CHRONOLOGIE HI8T0EIQUE
I746. Cette année, la lëgîslâtore s'assembla, an mois de jain, à Newbem, et, en décembre, à Wilmington. La partie occidentale du copité de Crayen fat érigée en Un noaveaa comté, et appelée Johnston en l'honneur du gouverneur; et la partie septentrionale du comté de Edgecombe fut aussi érigée en comté, et nommée Granville en l'honneur du propriétaire du sol.
1746. Jusque-là, les comtés du nord de la proyinoe avaient envoyé cinq membres à l'assemblée, tandis que d'autres, qui avaient une plus grande étendue, n'en envoyaient que. deux. Afin de régler le nombre des représentants, il fut arrêté qu'il y en aurait deux par chaque comté, et un pour les villes d'Edenton, de Bath, de NeWbern et de Wilmington ; il fut aussi arrêté que i4 membres et un orateur formeraient un quorum ou nombre de membres qui peuvent agir légalement.
La ville d'Edenton étant trop éloignée de la partie la plus peuplée de la province, la Cour suprême de justice fut transférée à Newbern, et organisée de nouveau. La Cour générale fut composée d'un premier juge et de trois juges suppléants. On établit, en même tems, une Cour de chancellerie jcpî devait siéger à Newbern.
1747. La Caroline du Nord reçut une augmentation de population, par l'arrivée d'un grand nombre de partisans du . malheureux . prince Charles Edouard ^ petit-fils de Jacques II ; dix-neuf d'entre eux reçurent leur grâce, à la condition de passer en Amérique, et d'autres, qui avaient soutenu cette cause sans prendre les armes , allèrent les joindre. La plupart d'entre eux s'établirent près de la rivière du cap Fear, où fut ensuite élevée la ville de Fayetteville ( i ). (Voy» l'année 176a.)
1747. Les lois de la province n'existant qu'en manuscrit, la législature décida que celles qui étaient en vigueur seraient imprimées; quatre commissaires (2) furent ensuite nommés pour les reviser et les publier. Comme on n'avait pas les fonds nécessaires pour cette dépense , on mit une taxe de trois pences sur chaque gallon de vin et de liqueur distillée, et de quatre pences sur chaque quintal de riz im-
(0 Population en 1840, ^,iAS individus.
(a) Le premierjuge, Hall ; Edward Moseley; Samuel Swan , orateur de l'assemblée ; Thomas Barker, avocat.
BB t'AMÉRIQUB. 389
porte. Cette taxe était aocpiittëe par des billets de crédit ou par lesdits articles.
17479 6 avril. Des corsaires étant entrés dans quelquesunes des rivières, et ayant réassi à prendre des bâtiments et à piller les habitations, on passa on acte pour achever le fort Johnston et fortifier les entrées d'Ocracock, Bear et Topsail. Afin de subvenir aux dépenses de ces travaux, on vota la soinme de 2i,35o livres sterling, et en émission de billets de crédit pour cette valeur. A cette époque, le papier-monnaie tomba dans an tel discrédit, qu'il était à 7 1/2 pour i. On fit une autre loi pour encourager la préparation du cuir, en défendant l'exportation des peaux non tannées.
1747* Les terres accordées aux Indiens Tuscaroras, par le traité de 17199 devaient leur être assurées aussi long-tems qu'ils les occuperaient. Les colons devaient en sortir, et nulle acquisition ne pouvait être faite dans aucune partie desdites terres.
1748. La législature, étant convaincue de l'avantage qu'il y avait à avoir un agent à Londres, pour la protection du commerce de la province et pour fournir les renseignements qui pouvaient être demandés par les commissaires du roi pour le commerce et les plantations, nomma à cet emploi James Abercrombiey de Londres.
1 749* Cette année , la première imprimerie fut établie dans la province, à Newbern, par Janus Basais j de la Virginie (i).
Pendant la session de la législature de cette année, plusieurs actes furent passés, parmi lesquels sont les suivants : i^* approbation des actes de l'assemblée générale, qui avaient été revus par Samuel Swan , et le rejet de tous les statuts non validés (2) ; 2^* élargissement des débiteurs insolvables, et annulation de la substitution pour les petites propriétés ; S"" la partie occidentale du comté de New-Hanover fut érigée en an nouveau comté, sous le nom de Duplin; en même tems, le Qomté de Bladenfut divisé en deux parties, celle de
(0 Martin's North-Carolina, II, ch. 3.
Thomas, dans son Histoire de Timprimene , dit que vers l'an 1733» et auparavant, les actes publiés étaient imprimés à Charlestown. Caroline du Sud, vol. II, p. i5o.
(1) Le Parlement refusa son approbation à cet acte.
390 CBROHOLOGIM ÀlifTOfiOini
robèstfat nommée Anson (i) en llionneiir du grand Àa^igAtenr^ 4^ l'établissement d'une TÎUe sur le bord septentno* nal de la rinère de Roanoke, dans le comté de NorUb-HamptoDy qoi fat nommée Hawns^ d'après nne banmnie anglaise appartenant à lord GranyiUe.
175 1. Cette année^ un nouveau comté, nommé Orange, fut formé d'une partie de ceux de Johnston, de Granyille et de Bladen. Dans le même tems, une ville fut établie sur la rive occidentale de la rivière Cashie, dans le comté de Bertie, et nommée TVimb^rly^ en bonneor des propriétaires du terrain.
1752. Les actes de rassemblée furent imprimés en un petit volume in-folio^ et reliés en cuir jaune, ce qui fit que ce livre reçut et conserva le titré de Fellaw Jacket^ on Jaquitte Jaune. La publication de ces actes fut très-utile à la ooloniey en donnant aux magistrats et au pecqile une idée en acte de leurs droits, et en mettant fin à l'anarchie qui eiis* tait auparavant.
Les colons eurent à regretter la mort de Gabriel Jobnston^ qui avait rempli les fonctions de gouverneur pendant près de ao ans.
1752. A cette epooue, la population blanche s'élevait a plus de 45>ooo indiviaus.
L'exportation se composait des articles suivants :
6i^5a8 barils de goadron.
i2»o55 id. de pois.
10,4^ id. de térébenthine.
76a,33o douves.
3^00,000 bardes.
6i,58o boissetaz de mai».
2,600^647 pieds de bois.
10,000 boisseaux de pois.
3,3oo barils de lard et de bœuf.
100 tonneaux de tabac.
3o»ooo Hvret de peaux de daims.
outre une certaine ^antlté de blé, rie, pommes de ^rtt» pain, suif, porc, indigo, cuirs tannés et planches (2).
(i) Dans l'ouvrage de M. Martin, on écrit JÊnsmf mais c'est évidemment une faute typograplûque.
(a) Wymu* Btitàsh empire in America, II, article CaroUaa. Martin$' Nortk-Carolina, II, chap. 1.
Dans le tableau de ce deriiier ouvrage, on omit deii» articles considérables, le bois et les bardes.
M l'aMÉRIQUB* 391
lySa, septembre. Uo oura^n fit de grands ravages dans les deux Carolines, au nord : il se fit craellement sentir dans la ville de Johnston, comte de Ooslow, où la plupart des maisons forent détruites avec les archives, et abandonnées par les habitants.
1753. A la mort du gouverneur Johnston , le premier conseiller, Nathaniel Rice , fut chargé de l'administration du gouvernement ; il mourut le 28 juin, et eut pour successeur Mathew Rowarij qui convoqua la législature^ à NefW* bem, le 23 mars suivant.
Afin d'avoir un entrepôt commercial à Tènti'ée de Ociacock, ou sur la cote de Core, on y établit une nouvelle ville, appelée Portsmouth, ainsi qu^un fort destiné à la protéger, et que Ton nomma Fort Granvillé,
1754* Un nouveau comté fut érigé^ sous le nom de Cum^ berlandj dans la partie supérieure de celui de Bladen. Établissement de deux villes nouvelles : Exeter^ dans le comté de Newhaven , et Gloucester^ dans celui d'Anson,
Les troupes qu'on avait levées pour secourir la province de la Virginie, se rendirent à leur destination, vers lès montagnes AUeghany, sous les ordres du colonel James Innis (i).
Arthur Dobbs^ natif d'Irlande, et qui avait été membre du Parlement de ce pays, arriva au commencement de l'automne, à Nev^bem, avec la commission de gouverneur. Il apportait, en don de la couronne, quelques pièces de canon et 1,000 fusils. Un grand nombre de ses compatriotes l'accompagnaient. Au mois de décembre, il convoqua la législature, et proposa l'adoption des mesures suivantes : i^ fixer un salaire permanent et convenable pour la couronne, afin de couvrir les dépenses du gouvernement, ainsi que des appointements du gouverneur ; 2° faire une allocation de fonds Sonr réparer les fortifications et entretenir un œrtain nombre e soldats ; 3<* entretenir un ministre de l'église anglicane dans chaque comté ; 4'' régler le ootnmerce et conserver la paix avec les Indiens voisins ; 5° empêcher la circulation des billets de crédit.
L'assemblée vota 8,000 livres sterling pour la défense de la province; 2"^ un droit de tonnage d'une livre de plomb, et d'un quart de livre de poudre pour chaque tonneau; 3® une prime
(i) Maintins,' North-Carolina^ II, ch. \. Voyez rarticlç Virginie*
39a CHRONOLOGIE HISTORIQUE
pour r^gagement des soldats. On passa plusieurs actes pour l'administration intérieure de la proTÎnce ; an noaveaa système jadiciaire fut établi, ainsi qu'une Cour suprême, dans différents districts de la province (i) ; des inspecteurs furent nommés pour le tabac. L'assemblée refusa d'accorder un traûtement au gouverneur, et se plaignit de l'abolition des actes pour établir des comtés et des villes.
1756, 25 septembre. Le eouvemeur Dobbs assembla la législature, et, après avoir démontré le danger du projet, formé par les Français, d'établir des forts depuis] le Canada jusqu'à la Louisiane, il recommanda qu'il en fit élevé un près du sud Yadkin, dans le comté de Rowan. Le plan fut approuvé par l'assemblée, qui vota 10,000 livres sterling à cet effet, et pour organiser trois compagnies de 5o bommes cbacune, sans compter les officiers. L année suivante, le fort fut construit : il se composait d'un carré oblong, de 53 pieds de long sur 43 de large, et 24 pieds de haut, avec trois éûges, de chacun desquels cent mousquets pouvaient tirer à la fois.
1753. Premier établissement des Moraves dans la Caroline du Nord, sous le nom de Unitas Fratrum^ ou Frères- Unis,
Un acte du Parlement, du mois de mai 1749? encouragea l'établissement des Marasmes dans les colonies anglaises de 1 Amârique, en leur accordant la liberté de conscience, en les exemptant du service militaire, pourvu qu'ils payassent une compensation raisonnable, et en tes dispensant du serment, moyennant une simple déclaration ou affirmation.
£n 1751, plusieurs Anglais, dans le but d'encourager l'établissement de cette secte, achetèrent, du comte de Granville, président du Conseil privé, 100,000 acres de ses terres dans la Caroline du Nord, et arrosées par le fleuve Yadkin (2). L'acte fut signé le 7 août 1^53 par lui et par le comte Zinzendorf, lord-avocat, chancelier et agent des Frères-Unis. Cette concession de terrain fut nommée Wachoviaj d'après la vall^ de Wachaw, en Autriche, dont il était propriétaire.
Le 17 novembre suivant, les premiers colons, au nombre
(i) La loi pour établir ces cours fut annolée au mois de décemlve
(2) Ces terres étaient situées entre les rivières Dan et Yadkin à environ 10 milles à l'est de Gold*Mountain ou Montagne-d'Or.
]>£ L'AMÉRIQUE. SgS
de donze, arrivèrent deBetUehem, en Pensylvanie. L'année suivante, ils fiojnmt rejoints par sept autres^ qai venaient de la même province. Ils jetèrent les fondations d'une ville, sons le nom de Bethabara (i), on Maison de passage, avec l'intention de bâtir la ville principale dans une autre partie. En 1755, Wachovia fut érigée en paroisse, par un acte de l'assemblée, et appelée Dobbs en l'honneur au gouverneur de ce nom.
Un nouveau comté fut formé de la partie supérieure de celui d'Anson, et, en Thonneur du président, il fut nommé AcHv^n.
Le ^sident assembla la législature , à Wilmington, le 19 février 1754. L'assemblée, alarmée des préparatifs hostiles des Français pour prendre possession de la vallée de l'Ohio , vota la somme de i ,000 livres sterling pour lés dé-
Sensés des troupes que le président jugerait convenable 'envoyer au secours de la province de Virçinie, et 2,000 pour réparer les forts de Johnston et de GrauviUe. Une émission de 40,000 livres sterling en billets de crédit eut en outre lieu, pour subvenir aux frais de l'expédition. On vota un autre fonds de 20,000 livres sterling pour acheter un terrain pour l'église dans chaque comté, établir une école et entretenir les édifices publics de la province.
Afin de retirer le papier émis, on établit une capitation d'un schellin&,et une taxe de quatre pences sur chaque gallon de vin ou de liqueurs spiritueuses.
1755. La première imprimerie, dans cette province, fut établie à Newnern. Le premier journal était intitulé : North^ Carolina Gazette ] il paraissait chaque semaine, et coûtait 16 schellings par au (2).
1756. Une grande étendue de terrain située en Wachovia, appartenant aux Moraves, dans le comté de Rowan, plus tanl nommé Stokes, fut érigée en une paroisse séparée, qui prit le nom du gouverneur.
1756. Le 3i décembre, l'assemblée se réunit à Newbern, et le gouverneur, ayant démontré le danger où se trouyait
Salei
(1) Bethabara est situé dans le comté de Stokes à 5 milles N.-O. de Jem, près de Mill-Greek.. Le terrain sur le<{uel est bâtie la ville a une étendue de 3,1 18 acres. En 1807, la population se composai! de oa personnes, toutes allemandes, dont S9 résidaient en yille et 53 uns les fermes, (a) Thomas' hisiory ofpnntmgy II, p. i5o et 363.
394 CBRONOLOeiK HISTttUQUE
la colonie^ par suite des empiëtements des Français, informa les membres de Tintention dû roi, i^ de lever un impôt pour le senrice public desdites colonies de la Caroline ; a<> de remettre en vigueur les donee lois qai avaient ébé annale par le roi et son Conseil, en 1754 ;^ 3« ponr ériger des villes et des comtes, en réservant à sa majesté ses droits de nommer les membres de l'assemblée.
1756, Le gouvemenr fut autorisé à employer le surplus des 12,000 livres sterling votées en 1754 pour l'organisation et la Subsistance des troupes destinées au service de la Virginie.
1757, ao novembre. L'assemblée générale se réunit à Neivbem. Le gouverneur présenta le tableau de la politique européenne et de la situation extérieure des provinces amen* caines, afin d'engager l'assemblée à contribuer aux dépenses de la guerre. L'assemblée vota une allocation pour l^ntretien des troupes nécessaires à la défense de la province, et pour réparer les fortifications sur les bords de la mer.
En vertu d'nn autre acte, Edmond AtkinSj agent des affaires des Indiens, fut autorisé à trafiquer avec eux pour fortifier leur alliance avec les Anglais.
1758, 28 avril. L'assemblée générale vota une somme pour augmenter le nombre des troupes à la solde de la province, et destinées à renforcer l'armée commandée par le général Forbes, dans l'attaque du fort Duquesne, et pour établir une garnison dans les forts de cette province.
1758. Cette année, on établit la ville de Hartford, dans le le comté de Perquimans.
17589 23 novembre. L'assemblée s'étant réunie dans la ville d'Edenton, le gouverneur Dobbs l'informa de la reddition du fort de Frontenac aux Anglais, et leur montra la nécessité de protéger les côtes maritimes contre les pirates, qui avaient souvent enlevé des navires à l'ancre et pillé les plantations. L'assemblée vota une somme pour maintenir en non état les forts Jobnston et Gran ville.
1758. Un nouveau comté fut établi à l'ouest de celui de Jobnston, et fut nommé Dobbs en l'bonneur du gouverneur. A la même époque, on érigea encore un nouveau comté au nord d'Edgecombe, et on lui donna le nom à* Halifax,
l?ar un autre acte, la ville de NixorUon fut fondée sur la cote orientale de la petite rivière, dans le comté de Pasqnetank 3 Nixonton était le nom du propriétaire du terrain.
KE L'AHKÉIQm. 3g5
1759. L'allûcatioti de fonds pour Facquisition dé terres ei pour 1 établissement des écoles, n'ayant pas reçu l'approbation da roi, fat destinée à Tentretien des troupes et de la milice à la solde de la province.
On forma an nûaveaa comte , nommé Htrefo'rdy d'une |)artie de cenx de Nortb-Hampton et de Chowan.
La ville de Childsbury-y située sur un affluent de la rivière Nense, fut établie par l'assemblée. Elle fut ainsi nommée en rhonneur de Thomas Childs^ avocat-général de la province.
1759» La même ville, plus tard, prit le nom de Hillsborou^j à cause du terrain accidenté sur lequel elle était bâtie, ou, peut-être, en l'honneur de lord Hilisborougli, secrétaire d'État pour l'Amérique.
1759, juillet. Fondation de la ville de Bethania^ ou Bethany, par les Moraves, sur les bords de M uddy Creek, et k 3 milles au nord de Betbabara ; 2,5oo acres de terres furent assignés pour la ville. Au mois d'avril de l'année suivante, il y avait dix maisons habitées. £n 1765, le nombre des habitants était de 78, venant tous de la Pensylvanie.
Bethania est située dans le comté de Stokes, à 9 milles N.-O. de Salem, et à 3 de Beihabara (i}.
1760, 9 janvier. Dissolution de l'assemblée par le gouverneur Dobbs, à cause de son refus d'établir un svstème régulier pour les Cours de justice, et d'obliger les shérifs k être responsables pour les fonds publics.
24 avril. L'assemblée se réunit à Newbern; dans son adrrâe, le gouverneur fit connaître les succès des armées dti roi et la mine du commerce et de la marine de la France : « La divine Providence, dit-il> se montre favorable à la religioti
K testante et à la cause de la liberté ; il espère donc que 8end>lée fera tous ats efforts pour empêcher l'invasion des Français et des Indiens, et pour les mettre dans l'impossibilité d'acquâîr illégalement des possessions sur le continent* »
1760. Le gouverneur ayant recommandé l'organisation des Coon de justice à l'assemblée, les lois de 1744 ^^ de
(0 En i8o7> U population était composée de 3o6 personnes, toutes allemandes , dont i3o vivaient dans la ville et 170 dans les fermes. Martm$' ïfordt^arolina, vol. I, a]:»pendix.
3^6 CHRONOLOGIE HISTOEIQUE
1745» qm avaient été annulées par on ordre du roi et.de son Conseil, forent rétablies ayec quelques additions et changements.
Après de longues discussions, le gouverneur se refusa à sanctionner l'acte pour l'établissement des Cours supérienres. D'après cet acte, la province était divisée en cinq districts ; des Cours devaient être tenues dans chacun d'eux, tous les six mois, par les premiers juges ou par les juges-suppléants ; leur juridiction s'étendait à tous les crimes et à tous les cas civils, lorsqu'il était question de plus de 10 livres sterling.
Durant la session suivante, le gouverneur donna son consentement à ce bill, à condition qu'il serait nul, s'il n'était pas approuvé par le roi, dans le délai de deux ans, à partir du 10 novembre suivant.
L'assemblée passa un acte pour établir des Cours de comtés^ pour l'entretien d'un clergé orthodoxe (i).
La législature se réunit le 3o juin. Les Indiens Creeks, de la partie supérieure de la province, ayant, le i4 mai, massaô^ vingt trafiquants anglais, le gouverneur demanda à l'assemblée de voter des fonds pour la défense de la province, et pour amender la loi concernant la milice. L'assemblée répliqua que les hommes étaient très-difficiles à lever» à cause du mauvais choix des officiers par le gouvernement sans le concours du peuple. Us convinrent que la prime était peu de chose ; mais que l'engagé recevait une récompense de 5 livres sterling pour chaque chevelure d'Indien, et que les prisonniers deviendraient la propriété de celui qui les aurait faits.
Le gouverneur apprit à l'assemblée que, d'après les instructions qu'il avait reçues du roi, quinze membres étaient nécessaires pour former un quorum^ et qu'il ne passerait aucun bill qui pourrait restreindre les prérogatives de la couronne. Dans le même tems, l'acte concernant la milice reçut son approbation.
L'assemblée vota un acte assignant 7,000 livres sterling , pour la protection de la province et la défense de celle de la Caroline du Sud, ainsi que pour une émission du papiermonnaie, jusqu'à concurrence de 12,000 livres sterling, et une capitation d'un schelling par année, à commencer en
(1) Martini Korih-Carolinay vol. II, ch. 5.
DB l'aMÉRIQUE, 397
1763, et à oontinuer jusqa'à ce que la somme ëmise fût
payée: , .
Les Indiens Gherokées firent une incursion sur les frontières de la Caroline, et s'emparèrent da fort Loudoon (i).
1760. Par an acte de l'assemblée, on fc^ma on nouveau comte de la partie supërieore de celui de Beaufort, auquel on donna le nom de Pitt^ en Thonneur du ministre anglais.
Une nouYclle ville fut fondée, et nommée Tarborough^ à cause de la rivière sur lac|uelle elle était située, un peu audessous de l'affluent de Fishing Creek, lat. 35« 53' N.
1761, 6 février. Georges III fut proclamé roi d'Angleterre à Brunswick, en présence du gouverneur, des membres du Conseil et des principaux babitants. Le gouverneur ayant informé l'assemblée delà résolution du cabinet anglais de pousser vigoureusement la guerre, et de cbasser les Français du continent d'Amérique, l'assemblée adopta des mesures pour une émission de billets de crédit, jusqu'à concurrence de ia,ooo livres sterling, qui devaient être employés aux récompenses accordées pour cha^e cbevelure enlevée aux Indiens dans le combat. Ceux qui étaient capturés vivants appartenaient à ceux qui les avaient pris. Une capitation de a schellines fut imposée pour le rachat du papiermonnaie, à dater de 1764-
1 761, décembre. Les lois votées, en 1760, par l'assemblée, pour établir des Cours de justice, furent annulées par le roi, sur le rapport des lords-commissaires pour le commerce et les plantations, qui blâmèrent le gouverneur Dobbs, pour avoir souffert qu'elles fussent mises en vigueur avant que la volonté du roi fut connue. Il fut invité à suivre mieux ses instructions à l'avenir.
176a. Le gouverneur fut autorisé par l'assemblée à lever 35 nommes^ y compris les officiers, pour chacun des forts d'Ocracock et du cap Fear.
Le gouverneur, ayant levé 100 recrues à la demande du gouvernement anglais , leur donna l'ordre de marcher sur New- York, pour se joindre au corps de troupes commandé par sir Jtffry Amherst. Afin de couvrir les dépenses de ces troupes, il tira sur les agents de la couronne pour la somme de 200 livres sterling.
(1) Voyez l'article Caroline du Sud,
3{^ GHRONOtQGIE HISTOVQU£
1763. Par acte de l'asseinHée génà^le^ m^e Gijor snpérîenre de justice, composée d^an premier |age et d^on juge suppléant, fut établie dans <jiac^n des districts d'Edenton, Newbem, Wilmington, Halifax et Salisbury. ^Ue isiégjeait deux fois par an. L'autorité de ces juges s'étendait à toute action civile dont la den^ande excédait 10 llyres. Les appointements du premier juge étaient de 26 lirres par an, fes )uges-snppléants n'avaient ni traitements, ni honoraires, acegié en l'absence du premier juge ; dans œ cas, ils recevaient 35 livres.
Par le même acte, une Cour supérieure fut établie dans cba^ comté; elle se composait de juges de paix, qiû avaient uue juridiction an premier degré dans toutes actions civiles dont la demande excédait 4 livres, et ne s'élevait pas à ao.
Des actes furent passés par l'assemblée, i^ pour rétablissement d'un clergé orthodoxe, et pour encourager les prêtres à ^ fixer dans la province ; 2^ pour la protection des propriétés des orphelins et le soulagement des pauvres débiteurs ; 3** pour ouvrir des grandes routes ; 4^ pour la forination d'un nouveau comté, formé de la partie supérieure de celui d'Ânson, et auquel serait donné le npm de MeckUnburgj en l'honneur de la nouvelle reine ; 5^ pour l'établissement de la ville de Kingston, sur la rive septentrionale de la rivière Neuse, dans le comté de Dobbs; 6^ pour l'établissement d'une autre ville, nommée Campbelton^ sur là rive nord-ouest de la rivière du cap Fear ; en 1 7845 elle fut nommée Fi^yetteville (i).
1764* Une carte des côtes maritimes, faite par Danitl Dunbibbirij fut publiée, cette année, par sa venve^ à qui l'assemblée accorda une légère récompense. ^
La seule imprimerie existante se trouvant à Newbern, on en établit une autre à Wîlmington, oui était alors le si^ du gouvernement.
La législature passa plusieurs actes, t* une prime de 16 schellings et de quatre pences fut mise sur chaque centaine de livres de chanvre cultivé dans la province et exporté à l'étranger, et e3 schellings et quatre pences sur chaque centaine de livres de lin ; a*» les ministres presbytériens furent
(1) Le 09 mai i83i, cette ville fat consumée par les flammes. he$ citoyens de divers États donnèrent la somme de 9^,000 piastres ^our la rétablir. Population en iSfo, 4,a85 habilaAts.
M L'iMÉRIQISfi. ig^
exemptés du serrice de la milice ; S"" deox nc^ve^iu: comtés V fm:«iit établis : l'on, formé de cenx de New-Hanover et de Bladen, fat nommé Brunswick en l'honnemr du prince héréditaire de Brunswick ; l'autre, séparé da comté de Granville> fut nommé Bute , en l'honneur du comte Bute.
1763, 5 mars. La ville de Wilmington neçut une charte^ d'après laquelle elle fut constituée en bourg, avec une Cour de lustice, composée d'un mayor et d'aldermans, ou officiers civils, ayant une juridiction déterminée sur les habitants et sur les autres personnes qui ne résidaient pas dans la province. Le même privilése fut ensuite accorde auiL villes d'Edenton, Newbem et Halifax.
1764, 3 février. Le corps législatif se réunit à Wilmington. Le gouverneur donna connaissance d'une lettre de lonl d'Egremont, qui le chargeait d'informer l'assemblée de sote mécontentement de ce qu elle avait refusé de l'argent et des fonds ^nr le service du roi, dont elle s'était ainsi attiré le déplaisir, tandis qu'il était satisfait du gouverneur qui avait fourni i34 recrues. Le gouverneur espérait que la Cnambre approuverait son mode de remboursement, en tirant sur les agents, à Londres, pour la somme de 4oo livres sterling ; mais cette demande fût refusée.
1764* Andrew Stewart fut nommé imprimeur des Lois de la Province, à Wilmington. James Davis j imprimeur à Newbern, se trouvant sans ouvrage , commença , au moi^ de juin, un journal, intitulé : North^Carolina MagOrzine, ou Unis^ersal intelligencer ; ce fut la première pa«biication de ce genre qui parût dans la province , à peu près un siècle après la date de la première charte.
Au mois de septembre suivant, Stewart oomm^iç^ une autre publication, intitulée : The North-Carolina Gazette and PVeekly post^-hoy.
Le gouverneur ayant demandé à l'assemblée de lui fournir des appointements, elle s'y refusa, en se fondant W9X ce qu'une semblable allocation devait être votée par le peuple qu'ils représentaient. L'assemblée consentit néanmoins à accorder à Stewart 100 livres sur les fonds disponibles, en dédommagement de ses peines et dépenses pour se rendre dans la province.
D'après un rajipel fait par l'assemblée, à la requête du gouverneur, les billets de crédit et les bons du trésor enx^Ir- Gulation depuis 1748, le montant des droits et des taxas, et
4oo CIIRONM.OGIB HBfOAIQUE
toutes les autres Taleursy.s'ëleraientàyjSSs livres sterling 4 schellings , qui devaient être rachetés par une capitation annuelle de 4 schellings, et un droit de 4 pences sur les liqueurs.
1765. Le gouyemeur Dobbs, ayant obtenu un congé, faisait ses préparatifs de d^art à son gouvernement de Town- Creek, pour retourner en Angleterre, quand il fîit surpris par la mort, le 28 mars, dans sa 82* année.
FTilliam Tryon, colonel des gardes de la reine^ arriva avec une commission de son gouverneur (i).
3 mai. Tryon, ayant réani la législature, approuva Tadministration de son prédécesseur, recommanda les travaux publics et rétablissement, dans chaque paroisse, d'un pasteur, dont le traitement devait être payé par le trésor. D'après ces recommandations, l'assemblée passa un acte, qui aut(»îsait les gardiens de l'église à procurer, pour le ministre.de chaque paroisse, une dîme et un salaire! de i33 livres et 8 schellings.
18 mai. Le bruit courut dans la Caroline du Nord que l'acte pour le timbre avait été voté par le Parlement. Le gouverneur craignant qae l'assemblée ne manifestât ses sentiments sur ce sujet, prorogea la législature au 3o novembre; à la même époque, les habitants d'Édenton, de Newbern et de Wilminçton, se réunirent en assemblée, et exprimèrent leur opposition audit acte et aux mesures du Parlement anglais. La consternation fut augmentée par les troubles qui eurent lieu dans les comtés d'Orange et de Granville, et dont les dépenses publiques étaient la cause.
1765. Fondation de Saltm, à 5 milles au sud de Bethabara, établissement principal des Moraves, dans la Caroline du Nord. Frederick ÏVilliam von Marshall^ qui, en 1763, succéda à l'évêque Span^enberg, après avoir organisé le nouvel établissement, visita l'Europe , et revint avec plusieurs Allemands des deux sexes, pour qui on bâtit des maisons séparées , comme dans les autres établissements moraves (2).
(1) Martini' North-Carolina, II, ch. 6.
(a) Salem est situé dans le comté de Stolies^ à 18 milles de Germantown et à no S.-E. de Raleigh, par la latitude de 36o lo* N. et de 30 i5' O. de Washington. En 1807, la population était composée de 3i6 personnes, dont a33 dans la yille et 83 dans les fermes an Toisînsge>
ht l'améhiqujk* 4oi
1765 9 6 join. On imprima à Natbush, dans le comté de. Gmnvîlléy une circulaire, avec ce titre: Àpjiel important adressé aux habitants du comté de GranvilU, contenant une courte narration de notre déplorable situation, des in^. Jures que nous souffrons j et quelques observations nécessaires à l* égard d une réforme.
Les habitants de la proTince, dan^ mie réunion publique, renouvelèrent leur opposition aux mesures du gouvernement anglais, et leur approbation pour celles de Massacbussetts et. des autres colonies , en faveur de leurs 4K'oits* £n cooaequence, le gouverneur jugea convenable de proroger jusqu'au 12 mars rassemblée qu'il avait convociuée pour le> 3o novembre précédent.
1765. Vers la fête de Noël de cette année, le sous-goa-verneur Tryon reçut une commission de gouverneur, eofd^ taine général et commandant en chef. Il prit le parti de dissoudre rassemblée générale , et fit connaître une lettre qu'il avait reçue du secrétaire, le général- G>nway, qui e&* piimait l'espérance que le manque de confiance dans la justice de la mère-patrie, manifestée par les colons, qui tëniot* gnaient une opposition ouverte conti^ son autorité, ne pouvait avoir trouvé place que dans le bas*peuple et parmi les hommes les plus ignorants. Les gOHverneurs devaient employer tous leurs efforts pom* faire cesser les actes de yio^ lence et d'outrage, et enfin employer la force, si cela était nécessaire, et s'adresser au général Gag^e et à lord Colville,* commandant en chef des forces de terre et de mer dans l'Amérique du Nord.
1766. La goélette de guerfe anglaise, la Diligente ^ arriva dans la rivière du cap Fear, ayant 4 bord ^ papiers timbrés; le 6 juin, le gouverneur invita, par une procl^Mnatiofi, les agents désignés à en faire la distribution, et les reoevoir du commandant de la gpêlette, qui était mouillée devant la ville de Brunswick.
Les habitants ayant résolu d'empêcher cette distributioo, un corps de milice, commandé par le colonel John, Asht et Waddley fut employé k cet effet ; il s^mpara d'un canot de la> goélette, y fixa un mai avec un drapeau, et, le plaçttitsnr-
<uuis compter 41 jeunes filles venant de diffiérentes parties d«i Etats« Unis d«u cette école.
âùirtinê* NQtthrCaro^ituifJfMjpiçBaiiâx. -
4ôi GHRonréiOGiE nsTORiQVfi
une charrette, pareourarent les rues, saivis d'on gran^ nom* bre de personnes, dui, à la nuit, illuminèrent leurs maisons* Le jour suivant, guidés par le colonel Ashe, ils se rendirent chez le gouverneur, auquel ils demandèrent la permission de parler à James Houston^ membre du Conseil, qui avait éXé nomme directeur du papier timbre. Le gouverneur v consentit, pourvu que cet agent voulût paraître. Le peuple, împatieBt, m^aça de mettre le feu à la maison; u consentit alors à se montrer, et, voyant qu'il lui serait impossible de rempKr le devoir de sa charge, il accompagna le colonel sur la place dto marche, et, par un serment solennél> déclara tpL il renonçait à éon emploi ; !é peuple fit trois hourras et le ramena chez lui.
1766. Vers la 'fin de février, le gouverneur asseiïibla la milice dans la ville de Wilmington, et, pour gasner ses bonnes grâces , il donna l'ordre de faire rôtir un bœuf et d'apporter quelques barils de bière ; mais elle était si méooiitente de l'acte du timbre, qu'elle jeta le bœuf dans la rivière et répandit la bière. L'équipage de la goélette de merre attaqua le peuple. Il s'en suivit une scène de grand désordre, qui dura plusieurs jours ; tin des officiers du bord fut tué en duel. Son adversaire, arrêté par ordre du goummeur, fut jugé, mais ac(|uitté par le jury. Le premier ju^e Btrry^ qui présidait à ce jugement, étant accusé par le présidait d'avoir favorisé raccusé, fut condamné à comparaître devant le Conseil ; ayant été froidement reçu, il pensa qu'on voulait le destituer : il retourna chez lui, où, après s'être tiré un coup de pistolet dans la bouche, il s'enfonça' encore un canif dans le ventre : il expira presque aussitôt. *
1766 , a6 février. Par des motifs politiques, le gouverneur prorogea au-3o octobre rassemblée générale, qui devait se réunir du 21 avril au i3 juin. Le gouverneur reçut un message, le ot i mars, du colonel Conwavj secrétaire d'É« tat, avec une copie de l'acte de la suppression des droits du timbre, et d'un autre acte pour resserrer les liens entre les ooloniea et la mère-patrie. Le secrétaire d'État annonçait que le Parlement avait résolu d'examiner les lois concernant le commoree américain, afin de donner aux colonies tous les en- QOiiragements possibles et de connaître le véritable -état de leurs affaires.
Le 25 juin , le gouverneur fit une proclamation an nom du roi, relativement aux hoiioraîres exorbitants demandés
m VkMamim^ 4o3
ûmm pbweart provinoes ;. il recotnmattda au fonetiminaires publics de ne pas exiger plus que la loi n'accordait, et il t%^ prima Tespërance que les habitants reviendraient avec empressement à robéissanqe due à la Grande-Bretagne.
36 juin. Le maire et les aldérmans, ou officiers civils de la corporation de la ville de Wilmington, présentèrent une pétition au gouverneur Tryon, pour témoigner leur joie d^ rappel de f acte du timbre et du rétablissement de l'union et de la bonne harmonie entre les colonies et la mère-patrie. Au mois d'août, plusieurs personnes entrèrent dans la Cour Ag justice du comté d'Orange, et présentèrent aux juges un écrit, qu'ils ordonnèrent aux clercs de lire ; il disait que de grands avantages auraient dû résulter des maux qu'aurait pu occasionner lacté du timbre ; que, pendant que les patriotes s'opposaient aux lois du Parlement, pour soutenir la vr«ûe liberté, les officiers de la province ne devaient pas protéger une injuste oppression ; ainsi, dans le comté d:\>range, il y avait plusieurs abus qui devaient être redressés. L'auteur de cet écrit proposait qu'il y eût une réunion du peuple dans la compagnie de chaque capitaine, pour 6xer une réunion générale au lundi, avant la première session de la G>ur du comté, afin de s'informer si les hommes libres avaient à se plaindre de quelques abus du pouvoir, que l'opinion des députés serait inscrite sur un registre, et des |nesures prises pour les choses qui ont besoin de réforme.
1766, 10. octobre. Des délégués de différentes compagnies se réunirent au moulin de Aladdock, où les représeiitants du comté furent invités à se joindre a eux,* mais il n'en vint qu'un seul, qui considéra cette assemblée comme une révolte. Afin de couvrir les frais des procès qui pouvaient être faits contre ceux qui défendaient la cause du peuple, on fit une souscription, qui s'éleva à 5o livres.
1766, 3 novembre. Le nouveau corps législatif s'assembb il Newbern. Le gouverneur leur communiqua le dernier atte ^u Parlement anglais, relatif aux colonies. L'assemblée' exprima ses regrets de n'avoir pas été convoquée plus tôt ; ette reconnut la justice et la sagesse du Parlement pour avtm* annulé l'acte du timbre : ce qui avait rétabli la paix et la tranquillité dans les colonies , et assuré leur affection à la mère-patrie ; mais elle fit observer que la Caroline du Nord était la seule province qui n'eût pas un agent pour exprimer au roi son attachement. Ils espéraient donc que le gottver-'
4o4 GHROSWLOlOa AftTOtlQUB
neor Toadrait bien employer aon inflneiioe, en. obimBCOt cet aT^nUge. \
1767. L'assemblée prépare une adresse pour le roi, afin de lui témoigner sa reconnaissance et son dévouement pour ses soins paternels, et de lui déclarer que sa gloire et son bonbenr étaient de se considérer comme une partie de Tempire britannique.
Les actes suivants furent passés par l'assemblée : f* la somme de i33 livres fut votée pour maintenir l'établissement de Postes ; a^ pour fixer des limites entre les établissements occidentaux et les -terres de chasse des Cherokées; 3^ une allocation de 5, 000 livres, pour bâtir une maison pour le gouverneur, devant être prise sur l'argent destiné aux éoolesy atix Glèbes, avec une somme additionnelle, provenant d'une capîtation et de droits sur les liqueurs ; 4^ le clergé (>resbytérien, autorisé à célébrer les mariages ; 5^ oorporatien des gardiens de l'Académie de Newbern. C'était le premier acte législatif en faveur de l'éducation de la province ; 6^ des commissaires nommés pour percevoir les souscriptions pour l'ouverture d'un canal, qui devait passer de Club-Foot à Harlow-Creek , afin d'avoir un passage , pour les navires, entre la rivière JVeuse et l'entrée de Old-Topsail. Ce projet nefot jamais exécuté, quoiqu'il en fût souvent question.
1767, 5 décembre. La législature se réunit à Newbern. Le gouverneur, qui avait été autorisé par l'assemblée à tracer Ta ligne de» limites de l'État, l'avait £iit avec beaucoup d'apparat à la tête d'une compagnie de miliciens. Pour témoigner leur approbation de cette conduite, les Cherokées lui donnèrent le titre du Grand^Loup de la Caroline du Nord. Après avoir loué la boane Conduite des officiers et soldats, et les bonnes dispositions des Indiens, le gouverneur soumit à l'assemblée un plan de sa demeure. L'achat du terrain et la fondationdu monument avaient épuisé la totalité de la somme accordée par la législature, et l'estimation de. la construction ayant été mise sous ses jeux par le gouverneur, elle se vit forcée d'accorder 10,000 livres de plus. L'expédition chez les Cherokées avait aussi occasionne de sprandes dépenses. Un mécontentement général se manifesta dans toute la province.
L'assemblée adopta, pour le» Cours de justice, une nouvelle.organisation, qui devait être en vigueur dans cinq ans. La. province fut divisée en districts judiciaires, dans cha-
DE l'aMÉRIQUE. 4o5
cun desquels fat établie une Cour supérieure, composée d'un premier juge et de deux juges-suppléants ; ces derniers étaient nommés par le gouverneur, et leur juridiction s'étendait à tous les cas civils, ne dépassant pas la valeur de !2o livres, quand les parties résidaient dans le même district, et à lo livres s'ils se trouvaient dans d'autres districts. La Cour supérieure en prenait connaissance, comme de toutes les affaires criminelles.
Le traitement des juges-suppléants était d'environ 5oo livres par an, qui étaient payées au moyen d'une taxe sur les procès et les voitures. Richard Henderson et Maurice Moor furent nommés à ces emplois.
Une autre ville, nommée Windsor, fut établie sur la rive méridionale de la rivière Casbie, dans le conité de Bertie.
L'établissement d'un bureau pour les commissaires et d'une douane , dans les colonies anglaises , fut considéré comme une mesure anti*constitutionnelle et arbitraire. Le danger de cette taxe fut démontré d'une manière habile par l'auteur des lettres d'un fermier de la Pensylvanie aux habitants des cplonies anglaises.
1 767. Une nouvelle association se forma dans le comté d'Orange, et les membres s'engaeèrent 'par serment à ne plus payer de taxes, jusqu'à ce qu'ils en connussent mieux le 'véritable emploi ; ils réclamèrent le droit de donner des instructions à leurs représentants, d'adresser des pétitions au gouverneur, au Conseil, à l'assemblée, et même au roi et au Parlement, pour obtenir justice de leurs griefs. Dans une seconde réunion, le 4 avril, ils prirent le nom de régidatturs^ et deux des membres reçurent des instructions pour engager les deux derniers shérifs et secrétaires à se réunir à douze de leurs députés, le jeudi 30 mai, et à présenter leurs comptes, à quoi ils consentirent. Les régulateurs se réunirent encore le 3o avril, et choisirent douze députés. Avant que la réunion eût lieu, le gouverneur envoya un messager, avec une proclamation, pour leur ordonner, en enjoignant aux officiers publics d'aider les shérifs à arrêter l'insurrection. Escorté par trente cavaliers, il traversa le comté d'Orange, à la distance de 5o milles, et rencontra deux des principaux régulateurs, Herman Husbandei William Hunier, qu'il arrêta et emprisonna à Hiltsborough ; mais ils furent bientôt mis en liberté. Dans le même tems, les régulateurs, ayant ap-
pris leur arrestation^ se rëanirent au nombre de plus de 700, et se dirigèrent vers la ville de HiUsborougli, où ils arrivèrent le 3 mai. David Edwards, le messager qui leur avait été envoyé, arriva en même tems ; il lut la proclamation du gouverneur et les assura qu'on ferait justice à leurs plaintes, pourvu qulls retournassent chez eux : à quoi ils consentirent. Le 21 mai, ils tinrent une autre réunion , et nommèrent un comité, pour présenter au gouverneur un rapport sur leurs griefs, tout en protestant de leur loyauté au roi et au gouvernement.
K 768. Une autre assemblée se réunit dans le comté d'Anson, pour seconder la première. Au mois de juin, deux des régulateurs se f>résentèrent devant le gouverneur Tryon à Brunswick, et lui remirent l'adresse de 1 assemblée générale, qu'il communiqua au Conseil, en faisant observer que les griefs dont on se plaignait n'excusaient pas les mesures qui avaient été prises, et qui, si elles avaient été poussées plus loin, seraient devenues crime de baute trahison ; il ajouta qu'à l'avenir tout attentat contre la paix publique, ou toute offense contre le gouvernement , seraient poursuivis par les lois ; qu'il donnerait des instructions à l'avocat générai, pour poursuivre tous les ofiiciers coupables de malversation ; et qu'un mois après son ariivée à Hillsborougfa , il ferait paraître une proclamation contre de semblables actes. Les régulateurs retournèrent chez eux ; mais, malgré cette pacifica* tion, le gouverneur fut blâmé, pour n'avoir pas poursuivi le chef d une manière légale.
Dans les premiers jours de juillet, le gouverneur assembla Âon G>nseil à HilUborough, et fit paraître la proclamation dont il avait parlé. Au mois d'août, les régulateurs se réunirent encore, et le gouverneur, informé de leurs intentions hostiles, envoya aarrisj le shérif d'Orange, pour assister à leur réunion et les informer que l'avocat général avait reçu àes instructions pour poursuivre tout fonctionnaire coupable de malversation ; ils furent , en outre , sommés de payer au sliérif la taxe du comté et celle des pauvres de l'année précédente.
Peu de jours après , les régulateurs envoyèrent une réponse au gouverneur par deux députés ; ils se plaignaient que leur adresse n'avait pas été soumise en plein Conseil • et , oomme ils n'étaient pas satisfaits de la proclamation du gou-» vernew, ils manifestèrent l'intention de s'adresser au corps législatif. Le gouverneur informa les députés qu'il pr^nte*
DE l'aMjÉIUQUE. 407
rait leur communication au Conseil , dont la réunion était prochaine.
Le II , les régulateurs, ayant appris qu'ils devaient être attaqués, se réunirent, près d'HilUboi:ougb, au noudbre de 1 ,000 ; mais, yoyant que c'était une fausse alarme, ils se retirèrent. La milice ayant été appelée, plus de4)OOo prêtèrent le serment suivant , proposé par le gouverneur : « Avec le cœur et les mains, la vie et les propriétés, nous défendrons le roi et soutiendrons le gouvernement dans la province, contre qui que ce soit qui essaierait de s'opposer aux lois, ou de troubler la paix publique. »
Le gouverneur présenta au Conseil la dernière communication des régulateurs , en ajoutant que leurs plainte^ n'étaient pas fondées, et que leur adresse n'avait pas été soumise à tous les membres du Conseil, puiscfue six étaient présents, quand cinq suffisaient pour termmer les affaires les plus importantes.
Le gouverneur informa les régulateurs qu'il ne s'opposait pas à ce qu'ils lissent des pétitions à la législature ; mais en même tems, pour garantir la Cour snjiérieure de toute insulte, il demanda que douze des principaux insurgés parussent à Salisbury, le 25 du mois, pour s'engager, sous peine de 1 ,000 livres d'amende, qu'aucune tentative-ne serait faite pour délivrer William Hunter et Herman Husband , les deux régulateurs qui avaient été arrêtés, et qui devaient être jugés à Ta première session de la Cour de justice d'Hillsborougb ; ils refusèrent de signer cet engagement, et, le 22 septembre, quand la Cour se réunit, les régulateurs, au nombre dé 3^700, s'approcbèrent à la distance d'un demi-mille de la vilk, et assurèrent le gouverneur qu'ils n'avaient pas le dessein de délivrer les prisonniers ; ils le prièrent de dissoudre l'assemblée, et d'en convoquer une nouvelle ; ensuite, il lui envoyèrent un messager, pour l'assurer que, s'il voulait leur
Rruiettre d'entrer pour porter eux-mêmes leurs plaintes à isserablée, et s'engager à pardonner à tous, excepté à Hunter et à Husband, ils se retireraient et paieraient leurs taxes.
Î768. Le gouverneur y consentit, à condition qu'ils déposeraient les armes, jusqu'à ce que les prisonniers fussent jugés. Une trentaine environ y consentit , les autres se retirèrent : Herman Hosband fut ]ugé et acquitté par le jurv* Wil* liam Hunter et deux autres furent aussi jugés et conaamnéi
4o8 CHRONOLdClE HISTORIQUE
à une forte amende et k la prison ; mais ils furent ensuite gracies. Edmond Fanning^ avocat et représentant, fut jugé pour malversation et condamne à une amende. Après la sëanœ, le gouverneur fit une proclamation, pour pardonner à tous ceux qui étaient compromis dans la dernière insurrec- -tion, eKceptë â treize (i).
1768. La législature se réunit le i3 novembre; le gouverneur fît connaître les mesures qu'il avait employées pour apaiser la dernière révolte , et recommanda une enquête concernant les causes, a6n de remédier aux maux dont on se plaignait. L'orateur de la Chambre communiqua à Tassem* blée une lettre du 1 1 février dernier, adressée par les repré^ sentants de Massàchussetts à l'assemblée représentative des provinces, concernant les taxes imposées par actes du Parle* ment sur les colonies américaines (2).
1769. L'assemblée fit plusieors actes, 1^ pour couvrir les frais de la dernière expédition à Hillsborough et ceux de la fixation des limites des Cherokëes. Des bons sur le trésor furent émis, jusqu'à concurrence de 20,000 livres, pour payer les créanciers de la province ; et, pour les faire rentrer, on créa une capitation de 2 scbellings ; i*" pour mettre la classe
Euvre en état de payer ses taxes, les billets étaient reçus par \ inspecteurs pour du tabac, du dianvre, du ris, de Tm» digo, de la cire, de la graisse et des peaux de daims ; 3*' la partie occidentale du comté de Mecklenburg fut àrîgëe en un nouveau comté, et nommée Tryon en l'honneur du gouverneur.
Le 6 mai, l'assemblée générale fut dissoute.
George Mercer, qui avait été nommé directeur du timbre de la Virginie, reçut une commission de sous -gouverneur de la Caroline du Nord.
Le 9 septembre, suivant les instructions qu'il avait reçues, le gouverneur publia une proclamation, qui pardonnait à tout le monde, même à eeux qui avaient encouru des amendes.
1769, 23 octobre. La législature fut encore convoquée à ^'ewbem ; le gouverneur informa l'assemblée que, d après les ordres du roi, le règlement des alFaires des Indiens serait sous la dîi^ction des colonies ; mais que le surintendant se mêlerait nécessairement de toutes les négociations qui au*
(i) Martins' Notih-CaroUna, II, ch. 8.
(a) Voycï Tartiele MassaçhuiHUs.
DE L*ÂBIÉRIQUE. 409
raient lieu entre les Indiens et la couronne ; il dit aussi qu'il était autorise à donner son consentement à une loi relative aux appointements d'un agent de la colonie près du Parlement ; que les ministres de sa majesté n'avaient pas Tinten* tion d'imposer d'autres taxes sur la colonie; qu'au contraire, ils retireraient celles qui existaient sur le verre, le papier et les couleurs, comme ^^ontraires aux principes commerciaux.
1770. Wynne, dans sçn ouvrage intitulé : British empire in Americaj nous dit « que l'histoire de la Caroline du Nord est si dénuée d'événements, qu'elle n'offre rien de digne d'étœ rapporté. Les gouverneurs recevaient leurs appointements. Mais la police de la province était si négligée, qu'il n'y avait pas de fonds pour le clergé ; les mariages étaient célébrés par les, juges de paix ( 1 ] . »
1770. Les régulateurs s'assemblèrent encore en grand tiomore pour s'opposer au paiement des taxes, et à ce que les sbérits fissent leurs devoirs. Irrités de la nomination d'£dmond Fanning, comme membre de l'assemblée, ils le menacèrent de l'empêcher d'y prendre sa place, et, s'ils n'y réussissaient^ d'incendier la ville de Newbern. Le gouverneur ordonna de creuser une fosse le long de la partie hàhitae de la ville, depuis la rivière Neuse jusqu'à celle de Trent, afin de prévenir une attaque, et les commandants de la milice reçurent Tordre de se tenir prêts à s'opposer au passage des n%nlateurs.
1770. La législature se réunit ù Newberri, le 5 décembre, dans le nouveau palais, considéré comme le plus beau bâtiment de l'Amérique du Nord. 11 était dédié à sir William Draper, le vainqueur de Manilla, qui- était venu rendre visite au gouverneur, et qui, dit-on, était l'auteur des lignes suivantes, gravées sur la principale porte du portique :
Reee pio, felix, lUris inimica t^raimis, virtuti has sedès libéra terra dédit.
Sint domas, et dominas saeclis exempta futuris, . Hic artes, mores, iura, legesqtte «olunt.
' « Sous le règne d'un monarque dont la bonté se fait sentir, an peuple libre et heureux s'opposant à la tyraiinio, éleva cette demeure à la vertu et au mérite ; puisse le propriétaire et sa famille en faire Tasile heureux, où la religion, les arts
:ei les lois, engageront ses descendants k vivre dans la paix et
.le bonheur. »
(1) Londony 1770, tom. II, article Carolma.
4 10 CHROIfOLOGIE HISTORIQUE
Dans son adi^esse k rassemblée, le gouverneur avertît des abus qui existaient dans l'administration des finances et des maux provenant de la grande quantité de monnaies contrefaites: il recommanda 1 organisation d'une milice régulière^ afin de protéger les magistrats et les oificiers civils. Il termina, en les mformant qu'il avaît obtenu un congé, et qu'il considérerait ses efforts comme bien récompensés, si, à son retour en Angleterre, il pouvait apprendre au roi que les législateurs avaient réussi à rétablir la tranquillité dans la province.
1770. L'assemblée fit plusieurs actes, 1^ pour empêcher les rassemblements tumultueux des habitants, dépassant le nombre de dix. Les juges de paix ou shérifs furent chargés de leur ordonner de se disperser, et, s'ils refusaient d'obéif et qu'ils restassent plus d'une heure assemblés, ils étaient coupables de félonie. La même peine s'étendait au même nomore de personnes qui troublaient une Cour de justice, qui menaçaient ou attaquaient un juge de la Cour, un shérif ou un co^ ronery dans l'exercice de leurs fonctions, ou qui démolissaient une église ou une chapelle, maison de ville, prison ou tooit autre édifice; il était du devoir de l'avocat général de les poursuivre devant toutes les Cours supérieures, ou devant les Cours d'oser et terminer; et, si le coupable refusait de se constituer prisonnier, il était mb hors de la loi et ses pi*opriétés confisquées. Les personnes qui, par la force des arme^ s'opposaient à la milice, dans Texécution de ses devoirs, étaient considérées comme traîtres ; ?.^ afin d'augmenter la population de la province, tous les Européens, qui venaient s'y établir, étaient exemtés de taxesvpendant quatre ans ; 3"^ pour établir un collège dans la ville de Charlotte ; 4° poui: exeniter les quakers ou amis du service niilitaire, excepté dgn^ le cas d'invasion ou d'insurrection (i); 5"* il fut accordé au premier juge un ti^aitement de 65o Vivres par an, sans autres gratifications ; 6'' afin d'affaiblir les efforts des régulateurs dans le comté d'Orange, on forma de celui-ci trois nouveaux comtés, savoir : Guiljord^ Chatliani, et PVake en l'honneur de la femme du gouvernem^ ; un autre comté, nommé Sur^ rj^ fut formé de la partie septentrionale de celui de Cho- %van.
1770. Par acte du Parlement, de 1768, il fut défendu (i) Lei deux dernien actes furent anuuléi par le Contell du roi. '*
D£ L'AMÉRIQUE. 4ii
aux ministres presbytériens de célébrer les mariages, suivant la profession de foi de Westminster j excepté en payant on droit au clergé épiscopal do la paroisse. Plusieurs milliers de presbytériens qui habitaient la partie occidentale de la province, se plaignirent de cet acte, qui fut annulé. ^ Le 26 janvier, au moment où l'assemblée allait s'ajourner, le gouverneur apprit que les régulateurs s'étaient as<^ semblés en grand nombre à Cross-Creek, et qu'ils avaient l'intention de mettre le feu à sbn palais. L'assemblée vota 5oo livres pour le mettre en état de se défendre s'ils appro» cbaient.
Afin de les empêcher de se procurer de la poudre à canon on du plomb, le président fit, en février, une proclamation pour défendre la vente de ces articles. Au mois de mars, on apprit que les régulateurs qui étaient à Cross-Creek s'étaient disperses ; cependant, le gouverneur et le Conseil résolurent de lever un corps de miliciens, afin de les réduire par la force des armes.
1771. Le 7 mars, le shérif et les autres officiers du comté de Kowan se réunirent à un comité de i5 régulateurs, avec lesquels ils convinrent de rendre toutes les sommes qui avaient été prises par leurs députés, au-delà des droits ordinaires.
Le i I du même mois, une Cour spatiale fut tenue à Newbern, et des mandats d'accusation furent lancés contre 6 personnes, pour avoir forcé la maison d'Edmond Fanning, et contre plusieurs autres, pour une attaque sur la personne de John Williams, à Hillsborough, le ^^septemhre 1770.
Avant gue la Cour s'ajournât, le gouverneur, les membres du Conseil et du grand jury, et un grand nombre d'autres personnes, s'engagèrent, par écrit, à soutenir le gouverne* ment contre les insurgés, au risque de leurs vies et de leurs fortunes, et de faire tous leurs efforts pour rétablir la paix et la tranquillité, au moyen d'une juste exécution des lois. Le même engagement fut ensuite signé par plusieurs des habitants du comté de Craven et ceux des comtés voisins.
1 771, 24 A^ril. Le gouverneur, ayant re'solu d'attaquer les régulateurs, roareha, de Newbem, à la tête de 3oo hommes et de quelques mèces d'artillerie, accompagné par plusieurs membres du Conseil et d'autres citoyens.
Le 3 mai, il fut rejoint par plusieurs détachements de milice, sous les ordres de difEérents colonels. Le 9, il arriva à la ri*-
4i3 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Tière Enoe, et campa à qaelcpies milles de Hillsborough, où il trouva un autre détachement, passant par cette ville; il arriva à Haw-River le t3, et le jour suivant, au grand j4lamancej près duquel les régulateurs étaient campés. Leur nombre était plus grand que les trou|)es régulières, et ils étaient commandés par Herman Husband, James Hunter et William Butler. Leur gouverneur leur envoya un messager, pour leur demander de se soumettre immédiatement, et de retourner chez eux. Ils répondirent qu'ils étaient prêts à se battre, et avancèrent en même tems : un combat s'engagea, dans lequel le gouverneur remporta une victoire complète. Les insurgés , saisis d'une frajeur panique, prirent la fuite, laissant plus de vingt tués et plusieurs blessés. La perte des r^nlateurs ne fut que de neuf morts et soixante-un blessés.
Le jour suivant, le gouveineur fit une proclamation, pour pardonnera tous ceuxqûî, dans l'espace de cinq jours, mettraient bas les armes, prêteraient le serment d'allégeance, et s'engageraient à payer les taxes. Ceux qui étaient bors la loi, emprisonnés au nombre de seize, n'étaient pas compris dans cette proclamation. Le 21, l'armée marcha à Sandy-Creek, et y campa, afin d'envoyer des détachements à la poursuite des régulateurs. Une récompense de 1,000 acres de terre et de 100 livres fut affectée, pour le {Premier chef qui serait pris vivant ou mort. Les troupes retournèrent à Hillsborough, où elles arrivèrent le i4*
1 77 1 . Douze des prisonniers furent jucés par une Cour spéciale, et six exécutés, et un délai accordé aux autres ( i ), jusqu'à ce que la volonté du roi fût connue ; les troupes retournèrent à leurs comtés respectifs, et le gouverneur s*embarqua pour New- York, dont il fut nommé gouverneur (a).
1769, 1:2 mars. L'établissement de Friedberg, dans le district de Wachovia, avec un terrain de 77 acres pour la ville.
1770, novembre. Établissement de Friedland, dans la partie sud-est de Wachovia, près de la source du South- York, par quatorze familles allemandes de Massachnssetts. 3o acres de teires furent réservées pour une église et une école.
1771, !•' juillet. Nous tracerons rapidement les principaux
(1) Ils reçurent leur grâce au mois d'août suivant, (i) Martine Norlh^Carolina, II, ch. 8.
M Vjmèwsd^^ 4i3
(hénemevâM qui ont ea liea jusqu'à la dëdaration de l'iodé* pendanoe de la proyinoe.
James Haselj président du Conseil, fut chargé de l'administration de ia proYinoe ; mais, le ii août suivant, /osias Martin j nommé gouverneur, arriva à Newbem ; il était né en Angleterre, major de l'armée, frère de Samuel Martin^ membre du Parlement anglais et secrétaire du trésor» Vers le milieu de novembre, il renvoya à la législature, et recommanda une stricte administration des finances et une meilleure oi^anisation dans la milice.
L'assemblée prépara une adresse au roi et à la Chambre des lords et des communes, déclarant qu'elle était disposée à soutenir l'honneur et la dignité de son souverain; elle sollicita une amnistie générale pour toutes les personnes ( trois exceptées) ( i ), compromises dans la dernière Insurrection.
L assemblée passa les actes suivants : i^ pour accorder une Indemnité à ceux qui, durant la dernière insurrection, avalent pris la défense du gouvernement et de la paix publique ; 1^ pour la nomination A* Henry Eustace Mac Cutlough^ en qualité d'agent de la province ; 3^ pour l'établissement d'une ville sur la rive occidentale de la rivière Tar, dans le comte de PItt, qui devait être nommée Martinborough en l'honneur du gouverneur ; quelques années après, elle prit le nom de GreenviUe, de celui du général Green; 4^ pour l'établissement d'une route, à partir de la frontière occidentale, jusqu'à la rive septentrionale de la rivière du cap Fear.
Le 23 décembre, la Chambre fut dissoute par le gouverneur.
1772. Un nouvel établbsement, sous le nom de Hope^ fut formé dans la partie sud-ouest de Wachovia, sur les bords de Muddy-Creek, par plusieurs familles de Maryland (2}.
1772. Cette année, les limites de la Caroline du Nord et du Sud furent fixées par un ordre du roi. La province perdit une étendue de i4 milles de sa partie méridionale, qui fut réunie à la Caroline du Sud, sous le nom de la Nouvelle acquisition (3).
1 772, 25 janvier. Le corps législatif se réunit de nouveaii ;
(0 Herman Hosband , Rednap Howell et William Burke. (2) AiMtins' Nonh'-Carolina, I, appenclix. (î) m^idtrie»* american résolutions vol. II, pag. aS;. Kew^Yorfc,
4l4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
le coarernenr donna connaissance à la Chambre des ordres qu il ayaU reçus du roi, de proposer un acte pour accorder un pardon général.
1773. Une résolution fut prise par les deux Chambres de Rassemblée, concernant le droit sur les efi'ets des étrangers ; loi jugée très-utile pour le commeix» de la province et pour la sécurité des propriétés individuelles, « les habitants ayant long-temps joui de ce droit, ne pouyaient pas rabandonner sans sacri6er les intérêts de leurs commettants, ainsi que U paix et le bonheur de la province, » Un autre acte fut passé pour l'encouragement des manufactures de potasse et de • parlasse. Il accordait une prime de 8 schellings par quintal de la première, et de 1 5 pour la seconde. Un troisième ac|e fut passé pour l'établissement dé la vilU d'Elisabtthtowny sur la rive méridionale de l'affluent nord^ouest de la rivière du cap Fear, lat. 34** 4^' "ôrd.
1773. Cette année, 3oo familles écossaises arrivèrent à Wil« mington, et se fixèrent près de Cross-Creek, non loin de ceux de leurs compatriotes qui avaient embrassé la cause du prétendant.
1773,. juin. Le gouverneur fit connaître les instruetions qu'il avait reçues du roi pour empêcher ie gouvernement des provinces américaines d accorder des coneessions de terre sans permission , excepté aux officiers et soldats qui avaient droit, suivant la pi*oclamation du roi, du 7 octdire 1763.
1773, 4 décembre. Lecorpslégislattf serémiftÀ Neirbern, et déclara que le pouvoir de donner des commissions de oytrfk terminer^ et de juger tous les prisonniers délégués par le roi au gouverneur^ exigeait le concours de la législature de la pro* vince , . et que la juridiction civile et criminelle n^avait d'autres bases que les lois du pays; elle déclara, en outre, son refus d'accorder des fonds pour des mesures qu'elle n'appeoxxfsM pas.
1773. L'orateur présenta à la Chambre une letti^e de celui de la province de v irginie, qui renfermait une copie des résolutions approuvées ; il déclarait que la vig;ilance de la dernière assemblée, pour empécUer les empiétements sur les dix>itset libertés de TAmérique, méritait la reconnaissance de toutes les autres colonies. Un comité de correspondance et d'enquête, composé de neuf personnes, fut établi pour obtenir les détails exacts de tous les ai^s et des résolutions du Parlement concernant les colonies ; cet événement occasionna
BE L'AlfÈiaQUè. 4i$
tJLfie longue discttf sion sur les prérogatives de la couronne et les droits du peuple.
1774, mars. L'assemblée s'étant réunie après une courte suspensiQu, le go^yemeur lui fit saToir. que la loi de saisie, ({.u'elle considérait comme utile et importante, ne lui paraissait pas aussi nécessaire; que bien que, pendant plusieurs années, elle eût été en vigueur dans plusieurs Cours de justice temporaires, elle ne faisait pas partie du plan de l'adminisr tration de la justice ; l'assemblée répliqua qu'elle maiiqnait à la confiance dont elle, était investie, si elle abandonnait nn droit qui assurait tant de sécurité au commerce; elle décida ensuite que le pouvoir de saisir la propriété des débiteurs étrangers, fondé sur les principes de la plus stricte équité, était si essentiel aux intérêts du commerce de la colonie, qu'elle croyait de son devoir de la conserver pour ses descen* dants.
17^4* L'assemblée rendit des lois pour établir des Cours inférieures et une Cour de oyer et terminer ^ qui devait se tenir tous les six mois dans un des districts Judiciaires, par le premier juge, ou par des ju^es nommés par le gouverneur. Ces Cours devant avoir une juridiction d appel sur les Cours inférieures, celle des Cours des comtés était bornée à des causes dont la valeur ne pouvait être au-dessous de 5 livres et au-dessus de 20.
1774* -En octobre, afin d'empêcber la fabrication et la cir* culation des billets contrefaits, l'assemblée passa un acte, pour déclarer tout coupable de ce délit, félon et privé de secours religieux. '
Suivant les lois de la province, ce fut une affaire de doute et de discussion de savoir si les esclaves étaient des choses ou des personnes. Un acte fut passé, pour punir du seul emprisonnement quiconque tuerait malicieusement un esclave ; la répétition de ce crime était considérée comme meurtre et punie comme s'il s'agissait d'un blanc.
L'assemblée déclara que la capltation et les droits sur les liqueurs, imposés en 1748 et 17549 étaient nuisibles aux intérêts des babitants, et, comme elle ne pouvait obtenir une loi pour les annuler, elle ordonna au trésorier de donner des instructions aux collecteurs, pour ne pas recevoir ces taxes; en cas de refus, il devait encourir la censure de la Cbambre, comme avant méprisé les décisions : de son coté, par une proclamation, le gouverneur ordonna aux shérifs çt aux collecteurs de percevoir lesdites taxes.
4i6 CHROROLOG» BISTttMQVA
L'assemblée passa un bill concernant la imlifle ; il fiifc i tlonné par le gouyernear.
1774. On forma on nouveau comt^ de la partie septentrionale de celui de Tyrell, et de la partie mmdicHiale de celui d'Halifax -, il fut appelé Martin en l'honneur du premier magistrat.
A la fin du mois de mars, l'assemblée fat dissoute par le gou* verneur^ en yertu d'une proclamation; au mois de juin suifant, il publia les instk^uctions qu'il avait reçues du roi, en date da 9 février, concernant de nouveaux ordres let règlements pour la manière dont, à l'avenir, on disposerait des terres dans la province.
Pendant l'été, les habitants de différentes parties de la province résolurent d'adopter les mesures proposées par ceux de Massachiissetts, et des délégués furent choisis pour se réunir à Newbern, le 25 du mois d'août. Le i3 du même mois, le gouverneur publia une proclamation pour déclarer ces réunions Illégales, ordonnant aux fonctionnaires publics de s'y opposer par tous les moyens en leur pouvoir. Néanmoins, les députés s'assemblèrent, et nommèrent John ffar^ vzy président. Yolcl la substance de leurs résolutions : déclarant un respect sacré pour la constitution britannique, l'hérédité de la maison de Hanovre et fidélité à leur souverain, Us considéraient comme un devoir pour eux et leur postérité de manifester publiquement leurs sentiments sur la violation de leurs droits par le Parlement de la Grande-Bretagne. Suivant les principes de la constitution d'Angleterre, aucun sujet ne peut éti^ taxé que d'après son consentement ou celui de ses représentants ; tout autre mode de taxation était une violation de la charte et de leurs libertés, les assemblées provinciales ayant seules le droit de taxer les citoyens.
Les droits sur le thé et sur les autres articles Importés ^ux colonies étalent regardés comme il légaux et Injurieux. Le statut appelé l'acte pour fermer les ports de Boston, était déclaré empiéter sur les droits et privilèges èie& habitants, et sur les droits de la charte accordée par le roi Guillaume et la reine Marie, à moins que justice fût faite aux griefs dont Ils se plaignaient; ils s'engageaient, à partir du 1*^^ janyier, ^ n'Importer de la Grande-Bretagne aucunes marchandises des Indes-Ôrlentares , aucunes maix:Handlses anglaises , ou de les acheter dans les colonies. Ils s'engageaient aussi à n'ex-
DE L*ÀMÉRIQUE. 417
porter ni tabac ni provisions navales, ou autres, pour là Grande-Bretagne ; à ne pas vendre ces articles pour être exportes dans ce pays, à partir du i«' octobre 1776; à ne pas faire usage de thé, et à considérer les personnes qui refuseraient de participer à cet engagement comme les ennemis de leur pays ; il fut aussi çirrété que Ton ne tirerait aucun avantage de l'acte de non-importation, et que le prix des marchandises ne serait pas augmenté.
Ils approuvèrent le plan qui avait été proposé de tenir un congrès général. à Philadelphie, au mois de septembre, afin de défendre leurs droits; et trois députés, TViltiam Hooptr^ Joseph Jlewes et Richard Caswell^ furent nommés pour représenter la province dans le congrès qui s'ouvrit à Philadelphie le 4 septembre.
1774. Ces députés avaient des instructions pour protester de 1 attachement des habitants à leur souverain, et de leur résolution de maintenir son autorité légale dans la province, mais aussi pour s'opposer à tout empêchement inconstitutionnel à leurs libertés, comme sujets anglais, et pour défendre leurs droits de ne pas être taxés sans leur consentement ; enfin, pour déclarer qu'ils étaient disposés à se joindre aux délégués des autres provinces, afin de maintenir la grande intelligence avec la Grande-Bretagne.
1775. Le corps législatif se réunit, en avril, à Newbem ; John Harveyj le président, invita les députés à se joindre à eux, afin de nommer les délégués pour le prochain congrès continental, qui devait se tenir au mois de mai. Les délégués s'étant réunis choisirent Harvey pour président.
Le 4 d^i*^^) le gou^c'^^^ui' si^lressa à l'assemblée un long discours, pour prouver que la réunion des délégués était illégale, et il tâcha de s'opposer à cette réunion par tous les moyens en son pouvoir.
En réponse, l'assemblée des délégués insista sur ce que le peuple avait le droit de pétitionner pour obtenir justice de leurs griefs, et sur ce que celui de se réunir n'avait jamais été contesté.
Les travaux des députés du congrès continental furentapprouvés par l'assemblée, et le gouverneur en ayant communiqué 1^ journal au Conseil, celui-ci déclara que l'existence de cette assemblée était incompatible avec l'honneur de la couronne et la sûreté du peuple, et recommanda au gouverneur de la dissoudre : ce qu'il fit par une proclamation du 8 avril. Té xvfii. 2j
4j8 chronologie HISTOEIQUE
Les dëlëgués continuèrent à insister sur les droits da peuple de se réunir et de pétitionner pour demander justice de ses griefs ; ce droit comprenait celui de nommer des délégués ; pour cet objet y ils déclarèrent hardiment que la proclamation du gouverneur^ pour empêcher leurs réunions et pour les disperser, était une infraction à leurs privilégies et un acte de pouvoir arbitraire. En même tems, ils firent connaître leur approbation des travaux du congrès continental, et nommèrent les mêmes députés pour celui qui devait se tenir.
1775. Afin de fournir à la province les articles nécessaires à la subsistance, aux vêtements et à la défense, la G>nven* tion résolut d'encourager les arts, les manufactures et l'agriculture, au moyen de primes proposées par les comités de différents comtés.
Le gouverneur et le Conseil, pour témoigner leur indignation contre John Harvey, comme président de la Convention, ordonnèrent que son nom fût effacé de la liste des juges. Incapable, par son influenée, d apaiser l'esprit d'insubordination du peuple, il fit placer six pièces de canon devant son Salais, afin de les intimider ^ mais, sans effet ; la milice des ifférents comtés se réunit pour s'exercer et se procurer tons les moyens possibles de résister aux adhérents du gouvernement anglais.
1775. Le comité de la ville de Newbern ayant intercepté une lettre du gouverneur, datée du 16 mars, adressœ au général Gage, afin de solliciter des armes et des munitions, envoya une partie des habitants pour saisir les canons qui étaient placés devant son palais ; ce qu'ils exécutèrent. S apercevant qu'il avait perdu toute la confiance du peuple, il se retira au fort Johnson, situé sur la rivière du cap Fear.
Dans les premiers ]ours de juillet, quelques malfaiteurs formèrent le complot de décider les nègres de la rivière Tar à massacrer tous les blancs ; ils auraient sans doute réussi, si le plan n'avait été révélé par un esclave de Thomas Respissj du comté de Beaufort. Quarante noirs furent arrêtés, et tous avouèrent que le massacre devait avoir lieu dans la nuit du 8. On avait promis la liberté aux esclaves, et un établisse^ ment, sous leur direction, au-delà des montagnes; on trouva parmi eux une quantité considérable d'armes et de munitions. Le capitaine Johnston, de White Haven, dans la province de Gonnecticut, qui était arrivé à Bath, pour acheter des
DE l'ahébiwie. 4f9
proTisîons navales, fat accuséd'ayoir excite les nègres àoet horrible projet. Le goavernear ayant ordonné que les canons et les munitions fussent mis à bord de la goélette de guerre le Cniisery s'y embarqua lui-même, afin de se mettre en sûreté. Le comité de Wilmington, qui avait résolu de s'emparer desdits canons et des munitions , détruisit le fort, et ensuite accusa le gouverneur d'avoir escité les nègres à la révolte, et le déclara l'ennemi du pays et de la province. La ville de Newbem adopta les mêmes résolutions dans une lettre du i/\. juin, adressée à Lewis Henry de Rosset, Le gouverneur l'assure qu'il n'a jamais pensé à encourager les noirs à la révolte, que rien ne peut justifier cette mesure, si ce n'est la rébellion des sujets du roi, et la non-réussite de tous les moyens employés pour maintenir son gouvernement.
1775, 10 mai. Le congrès continental se réunit à Phila^ delpbie, et, le i5 juin, George Washington fut nommé commandant en chef des forces américaines. Le 26 du même mois, le congrès présenta une adresse aux habitants de la Caroline du Nord, pour les engager à s'associer pour la défense de la liberté américaine, et à organiser une milice, en s'engageant à les considérer comme une armée régulière et à la payer comme telle.
Un congrès proi^incial fut formé de 184 membres, qui se réunirent le 10 août ; ils exprimèrent leur approbation pour les travaux du congrès contmental, professèrent de leur allégeance au roi, reconnurent le pouvoir exécutif de son Conseil ; mais déclarèrent que ni le Parlement de la Grande- Bretagne, ni aucun de ses ministres n'avait le droit d'impoaer des taxes sur la colonie, ni de régler sa police intérieure.
Le congrès provincial résolut que les habitants paieraient leur part des dépenses occasionnées par le congrès continental. Dans une longue proclamation, adressée à l'assemblée, le gouverneur représente le comité de Wilmington comme coupable de la plus scandaleuse sédition et de la plus grande fausseté, et l'incendie du fort Johnston coinme acte barbare fait pour déshonorer la nature humaine dans l'état le plus sauvage; l'adresse des délégués au congrès continental comme une énormité si extraordinaire, qu'elle ne pouvait pas être qualifiée ; les travaux du comité de Newbem comme traîtres et infâmes ; l'élection des délégués à un congrès provincial, à Hillsborough, comme une mesure contraire à la constitution de la province.
420 GHROIfOLOGIE HISTORIQUE
Le goayernenr oonclot, en ofirant le pardon du roi à tons ceux qui Tondraient retourner aux sentiments qu'ils devaient à leur souverain et à l'obéissance des lois de leurs pays.
Le président ayant communiqué à l'assemblée une copie de cette proclamation, ils ordonnèrent qu'elle fdt brûlée par le bourreau, comme un malicieux et séditieux libelle, tendant à décourager le bon peuple de la province, à exciter des tumultes et des séditions dangereuses à la paix du pays et da gouvernement, et hautement injurieux à la réputation et à l'honneur de plusieurs gentilshommes.
D'après la proposition du congrès continental, le congrès provincial leva une armée de i ,000 hommes, formant deux régiments, sous les ordres de James Moor et de Robert Howe. Il fut, en même tems, résolu de consentir à la formation d'une confédération générale, afin d'amener une réconciliation avec le cabinet anglais.
Afin de se procurer les moyens nécessaires à la défense de la province, on mit en circulation des billets de crédit pour la somme de 5o,ooo dollars, et on créa, pour leur rachat, une capitation de neuf ans.
1775. Le congrès provincial présenta une adresse aux habitants de l'empire britannique, dans laquelle il exprimait le désir d'être, avec les autres colonies, dans l'état où ils étaient avant l'année 1 763, déclarant que, toutes les fois qu'ils s'étaient écartés des formes de la constitution, c'était pour des motifs de sûreté et de conservation personnelle, en défense de leurs personnes, propriétés et de leurs droits ; « qu'ils ressentaient une vive affection pour la maison de Hanovre, comme établie par les lois, ce qui honore la nature humaine ^ et montre combien il est glorieux de régner sur un peuple libre ; qu'ils étaient toujours prêts à répandre leur sang et leur argent, quand ils seraient appelés constitutionnellement à soutenir les successeurs de sa majesté le roi George III. »
1775. La première mesure qui fut adoptée, fut l'établissement d'un Conseil provincial ^ composé de deux personnes choisies par les délégués de chaque district, et une par le congrès; i"" d'un comité de sûreté, composé d'un président et de douze membres choisis par les délégués de chaque district; 3"" un comité de 21 membres dans chaque comté ^ un de quinze dans chacune des villes d'Edenton, Newbern et Wilmington, et de 7 dans chacune des autres villes de comté nommés par les francs-tenanciers. Les réunions du Conseil
proTÎncîal et da comité dé sûreté devaient avoir liea tous les trois mois, et œux des comtés et des villes tous les mois.
Le G>nseil provincial avait le pouvoir de faire marcher la milice, en cas d'alarme ; de nommer aux places vacantes dans l'armée et dans ia milice, de tirer sur le trésor pour le service public, et de faire tout ce qui était nécessaire à la prospérité et à la sûreté de la colonie.
Des comités secrets furent formés, au scrutin, dans les villes et les comtés : ils étaient composés de sept personnes, et correspondaient avec les Conseils provinciaux et les autres . comtés. Le congrès se termina le 19 septembre. Après avoir voté des primes pour les manufactures de salpêtre, pondre à tirer, coton, de draps, de laines, des épingles, aiguilles, et de la toile des moulins de différentes espèces, des salines, des manufactures de sou^, des fourneaux pour des manufactures d'acier et de fer.
Dans la partie occidentale de la province, des délégués se réunirent à Charlotte, le 19 mai ; fls y reçurent la . nouvelle d'une bataille avec les trou))es anglaises, à Lexii^ton, dans le Massachnssetts. Un grand nombre de personnes s'étaient rassemblées pour connaître le résultat des travaux du comité, et ,d'une voix unanime, ils criaient : Laissez-nous déclarer notre indépendance et la défendre avec risque de nos jours et de nos fortunes. Le comité déclara que quiconque, directement ou indirectement, soutiendrait l'invasion de leurs droits, comme l'avait essayé le Parlement anglais, serait considéré comme un ennenn de son pays, de rAmériqne et des droits de l'homme ; que nous, citoyens du comté de Mecklenburg , rompons les liens politiques qui, jusques-là, nous avaient lié à la mère-patrie, et nous dispensons de toute allégeance à la couronne d'Angleterre, abjurant toute relation avec une nation qui a constamment méprisé nos droits et nos libertés, et répandu inhumainement le sang américain à Lexincton.
Des délégués de Charlotte eurent le pouvoir d'adopter toutes les mesures qui seraient utiles à la cause commune. Des Conrs de justice furent établies, ainsi qn'un comité de sûreté, pour airéter toutes les personnes soupçonnées d'être hostiles à la cause de la liberté (i).
1775, 18 octobre. Le Conseil provincial se réunit. Le (i) Mattins* Nortk-Carolina, voL II, cb. 10.
gouverneur Martin travaillait toujours à empêcher la révolte par rinfiuence de quelques Écossais établis dans le comté àe Gumberiand, et ceux qui restaient attachés à la cause royale. Le comité de sûreté reçut des instructions pour couper toute communication entre le gouverneur, les omciers de marine et les habitants, et de stationner un vaisseau armé à chacun des districts de Wilmington, Newbern et Edenton.
Dans le même teras, le gouverneur envoya une commission de brigadier général à Donald Mac Donald^ qui exerçait une grande influence sur les émigrés écossais, avec une proclamation, ordonnant à tous les loyaux sujets du roi de joindre son étendard.
Pendant ces préparatifs, pour soumettre la partie méridionale de la province, lord Dunmore résolut d'attaquer la partie septentrionale, à la tête de 120 hommes de troupes ' régulières et un nombre considérable de torys et de nègres armés. Après avoir envoyé des émissaires dans les comtés des districts d'Ëdenton , afin de soulever les esclaves, il avança jusqu'au grand pont, dans le comté de Nansemond. Il ne s'était pas plutôt campé qu'il fut attaquéi par un détachement sous les ordres du lieutenant-colonel Scott ^ qui lui tua cinq hommes blancs et seize nègres.
Le jour suivant, le lieutenant Tibbs, qui commandait la chaloupe de garde à six milles environ de ce lieu, fut attaqué par une partie des troupes du roi et un grand nombre de nègres, qu'il força à se retirer, avec perte de 7 hommes, parmi lesquels était le commandant. Dans le même tems, un renfort de 5o hommes lui arriva, sous les ordres du capitaine INicholas.
1776, février. Le général Mac Donald publia la proclamation du gouverneur, et, ayant rassemblé i,5oo hommes, planta l'étendard royal à Cross-Creek . Le colonel Moore reçut l'ordre de marcher contre lui, à la tête du régiment continental, de quelques miliciens, avec quelques pièces de canon. S 'étant avancé à la distance de douze milles de Cross-Creek ; et, près du pont de la rivière rocailleuse, il s'y campa pour attendre le mouvement de l'armée ennemie.
Le général Mac Donald s'avança vers le camp du colonel Moore, auquel il envoya un messager, portant la copie de la proclamation du gouverneur, et son propre manifeste offrant au nom du roi le pardon à lui et à ses hommes, s^ils voulaient prêter le serment d^U^ance, et déposer leurs
armes ; ajoutant qae, s'ils refusaient, ils seraient considérés comme traîtres, et qu'il les attaquerait comme tels. . En réponse, le colonel lui envoya une copie du serment exigé par le dernier congrès provincial, l'invitant à la communiquer à ses officiers et à les engager à déposer leurs ar« mes, et qu'en agissant ainsi, il les recevrait comme des frères ; qu^utrement, ils devaient s'attendre au traitement dont il rayait menacé, ainsi qne ses troupes.
Dans le même tems, un corps de miliciens et de volontaires, sous les ordres des colonels Caswell et Lillington, s'avançait vers la rire de Moors'-Creek. Mac Donald pensant qu'il était dangereux de risquer un combat contre le colonel, Moore passa la rivière South, et s'avança vers la ville de Wîlmineton, rencontra cette force, d'environ mille hommes, qui, quoique inférieure aux autres, les attaqua avec tant de vigueur, qu'ils furent défaits, avec une perte considérable. Le général Mac Donald étant indisposé, le commandement avait été donné au colonel Mac Leod, qui fut tuié, avec plusieurs officiers, au commencement du combat. Le général fut fait prisotinier.
Suivant la recommandation du congrès continental, le congrès provincial, qui se réunit à Halifax le 4 avril, fit les arrangements militaires suivants : Quatre nouveaux régiments furent créés, un brigadier géûéral nommé par chaque district ; une compagnie de cinquante hommes aevait sta* tionner à Beaufort, et cinq autres compagnies indépendantes pour la défense des autres parties de la côte ; deux autres ré* giments, composés de ySo hommes, devaient être levés.
1776. Afin de subvenir à ces dépenses, des billets de crédit, de la valeur de 5oo,ooo livres, furent mis en circulation, et une capitation furt imposée pour 20 ans.
Les premiers délégués ayant été réélus pour le congrès continental, ils reçurent des instructions pour coopérer avec ce corps, en établissant Tindépendance des États-Unis, réservant à la province. le droit de former sa constitution et ses lois.
• Le congrès provincial, animé par l'amour de leurs droits et privilèges, déclara qu'il était nécessaire d'éloigner de la province un grand nombre de régulateurs, possédant des propriétés considérables, dont les principes étaient contraires à la cause de la liberté, et s'étaient attachés à ses ennemis, avec lesquels ils étaient prêts à coopérer, si une chance pro«
424 CHRONOLOGIE HISTOAIQUE
hable de succès s'offrait ; ils déclarèrent qu'aucane cruauté ne serait exercée contre les prisonniers, et qu'ils ressentaient une Tive sympathie pour ceux qu'ils laissaient derrière. Le congrès fut ajourné au i4 niai.
1776. Dans le commencement de mai^ une flotte anglaise, de plus de 3o vaisseaux, ayant des troupes à bord, sous les
■ ordres de M. Peter Parker, arriva à l'embouchure de la ri— vière du cap Fear, près du fort Johnson. Le 12, 900 hommes furent débarqués à la plantation du gouverneur Howe, dans le comté de Brunswick, sous les ordres des généraux Clinton et Cornvrallis. Après une légère escarmouche, les Américains se retirèrent ; le 29 mai, la défaite du corps de Mac Donald, le refus de réunion aux troupes anglaises, et la perte de huit vaisseaux, avec des provisions à bord, ne laissa aucune espérance de soumettre la province.
Le i*'' août, le Conseil de sûreté de la ville d'Halifax reçut la nouvelle de la déclaration de l'indépendance des États-Unis, en date du 4 juillet, proclamée par les délégués du congrès assemblés à ]?hiladelphie.
Ainsi finit le gouvernement royal, qui dura 192 ans, depuis l'arrivée du premier Anglais à Ocracock ; 1 13 après la première charte de Charles II, et 4^ après l'acquisition de la
• province des lords-propriétaires (i).
Constitution de gouvernement établie par les représentants des hommes libres de la Caroline septentrionale ^ assemblés en congrès j à Halifax, le 18 décembre 1776. Déclaration des droits. Toute autorité politique réside dans le peuple, et tout pouvoir émane de lui.
Le peuple de cet état possède exclusivement le droit de régler ses affaires politiques et civiles.
Personne ne peut avoir droit à des privilèges ou à des émoluments particuliers qu'en raison de services publics.
Les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires doivent être à jamais distincts et séparés.
Le pouvoir de suspendre les lois, ou de surseoir à leur exécution, ne doit jamais être exercé sans le consentement des représentants du peuple.
Les élections des* membres pour l'assemblœ générale doivent être libres.
Dans les procès criminels, l'accusé doit être informé de
{{) Martins* North-Carolinayllf ch, li.
DE l'amériqve. 4^5
l'aocusation intentée contre lai ; il a le droit de faire comparaître les accusateurs et les témoins. Personne ne peut être forcé de fournir des preuves contre lui-même.
Aucun homme libre ne peut être forcé de répondre à une accusation criminelle qu'après une plainte portée devant les tribunaux, une décision du grand jury ou une accusation de crime d'état.
Un homme libre ne peut être déclaré coupable que par le verdict unanime d'un jury, composé de membres ayant les qualités requises par la loi , et la Cour doit siéger publiquement.
Il ne doit être décerné aucun warrant ou mandat, pour faire la recherche de personnes ou de choses, sans qu'on désigne la nature du délit et les preuves à l'appui.
Aucun homme libre ne peut être arrêté , emprisonné , exilé, ni privé de sa vie, de sa liberté ou de sa propriété, si ce n'est en vertu des lois du pays.
Le jugement par jui^s, dans tout ce qui intéresse la propriété, demeure inviolable et sacré.
La liberté de la presse ne doit jamais être restreinte.
Il ne doit jamais être mis d'impôt ou de taxe sur le peuple, sans son consentement ou celui de ses représentants.
£n tems de paix, les armées sont dangereuses pour la liberté et ne doivent pas être maintenues.
Le peuple a droit de s'assembler pour discuter ce qui l'intéresse, pour donner des instructions à ses représentants, et pour obtenir de la législature la réparation des torts qu'il peut avoir éprouvés.
Tout homme a droit de rendre à Dieu un culte conforme à ses principes.
Les élections doivent être fréquentes, pour corriger et fortiGer les lois.
U ne peut y avoûr, dans eet état, d'émoluments, de privilèges ou d'honloems héréditaires^
Oes lois postfactunij ou rétroactives, sont injustes et incompatibles avec la liberté. Il n'eit sera point fait.
Constitution. La constitution est républicaine. Le pouvoir législatif réside en deux corps distincts , un Sénat et une Chambre des représentants j dont la réunion f<»*me Vassemblée générale.
Le sénat se compose de représentants, un pour chaque conutéy qui sont élus au scrutin pour une année. Toutséna-
tear doit avoir réside daos le Cfxmté ane année avant l'élection, et posséda: trois cents acres de terre imposable.
La Chambre des représentants se compose de deux représentants par comté, et d'un représentant par chacune des cinq villes, Edenton, Newbern, Wilmington, Salisbnrj, Hillsbo» rough et Halî£aîx. Les représentants sont élus dans la même forme que les sénateurs. Ils doivent demeurer depuis une année dans le comté qui les élit, et y posséda:*, soit en papier, soit à vie, cent acres de terre imposable, dont il faut qu'ils fassent la déclaration nx mois avant l'élection.
Pour concourir à l'élection des sénateurs, il faut être libre, âgé au moins de vingt ans, résider dans le comté depuis une année au moins avant l'élection, et posséder en propre cinquante acres dans le comté.
Pour élire les représentants, il faut être libre, âgé de vingtun ans, payer des impôts et habiter l'État depuis un an avant l'élection. Les représentants des villes sont choisis par les francs-tenanciers qui paient des impôts et résident depuis un an dans l'État.
he pouvoir exécutif réside dans un gouverneur et un Conseil d'État, choisis au scrutin par l'assemblée.
lue gouverneur est éiii pour un an, et ne peut être réélu que trois fois dans les six années suivantes. Il doit être âgé de trente ans, avoir résidé dans l'État pendant cinq ans, y être franc-tenancier de terres ou de fermes d'une valeur de plus de mille livres sterling. Il peut percevoir et employer les tonds votés pouf les besoins de l'État par l'assemblée générale, vis-à-vis de laquelle il est responsable et tenu de rendre des comptes, dans un délai qui ne peut excéder trente jours. Il a le droit de faire grâce et d'accorder des sursis, dans l'intervalle des sessions de l'assemblée générale, excepte quand les poursuites ont lieu au nom de ce corps.
Le Conseil se compose de sept membres ; quatre d'entre eux suffisent pour délibérer et agir : leurs ayis et leurs aétes, inscrits dans un registre spécial, et revêtus de leurs signatures, sont présentés à rassemblée générale à sa première réquisition.
Le gouverneur est capitaine généi^l et commandant en chef de la milioe. En cas d'absence on de mort, il est remplacé par l'orateur de la Cliambre des communes, jusqu'à son.retour dans le premier cas, ou dans l'un et l'autre, jusqu'à ce que l'assemblée fasse une nouvelle nomination!
D£ L*ÀlIÉRiai}£. 427
Tous les bilis sont las trois fois dans les deux Chamlmes, et doiyent être signés par les 4>ratears de Tune et de l'antrey pour avoir force de loi. Cliaaae Chambre choisit son orateur et ses bureaux, juge la validitë de Télection des membres, et prononce sur ses ajournements ; toutes les deux décident conjointement au scrutin l'ajournement de l'assemblée générale. Ni l'une ni l'autre ne peut délibérer que la majorité des membres ne soit présente. Ne peuvent faire partie de la législature : les percepteurs des deniers de l'État qui n'ont pas rendu leurs comptes, les trésoriers, les officiers commissionnés de terre et de mer, les fournisseurs -ou leurs agents, les juces de la Cour suprême, ceux des Cours de droit et d'équité et de l'amirauté, les secrétaires d'État et les membres du clergé ; sont également exclus de la législature : les infidèles et ceux qui nient l'existence de Dieu, l'autorité de l'ancien et du nouveau Testament et la vérité de la religion protestante, ou qui professent des principes contraires à la liberté et à la sûreté de l'État.
L'assemblée générale choisit annuellement au scrutin les délégués au congrès américain ; ils peuvent être suspendus, et ne sont pas rééligibles pour plus de trois années successives. Les trésoriers d'État sont nommés pour un an, et le secrétaire d'État pour trois. Les successions sont réglées par le corps législatif, à l'exception des titres de propriété qui ont été accordés avant la révolution.
Tout étranger qui vient s'établir dans l'État, peut, après avoir prêté serment de fidélité, acheter, tenir ou transférer des terres ou autres biens immeubles, et devenir citoyen libre après une année de résidence.
Amendement fait à la constitution en convention ^ le 4 juin 1835^ ratifié par le peuple le 9 novembre^ H mis à exécution le i*' Janvier i836. Le sénat de l'Etat sera composé de cinquante représentants , choisis tous les deux ans au scrutin, et élus par districts.
La Chambre des communes se composera de cent vingt représentants, choisis tous les deux ans au scrutin , et élus par les comtés d'après leur population , c'est-à-dire selon leur nombre respectif d'habitants, qui sera déterminé en ajoutant aux personnes libres les trois cinquièmes des autres, en y comprenant ceux qui sont obligés de servir pour un certain tems, et en excluant les Indiens non taxés. Chaque comté aura au moins un membre dans la Chambre des communes, quand même il n'aurait pas le nombre voulu d'habitants.
4a8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE
Chaque membre du sënat devra avoir résidé dans le district par lequel il est élu, un an avant son élection, et y avoir possédé, durant le même tems, au moins 3oo acres de terres.
Tout homme libre, âgé de vingt-un ans (sauf les exceptions qui seront fixées par la suite), qui aura résidé dans on des districts de l'État une année avant l'élection, et qui possède un bien-fonds de cinquante acres de terre dans le même district, depuis six mois avant l'élection, pourra voter povir la nomination des membres du sénat.
Les nègres et mulâtres libres, les personnes de sang mêle, descendants de noirs jusqu'à la quatrième génération inclusivement, quand bien même un des ancêtres de chaque génération aurait été blanc, ne pourront concourir à la nomination des membres du sénat ou de la Chambre des représentants.
Pour l'élection de tout ofïicier dont les appointements dépendent de l'assemblée générale, le vote aura lieu viva voce.
Le gouverneur sera élu par les électeurs ayant qualité pour nommer les membres de la Chambre des représentants, en même tems et au même lieu que les membres de l'assemblée générale. La durée de ses fonctions sera de deux années, à partir du jour de son élection jusqu'à son remplacement, et il ne pourra être réélu pour plus de quatre ans, dans l'espace de six années.
La Chambre des représentants aura seule le droit d'inten- . ter une accusation pour crime d'État ; le sénat aura seul le droit de juger ces accusations.
Les juges des Cours suprêmes ou des Cours supérieures pourront être révoqués, pour cause d'incapacité physique ou morale, sur la décision des deux tiers des deux Chambres de l'assemblée générale.
Aucune convention du peuple ne pourra être convoquée par l'assemblée générale, excepté d'après le vote des deux tiers des membres de chacune des deux Chambres.
La Zi"^ section de la constitution sera amendée et rédigée ainsi qu'il suit : « Toute personne qui niera l'existence de Dieu ou de la religion chrétienne, ou la divine autorité de Tancien et du nouveau Testament , ou qui considérera les principes religieux comme incompatibles avec la sûreté de l'État^ ne pourra remplir aucun emploi, ni occuper aucune
DE l'aMÉRIQUE. 429
place lacratiTe ou honoraire dans, le département ciyil de rÉtat. »
La capîtation sera Ja même, dans tout l'État, pour qui» conque 7 sera soumis.
Tout homme libre, âgé de plus de vingt-un ans et de moins de quarante-six ; tout esclave, âgé de plus de douze ans et de moins de cinquante, seront soumis à la capîtation.
Toute personne qui occupera un emploi lucratif ou honoraire dans les États-Unis, soit dans cet état, soit dans tout autre, ne pourra le cumuler avec une autre, ou siéger dans aucune des deux Chambres de rassemblée générale.
L'organisation administrative est composée d'un gou" verneur^ d'un secrétaire dfÉtat^ d'un trésorier ^ d'un contrôleur et d'un clerc du trésor. Le premier a' un traitement de 2,000 piastres-; le second, de 800, outre le casuel ; le troisième, de i,5oo; le quatrième, de 1,000 ; le clerc, de 5oo.
L'organisation judiciaire est composée d'une Cour su-préme et des Cours d'arrondissement. La première est composée d'un premier juge, de deux juges-adjoints et d'un rapporteur. Ils ont chacun un traitement de 2,5oo dollars. Les Cours d'arrondissement sont composées chacune de sept juges, ayant chacun i ,960 dollars de traitement.
Les mines d or de la Caroline du Nord s'étendent à travers cet État et dans la partie septentrionale de la Caroline du Sud, jusque dans la Géorgie; on ne sait pas si elles étaient connues et exploitées avant l'arrivée des Anglais ; leur produit annuel , en i84i, a été évalué à 400,000 dollars.
L'université de la Caroline du Nord fut établie en 1791 sur la colline nommée Chapel-Hill, dans le comté d'Orange, à 28 milles à l'ouest de Raleigh, et 14 au sud de Hillsborough. Elle avait, en 181 5, 100 élèves, parmi lesquels plusieurs étaient de la Virginie, du Tennessee et du Kentucky. La direction en est confiée à 4o directeurs, cinq pour chaque district. Ses revenus consistent dans toutes les sommes dues à rÉtat par les shérifs, ou autres percepteurs des deniers publics, antérieurement à l'année 1788 : de toutes les propriétés échues à l'État par droit de confiscation; des terres dont a fait donation le corps législatif, qui, en 17Q1, prêta 5,000 livres aux directeurs, pour construire les bâtiments nécessaires à l'établissement. Il y a deux maisons en briques :
43o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
l'une de trois ëtages, de i8o pieds de long, sur 4o de profondeur, et l'antre de deux ëtaees, de loo pieds sur 4o.
En 1843 , le nombre des étudiants était de 169. La bibliothèque contenait 10,000 volumes.
Gouverneurs de la Caroline du Nord.
i663. George Drummond.
1667. Samuel Stevens.
1681, Henry Wilkinson.
i683. Seth Sothel.
1693. Philip Ludwell.
1693. Thomas Smith.
1694. Joseph Biake.
1695. John Archale.
1696. Josei^Blake.
1700. James Moore.
1703. Sir N. Johnston.
Edward Tvnte.
Bobert Gibbes.
Edward Hyde.
Charles Eden.
Georçe Burrington.
Sir Richard Everard.
George Burrington.
1736. Gabriel Johnston.
1754. Arthur Dobbs.
1765. William Tryon.
1771. Josiah Martm(i).
(1) Marlins North-^Carolina.