduit devant une commission spéciale (2) : déclaré coupable de trahison et de meurtre, il fut condamné à être pendu, ainsi que son principal associé, Milbourne.
7 mai. Le gouverneur Sloughter dans sa lettre de cette date adressée aujsecrétalre d'Etat, donne les détails suivants concernant cette importante affaire. « J'avais l'intention de » ne pas aller à la ville avant l'approche du vaisseau de guerre: » mais ayant appris la détresse des habitants, je m'y rendis » dans la pinasse et trouvai tout le monde sous les armes.
(1) CoUenê* 5 Indian natiorU , part. I, ch. 6.
(2) Composée de Thomas HobinsoD, le colonel Smith et autres.
54 GHRONOiiOCMBB HISTORIQUE
» Près de /ioo hommes 46 la cdH^aiie ëtaitat aocDuras » Bo«r défendre la cite et les magasloa de leor» ma)e»td» contre B LeUkr : œluÎHx avait levé 3ao bounneB et fortifié le fort, » déclarant par proclamation les halntanta traîtras y papistes » et partisans du roi Jacfiies, roulant renaetire le pa^ aux » Français. Non-seulement^ il refusait .de reconnaitra les » ofliciers de leurs majestés, mais il se mit en hostilité ouverte » contre eux, en faisant des sorties du fort pour arrêter les » citoyens , et tirer sur las sentinelles. A mon arrivée, je fis » publiquement lire ma commission , je prêtai serment, et le fis » prêtera tous les mjcmbres du Conseil qui étaient en liberté. n J 'envoyai ensuite le major Ingoldsby demander oue le fort » fût immàliatement délivré, et que les membres du Conseil 9 qui étaient détenus fussent mis en liberté. Leisler refusa » ces deux demandes, prétendant ne pas me connaître , ne » Toulant, dit-il, traiter avec aucun gouverneur sans des yi , ordres exprès de la main du roi. Cependant le même soir, » ' il envoya un nommé Stol qui m^avait vu en Angleterre, Y» pour s'assurer si j'étais bien celui que l'on disait avoir été » nommé gouverneur. Cet homme me reconnut. Alors je re- » nouvelai ma sommation , et il me fit dire que le fort ne se- » rai pas délivré à des conditions aussi simples. Je résolus » aussitôt de faire avancer le vaisseau de guerre , afin de » commencer l'attaque. Leisler envoya alors son secrétaire, » M. Milbourne et M. de Lancy pour proposeï- une capitu- » latlon ; mais au lieu de traiter avec eux, ]e les fis arrêter et » j'envoyai le major Ingoldsby pour ordonner aux partisans » de Leisler de déposer leurs armes, et s'emparer de lui et » de son Conseil. Après quelques contestations , la plupart n des hommes mirent bas les armes , et le major fit con- 1» duire les prisonniers devant moi. D'api'ès Tavis du Conseil, » une commission fut formée pour juger Leisler et son parti, n accusés de meurtre et de trahison. Six d'entre eux plaîdè- » rent leur cause, et furent trouvés coupables. Leisler et » Milbourne refusèrent de se défendre , et tous deux furent n condamnés à mort. Les pièces du procès vous serotit en- » voyées ; elles vous prouveront qu il n'exista jamais de »^ plus grands scélérats. Je suis fortement sollicité de les » faille exécuter ; mais j'attendrai les ordres de leurs ma- » jestés, si par d'autres mesures je puis tenir le peuple tran- » quille (i). »
L'assemblée et le Conseil importunaient le colonel Slough*
(i) Chabncn* poUtkal danaU', book l, ck- ïq, note 5^
1er pour «pi'il &t e^kml^er LeMer àkmk ^œ toa eottipiioe; «uuiB le §MiT6rttear tanforisaît i «toee 4e lenn acrnces eil faveur de latévoluiîon. Ne poaTant f9a k(^igqeroaYerle»iesit, les principaux membres rînyitérent à un gran^ rtfmi , et aporàs l'ayoÎT fait beascoop boire^ iU lu firent gi^er la sentence de mort, et les condamnés fnrent exécutés «nr-lechamp.
Le fils de Lebler présenta au roi Goillaume une requête contre le goaverneary qoi fat soumise aux lords commissaires du commerce. Après avoir bien examiné cette a&ice, ils décidèrent, le ii mars 1692, « que Jacob Leister et Jaieob Milbourae ayaient été condamnés et punis suivant les loî^ ».
Néanmoins ces commissaires intercédèrent pour leurs familles auprès de la reine Marie, et le Parlement, le 12 novembre 1694? ordonna «qu'on rendît les biens des défunts comme dignes de sa clémence >». On restitua les propriétés, et les enfants de Leisler furent réhabilités ( i ).
ItSL première assemblée après la révolution anglaise s'ouvrît le 9 avril. EUe était composée de dix-sept membres ; mais les deux pour Queens' Connty étaient quakers, et ne voulaîeht pas prêter je serment requis : ils furent renvoyés d'après la décision de deux commissions nommées pour examiner les titres et qualités des membres dont la liste était présentée par les sViériffs.
Cette assemblée commença ses travaux en déclarant que la conduite de Leisler avait été en opposition aux lois, àttentative aux droits de sa majesté, et son refus de rendre le Tort un acte de haute tralûson. Ils présentèrent une adresse a^ gouverneur pour exprimer leur désapprobation de tbUti tés prooédà rebelles, arbitraires et illégitimes des derniers usurpateurs ; l'assurant qu'ils étaient prêts à donner leurs vies et leurs biens pour le maintien de son administf atton et celui du gouvernement.
Ensuite la chambre statua que tc«ites les lois de l'assem^ blëe qui n'avaient pas été ratifiées et approuvées par son altesse rojale , ni par le dernier roi, seraient nulles et sans effet, ainsi que les, ordonnances feites par les gouverneurs et lesGonseilè précédents qui étaient contraires àla coûstitutton d'Angleterre.
Dans cette prettffère session, on passa plusîears lots importantes. Il fut décidé :
(0 Smiih9' New-Yorhy part. III.
56 GHROAOLOOIE HISItmiQtJE
i^ Qaele montant des èenitr» {mblics serait remis entrft les mains du recerenr général pcmr lÎRitre dies paiement» sur les mandats du gouvemeur, ce qui le rendait indépendant dupe«]^e;
2<> On établit des Cours dejudicaturt en abolissant Vancitnnt Cour des assises. On nomma un grand- juge-mage^ quatre juges assistants , et un procureur-généraL On assigna au premier, Joseph Diidley, un traitement de i3o livres sterling par an, et au second, M. Johnson, loo liTres, payables snr le trésor public. Les autres (i) ne devaient recevoir aneun salaire.
Un troisième acte déclara qae les habitants de la colonie avaient le droit d'envoyer des représentants à l'assemblée, et de jouir de plusieurs antres privilèges, comme sujets de la Grande-Bretagne.
Les instructions suivantes furent données à tous les gouverneurs ]^r le gouvernement anglais : Chercher les moyens de convertir les noirs esclaves et les Indiens ; promettre la liberté de conscience à tous, les papistes exceptés ; veiller au service divin ; que les livres de prières fussent lus, et les sacrements administrés 'suivant les rites de la religion anglicane; faire en sorte que les églises fussent bâties, le clergé maintenu, et que la dime leur fût accordée ; que les paroisses aient une étendue convenable ; qu'aucun ministre ne se présente sans être muni d'un certificat de l'évéque de Londi^s , attestant qu'il se conforme entièrement à la doctrine et à la discipline de la religion anglicane, et que sa conduite est irréprochable.
I^ gouverneur fut aussi autorisé à donner des ordre» pour que le ministre assistât aux assemblées tenues dans la sacristie par les principaux paroissiens , et que ces réunions n'eussent pas lieu en son absence. Il devait dénoncer à l'évéque de lA>i)dres, tout ministre qui prêcherait sans avoir été ordonné ; maintenir dans la province la juridiction ecclésiastique de l'évéque de Londres ; veiller à ce qu'aucune école ne fût établie sans une licence du même prélat j avoir soin qu'un registre de tous les mariages fût affiché dans chaque église, suivant les canons de celle d'Angleterre; recommatiKler à l'assemblée de passer des lois contre l'immoralité ; transaiet-
(i) WiUiam Smith^ Etienne Yan Gourtland, Guillaume Pinhorne et M. Newton.
DE l'aMIIHiIQIIIE. 5^
tre À la' Cour nu denottilireiiiettt d« peuple ; enfin leiirQ tenir un regitlre des baptêmes et funërailles.
Lord Cornbnry , t^ulant faire mettre à eiécation le dixiàme de ces articles, trouva de la part des habitants une si forte opposition, qu'il iut forcé d'y renoncer.
23 juillet. Le gouverneur Sloughter étant deretour à New- York, y mourut subitement. Le Conseil^ soupçonnant qu'il avait ëtë empoisonne, fit examiner son cadavre par des médecins et des chirurgiens qui ne trouvèrent aucune trace de poison. Il fut alors enterre dans le tombeau où reposait Stujvesant.
D'après les lois, le Conseil prit la direction des affaires publiques. Joseph Dudley en fut président ; mais le commandement en chef fut confié à Richard Ingoldsby^ lieutenantgouverneur, et capitaine d'une compagnie franche ; et le premier ne fit aucune opposition à cette dédsion du Conseil , qui agissait de concert avec l'assemblée.
Escarmouches entre les Anglais et les Français. Pendant Tété, le major Schuyler, à la tête d'un parti de Mohawks, traversa le lac Champlaln pour harceler les établissements français situés au nord. Il rencontra dans une prairie un corps de 800 hommes commandés par de Callîères ; il en tua environ 3oo en différentes attaques. ^ Les Mohawks continuèrent leurs excursions sur les frontières du Canada , et de Beaucourtj jeune officier françab» fut expédié avec un corps de 3oo hommes , pour les attaquer dans l'isthme de Niagara ; pendant sa marche à travers un pays couvert de neige, il mt arrêté par les Mohawks qui lui résistèrent jusqu à ce que la plupart d'entre eux forent taillés en pièces (i). Après cette affaire, les Indiens réussirent à couper aux Français le passage du lac Ontario et la rivière qui en découle (2).'
Le code de New- York établi en avril 1691, contenait les dispositions suivantes calquœs sur les lois de l'Angleterre. Le gouvernement se composait d'un gouverneur ou commandant en chef, de douze membres du Conseil, nommés par le
• (i) Smiths' New-York, part. III.
(a) CbarlevoU ne parle pas de cette affaire, mais il dit qoe Taonée SttivaDte, M. de Beaocoart étant arrivé près de Ttte de Tonihatfit en deçà de CaUracouv , y rencontra 5o Tsomionthouans : il en tua 34» en prit 16, et délivra an officier nommé La Plante. — La Nouvelle* France, t. Il, liv. XV.
58 GHEOnOIiOrai BISTORIQUE
ffoîyqiielefMfaniMra'nitt «uaMik droit decboUir^eii €m de mort et d'ëTënement finiaiiit , et de rkigt-eept repràen*tant» ans par le f^iiple. L'admmiatmtiondesaffiùrespubliqmd$ était d^voloe aa ggnwnear et aa Goaseil» atee le coasentement de cinq membres aa moîas* Le premier de ces membres remplaçait le gouvemeiir en cas de mort oq d'ab- «ence^ L'assemblée était oonyoqaëe toos les ana. Chaque foDctioniiaire oo membre d'ane cocporatioa pajant 4o scniBllings par an, poaTait voter à l'élection des représentants. AucuD membre ne pauvsùt être arrêté pendant la session, excepté pour trahison ou félonie. Tout habitant derait être ju{;e par ses pairs, et par la sentence de deux personnes choisies dans le voisinage ; dans tons les cas, celui de félonie ex*oepté ainsi que celui de trahison. La caution était accordée en fayenr de l'accusé. Aucune taxe ne pouyait être levée sans avoir été votée par l'assemblée générale. Les hommes libres (les maîtres d'auberge exceptés) étaient exempts du logement à fournir aux soldats ou aux matelots, à moins que ce fût en tems de guerre. Tout testament revêtu de la signature de trois personnes était valable ; toute religion, la catholique exceptée, était tolérée. Les ordonnances portaient ce titre : Par le gouverneur^ le Conseil^ rassemblée générale de la province de New-Fork.
Les juges de la Cour suprême étaient nommés par le roi et par son Conseil ; quelquefois provl^ionneilement par le gouverneur.
1693» !29aoùt. Le colonel Benjamin Fletdier arriva en qualité de gouverneur, et sa commission fut publiée en plein Conseil (i). Il apporta un présent d'armes et de munitions pour la oolonie. Le Conseil et l'assemblée rédigèrent une adresse an roi pom* exprimer leur reconnaissance , et le prier de donner l'ordre aux colonies voisines de se prêter à la dé» fense de la ville d'Albany. Ils se j^aignirent aussi que, par une suite de fréquentes concessions , la province ne renfermait plus qu'un petit nombre de villes et de villages, et que le nombre des habitants en état de porter (es armes n'excédait pas 3,ooo individus.
(i) Ainsi composé i Frédéric Philipps, Etienne Van Coartland, Nicholfts Bayiurd, Gabriel Mientille, Chudley Brook«, A^lfiam ï^icoll, Thomas Wittet, Thomas Johmen. Pinbome et Joseph Dudley n'étant pas résidants du pays^ IÎBM*ent exclas du Goaseil. Ils furent remplacés par €aleb Heatheot« et #ean Yoang. WHliam Smith fut créé jcigemage.
Fk^char , ayant appris qœ peiswaie , 4hm la peavioe^ œ connaissait miea& que Schajler les affaires des cinq nati<nis y et qu'il ayait un grand ascendant sur elles, iai donna sa Gonfiance, at le noimna meralure d« Conseili k a5 «octobre. Par ce moyen, Fletcber acquit bieaucoup de crédit day la colonie. Sans cette drconstance^ dit rhistori»;i de New-'ïork, son caraetèra bouillant et emporté, son hypocrisie et son avarice l'auraient rendu odieux aux habitants et auraient causé beaucoup de désordre dans la province. < 1692. Par l'influence du gouverneur Fletcber, rassemblée de New- York passa un acte pour le maintien du clergé , au moyen dnq|uel VÈglise ^iscopale fut fondée.
La première imprimerie de la province de New- York fut établie dans la ville de ce nom par Guillaume Bradford, La même année, elle prit le titre d'imprimerie du ^uverne- , ment. On j composa le recueil des lois de la colonie dans un petit volume in-foUo (i).
Cette m^e année, la province fat divisée » par un acte de l'assemblée, en dix comtés: i® New-Fork; 2® PFest-Chtster; 3° Dutchess; 4** Albany, 5*> Ulster; 6° Orange; 7® Richemond;8° Siiffhlk; g^ Kings; 10° Queens (2).
1693. Expédition française contre les Iroauois. Yoki les dàails que donne Cliarlevoix sur cette expédition en 1693. L'année d'avant, 800 Iroquois avaient tenté une attaque contre la colonie française ; mais étant arrivés au saut Saint- LouiS) ils n'osèrent s'ayanocr plus loin , et se retirèrent. Les Agniers prétendaient avoir des liaisons avec ceux qui habitaient près du ^ut , ce qui inquiétait le comte de Frontenac, et il se décida à £aiire maix)her un corps d'armée contre enx. Il se coursait de 600 hommes, savoir : 3oo Canadiens, 100 soldats , quelques Hurons de Lorette et des Abeaaqsis du saut de la Chaudière, des Algonquins , des Sokokis des environs des trois rivières, et des Ircquois du saut et de la Montagne. Le commandement fut donné à M. de Gaillîères, qui avait pour lieutenants MM. de Mantety de Courtemanche et de la Noue, Le général avait donné ordre de ne faire quartier qu'aux femmes et aux enfants destinés à peupler les deux bourgades chrétiennes de leur nation.
Cette armée s'embarqua le 25 janvier à Montréal , et ar-
■ • il ■! ■■■«■^ I I ■■ I II .1 I-..I I.IIM
(1) Tîiomas' history ofprintùtg, tl, 91. Worcester, 1810. (a) Smiihs* New-Yori. Cet auteur dit qu'on forma t^ PoptAs î inaif 10 «eulement sont dénommés.
6o CHRONOLOGIE HfSTORIQtJE
rira, le 16 férrier, dans le canton d'Âgiiier qui renferraatt alors trois bourgades, dont chacune était protégée par un fort
On réussit à s'emparer de deux de ces bourgades sans épzyuver beaucoup de résistance ; mais les guerriers de la troisième, au nombre de qnai^ante , se défendirent yaillamment et ne cessèrent le combat qu'après que la moitié eût été tuée. Au moment de l'attaque , ils faisaient entendre leurs chants de guerre, et se préparaient à renforcer -un corps de 200 Anglais qui devaient tenter une incursion dans le Canada. Les boursades furent détraites de fond en comble. On fit beaucoup de prisonniers ; mais les Iroquois qui étaient sortb du canton d'Agnier refusèrent de massacrer leurs compatriotes qui s'étaient réunis à 5o Onneyouths poursuivant les Français et les obligeant à combattre. Ils perdirent 8 hommes et 8 Indiens, ta furent blessés. L'armée retourna à Montréal, le 17 mars, amenant 64 Indiens prisonniers (i).
Le i5 février, le colonel Schuyler marcha contre les Français à le tète de 200 Anglais et d'environ 3oo jeunes Indieiis mal armés. Il rencontra l'ennemi le 17 : après quelques escarmouches, le capitaine Syms vint le joindre ( le 19). Les Français s'étaient retirés la veille , en traversant sur un glaçon, l'afflaent septentrionale du fleuve de Hudson. Le froid était très-rigoureux , et les Mohawks n'étant pas disposés à se battre , Schuyler se retira , le 20 février, ayant perdu 4 de ses gens et autant d'Indiens , et 12 blessés^. Les Français en eurent 80 de tués et 3o de blessés. Dans cette expédition , les Mohawks , manquant de vivres , mangèrent les cadavres des Français et le cuir de leurs souliers.*
Le gouverneur Fletcher, qui avait recula nouvelle de Finyasion, le 12 février, s'embarqua , deux jours après , sur le Hudson , avec 3oo volontaires , et , le 17, arriva à Schenectady. Les Indiens, charmés de la promptitude avec laquelle il leur amenait du secours, lui donnèrent le nom de Cayen-guirago^ ou grande flèche qui fend l*air ai^ec rapidité (2).
1693. Le gouverneur Fletcher revint à New -York, au mois de mars, et reçut les remercîments de l'assemblée, qui
(1) Nouvelle-France, II, ch. XV. Smith dit que les guerriers du premier château, ou bourgade, tuèrent 3o Français à leur entrée, et que le gouTerneur lit 3oo Indiens prisonniers, voy. JUstory of New- York, part. III.
ta) Smifhs' New-Vork, part. III.
900Ctàà6,oto Ivne^B sterling pour eorMer 3oo volontaires, pendant an an, pour U défense de la provinoe.
Bientôt après, «ne mësintelligenoe éclata entre la Chambre et le gouTernenr an sujet des ^lises et des écoles. Gélai-ci, attacné à la hiérarchie épiscopale, voulait introduire dans la ookmàe des ministres et des maîtres d'écoles anglais. La ChamlilTe refusa d'adopter cette mesure et résolut de conserver la langue hollMudaise et la forme de Téglise de la Hollande. Vers ia fin de la session, le gouverneur réprimanda la Ghandm qui réelama le droit accordé par un article de la capitulation et iespriviléges de la grande charte.
Au mois de septembre , le gouverneur convoqua une nouvelle assemblée et lui proposa d'établir des ministres dans la colonie ; de faire bâtir une chapelle et de composer un revenu pour réparer les fortifications. Il montra tant de zèle concernant le culte, que là Chambre se trouva obligée de nommer un comité, le la septembre, pour délibérer sur cette motion. Après plusieurs débats , on décida de borner rétablissement des ministres aux paroisses de quatre comtés. On passa le blll à cet effet, le al décembre, et on l'adressa au goitverneur, qui le renvoya avec cette correction : « Que son excellence nommerait à tous les bénéfices , et qae son approbation sera nécessaire pour confirmer le droit de promotion des élec^ teurs ».
La Chambre refusa son consentement à ces modifications. Irrité de ce refus , le gouverneur fit réunir diez hii les membres de l'assemblée, auxquels il adressa le diacoors le plus virulent. « Vous agisses , » leur dit-il , « comme si vous » éiiex des dictateurs : j'ai fait dumger trois ou q^atre mots » dans ce bill , et vous refusez d'y souscrire ! Une pareille » conduite est très-inconséquente. Vous avez rejeté tous les » changements faits par le Conseil. Cette expression , ceci a » pasêéj indique clairement votre mauvaise volonté , et que X vous vous trom]|^ étrangement ; car leurs majestés m'ont » donné le pouvour de nommer et d'interdire les monstres 9 établis dans mon gouvernement , et je veillerai à ce qu'il » n*y ait ni ha:ésie, ni sédition, ni rébellioB parmi vous. Vous » n'entrez (|ue pour un lien dans le pouvoir lé^slatif ; le » Conseil y participe aussi , car il ne difière en nen de la » Chambre des pairs , ou de la Qiambre haute. Vous -avez » inutilement prorogé votre Chambre qui est devenue à charge » au pays en eiiigeantdix schelKngs par jour. Pourquoi ne » réduiseai-vouy pas votre traitement , vous qui êtes si em«^
6» GHEONMMU KIdTMiQCE
» Mvttéfà&mdiiBMiaerctMdesfe^^ en»
» le goayernemaift. Voilà, BMsrâor» ^ toot OQ que ]'ai à tMflt » dmpoiiFlepi^eiit ;ratoiira€s dba Touftafinée Tiquer à » TO» affav«iB y )e TO«a profoge JMqa'a» lo jaoTiar prow » cbaii^. »
Mal^ cette aoriie, l'anemblëe oontmda le rereDaâaUi TaxiBée précédente pour cin<| ans y el sans a^oir de ttésAT ; car ie montant das taxes était versé dans la eaisae dâ reoe^ veur-g^néral ; celui di payait sur fes mandata dagem^meav^ qui y par eq snsQreii 9 se ttonvalt iadépendant. NéaBmofas , il Ait si méconteoit de la conduite de l'assemblée, opi'il pro^' noDça sa dissolution aussitôt après la proiP^tkiii.
16949 nars. La nous^tUé assemblée commença la session, (pii ne dora que jusqu'à la fin de ce moisi. Elle se réimit en septembre, et après a^r examiné les comptes pnblics eH les registres des Tolontaires à la solde de la province y elle exprima son mécontenbement contre k recevenr-général. La damandeda goutemeur ponr Tentretien de nouvelles recrues, el des solésits da roi qni venaient d'arriver, occasionna de fortes oowtestations dans l'assemblée , qui , néanmoins , accorda «n bitl poar la dépense d'une centaine d'hommes sur les frontières. Le goni^rneur prorogea l'assemblée, qui, au printems suivant , lui demanda la permission de faiiv' imprimer une analyse de ses travaux afin de les rendre publiés.
Lé II avril, la Chambre déclara que ^ d'api^ès la requête des am^uilliers et l'assemblée de la sacristie et des etntjf églsoes de fiievr^York , ik avaient le drbit de cboisîr un Hoinistre protestant dissident, et de pourvoir à son entretien.
Le oamte de Fvonlenac envoya un détachement de 3ôo bommes à l'isthme du Niagara, pour surprendre les Mobawks pendant qu'ils se trouvaient à ta chasse. Ce ^tachement en iiencotttra un petit nombre dont quelques-uns furent ttiés , les a«lras fidts priastmiers , et conduits à Montréal , où fl* ftinsit brèlés vîfe. £n revanche, les Moliawks brMèrent 10^ captifs des Dw^^ttgtmga.
Le ealonel Fletcher convoqua une aotm assemblée au mom de jaÂn. il y présenta une liste des OQSitrîbnitiotns que le» différentes colonies devaieM fournir pour confimier k guerre cootM^les Français*
Voici cette liate' des quole-parts d'aprè» Foi^dre du roi f Maésariittsistta, 35o Hyrea; Ne^*-York, 260 ; "V^^^nte, sifo ;
M L'AMAilf«U£« 63
I«knd et ProTidenoe^ 4^.
l/soÈemhlée, ne rocilant pas lerer de notiyetles rectties dans la prorf noe, fit une contribution de i ,000 livres sterling^ doni la moitié était destinée aux officiers et soldats anglais , et l^autfe pour le gouverneur^ <}ui refusa d'accepter ce présent.
1696. Érection de l'église épiscopah de la Trinité dans la ville de Ne!vi^*Fork. Elle a i48 pieds de long sur 7a de large, et s'a hauteur est de lyS pieds. Au-dessus de la porte se trouve l'inscription suivante :
Per angwtum
Hoc Trinitatis Templum fiaidaUmi est anno regni illustrissimi, supremi, Domini Guiielnù tertii. Dei gratid; at^litCj scQtiœ $t hibemùt Regis^ Fidel dépensons, etc. Cktavo aunoquc Domini, 1696.
Ac votuntarid tjuêmmdam contributiùne ac dénis «di^ fiaUufà^ maxime auiemj dilecti régis ChiliarchœBenjamini Fludterj hujus proifinciœ stratœci et imperatoris^ munifi'^ centia animatum et auetum, cnjus ttmpore moderamini» hujus cisfitati'ê incotce, Religionem Prqtestantem ecchsiœ anglicam€gj est secundtwi legem nunc stabiUtatœ profitantes':, quodam diplomate, sub sigilio protnneiœ incorporatè suntyOtque allas plurimas, ex si sud familiari, donation ne» notaàiles eidem dédit.
Cette église fut augmentée en lySy. On voit encore sur les' murailles les armoiries des principaux donateurs. Le traitement du recteur était fixé a 100 livres sterling par
Plusieurs autres a(^ furent, rendus pendant l'administration de Fletcher, pour établir des foires et marchés publics, etc. ; mais 1q plus important fut celui relatif à l'et^-». bUssement d'upe imprimerie.
Kid, muni d'une commission, partit de Pljmo^th au mxÀs^ d*avrîl, pour le port de New-York ; mais au ,lieu de cher-» cher les pirates pour les arrêter, il devînt pirate lui-même, brAla son navire , et se rendit à Boston. Il y fut arrêté par ordi^ d«:aativ«m0iir^ q^i écrivit awsÉitrétaure d^Btat po«r l'ettvoyier ckevcher. Celui-ci expédia le vaisseau de gtierre h'
I wimm I 1 1 I
{\) Smith* i New'Yorkf geographfcal description cflTew^Yoré,
64 GHRONOIiOGU HtSTOWHtUE
RochêsHr poor cet obje^ ; mais ce navire rerinU en An(^terre sans le prisonnier. Cette ciroonstanœ fit n«âtre des soupçons parmi les tor^s, d'une intelligMice secrète entre le ministre et les aventuriers qui s'étaient mêlés de piraterie. Un membre de la Chambre des communes proposa de priver de leurs emplois tous ceux qui y avaient pris part i mais cette motion fut rejetée à une grande majorité.
1696. Expédition françaist contre les Mçhawks, Jue comte de Frontenac ayant réparé le fort qui portait son nom, se décida à attaquer les Mohawks avec une force considérable, composée de troupes régulières , de miliciens et de plusieurs tribus indiennes , savoir : des Iroquois du saut Saint-Louis' et de la Montagne, des Abenaquis domiciliés, des Hurons de Lovette, des Outaouais, des Algonquins, des Sokokiset desNipissings ( I ). On en fit deux bandes.
L'armée partit de la Cbine (Montréal), le 7 juillet, dans Tordre suivant : Tavant-^arde, composée de dieux bataillons des troupes, et la première bande des Ladîais, étaient sous les ordres de M. de Gaillières. Elle était piécédée de deux grands bateaux portant deux pièces de campagne et des mortiers. Le comte de Frontenac suivait avoc beaucoup de canots, sur lesquels étaient un arand nombre de volontaires, et Le Fasseurj ingiénieur en chef. Les quatre bataillons de miliciens étaient commandés par M. de IUmu^^ et la seconde bande des Indiens par le clievalier de Faudreuil. Le i^, l'armée arriva à Cataracouy, et le 38, à l'entrée de la rivière de Cbouguen (2), qu'elle longea ^ çt s'avança jusqu'au lac de Gannentàha (3), où Ton trouva pendu à un arbre deux paquets de joncs qui en renfermaient i,434 morceaux, nombre des gueiTiers qui attendaient les Français pour les combattre r L'armée ayant traversé le lac, continua -sa foute, et arriva près du grand village HOnondaga, auquel les habitants avaient mis. le feu et s'étaient retirés. On trouva dans le bois un vieillard centenaire que les Indiens mirent à la torture. Jamais, peut-être, homme, dit Charle voix, n'a été traité avec plus de barbarie, et n'a témoigné plds^ de grandeur d'âme. Ils ne purent lui arracher un soupir. « Vous
(1) Sttilh, dans ion lûttoîve de New-York, AH que les ladien de cette eipéditton ëtaiektt le^ Owenaguogas, lei Qofloghiei de Loielle, les Adirondacks, les Sokakies, les Kipiciviniciens et les Utawawas.
(n) VOnoruUga.
(3) L^icà^Onondaga,
HE L'AMiRiaiœ^ as
êtes, leor dît-il, les esdaTts des Français. » On lui denna deux ou trois coups de couteau pour l'acheyer, alors il dit : « Tu aurais mieux fait de ne pas ahrëger ma yie, tu a«rais » eu plus de tems pour apprendre à mourir en homme ; » quant à moi, je meurs content, parce que je n'ai aucune » bassesse à me reprocher ».
. De Yaudreuil, après ayoir raTagé ce paj^s, revint au camp a\ec environ 35 hommes, la plupart prisonniers français, qu'il ramenait, et plusieurs d^ prindpaux chefs du canton d'Onneyouth qui firent. leur soumission à M. de Frontenac. Le gênerai retourna à Montréal, où il arriva le ao, n'ayant perdu que 6 hommes, et par divers accidents (i ]•
Les Mohawks continuèrent 4 faire des incursions jusqu'aux environs de Montréal, et le comte envoya des détachements pour les harceler dans lem* territoire. Les hostilités, de part et d'autre, ne CQSsèreptqu'à la paix de Rysivick, signée. le 20 septembre 1697 (2).
. Richard^ comte de Bellamonty fut nommé gouverneur pour succéder à Fletcher (3). En le nommant en 1695, le roi lui dit qu'il le regardait comme un homme de probité et de courage, et plus capable qu'aucun autre d'arrêter la jHraterie. Bellamont amenait ayec lui Jean Nanfan^ son parent, en qualité de sous-gouvemeur.
Pendant l'administration de Fletcher, des pirates anglais infestaient les mers , et plusîeniis navires avaient été équipés à New- York. Avant de s'embarcpier pour ce port, de Bellamont fit connaissance avec Robert Livingston (4), qui lui présenta un nommé Kid : cet homme intrépide connaissait les pîraties et leurs lieux de rendeat-vous, et s'engagea à les poursuivre. Le comte proposa au roi de l«i aeeorder pour cet ob- C' une frégate de 3o canons, avec i5o hommes d'équipage, marine étant alors engagée dans la guerre avee la France, l'amirauté n'approuva pas-ce projet, qui fut abandonné. Un autre, propose par Livmgston, fut aoeepté par le roi. C'était une expédition particulière contre les pirates sous la direction
■-—■■■-■'■' ■■■ *<iii^*— p^w»
10 Charlevoix, Nouvelle-France, II, liv. XYI. . - (a) Smiûis' New-Yoïic^ part. III.
(3) f 1 reçut sa commission le 18 juin 1697^ mais dif£éni sou yofyaft jusqu'après la paix de Ryswiék.
(4) Fils de Jean Livingston, un des députes envoyés par les Écos* sais à Charles II, lors de son séjour à Bréda.
66 CHRON^MLMU SiST^iaQUfi
de EiAjà laquelle ^asieurs grands cffficiers du goaTernement (i) partiâpèreat pour la somiiie de 600 lifres sterling y LrmgstoD et Kid pour le tnnqitiètne An yatsseaa et de la cargaison. Le roi se réserra le dixième pour montrer qu'il - encourageait renlreprise.
1698, a avril . Lord Bellamont présenta sa commission au Conseil (a) le jour de son. «rrivëe, en présence de Fietcher, et se b^ d'envoyer le capitaine Jean Schuyltr, et Dellius^ ministre hollandais, à Âlbany, pour annoncer la paix aa gouverneur du Canada, et négocier l'ëcbange des prbon-^ mers.
Ensuite le gouverneur communiqua au Conseil des lettres q«i lui avaient ëCë adressées par le secrétaire Vemon et la Compagnie des Indes-Orientales concernant les pirates; et d'après une déposition faite sous serment, et qu'il avait entre les mains, il paraissait que son prédécesseur avait permis aux pirates d'amener leurs prises dans la province de New- York , et qu'ils avaient été protégés par NicoH, qui s'était approprie,.par ce moven, la somme de 800 piasti-es. Celui-ci avoua qu'il avait touché ce montant , non pas de» pifatei , mais en vertu d'un acte de l'assemblée en faveur des armateurs.
M. Weaver, admis dans la cbambre du Conseil, en qualité de conseiller du roi , nia l'existence de l'acte cité par Nicoll. Après avoir bien examiné cette affaire, le Conseil invita le gouverneur II envoyer Fletcfaer en Angleterre et à faire juger Nicoll sur les lieux, parœ qu'il n'avait pas les moyens de supporter en Angleterre des dépenses d'un procès de. cette nature. Faute de preuves oontee les accusa, ils ne furent point poursuivis. Cette affaira occasionna une grande division paru^i les membres du Conseil, d<Hit la plupart étaient aipis de Fletojier. Le gouverneur, pour montrer son aversion pour Niopll, lui défendit. l'entrée du Conseil, et l'obligea de fournir une caution de a, 000 livres sterling à l'égard de sa conduite par raj^rt aux pirates.
Dans le discours que le gouverneur prononça à l'assemblée, le 18 mai, il fit éclater son animosité contre son pré- I ■ f. • '1
(i) be lord chancelier Somers, le duc de Slirew«|>uryy les comtes de lUnaney et d'Oxford, Edhi^nd Harrison çt autres.
(a) Ainsi composé : Frederick I^litose, Stepl^en Vap Courtjandt , Nicholas Bavard, Gabriel Manviell^, Winiam Hmitli, \VUlia^ NjcoUi Thomas Wulet, William Pi» borne, Jean Lawrence.
m L'ABIÉRiaUE. ^
àécesêéar^ en éisftnt qu'il lai avait lais^ nn peuple divise, «in trësc»* ^pûîsë, quelques soldats nus et sans pain^ et dont h nombre n'était pas la moHië de ceux payés par le roi ; les fortifioations délabrées^ ainsi que la maison du gouvemeury et les revenus publics presque épuisa.
En même tems, loitl Bellamontayertit le gouvernement anglais que les pirates trouvaient un asile dans la province^ et que les lois commerciales avMnt été violées par ceux qni étaient chargés de leur exécution.
La Chambre n'était composée que de ig membres ; te
Souvemeur en augmenta le nombre jusqu'à So, en sigpatent es abus qu'on avait commis dans leur élection. Après jdes Aébals sur ce sujet^ six membres se retirèrent, œ qui obligea le gouverneur à dissoudre l'assemblée le i4 juin. Il renvoya en même tems deux membres du Conseil , M. Brooh , re* oeveur général , et Pinhome^ pour avoir mal pai*lé du roi*
Au mois de juillet , le gouverneur se rendit à Albany. Il restitua tous les {Nrisonniers français, et promit d'envoyer à Montréal tous ceux qui se trouvaient parmi les Indiens* U invita le gouverneur du Canada à mettre en liberté tous les sujets du roi, soit chréthnsj soit indiens^ qui avaient été faits prisonniers pendant la guerre. Le gouverneur français ^ ne vpulaot pas reconnaître, n^èine implicitement, que les cinq natiop&étaient assnjéties à la couronne d'Angleterre, d^uftan* da les prisonniers français qui se trouvaient à Montréal, et menaça, en cas de refus, de continuer la guerre contre les confédérés. Le gouverneur anglais, après avoir confiéré avec eux, répondit qu'ils voulaient restac sous la protectioB de la couronne d'Angleterre, et lui avaient pronis d'y être $Oiimis ^tjidihs ; et que les Indiens des cinq na^na avaient tou jowrp été considérés comme sujets anglais. U demanda qu'on ve-r tiriftles missionnaires français qui se trouvaient parmi eox^ et menaça de prendre les armes , s'il le Caillait, pour résister au gouverneur, et venger toute injure faite à ces Indiens* Celui-ci, en réponse, proposa de soumettre cette affaire à la décision des commissaires nommés par le traité de Rys<wick (i) ; mais le lord anglais demanoa que les prisonniers français fussent envoyés à Albany.
Sur ces entrefaites, le comte de Frontenac mowut, et-son
(i) Da ao sept. 1697. Le vërltaMe but de ce traité était d'examiner lek drius des deux nattons sur la baie de Hads(m, et non pas de fixer les limites die leur possession respective.
â8 CB&ONOLOGIB fldOTMIQUE
sucoessetkr, M. de CaiUières , enroya , rannëe suivante y des députés à Onondaga^ qai râlèrent l'ccbange des prisoniriers sans l'approbation du ministre anglais. L'un de ces déjpatés, Brayas, jésuite^ voulut resta* arec eux, mais les Indiens s'y opposèrent, disant que Corlear leur avait o&rt des ministres. Le gouverneur étant de retour à New-York, opéra de ^ands changements dans le Conseil. Gnq membres ( i ) furent interdits le a8 septembre, et quatre autres cités à oomparaftre devant la Chambre. Le lendemain , Frederick Fhilipst donna sa démission , et Robert Walters fut nommé à sa place (a).
1699 ' ^' mars. La nouvelle assemblée, en opposition à la dernière , était composée des membres favorables au parti de Leisler. Abraham Gouverneurj qui avait été son secrétaire , avait épousé la veuve de M ilbourne , j exerçait une grande influence , particulièrement au sujet des remises des élections.
Dans cette session , l'assemblée passa plusieurs actes importants : I® celui pour indemniser ceux qui avaient été exceptés du pardon général en 1691 ; a^ contre les pirates; 3^ pour la liquidation des a&îres de M ilbourne ,* 4° poui* lever la somme de 1,600 livres sterling comme présent à faire au gouverneur, et 5oo pour son patent, le sous-gouverneur ; 5^ pour régler les élections suivant les statuts d'Angleterre.
D'après l'avis du gouverneur, l'assemblée fit annuler quelques grandes concessions de terre qui avaient été accordées par le colonel Fletcher à ses favoris (3).
Une d'elles comprenait une étendue de 20 milles de Ionsoeur et de i!ï de largeur, une autre de 5o milles le long des bords de la rivière Mohawk , et à deux milles des deux côtes. Les concessions étaient considérées eomme nuisibles à l'accroissement de la population, et aux rapports politiques avec les Indiens alliés.
1700, 3i juillet. Un acte fut passé Contre les jésuites et les prêtres papistes, par lequel il leur était défendu d'exercer leur culte dans la colonie , et ils devaient en sortir avant le
(1) Bayard> BUenville, Wiilet, Townley et Lawrence. {;!) AJbraham Depeytter, Robert Leving^ton et Samuel S(;aaU, (3) Dellius, ministre hollandais^ Nicholas Bayard, Pinhonte» fianker et autres.
m L'ABUfeRIftOE. gg
I*' novembre, sons peine d'emprisonnemeDt perpétuel ; et en CM d'évasion et d'arrestation j ils étsnent punis de mort. Le but de cette loi barbare ëtait d empêcher les missionnaires du Canada de détacher les Indiens alites de cette province de leur allëgeanoe à la couronne d'Âneleterre ( i ).
Environ mille Ecossais qui avaient ^andounë la colonie à Daiien (2), le 20 juin 1699 , arrivèrent dans le port de New-York pendant 1 absence du gouTerneur. Toute correspondance y étant interdite par une proclamation royale , le sous-gouvemeur refusa à ces malheureux les plus légers secours.
1701. Le gouverneur Bellamont mourut le 5 mars 1701 , et Nanfan, lieutenant-gouverneur, étant alors à la Barbade, les conseillers ne se trouvèrent point d'aoo(M*d concernant les droits de celui qui devait le ren^lacer. Le colonel Smith soutenait qu'il avait ce droit à cause de son ancienneté et sa qualité de président. Les partisans de Leisler insistèrent pour que le gouvernement fût dévolu au Conseil. Après de longs débats sur cette question , la Chambre s'ajourna , le 19 avril, pour le pt^mier mardi de juin. Le lieutenant- gouverneur Nanfan, arriva le 19 mal , et prit les rênes du goayemement. Il annonça que le roi avait donné, de son propre reveiki, 2,000 livres sterling pour la défense des villes d'Albany et Schenectady ; qu'il avMt fixé le traitement du jugemage à 3oo livres, et celui du procttrcur-général à i5o. En même tems , il informa l'assemblée que les cinq nations ye^ naietit de céder à la couronne une vaste étendue de leur pays, afin de conserver leur alliance avec les Anglais et» cas de guerre avec les Français.
Le 19 août , la plupart des membnes et des officiers étant du parti de Leisler, Abraham Gouverneur fut nommé président de l'assemblée ; mais la discorde s'y ralluma de nouveau. Nicoll , ancien conseiller, entretenait l'espoir d'être nommé président à la place du gouverneur ; et celui-ci disputa au ^mier le droit de siéger dans la Chambre , ne. ré* sidant pas dans le comté où il avait été nommé. Par consé^ quent il fut renvoyé , ainsi que M. PFessels^ qui se trouvait dans le même cas. Alors plusieurs membres attachés à Nicoll se raturèrent de l'assemblée^ et d'autres furent nommés
(i) Massachusetts* kist. coll. , 2* sërie, vol. I, p. 1^5. (2) Voyez Tarticle Nom^elle-Qt^enadef lom. XH.
70 GHROIfOLOGIB HISTORIQUE
à l«ar place. linngston j eimèni dëcburé du capitaine Lei«Ier et ami da colonel Smith , attira sur lui la oi^re de rassemblée qui jura sa perte.
On l'aocosa de n'ayoir pas rendu compte des deniers de l'accise, et il fut décidé^ p£ur un comité des deux Chambres ,
rses biens seraicyyt confisqués sll ne ren^lissait pas ce oir. Ensuite rassemblée passa un acte pour l'obliger à rendre compte d'enriron iB^ooo livres storling. En même ti&ns j un autre comité des deux Chambres porta une non« ▼elle accusation contre lui , celle d'avoir sollicité les cinq nations de le recommander comme leur délégué en Angleterre. Les comités n'ayant aucune preuve deces aoeusationsi rinvitèrent à s'en disculper par son propre serment. Il rejeta cette deipande comme insolente y car ou avait retiré ses registres et ses pièces justificatives qui contenaient les preuves de son innocence. Alors la Chambre pria le lieutenant - gouverneur de lui ôter sa commission et de demander au roi sa destitution comme secrétaire des affaires des Indes.
Sur ces entrefûtes , l'assemblée reçut une requête du fils de Leisler, qui avait, comme on l'a dit, obtenu du Parlement un acte de réhabilitation , ainsi qu'une lettre du secrétaii^e d'Etat du roi , du 6 février 1 700 , adressée au gouv^neur pour recommander cette affaire.
D'après le rapport de Leisler , son père avait déboursé
rtre mille livres sterling pour acheter des armes en faveur la révolution. Sur ces documents , la Chambre passa un acte par lequel elle accorda à I^eisler la somme de mille livres sterling.
1701, 2 septembre. Formation d*uni Cour de chancellerie^ composée du gouverneur et d'un ou deux membres du Conseil ; aie devait tenir ses séances le premier jeudi de chaque mois.
1702. Vers le commencement de cette année , on reçut la nouvelle de la nomination de lord Edouard Cornbury ( i j , successeur du comte de Bellamont. Les ennemis de Leisler s'en réjouirent ; et Nicolas Bajard envoya secrètement des adresses au nouveau gouverneur, au Parlement et au roi , pour l'assurer que les auteurs des derniers démêlés n'avaient d'autres desseins que de s'enrichir des dépouilles de leurs voisins. Il
(1) Edward Hyde, Gis de lord Glarendon.
ëUit dit dans l'adresse au Parlement que Leider et son {Hirti s'étaient emparés du fort, sans râistanc^ pepdant la iréf oli»^ tlon; qae les habitants très^attacbés au prince d'Orange avaient été incarcérés, privés de leurs biens et chassés du pays ^ que le comte de Beîlamont avait ,. d'une manière illégale 9 tait nommer des membres de l'assemblée, et en exclure d'autre^ ^ très-attachés au roi ; que la Chambre avait corrompu le sou»* gouverneur et le juge-mage y afin qu'ils approuvassent ses bills. Le but de la troisième adresse était de féliciter le lord Cornbury en qualité de gouverneur, et de le prévenir èontre l'autre parti. Xe 19 janvier, le sous-gouverneur, étant in* formé du contenu de ces adresses, somma Hutchins de les lui communiquer , et sur son refus , le fît mettre en prison, hç lendemain, les amis de ce dernier (1} s'adressèrent au gouverneur pour demander sa liberté, et justifier leur conduite ; mais loin d'accorder cette demande , Nanfan , profitant de l'acte passé en 1691, lors de l'annvée du colonel Sloughter; contre ceux qui troubleraient la tranquillité du gouvernement| fit arrêter Bavard comme traître, le 2 1 du même mois, et se bâta de le faire juger avant l'arrivée de lord Cornbury. H établit une commission à cet effet, le 12 février, composée de trois juges (2) de la Cour suprême. Bajard, jugé et convaincu, fut condamné à mort. Le 16 mars, feignant d'avouer son crime , il obtint un sursis pour attendre la volonté du roi. Le shériff avait proposé de le mettre en liberté moyennant le présent d'une ferme évaluée à i ,5bo livres sterling. Hutchins, qui était aussi accusé de trahison, fut gracié en payant au shériff la somme de ^o piastres.
A l'arrivée de lord Cornbury, Bayard obtint sa liberté et sa réhabilitation, mais sous condition de ne faire aucunes pour-* suites judiciaires contre ses accusateurs.
Après ce/s jugements 9 Nanf^ ooavoqiAa de nouveau Tas* semblée, qui le remercia de sa conduite ,. et condamna par contumace Philip Frençh et Thomas Weqhaiyi > qui s'étaient enfuis lors de l'arrestation de Bayard.
Durant cette session , l'assemblée passa plusieurs actes dont l'un avait pour but d'augmenter le nombre des repré'* sentants. Le sous - gouverneur créa une Cour de llSchi-
(i)Nicolms Bayard, Rip Tan Dam, Pkilips French et Thomas Wen« ham.
(a^ William Atwood, juge-mage, Abraham de Peyster et Bobert Walters.
72 CHRO!fOL00ie HISTORIQUE
qniar (i) , interdit à Livincston i'entrëe du Gmseil y en favorisant le parti de Leisler dans ttmtes les occasions.
1702 j 3 mai. Lord Combury commença son administration aide d'un Conseil composé de douze membres (2).
Le père de lord Cornbury e'tàit très-attacbé au roi Jacques ; il avait refuse de rieconnaître Guillaume et la reine Anne. Le fils adopta les principes de la révolution , et en reconnaissance de ses services , }ê roi Guillaume lui donna le gouver* nement de New- York qui lui fut confîrmé par la reine.
Le nouveau gouverneur s'étant déclaré ouvertement en faveur du parti opposé à Leisler, Atwood, jbge-mage, et Weaver, avocat-général, quittèrent la province, et passèrent en Angleterre.
La Chambre passa un bill pour V organisation de la milice, un autre pour établir une école , et continua le revenu jusqu'au i«' mai 1709. A la requête de plusieurs habitants , un autre bill fut introduit pour détruire la Cour de chancellerie , comme une innovation contraire aux lois d'Angleterre et tendant à l'oppression des sujets. Le gouverneur était disposé à annuler ce qui avait été fait par son prédécesseur ; mais étant chancelier lui-même \ \\ refusa son consentement.
L'Angleterre ayant déclaré la guerre à la France et à l'Espagne, le 4 mai 1702 , le gouverneur convoqua l'assemblée au mois d'avril r7o3, demanda i,5oo livres sterling pour construire deux batteries au détroit de New- York (3), et il s'appropria cette somme malgré la précaution qui avait été prise par la Chambre , en stipulant qu'elle ne pouvait être employée pour un autre usage. L'assemblée lui présenta une adresse, le 19 juin, pour demander qu'il nommât une personne sûre , charsée de recevoir les deniers publics, «in d'empêcher les malversations. Elle en présenta une autre à la reine , dans laquelle elle lui exposait les firaudes qui avaient 'été commises , démontrait ainsi la nécessité de nommer un trésorier qui fut comptable à rassemblée.
(i) En anglais, court of Exchequer,
(a) William Âtwood, William Smith, Peter Schuyler, Abraham de Peyster, Samuel Staatt, Robert Waltet s, Thomas W«aver. Sampson Shelton, Bronghton, Wolfgang, William Romar, William Lawrence, Gerardus Beekman , et Bip Van Dam.
(3) Eu anglais, Pfarrows, entre les Iles Lbng-Island et Staten.
Une maladie ëpidëmîque éclata au niois d'aoàt^ dans la TÎlle de New-York , et fat mortelle dansr presque tons les cas ; on supposa qu'elle avait été apportée par un aarire venant de rite de Saint-Thomas, mais cela n'est pas probable*
Le gonvemenr se retira à la Jamaïque , TÎllage de l'île Longue. Cette bourgade était alors habitée par des' colons hollandais et par des éraigrants de la Nouvelle-Angleterre, qui étûent venus s'y établir pour profiter des privilèges accordés par le duc d York et particulièrement celui de choisir les ministres de l'église , et de s'arranger directement avec eux pour leurs appointements. Quelques épiscopaux, s'ap-
Euyant sur l'acte passé en 1693, entrèrent dans l'église presytérienne, le dimanche , entre les deux services , et en prirent possession. Les paroissiens réussirent à y rentrer , mais en furent chassés de nouveau. Persécutés par les agents du gouverneur, plusieurs quittèrent la province. Un ministre presbytérien , nommé mibbard^ qui avait eu la complai- . saiice de lui oédar sa maison , fut privé de «a cure et de sa glèbe en faveur des épiscopanx , ennemis^ déclarés des autres sectes; Le gouverneur défendit à leurs ministres de prêcher,, et aux maîtres d'école hollandais d'enseigner sans sa per** mission.
La nouvelle assemblée, qui fut convoquée dans Tautomne, au village de la Jamaïque ^ était principalement composée du parti qui avait été opposé au comte de Bellamont. Philippe French était député de New- York; et Guillaume Nicoll, préisident. Dans soir discours , adressé à l'aissemblée , le gouverneur dit que « les plaintes faites contre les fonctionnaires publics prouvent assez leur culpabilité. Il indique les mesures suivantes comme nécessaires pour la sûreté du pays : i " urgence de fortifier le Ifort de New- York et les places frontières ; 1^ de passer une loi pour la disdpline de la milice, une autre pour l'établissement des écoles publiques, et une troisième pour la liquidation des dettes de la province. Il termina son discours en assurant les membres , au nom de la reine, sa maîtresse , qu'ils eussent à compter sur la protection que de bons et fidèles sujets peuvent espérer d'une souveraine <{tti a tant à cœur le bonheur de ses peuples, et sous le règne de laquelle on jouissait de beaucoup d'avan^ tages inconnus aux autres nations. C'est, ajouta-t->il, l'exercîoe de la meilleure religion du monde ^ la iouissance d'une entière liberté légitime par rapport à nos firanchtses et à nos biens ». 1
74 GHRONOLMIS flISTOMQUE
La Chambre népo^dii; à oette adrease d^nna Bunttèrefairo* rable, etaocorda toat oef|u'Ll demandait. On leya 1,800 lin^res sterling pour l^entx^ien de 180 hommas destines à dëfendi» 1^8 frontières, et a,ooo pour les frais du voya&e du goaverneur ; mais la reine, par sa lettre du ao avril de 1 araiëe suivante , défendit que l'on fit de pareiU présents à l'avenir.
1704* h'éf^ise française établie dans la ville de New* York , ^1 1704 9 a la forme d'un earré de 70 pieds de long sur 5o de large. La façade porte Finscripâon sutTante ; JE des sucra Gallor, Prot,
Reform, Funda, 1704.
Pcnitus Repar* l'j^i.
1704, avril- Le gouverneur demanda à la Chambre un subside de lâo hommes. On avait dépensé i,3oo livres ster* Ung pour l'entreUen de 100 fusiliers aux environs d'Albany , et il y avait qqatire compagnies franches pay^ par la oou-^ ronne*
La Chambre , soupçonnant que les fonds publics avaient été mal employés, refusa de nouveaux subsides, à moips que le gouverneur ne rendît compte des sommes qu'il avait reçues. D'après le rapport d'un comité , il était du à la colonie environ mille livres sterling. Le gouverneur, mécontent, fit objection au titre de V assemblée g^/i^r^z/eetàlaphrase : sai^f les droits de la Chambre, employée dans les derniers bills. « La reine m'a ordonné, dit-il , dans ses instructions, de per* mettre à la Chambre d'examiner quelquefois les comptes publics et l'emploi des deniers ; n\ais vous ne devei point vous mêler du maniement de ces fonds. Si on en a fait un mauvais usage, c'q^t à vous à m'en avertir, afin que j'y porte f*emède. »
Le gouverneur proposa de mettre un impôt de 10 pour 100 $ur ceilaines marchandises qui ne venaient pas directement de l'Europe ; mais rassemblée ne voulut pas y consentir. Alors oq refusa de payer les salaires de l'imprin^eur, du çlerç et du concierge du gouvernement. ,
1705, i4 )^in« La nouvelle assemblée pa«sa un acte po«r aooorder des- salaires au dei^ ; maïs elle négligea l'affaire du revenu et du subside.
Un corsaire français entra dans le port de New- York , et
les Imbvtanto étant fort alarmes , priàrent rassemblée de mettre la TÎlfe en état de défense.
Les représentants se iléunîreiit an mois de juin 1706 , et offrirent de fournir 3^ooo livres sterlûig pour établir des fortificatiottSy à condition que cette somme serait confiée à une personne de leur eboix. Pendant l'automne suivant, u» biU ^t passé à cet efièt. Le goaTemeureommuiqua les ordres de la reine qui pei*mettait k Taiisemblée de choisir un trésorier lorsqu^Ue ferait des levées extraordinaire» pour des usages particuliers , mais sans faire partie du revenu fixe. Ce trésorier devait être comptable aux trois branches de la législation.
Le gouverneur donna encore de nouvelles preuves de sa haine contre ks presbytérkns. Ayant appris que le ministre Francis M. Kemie avait prêché, sans sa permission, dans te temple des HoUan^s , le fit m^tre en jugement , le 6 fuin 1707 9 aœusé d'avoir violé les statuts d'Angleterro , en prêchant sans autorisation, usant d'autres rites et d'auAres cieré» monies que ceux consacrés par les prières communes , au mépris de la suprématie ecclésiasiâque de la reine.
Le procureur^général BiMey, aecusalhttr au nom de la reine, insista pour que les lois pénales d'Angleterre fussent applicables dans les plantations de rAmérique. Il prétendit que l'autorité de la reine 7 était souveraine en tout ce qui concernait l'église ; qu'elle l'avait déléguée à son cousin , le gouverneur, dont le& .instructions avaient force de loi. Reif» gnère, défenseur de l'accusé , soutint que prêcher n'était paf un crime ; que les statuts de l'uniformité ne s'étendaient pas aux colonies, et que les instructions du gouverneur n'étalent pas des lois. L'accusé fut acquitté par le jury ; mais il fut condamné à payer les frais du procès , qui montaient à plus de 83 livres sterling , y compris les dépoises faites pour sa défense (i). W
Le comité des griefs de la Chambre , après avoir examiné les contestations entre elle et le gouverneui^, décida : i® que l'établissement des coroners (2) dans la colonie , sans le consentement du peuple , était contraire aux lois ; 1^ que chaque homme libre a un droit incontestable à la jbubsance
(1) Une relation de cette ajluire fut publiée bientôt après le jugement^ et r(linipriinée àNe\y-York. en 1755.
(a) Officier civil qui fait les premières informations dans le cas de meurtre ou de cadayres trouvés sur la voie publique.
j6 GHROXOIiûO» mSTMIQUE^
de ses biens et de ses cimplois ^ 3* que toute imposition de deniers j sans rapprobation de l'assemblëe eënérale , est un grief et une vidation des droits du peuple ; 4*^ aue tout officier qui extorque de l'argent au moyen de taxe illégale , sans l'aveu de l'assemblée générale, commet une action oon-^ traire aux lois , et nuisible aux inténéts des propriétaires ; S"" qae. TéUbtissement d'une Cour de cbanceilene , sans le obnsehtemefit de l'assemblée , est également déf^mdn , et dangereux pour la liberté et la propriété des habitants; 6" cjoe lever de l'argent pour le gouvernement par des taxes, des impôts, ou dfts droits sur les marchandises importées ou exportées, est un obstacle au commerce, et inutile aux pro* grès de la colonie, en appauvrissant les habitants et les forçant à l'abandonner ; 7^ que d'extorquer é€s sommes d'argent des maîtres de navires sous le nom de droits de port et de les fàipe ' TÎsiter par des officiers surnuméraires pour ea tirer des contributions ,-est contraire aux lois, aux usages, et également décourageant pour le commerce et le» étrangers ; S^ qu'e jueer un homme sur la déposition des jurés ou autrement, et lobliger à payer les frais de son procès, à l'exoeption de ceux qui regavdent sa propre défense, c'est agir contre les règles de la justice.
Toutes les drconstances que nous venons de relater avaient telleinent fait perdre au gouverneur l'estime et les bonnes grâces du peuple, que tous les membres de la nouvelle assemblée étaient contre lui, et que Guillaume Nicoll en fut nommé président.
Le 19 août 1708^, la Chambre refusa de remettre au gouverneur la somme qu'il avait demandée pour faire des présents aux Indiens , et de continuer le revenu qui devait ex- Ï>irer au mois de mai suivant ; mais elle passa un acte poui: e décharger d'uiAx>ntrat de plus de 5o livres sterling qu'il avait passé pour le service public. Le collecteur Thomas Byerly^ pour ne pas na^er les dettes du gouvernement, prétendait que le ti^ésor était épuisé. Après de longues contestations à ce sujet , la Chambre passa un acte pour l'obliger à restituer 706 livres qui avaient été avancées par le colonel Schuyler, et d^autres sur le crédit public.
Lord Cornbury, qui était aussi gouverneur de New-Jersey, s'était rendu odieux aux habitants de cette province , qui adressèrent à la Cour des plaintes sur sa conduite arbitraire* La reine, déclarant qu'elle ne voulait pas que les peuples fus-
M h-AMÊMtm» ^i
sent plus Imig-tems opprimes, le destitua (i)^ et nomma à saplâoe, en 1708, lord Jean Loveiacty baron tfHurlcy.
Lord Combury, arrête pafr ses créanciet>8 , à New-York , y resta jusqu'à la mort de son frère , auquel U succéda ', et retourna en Angleterre. « Jamais gouverneur,)» dît l'historien de New- York, « n'a été plus détesté. Despote, fanatique et avare, injuste envers le public et ses. créanciers, il rat généralement méprisé. »
Administration de lord Lovelace. L'arrivée de lord Lovelace, le 18 septembre, occasionna une grande joie. Il commença son administration par la dissolution de l'assemblée générale , et en convoqua une autre, le 5 avril 1709, dont Guillaume Nicoll fut nommé président. Le gouverneur annonça à l'assemblée l'arrivée d'un renfort de soldats, de munitions de guerre et de présents pour les Indiens. Il recommanda l'acquittement des dettes contr£^ctées par le gouvernement, et l'examen des comptes publics , ann de connaître le montant de ces dettes , et qu on ne les lui imputât point (2). Il demanda le revenu fixe par l'acte de la onzième année du dernier règne. L'assemblée repondit que son intention était de se conformer à ses vues, et de travailler an bonheur de la province , mais sans rendre aucune décision concernant le revenu auquel elle voulait pourvoir annuellement. Le 5 mai, elle consentit à accorder 2,5oo livres sterling pour couvrir les dépenses du gouvernement jusqu'au i®' mai suivant. De cette somme , i ,600 étaient destinées au gouverneur, et le reste devait servir à payer les salaires de rimj)rimeur , du clerc , de l'interprète mdien, et à acheter du bois et de la chandelle pour les garnisons de New- York , d'Albàny et de Schenectady. Le jour même que ce bill fut passé , le gouverneur mourut d une maladie qu'il avait gagnée à bord du bac , en se rendant à New-York. Le commandement fiit dévolu à Richard Ingoldsby^ sous-gouverneur (3).
1709. Expédition contre le Canada, Le plan de cette eoLpédition avait été formé par, le colonel y^tch, qui, après l'avoir communiqué au gouvernement anglais , fot nommé com* mandant en chef des troupes provinciales, l^es gouverneurs de G)nnecticut , de la Pensylvanie et de New-Jersey avaient
(1) Il mourut en Angleterre en 1723.
. (a) Son prédécesseur 4c«ît alors en prison. (3) Smiths' history of IfeW'Yoïk, part. III.
^ GHEOmLOGIE HUTOftIQU£
pnHiMS de opntribii^ k cette çixpéii&m ; vagis les ieàx pre^ mîers manqtièi^nt à Içars «ij^Qnieiits, et le dernier ne foiir-> mt que 3,000 liyres sterling. i^w-York fit construire à ses frais loo bateaux, et autant de canots d'ëcorœ de bouleau (i) pour trsmsporter les hommes et les provisions. On leva 4^7 combattants, sans y comprendre des compagnies franches , et 600 Indiens, qui arrivèrent à Albany, le 27 juin, et de là se rendirent à PKood-Creek (2). On y bâtit trois forts et de9 magasins pour faciliter le passage des troupes dans le Canada, parle lacCfaamplain. Le secrétaire d'Etat , lord Sunderland , avait donné des ordres aux commandants des vaisseaux, à Boston , de se tenir prêts à agir avec ceux qui devaient arriver d'Angleterre pour le^ ]oindre. La Cour d'Angleterre, se trouvant obligée à secourir ses alliés dans la guerre eurooéenne, contre-manda le départ de cette flotte et abanbonna Vexpédition.
La province de New- York y avait dépensé plus de 20,000 livres sterling , ce qui excita un si grand mécontentement parmi le peuple , que l'assemblée fut obligée de prier le gouverneur de rappeler les troupes, vers le commencement de l'automne. Celui-ci reçut les dépêches de lord Sunderland, le 2 1 octobre, et l'assemblée, en ayant pris connaissance , rédigea une adresse pour instruire la reine de tout ce qui se jpassait concernant les préparatifs qui avaient eu lieu.
17 10. Le colonel Schuyler, qui s'était beaucoup intéressé à cette expédition, s'embarqua pour l'Angleterre, afin de démontrer au gouvernement la nécessité de s'emparer du Canada. Voulant conserver l'amitié des cinq nations, il mena avec lui autant de leurs chefs. Kecommandé à la reine nar le gouverneur, le Con3eil et l'assemblée, il fut bien accueillie Ces Indiens, conduits dans deux carrosses, furent pi^ésentés à la Cour par le grand-chambellan, sir Charles Cotterel, le 19 avril. Ds portaient un manteau écarlate galonné en or , et ils firent un discours (3) dans lequel ils disaient qu'ils avaient entrepris ce long voyaee pour voir leur grande reine ; qu'ils avaient servi de rempart dans la guerre soutenue avec ses enfants contre les FranescfS ses ennemis ; qu'ils avaient éprouvé une grande joie lorsqu'ils reçurekit la nouvelle que leur grande reine
' (1) Bouleau à canot, BetiUa papyracea , mich.
(2] Cette rivière débouche dans le lac Champlain.
(3] Leur discours ëtait traduit par lé maj^ Pigeon, qui les aécdmpa"* gnait.
vt9ik ÀéeUé d'eorcmr une armëe prendie le Canada. En signe d'amUiëy dit lonIbBarj nous avons fris la liaci&e, pend» le chaudron , pour aider le colonel Nicholson. La prue da Canada nous procarera la liberté de la chasse, et si la grande reine nous oublie , nous .serons forcés de ^itter. le pays ou de rester neutres. En preuTC de la sincérité Jie nos nations, nous présentons , en leur nom , à notre grande reine , oea colliers de^wampum (i).
1710, i4 juin- Administration de Robert Hunter. Le brigadier Hunier, Écossais d'origine , arriva pour remplacer le capitaine logoldsby. Hunter avait été apprenti cties un pharmacien , qu'il quitta pour s'engager dans l'armée. Bel homme , et possédant beaucoup d'esprit , il captiva les affections de lady iSia^^ qui l'épousa. En 1707, il fut nommé gottvemeur de la Virginie ; mats, ayant été pris par les Français, il resta captif pendant quelque tems. D'après une lettre du docteur Swift, il paraît que Hunter entretint une correspondance avec le célèbre Addison et autres gens de lettres. Â son retour en Angleterre , il fut nommé gouverneur de New- York et de la Nouvidle-JeTsey.
Hunter y amena av«c lui environ 3,ooo Palatins , qui y
Kur éviter la persécution en Allemagne , s'étaient réfugiés , nuée précédente, en Angleterre. Plusieurs s'établirent dans la ville de New-York , d'autres dans la seigneurie de Levingston , sur les bords de Hudson , où ils formèment un village nommé le Camp.
La Chambre des communes , qui soutenait alors le gouvernement dans ses négociations de paix avec la France, passa un bill déclarant que « ledit Palatip était une charge extravagante et déraisonnable pour le royaume, tendi^nt à l'augmentation et à l'oppression des pauvres , et ayant des conséquences dangereuses pour l'église ». Le savant doo* teur Éartj évéque de Chichester , tâcha de détruire ce pré» jugé en montrant que le Palatin de New- York étant bien établi , devait être considéré comme un avantage pour hi natipn, rien n'étant pl\is certain que nos plantations atnéricaînes y sources de nchesses, {N:<Mluisent en proportion du nombre des habitants.
(1) Biitish emfire in America (OUmixon), article JfewrV^. Voici les noms de ces cinq prinèes iroquoié:' TecyceneeDhogaprow* oayayè^iiqaapr«htoti, voit des "Maouas ; FJowôbfcaQni, Obaçcycatl^tonnopra^f rois de la Rivière \ Ganajonaharej toi.
8o CHRONOLOGIE filSTORIQUE
Oldmoîxn^ dontnous avons emprunte ces remarques^ nous a foorni le détail suiyant des dépenses et des profits desdtts Palatins :
Transport de 3^ooo personnes à 5 livres lo schellings chacune i&^iSo tir. st.
Poorrhabillement, 20 schellings chacane. .• S^ooo
Pour outils, à 7 schellings 6 pence par tête lyi^S
22,275 Pour leur subsistance pendant 3 ans. 56,258
Le travail de 2,000 personnes employées à fournir les provbions navales , était estimé à 12 livres chacune , par an , plus que ne coûtait leur entretien , ce qui , de notre lems^ s'élèverait à 96,000 livres ( i ) .
Le gouvemeui» se rendit à Albany pour renouveler l'ailliance avec les chefs des cinq nations. Le gouverneur de la Nouvelle-Angleterre cherchait à les engager à faire la guerre aux Indiens qui ravageaient leurs frontières ; mais Hunter lés on dét(«irna , à cause du traité de neutralité entre les Mohawks et les Français du Canada, et du danger d'une rupture qui pouvait exposer la province à de nouveaux désastres. Le Conseil était du même avis (2).
17 10, i*"" septembre. Une nouvelle assemblée se réunit à New-York : Nicoll en était président , et plusieurs membres se distinguaient par leur talent et leur activité, particulièrement MM. Livingston j le colonel Morris et M. de Lancty, Ce dernier était protestant réfugié, natif deCaen, en Normandie , et s'était enrichi par le commerce. Dans son adresse à l'assemblée, le nouveau gouverneur l'invita à fixer le revenu, à rétablir le crédit public , et à pourvoir à ladéfense des frontières. La Chambre permît de faire mettre à etécuti^n cequ'i^ avait recommandé ; mais cette intelligence fut bientôt troublée par l'expulsion du colonel Morris de la Chambre, et par les démêlés entre le Conseil et rassemblée, concernant une clause que le premier avait introduite dans un
' (i) B'rithh empire in America y !> article New- York,
(a) Il ët^U cQinposé de, M. Beekmau, M. Van Dam, le colonel Benslaer, M. Mompesson, M. Barbarie, M. PhiUpae.
biUy «il qai orddiuiait au trésorier fle paytr 'certaines sommes^
. Affè»9iV(ÀT décrété jplusieors lois, l'assemblée fut pi^og^ aa 35 iio^inbt*e, et se réunit au printems suivant.
t^it. Dans un discours , le gouverneur leur dit : « Que » voter de Pargent pour le gouvernement, et en disppser au » gré de la Chambre , n'est pas en accorder. Sa majesté s^ulp > a le droit de juger du mérite de ses sujets , droit que le^ I» Anglais n'ont jamais contesté. Je ne pommais m'en de»- » Saisir sans me rendre indigne , non-seulement de sa coU'- » fiance , mais encore de la vôtre ; si je vous ai fatigués pur » mon àiscours, je réparerai mes fautes* en vous laissant libres . )» de me faire une courte réponse ». Il leur demanda ensu^ s'ils voulaient soutenir le gouvernement suivant les ordres de sa majesté, ou s'ils étaient décidés à laisser ce fardaau .au gouverneur , lui qui n'avait rien fait pour mériter ce traitement. « Voulez'vous »,ajouta-t-il, «acquitter les dettes pu- » bliques, ou, pour ajouter à mes embarras , faut-il que je » souffre des plaintes amères des ciséanciers , sans avoir les » moyens de les soulager ? Voulez-vous veiller à votre pvopre » sûreté, en pourvoyant à celle de vos &ontièi«s, ou rester dans » l'inaction, comptant sur les rigueurs de l'hiver et lecaprice »^des Indiens ? Je serais fâché de voir que vous êtes o£bnstfs » de ma franchise, mais il était de mon devoir de vous p^ier » ainsi pour rétablir la bonne intelligence entre nous. » . Ce discours jeta l'asseiablée dans.iui.gn»id embarras ,- et, ne voulant pas y répondre catégoriquement , elle fut congé! diée.
*i7io,aoAt. Prise du Port^Rqyal au Canada^ par une floue mngiaisB. Géfcte flotte était composée de sept vaisseaux de deux galkAes à bnnbes , et de navires de charge ayant à bord 3,4oo aoldâto, non compris les officiers et les marins sonr 1«0 Offdcés du génécal Nidiolson, commandant de toutes les troupes anglaises dans le continent américain*
La garnison du fort ,• sous les ordres de M. de Subtrcasse, i/était que d'eiiviron Sdo- hommes eflfectifs. Les Andais débarquèrent le 6, sans obHacle, et assiiegèretit le'fort. Les soldats et les habitants, mécontents de la conduite de leur commandant, demandèrent une capitulation, qui futaoDovditfa par lé gouverneur. Le i6, la gariaisbn , réduiteà i56 homm^, sortit avec tous les honneurs de, la guerre. Les habitants avaient retiré leurs bestiaux, et les provisions étant épuisées, T. xvin* e
8a €HEONai.OGIE HISTOMQUE
le gëoéral anglais se troavait oUîgë A'noomiei anx Francàii une distribution de TÎTres (i).
171 1. Nouvelle expédition anglain contre h Canmàm* Encourage par ce succès et la coopâratioit des Indîeiis , le gouvemement anglais résolut de faire une autre tentative pour conquérir le Canada à Taide de la prorinoe de New- York. On embarqua 5,ooo bommes d'Angleterre et de Flandre sur des natires de transport ^ commandes par ffa^ s^eden Walkerj et qui arrivèrent à Boston le 4 juin. On débarqua ees troupes qui étaient commandées par le brigadier Hni{i).
Le gonrerneur convoqua rassemblée le 2 juillet , lui communiqua le plan de cette expédition , la nouvelle de ranrlvée de la flotte, et la décision du conseil de guerre tenu à Hew-London , d'après laquelle la quote-part de soldats ûtée pour la province était de 600, non compris les officiers.
Cette entreprise ent l'approbation de l'assemblée, qui vota d(es remércÂments à la reine , et envoya une députation au colonel If icholson qui devait commander les troupes de terre,
G»ar k remercier de ses services dans cette affaire. L'assemée passa un acte pour lever des soldats, et créa des billets de erédît pour la somme de 10,000 livres sterling qui devaient éti^ acquittés par une taxe personnelle au bout de cinq ans. L'assemblée fut prorogée par le gouverneur, sans aucune décision concernant son traitement.
La flotte, composée àoin vaisseaux de guerre, de 46 bâtbnents de transport portant un train d'artillerie, des munitions de guerre et 40 chevaux, partit, le 3o juillet, du port de Boston pour sa destination, souple commandemenide Hoyeden Walker. Un mois après , 49<><^ bommes de New-York , du Connecticut et de la Nouvelle-Jerse^, arriverait à Albanj sous les ordres des colonels Ingoldiby^ FVhiimgétSchiiyler, Ce dernier avait engagé 600 Indiens de* eSaq^natk»» à se retenir à l'expédition.
D'après le plan concerté par la Cour, en de^it attaquor le Canada simultanément aux deux extrémités, et albiblir ainsi les moyens de résistance* La flotte arriva, le i4 aoât^àrentrée
(1) QMrkvoiz, la Nouvelle-France, t. II, liv. i5. Voyez l'article Canada.
(a) Frère d^tnadenitMeUe JUihani, q^ne la reine honora de sa confiance après la disgrâce de la duchesse de IfaUboraigh.
îkk&^Ye SuLaorent. L'amural, y rencontrant un vent rîo-* lent du nord-onesty et craignant d'être sëparé des bâtiments de transport, entra dans la baie de Gaspy, où il resta jusqo'aw 20 du même mois, qu'il remit à la yoile. Un fort vent de sud-est s'éleva alors^ et chassa la flotte vers la côte du nord, parmi des îles et des rochers. Huit bâtiments de transport, avant à bord 800 hommes, furent jetés à la oote^ qu'un tMtmillard très-ëpais avait cachée. Les vaisseaux se sauvèrent et se rendirent, le 4 septembre, à la baie espagnole de l'île de Cap-Breton.
Ces détails scmt empruntés de Smith (i), historien de New-Yoït. Selon Charlevoix, le malheur de la dotte doit être imputé à l'amiral anglais. U avait à son bord , comme prisonnier, un ancien navigateur français , nommé Pswadisj, qui connaissait bien le fleuve Saint-Laurent, et qui l'avait' averti du danger d'approcher trop près de terre , lorsqu'on arriva par le travers des Sept-Iles. Le vent n'étam pas favo^ rable,et forcé d'aller à la bouline, ce français faisait souvent virer de%orâ,oe qiû.contraria l'amiral, qui, conservant peutêtre des soupçons au sujet de cette manœuvre, refusa de la conlinner. En approchant V Ile^^aux-OEufây huit de s^ plus gros navires y furent jetés par un coup de vent de sud-est, et tiès^peu de monde se sauva. M. de Yaudreuil y envoya plufsiedrs barques qui trouvèrent les carcasses de ces navires et près de 3,ooo personnes noyées , dont les corps étaient étendus sur le rivage. On y reconnut deux compagnies entières des gardes de la rrine qu'on distingua à leurs casaques rouges, et plusieurs familles écossaises destinées à peupler le Canada. On y trouva aussi un grand nomlM*e d'exemplaires d'un manifeste (a), en français , de l'amiral anglais /ean* Hill^ pour gagner les- Canadiens.
lies officiers anglais tinrent un Conseil de guerre à la Bait-Espaptoh,^tcw:vwckt qu'il n'y avait de provisions que po«r six semaines, ils se décidèrent à retourner en Angleterre. La flotte arriva le 9 octobre à Portsmouth, où VEd-gary vaisseau de 70 pièces de canon , sauta en l'air, ayant à bord plus de 4oo hommes de service : beaucoup de personnes y étaient venues pour voir leurs amis. Le gouverneur au Canada avait pris de bonnes mesures
(i) Voy. part. IV.
(3) Charlevoix a publie ce manifeste , qui fat imprimé à Boston. Voy. la Nouvelle-France, t. Il, liv. 20; voy* l'article Canada,
84 CHRONOLOGIE HISTtfRKIUE
pour empêcher' le dëbarquemest , et il aTatt poste 3,ooo faommes près de Ghambly, pour arrêter la marche destrompes de terae» • •
Tant que cette expédition fat tenue aeorète , le goaTeme» ment anglais ne voulut pas rayitailler la flotte en Angle* terre; et poiir attendre des provisions, elle resta à Boston jusqu'à ce que la saison favorable fût passée.
L'assemblée de New--York, alarmée des i|Ouvdiles incursions des Français sur les frontières y prit dèi mesures pour les arrêter et maintenir le gouvernement. Elle passa, à cet effet y plusieurs bills qu'elle adressa au Conseil , qui l^ renvoya avec quelques changements. L'assemble refusa de les admettre, refus qui occasionna encore une grande contestation entre ces deux autorités ; diacnne insistait sur ses droits sans vouloir coopérer à l'acquittement de la dette publique, beaucoup augmentée par les frais de la dernière eapédition. Malgré ces différendi, l'assemblée dressa un acte pour faire remettre au gouTemeur 3,760 onces d'argent pour son traitement.
Après le départ de la flotte, les gouverneurs des Colonies orientales cherchèrent à engager leis cinq nations ii rompre leurs traités avec les Français , et ib communiquèrent leur dessein au gouverneur. Celui<:i en donaaavis à l'assemblée, qui' ne voulut pas s'y prlter, craignant par là d'augmenter la dette publique. *
Avec le consentement da Conseil, le gouverneur commença, le 4 octobre, à exereer les fonctions de chancelier^en annoi^* çant que cette Cour tiendrait ses séances tous les jeudis (i).
L'assemblée s'opposa de nouveau à l'établissement de cette Cour, comme contraire aux lois et dangereuse pour la.lUkerté et la propriété des habitants. Elle déclara aussi qùetout impôt, établi sans le consentement de l'assemblée , serait de même contraire à la loii.
Le Conseil fit à ce sujet un long rapport .<ju'il adressa aux commissaires du commerce ; ceux-ci repondirent que sa majesté avait certaineme&t le droit d'établir dans ses plantations autant de Cours de judicature qu'elle le jugerait nécessaire pour la distribution. de la justice.
17 12. La Chambre se réunit au mois de mai 171^, et le gouverneur s'empressa de lui recommander l'acquittement
f 1) Cette Cour 8e composait de MM. Van Dam. et Pbilîpse, en qualité de mattres ; IML. ^hileman, greffier ; M* Harrison, examinateur ; et Sharpos et Broughton» clercs.
Dfi L'AMÉftIQU£« 85
des dettes publiques. Il ajouta qae le^oommissaires du commerce ataî^t approuvé les cbaogements faits aux bills cooceroant des subsides. LaCbambre^ne voulant pas se prononjcetk ce sujet , fut prorogée par le gouverneur à trois jours, l'assemblée passa ensuite uu bill pour faille pay^ au gouyemeur 8,oa5 ODoes d'argent^
L'assemblée se réunit dans l'automne, et comme elle avait toujours refusé d'établir un rev/enu , le gouverneur proposa « que le receveur-général résidant dans la colonie donnât eau,tion de la fidèle. exécution de sa cbarjge, et rendît compte tous les tr(HS mois de l'argent qu'il aur^t reçu ; qu'il pei:mettrait il tout le. monde de voir ses livres, et rendrait ses comptes à l'assemblée toutes les fois qu'elle Je commanderait ; que lorsque le revenu serait égal an montant d^s dettes, le gouverneur, avec l'approbation du Conseil , donnerait des mandats pour les rembourser.
Au lieu d'approuver ce projet, l'assemblée présenta une adresse à la reine, pour la prier de vouloir bien consentir à accréditer un agent pour représenter la couronne en Angleterre.* Le gouverneur, très-mécontent de cette demande, prononça la dissolution de l'assemblée.
A cette époque, la province fut menacée par les Indiens : ceux de Catts-Kill envoyèrent un baudrier de wampum aux babitants du comté de Dutcbess, comme déclaration de guerre. Les Sénécas et les Sbawanese étaient anssi disposés SLVû^ bostilités. On attendait une attaque navale contre la ville de New- York.
Au mois d'avril, les esclaves noirs de la ville de New- York avaient formé le projet d'y mettre le feu pendant la nuit , et de massacrer tous ceux qui chercberaient à l'éteindre; 19 de ces esclaves furent arrêtés et exécutés.
1713, 27 mai. La nouvelle assemblée, malgré l'élection de plusieurs nouveaux membres, épousa les mtéréts de la dernière. Le gouverneur, frustré dans son attente , déclara qu'il ne voulait passer aucun bill sans avoir pourvu au maintien du gouvernement ; que les deniers destinés pour cet objet devaient être confiés aux officiers de la reine. L'assemblée, fort embarrassée, se trouva forcée de passer un acte pour régler les dépenses publiques , qui fut approuvé par le gouverneur ; ensuite, elle mit un impôt sur les liqueurs spiritueuses, dont le produit monta bientôt à près de i ,000 livres sterling par an.
1 7 14- Dans la session dei7i49 Tasssemblée examinaavec soin
86 CHRONOLOGIE HISI^ORIQUE
les dettes dagonvernem^t, qui se montaient à environ 28,000 livres sterUns. Pour rembourser cette somme, eHe mitencircalation des bulets de orëdit confies an tï^ésmer de la provînoé. Dans l'automne suivant y rassemblée reçut la nouvelle ép la mort de la reine, et se sëpara pour se lî^unir au mms de mai 17 16. Elle continua ses travaux jus([u'au si juillet, lors-
aue le gouverneur la cassa enccnre. Par ce mojen, la plupart es membres élus se trouvaient dans ses intérêts ; et penaant la session suivante , qui eut lieu dans l'automne ^ il leur présenta un mémoire qu'on avait envoyé à la Cbambre des communes en 'Angleterre. L'assemblée lui présenta une adresse pour témoigner son respect , en qualinant le libelle de faux et malicieux. On a attribué oe mémoire à Mulford^ député acharné contre les cinq nations, qu'il voulait exterminer.
17 15. L'assemblée passa un acte pour naturaliser tous les étrangers protestants qui habitaient la colonie (i).
1 7 1 7, L'assemblée vota un blll pour fixer les limites entre la Nouvelle- York et la Nouvelle-Jersey d'un côté , et la province de Gonnecticut de l'autre ; et elle assigna pour cet objet 760 onces d'argent. En 1719, elle passa un autre acte afin de déterminer les limités entre la Nouvelle-York et Gonnecticut, et elle assigna une autre somme pour les dépenses de cette opération.
17 18, 18 mai. Le président NicoU adressa à l'assemblée sa démission, qui fut acceptée, et Robert Lîvingstôn fut nommé à sa place. Le gouverneur, profitant du congé que l'assemblée lui avait accordé pour retourner en Angleterre, lui adressa un discours très-flatteur, en disant « qu'elle avait » donné un exemple qui sera, j'espère, dit-il, suivi par les » assemblées futures » . Les membres répondirent « qu'aucun gouvernement n'a jamais mérité, à si juste titre, 1 affection des habitants » (2).
1719, 3i juillet. Après le départ du gouverneur, Pierre Schuyler lui succéda comme le plus ancien membre du Gonseii. Pendant sa courte administration , l'assemblée passa deux actes, dont l'un confirmait le traité fait avec les Indiens à Albany , et l'autre , pour régler la ligne de démarcation entre la Nouvelle-York et la Nouvelle-Jersey (3).
(i). Ttotiy Laws of the Britisli plantations,
(a) Ces discours sont rapportés dans rhistoire de Smith, part* IV.
(3) Id., part. IV.
MK ti'AMtimiQm. 87
i^ffQ. RinUflissement de l'égiise presbytérienne de la viUe de NeW'-Fork. Elle a 80 pMs de long sur 60 de large. On Ht msr tt façade l'hMeriptioii snitante: « Auspicante Deùj hanc mdem cuiitd divino sacram inperpetuum cele^ brando, A. D. 1719, primo fundatam, denuo penitus reparatam etampliôrem et omatiorem : A. />. 1748, coustructam Neo " Eboraceneee presbyterianiy m smtm et suorum usum condentee^ in hoc votwd Tabula D.D.D.Ç. coHcordid^ amore^ mec nonfideicultueet mofUmpuritate suffulta clariusi). exomata anmtente Christo hngumperdurei in mvwn, •
1720 9 17 septembre. Administration de Guillaume Bumet. Bamet , fils du oëlébre ëréque de ce nom, araît fait un engagement arec le brigadier Hanter, d'après lequel ce dernier lui céda le gouvernement de la NouvellB-York et de la Nouvelto^Jersey, pour la place de contrôleur de la douane de Londres. L'assemblée, pénétrée en sa fareur des sentiments les plus favorables , lui adressa un discours qui renferme le passage suivant : « Nous sommes persuadés que le iild de l'illustre prélat qui a si fortement contribué à nous délivrer du pouvoir arbitraire, du papisme, de la superstition et de l'esclavage , possède les mêmes principes qui lui ont mérité la considération des princes protestants ».
Voici les principaux actes que l'assemblée passa dans cette session : i<* pour accorder un subside pour cinq ans; 2® pour lever un droit de deux pour cent sur les marchandises d Europe (1) ; pour empécfier les Indiens de vendre leurs marchandises aux Français. Les Indiens se plaignirent de ce dernier acte, oui empêchait leur commerce avec les colons, en condamnant les marchandises à une amende de 100 livres sterling et la confiscation de leurs effets.
Bumet avait proposé un bill pour punir celui qui reniait la divinité de Jesus-Christ, la doctrine de la Trinité, les vérité de l'Ecriture-Sainte, et mettait cependant en circulation des livres sur l'athéisme. Ce bill fut rejeté par l'assemblée.
1721. L'ancien gouverneur Hunter fît un rapport si favorable au gouvernement sur la bonne intelligence qui régnait dans l'assemblée, que le colonel Sehuyler, qui la pnSsidait , reçut des instructions du secrétaire d'Etat pour ne jamûs la dissoudre.
(i) Peu de tems après, cet acte fat onaulé par le rot.
88 CHROffOJLOGIfi 1IS90RIQI3B
2 Juin. L'auditenr-çàiâ^al 9 Boi^nu^ Walpotej -mmoka^ M. Clarke pour sou député , et dein^iiâ» 5 pow loo sur le trésor. La aiambre s'y refusa et q<»wiiu^ Abryahan^ de. Pdsterj le jeunef trésoiîer» pur ordre du président et du comsea* tement du gouTemeur, ayec l^obligation de donner ca»|îan pour la somme de 5,ocx> livres sterling. L'assemUée ne Toalut plus accordei* k Vaaditçnr-général la somime de aoo livres sterling qui, jusqu'alors^ lui avait été payée par le tn^or.
1723. Le gouverneur ^voolant couper toute commnoîcatioa entie les Indiens et les Français» .et empéchm* œs derniers de fortifier des places dans la vallée de l'Ohio, établit un 4»mptoir à Oswego (i), dans le pays des Sénécas« Trois ans après. 57 canots y arrivèrent et. partirent avec 788 ballots de peaux de daims et de castors.
Un congrès des gouverneurs de New-York, de Pensylvanie et de la Virginie, eut lieu à AlbaAy, pour renouveler l'ai- Ijance avec les cinq nations. Les Indiens de l'est firent de fréquentes incursions sur le territoire des Anglais. Le gouverneur de Nevr-York engagea les Mobawks à envoyer une dépntation chez eux, et aies menacer de la guerre s ils voulaient continuer leurs hostilités,
1 : 23, 20 mai. Les dnq nations adoptèrent plus de 80 hommes de la tribu de Nicariagas, avec leurs femmes et leurs enfants. Ces Indiens venaient du pays situé au nord de Michilimackinack.
L'acte qui défendit le commerce avec les Français indis* posa plusieurs personnes contre le gouverneur. A leur demande, les négociants de Londi^ présentèrent une adresse au roi, le priant de donner des ordres poor empêcher l'exécution de cet acte. L'afiaîre fut soumise au G>nseil du commerce, qui décida en faveur du gouverneur.
1724. La révocation de l'édit de Nantes, donna lieu à Témigration de beaucoup de protestants francab dont plusieurs s'établirent dans l'Etat de New-York, dans un lieu nommé NcuvelleRochelU (2), d'autres ii New-Paltz (3),et quelques* uns se fixèrent dans la ville de New-York.
( 1) Otwefo ett titillée à l'entrée de la rivière do même nom, à 167 milles Jiord-oaett d'Albaoy» capitale de TEtat de New-YorJ^..
(2) Dans le comté de West Chester, a 20 milles au nord de )a ville de New-Tork. Population en i83o, 1,274 habitants.
(3) Dans le comté d'Ulster, à 85 milles au nord de la cité de New- York. Population en i83o, 4,973 habitants.
M L'aSÉRIOUB. 89
f ^. Le goavamemr da Canada^ ayant appris que celai - de JfeHT-York arait établi an comptoir à l'emboachare de la ririère Onondago, fit lancer deux navires sar le lac Ontario pour transporter les matëriaox nécessaires afin de réparer le ffovt de Niagara et d'y établir an magasin. Il espérait rainer ainsi le commerce d'Oswego en abrégeant la roate des Indiens d'enyinm aoo milles;
I725, Le baron de Longueil^ qai succéda à M. de Vaudreail, se rendit chez les Onondagas pour leur demander la permission d'établir ce magasin. Les autres nations s'y opposèrent et menacèrent de démolir le fort. Mais par Tinfluenoe de M. Joncaire, qui avait été adopté par les Sénécas et les 6iik)ndagas9 et qui parlait leur langue, ils abandonnèrent ce wojet. Le colonel Schuyler, qui connaissait l'ascendant qae ce Français possédait sur les Indiens, avait cbercbé à les engager (en 1719) à le chasser de leur pays; mais ils s'y refasèrent.
Le gouverneur Bornet écrivit au goavemement anglais pour faire connaître la conduite de Longueil à l'égard des cinq nations. Ensuite il tint une conférence avec les chefs, à Albany, leur rappelant les vexations que leurs ancêtres avaient éprouva des Français, et le bon traitement des Anglais qui leur avaient donné la nourriture et l'habilitent sans jamais conkmettre aucun acte d'hostilité envers eux. £n finissant son discours, le gouverneur leur demanda ce qu'ils pensaient de la conduite des Français à Niagara. Ils repondirent « que leur gouverneur avait empiété sur leur pays en y bâtissant , et ils prièrent M. Bornet d'écrire au roi d Angleterre pour réclamer des secours ».
Le gouverneur, profitant de cette déclaration et des bonnes
.dispositions des Indiens, leur demanda un acte d'après lequel
ils reconnaîtraient formellement la cession qu'ils avaient faite
de leur pays au roi d'Angleterre en 1701 (i). Cette demande
fut aocc»*dée. Ce territoire s'étendait à l'ouest et au nord du
lac £rie et sur celui d'Ontario. Outre cette immense étendue
. de pays , les Indiens cédèrent , par un nouvel acte , toutes
. leurs cabanes, depuis Oswego jusqu'à Gayahoga, ani se jette
. dans le lac Ene> et tous le pays qui s'étendait à la dbtance de
60 milles au sud de ces lacs.
Malgré ces grands avantages obtenus par l'activité du gou- *- ,
(i) Il est dit qae la première cession avait été enreçistrëe dans les registres de la secrétairerie des affaires des Indes , mais sans avoir été scellé^.
go CHROK^OGtt mSTOEIQUE
Temeor, il oerdit sob crédil aaprèf de la Chambre, danlfila* sieuM memiires Tenaient de mourir. A peine pat-il obtenir un subside pour trois ans. Les colons insisterait sçr la né-œssite' d'avoir une nouvelle élection, et il fut obligé de 4lissottdre rassemblée. Bientôt après^ la mort du roi ocoaaioina wae seconde dissolution .
Sur ces entrefaites, les Français réussirent k acbever la construction du fort de Niagara. Afin de protéger le poste et le commerce d'Oswego , )e gouyemeur y fit oonstrmre un fortin, en 1727, à ses prajpareB frais (i).
M. de Beauluffnais (:»), qui succéda à Longueil^eiiToyi^ de la Ghassaîgne, gouverneur des Trois^Riviirês ^ pour porter plainte au gouverneur de New-York, concernant Tétabliaiament du fort en question , mais sans obtenir une réponse favorable.
1727, septembre. La nouvelle assemblée, composée de membres nostiles an gouverneur, se réunit au mois de septembre. Le a 5 novembre , le comité des grie& adopta les résolutions suivantes : 1° que la Cour de c^noeUerie rend précaires les libertés et les propriétés des colons : les uns , d'une bonne conduite , ont été ruinés; d'autres obligés de s'expatrier, d'aiïtres forcés d^y rester après un cautionnement
3 u'on avait exigé d'eux ; 2<> que l'établissement et l 'exercice 'une Cour de chancellerie, sans l'approbation de l'assemblée générale, est contraire aux lois d'Angl^erre, et qu'elle tend a dépouiller les colons de leurs biens et de leur liberté ; 3<> que rassemblée, dans sa première sessi<Hi, passera un acte pour annuler ladite chancellerie, comme nulle et sans effist ; 4° la Chambre examinera s'il est nécessaire d'établir cette Cour ; elle en fera connaître l'étendue et la juridiction, et indiquera les personnes qui doivent y exercer les fonctions. Le gouverneur, ayant lu cette délibération, donna ordre à l'assemblée de ne plus se réunir. Néanmoins , au printems suivant , les ministres furent convoqués de nouveau , et ils passèrent une loi pour réformer les abus de la chancellerie et en réduire les droits. £0 conséquence de cette réduction* personne ne voulut plus y accepter de fonctions, et cette Cour tomba en désuétude.
(0 Ses héritiers ont souvent demandé à la province , à ce sujet, un capital de 5o livres sterling , qui n'est point encore payé , dit Smith dans son Histoire de New-xorL.
(a) Père de M. Beauharnais, mari de l'impératrice Joséphine.
BÉ L*ÂMÉItI<}tJE. 91
Bàriièt, ajraiit (lerclu son inflaeiice , et tourmenté par une forte opposition à son administration , consentit à s'éloigner, et fat nommé gouverneur de Massachusetts et de New- Hàmpshiire. Il mourut en iji^*
L'historien Çmith en fait le plus grand éloge. « Ne ressemblant à aucun des gouverneurs qui Tout précédé ou lui ont succédé, il ne chercha point à augmenter sa fortune par des moyens illégaux : il ne vendit aucune charge. Il vivait d'une manière honorable, aimant à s'entretenir avec des gens instruits ; il n'emporta autre chose que ses livres. On a beaucoup profité de ses observations astronomiques : son commentaire sur V Apocalypse l'a exposé au ridicule de quelques personnes qui essayèrent eu vain d'écrire comme lui ( i ].
1728, i5 diyrîl. Administration de Jean Montgomery. Jean Montgomery, qui succéda à Burnet, était Ecossais, ancien officier de l'armée , valet de chai;nbre du roi avant son avènement au trône, et membre du Parlement. Son administration ne fut signala par aucun événement remarquable. Il 9e borna à l'exerace des fonctions de gouverneur, et évita celles de chancelier jusqu'à ce qu'il reçût ordre de la Cour d'en continuer les pouvoirs. Cette conduite fut favorable au rétablissement de la tranquillité publique. Les deux partis, fatigués de leurs disputes , cherchèrent à vivra en paix (2).
1728, 23 juillet. L'assemblée se réunit sous ia présidence de M. Philipse^ et accorda un subside pour cinq ans. Le gouverneur se rendit à Albany, le i'^' octobre , pour renouveler le traité d'alliance avec les. six nations. Il leur fit des présents afin de les engager à défendre Oswego, que les Français cherchaient à démolir.
1729, II décembre. Contre l'attente générale, le roi annula les actes qui empêchaient le commerce d'Âlbany avec Montiléal.
1781. La Nouvelle-Angleterre voulant toujours étendre ses limites pour former de nouvelles colonies , le gouvernement de New- York entra dans un arrangement avec celui de Connecticut , pour fixer les frontières entre les deux provinces, par des commissaires nommés pour cet objet.
(i) SmiM New-York, part. V.
{1) Les membres qui composaient le Conseil étaient : MM. Walters, Van Dam, Barbarie, Qarke, Harrison, le docteur Golden, Alexandre, Morris, le fils ; Y. Horne, Provoost^ Livingston, Kennedy.
g» CHRONOLOGIE HISTORIQUE
173I9 1*' juillet. Administration de Rip Van Dam. Le gouyerneor Montgomery ëtant mort , Kîp Van Dam, riche négociant, lui saccëda, en qaalité de plus ancien conseiller. Pendant son administration, les Prançais s'emparèrent de la Pointe de la Couronne (i) , où ils construisirent une forte* resse qui était défendue par 36 pièces de- petit calibre.
Pour empêcher les invasions des Français dans l'Etat de New-York, on eut recours à l'établissement des montagnards écossais protestants , dans le canton du lac George. D'après un arrangement fait avec le capitaine Laughlin Campbell,, celui-ci j transporta , à ses frais , 83 familles , dont 4^3 adultes. Le lieutenant-gouverneur Clarke s'était engagé à lui accorder 3o,oooacres'de terrain exempts de toute imposition.*
Quelques fonctionnaires publics voulaient avoir part à cette concession : Campbell s'y refusa , et le projet échoua. Ayant vendu presque tous ses biens pour établir cette colonie, il s'adressa premièrement à l'assemblée de la province, ensuite à la Chambre des communes d'Angleterre pour l'indemniser des pertes qu'il avait supportées. La première ne fit aucune réponse a sa demande; l'autre la laissa traîner; et, dégoûté de cette conduite, il abandonna les colons à leur propre direction ; avec le peu d'argent qui lui restait, il acheta une métairie dans la province. Plus tard , ayant appris la révolution d'Ecosse, il retourna en AngletexVe pour combattre sous les drapeaux du duc d'York.
1731. Cette année vit terminer la contestation concernant les limites entre les provinces de New-York et de Connecticut.
1732, i«' août. Administration dii colonel Guillaume Cos^ by. Ce nouveau gouverneur arriva, le i*' août lySa, avec une commission de gouverneur de la Nouvelle- York et de la Nouvel le- Jersey. Il écrivit au président Kip Van Dam pour le prier de lui avancer une certaine somme, afin de couvrir les dépenses occasionnées par sa place, et qu'il lui- rembourserait avec remercîments. Mais, à son arrivée, il n'avait pas plutôt commencé l'exercice de ses fonctions , que non-seulement il refusa de payer la somme qui lui avait été avancée , et qui
(i) Crownpoint est situëe dans TEtat de New-York, à Touest du lac GbampUtn. Les Anglais s'en emparèrent en 1769; les Amëricaîns en 1753; l'ayant abandonnée, elle fut reprise, en 1777, par lesAnglais» et la même année, par les Américains.
1MB L'AMÉRiaUE; gS
s'âevail à 3,537 livres, mais il fit ponrsaivre Van Dam par l'avocat-général y au liom da roi y pour le remboursement des honoraires et des gratifications qu'il avait reçues pendant sa présidence. Le procès fut commencé devant la<îour suprême, composée du gouverneur et du Conseil sans jury. Le premier juge, Lewis Morris^ refuSa dé siéger sur le banc^ donnant son opinion suf rillégalite de juger cette affaire dans uneCour suprême, comme si c'était une Cour d'équité. Les deux autres ]uges, de Lancey et Plûlipse , déddèrent en faveur dit gouverneur, déclarant que leur Cour était une Cour de chancellerie, aussi bien que de loi commune. Morris perditsa place , et ies deux autres juges s'érigèrent eu Cour d'équité ayant le pouvoir de décider de toutes les causes sans un )ury. Quoique leur commission eût été représentée par Van JEliam comme illégale, puisqu'ils^s'étaient constitués sans l'avis du Conseil , Morris publia so» opinion contre cette innovation de la loi, qui transformait une Cour 8upp[^éme en, Cour de chancellerie , et le gouverneur, exaspéré , ordonna de poursuivre l'iinprimeur, nommé Zenger. ' 1734* Il n'y avait pas deux mois que le jouirai était publié, quand le gouverneur proposa des moyens pour le faire Snpprinier en le poursuivant légalement. Le nouveau premier )uge, James de Lanctyj adressa au grand-jury un discours concernant ce journal , dans lequel il essaya de prouver que Zenger s'était servi d'expressioDS injurieuses à la dignité du gouverneur ; mais le jury refusa de prendre connaissance de cette affaire. Elle fut alors soumise à un comité du Conseil, qui demanda une conférence avec le comité de l'assemblée, ce qui eut lieu le 17 octobre. Les premiers présentèrent alors à l'autre la reqi»ête suivante : t Que l'assemblée concourrait avec le Conseil afin dé faire brûler, par les mains du bourreau, ie journal de New-York^ sous les numéros 7, 47 et 4B, comme portant atteinte à la dignité du gouvernement de sa majesté le roi George II, et iinjurienx à la réputation des personnes occupant les plus hautes places de l'Etat. L'assemblée s'y refusa, et le journal fut renvoyé au Gcmseil, qui se réunit le 5 novembre , et signa l'ordre de le faire Brûler par les mains du bourreau.
1734-5. Jugement de John Peter Zenger, imprimeur de New^Vork, du weehly journal ou journal hebdomadaire ^ pour un libelle dirigé contre le gouverneur, Guillaume . Cosby, et son Conseil. Dans son adresse au grand-jury, le premier juge (troisième jeudi d'octobre 1734) observa que les
94 CHKONOIiOaiE qiSTOVQUE
libelles jderaiepl être défendus., et lei^rs aatenrs sévèremmt, punis ; que le jury devait les pirendx^ en CQnsidëration, et der ciarer Zenser p^tarbateur de la paix publique. Le jury s'y. nefusa. Le Conseil résolut alors de le poursuivre ; et , aprèsavoir examiné quatre, numéros de son journal j il déclara cru'iis renfermaient des libelles séditieux et scandaleux, et or-, donna qu'ils fussent brûlés par Iç bourreau. Les aldermans . et officiers ciyils de la corporation interposèrent leur autorité pour empécber cet acte contraire aux lois , aux droits de la corporation et à la liberté de la presse. Le sbériff proposa alors à la Cour d'autoriser le bourreau à exécuter l'ordre du Conseil. Celui-ci ayant été refusé aussi y le sbériff ordonna que les papiers fussent brûlés par son nègre, en présence des . officiers de la garnison.
l«e 17 novembre, Zenger fut arrêté et empriso^f^ en vertu d'un mandat du Conseil , tenu au fort George , pour avoir imprimé des libelles séditieux toidant à influencer les esprits du peuple contre le gouvernement de sa majesté. Le 4 août 1735, Zenger fut traduit devant la Cour suprême, lé'a^ocat^général , Kiçbard Bradley, cita plusieurs passages dudit jpurnal , faisant allusion au gouvernement et à son Conseil, et ainsi conçus : « Des juges ont été arbitrairement destitués ; de nouvelles Cours établies sans le consentement de la législature ; le jugeçient par jury aboli , et les propriétaires les plus estimables privés du droit de suffrage ».
L'avocat, après avoir cité certains passages des jurisconsultes anglais, tek que Coke, Woocl et Hawkms, déclara qu'un libelle était uue malicieuse diffamation de personnes vivantes ou mortes, exprimée soit en écriture , soit en imprimé, ou en signes ou en peinture pour attaquer la réputation ; si c'est contre un bomme privé , le libelle mérite un sévère cbâtiment ; si c'est contre un magistrat, un eb^iment plus g^and encore ; vrai ou faux, ce n'est pas moins un libelle ; enfin c^ne Zenger était coupable en attaquant d'une manîèfe grossièi« son excellence le gouverneur, représentant immédiat du rdi.
L'accusé fut babilement défendu par Andrew Hamiltorij avocat distingué de Philadelpbie , qui soutint que si un libelle était considéré dans le sens général que lui donnait l'avocat , presque tous les écrits pouvaient passer pour des libelles , entre autres , plusieurs passages de la Bible ,* que le cas en question n'était pas seulement celui d'un pauvre imprimeur , ou de la province de New-York , mais de tout
homme libre Tmdit sous le goayernèmeiit anghis; C'est la plits Mie des CMiset , la cause de la liberté ! et je ne doute pas, dit-il y s'adrossant au jurj, que Totref décision , anjour-^ d'hui^ ne'^oos assure raffiBction et l'estime de ros concîtojens. Par «» jugement impartial , vous fereas échouer les efforts delà tyrannie, et nous assurerez, ainsi qu'à notre postérité, la jouissance des droits qui nous sont accordés par la nature et les loil àe notre pays » c'est-à-dire celui d'arrêter les pregfèt du pouvoir arbitraire en faisant connaître la Té«rite par la parmi ou par les journaux !
Le jury le dédava non coupable , et , le jour suivant , Zenger fut mis en liberté, après 35 semaines de captivité. Le 20 septembre suivant, le Conseil de la ville honora Hamilton en lui acgcordant le droit de cité de New- York, à cause de sa généreuse et liabile défense des droits de Thomme et de la liberté de la presse dans l'affaire de. ï^eter Zenger ( i ).
Plusieurs membres de la corporation et habitants de la cité lui offiîrent ensuite une tabatière en or, avec des inscriptions analogues à la drconstance :
Demersœ Uges; timefaciu lib$rtas : hœc tandem emergunt.
Non nummis virtuU paratur, fia cuique eveniat^ Ut de
rspublica meruU.
1734. L'assemblée de New-York, redoutant une invasion de la part des Indiens alliés des Fi^çais, vota la somme de 6,000 livres sterling* pour fortifier la ville ^u même nom ; 4)000 pour élever un fort à Albany ; 800 pour un autre à Schenectadyi et 5oo pour maintenir la paix avec les Sénécas.
1736, 7 mars* administration de George Clarfie. Apvès la mort de Cosby, Geçrge Clârke, en q^alité de flQttSr9^uve]>neur , prit les rênes da gouvernement , et reçut enauite sa commission du roi, malgré une violente opposition de lapait des amis de Kip Van Dam , le plus ancien membre du Conseil.
Afin d'empêcher Tusure qui se pratiquait dans toute la province, au grand détriment du commerce , on passia un acte pour fixer à 7 pour cent les intâ^ sur l'argent prêté.
(1) Jugement de John Peter Zenger, de New-York, printer, London, 1765, 4^ pages in-S».
g6 CBMVÙiMa m&TOMQVE
iv4i* Cetle aniiëe y les esclaves noirs de la fiti de New*^ York» aa nombre de 2,000, formèrent m^ conspiration .pour rinoendier. La maison da (;oaTernement, etcpieiqaesoanes de celles qui raYobinaient, étaient en partie consumées^ quand le complot fut dëcourert. Plus de i5o des inoendiaires foreft arré&s et emprisonnés , parmi lesquels 18 furent pendos et 71 condamnés à être d4K>rtés*
1743, 23 noyembre. Administration de George Clinton^ fils de Francis Clinton , comte de Lincoln. Pendant lès dix années qa'il exerça les fonctions de goaterûeKr, plusîéars lois utiles forent passées par rassemblée, milgré ropposition qu'il rencontra de la part d'une partie, de ce corps , agissant sous l'influence du premier juge de Laocqr.
1745, le 25 février. Un acte fut passé pair rassemblée de New-York pour accorder une récompense pour chaque prisonnier ou cberelure pris par les habitants de la colonie ou par les Indiens alliée. L'année suivante , les chevelures de deux Français furent présentées, par trois Mohawks, au gou- Tcmeur d^ la province, à Albany , qui les récompensa avec de l'argent et des habits ( i ).
1752. Étabiissemeni de l'église de Saint^George dans là "ville de New^Vork. Cet édifice, bâti en pierres de taille, a une longueur de 02 pieds sur une largeur de 72. Dans un acte de F assemblée, le revenu en fut fixé à 5oo livres par an.
1753-54* En 1753, l^ssemblée vota la somme de 120 livres sterl. pour V établissement du collège di^ Roi^ aujourd'hui collège de Columbiay dans la ville de New- York, et 5oo livres pour son entretien annuel pendant sept ans. L'année suivante , l'édifice était préparé pour recevoir des élèves (2).
1753, octobre. Clinton eut pour successeur sir Danvers Osbome^ beau-frère du comte Halifax , et autrefois membre du Parhment , qui mit fin à sa vie en s'étranglant, peu de jom^ aprèfii son arrivée, à cause de la mort de sa femme qu'il aimait tendrement.
(i) New-York kist. collections^ vol. ÎI, p. Sy.
(a) Ce collège est sous la direction des rëgents de rUnirersitë de New -York, qui sont nomméa par le corps législatif. Eu 1787, il fut placé tou» la protection de VingtHiaatre curateurs. Les fonds donnent un revenu de 49000 dollars. La bibliothèque contient environ 8,000 volumes. Le nombre des élèves, en 1839, était de 1,700.
Voyez Description des Etats-Unis , par D.-^* Wardeo, vol. 11/ article ifeW'York.
DE l'Amérique. ^ 97
L'adinlnistration fut confiée à James de Lancey^ qai consei'va' aussi l'emploi de premier juge jusqu'à 1 amyée de Charles Hardy ^ en 17 55. Cet officier étant promu au rang de vice-amiral des Bleus, ayec une commission de commandant dans Texpédition qui se préparait contre Louisbourg , confia le gouvernement à de Lancey, qui le conserva jusqu'en 1 760 qu'il mourut.
Août. L'assemblée de la province de New- York vota la somme de 5,oo6 livres sterling pour aider la colonie de la Pensylvanie et celle de la Virginie dans une expédition contre les Français, dans la vallée de l'Obio.
1753 , février. La même assemblée vota la somme de 45,000 livres sterling pour la défense de la province, et pour se préparer à repousser les Français dans le Canada. Des biU lets de crédit furent mis en circulation à cet effet. D'après une loi pour le règlement de la milice, chaque homme blanc entre l'âge de 16 et de ^o ans fdt enrôlé , ainsi que les esclaves en cas de danger éminent.
Il fut arrêté que tout esclave au-dessus de i4 ans, devait,, en cas d'alarme ou d'invasion, être trouvé à la distance d'un mille au plus de l'habitation de son maître;, que sans un certificat de lui, il serait condamné comme. coupable de fé-. lonle, et que chacun pourrait impunément tirer dessus. ou ledétruire.
1754* Des instructions furent données aux gouverneurs descolonies pour s'unir en une confédération, et en cas d'hostilités et d'érection des ports sur les terres de sa majesté, d'em-. ployer les forces de différentes provinces à la défense de ses droits. Le gouverneur de New-York, en particulier, fut requis de s'entendre avec, les chefs indiqns et de les engage à demeurer fidèles aux intérêts delà Grande-Bretagne.
Un congrès s'assembla à Albany, composé. des délégués de- New- York, de Massachusets , Connecticut, Rhode-Island , New-Hampshire, Pensylvanie et Maryland, pour renouveler la paix avec les Indiens des cinq nations. .
Hendrich, sachem des Mohawks, leur adressa le. discours suivant : « Frères , le gouverneur du Canada et celui de la Virginie se disputent pour des terres qui nous appartiennent, et une querelle comme celle-là peut se terminer par notre destruction . puisqu'ils se battent pour les avoir. Le gouverneur de la Virginie et celui de la Pensylvanie ont fait des routes dans notre pays, afin de faire le commerce ; ils ont bâti des maisons sans nous en prévenir. Ils auraient dû d'abord T. xviiu 7
demander notre consentement, comme ils avaient fait torsqu'Oswego fut bâti.
» Frères, c'est bien vrai, comme vous nous Paviez dît, que les nuages s'amoncèlent sur nous, et il n'est pas très-agreable de regarder en baut ; mais nous vous donnons cette ceinture (présentant une ceinture), pour dissiper tous les nuages et que nous puissions vivre sous un beau soleil et nous maintenir dans une stricte union d'amitié, afin que nous devenions forts, et que rien de mal ne puisse nous arriver.
» Frères, c'est ici l'ancienne place du traité ; ici , ce feu de l'amitié a toujours brûlé, et il y a maintenant trois ans que nous n^avons été appelés à aucun traité. Il est vrai qu'il y a eu des commissaires ici , mais ils ne nous ont jamais invités à fumer avec eux (i). Cependant, les Indiens du Canada viennent souvent et fument ici , ce qui est pour l'amour de leurs castors ; mais nous les baissons (2) ; nous n'avons pas encore scellé la paix avec eux. C'est votre faute, frères, si nous ne nous sommes pas fortifiés par des conquêtes; car nous aurions été présider Ik Pointe de la Couronne : et vous nous en avez empêchés. Nous avions décidé qu'il. fallait aller s'en rendre maître ; mais on nous a dit qu'il était trop tard , et que la glace ne nous supporterait pas. Au lieu de cela , vous brûlez votre fort'à Saratoga, et vous vous échappez, ce qui est une honte et un scandale. Regardez autour de votre pays, vous n'avez pas de fortifications , pas même jusqu'à cette cité : ce n'est qu'à un pas du Canada, et les Français peuvent facilement venir et vous mettre à la porte. Frères, vous désirez que nous parlions du fond de notre cœur, et nous le ferons. Regardez autour de vous et voyez cette maison pleine de castors et de tout l'argent du Canada, de même que la poudre, le plomb, les fusils dont les Français se servent maintenant sur l'Ohio. Frères, les articles que l'on nous envoyait pour Oswego, vont à l'Ohio pour aider les Français à exécuter leurs projets. Frères, vous nous avez invités à ouvrir notre esprit et nos cœurs , regardez les Français , ils sont hommes , ils se fortifient partout ; mais vous , nous avons honte de le dire , vous êtes comme des femmes nues, étant sans fortifications. »
9 juillet. L'exposé suivant fut approuvé et signé par les
(0 Ce qui signifie que les commissaires ne les avaient invités à aucime conférence.
{p) Parlant des Indiens français.
BI L'amCRIQUE. 99
oommissaiies et par k lieatenant^gotiTenieor, et quatre monbres dtt Conseil de New- York :
« Les droits die ia majesté au oontinenl septentri^aai de l'Amérique 9 paraissent fondés sur la décooTerte faite; et , les possessions prises en 1497» ^ur une commission de Henri VIII, roi d'Angleterre, par Sébastien Cabot.
» Les Français ont pris possession des différentes parties de ce continent qui leur ont été cédées et confirmées par traités.
» Les droits des Anglais sur toute la côte , depuis la Géorgie jusqu'au fleuve Saint-Laurent, restent incontestables, à l'exception de l'île du cap Breton et les îles dans la baie de SaintrLaurent. Tout le pays sîti;ié à l'ouest, entre le 48° et ]e 34° de latitude , depuis l'Océan Atlantique et l'Océan Pacifique, est bien compris dans la donation du roi Jacques faite à plusieurs de ses sujets dans l'année 1606 , et ensuite confirmée en 1620. D'après cette concession, la Caroline et la Virginie réclament le pays jusqu'à l'Océan Pacifique. Les anciennes colonies de Massacbusetts et du Connecticut doivent étendre leur juridiction jusqu'à ladite mer, en vertu de leur cbarte respective. Par conséquent, la couronne d'Angleterre a non - seulement des droits sur toute la côte, mais sur toute la contrée placée entre ces deux Qcéans.
» La province de Nova-Scotîa ou Acadie , a des bornes connues et déterminées par la concession du roi Jacques I«' ; elle a été cédée , suivant les anciennes limites , à la Grande- Bretagne, par le traité d'Utrecht, de 171 3, et cette puissance est restée en possession jusqu'au traité d'Aix-la-Chapelle , selon lequel les limites de ladite province devaient être déterminées par des commissaires nommés pour cet objet.
» Par le traité d'Utrecht, le pays des cinq cantons des Iroquois est expressément reconnu pour être sous la domination de la Grande-Bretagne.
» Le lac Champlain , autrefois appelé lac Iroquois, et le pays situé au sud de ce lac jusqn'au3t établissements hollandais on anglais , les lacs d'Ontario et d'Erié et tout le pays adjacent, ont été reconnus par tous les auteurs français et anglais, pour appartenir aux cinq cantons ou nations, et tout ce territoire, long-tems avant ledit traité d'Utrecht, fut mis, par lesdites nations, sous la protection de la couronne d'Angleterre.
» Par le traité d*Utrecht, il aétérésenré aux Français la Kfaerté de fînéquenter le pays des einq nations, et d'autres des
Inéieiis allî^ de la Grandes-Bretagne, pour J faire le oommerœ , comme aussi les Anglais peuvent yistter les paya alliés arec la France , pour le même objet.
» Par le traité d'Utrecht , les Français elerèrent plusieurs forteresses dans le pays des cinq nations , dont une très- formidable à la Pointe de la Couronne y au sud du lac Cham^ plain.
» Depuis le traité d'Aix-la-Chapelle , cette partie septentrionale du continent a plus que jamais excité l'attention de la cour de France.
» Les Français ont injustement pris possession d'une partie de la province de Nova-Scotia, et ils ont bâti des forteresses sur la rivière Saint-Jean et dans d'autres parties de ladite province. Par ce canal, ils auront pendant rhiver et le printems une communication entre la France et le Canada , beaucoup plus facile qu'auparavant , et une rade plus commode que celle de Louisbourg même, pour liarceler les bâtiments anglais par leurs vaisseaux de guerre et corsaires.
)» Ils ont occupé et commencent un établissement vers la source de la rivière Kennebeck, dans la province du Maine. Cette situation est la plus convenable pour favoriser la retraite des Indiens de l'est dans leurs entreprises contre le gouvernement de la Nouvelle-Angleterre.
j» D'après des renseignements fournb par les Indiens, les Français ont fait des préparatifs pour créer un autre établissement à l'endroit aj^pelé Coqs y près de la source de la rivière Cpnnecticut, à environ dix milles de distance d'un affluent du Merrimack; de là il y a une facile communication avec les Indiens Abénakis qui sont établis sur la rivière Saint-François, à environ 4o milles du fleuve Saint* Laui^ent ; et il est certain que leshabitants de New-Hampshire, où l'on suppose que le Coos est situé, ont été empêchés par les Indiens français d'y faire aucun établissement.
» Depuis le traité d'Aix-la-Chapelle , les Français ont augmenté le nombre de leurs forts dans le pays des Grands- Lacs et sur les rivières qui se jettent dans le Mississipi. Us cherchent à établir une communication entre les colonies de la Louisiane et du Canada ; ils se mettraient ainsi en position de harceler les colonies anglaises du sud, et d'empêcher la formation de nouveaux établissements dans \e€ domaines de sa majesté. Us ont graduellement augmenté leurs troupes en Amérique , les transportant dans des vaisseau; de
M. h AMtMftVE. . loi
giuirie qui retotuma^t en Fiance aTée an équipage incomplely Imamni le reste dans leurs colonies.
» Bs ont faU prisonniers divers sujets de sa'T majesté qui fiiisÀÎent le oommeroe dans le pays des Iroquois et autres parties de l'intérieur dupajs. Ces prisonniers- ont été dépouillés de vadeurs de plusieurs mille livres sterling* Les Indiens ont été ezeités par les Français à tuer et à fmre prisonniers les habitants des frontières des colonies anglaises. Ces captifis sont conduits au Canada, où, pour leur rançon, on demande le prix d'un esclave.
» Les Français ont continuellement éloigné les Indiens des intérêts de l'Angleterre j et ont dernièrement persuadé à la moitié de la tribu des Mondaeos et plusieurs autres neuplades, de se transporter à un endroit appelé Oswegatoiie, sur la rivière Cadaraqut, où ils leur ont bâti une église et un fort ; plusieurs des Sénécas , nation la plus nombreuse , paraissent chanceler et incliner vers les Français. Il est triste de penser qull n'y a pas plus de i5o hommes de toutes nations qui ont assisté à ce traité, quoiqu'ils susseirt que tous les gon vernements y seraient représentés par leurs commissaires , et qu'un grand présent serait o&rt.
» Le projet des Français est d'entourer les colopies anglaisés et de se fortifier en arrière, de prendre possession de tou* tes les rivières importaiftes^ d'attacher les Indiens k leurs intérêts, et, par ce moyen , de faire une attaque générale contre les provinces anglaises ; à l'aide d'une forte navale , tout le continent p^ut être soumis à cette couronne; car sans la miraculeuse interposition du ciel dans l'année 1 746, tous les ports de mer de ce continent auraient pu être ravagés et détruits par l'escadre que commandait le duc d'AnviUe (1). •
1755: L'assemblée de New-York ordonna qu'aucunes provisions ne seraient envoyées aux ports , aux îles ni aux établissements appartenant aux Français, sur ou prés le continent de l'Amérique au nord. En même tems ils votèrent la somme de 4^9000 livres sterling pour la défense de la colonîe^
Mai. L'assemblée ordonna une levée de 800 hommes pour aidei' à la conquête du Canada, et 10,000 livres sterling pour subvenir aux dépenses.
(i) Massachusetts* historical collections, vol. V, 3« série. Proce^ dings ofthe congresi held at Aihan/ in 1754* Boatoa, ij^.
102 CHROSrOLIKUE HIST^MtlQUE
Campagne de 1755. Le gonTerneihitet britannique donsidérant la guerre avec la France comme dëfà commencée, fit embarquer à Covk f en Irlande, quelques rë^ments pour l'Amërique, soas le commandement du général Braddoek, A son arrivée dans la Virginie, les ^oiLTerneurs de différentes provinces se réunirent en convention pour régler le plan de campagne, et ils résohu'ent de tenter ti'ois expéditions, l'une contre le fort Dwjuesne^ une autre oontrè celui de Niagara^ et enfin, contre la pointe de la Couronne.
Expédition contre le fort Duqutsne, Le 16 juin , le général Braddock partit de Wills'^reek (i) à la tète dé plus de 3,000 hommes ; pour accélérer sa marche , il avança avec 200 soldats et 10 pièces de canon, laissant le reste de son corps avec les bagages sous les ordres du colonel Dunbar^ avec des instructions pour le suivre. Le 8 juillet, ce générai arriva sur les bords de la Monongahela et commençait à ihvestir le fort Duquesne, lorsqu'il fut attaqué à l'improviste dans un bois, par 3oo Français et 600 Indiens. Après un combat de trois heures , il fut blessé morteFement ; et les troupes se retirèrent , laissant sur le champ de bataille 64 officiers tués ou blessés, et environ la moitié de ce nombre de soldats : le reste se bâta de gagner le camp de Dnnbar, où Braddock expira.
Eocpédition eontre le Niagara. Les troupes provinciales destinées pour les deux autres expéditions se réunirent à Albany, vers la fin de juin , et l'artillerie, les ballots et les provisions y arrivèrent le 8 août. Le major général Lyman^ à la tète de 5 à 6 mille hommes , marcha au Partage,, situé entre le fleuve Hudson et le lac George, où il rencontra le général Jackson avec l'artillerie. Là , ils construisirent un fort sur le bord oriental du fleuve, qui fut nommé le fort Lyman, et ensuite fort Edouard. Vers la fin du mois , Jackson marcha,avQC le corps principal vers l'extrémité méridionale du lac George, connu aussi sous le nom de Saint'Sacfjem6ni{i),
Sur ces entr^aites , un corps français, commandé par le baron DieskaUj arriva à Québec avec des instructions «pour s'emparer d'Oswego. A son arrivée à Montréal, il apprit que les Anglais avaient fait des préparatifs pour effectuer la réduction du fort Frederick j à Crown -Point , et par ce moyen
(i) Au lieu depuis nommé Fott-Cumberland^ près des sources de Potowmack.
(2) Marihals* life of Washington, vol. I, ch. la. PbiUdelphia, i8o5.
DE L'ANÉmOVE. io3
pénétrer dans leCanada.Dieskaa, après aroir attenda^pendaçt quelque tems dans ce fort l'approche des Anglais , marcha contre eux ; il voulait, en cas de défaite, réduire les villes de Schenectady et d' Albany , et couper toute communication avec Oswego. Afin d'exécuter ce projet, il fit passer en bateau au fort Frederick , environ 2,000 hommes ; et débarquant à South- Bay, il marcha vers le fort Edouard. Étant arrivé à la distance de deux milles de là, il communiqua son projet à ses Canadiens et Indiens qui montrèrent de l'opposition à cause de l'artillerie anglaise. Cependant ils lui proposèrent d'attaquer leur camp au lac Saint-Sacrement. Le commandant anglais expédia un foii; détachement pour intercepter la marche des Français. A leur retour du fort Edouard , ce corps, composé d'environ i ,000 hommes et 200 Indiens , sous les ordres du colonel Ephraïm TVilliams, rencontra celui des Français à la distance de 4 milles du camp. Dans cette rencontre , les Français furent vaincus , et forcés de battre en retraite avec une perte considérable d'hommes et de munitions. Le colonel fut tué, ainsi que Hendrick , chef mohawk qui commandait les Indiens.
Après cette affaire, Dieskau s'avança, le 8 septembre, pour attaquer le corps qui était campé sur les bords du lac George. Après avoir essuyé quelques décharges d'artillerie , la milice canadienne et la milice indienne s'enfuient dans les marais , et le commandant, poursuivi par l'ennemi, fut forcé d'opérer sa retraite. Blessé à la jambe, il se trouvait seul et s'appuyait contre le tronc d'un arbre, lorsqu'un soldat tira sur lui et le blessa mortellement. Dans ce moment, un corps de 200 hommes arriva du fort Edouard, et tombant sur les Français, les mit en déroute complète. Dans le combat , le capitaine Mac Gennis , qui commandait les provinciaux, fut tué.
Campugne de fjSG. D'après la décision des commissaires des colonies, le corps d'armée du général Johnson fut congédié, excepté 600 hommes pour former les garnisons du fort Edouard et du idrt Guillaume-Henri, situé à l'extrémité méridionale du lae George.
Le général Shirley , qui devait commander l'expédition contre Niagara et le fort Frontenac, éprouva tant de difficultés, qu'elle fut différée jusqu'à l'année prochaine. 11^ laissa le colonel Mercer à Oswego avec 700 hommes, et revint à AIbany avec le reste de l'armée.
1756, décembre. Par un acte de la législature de New-
to4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
York , les troopes da roi devaient être logées chet les habitants de la province jusqu'au i«' janvier 1758.
Le nombre des miliâens des différentes provinces exigé par le gouvernement britannique était de !to,ooo, dont 2,680 étaient enrôlés par New- York. Afin d'en défrayer les dépenses , il fut voté la somme de 100,000 livres , qui devait être fournie par une taxe.
1 7 mai. Le roi d'Angleterre ayant déclaré la gueiTe à la France , nomma le comte ele Loudoun commandant en chef de^ troupes dans TAraérique du nord et gouverneur de la Virginie. Il y fut précédé par le général Abcrcrombie ^ qui prit le commandement de I armée vers la fin de juin. Le plan de campagne avait été tracé par un Conseil des gouverneurs des différentes provinces, assemblés à New- York. Ce Conseil décida qu'il serait levé 10,000 hommes pour une expédition contre Crown -Point ; 6,000 pour une autre contre Niagara , et 3,000 pour une troisième contre le fort Duquesne.
Pendant les préparatifs de cette campagne , le général Montcalm j qui remplaça le baron Dieskau en qualité de commandant en chef les forces françaises en Canada, s'ap-
Srocha (10 août ) du fort Ontario à Oswego , avec un corps e plus de 5, 000 hommes, composé de troupes régulières de Canadiens et dlndîens. Il ouvrit ses tranchées (le 22) avec 32 pièces de canon. Le colonel Mercer, commandant du fort, après avoir épuisé ses provisions , fit enclouer ses canons et passa la rivière au petit fort d 'Oswego , sans perdre un seul nomme.
Montcalm prit possession du fort. Le colonel Mercer envoya 370 de ses hommes pour la défense du fort George , situé sur la rivière, à 4 milles et demi de l'autre, et com«» mandé par le colonel Schnyler, afin d'entretenir une communication avec lui; mais elle fut coupée par 2,5oo Canadiens et Indiens qui traversèrent la rivière à la nage, dans la nuit du 1 3 au 1 4 août. Le i3 , le colonel Mercer fut tué par un boulet de canon , et le lendemain , la garnison composée de 1,400 hommes, demanda et obtint une capitulation, d'après laquelle elle se rendit prisonnière de guerre.
Montcalm trouva dans ces deux forts 121 pièces d'artillerie, i4 mortiers, une quantité de fusils , 33, 000 livres de poudre, 8,000 livres de boulets et balles en plomb et en fer, i56 bombes, et des provisions pour /\yOoo hommes pendant un an. Les chaloupes et 200 bateaux tombèrent aussi au pouvoir du commandant français, qui envoya ce butin avec les
' ra l'Amérique. io5
prisonniers à Mûntréal, et fit raser lé fort y à la grande satis^ foction des Indiens des six nations y aaïquels il donnait de rinqaiëtode. Ces revers oMigèi^nt les Anglais à abandonner leurs opérations militaires offensives (i)«
1757. Au mois de janvier, un G>n8eil s'assembla à Boston, compose de lord Londoun et des gouverneurs de la Nouvelle- Angleterre et de la Nouvelle-Ecosse. Le premier proposa de foire lever un corps de 4)000 hommes dans la Nouvelle-Angleterre (2) pour la prochaine campagne, et de faire la réquisition des forces en proportion dans Te New- York et le New- Jersey. Par ce moyen, ce commandant se trouva, au prilhtems, à la tête d'une arraëe considérable.
Au mois de juillet, l'amiral Holbourn arriva à Halifax avec une forte escaare, ayant à bord 5,ooo soldats, sous le commandement de George j vicomte Howe. Le 6 du même mois, lord Loudoun fit voile de New- York avec 6,000 hommes de troupes réglées , pour les réunir aux autres au lieu de leur débarquement. Il se décida alors à borner ses opérations à un seul objet, celui de la réduction de Louisbourg, et donna l'ordre aux commandants des forces navales et continentales de se trouver à Halifax ^^ Là, il reçut la nouvelle du départ d'une flotte française de Brest, et s'assura <|u'il n'y avait aucun espoir de réussir contre Louisbourg, qui était protégé par 1 7 vaisseaux de ligne et une garnison de 6,000 hommes de troupes régulières. Forcé d'abandonner cette entreprise , il partit avec l'amiral pour New- York vers la fin d'août, et les troupes provinciales furent congédiées.
Le 24 septembre , la flotte anglaise qui croisait devant Louisbourg fut assaillie et dispersée par^ une tempête. Plusieurs vaisseaux firent naufrage. L'amiral mit à la voile pour l'Angleterre avec le reste de la flotte, excepté une petite escadre qu'il laissa à Halifax.
Le marquis de Montcalm, profitant du départ de la flotte anglaise, mit le siège devant le fort Guillàiime-Henri avec 9,000 hommes. La garnison de ce fort était composée de
(i) MarthaW Ufe qf Washington^ vol. I, ch. 13.
(a) Savoir : Massachusetts 1,800 hommes.
Coonecticut 1,400
Bhode-Island \So
ISew-Hampshire 35o
id> CHRONOLOGU HISTMIQDfi
a à Syoeo ieldato,et protégeait le fort Édonarcl qui leofinmiait 4^000 faooimes. Le premier, assiëgé de U manière la plos ba- Ule, fut OMTcé de se rendre le 9 août, après une forte r&ifitanqe de six jours. Son commandant, le colonel Monroe^ obtint les honneurs de la guerre , et la promesse de yct^^^ .tion contre les Indiens, jusqu'à son arrivée an fort Éc^aard. Malgré cette stipulation , les Indiens de l'armée française tombèrent sur les Anglais, les pillèrent et les massacrèrent (i).
Le gouverneur de Massachusetts prévint la Cour générale qu'il attendait l'arrivée de i ,000 soldats écossais, et l'engagea à préparer la caserne de Gastle-Island. Elle y consentit ; mais ensuite il demanda à faire loger chez les habitants d'autres troupes qui venaient d'arriver, en vertu de l'acte du gouvernement britannique. Les juges de paix s'y refosèrent, alléguant que cet acte n'était point applicable aux colonies et plantations. Pour mettre fin à cette contestation, la Cour passa une loi par laquelle elle* déclara qu'elle défendrait par tous les moyens en son pouvoir, les droits et privilèges du gouvernement civil qui lui avaient été accordés par la charte royale.
Campagne de 1758. Par la conquête du fort Henry, les Français commandaient les lacs Champlain et George , et par la destruction des forts d'Oswego , ils étaient maîtres de ces petits lacs qui forment la communication entre les fleuves Saint-Laurent et le Mississipi. En possession du fort Duquesne, ils tenaient en respect tous les habitants du pays situé à l'ouest des montagnes Alleghany.
Le ministre , chef de la nouvelle administration en Angleterre, adressa aux gouverneurs des colonies une lettre poiir les avertir de la décision du Parlement d'envoyer une force considérable dans l'Amérique , pour opérer par terre et par mer contre les Français , et les invita à faire lever autant .d'hommes que pourraient en fournir les colonies.
Le Massachusetts en fournit 7,000, le Gonnecticut, 5oo» et le New-Hampshire, 3, 000. Ces troupes de milice furent prêtes à marcher au mois de mai. En même tems , l'amiral Boscawen arriva à Halifax avec une flotte formidable, amenant environ 12,000 soldats sous le commandement du général Amherst.
(i) Marshals' life of tVashington^yoh I, ch. la. London> 1778. Carvers travels, i3a-6. Boston, 179!!.
Belknaps^ Nev^Hampskire, II, 399.
M l'aKÉIUQUE 107
Le métiétsl AlwiDroDibie, commandant en dwf , se tr«ayait amtt à la tête de 5o,ooo hommes^ dont 2a, 000 de tvoupes régaàiètes.
ïj5S. Ce commandant conseilla de faire, cette année, trois expéditions successives : la première contre Louisboarg ; la seconde, contre le Ticond'eroga et Crown-Pôint , et la troisième contre le fort Daqœsne.
26 juillet. Prise de Louisbourg par les Anglais. La flotte sous les ordres de l'amiral Boscawerij composée de 20 vaisseaux et ï8 frégates , ayant à bord i4jOOo hommes sous le commandement du général Aniherst, partit de Halifax le 28 mai , et arriva devant Louisbourg le 2 juin. La garnison de cette place était composée de 2,5oo solaats réguliers , et 600 miliciens sous les ordres du chevalier de Drucourt. Cinq vaisseaux et deux frégates furent postés à Tentrée de la rade, et trois bâtiments furent coulés à fond à l'embouchure du bassin. Le 8 juin, on efleclua un débarquement à la crique de Cormoran. Le détachement de 2,000 hommes, sous les ordres du général TVolfe, s'empara d'un poste à la pointe de Light- Housej ou phare qui commandait la rade et les fortiGcations. On canonna la ville, ainsi que la rade où se trouvaient de gros navires : l'un de ces navires , ft*àppé d'une bombe , sauta en l'air, et les flammes atteignirent deux autres vaisseaux qui eurent le même sort. Il en restait encore deux dont l'un , qui était échoué , fut détruit , et l'autre enlevé par 600 hommes qui, au moyen de chaloupes, avaient pénétré dans la rade.
Le gouverneur , voyant plusieurs brèches faites dans les fortifications, proposa une capitulation , que le commandant refusa d'accepter. Il insista pour que la garnison se rendît prisonnière de guerre. Forcé d'accéaer à ces conditions, Louisbourg , l'île Royale et celle de Saint-Jean , avec toute l'artillerie, les munitions et les provisions, tombèrent au pouvoir des Anglais. On y trouva 220 pièces de canon et 18 mortiers ; 1 ,5oo homines de la garnison furent tués. Les assaillants en perdirent environ 4^0 tués ou blessés. On envoya en France , à bord des navires anglais , les habitants du cap Breton et la garnison ; les officiers de mer, les marins , au nombre de 5,637, furent amenés prisonniers en Angleterre (1).
(1) Mante, History ofthe late war ( London, 177»), lib. III, où se trouvent les articles de la capitulation.
io8 GHRONOIiOGIE HISTORIQUE
1758* Ej^dition^contreTicomhrùga. Le5 juillet, le gênerai AlMTcrorabie se troara à la tète de 1 5 ,000 horiUBeB, cpiHl fit embarquer sur le lac George, à bord de i25 bàtîments et goo baUaui^ ordinaires. Il effectua son débarquement du^oôtë de l'ouest, et marcha, à travers les bois, vers Tîconderoga. Lord Howe (i), qui commandait l'avant-gaffde , rencontrant une partie de celle des Français, l'attaqua et la força à se retirer ; mais lui-même futtuë; ensuite 1 armée anglaise prit possession d'un poste , à la distance de deux milles de Ticonderoga , et s'avança pour attaquer vigoureusement les fortifications. Le parapet avait 8 ou 9 pieds de hauteur, et devant se trouvait une quantité de branches d'arbres qui embarrassaient les soldats. Après une hitte inutile de près dé quatre heures, le commandant effectua sa retraite, et, le lendemain, rétablit son camp du coté du midi du lac George. Il perdit dans cette affaire environ a, 000 tués ou blessés , dont 4oo provinciaux. La perte des Français fut peu considérable (2).
1758, 27 août. Prise du fort Frontenac, Cette expédition était composée d'environ 3,ooo hommes , dont la plupart provinciaux, avec 8 pièces de canon et 2 mortiers , sous les ordres du colonel Bradstreet, Cet officier, étant arrivé à Oswego, fit embarquer ses troupes sur le lac Ontario, et, le 25 août , débarqua à la distance d'un mille du fort. Il ouvrit ses batteries si près des fortifications , qu'en peu de tems elles ne furent plus tenables, et le commandant fut forcé de se rendre à discrétion.
Les Indiens avaient pris la fuite, on ne fit que 1 10 prisonniers ; on y trouva 60 pièces de canon , 16 petits mortiers, une quantité d'armes, de provisions et de marchandises , et neuf nâtiments armés. Bradstreet détruisit le fort et les navires , et revint se joindre à l'armée sous les ordres du général Abercrombie (3).
1 760. Mort du gouverneur James de Lancey ; le gouvernement échut alors à Cadwallader- Cotdenj comme président du Conseil, qui reçut ensuite la commission de sous-gouverneur à l'âge de 78 ans. Colden, né en Ecosse , était un homme très-savant : il était arrivé en Amérique en 1708.
(i) Père de sir William Howe , qui commandait l'armée anglaise dans la guerre de la révolu tioD.
(2) Mante, History, etc., lib. III.
(3) Mante, book. III.
Marshals* life qf ff^asfungton, I, ch. i3.
m L'àMifiiQia;. iiç
1762 9 16 octobre. Aobert Monkton arrira comme gou^ yemeur de la province ; mais, l'annëe suirante, il fut^ommé pour commander ane expédition contre, la Martinique , et confia l'administration du gouremement à Golden , qui devait recevoir la moitié de ses traitemeiïts^ et du carael.
1 765. Sir ffenry Moore fut ensuite gouverneur. Il tâcha , par une conduite prudente ^ de s'assurer l'estime du peuple, tandis qu'il exécutait les ordres de la couronne relatif à la taxe sur le papier timbré ( i).
1765, août. L'acte pour le rétablissement du timbre exaspéra les citoyens de New- York. Afin de témoigner combien il leur était odieux, il fut crié dans les rues sous le titre de « Folie de l'Angleterre, et mépris de l'Amérique ». Les papiers timbrés furent déposés ^u fort George par le sous-gouverneur Golden. Le i*'' novembre , le peuple s'assembla , s'empara de sa voiture, et, la traînant jusqu à la place publique , on y éleva une potence sur laquelle on suspendit l'efhgie de Golden, avec un connaissement timbré dans une main, et une image du diable dans l'autre. Le tout fut porté en procession jusqu'au parterre du jeu de boules , et livré aux flammes au milieu de bruyantes acclamations. La maison du major James, qui s'était déclaré en faveur de cet acte, fut pillée et brûlée. Le jour suivant , la populace s'empara du papier timbré , mais finit par consentir à ce (|u'il fût déposé entre les mains des autorités dans l'hôtel-de-ville. Dix caisses de ce papier, qui arrivèrent ensuite, furent saisies et brûlées.
1765. Un congrès des députés des assemblées coloniales s'assembla dans la ville de New- York pour délibérer sar les affaires publiques de la province. S'étant opposé avec succès à l'acte du timbre, ils furent privés du droit de représentation à l'assemblée provinciale.
1768. Les négociants de New- York s'engagèrent à n'importer ni à acheter de marchandises anglaises à dater de janvier 1769 jusqu'à 1770; et vers la fin de cette dernière année, l'assemblée de New- York , comme celles des autres colonies , adopta une résolution contre l'importation de ces marchandises.
1769. A la mort de Henry Moore , qui eut lieu en 1769, Golden fut encore chargé du gouvernement jusqu'à l'année
(i) History of Lons-Island, by B.-T. Thompson» p. 157-141. New- Yort, 1839.
no CHRONO&OCn mftTdRIOUE
suivante, qa'arrira le noureâu goarernear John lord Dunmore. En 177I9 Fassemblëe Tota , ponr Tannée d'ajirdtf , une somme de 2,000 lirres pour son traitement, mais il refiisa, disant qu'il. était payé par le trésor royal.
La même année , il fut nommé gouTemeur de la Vii*ginie (i), et fut remplacé par William Tryon. Cet administrateur témoigna le désir de s'assurer les bonnes grâces des habitants par des actes d'une grande utilité. En 1773, il posa la première pierre de l'hôpital de New-York , et fonda tme chaire au collège du roi (maintenant Colombia). Il en fut récompensé par le titre de docteur en droit. Mais y après la dissolution de l'assemblée, le 3 avril 1775, il montra un esprit d'animosité cotitre les habitants. De 1775 à 1777, la province fut gouvernée par le congrès provincial.
1770. A cette époque, plusieurs circonstances augmentèrent le mécontentement public : V arbre de la liberté j qui avait été élevé pftr quelques citoyens , fut abattu par les soldats ; mais un autre fut bientôt établi , et scellé avec des crampons de fer.
L'assemblée ayant voté lia somme de 5,ooo dollars pour l'entretien dès troupes du roi en garnison dans la colonie , le peuple s'en offensa , et fit publier et circuler une brochure ayant pour litre : Aux habitants trahis de la cité de New^ York (!2), si^ne, un fils de la Liberté, L'assemblée dénonça cette publication comme un infâme libelle. L'éditeur, le capitaine Mac Doutai (3), étant cité devant le chef de la justice, fut mis en prison , après avoir refusé de fournir caution. Plus tard, il y consentit, et recouvra sa liberté. Traduit devant la barre de la Cour, à la session suivante , il ne voulut pas faire amende honorable , et fut remis en prison où il resta jusqu'à la prorogation de l'assemblée, en 1 77 1 .
177 1 . Par un recensement officiel, la population de la province de Nevf -York' s'élevait à 148,124 habitants, non compris 800 émigrés venus cette année de TÉcosse et du nord de l'Irlande, et d'autres des provinces orientales de la Nouvelle- Angleterre (4).
1773. La ligne de limites entre les provinces de New-York
(i) Voyez cet article.
(a) Tothe betrayed inhabitants oj the city o/New-York.
(3) Depuis général.
(4) Massachusetts* hist, colL, vol. 1,2*^ série, p, 147. Boston^ i8i4>
et de Maasachuftettà fat fixée par des oommktftwes de cette prpyiooe..
, Vers le loUîea de dëœmbre 1773^ dix-eept caisses de thé , qui avaient été introduites dans la ville de New^York par nn navire mouillé à Sandy-Hook 9 forent saisies par quelques cîtojens, et jetées dans la rivière.
1775. L'ass^nblée de Nev7*York renonça à prendre aucune port dans les travaux du congrès qui eut lieu à Pbiladelpliie l'année d'auparavant , et adressa une pétition au roi ) pour demander la réforme des abus politiques, en désavoinant toute idée d'indépendance. Le parti populaire s'opposa à cette mesure. Il se réunit le 6 mars, et contesta au Parlement le droit de taxer les babitants de la province. La populace , armée des débris de cercles de fer, épouvanta les torys, qui se dispersèrent. De ce moment , la balance pencha en faveur des réformistes, qui eurent pour chef le capitaine Seàrs^ connu sous le nom du roi Sears. Cette province devint le théâtre des événements importants qui la conduisirent à l'indépendance (i).
Le Parlement d'Angleterre passa un bill pour encourager le commerce avec les colonies du centre et du sud , sans y comprendre Ne «r- York , Délaware et la Caroline du Nord. Dans le même tems, l'assemblée de la première province présenta une adresse au gouverneur, pour le prier de remédier à leurs maux. « Nous éprouvons, » dirent-ils, « le plus ardent désir de concilie une réconciliation cordiale avec la mèrepatrie, ce qui ne pourra être effectué qu'en traçant les limites de nos droits et de l'autorité du Parlement. Nous regrettons qu'il ait adopté des mesures contraires à la constitution anglaise sous laquelle cette colonie a participé aux droits et privilèges si hautement appréciés par leurs concitoyens de la Grande-Bretagne. Nous regrettons l'abolition du jugement par jury dans la colonie de Massachusetts , et nous plaignons la détresse de ses habitants. Nous réclamons le rétablissement de ces droits dont nous jouissions avant la dernière guerre. Nous ne demandons que la continuation de l'ancien gouvernement auquel nous avons droit suivant les principes de la constitution anglaise. »
Pouvoirs du gouverneur de VÉtat de New-^Vork. Le gouverneur du roi , en vertu de sa commission , avait des pouvoirs très-étendns , pouvoirs que nous allons énumérer le
(1) Voyez l'article Histoire de la Révoiutiotu
lia GHRONOLOOIE HISTOUQUE
glcis brièTement possible : i^ de suspendre les membres du onseil y et d'en nommer d'autres jusqa'à ce que la volonté du roi fût coànue, et de remplir les places qui viendraient à vaquer par cause de décès ou d'absence ; 2® de convoquer l'assemblée, du consentement du Conseil ; 3** de faire des lois et des ordonnances pour le gouvernement de la province, pourvu qu'elles fussent conformes k celles de la Grande-Bretagne , et qui devaient être transmises, dans l'espace de trois mois, au roi, pour obtenir son approbation ou être rejetées ; 4^ d'avoir une voix négative dans le Conseil et dans l'assemblée, et d'ajourner , de proroger et de dissoudre toutes les assemblées génâ:ales ; 5*" de créer, avec le consentement du Conseil , des Coiurs de justice ; 6^ de nommer les juges , commissaires d'ojer et terminer, et les juges de paix ; 7^ d'accorder le pardon des crimes ; 8** de nommer aux bénéfices des ecclésiastiques pour les églises et les cbapelles ; 9^ de lever des troupes , et de les employer contre les ennemis, les pirates et les rebelles ; 10® de faire exécuter les lois martiales ea tems de guerre ; 1 1"" de bâtir, avec le consentement du Conseil , des forts et des cbâteaux ; de leur fournir des munitions et des armes , de les démolir et de les démanteler ; 12^ de nommer des capitaines et autres officiers de sbériffs, et de leur accorder des commissions pour mettre en vigueur les lois martiales suivant les statuts i3 Car et 18 Car II , et 18 George II, mais qui ne s'étendraient pas sur les bâtiments commissionnés par Tamirauté ; 1 3^ de disposer, avec )e consentement du Conseil, de tous les fonds publics, pour le maintien du gouvernement ; 1 4^ d'accorder, avec le consentement du Conseil , des concessions de terres sous le sceau public ; i5^ d'établir, avec le consentement du Conseil, des foires, des marcbés, des rades et des ports (i).
1777. Constitution» Le 20 avril, la constitution de l'État de New - Fork fut établie par la convention autorisée et revêtue de pouvoirs à cet effet. En voici les principales dispositions :
Aucune autorité ne sera exercée sur le peuple que celle émanée de lui.
La puissance législative sera confiée à dieux corps distincts et séparés, dont l'un est intitulé : Assemblée de l'Etat de New-York^ et l'autrç, Sénat de l'Etat de NewYork. Ces deux corps s'assembleront une fois au moins chaque année.
(i) SmiOi$' New- York ^ chap. 5.
Digitize'd by VjOOQIC
0R L'AJ^yÊAIffiDS. ii3
Afin d'empêcher l'assemblée de rendre des lois contraires aux principes de cette constitution , il sera établi un Conseil pour examiner les bills passés en lois. Ce Conseil sera composé du gouverneur en exercice , du cbanœlier %t des juges de la Cour suprême, ou de deux d'entre eux ayec le gouyerneur : 41s ne recevront aucune rétribution pour l'exercice de ces, fonctions. Si, d'après la révision d'un bill, le Conseil décide qu'il n'est pas convenable que ce biU ait force de loi , il sera renvové avee ses objections au Sénat, ou en la Chambre qui l'aura d abord proposé ; alors le oorp procédera à un nouvel examen ; si, malgré les objections, il est admis de nouveau par les deux tiers du corps , il sera envoyé à l'autre Chambre, et s'il est approuvé par les deux tiers des membres présents il deviendra loi. Le bill doit être renvoyé par le Conseil dans les dix jours après sa pi:ésentation, autrement il sera considéré comme loi.
Uassemblée sera composée de 70 membres au moins, choisis annuellement dans les différents comtés. Sept ans après l'expiration de la guerre actuelle^ il sera dressé un dénombrement des électeurs et des habitants, afin de proportionner le nombre des représentants au nombre des électeurs. Ce cens ou dénombrement sera renouvelé tous les sept ans après l'expiration de la guerre ; les élections se feront au scrutin ; mais ce mode pourrait être aboli par les deux tiers des membres de la législature s'ils sont a avis que les suiBfrages de vive voix tendent plus à la conservation oe la liberté.
Tout habitant mâle , de l'â^e requis , qui a résidé dans l'État pendant les six mois qui auront immédiatement précédé le jour de l'élection , aura droit de voter pour les représentants , si pendant ce teins il a été franc-tenancier , possédant la valeur de 20 livres sterling , ou un fonds à bail de 4o scbellings, étant taxé et ayant payé l'impôt. Les habitants . libres de la ville d'Albany , et ceux qui ont été déclarés comme tels de la ville de New- York , le 14 octobre 1775, ou avant, et qui y résident, auront le droit de voter pour les représentants.
Tout électeur, avant de donner son suffrage , doit , s'il en est requis, prêter serment de fidélité à l'État, et ^ s'il est quaker^ ou amij le prêter par affirmation.
L'assemblée choisira son orateur, qui sera juge de ses membres ; elle jouira des mêmes privilèges que les anciennes assemblées de la colonie de New -York, et procédera comme elles dans l'expédition des affaires.
T. lYin* 8
Il4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Le Sénat mrst compose de 24 memBres dunsis nannt les firanos-teDaneîers qui possèdent des biens-fonds delà yalenr de 100 UTres sterling, et libres de toutes dettes.
Les sénateurs seront élus pour cpiàtre ans , et partagés en quatre classes de six chacune. Les places de la première seront vacantes à l'expiration de la ]iremière année ; celles de la se^ conde, à la fin de la seconde, et ainsi de suite , afin qu'un quart du Sénat soit élu chaque année.
Aucun membreée cet État ne sera dépouillé de sa franchise, ni priiré des droits el priyiléges des sujets dudit État, autrement que par un jugement de ses pairs.
L'assemblée ni le Sénat ne pourront s'ajourner plus de deux jours sans leur consentement réciproque.
Lorsque l'assemblée ne sera pas de l'avis du Sénat , deux comités seront choisis respectivement, au scrutin, pour tenir une conférence en présence des deux corps. Les portes des deux Chambres seront toujours ouvertes au public, excepté dans les occasions où le bien de l'État exigerait que les débats scHcnt tenus séants.
Il n'y aura jamais plus d'une centaine de sénateurs ni de 3oo représentants.
La puissance suprêmeet l'autorité executive de TËtat seront confiées à un gouvemmr qui sera élu pour trois ans par les iSranoS'tenanders, ayant les mêmes qualités que pour l'élection des sénateurs.
Le gouverneur est général, commandant en chef de toute la milice, et amiral de la marine de l'État. Il aura le pouvoir de convoquer les Chambres dans les occasions extraordinaires et de les proroger pour un terme qui n'excédera pas soixante jours dans une seule année ; d'accorder des sursis et des grâces aux personnes convaincues de crimes, excepté dans les cas de trahison et de meurtre, et dans ces deux cas, il pourra suspendre l'exécution de la sentence jusqu'à ce qu'on ait fait un rapport à la législation, qui décidera du sort du criminel.
A l'ouverture de chaque session, le gouverneur doit informer les Chambres de tout ce qui lui paraîtra nécessaire 6u utile à savoir. Il doit correspondre avec le congrès continental, et avec les souvemeurs aes autres États, faire exécuter les déosions des Chambres, et veiller à ce que les lois soient fidèlement exécutées.
Aux élections du gouverneur, il sera élu un sous^gouver^ Mur pour le même tems que le premier. Cet officier sera président du Sénat; et si deux avis différents sont appuyés
DE L'AWiRIQfiË. ;ii5
par un nombre ëgal de rois ^ il aura toîx pour les départager.
Lesous-gouTemenr remplacera le gouverneur dans le cas où œliû^ci serait accusé d'un crime politique ou destitué; en cas aussi de démission, d'absence ou de mort; mais s'il s'absente avec le consentement des Chambres pour se mettre à la tête de l'armée, en tems de guerre, le gouverneur conservera le commandement en chef de toutes les forces militaires et navales.
Lorsque le sous->gouvei*neur remplira les fonctions de gouverneur, les sénateurs choisiront un d'entr'eux pour le rem- S lacer au Sénat ; en cas de mort, d'absence, de démission et e destitution du sous-gouverneur, le président du Sénat exercera les fonctions de, gouverneur.
Le trésorier de l'État sera nommé par la législature , et aucun membre ne sera éligible à cette charge.
Les autres officiers du gouvernement qui ne sont pas nommés par la constitution , le seront par des sufirages à haute voix d'une assemblée convoquée une fois tous les ans, dans chaque grand district qui nommera un des sénateurs. Ces sénateurs formeront un Conseil pour nommer lesdits officiers, et dont celui qui remplit les fonctions de gouverneur sera président. Ces sénateurs ne pourront être élus deux années de suite par le Conseil .
Les officiers militairts seront nommés pour un tems à volonté, et pourvus de commissions par le gouverneur, ainsi que les officiers civils.
Le chancelier, les juges de la Cour suprême et le premier juge de la Cour du comté resteront en place jusqu'à l'âge de 60 ans, tant qu'ils auront une bonne conduite. Lies premiers officiers ne peuvent remplir aucun autre office que celui de délégué au congrès général, et dans des occasions particulières et importantes, ni les derniers , excepté celui de sénateur ou de délégué au congrès général.
Les shérifs et les ooroners seront nommés annuellement , et ne pourront garder leur emploi plus de anatre années de suite. Le shérii ne peut remplir a'autres lonctions publiques.
Le gardien desjegistres et les greffiers de la chancellerie seront nommés par le chancelier ; les greffiers de la Cour suprême par les juges de cette Cour ; les jpreffiers par la Cour des vérifications des testaments par le juge de ladite Cour ; le gardien des r^istres, et le maréchal de la Cour d'amirauté parle jugede Tamirauté. Les officiers conserveront leors
il6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
places y suivant le bon plaisir de ceux qui les auront nom» mes.
Les dëlëgaës da congrès général des Etats-Unis seront nommés amiablement et de la manière snivante : le Sénat et l'assemblée nommeront , chacnn par des suffrases à hante Toixy un nombre de personnes égal à celui des délégués , et ceux qui se trouveront nommés dans les deux listes seront déclarés membres du congrès général. Quant à ceux qui ne se trouveront ({ue sur une des listes, les deux Chambres réunies en choisiront une moitié pour compléter le nombre requis des délégués.
Une Cour sera instituée pour connaître les accusations de crimes d'État, et pour la révision des procès ; elle se composera du président du Sénat , des sénateurs , du cliancelier et des juges de la Cour suprême.
Les représentants du peuple auront le droit d'entendre une accusation de crime d'État contre les officiers publics , pour mauvaise conduite ou prévarication dans l'exercice de leurs fonctions ; mais avec le consentement des deux Chambres , le tiers des membres présents. Les peines les plus fortes qui puissent être inffligées sont la destitution d'office , et l'inhabilité à occuper aucune place d'honneur, de confiance ou de profit sous le gouvernement ; mais en vertu d'une plainte, l'officier convaincu est sujet à être poiursuivi devant les tribunaux ordinaires.
Les parties de la loi commune d'Angleterre , et de la loi des statuts et des actes de la législature de la colonie de New - York qui formaient le Code de cette colonie le 19 avril 1775, continueront à être les lois de cet État j mais seront soumises aux changements et aux modifications que la législature jugera nécessaires. Tontes les parties de ces lois qui ont rapport à la suprématie , la souveraineté , le gouvernement ou les prérogatives prétendues ou exercées par le roi de la Grande-Bretagne , et ses prédécesseurs sur cette colonie et ses habitants , sont abrogées et rejetées en vertu de la présente constitution.
Toutes les concessions de terres dans cet État , faites par le roi d'Angleterre ou par son autorité, après le r 4 octobre 1775, seront nulles et invalides.
Tous achats du contrats pour vente de terres faits depuis le t4 octobre 1775, ou qui pourront l'être par la suite avec deè Indiens de cet État, ne seront obligatoires popr eux , ni valables sans être approuvés par la légidature.
' m L'ABfiRlQUE. 117
Tout le monde aura la Ubre et pleine jouiâfianoe de la croyance religieuse et da culte rdigieax sans aucune exception ; mais cette liberté de conscience ne doit jamais permettee des actes de licence , ni des pratiques ineDmpatibles arec la paix ou la sAretë de rÉtat.
Les ministres de rÉfangile, se trouvant par leur position consacres au service de Dieu , ne peuvent occuper aucun office, ni aucune place publique.
La milice de TÉtat sera toujours armée , disciplinée y et prête à servir.
Les quakers qui , par scrupule de conscience , ne veulent pas pcHTter les armes , en seront dipensés en payant à l'État une somme d'argent fixée par la législature d'après leur fortune. •
La procédure par jury sera maintenue inviolablement , et la législature ne passera aucun àc^ d'attainder {i)^ excepté pour crimes qui peuvent être commis avant la fin de la guerre actuelle : ces actes n'opèrent plus la corruption du sang {2),
La constitution dt New^Fork a été rés^isétj et ensuite amendée en tSoi et 1821. Elle constitue deux corps de législature : un Sénat et une Chambre de représentants.
Le Sénat est composé de 82 memlnres , francs-tenanciers , choisis pour quatre ans , et de l'assemblée de ia8 membres élus annuellement.
Les qualités requises pour pouvoir voter aux élections des officiers publics sont : i"* être citoyen , âgé de ai ans, avoir ^ésidé dans l'État l'année qui précède l'élection , et pendant les derniers six mois dans la ville ou comté où il peut donner son yste et avoir, pendant l'année précédant l'élection , payé à l'État ou au comté , une taxe sur une propriété réelle ou personnelle , ou bien être exempt de taxation , ou , durant cette même année , aVoir servi dans la milice de l'État , ou en être dispensé k cause d'un emploi , comme pompier , dans une cité , ville ou village ;
a° Toul^ citoyen âgé de 2 1 ans , ayant habité l'État pendant les trois années qui ont précédé l'élection , et qui , peu-
(1) L'acte tl'oftatiu/tfr se décernait contre les coupables de haute trahison et de félonie.
(2) En anglais, « corruption ofblood ». Avant la révolution , toute consanguinité était coupée entre celui contre lequel il avait été décerné un acte à*attaindèr^ et ceux qui lui ap(>artenaicnt.: ses biens étaient confisqués au profil du gouvernement.
]i8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
(lant la dei*DÎère, aura réside daas la ville ou comté où Udoit donner son rôle, oa qui, dans cette dernière année , aura Iravaille ans chemins publics, ou payé un droit équivalent soi** vant les lois , sera aotoriaé à voter, dans la viUe ou district qu'il habite, pour tous les officiers choisis par le peuple ;
3<* Les hommes de couleur qui , depuis trois années, auront été citoyens de l'État, et qui, pendant Tannée antérieure à l'élection, auront possédé une propriété franche de la valeur de 25o dollars, et payé des taxes, auront le même droit. L'élection de tous les citoyens aura lieu par scrutin, excepté pour les officiers des villes qui pourront être élus autrement.
Les membres de la législature recevront du trésor public une indemnité qui ne pourra pas excéder trois dollars par jour.
Aucun membra de la législature ne pourra, pendant le tems pour lequel il est élu, recevoir du gouverneur, du Sénat, ou de la législature, un emploi civil.
Aucun membre du congrès occupant un emploi judiciaire ou militaire dans les États-Unis ne pourra faire partie de la législature ; et, en acceptant cet emploi civil ou militaire, il devra faire partie de la Chambre.
Tout officier pourra être renvoyé de la législature par le consentement réuni des deux tiers des Qiembres de l'assemblée, et à la majorité de ceux du Sénat.
Tous les bills devront être présentés au gouverneur avant de pouvoir passer comme loi. Dans le cas où ils ne seraient |Kas approuvés par lui, il devra les renvoyer, avec ses objections , à la Chambre dont ils émanent , afin qu'ils soient révisés. Si deux tiers des membres consentent à ce qu'ils passent, ils seront renvoyés avec les objections à l'antre Chambre ; et s'ils sont approuvés par le même nombre de memlx^s présents , ils paieront en lois.
Les sénateurs sont divisés en quatre dassea , de manière qu'un quart des membres soit renouvelé chaque année. L'État se compose de huit districts, appelés districts du Sénat.
Les membres de rassembla sont ohoisis par comtés ; d'à* près le nombre respectif des habitants , sans y comprendre tes étrangers, les pauvres, et les gens de couleur non taxés.
Un dénombrement des habitants sera fait en iS^S, et doit être renouvelé tous les dix ans.
Le pouvoir exécutif est confié à un gouverneur choisi pour deux ans. Pour être gouverneur, il &ut être né aux États-Unis, franc-tenancier, avoir trente ans , et, pendant cinq années ,
DE t'AMlgRIQUJg. iig
avoir résidé dans l'État^ à moins d'absence motiy^ ponr les afEaires des États-Unis on de New-York. Le gouverneur est général, commandant en chef de la milice et de la marine* Il est investi des pouvoirs suivants : i® de oon/oquer rassemblée et le Sénat dans les occasions extraordinaire« ; 3<* de recommander à l'un et à l'autre les points ^ régler qu'il juge convenables ; 3* de traiter toutes les aftaires avec les officiers du gouvernement, militaires et civils ; 4" d'accorder des grâces pour tous les délits, la trahison et les cas d'accusation exceptés ; et en cas de conviction de trahison , de suspendre l'etécution de la sentence jusqu'à ce que la législature en ait décidé. Dans le cas d'accusation, si le gouverneur est absent ou mort, ou qu'il ait donné sa démission, il sera remplacé par le soos-gouverneur, (|ui est président du Sénat.
L'adjudant'-général est nommé par le gouverneur, qui , avec le consentement du Sénat , nomme aussi les majorsgénéraux, les brigadiers, les inspecteurs et le chef de l'étatmajor. ^ ^ ^
Le secrétaire d'État, le contrôleur, le trésorier, l'avocatgénéral, Tinspecteur-général , et le commissaire-général sont nommés par le Sénat et l'assemblée. Chacune {Présente une personne qui est nommée à l'emoloi, s'il y a consentement unanime , autrement la nomination aura lieu par les votes réunis des sénateurs et des membres de l'assemblée.
Le gouverneur nomme tous les oi&ciers de justice, les juges de paix excepté , lesquels sont nommés pour qqatre ans, par une commission, dans chaque comté.
La Cour d'accusation et d'apfpel est composée du président du Sénat , du chancelier et des ]uges de la Cour suprême ou de la plupart d'entre eux.
L'assemblée a le pouvoir de porter accusation contre tous les officiers civils de l'État, pour corruption , crime capital, malversation et mauvaise conduite.
Le chancelier et les juges de la Cour suprême conserveront leur emploi, tant qu'ils se conduiront bien , jusqu'à l'âge de 60 ans.
La Cour suprême se compose d'un grand juge et de deux juges , chacun d'eux pouvant présider la Cour. Ces officiers ne peuvent remplir aucun autre emploi civil.
Les juges des Cours de comté et les rapporteurs eonserveront leur emploi pendant cinq ans ; mais ils peuvent être changés par le Sénat sur la demande du gouverneur.
Tous les membres de la législature et tous les officiers,