‹ Chronologie historique de l'AmeriqueChapitre 5 sur 13 · VILLES · texte numérisé non relu

VILLES

Philadelphia .

Lancaster. . .

Reàding. . . .

Harrlsburg • .

. Easton

^ York

Carlile

Piltsburg. . .

AUeghany. . .

Erie. * . . . .

2,5o3 a,o'îa 1,565

4,iii

a,8oi i,3a9

3'l,ll5 10,089 3,4 131

TABLEAU des cUfférentes classes de la population de Pensflvanie , en 1840, et après le dénombrement fait en vertu ttun acte du con^ grès des États-Unis.

Mâles blancs 431,578

Femelles blanches 439,3i4

Mâles de couleur libres 17,638

Femelles 30,381

Blancs : Sourds et muets 781

Aveugles . ^ 54©

Fous et idiots» aux frais de l'État 4^

— - aux frais des particuliers 1,477

Gens de couleur : Sourds et muets. • > • • 5f

Aveugles 96

Fous et idiots, aux frais de l'État .... 55

— aux frais des particuliers. iSa

Vensionnaires militaires de l'État 1,351'

Mineurs 4>^3

Agriculteurs 207,533

Commerçants i5,338

Manufacturiers et artisans io5,883

Marins Iy8i5

Mariniers 3,95i

Professions savantes 6,706

Universités et collèges 30

Étudiants 3,o34

A reporter. . . ip6i,44G

I a6 CHROnOLMK Hf SMIUQCK

Bcport. . . 1,^1446

Acadëaiies et écoles de grammaîre. âgo

îftwliwti. i*iWO

Éoolet prîmaires 4,908

ÉcoGérs 179*9%^

Éeeliefff eu» frais paUies y^vtfOS

HahttanU l>laBCs qui ne savent ni lire ni écrire ....... 33,^40

Total dcB hommes* . . i,^y5ti

Indiens. Les Lenni-^Lenape (i) ou peuple originaire, qui, autrefois , babitaient la Pensylvame , ëùieot nombiéai et formaient plusieurs tribus, savoir : les Assunpink (ou Sto-ncy-Cretk), le* Rankokasj ( appelés aussi Lamikas ou Chi^ ch€ifuas)j in MU^gpesj les Andastaka$, les JVeshaminies^ ^es Shackamaxons et les Mantas ou Frog-Indians (2}. D'autres tribus habitaient les endroits ou les Européens fondèrent les premiers établissements. C'étaient les Capitinasscs^ les Gacheos, les Munseys et les Pompions. Les Susquehan-nocks occupaient les parties supérieures du fleuve qui porte leur nom. Après leur extermination par la guerre, les Ifanticokes s'y établirent. Le pays arrose par les affluents supérieurs de la Délaware, fîit réclamé par les Indiens de œ nom et par les Menesinks auprès desquels résidaient les Mandes on les Indiens Salem (3).

Les Iroquois. prétendaient qu'ils avaient vaincu les Lenni- Lenape qui furent réduits à remj^lir le râle de femmes^ Loskeil, dans son bistoire de la mission des firères Moraves , reconnaît qu'ils furent soumis par des moyens insidieux et non par la force des armes , et que leur soumission était due à t'influence des blancs (4) qui se trouvaient alors dans le pays où ib avaient tenu un bout de la grande ceinture de vaix^ et déclaré qu'ils tomberaient sur ceux qui déterreraient le casse-tite, 'Ù'sLfrès les traditions des Lenni-Lenape, ce traite eut lieu dans un endroit appelé depuis Normands''Kill, près de celui où fut ensuite bâtie la vUle d'Albany (5).

Colden, dans son bistoire des cinq nations , raconte qu'après la prise de New-York , en 1664 , par les Anglais , ils " I ■ 111. . ■ . Il ■ ■■

(1) Nommés Delawares par les Anglais.

(a) Ainsi nommés par les Anglais.

(3) PrautU History ofPensylvania, II, part. III.

(4) Les HoUandais.

(5) Loslûel, part. î, ch. 10. Mission ofthe uniud Bretkren Lon- <to, 1794-

lui l/ÂWÊKmOE.

SkYMimAtomroi à oes Indiens uae grande ^niiitf â'Brmm et de muoitions. Ik le cnuent alors inrâcibles et rësobuieiit dé se venger des affinonts qu'Us nrétendaient avoir rayns des

ails nreten difièrentM^ nations. Dans le nord , ils aTanomnt au^-delà de la Nouvelie^Angleterre ; dans le sod , jnsqa'à la Caroline ; à l'ouest, jusqu'au Miasissipi, parcourant une étendue de fêji de i^aoo nulles de lengneur et 600 de largeuTyink ils détruisirent plusieurs nations dontles Anglais ne nous ont laissé aneune trace (i).

On évaluaity en i684y ^ 6,000 individus la population de dix tribus qui résidaient alors dans la Penrrlranie. La nlus grande partie des Lenni-Lenape quittèrent les bords de 1 Athntic|ue, entre les années 1740 et 1760 , pour s'allier avec les tnbus de l'ouest , espérant , par ce moyen , se venger des Iroqn<Ms : dix autres nations et quelques Français avaient promis de les aider. En 1756, ils se préparèrent à exécuter ce projet sans pouvoir y réussir ; mais, se trouvant hors de l'atteinte des Iroquois, ils dévastèrent les firontièces de la Peusylvanie, et massacrèrent un grand nombre d'habitants. ^ Au commencement de la guerre de la révolution des États-Unis , un parti des Délawares se joignit à Tarmée américaine. Les cheGi des Iroquois avaient dierché à les en empêcher , mais le capitaine Blancs- Yeux leur répondit au nom de ses gens qu'ils n'étaient pas des femmes , mais des hommes, et qu'ils en donneraient des preuves.

Un établissement des Indiens Sénécas se trouvait, il y a quelques années, dans la partie le plus nordniuest de l'État , auprès du confluent de la crique de Conewango avec l'Alleghany. Us s'adonnaient à l'agriculture et faisaient aussi un commerce en bois avec la ville de Pittsbonrg. Par l'influence des missionnaires, ils avaient embrassé le christianisme , et établi une école oà leurs enfants et ceux des blanes du voisinage étaient élevés ensemble. Leur chef , nommé Cornplanter (2), si célèbre par ses faits d*arnies et par son éloquence, assure que son père était Irlandais , et que sa mère était une femme de sa nation (3).

(1) MeckeweUên' aeeotmt ùfthe Inditm tuOiàns wkiek ^nmeHr inhabiud Peni/lv(uua, etc. » in the Hittorieml collections ofPkHadcl' phia, vol. If 1819.

Cdden»' Indian ruttionSf cb. 3. London, 1747* ' (a) Plantettr de ma».

(S) i#Mmcait rr^iiffer, vol. II, 398^

ia8 ^CHRONOLOGIE HISTOHIQUB

• Vers l'année 1 790, on ne complaît que 3oo Indiens dans la Pensjltanie : c étaient les déoris des nations Dëiaware , ' Aliiniees et Soponees ( i )• Il n en reste plus.

Dans sa descrij^ion de la PensyWanie, Guillaume Penn, qui connaissait bien ces Indiens , les dépeint de là manière swivante : une taille élevée , un corps bien proportionné , de -petits yeux noirs, des traits réguliers, un caractère hospitalier et généreux, mais sensibles aux injures. Ils habitaient de petites cabanes construites en pieux , couyartes de joncs ou d'écorces , et s'adonnaieiit à la culture du maïs , des melons {cucurbita)y des haricots et des pois ; mais ils tiraient leurs principaux aliments des animaux sauvages , des oiseaux et des poissons , qui abondaient dans le pays. Ils étaient en général d'un naturel pacifique et recherchaient l'amitié des Suédois et des Anglais , à qui ils fournissaient des nattes, des paniers bien tissus, des boites et des seaux faits de Técorce des arbres.

Immédiatement après leur naissance , les enfants étaient plongés dans l'eau froide ; cette opération se répétait fréquemment , afin , comme le croyait ce peuple , de fortifier le corps. Le nouveau-né était attaché à une planche , sur laquelle la tète étant constamment pressée , finissait par s'aplatir. La mère le trans|)ortait ainsi sur son dos ,• avec son bagage, quand elle voyageait. A neuf mois, les enfants étaient en état de marcher.

Les garçons étaient employés à la i)éche jusqu'à l'âge de quinze ans, au'ils commençaient à chasser. Apres avoir rapporté au logis une certaine quantité de gibier , ils pouvaient se marier, mais pas avant d'avoir rempli cette condition.

La cérémonie du mariage était célébrée en présence des parents et des amis. Le marié présentait un os à la fiancée qui, en retour, lui ofiirait un sac de maïs , ce qui signifiait qu'il devait fournir la viande et elle le maïs.

Les jeunes filles aidaient leurs mères k planter le maïs , à préparer les repas, à faire desnattes, des paniers et des cordes. Les garçons se mariaient à l'âge de 17 ou 18 ans ; les filles de i3 ou i4* Quand elles arrivaient à la puberté , elles portant autour de la tête , jusqu^au milieu du &ont, unesorte de tresse, en paille rouge ou bleue, entremêlée de crain- pons en coquillages rouges et blancs. Ces Indiens se peignaient la figure en rouge , et en noir quand ils étaient en deuil.

(1) /)» Monea' report to thesecretary qf war, ^ew'Hapen , iSaa.

DE l'aMÊKIQUË. 129

. Leurs wigwams, on cabanes y étaient laites de. jeunes arbres placés sur des bâtons fourebus iîcbés en terre , et coa- Tcrtes ae nattes ou d'écorces d'arbres. Plusieurs de ces cabanes étaient placées à peu de distance l'une de l'autre , formant un Tillage, et toujours près d'un cours d'eau , pour l'ayantage de la cbasse ou de la pèche. La porte faisait face au sud, et le foyer occupait le milieu du wigwam.

Leur habillement consistait en une peau ou couverture étendue sur les épaules et descendant aux genoux. Les jambes étaient couvertes de même, et les pieds chaussés avec des moc^ kassonsj ou souliers , faits de la peau tannée du bison ou du daim.

. Leur principale nourriture était le gibier ou le poisson et du maïs grillé sous les cendres , ou broyé et cuit avec de l'eau 9 ce qu'ils appelaient homine. Ils faisaient deux repas par jour, le matin et le soir^ et mangeaient par terre.

Le mari n'avait aucun rapport avec sa femme pendant la

Us traitaient toutes les maladies avec des herbes, des racines et des bains chauds ou froids. Afin de provoquer la transpiration , les malades étaient placés dans une cabane étroite où se trouvait une pierre , rougie au feu , sur laquelle on jetait de l'eau pour produire une vapeur qui excitait la sueur, et, dans cet état , le malade était plongé dans la rivière la plus voisine ou dans un étang. On répétait cette opération aussi souvent qu'on le croyait nécessaire , et avec succès, excepté dans la petite-vérole , ou dans d'autres mala* dies où elle était fatale.

La passion dominante de ces Indiens . était l'amour de la liberté, passion qu'ils fomentaient mém e dans l'enfance. Us étaient constants dans leurs affections , très*soigneux pour les malades et les blessés tant qu'il y avait espoir de guérison.

Il n'était pas i'acile d<; les irriter ; mais quand une fois on avait provoqué leur colère, elle ne s'apaisait que lentement. Us se querellaient rarement, à moins qu'ils ne fussent dans l'ivresse , et iU pardonnaient aisément une injure à celui qui était dans cet état , disant que c'était la boisson et non rhominc qui agissait. Ils tenaient strictement aux droits de propriété, mais étaient très-généreux du peu qu'ils possédaient. Quand ils étaient visités par des colons , ils les servaient les premiers et leur donnaient ce c|u'ils avaient de meilleur. Quand plusieurs d'entre eux allaient chez des 00- XXVIII. 9

i3o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Ions, si l'on n'offrait des rafraîchissements qu'à l'un d'eux, il les partageait également aTec les autres.

Quant à la religion^ ils croyaient que le Grand-Etre qui les ayait crëës habitait un pays céleste , situé au sud , où les âmes des bons devaient yvnce éternellement. Ils adoraient un bon et un mauvais esjprit ; le premier, à cause de ses bienfaits , le second , par crainte. Leur culte cpnsbtait en sacrifices, chants et danses. Ils offraient les premiers fruits , et le daim le plus gras qu'ils faisaient brûler ; et , pendant cette cérémonie , celui qui présidait faisait entendre un chant lugubre qui était suivi de danses, d'acclamations et de chants. En automne , après la récolte , ils célébraient une grande fête. Penn nous apprend qu'il assista à une d'elles qui eut lieu près d'une source , sous des arbres. Le repas se composait de 20 daims, de gâteaux chauds de maïs , et de fèves, qui avaient été enveloppés de feuilles et cuits sous les cendres.

Leur gouvtmemznt était monarchique et héréditaire. Les femmes n'héritaient pas, et , pour empêcher toute issue illégitime, la succession passait du coté de la mère, c'est-à-^lire à son frère ou aux fils de sa sœur, on aux enfants mâles de sa fille.

Leurs affaires étaient conduites par un Conseil composé des hommes les plus sages et les plus âgés , assis en demicercle au milieu duquel se plaçait leur pachama ou roi. On faisait amende pour les crimes et les injures par des fêtes et des présents de wampum (i). L'amende pour avoir tué une femme était double , parce que celle-ci donnait des enfants.

Avant l'introduction du rhum parmi ces Indiens , ils vivaient jusqu'à l'âge de 60, 70 et 80 ans (2).

Esclaves. Des esclaves , venant des Indes-Occidentales , furent introduits dans la province aussitôt après son premier établissement. Les laboureurs étant rares, on n'y forma aucune opposition jusqu'à l'an 1682 , qu'un certain nombre d'émigrés allemands, de la Société des Amis , formèrent une association pour s'opposer à l'esclavage des noirs , comme contraire à la religion chrétienne. £n 1696, à sa réunion an-

(1^ Monnsde des Indiens, qui consistait en morceaux de coquilles rondes et enfilées. ^

(a) Gwemor Penn's description of tke Prwmce ofPensyii^ania, i683.

Prouds historx of Pensylvania^ I , ch, 5 et II , part. 3. Philade* phia. 1797.

Dfi L'AAÉRIQtlË. i3[

nuelle, la Sociélé des Amis résolut de ne pas encoarager rintroduction des nègres, et conseilla à ceux qoi en possédaient de sar?eiUer leur conduite et de les faire asâster aux exercices religieux. La même année, George Keith qui , avec plusieurs autres, ayait quitté la Société des Amis, publia une brpchnre pour prouyer que les noirs étaient des hommes arrachés de leur terre natale et injustement retenus en esclavage (i).

En 1700, le fondateur de l'Etat, qui avait toujours manifesté le désir d'améliorer le sort des esclaves , proposa à la réunion des Amis , qui avait lieu chaque mois , de fixer une i^éunion mensuelle pour assurer T instruction religieuse des noirs , et à laquelle leurs maîtres seraient tenus d'assister. Cette proposition fut adoptée par plusieurs de ses amis intimes, et , peu de tems après, il proposa à l'assemblée deux bills, l'un pour régler les mœurs et les mariages des noirs ; l'autre pour les procès intentés contre eux et pour leurs châtiments. Le premier fut rejeté par rassemblée d'après diverses raisons que M. Clarkson a développées dans sa vie de Penn (2).

En 1705, un acte fut passé pour les jugements et châtiments des noirs, d'après lequel la peine de mort était appliquée à certains crimes , tels que le meurtre , l'homicide , Je vol avec effraction , le rapt , etc. , qui devaient être jugés par trois juges de paix et six francs-tenanciers du voisinage. Vingt-un coups de fouet étaient le châtiment des noirs qui portaient' des armes sans le consentement de leur maître et vingt-neuf coups lorsque quatre d'entre eux se réunissaient sans sa permission.

La même année, on fit une loi pour prévenir l'importation des esclaves de l'Inde , sous peine de forfaiture au profit du gouverneur, et l'on imposa un droit sur tous les nègres importés dans la province.

^ En 17 10, cette loi fut renouvelée par l'assemblée qui, Tannée suivante, fit un acte pour empêcher l'importation des

(1) Si Ton encroijt le témoignage dcMatlock, Penu lui-même possëdait des esclaves, et, dans une lettre à son agent, il lui reproche <favoir acheté, au heu d'Africains , des Redemptioners. C'était le nom- donné à cein qui s'ràgageaiem, pendant un certain temps , pour les frais de leur voyage. Hut, cou, of Massachusetts, vol. Vil, a« série.

hf) Mémoires sur la yie publique et privée de Guillaume Penn a vol. in-8®. *

i32 chronologie! historique

noirs et des Indiens dans la proTince ; mais ce dernier fut annule par un ordre du Conseil en Angleterre.

En 17F2 , William Southeby présenta à l'assemblée nne pétition poor TaboUtion de TesciaTage en Pensylyanie , mais elle ne fut pas accordée.

En r725*6y on fit passer un acte pour la régularisation dés noirs esclaves de la province, et Ton arrêta : i"* que les droits établis sur eux seraient portés à dix livres par tête ; 2<* qu'en donpant la liberté à un esclaye, le maître garantirait qu'il ne serait pas à charge au comté ; 3"^ qu'aucun ministre ou magistrat ne marierait nn nègre avec une blancl^e , sous peine d'une amende de 100 livres ; 4° qu'aucun nègre ne pourrait s'écarter au-delà de 10 milles de sa demeure sans une permission de son maître.

En i ySo , et l'année suivante , la Société des Amis insbta fortement non-seulcunent contre l'importation des noirs, mais aussi pour qu'ils ne pussent être achetés après avoir été importés, ce qui fit que l'esclavage diminua annuellement jusqu'en 1776 qu'il tut décidé , par la même Société , que ceux de ses membres qui refuseraient d'affiranchir Jeurs esclaves ne feraient plus partie de l'association des, amis (i). En général, les noirs qui avaient obtenu leur liberté continuaient à rester chez leurs maîtres , où ils recevaient des gages qui n'excédaient pas le montant de leur habillement.

Le I*' mars 1780 , l'assemblée de Pensylvanie fit passer un acte pour l'abolition graduelle de la servitude , dans lequel il est dit que les enfants des noirs et des mulâtres seront libres après 28 ans de service chez leurs maîtres. £n 1788 , par une loi additionnelle, on déclara libres les esclaves des personnes qui désireraient s'établir dans l'État , sans égard à la loi de 1780. En 1789 , on organisa une société pour veiller à l'exécution de ces lois. En 1811 , il n'y avait que deux esclates à Philadelphie , et qui l'étaient de leur propre consentement (2).

1 63 1-2. Premiers établissements. Contestation concer^ nant les limites de la Pensylvanie, Le chevalier Jean Har- ^«JK> gouverneur de la Virginie, après avoir fait examiner la baie de Ghésapeake , fit une reconnaissance des plantations

(1) Memoin of the hiuorical S0ci€ty qf Philadelpfùa , vol. I , part. a.

(a) PicU*r€ of Philadelphia, par M. Mcasp,p. a4a Philaddphia ,

DE L'AMÉRIQUE. l33

voisines des Hollandais , d'après laaaelle il consid^a le 4i* degré de latitude nord comme limite septentrionale de sa proTÎnce , qui s'étendait près de la nouvelle Amsterdam (New- York). Il ne parle pas de plantations sur la Délaware,

Îttoique les lords du comité des plantations aient déclaré , un emi-siècle après , que la rive occidentale de la Délaware, avait été habitée par des chrétiens , avant et à la date de la charte de lord Baltimore (i).

i638 , mai. Kieft ^ gouverneur du nouveau Pays-Bas,

{protesta contre l'établissement d'une factorerie suédoise, sous a direction de Minuitz, près de l'embouchure de la Délaware , sor la rive orientale , déclarant que les Hollandais étaient en possession de South-Rivtr (la Délaware). Depuis plusieurs années que ses bords avaient été arrosés dis leur sang, et qu'ils y avaient bâti des forteresses (a).

i64o, septembre. Minaitz conserva la possession de sa factorerie, et dans le traité de paix , entre la Suède et la Hollande , signé à Stockholm, en i64o , il n'est pas question de leurs établissements dans cette partie du monde (3).

1642, mai. Une petite colonie de Maryland qui avait pris possession des bords du Schuylkill ou Hiding Creek, en fut chassée par deux goélettes , commandées par Alpen-danij qui avaient été expédiées , à cet effet, du port de Manhattans par le gouverneur du nouveau Pays-Bas (4).

16S1, juillet* Les Hollandais établirent une maison de commerce sur une langue de terre basse qui commandait la rivière près dé l'endroit où New-Castle fut ensuite bâtie. Hudde, qui y resta pour gouverner et tra6quer , acheta des Indiens Minquas les terres situées sur la rive occidentale de la Délaware , depuis la crique de Christiana jusqu'à la rivière de Boompjes ( arbrisseau ) ou Boompjes^Hoek (coin) nommée par corruption Bombay^Hook,

i652. L'année suivante , un vaisseau suédois , ayant des troupes à bord , sous la conduite de Risingh, arriva et prit possession de ce poste qu'il nomma fort Casimir. Bientôt après, il en établit un autre à la distance de cinq milles, plus

(i) Chalmers' Jnnals, book I, ch. ^i; London, 1780.

(a) Voy. Smith^s history of New 'York y part, i . London, 1786.

(3) Chalmers^ Annals, book I, ch. ai.

(4) Smiths* fùstory of NeW'York ^ où se trouvent les instructions données à Alpendani.

i34 GIIRONOJLOGIE HISTOKIQUE

haut , qu41 nomma Christiana^ en rhonneur de la mne Chrittîne.

1653, septembre. Ces deux forts furent pris par un armement expédié du fort des Manhattansj sous le commandement du gouyerneur Stuyvtsant, qui agissait d'après les ordres de la Compagnie des Indes-Ck;cidentales ; et les colons suédois furent obligés de se soumettre au gouvernement des États- Généraux ,

1659. Un village s'éleva autour du fort Casimir, qui prît le nom hollandais de Ntwer^Amstel ( i )• Le lieutenant-gouverneur acheta des Indiens les terres près du cap Henlopen pour y faire des fortifications et étendre ses établissements.

Le gouverneur de Maryland ayant été informé de ce projet, envoya le colonel Uty et d'autres commissaires pour réclamer le pays jusqu'au midi du 4û* degré de latitude nord. Les Hollandais n'ayant point fait droit à sa réclama* tîon, il envoya, l'année suivante , en Hollande , un agent nomi^ié Neate^ pour réitérer sa demande à la Compagnie des Indes- Occidentales. Pour prévenir une rupture, cette Compagnie envoya des ordres exprès , et les Hollandais se retirèrent du pays situé autour du cap Henlopen , dont Charles Calvertj fils du propriétaire de Maryland, prit possession (2).

1664. Les Hollandais restèrent en possession de New- Castle et des parties supérieures du pays, jusau'au mois d'octobre 1664? que ce pays tomba au pouvoir du commandant anglais, Je chevalier Jîo^erf Carr. La plantation de Délaware fut annexée à New-York , quoique les limites de concession s'étendissent seuleineut au bord oriental de ce fleuve (3).

1681 , le 4 nt^t's. Guillaume Petin j fils de l'amiral Penn (4) qui , dans l'année 1674 , avait acheté à lord Berkeley la partie occidentale du Jersey , et ensuite le reste à M. Carteret , éprouva le désir de posséder le pays situé à l'ouest de la Délaware, sur lequel il s'était procuré des renseignements exacts. A cet effet , il présenta une pétition k

(i) Nommé New-CasUe par les Anglais.

(2) Chalmers* Jnnals, bookl^ ch. 21.

(3) Voyez l'article New-York.

(^) L'amiral Penn avait commandé la flotte qui , en i655 , prit possession de la Jamaïque. Il réclamait du gouvernement la somme de 16,000 livres sterling qu'il avait cédée à son fils.

Voyez l'article Jamaïque^ t XVI de TArt de vérifier les Dates.

DE L'AMÉRIQUE. i35

Charles U, qui, youlant i^écompenser les services rendus à la couronne par l'amiral Penn , concéda à celui-ci , par une charte du 4 Aiars 1781 , une grande étendue de pays, pour être posséda, en toute propriété, par lui et ses descendants.

Ce territoire , borné à Test par le fleuve Délavrare, s'étendant vers l'ouest à cinq degrés de longitude, et au nord jusqu'à la distance de 12 milles de New^astle , au commencement du 43'' degré de latitude ; il était limité, au sud, par un cercle de la milles tiré autour de New-Castle jusqu'au 4o* degré. Le tout était érigé en province sous le nom de Pensvlvanie (i), conservant à la couronne la souveraineté et 1 allégeance du propriétaire et des habitants , ainsi que la cinquième partie de l'or et de l'argent exploités des mines , et un tribut annuel de deux peaux de daims pour le château de Windsor.

Dans le préambule de cette concession, il est dit que Guillaume Penn , animé- du louable désir d'agrandir Tempire britannique , et de lui procurer toutes les commodités qui peuvent lui être avantageuses, et s'engageant aussi à amener, par un traitement juste et humain, les naturels à l'amour de l'ordre civil et de la religion chrétienne, a la ^îermission d'établir une colonie.

Tout le pays, depuis la province de Maryland jusqu'à la Nouvelle-Angleterre, fut alors connu sous le nom de Nova^- Belgia ou nouveau Pays-Bas,

Voici les conditions les plus importantes de cette charte. Elle accordait aux sujets anglais la permission de se transporter dans ce pays, par les moyens que prescrivaient les lois, avec des marchandises de leur choix , en payant les droits , et en ^'engageant d'importer les produits de la province en Angleterre , avec la faculté de les réexporter, dans l'espace d'une année, en acquittant les mêmes droits que les autres sujets, et en observant les lois de la navigation.

Penn était autorisé à assembler un Corps législatif, à faille des lois pour la colonie , pourvu qu'elles ne fussent point en opposition à celles de l'Angleterre ; à mettre en vigueur les

Gali

(i) Penn avait proposé le nom de New- fVales, ou nouveau pays de voiles, mais le secrétaire d'Etat ayant refasé de l'accepter, le propriétaire exprima le désir de la nommer Sjrlvania, mot auquel le roi ajouta celui de Penn, en l'honneur de son père. Voyez la lettre de Guillaume Penn, dans le \II<^ volume , a* série , de la Collection historique de Massachusetts.

i3G CHRONOLOGIE HISTORIQUE

règlements de la navigation ; à accorder des concessions de teiTCS ; à établir des Cours de justice , avec le droit d'appel au roi et à son Conseil , et à remettre la peine des crimes commis dans sa juridiction, la trahison et le meurtre exceptés.

Le droit du parlement de taxer la colonie fut établi, mais aucune taxe, ou droit ne devait être imposé 'sur les habitants, ni sur leurs biens, sans le consentement du propriétaire , du gouverneur, de l'assemblée, ou par acte du Parlement.

Il fut arrêté que les règlements concernant les propriétés et les successions resteraient en vigueur , jusqu'à ce qu'ils fussent changés par Penn et par l'assemblée.

Le propriétaire eut aussi pouvoir d'établir des ports pour faciliter le commerce , à condition que les officiers nommés par les commissaires des douanes y seraient librement admis.

A la demande de l'évêque de Londres , il fut stipulé <|uc lorsque vingt habitants demanderaient un minbtre , celui-ci aurait le droit de résider près d'eux.

Un agent du propriétaire , à Londres , devait répondre pour toute infraction aux lois commerciales.

Dans le cas où le propriétaire serait condamné par les tribunaux , et n'obtempérerait pas à la condamnation dans l'espace d'un an , le roi pourrait reprendre le gouvernement jusqu'à ce qu'il y eût satisfait^ mais sans préjudice pour les . propriétaires particuliers.

Les règlements relatifs à la guerre devaient être observés comme en Angleterre. On ne pouvait pas entretenir de correspondance avec aucun souverain , prince , ou État en guerre avec la Grande-Bretagne , ni commettre aucun acte d'hostilité envers les alliés de cette puissance.

Penn fut aussi autorisé à créer des manoirs ^ à exercer le pouvoir de capitaine-général , à poursuivre les ennemis , les Indiens, les pirates, les voleurs, sur terre et sur mer, même au-delà des limites de sa province , et à les faire mettre à mort, d'après les lois de la guerre.

Enfin cette charte accorda à peu près les mêmes privilèges que celle de Maryland qui lui avait servi de modèle.

Pour conserver l'allégeance qui est due à la couronne , les actes du Corps législatif devaient être transmis , avant l'expiration de cmq ans , au roi et à son Conseil , qui se réservèrent la faculté de les rejeter , dans le terme cie six mois y

DE L AMÉRIQUE. i3y

dans le cas où ils seraient trouyés contraires à la souveraineté •oa au gouYernement légal.

Cet acte , divisé en 23 sections, fut révisé , avec beaucoup de soin , par le grand-juge , lord North , pour éviter les vexations et les difficultés qu'on n'avait pas prévues dans la rédaction de celui de Massachusetts ( i ].

1681, 1 avril. En conséquence de cette charte, le roi, dans une déclaration adressée aux planteurs et aux habitants de la Pensjlvanie , où il fixa les limites de la province , leur prescrivit l'obéissance due à Guillstume Penn et à ses héritiers, comme propriétaire et gouverneur.

Revêtu de cette haute autorité , Penn publia une description de la province , avec une copie de la charte y annexée , et oâkitdes terres au prix de 4^ schellings sterling pour cent acres, et uii schelling de redevance anni^elle, à perpétuité.

Dans une adresse aux émigrés , Penn leur assure qu'ils seront gouvernés par leurs propres lois , que leurs droits seront respectés, et qu'il sera heureux de faire tout ce qu'un homme peut raisonnablement désirer pour sa sûreté et son bonheur.

1681. Le II juillet, Penn publia les arrangements (2) suivants, pris enti^e lui et les émigrants , relativement aux acquisitions de terres. Les acquéreurs , depuis mille acres jusqu'à 10,000 ou davantage, ne devront pas en posséder conjointement plus de 1 ,000 , à moins qu'avant l'expiration de trois ^ns ils n'établissent une famille sur chaque millier d'acres.

Les acquéreurs de 5 à 10,000 acres pourront s'établir en« semble près d'un port commode , ou de rivières navigables.

La proportion des lots , en ville , sera de dix acres pour chaque lot de 5oo dans la campagne.

Les propriétaires jouiront des droits et privilèges des rivières, bois ^carrières et mines, les mines royales exceptées.

Avant de mettre les acquéreurs de terres en possession , il sera pris ce qui sera nécessaire pour les chemins publics.

(1) Prouds, History of Pen$ylvania, I, ehap. I.

Colden^ Five Indian nations , part. III;, a Collection of charters relating to Pensylvania»

Franklins, ffistorical 7*eview of the constitution and çovernment of PensyWania , London, 1759.

(a) Eu anglais, conditions and concessions»

i38 CHRONOLOGIE HISTOaiQUE

Tout domestique ayant acbevé soo tems de service , deyra payer, pour chaque lot de 5o acres qui lui aura été accorde , une rente de deux schellings par an.

Chacun sera lihre de chercher des mines d'or ou d'argent , en payant les dommages causes sur le terrain d'autrui. Celui qui en découvrira aura le cinquième de leur produit ; le propriétaire le dixième } le gouverneur deux cinquièmes ; et le reste reviendra au trésor public , après le prélèvement de la part réservée au roi par la charte.

Le gouverneur, aura droit à dix acres sur chaque loo^ooo d'acres.

Tout propriétaire devra planter, avant l'expiration de trois ans, autant de sa terre qu'il aura arpentée.

Sur cinq acres, on en laissera un en bois, afin de conserver des chênes pour la construction des vaisseaux, et des mûriers pour la nourriture des vers à soie.

Personne ne quittera la province sans notifier son départ , trois semaines auparavant, dans le marché public.

Tous capitaines de bâtiments devront faire connaître leurs noms , ceux de leurs navires , ainsi que du propriétaire et des passagers, afin qu'ils soient enregistrés deux jours après leur arrivée.

Toutes les affaires avec les Indiens seront traitées dans le marché public, ainsi que toutes contestations entre eux et les éinîgrants.

1681. Trois navires, venant de Londres et de firistol , arrivèrent , cette année en Pensylvanîe , avec des passagers. Dans l'un d'eux était Guillaume Markham, parent de Penn, nommé sous-gouverneur. 11 était muni d'instructions pour se concerter avec les Indiens au sujet de leurs terres , et établir avec eux une paix ferme et stable. Dans la lettre que Penn leur adressa , le 18 octobre, il exprima le désir qu ils puissent toujours vivre ensemble comme bons voisins et amis. Dieu ne nous a pas faits, dit-il, pour nous dévorer et nous détruire l'un l'autre, mais pour vivre amicalement dans le monde. Je suis très*sensible à l'injustice et aux mauvais traitements exercés trop souvent envers vous. Il leur apprend qu'il viendra bientôt parmi eux ; les prie de recevoir des présents comme un témoignage de sa bonne volonté , et termine en les assurant qu'il est leur ami sincère.

1 68 1 , août. Markham obtint du gouverneur de New- York une grande étendue de forêt située sur le bord occidental de la Délaware, à ità milles au nord de New-Castle. Bientôt

i>fi L'AMÉftitfJE. 139

après, il se rendit chez lord Baltimore , poui* lui communiquer la lettre du roi, du mois d'avril 1681 , relative à la concession de la Pensylvanie y et pour le prier de £aire tracer les limites des deux provinces, conformément aux lettres patentes.

1681 , octobre. Penn , croyant que lord Baltimore avait empiété sur son territoire , écrivit à MM. Frisby^ Barman et à d'autres des principaux habitants des bords occidentaux de Marjland, pour les prévenir qu'ils se trouvaient établis dans les limites de la Pensylvanie^ et qu'ils ne devaient plus payer leurs rentes et taxes comme par le passé. D'après cette recommandation, quelques-uns s'y refusèrent jusqu'à ce qu'ils fassent obligés de céder à la force ( i).

168 1 . Le commerce de la Pensylvanie avait déjà attiré l'attention de négociants anglais qui formèrent une Compagnie et firent paraître une proclamation intitulée : « Articles de la Société libre des mgociants de la Pensylvanie j pour la direction et la prospérité du commerce dans cette prO'^ K^ince n . Cette Compagnie , formée des négociants de Londres, de Liverpool et de Bristol, acheta 20,000 acres de terre dans la Pensylvanie (2).

1682. L'année suivante, lord Baltimore et Markham se trouvèrent à un rendez-vous au village d' Upland. D'après des observations astronomiques,, on reconnut que ce lieu était situé à 1 2 milles au sud du 40'' degré et que , par conséquent, la province de Maryland devait s'étendre jusqu'à la Scnuylkill. Alors Markham n'insista plus sur rétablissement des limites.

1682 , février. Carleret , gouverneur de East- Jersey, mécontent des habitants , céda à William Penn et onze associés ses droits sur cette province, qui en cédèrent ensuite la moitié au comte de Perth, afin de se procurer des secours pour la colonie. La population de £ast-Jersey s'élevait alors environ à 700 familles (3).

1682, 25 avril. Forme du gouvernement de la province appelée Pensylvanie» Penn , voulant garantir aux colons la

(i) Cette réclamation de Peon donna lieu à une contestation entre les deux propriétaires, qui dura un demi-siècle. Chalmers* antials, I, ch. 21.

(a) Proud^ Pensjrlvania, I, ch 1 .

(3) Voyez l'article New-Jeney.

l4o CHRONOLOGIE HISTOftlQUE

jouissance des prlyUéges accordes par son premier acte ^ fit pabLier un plan du gouvernement ou charte ( i ) destinée à cette province.

Le but de ce grand législateur, comme il Ta dit , fut de maintenir le pouvoir contre les prétentions du peuple , et de mettre celui-ci à Tabri de toute injustice ; car la liberté , dit-il, sans Tobéissance, est l'anarchie , et l'obëissance , sans la libelle, est Tesclavage.

Le gouvernement était remis, par la charte, à Un gouverneur et aux hommes libres de la province 'réunis en Conseil provincial ou en assemblée générale. Ils devaient faire les lois, nommer les officiers, et conduire les affaires publiques.

Les hommes libres devaient se réunir le vingtième jour du douzième mois de 1682 , et choisir parmi eux 72 personnes des plus estimées , pour leur sagesse , leurs vertus et leurs talents. Celles-ci devaient se réunir Le dixième jour du premier mois suivant, pour agir dans le Conseil provincifil. Comme ces membres devaient être renouvelés par tiers, chaque année , les hommes libres devaient se réunir aussi annuellement, au jour ci-dessus indiqué, pour choisir 24 nouveaux membres en remplacement des sortants , de sorte qu'aucun ne demeurât au Conseil provincial au-delà de trois ans.

Après les sept premières années , aucun des membres sortants ne pourra être choisi pour Tannée suivante. La présence des deux tiers au moins des membres du Conseil provincial sera requise pour décider dans les cas importants , pour faire passer des lois, ériger des Cours de justice, juger des criminels , et nommer des officiers. Les affaires moins graves pourront être décidées par 24 membres.

Le gouverneur ou son député auront la présidence de cette assemblée, avec triple vote.

Tous les bills seront proposés et préparés par le gouverneur et le Conseil provincial , qui devront les publier trente jours avant la réunion de l'assemblée générale.

Le gouverneur et le Conseil auront le droit d'inspecter le trésor public et de punir ceux qui auront détourné des fonds en les employant dans d'autres buts que ceux approuvés par le gouverneur , par le Conseil et par l'assemblée. Ils auront aussi le pouvoir d'établir des écoles publiques, d'en-

(1) Cette charte a, depuis, servi de base à la constitution de 1776.

l>fi LAMËRIQQE. r4l

courager et de récompenser les auteurs d'œoyres scientifiqQes ou d'inrentioDS utiles.

Pour fadliter l'adinîoîstration des affaires de la prorinoe j il fut établi quatre comités j sayoir :i^ pour les plantations ; a^ poiur la justice et la sûreté puhlique ; 3** pour le commerce et le trésor ; 4** V^^^ ^^^ mœurs , l'éducation et les arts.

Les hommes libres devaient choisir les représentants de l'assemblée générale , qui n'excédaient pas alors 200 personnes, et se réunissaient annuellement dans la yille capitale ou cité de la provinée. Le nombre devait en être augmenté , à mesure et en proportion de l'accroissement de la population^ mais sans. excéder ^00.

Des Cours de justice seront établies par le gouvernenr et par le Conseil dans les lieux qu ils jugeront convenables , et tous les ans le Conseil devra, au treieième Jour du premier mois, présenter au gouverneur ou à son député une liste double en nombre de personnes pour être nommées juges j trésoriers, ou gardes des rôles pour l'année suivante.

Le vingt-troisième jour du deuxième juois , les homme» libres présenteront aussi au gouverneur un nombre double de candidats pour les fonctions de shériff , juge de paix et coroner, pour Tannée suivante, parmi lesquels le gouvernenr nommera, pour chaque ofHce, le treizième jour suivant.

Cependant , le gouvernenr, convaincu de la nécessité de nommer des officiers immédiatement , pensa qu'il était convenable de remplir les différents offices par des per^onoa» qui devraient les garder tant que leur conduite niériterait son approbation.

L'élection des représentants , et. toutes les propositions faites par le Conseil en l'assemblée , devaient être décidées au scrutin.

Dans Iç cas où le gouverneur n'aurait pas 2 1 ans , et que son père , avant de mourir , ne lui aurait pas nommé de tu^ teur, le Conseil provincial pourrait en nommer jusqu'à trois, dont l'un présiderait, comme député, ou tuteur en chef, pendant la minorité (i).

La Peus^lvanie entière était alors renfermée dans les 11-

(i] Ce plan de gouvernement fut emprunté de VOceana de Harrington , loue par l'historien Hume comme le meilleur modèle d'une république qui fût alors connu. Voyez Humes* estays, Essay, XVL

Prouas' Pens/lvania, II, appendix.

i42 CURONOLOCiB HISTORIQUE

mites dm tdmtoire des Indiens des cinq nations j qui en avaient fait la conquête. Elle s'étendait depuis les boras àa. lac Champlain jusqu'à la Caroline. On évaluait k 6^000 individus la population de dix tribus de ces Indiens qui nésidaient alors dans les limites de la Pensylvanie. Le gouverneur de New- York exerçait siu: ces Indiens une grande influence qui les empêcha , en 1684 , de vendre à Pênn leurs terres sur la SnsquehQinnah (i).

1682, 5 mai. Les conventions suivantes furent établies et signées par Penn et les étnigrants. On doit considérer comme homme libre, capïible d'élire et d'être élu à tous les emplois publics, 1° tout habitant propriétaire dé 100 acres de terre ou plus ; 2^ tout individu ayant payé son passage, qui aura loué cent acres de terre, à un peàny l'acre, et qui en cultivera dix ; 3<» tout domestique, devenu libre par son service, qui louera cinquante acres de terre et en cultivera vingt ; 4^ tout habitant, artisan ou autre, résidant dans la ptx>vince et payant ce qui est dû au gouvernement.

Toute élection des représentants du peuple sera libre et volontaire. L'électeur qui accepterait des récompenses ou dons en argent , viandes , ou boissons , • perdrait ses droits éleelXNrauK, et œlui qui promettrait ou accorderait des réèompenses perdrait son àection.

Le Conseil et Rassemblée seront juges de l'élection de leurs membres.

Aucunes taxes publiques , droits de douane ou contributions ne seront levés sur le peuple sans une loi.

Les audiences judiciaii^s seront publiques , et la justice ne sera ni vendue, ni refusée, ni ajournée.

Chacun peut plaider sa cause , ou la fadre plaider par un ami. Toutes procédures , pièces et documents doivent être courts, et écrits en anglais.

Tout jugement doit être rendu par douze hommes libres du voisinage.

DanâT tons les cas, les droits et honoraires doivent être modérés, fixés par le Conseil et l'assemblée, et affichés au lieu de séance de la Cour, et celui qui serait convaincu d'avoir eiâgé plqs qu'il ne lui était dû, paiera le double et perdra son emploi.

Dans tous les comtés, il y aura une prison où les criminels,

(1) Chalmers' Jnnals, I, ch. ai.

DE L^AMÉRIQVE. l43

les vagabonds^ les paresseux elles filons seront forcés de tra* vailler.

Tout prisonnier pourra fournir caution, excepté pour .crime capital.

Tonte personne injustement emprisonnée , ou poursuivie, pourra exiger du poursuivant une mdemnité.

Tous biens et terres pourront être saisis pour dettes, à moins qu'une décision légale ne s'y oppose, et alors les biens et un tiers seulement des terres seront saisissables.

Sept années de paisible possession d'une propriété assureront an droit incontestable, à moins de revendication par des enfants, des aliénés , des femmes mariées , ou des personnes habitant au-delà des mers.

Les mariages seront encouragés, contractés avec le consentement des parents où des tuteurs , et devront être publiés ayant d'être célébrés.

Il y aura un registre pour les naissances , les mariages, les enterrements, les testaments , les lettres d'administration, et 9uiisi pour les domestiques.

Les terres et les biens des criminels pourront éire confisqués, par les parties lésées, pour une yaleur double des dommages qu'elles auront éprouvés, et ceux qui n'ont ni terres , ni propriétés, devront travailler comme esclaves dans la prison, jusqu'à ce qu'ils aient satisfait à leur condamnation.

Un tiers des biens des traîtres et des assassins passera au plus proche parent de la personne lésée , et le reste au plus proche parent du criminel.

Personne ne pourra occuper simultanément plus d'un emploi public.

 la ans , tons les enfants devront apprendre quelque métier utile , afip que personne ne reste désœuvré , que lé pauvre paisse travailler pour vivre, et que le riche ne tombe point dans la misère, s'il éprouve quelques revers.

Tous calomniateurs, ou auteurs de fausses nouvelles , soit contre les magistrats, soit oontre les particuliers, doivent être sévèrement punis.

Tout agent ou facteur qui fera tort à celui qui l'emploie , paiera le montant du dommage et un tiers en sus.

Les qualités nécessaires pour remplir une charge publique sont ; i« d'être âgé de vingt-un ans ; »• de croire en Jésus- Christ ; 3" d'avoir une bonne conduh;e.

Toute personne reconnaissant un Être suprême , un Dieu éternel, créateur et maître de l'univers , qui vit paisiblement

i44 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

et honnêtement en société, ne pourra être molestée dans la pratique de sa religion , ni obligée de frécjuenter ou d'entretenir aucun culte religieux.

Toutes offenses contre Dieu, les jurements, les mensonges, l'ivresse, Tinbeste , la sodomie , la fréquentation des filles , le rapt, la fornication seront sévèrement punis. Il en sera de même des loteries, des spectacles , des jeux de cartes, de dés , des combats de tauveaux et de coqs.

Une copie des lois sera affichée dans le Conseil provincial, ainsi que dans les Cours de justice ^ et il ne pourra y être apporté aucune altération sans le consentement du gouverneur ou de ses héritiers.

1682 ,21 et 24 août. Penn , afin d'annuler toutes les prétentions du duc d'York sur la province de Pensylvanie , en obtint une renonciation , ainsi que de ses droits et titres sur la ville de New-Castle , située sur la Délaware , y compris une superficie de terrain formant un demi-cercle de douze milles de rayon, s'étendant le long du rivage méridional de la baie de Délaware jusqu'au cap Henlopen. Penn forma ensuite, de ce territoire, les comtés de JVew-Castle^ de Kent et de Sussex (i).

1682, 3o août. Après avoir écrit une lettre affectueuse à sa femme et à ses enfants, Penn s'embarqufi aux Dunes, à bord du ^elcomcj navire de 3oo tonneaux, d'où il adressa à la Société des amis, en Angleterre, une épitre contenant de sages avis. Il emmenait environ cent passagers, la plupart de sa croyance religieuse, et du lieu de sa râidence dans le comté de Sussex. Pendant la traversée , il eut le chagrin d'en voir mourir une trentaine de la petite- vérole. Le 24 octobre, Penn débarçjua à New-Casde , et le lendemain il convoqua , dans la maison de ville , une assemblée qui lui accorda librement la possession du pays* Xi lui fit une adresse , pour expliquer la nature du gouvernement qu'il voulait établir, donnant, à tous les habitants libres, l'assurance qu'ils auraient toujours pleine jouissance de la liberté civile et religieuse. Il profita de cette occasion pour renouveler les commission^ des magistrats. A cette é|ioque les Hollandais avaient une église à New'Casth; les Suédois en possédaient trois , une à Chris-teertj une à Tenecum et une à JVicocoa, Les Anus en avaient aussi trois , une à Upland ou Chester^ une à Schac*

(i) Chalmers* Jnnals, I, ch. ai.

BE L^AMÉBIQTJE. '145

hamaxottj et oné autre près des cliates infâîeures de la' Dë«- }aware. Les Suédois enyojèrent an député à Penu , pour l'assurer qu'ils Taimeraient , le serviraient et lui obéiraient.

Penn employa les meilleurs moyens pour rendre la' colonie florissante. Tous les habitants , Suédois y Hollandais , Finlandais et Anglais , au nombre d'entiron 3, 000 , furent immédiatement naturalisés.

1682. Arec le consentement des acquéreurs de terres, Penn divisa la province et letarritoirechacun en trois comtés. Ceux du premier furent nommés Bucks , Philadelphia et Chts* ter; ceux du second, New-Casth^ Kente^ Sussedc (i). Des sberiés et autres officiers furent iiommés pour chacun d'eux.

1682, 4 décembre. Penn, après atoir visité New- York , Lonç^Island et East-^Jersey, retourna en Pénsylvanie. 11 se rendit à Upland^ depuis nomn^é Chester [1)^0x1 il convoqua une assemblée composée de 72 membres des six comtés. Les habitants s'étaient plaints de ce que la forme du gouvernement n'était pas applicable à leurs conditions, à cause dé leur petit nombre, du peu d'étendue de leurs propriétés, de leur ignorsuice des lois et des règles administratives. D'après cette réclamation, l'assemblée décida que le Conseil provincial serait formé de trois personnes , une de chaque comté, et Vassemblée générale de neuf. Les premières lois étant ainsi modifiées, Penn accorda aux habitants une nou velle charte en 25 articles qui fut réformée , l'année suivante, selon leurs désirs.

Les lois anglaises ayant été approuvées par cette assemblée, avec quelques légers changements , les trois pays-bas , sur la Belaware, furent annexés à la province.

1682. Après la clôture de cette assemblée , qui ne dura que trois jours, Penn alla, le 1 1 dépembre, à Marytand, afin de s'entendre avec lord Saltimôre , relativement aux limites des deux provinces ; mais, n'ayant pu s'accorder , ils convinrent de reprendre cette affaire au printems.

Après son retour de Maryland , Penn commença à acheter, des Indiens , les terres sur lesquelles se trouve aujourd'hui Philadelphie, et conclut aveii eux une paix qui fut aeellée par « une chaîne d'amitié j qui ne pourrait être rompwe tant que dureraient la lune et le soleil ».

(i] Voyez le t*abl^au des Comtés, etc., à la fin de Aclkle. {q) Située mr la Hye droite de la Délaware, a i5 milles de Philadel* pbie ; lat. 39«>$o*.

T. XYIII» 10

146 CHROSrOLÛGIf fltSTORIQUE

.^PçBn •acquit donc, des naturels^ nommëg Lenni-Xenape^ leurs' droits sur les terres, et il établit avec eux une corre»pondaipce amicale (i)..Le premier traite fut sigpé sur le bord de la Deiaware , dans un endroit nommé Schackamaoùon^ au pieçL d'i:^n orme magnifique (2]. .

; Le pays cédé par ce tiaite, qui fut signé le 3o juillet i683, s'étendait depuis la crique de Macopanackan (3) jusqu'à celle de Pemapeçka {i)et à deux journées de distance de Philadelphie, vers la baie de Chésapeake* ,

Eq échange de ce territoire, les Indiens reçurent ooo "brasses de ^vampiim (5), 90 de drap grossier ; 3o de chacup des objets suivants, savoir : chemises ,. bas , fusils f haches, couteaui^i; ; i:^ paires de souliers ; et, en outre, du plomb , de là poudre à canon, des alênes , des verroteries y et d'autres petits objets.

Le traité fut signé par Thomas Holme , président du Conseil provincial, et par les Indiens que représentaient les nommés Shakakappoh, Secane^ Mahbore et Tangoras (6).

Dans une lettre datée de Chesler , le 29 décembre , Penn dit que plusieurs bonnes lois ont été adoptées par l'assemblée ; que celle concernant la naturalisation de» ét^an^rs a causé beaucoup de Satisfaction, Charmé de sa situation, il observe que le sol est fertile, l'air pur et doux, les soiiroes abondantes, lès dienrées d'èxoellente qualité , à bon compte , et que le

[1} Cette correspondance dura plus de soixante-dix ans.

(2) Ulmus americana. Cet arbre, renversé par une tempête ea i8io, avait fleuri pendant a83 ans. La circonférence dé son tronc était de ai pieds. Il est représenté, dans le tableau delà signature du traité par le peintre ,4in<^icain M West. '

\ oyez Memoirs Qfilie Pensylvania historical society^ vol I.

Purant la guerre de là révolution , le général anglais Simcoe stationné àKêtisington, plaça une sentinelle au pied de cet orme, pour le protéi;«i c<ntiiB les bomims qui^oupaicnt les arères d'alentour pour les brûler. *^

En i8i0i une partie dy tronc fut envoyée au repri^nt^intdc» la famille de Pfeîin, résidant 'à btoke, prés de Windsor, en Angleterre et «n 182», ^H^y fut vue par M. Graham, encore bien conservée. ' '

Yoye2 GwAanv^ Nortk amerioa, II, book 7.

(3)f^Qm9>4e par les Anglais Chester,

(4) Dublin. . .•:

(5) Monnaie des Indiens qui consistait en morceaux de coauilles rondes et enfitéfis. - - - - - - i

(6) Memûtrf^the Hist. society ofPhiladeiphia , Vol. III, part Cotimmng Aé indian Tveaty, ly J. E, Raison andMemoirconc.,nmg it hy ; /». S. du Ponceau andJ. F. Fisher, Phiiadelphia, i836.

concet'-

pays ofire une (jaantitë considérable d'oiseaux saaya^es etde poissons. Combien, dit-il, est douce la tranquillité 3e ces contrées à l'abri des troubles et des perplexités de rEuropcsi Béni soit le Seigneur, àjoute-t-il, vingt-trois navires sont arrivé^ à bon port , dont quelques-ans après une courte traversée de' 28 jours! "

i683. Au Gommencement de cette année, Fenn , aidé^de!^ son arpenteur-général, Thon%as Holmej choisit un emplace*^ ment , sur une langue de terre formée par la jonction de la Délaware et de la Schuylk.ill , pour y bâtir une ville, à' ^-^ quelle il donna le nom de PhUaddphia (i). Cette ville est sous la latitude de 39° Sy' nord, et sous la longitude de 77*» 3o' ouest de Paris, à 120 milles à peu près de l'Océan Atlantique.

Deux mille émigrés environ arrivèrent à cette nouvelle' ville dans le courant de la première année (2) pendant laquelle il s'y éleva 80 maisons ou cabanes. Un an seulement* après sa fondation, on expédia, de son port, deux navires avec' des chevaux et des douves pour l'île de la Barbade.

Ce fut le 2 avril i683 que s'ouvrît la première assemblée

à Phi forme

iladelphie. Comme elle n'était point satisfaite dé la' î de gouvernement que Penn venait d'établir, il en pro-*

raU de trente-six. Ces membres devaient étrt renouvelé* annuellement par tiers. Cepend'aAt, quoique le nombr» des représentants dût suivre les progrés de la population , il ne pourrait jamais excéder soixante-dousEeponr le Conseil et deux œnts pour l'assemblée. Les élections se faisaient au scrutki ,* et le* lois étaient votées de vive-voix.

Le Conseil , agissant de concert avec le gouverneur , était investi du droit de préparer et de présenter ^es bills à l'assemblée générale , d'établir des écoles , des Cours de justice, ' des juges pour les criminels, d'inspecter l'état du Trésor, et.

de veiller à l'exécution des lois.

I I l I I I Mil II I I. lU î ■ II, ni

(1) De deux mots grecs fiy^ tUiK^\y ou amitié des frères* Le nom' indien de ce lieu était Coaquenaku^ qui signitie forêt de pins superbes* '

(a) Penn dit, dans une fett«e dii 14 aoîll i683, que a6 navires y arrivèrent dans l'espace d'une asnée.' ; ' .

La population de Philadelphia était» en 1790, df 4^,520 individu^;' en i^qo,de 70,^ ;en i^io, de 96^664 ; en lâao, de iod,ii6 ^ en i83o, 167,1 18 ; en 1840, elle s'éleva à 228,691 , y compris les faubourgs* ^

l48 CHROftÔLOGie Bt&TèRIQUE

Afin (t'enoouraeer ïe$ étrangers à s'ëtablîr dans la pro- Tinoe , les propriétés àe ceux qui mouraient avant de s être faitnataraiisery passaient à leurs femmes, à leurs enfants, on autres parents.

Tons les habîtisints eurent la liberté de ehàsser sur leurs propres terres, comme sur toutes autres non closes , à l'exception de celles c^ui , à l'atenir, pourraient être érigées en fiefs ou seis neunes , et également de pécher dans toutes les eaux y rivières et ruisseau^ de la .province , hormis celles qxà n'étaient point navigables pour les bateaux (i).

^1,683, avril. L'assemblée passa une loi qui annulait les dispositions de la charte concernant la propriété des terres d'âpres la loi commune. Elle décida que les biens du mari défunt seraient partagés de la manière suivante : que la veuve aurait un tiers des biens mobiliers, ainsi c|ue des terres, sa vie durant ; et que les deux autres tiers seraient partagés entre les enfants, dont l'aîné prendrait double part.

Le 2 mai , fut organisé le premier grand-^jury de la Pen* tflytnje. Un individu nommé Pickering, et deux antres, accusés d'avoir frappé de la fausse monnaie , sous forme de dollars espagnob , furent ^traduits devant le gouverneur, et le Conseil, qui les déclarèrent, coupable^. Pickering fut condamné à restituer, sous Tespaoe d un mois , en bon argent , la valeur des somfnes réclamées et à payer une amende de 4o livre» sterling, pour aider à bâtir un hôtel de ville.

AuBsrfme tems^ lord Baltimore, désirant peupler le pays prèa du cap HenUp^n, publia une proclamation par laquelle il offrait «e grands avantages à ceux qui viendraient s'y établir. Penn réclama ce même pays, comme compris dans la concession faite en sa favear par le duc 4'York, et déclara qu'il avait acheté, de Mackatoha, le véritable propriétaire, toutes les terres situées entre le fleuve Délaware et la baie de Cbéaapeake.

(i) Cette charte , gui renferme vingt- cinq articles, fut signée, â Plntadelpîiie , le s* )our do I3* moi», mir 1««- membre» «ki CoMeil , aa nombre île treize. Elle est intitulée : The form ofgovernment of Ae province ôf Pensjrlt^ania and territories hitherUf annéxed in Ame^ rica.

Voyez Cùldem' hhïory oflke'five mdimn mttionty ÎU €hmnèr$ re« tating to Pemylvania, aS i • 6 1 . London , 1 747.

Prouds' Pentyhdnia, II; appendlz n» 3.

The Frame ofthe got^emment of the province of Pentjriimnim and tetritories.

d^ ;8es 4roil»9^ «u» kird« 4iA Gonilé poujr jbs afamlatwi» ; et v le tf ji^ptetnbp» wvMt , Umà JteUmwre Qr4o^«i« il^L coI^ém^ Of^tge X^hol; 4» Fâolamer^ à GuiUmme Peim^ . tQttotiM toiErf s situées ;4«r ta. rive ooâcleQlUÏQ .4« 1«. Délawwm^.aift. siid dii4<^<' 'd€^ de» lafeitude Mrdi ^(Mprune jgitfaiit,|iariie'4e b proviiM3(t dt.AboTlMid, liaîyaiit ooe, ligne flnoUe^ tM^ 7e(» Te»^ d'^poès dent. obesrvalÎQii» êdkt^wmkffêe^.^, OOd^MM^ ni^ aitt.ii>itai«|ic]M.deM «i4^ilé > dus nvril îl93.i.>FanQ prolj^sliA , le 4 Qctebre, affirtna^t qiie le» dew «^iMerf ^itiopA 9>y#ieQl;(f9« été fiiiliea, oi la ligne tiréQ ji^,hmf^r4fmJ^ roij.mmp s»r cem 4e Wnd BaUwMire et de eea ff^e^M > ek^qm le$. lerves-.eé Uti^étejiail corapriaes dans U jtuidîqtiçiD 4^ Dél^wâre oUvfifew^Ca^cs comme il avail été i^icowii pai; W actes de r^asaeiiibtéli de Maryland ( I }.

lie i6 août, Penn, dans nne longue lettre adressée -^ 1^ Société .d^s négeoitots deU Pen$ylvanie, i^lsîdant à Lonilresy leiir donne de nombccm re»sçigpeiiim)ti| sur- la iprovinoe.ei le^aborîgènes(^). .

Lja même awiée , deux uonremx. . établiss0ineM« f w^e^t formés en PensyUknie : l'un , par yingt familles de la s^cjbe de^ Amîfi^ venant d^AUemagnei dans un lieu qu'ils nomii^rent Getmantown (3^) à sept milles , environ de. Phila4fd*< phiej.llanUre par un grand nombre d'anciens Bretons, an4$^. qui se fixèrent dans up endroit qui prit le nom d<B JYw^fh^, WaUsj et qui, avant leur dé^^art d'Angleterre , avaient acheté du propriétaire environ 4o)000 acres de. terre dans la province, \

1684, 12 apût. Penn, apprenant que sa {Présence était nécessaire — * — '"* ^' — ^ *' — *'^ — ^~ i-î^

sant

missaires

Llovd était président. Arrivé à sa destination, le 3 octobre ,

il s établit à Kensington.

A cette époqné, la ville de PMladelpbie i^t eonlfiotiée ée ' 3oo maisons , et renfermait une populalicit d'envIriHi ^fi^' ilidmdus (4).

{x'S ProucU' Vemyl^'ania, 1, Gi\ '

{ai y oyez Ppouds' Pem/lvania^ I^ch.^ 5u ...

(3) En 1686, de nouveaux ëmiérés, venant de la Hollande et de l'ÂlIeinagne, se joignirent aux habitaot de oetfceviUe; ddnt k population s'élevait, en i^So. à 4^a3.

(4) Au mois d'août i683, il n'y avait que trois ou quatre cabanes.

'^ rMMSi'CllHies II étant mort ie t6ttvrier^ Penti, a«i mois de nOTemlm' smraiit , sollietta vo* s^ooesseur, Jacques II , ^r >()u'îl «lit fin k la oonlastalion élev^ par lord Balti- JKoi^.'Le rai Tayatit «oanatse 4 la dMsioM éa Comité du éàfnmérdB ti des plantations^ œlui-oî observa me* le pajs <}ttî aTàk <^ eoncédë à brd daittraore était habité -^ des samta^», itUiitf'que le terrain qu'il ymmi de réoiamer d^alt été peaplé par w» chrétiena avant la date de la oOneesmoh. * •' Le' Comité, ailn dé^ conetlier les parties en instaneé , fté^ posa , ie f^fiovembre, de divîaer, en dlm« parties égales, hk ^insnle^i tuée- entre les baies de Ghésapeakeet Sélawat^, an fiidjen d'une ligne tirée depuis la laiHude da eap Henlopen jtisqa'au 4o* degré , et que la prenaière partie , sur la Dbla-' it^are,' appartiendrait à sa majesté, et la seconde, îsur la Giié« sapeake , à lord Baltimore. Celui-ci adl^ra à cette préposition.

• Leseti^fts de Penn, en faveur de la tolérance , lui susci^ tèrent pkuâeurs ennemis ; et , dans «ne lettre qui lui lUt adressée par le chevalier Guillaume Popph , secrétaire dés plantations j il est accusé à'étx*epapi9ie ^ jésuite et de cherelièr à rétablir le papisme !

' 'Penn répondit à cette accusation' par uiie lettre du a4 ^^^ tobre, où il déclare qu'il n'a jamais pensé à établir la liberté de conscience en opposition au protestantisine du? royaume et des anciens' droits du gouvernement ( f ). '

j .4686. \trs la fin de cette année, Penn, reconnaissant c[ue ses dépenses avaient excédé de plus de 6,000 livres sterling ses modiques revenus, et, mécontent du Conseil provincial , qui avait négligé de foiu:nir les secours nécessaires y réduisit le, nombre des repijésentants du pouvoir exécutif à cinq personnes nommées commissaires (2) de l'Etat du gouvernement de la Pensvlvanie,

1687, 19 mai. La Société des Amis, à saréunion annu^le^ envoya une^adresseau roi Jacques pour lui ei;prinier sa reconnaissance de to4j(t ce qu'il avait fait pour elle et 9e» amis. Le roi la remercia de cette adresse , et dit : « Quelques-4WDu» d'entre vou9 savent, et vous en particulier, M. Penn, qu'il a toujours été dans mes principes de croire que les hommes

(k) Proud$' hùt. oj Pé»$yUfanMi, II, ck. 8.

(2] Thomas Lloyd, Nichoks Moore, James GUjpoole, Bobert Torner et John Eckley.

DE L'AMÉRIOinE: t5i

doirent ayoïr la lïbefïé de consciisnôe , èf je contitraerâl &e faire exëcuber oef que j'ai promis ».

- 1687. Cette annëè > la preiuière împrimené fut e'tablîe près de Philadelphie , pat Guîflaume Bradfordj natif àé Leiœster en Angleterre ( i ) ^

1688. Sur sa demandé, Thomas Llojd obtint la permission de se retirer des affaires publiques. Il eut pour succesr seur le capitaine Jean Black^fi^M (2) en qualité de soiisgouverneur, à qui Ton adressa, de Londres,»des instructions^ datées du iS septembre , parmi lesquelles on remaraue )es suivantes : de r^nir les lois et de les envoyer , aussitôt que possible , sous la forme d'un livre ; d'aider les commissaires à l'égard des contestations concernant les établissements ; de faire pajer les rentes et les amendes , comme en Angleterre , par l'entremise des shérifs , qui devront fournir caution au receveur général ; de prendre soin que ces officiers, ainsi que les juges de paix, ne surtaxent pas le peuple ; enfin, de veiller à ce que les routes soient entretenues et commodes pour les voyageurs. '

1689. De f^raves dissensions existaient entix les conseillers etles représentants. C^ derniers firent deux déclarations, dont l'une renfermait des acc^8atiûIls contre le vice^^averoeur, et l'autre défendait ie paiement des redevances qu'U réclamait, ce qui le détermina, après neuf mois d'administration, à se retirer et à retourner en Angleterre. Penn dit, dans ui^e lettre adressée à un de ses amis y que , n'ayant trouvé personne de sa religion bien capable de remplir ce haut emploi » il avait nommé mackwell, aussi distingue par ses talents que par son intégrité.

Suivant la cliarte . le gouvernement revenait ^a Conseil , dont Thomas Lloyd était président.

Blackwell objecta que le propriétaire .lui avait doimé dés ordres positifs de laisser tomber toutes les lois , excepté celles.. q^i étaient fondamentales, et d'en établir d'autres ». qui s^ raient jugées plus conYi^uables par Tj^utorité législative, alléguant que les anciennes n'avaient pas été faites avec toutes les formes requises. Les représentants répliquèrent ^ mais ils ne purent faire changer le sentiment du vice-goviveineur.

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(j) Tkonuu* HUiory ofprintingyVoU II, article PensylvaBÎa. (a) Blackwell avait été officier de i'armé^ de Gromwelli et il se trouvait alors dans la Nouvelle-Angleterre.

i5a GHRON0IJOGIE «tSTORIQUE

Une ^colç fut établi» à. Philadelphie |>ar la Sodété dès Âmîs, SOU8 le titre à' école publi^fué défi jimis^ (i)« D apiéf one-charte^ qpi. fut ensuite confirmée par penn , en 1701 , 1708 et 171 1 y le Conseil chargé 4& sa direction devait étrç de i5 personnes sages et religieuses. Lé but de cette institution , la premièi^ de ce gfsnre dans la Pensylvanie , était de propager l'instruction dans tous les rangs du peuple , et gratuitement parmi les pauvres. Le premier maître de ce;tte école fut George Keith^ natif d'Aberdeen en Ecosse. On fixa ses appointements à 5o livres par an, et la pension de3 âèvesa 10 livres, tant pour la nourriture, que pour l'éducatton.

Après l'avéne^nent au trône du prince d'Orange et de la. princesse Marie , qui eut lieu le 16 février 1689 , Pçnn , à. cause de son attachement pour le roi Jacques , fut soupçonné d'être hostile au nouveau gouvernement, et sommé de paraître devant les lords du Conseil. Il répondit à leurs interrogations que le roi Jacques l'ayant comblé de bontés , il en était reconnaissant ; mais qu'il aimait son pays et là reiigio|i protestante, et que jamais il n'agirait ni contre l'un ni contre l'antre. Néanmoins , on l'obligea de fouhiir caution de paraître devant les juges à la session suivante, où il hit acr{uîtté, aooan témoignage ne s'ëlevant contre hii.

En 1690, Penn fut encore traduit devant les lords du Conseil et accusé d'entretenir une correspondance avec le dernier roi Jacques. Il en appela à Guillaume qui, après une conférence avec lui, paraissait disposé à l'acquitter ; mais , le Conseil s'y étant opposé, il donna une seconde fois caution , et se présenta devant la Cour âui le renvoya de nouveau.

Traduit pour la troisième fois devant la Cour, comme accusé, avec 18 autres, de s'entendre avec les ennemis du royaume, il fut encore acquitté.

Bientèt après , il se préparaît & retottriier en Pcnsylvanie avec plusieurs colons ; mais il f^t retenu par de nouvelles accusations, portées contre lui p^r un nommé Guillaume FiUler^ que le Parlement déclara ensuite traître et imposteur.

i6go. Le 26 novembre , six membres de la Cour s'étant réunis secrètement, sans la permission du président, rendirent une ordonnance pour établir de» Jugée previncHêux, Le pré-

(i) Prouds' Pentjrlvania, I,'ch. 9.

M L-àMÉRIQUE. ^ i53

sîdait,.d6eonoertaT6CBea£»eihbret du Gonseti, fit paraître une déclaration démontrant l'illëgalitë des actes de la Gour^ et ies fra|)pant de nullité. Cette mesure augmenta la yiolence de son opposition ; et, dans le but de concilier les deux parties, le propriétaire proposa, l'année suivante, trois formes de gouvernement pour le pouvoir exécutif , savoir : un Con^ seilj cinq commissaires ou un gouverneur. Après quelques discussions dans le Conseil , la dernière forme fut adoptée ;: mais sept membres des comtés inférieurs protestèrent , disant que le clioix de cinq commissaires serait plus agréable ausbabitants des cotates qu'ils repcésentaient ] qu'ils s'opposaient à un Conseil , à cause des empiétements faits sur leurs droits et privilèges , par la nomination d'officiers sans leur consentement ; et ils déclarèrent que , dans le cas où la province agirait autrement , ils se gouverneraient sous la direction de commissaires, jusqu^à ce que la volonté du propriétaire fût connue.

Penn, voyant que tous ses efFoi*ts pour réconcilier les deux partis , étaient vains , nomma Thomas Llqyd, gouverneur de la province j et Guillaume Markham^ gouverneur des comtés inférieurs^ sous certaines restrictions. Ce dernier s'était réuiii aus: membres qui avaient protesté.

1691. Il survint une autre circonstance qui donna beaucoup d'inquiétudes à Penn. George Keith^ grand prédicateur parmi les quakers , se sépara d'eux , en les accusant de fausses doctrines. Le 20 juin de Tannée suivante , les ministres de cette secte, à Philadelpbie, présentèrent contre lui une déclaration qui fut confirmée par l'assemblée annuelje tenue à Burlington (i) le 7 septembre suivant. Il en appela à la réunion annuelle tenue à Londres , mais sans succès. Il se montra, alors, ennemi irréconciliable des quakers, se réunit au clergé épîscopal , fut fait vicaire par l'évéque de Londres, retourna en Amérique, ou il précba pendant un an ; mais il ne put y reconquérir la popularité.

1692. Le 18 mafs, d'après les désordres qui régnaient en Pensylvanie, et l'absence de Penn de son fiouvemement , le roi GttiUaume retira sa commission qui fut donnée au colonel Benjamin Fletcher, captiaine général et commandant en cbef delà province de New- York. Ce gouverneur fut ebargë de prendre l'administration de la province de Penaylvaine,

(i) Dans la province de New- Jersey ,

i54 CHRONOLOGIE HISTOMftUE

et d'y exeroer le pouvoir avec la même aatoritë dont il était iovesti pour la province de J^ew^York.

i6q3. Le 19 avril , Fletcher communiqua sa commission à Thomas Lloyd, soùs-gouverneur, qui la reconnut, sans avoir reçu aucune instruction de la couronne, ni du propriétaire.

• Peu de tems après , Fletclier eut , relativement au mode de convoquer l'assemblée , une contestation avec le Conseil qui lui adressa , le 29 suivant , une récapitulation des règlements préparés par Penn à ce sujet, et qui lui exprimait , en m^e tems, le désir qu'ils fussent invîolablement observés.

L'assemblée se réunit lé 16 mai , et seB membres furent requis de prêter le serment d'allégeance , de la- manière prescrite par la couronne ; mais quelques-uns s'y refusèrent, alléguant un acte du Parlement, de la première année du Vègné du roi Guillaume et de la princesse Marie, relatif à la liberté de conscience. Le gouverneur n'insista point, mais il observa que l'acte n'accordait cette liberté que comme une grâce , et non un droit. Il communiqua ensuite à l'assemblée une lettre , qui lui avait ^té adressée par M, Nottingham^ secrétaire de la reine, en date du 11 octobre 1692, demandant 3ue la Pensylvanie aidât, ainsi que les autres provinces, celle e New-York dans ses moyens de défense durant la guerre, et particulièrement pour les fortifications d'Albany.

L'assemblée commença ses travaux par une enquête sur les lois de la province et sur la constitution du gouvernement, d'après la charte de Guillaume Penn , et décida que lesdites l6is et constitution, qui étaient en vigueur avant l'arrivée du gouverneur , continueraient à être maintenues , comme la sauve-garde des droits et des libertés des colons:

Le gouverneur répondit que leui*s majestés ^réclamaient le droit de gouverner leurs sujets en Pensylvanie , et que l'absence du propriétaire n'était pas la principale raison du changement d'administration ; qu'il existait d'autres motifs, tels que le manque de défense nécessaire pour la protection de la province contre l'invasion , et le danger qu'elle ne fût perdue pour la couronne , la oonstîtutîon actuelle étant en opposition directe avec celle de Penn. « Le temps m'est préxieox, » dît le gouverneur, « j'espère que vous renoncerez à toute* contestations inutiles, et que vons vous occuperez des affaires dont vous êtes chargés ».

Cette réponse donna lieu à de vives discussions et remontrances de la part de l'assemblée qui, tout en reconnaissant à

• mÈ L*ibMÉàif2t£* i55

tears maje^té^ le droit de gouyerneir la province, soiitifit que le» raisons aU^aëes pour i^etîrer au propriétaire ses privilèges, étaient fondées sur de fausses informations ; que la justice arait été bien rendu^e par la Cour, et qu'il n'y avait aucun danger que la province fût perdue pour la couronne. Gepéridant, rassemblée déclara à Fletcher que , présumant que son gouteimement ne pourait être en opposition arec le pcoprtéiaine, quoique pour le moment privé de ses fonctions, eUele reconnaîtrait poUr gouvernenr pourvu qu'il respectât ses. droit» et privilèges.

On ne sait sî legouvemeur fit une réponse, mais l'assem* blfie oontlmui ses travaux.

Afin de pourvoir aux dépenses 4ltt gouvetncBifint , il fût paasé un «de impoaant , pour un an , une taxe d'un fenhy par Uvvt sur lea terses et toiit^ amtres propriétét mobilières et persomieUes , exoqfiAé txsUes dont la valekir ne s'élèmerait pM à 3o^ liv<re8 sterling. Cette taxe produisit plus de 760 livres (i).

L'ataemblée fit eneote une loi pour obliger tous parents ou Maître» à âiîre apprendre aux enfants à lire, à éerire^ ainsi qu'un métier utik.

Le 3i mai, le gouverneur fit connaHre à l'assemblée qu'il ne tiendrait aucun compte du bill pour le maintien du gouf«r|ie«ient , tant que la Chambre ne lui aurait pas donné sa «motion^ et qu'il serait peut-être nécessaire d'annexer la province à celle de New-York. L'assemblée , après avoir demandé au gouverneur quels bills il voulait accepter, amender, ou ^rejeter, d^ûda que tous les biUs envoyés au i^uverneur et au Conseil seraient envoyés à la chambre pom* y être amendés ou approuvés. Le gouverneur y consentit , et plusieurs bills furent passés. L'assemblée s'étant dissoute, sur la demande du gouverneur, celui-ci partit pour le gouvernement de New- York, laissant Guillaume Markham en qualité de sous-gouverneur.

. 1693. La mort de Gulielrna Maria^ femme de Penn ,

(i) Savoir: Philadelphie. ..... 3i4 11 11

New-Castle'. 143 ï5 o

Sussex loi I 9

Kent 88 3 10

Ghesier. 65 o 7

Bucks 48 4 I

l56 GHROlfOIiQCa . BISTeWOUE

avec laquelle il avait v^cu, pendant ai ans ,' dan< la plof tendre union , fat poar celui-ci ^Of^ noufelle SQuroe d'afflie» tipn8.

3o novembre. Plusieurs amis de Penn (i) ayant intercédé en sa fayeur^ comme il «'était disculpé d^s accusations p9r.tée» contre lui, il fut réintégré dans son gouvernement , par lettres-patentes, du roi et de la reine, datées du ao ao&t 1694*

1694* Le ^3 mai, le gouverneur revint à Philadelphie,: et, dans un message à l'assemblée, dîtàœlle-ci ({u'îl n^vtit

Ï»u la convoquer plus tôt, ayant été forcé d'aller à AlhanjF, sur e bniit que les cinq nations indiennes s'étaient liguées avec le gouverneur du Canada , et que 8e fermes , aux environt d'Albany, «vjâcnt été abandonnées.

Le gouverneur rappelait la nécessité de la àéhmm coa»^ mune, et faisait remarquer que les habitants de Jersey j avaient plus contribué que les provinaes adjaeentos, qopî-

Qu'elles né fussent tenuetf ni de porter les armes, ni de fournir es fonds pour la guerre ; ce c[ùi lui faisait espérer qve l'as-» semblée oontinn^ait de fournir aux Indiens les objets pMpres à conserver leur amitié. Le gouverneur termÔMiit en assurant l'assemblée qu'il était disposé à âôre droit à ses grîftiii, s'il le pouvait sans manquer à la loyauté et au )jusle respect dus à la liberté et à la {»*opriété (a).

Le vingt-quatrième jour du neuvième mois, Penu^ par suite de sa rémtégratiqn, confirma William Markhamoomme son sous-gouvemeur.

i6g5. Le cinquième jour du premier mois, Penn contracta un second mariage a^ec Hannah^ fille de Thofnas Callaw'^ hill j riche négociant de Bristol , dont il eut quatre garçons et une fille. Peu après il perdit, dans sa vingt-unième année, le fils aîné qu'il avait eu de sa première femme.

Le 26 mars, l'assemblée fut convoquée par Markbam qui la fit dissoudre bientôt après , et en réunit une nouveue le vingt-sixième jour du huitième mois de 1696. M. John Simcockj qui fut alors choisi comme orateur, rappela au gouverneur, dans un message , que l'assemblée, n'iwant pas. été convoquée selon la charte , demandait le rétablissement de l'ancienne constitution. Markbam se rendit à ces représen-

(i) Les lords Rochester, Banelagh , Sidney , Somers , le dac de Backingham et le chevalier Jean Trenchard.

(a) Promit^ Pent/lwaniay l,ch. 12.

M Ij'AMÉBilÔtE. 157

tàtioiift qm Itii forent faites le ^ octobre, et Ton établit une tmsièfiie forme de goarernement, d'après laqu^le le Conseil ne devait conskter qu'en 12 membres, chacun des 6 comtés lui en nommant 2, et 4 pour l'assemblée qui en aurait alors a4(i>.

Gabriel Thomas j dans sa Description historiqm et géogmphiMt de ia Pemp^lvanie (2) et de PTest^New Jersey ^ dît : « Je ne parlerai ni des avocats ni des médecins , ce pajs étant extrêmement tranquille et très-^lubi^. Puisse-t-ii demeurer ainsi lone-tems, et n'avoir jamais besoin ni de la laitue des premiers ni des ordonnances des seconds ! » Les •avrters nourris, logés et blanchis, ^gnent^en outre, ordi-^ nairement, 14 à i5 livres par an. La paie des journaliers varie de 18 pences à une demi-couromie , mais dans le lems de la réeolte, tans compter la nourriture, elle s'élève généralement de 3 à 4 shillings. Les gages des femmes , nourries et logées, sont de 6 à 10 livres par an ; aussi gagnent «lies facilement leur vie par leur industrie. On voit très-^peu de vieilles filles, car elles se marient presque toutes avant Tâge de vingt ans, et la stérilité est si rare parmi les femmes que l'on en voit peu qui ne soient enceintes on n'aient un enrant dans les bras. La jalousie est peu commune parmi les liommes. j»

1699. Le neuvième jour du septième mois, Penn s'embarqua, avec sa femme et sa famille, à Cowes, port de l'île de Wigbt, pour la Pensylvanie, où II arriva ap^nès une traversée de trois mois. La filvre jaune avait fait de grands ravages (3) parmi les habitants de la cité qui furent charmés du retour du propriétaire, et principalement de l'Intention qu'il leur manifesta de finir %q% jours parmi eux.

Penn, ayant convoqué rassemblée, deux lois furent passées pour empêcher la piraterie et la contrebande^ sur lesquelles il avait reçu des plaintes avant son départ de l'Angleterre.

170Ô. Au commencement de l'année, dans une réunion

. de la société des Amis à Philadelphie , Penn les exhorta à

s'occuper du bien-être des esclaves noirs et des Indiens, et

(i) Prouds^ Pensylvania. I, ch. i3. (a) Imprimée à Londres en 1698.

(3) Cette maladie régna pendant les mois d'août^ septembre et octc* lire, et enleva 220 pef MMine«, dont nlns de 60 de la Jociété de» Amis. IFebster on pestilence, I, an. Hartford, 1799.

i59 GHRONOLOGIi; VI6TOBI0UE

à a'asaeniUery ^ue fois par mois, ponr a'oçcaper des intérélf et de rinstruction des premiers, ainâ que pour aviser am moyens de rendre plu^ fréquentes les oommunicatbns avec les derniers.

1700. L'assemblée, qui avait été convoqaëe à Philadelphie le 10 mars, fut dissoute le mois suivant, et une nouvelle, réunie à lîew-Casile, en octobre*. Les comtés supérieurs, mé* contents de la charte de Markham, en soUîcitèrent la révo-» cation, et le propriétaire consentit à leur en aooorder une autre au mois d'odobre 1701 .

Penn. communiqua à l'assemblée une lettre du roi qui demandait une contribution de 35q liv. st., afin de eouvriv les dépenses des fortifications qui devaient être élevées sur lesfirontièresdeNew-York. A près de longs débats, l'assemblée rejeta cette demande , s'excusent de ne pouveir y satisfaire pour le préseot, à cause des grandes dépenses occasionnées par l'établissement de la oolonifB.

1700. Cette année, on établit une église épiscopale^ à Philadelphie , par l'influencd d'un certain nombre de per-> sonnes de la société des Amis, qui s'étaient séparées de leurs frères, les Foxitei ( f ). L'évéque Comptons de Londres, y envoya le révérend M. Euans en qualité de ministre dé cette nouvelle église, et le roi lui accorda un traitement annuel de 5o liv. st. (a).

1701. Le 23 avril, 4^ che£s Indiens environ amvèrent à Philadelphie pour faire un traité avec le gouverneur de Pensylvanie. Bans ce nombre se trouvaient Connoodaghtohj roi des Susquehanna^ des Mingiiays ou Conestogo ; PVopathtfia ou Opessahj roi des Shawanna ; TVee\/i^hinjoiigh, chef des Ganawestj qui demeuraient près de la source àaPotomac; et Ahookassongh , frère de l'empereur ou grand roi des Onondagoes^ peuplade des Cinq-Nations.

Il fut convenu qu'il y aurait paix solide et durable entre Guillaume Penn, ses héritiers et successeurs, tous les Anglais, ou autres chrétiens habitants de la province, et les rois, chefs et nations Indiennes dénommées ci-dessus , ainsi qu'avec leurs successeurs, qui tous seraient considérés comme n'ayant qurtine seule tête, un seul cceor, et ne- formant qu'un même

(\) Ainsi nommés d'après le chef de cette secte. (2) Humphreyi ffisterical acc^unt, ofthe 90ciny fortke prapagm^^ tion ofthe gospel f p. 146. Londony 1730.

peaple» On S6 promit réciproquement de ne.se faire aucun mal, de ne oommettre aucune injustice, d'être, toujours prêts à s'entr'aider, et à agir amicalement. On assura à ces Indiens la jouissance de tous les privilèges des lois, tant qn'ib recocH naitraient l'autorité de la couronne d'Angleterre et du gouyemement de Pensylvanie.

Les rpis et ohefis s'engagèrent à prévenir les colons de tout dessein qui pourrait être tramé contre eux, et à ne point souffrir que les Indiens étrangers vinssent visiter la province, ni y trafiquer, sans la permission du gouverneur.

Il fut permis aux Indiens Potomac de se fixer sur tons les bords du fleuve du même nom, dans les limites de la pit>^ vince.

La cession de terres, antérieurement faite, fut confirmée, et des deux côtés le traité fut ratifié par un don mutuel. Ce* lui des Indiens fut de cinq paquets de peaux ; celui de Penn, de marchandises anglaises ( i ).

Les sachems ou chefs des Indiens Susquehanna et Shawanese vinrent faire leurs adieux au gouverneur, qui profita de cette occasion pour les informer qu'il s'occupait a'une loi^ afin d'empêcher parmi eux la vente du rhum, et il les assura que lui et le conseil continueraient de leur être favorables, non par intérêt, mais par véritable affection.

1 70 1 . Les propriétaires de terres en Pensylvanie, avertis d'un projet du gouvernement anglais d'établir des gouverneurs royaux en Amérique, s'adressèrent au parlement à ce sujet, et en même tems écrivii^ent à Penn pour le prier de revenir au plus tôt en Angleterre^

Le 16 septembre, Penn, ayant convoqué l'assemblée, afin de la prévenir de son départ, elle lui présenta une adresse, en 2 1 articles, concernant la confirmation de certains privilèges.

Sur ces entrefaites, une rupture eut lieu entre la province et les territoires inférieurs. Ces derniers réclamaient un pouvoir exclusif ou certains droits que la première refusait. Les représentants des territoires déclarèrent que l'acte de l'union leur était funeste, et que, p.r cette raison, ils étaient forcés de s'en détacher. Le propriétaire y consentit, pourvu que la séparation n'eût point lieu avant l'expiration de trois ans, et qu'ils se contentassent des mêmes privilèges.

(0 Proud^ Pens/lvania, I,ch. 14.

l6o CHfiOtfOLOGI£ BISTimiQUE

Penn, qui avait convoque l'atsemblëe an mois ayant Tépocjue ^ablîe, s'excusa en disant qu'en Angleterre, les ennemis de la ftosfinté de la colonie avaient profite de son ab* senoe, pour noire à sa réputation, et qu'il se trouvait obligé d'y r^oumer le plus tôt possible ; que c'était avec regret qu^l se voyait contraint de se séparer de ses amis ; que sa résolution étsdt de revenir vers eux, pour y passer le reste de ses jours, avec sa famille. Vous me trouverez, ajouta-t-il, toujours disposé à me conformer à t*ut ce qui pourra faire notre bonheur commun. Examinez eneore vos lois ; proposez- «n de nouvelles. Le parlement s'assemblera k la fin du mois prochain ; et plus tôt j'y serai rendu, plus tôt vos intérêts ici seront garantis.

1701. Le 35 octobre, Penn accorda à Philadelphie une charte, d'après la([uelle cette ville fut érigée en dte et gouvernée par un maire, un recorikr ou greffier, huit alderuien et douze hommes du Conseil communal.

Le a8, la charte fut présentée au Conseil et à l'assemblée, et elle reçut leur approbation. Penn laissa, en qualité de sousgouverneur, André Hamilton^ et retourna en Angleterre.

Après son départ, les représentants de la province refasèi*ent de délibérer avec ceux de la ville, et, profitant d^une clause que renfermait la charte, ils se formèrent en assemblée séparée, et continuèrent à se gouverner par leurs propres lois.

1701, a8 oct. Voici les principaux articles de la dernière charte de privilèges accordée par Guillaume Penn aux habitants de Fensyl\^anie..Coxame aucun peuple ne saurait être heureux, lors même qu'il jouit des plus grandes libertés ciyiles , s'il n'a également la liberté de conscience, aucun haiMtant , reoonnaiasant un seul Dieu , et vivant paisiblement sous le gouvernement civil, ne sera, en aucun cas, molesté, ni dans sa personne , ni dans ses propriétés ; toute personne croyant que Jésus^Chrisl (i) est sauveur du monde, jurant allégeance au roi, si elle en est requise, et se conformant aux lois provinciales, pourra être élue membre du gouvernement législatif, ou exécutif.

Il sera nommé, tous les ans, par les liommes libres, une assemblée, composée de quatre membres de chacpie comté, pris parmi les habitants qui jouiront d'une bonne réputa-

(1) Auparavant, U suffisait de croire en Dieu.

DE l'amérique. i6t

tlon et d'ane capacité conTcnable, dont le nombre poarra être augmenté , si le gouvernem* et rassemblée le jagent nécessaire. Ces représentants se réuniront au i*'*' octobre, et siège-* ront le i4 suiyant. Ils auront Iç pouvoir de choisir un orateur et d'autres officiers; d'être juges de la validité des qualifications et élections de lews membres ; de nommer des comités ; de préparer dés bills ; d'accuser des criminels; de redresser des abus, avec tous lès privilèges d'une assemblée, suivant les droits des sujets libres d'Angleterre, et les coutumes observées dans toutes les possessions du roi en Amérique. *,

Toutes décisions prises par les deux tiers des membres élus, comme il est dit ci-dessus /seront valables.

Dans cbaque comté, au tems, et au lieu des élections^ les hommes libres pourront former, eh nombre doublé, une liste des personnes à présenter à la nomination du gbuven^çur, pour les emplois de shérifs ou de coroners, et ceut-ci demeureront trois ans en fonctions, si durant ce. tems ils se conduisent bien. Leur nomination devra être faite dans les trois jours qui suivront la présentation, et, à défaut, les titulaires actuels continueront d'exercer. En cas de mort^ ou de refus, le gouverneur suppléera à la vacance.

Dans chaque comté, les juges de paix désigneront, trois personnes, parmi lesquelles le gouverneur en nommera une^ dans les dix jours suivants, pour remplir l'office de clerc, sinon celui en exercice conservera ses fonctions.

Les lois du gouvernement seront rendues ainsi qi^'ll sait : Par le gouverneur^ avec h consentement et l'approbation des hommes libres réunis en assemblée générale.

Les criminels jouiront des .mêmes privilèges que leurs accusateurs, et pourront appeler des témoins pour leur défense. Personne be sera obligé de répondre, sur une plainte relative à la propriété , devant le gouverneur ou le Conseil, mais seulement devant les Cours ordinaires de. justice. Les biens des suicidés ne seront point confisqués. Il ne pounra être rendu aucun acte ou ordonnance qui tendrait à altérer cette charte, sans le consentement du gouverneur et des six septièmes des membres de l'assemblée. Le premier article, relatif à la liberté de conscience, sera pour toujours main-* tenu.

Moi, Guillaume Penn, pour moi et pour mes hâîtièrs, je déclare solennellement que, ni eux, ni moi, nous T. xviin ti

i6a CHRONOLOGIE BISTOEIOUE

n'entreprendrons jamais rien contre les libertés de cette Charte (t).

1701. Penn arriva à Portsmouth vers le miliea de décembre, et il eut la satisfaction d'apprendre que l'intervention denses amis avait f^it abandonner le projet d'établir des gouverneurs royaux en Amérique.

170a. Après la mort du roi Guillaume^ Penn eut le bonbeur d'être bien accueilli par la fille de Jacques II, la princesse Anne de Danemardi, qui venait de monter sur le trône.

Pendant l'absence de Penn , le gouverneur Hamilton essaya inutilement de rétablir l'union entre la province et les territoires. Celui-ci étant mort, le pouvemement revint au Conseil dont Edouard Shippén était président.

1703. Les représentants des territoires, s'appuyant sur une clause expresse de leur charte, persistant dans leur résolution de se séparer de ceux de la provioce de Pensylvanie, et refusant de coopérer avec eux à fa confection des lois , il fut convenu qu'il y aurait deux assemblées législatives indi" pendantes l*une de l'autre (2). La province réclama une représentation de huit membres pour chacun de ses trois comtés, et de deux pour la cité de Philadelphie.

1703. Jean ÉvanSj qui venait d'y arriver, au mois d'avril, en qualité de sous-gouverneur, adhéra à cette demande. Au mois d'octobre, cette assemblée publia un manifeste, dans lequel, tout en promettant fidélité et soumission à la reine Anne, elle déclarait son attachement à l'église protestante, et son opposition aux rites et aux cérémonies de l'église catholique.

i7o4« An mois d'isivril, É vans convoqua une assemblée, composée des députés de la province et de ceux de3 territoires. Ceux-ci manifestèrent le désir d'une franche réunion avec les représentants de la Pensylvanie, pour accélérer les idlilires législatives; mais ces derniers, encore irrités de l'opposition qu'ils avaient antérieurement rencontrée, js'y refusèrent. Cette nouvelle scission affligea le gouverneur, qui éprouva encore un plus grand désappointement par leur refus d'aj^robation aux amendements qu'il avait proposés sur

(1) Proudt^ Pensyivania, vol. T, ch. iS.-^CoUlens' ffist. oftheFive indian nation^ , vol. II, The Charter o/'pn\>iléges granted hy H^U'iiam Ptnn,

(a) Proudê' histor/, I, ch. 16.

DE l'aMÉRIQUE. i63

tcois bllU votés par rassemblée , savoir : i** ponr la conGrmation de la grande charte des privilèges de Philadelphie ; 3*" pour la cite' de Philadelphie ; 3° pour les droits de pro* priëté.

1704* Les représentants,* mécontents de lacoQdaite da vice-gouverneur Évans, adressèrent^ au propriétaire, des remontrances dont voici la substance :

Ils se plaignaient : i® de ce qu'Évans avait réuni les trou, comtés inférieurs , ou territoires, à la pix)vinoe , sous le même gouvernement et la même législation , sans . avoir produit aucun titre à ce sujet, disant que , si les représentants des comtés, dont le nombre était égal à celui des représentants de la province, avaient refusé de coopérer dans les affaires législatives, alors la seconde charte serait restée, sans effet ; 2<» de ce^qu'après le rétablissement de Penn dans le gouvernement, Évans avait suspendu Toffioe d'arpenteur général, aiùsi que la ven^ publique des terres; qu'il en avait vendu, à son profit, pour environ 2,000 liv. sterL, et

3u'il en avait gardé pour lui-même ou distribué à ses parents e grandes étendues.

L'assemblée reprocha aussi à Penn d'avoir révoqué les lois passées sons l'administration du colonel Fletcher, lois qui avaient été approuvées par le gouvernement anglais ; et d'avoir, contre la teneur de la charte,, donné à un député, à Jean Évans, le pouvoi» de convoquer des assemblées, de les proroger et de les dis^udre.

1704* Vers la fin de cette année, le gouverneur Évans convoqua, à New-Castle, l'assemblée des comtés inférieurs. Comme l'Angleterre avait déclaré la guerre à la France et à VEs^gne {le i mai 1702), le gouverneur publia une proclamation tQpdant à organiser un corps de milices, pour s'opposer à tous actes d'hostilité contre la province. L'assemblée, mécontente, adressa au propriétaire une lettre où elle exposait ses plaintes contre la conduite publique du gouverneur. Celui-ci, instruit de cette démarcne, reclama copie dé la lettre ; mais l'assemblée refusa d'accéder à sa demande.

1705. Dans le courant de cette année, Thomas Chat* kleyj prédicateur de la société des Amis, accompagné de quelques personnes de sa croyance, visita les Indiens de Co^^ nesiogoe^ qui la plupart appartenaient aux nations séixécas et shawanese. Ces' visiteurs furent parfaitement accueillis par la reine OjunchOj qui leur dit qu elle les considérait comme

i6{ CHRONOLOGIE HISTORIQUE «

des êtres surnatarels, puisqu'ils ne venaient ni pour yendrê ni pour aqbeter , mais conduits seulement par des sentiments d'amitië. Elle leur exprima le désir qu'ils fussent heureux dans ce monde et dans l'autre ; et elle leur raconta que Penn lui était apparu en songe , prêchant au peuple ; qu'il lui avait promis de ne pas tarder à venir prêcher les Indiens j et que l'arrivée de ses amis était pour elle la confirmation de son rêve.

1705. Au mois d'ociohre, la plupart des membres de l'assemUée s'étant réconciliés avec le gouverneur , ils firent passer plusieurs lois importantes. Mats leur bonne intelligence ne fut pas de longue durée j le gouverneur ayant favorisé l'assembla des territoires , qui était opposée à celle de la province. Il provoqua encore un grand mécontentement , en considérant comme absurdes les principes de la société des Âmîs relativement à la guerre, et en les excitant, par une fausse alarme y à prendre les armes pour leur propre défense.

1706. Une nouvelle circonstance vint enocMre augmenter le ressentiment des colons, et particulièrement celui des négociants ; ce fut l'établissement d'unybr^ à la ville de New* Gastle 9 ainsi qu'une taxe d'une demi-livre de poudre à canon mise, par chaque tonneau, sur les navires qui remonteraient le fleuve, à partir de son embo\^chure. Cet impôt fut généralement considéré comme une infraction aux privilèges accordés par la charte royale, et une violation des lois d'Angleterre.

1706. L'acte passé par l'assemblée de 1701, pour Téta* blissement d^une cour de justice , ayant été annulé par la couronne^ le gouverneur en proposa un autre , gu'il recommanda ^ l'assemblée ; mais elle le rejeta pour eu présenter un de son côté, qu'à son tour le gouverneur refusa d'accepter, alléguant qu'il était contraire à l'autorité du gouvernement ainsi qu'aux justes intérêts du propriétaire; et, se prévalant des pouvoirs qui lui étaient, accordés par la charte , dans un cas semblable , il publia une ordonnance pour l'ouverture d'une Cour de justice.

L'assemblée, qui avait à sa tête , comme orateur , David Lîoydy se trouva désappointée; maisellejura de se veqger, et du Conseil et du secrétaire James Logan , qui soutenaient les intérêts du propriétaire. Logan était né en Irlande, il fabait partie de la société des Amis, et avait accompagné.

HE l'améIuqce* i65

à son dernier voyage en Pensylvanie, William Penn, qui^ en fyoi, Tavalt noinmë secrétaire de la province et clerc du Conseil. L'assemblée porta contre lui une accusation sous le titre de : Articles d'accusations; mais ki protection du gouverneur le maintint dans son emploi, et il demanda vaine* ment à être juge, afin de se justifier des fausses accusations quil prétenait portées contre lui.

1707. Le 10 mai, 220 commerçants et autres habitants présentèrent au gouverneur une adresse, par laquelle ils lui demandaient là révocation de la taxe arbitraire qu'il avait imposée Tannée précédente. D'autre part, l'assemblée exaspérée de la conduite du gouverneur, dééida de demander son rappel, et fit passer au propriétaire une. plainte où elle exposait la mauvaise administration d'Évans. En voici les principaux articles: 1° conduite injuste envers les Indiens de Conestogoe ; 2° refus de faire ]uger le secrétaire ; 3* taxes imposées à la province par une loi passée à New-Gastle ; 4° conduite vexatoire à l'égard de la milice; 5® refus fait, en 1704, de confirmer la charte de la cité de Philadelphie, et de faire passer un bill pour assurer la charte des privilèges de la province ; 6^ prévarication en s'appropriant les deniers publics, et en cachant l'abolition faite par les lords de certaines lois onéreuses au commerce ; 7® avoir aeraé de fausses alarmes ; 8*" impôt ari)itraire de t2 shillings ^ur passeport sur chaque capitaine de bâtiment ; 9® permissions données à des papistes français de commercer avec les Indiens et de n^sider parmi eux ; i o"* commissions délivrées pour la piraterie en 1706.

Le gouverneur pria l'assemblée de lui communiquer une copie de sa plainte, mais elle s'y refusa. Le 10 juin, elle adressa encore au propriétaire une autre remontrance, dans laquelle elle lui disait : qu'il n'avait point travaillé à réprimer les abus; qu'il avait ajouté foi aux calomnies répandues contre elle, et que cependant les représentants s'empresseraient de soutenir son administration, pourvu qu'il conservât leurs justes droits et privilèges. Ensuite l'assemblée s'ajourna au 23 septembre. Les mêmes membres furent pfesque tous réélus, et ils se réunirent le 1 1 octobre. Néanmoins le chan||ement de quelques députés, et de vives altercations mirent beaucoup de désordre dans les a&ires publiques.

1708. Dans le courant de cette année^ le propriétaire se trouvant endetté, par suite de la mauvaise foi de son agent,

l66 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

et des dépenses faites poar la colonie , hypothéqua celle-ci pour la somme de 6,000 livres sterling (i).

1709. D'après les plaintes adressées au propriétaire par l'assemblée j Penn rappela le gouverneur Évans , et nomma pour le remplacer Charles Gookin^ né en Irlande , que, par une lettre adressée à ses amis, il leur recommanda comme un homme de hien et de talent.

Gookin quitta le service de l'Angleterre, pour passer en Pensylvailie, et y terminer ses jours. A son arrivée, rassemblée s'étant réunie, le 9 mars , le complimenta sur sa nomination, et lui exprima l'espérance qu'il ferait cesser les maux que la province avait endurés pendant l'administration dé son prédécesseur, qui s'était laissé influencer par de mauvais conseils. Elle finit par lui récapituler la plupart de ses plaintes.

1709. Dans une adresse du i3 avril, le gouverneur répondit qu'il était prêt à faire cesseï* tout ce qui méritait le nom de grief ou d'oppression ; mais il observa que le meilleur moyen d'en garantir le peuple était d'oublier toutes les jalousies et les animosités passées: il dit que les actes de son prédécesseur étaient bien connus en Angleterre, que cependant, n'ayant point reçu d'instructions spéciales à ce sujets il ne pouvait faire aucune enquête; il rappela que le mode d'établir des Cours de justice, qui avait été employé par l'exgouverneur, était fondé sur un pouvoir positif, et termina en recommandant aux représentants de proposer un bill afin de fixer, par une loi, les sommes qui seraient payées en argent pour les contrats faits ou à faire, avant l'émission d'une nouvelle monnaie.

Le li, l'assemblée répliqua que les mauvais conseils dont elle avait voulu parler, devaient être attribués à James Logan et à quelques autres qui faisaient partie du conseil du gouverneur.

Pour repousser cette accusation, le 1 5, le Conseil présenta au gouverneur une adresse, par laquelle ses membres déclaraient s'être conduits le mieux qu'il leur avait été possible, d'après leurfll lumières et leur jugement; qu'ils ne recevaient ni récompenses, ni salaires ; qu'ils n'occupaient aucun emploi lucratif, et que leurs fonctions étaient entièrement à leur chargé.

(1) Proudt^ Peiu/Wania, I, ch. i5.

DE l'aéiériqub. i6^

Le gouverneur communiqua ces représentations à l'assemblée, qui les considéra comme une Indignité, et qui, pour manifester son ressentiment, lui remit une nouvelle en unieration de circonstances particulières qu'elle dénomma griefs, priant Gookin de les faire cesser. Après ces remontrances ^ la chambre s'ajourna.

Convoquée de nouveau, le onzième jour du cinquième mois, le gouverneur informa l'assemblée, par une adresse, que la reine avait préparé à grands frais une expédition pour reconquérir Terre-Neuve et les possessions du Canada ; que Boston, Rhode-Island et le Connectîcut avaient fait, pour la seconder.

Elus que l'on n'attendait d'eux ; et qu'il espérait que l'assemlée, fidèle à ses devoirs, ne vondi*ait point rester en arrière. Il disait que la quote-part, pour la province, était de' i5o hommes, outre les officiers qui devaient être payés et approvisionnés comme ceux des autres gouvernements, et que ces dépenses étaient estimées 49O00 livres sterling.

Le gouverneur, qui savait que la plupart des habitants faisant partie de la société des Amis, refuseraient tout service militaire, proposait de lever la somme qu'il venait d'indiquer, et disait qu'avec elle il trouverait moyen de compléter le nombre d'homhies exigé. Enfin il termmait en rappelant que New-Castle était la seule place capable de faire quelque résistance, et que les trois comtés inférieurs étaient disposés à faire tout ce qui serait en leur' pouvoir, pour le bien du pays(f).

1709. L'assemblée répondit au gouverneur que, lever des fonds pour recruter des hommes destinés à s'entr égorger , était une affaire de conscience contraire aux principes religieux de ses membres. Elle lui exprima son respect, son at*tachement pour la reine^ et par reconnaissance de tout ce qu'elle avait fait en faveur de la province, elle lui offrit un présent de 5oo livres sterling, pour le maibtlen général du gouvernement.

Le eouverneur ayant témoigné son, mécontentement sur la modicité de cette somme, les représentants résolurent de la porter à 800 livres, et d'y ajouter 200 livres pour lui personnellement.

1709, octobre. La plupart des anciens membres ayant élé réélus, et David Lloya choisi pou,r wateur, le gouverneur,

(1) Prouds* Pen»/lifania,îlf ch» 18.

dan& son discours du T7, invita rassemblée à pourvoir d'une manière convenable au maintien du gouvernement.

Les représentants répondirent que, suivant les lois fondamentales du gouvernement anglais, le peuple n'était pas obligé de contribuer au maintien d'une administration qui ne lui assurait aucune justice, quand les droits des citoyens étaient violés, leurs libertés compromises et leurs députés bumiliés. Après avoir renouvelé la demande, faite dans les sessions précédentes, de la destitution du secrétaire, l'assemblée s'ajourna.

1709. Les députés s'étant réunis au commencement de novembre, Logan, qui avait pris la résolution de s'embarquer pour l'Angleterre, leur demanda sa mise en jugement, sur les accusations de l'assemblée de 1706. Le 25, la chambre ordonna Tarrestation et remprisonnement du secrétaire; mai^, trois jours après, le gouverneur écrivit au shérif pour empêcher l'exécution de ce mandat, qt Logan partit pour l'Angleterre.

17 10. Dans une lettre^ en date du 29 juin, adressée à Tas* semblée, Penn, apirès avoir récapitulé tout ce qu'il a fait pour la province, ajoute : Quand il plut à Dieu ae m'ouvrir un chemin pour établir cette colonie, je devais espérer la récomf)ense des services rendus à tant de peuples. C'était une satisfaction pour moi de les voir prospérer dans un pays floris sant, où ils jouissaient dé la liberté, de l'aisance et de tout ce qui peut faire le bonheur, au delà même de tout ce qu'ils avaient dû espérer ; mais hélas ! mes plus grands chagrins sont venus d'eux. Au lieu de recueillir le fruit de mes peines, les luttes que j'ai eues h soutenir, les pertes immenses que

Î''ai éprouvées, les dépenses incroyables que j'ai faites pour eur bien-être, et qui ont compromis ma foitune , l'injuste opposition que j'ai dû repousser, m'ont plongé dans un chagrin auquel j'aurais succombé depuis long-tems, si je n'avais été soutenu par une force supérieure , et je ne puis bannir cette pensée affligeante, que ce pays libre et florissant, créé par moi, est devenu la source de mes angoisses, et le sera peut-être de. ma ruine. Et il finit ainsi : Les attaques contre ma réputation contenues dans une correspondance avec mes ennemis , les insinuations secrètes d'injustice , la tentative faite pour s'emparer de mes biens, les résolutions de l'assemblée d'employer mes rentes au maintien du gouvernement , les empiétements faits sur mes propres terres, sous prétexte qu'elles n'étaient pas arpentées; l'épuisement de ma

DE l'aMÉRIQUE. 169

fortune pour courrir les dépenses du gouvernement , la riolenoe exercée contre mon secrétaire ; quand je r^échis à toutes ces circonstances, je dois plaindre mon malheureux sort! (i)

Cette lettre produisit un changement d'opinion en faveur du propriétaire. L'assemblée, élue au mois d'octobre suivant, se composa de nouveaux membres , et, Richard Hill ayant été nommé président, l'harmonie du gouvernement politique fut rétablie.

Cette année, la colonie de Pensylvanie reçut un accroissement considérable de population, par suite de l'émigration d'une partie des habitants de la Souabe et des palatinats des bords du Rhin, qui cherchaient une retraite où ils pussent professer leur croyance évangélique. Les droits de citoyen y étaient restreints aux chrétiens ; mais tous les émigrants , . reconnus comme tels , jouissaient de la liberté religieuse ; ce qui fit affluer les membres de la société des Amis ([ui ne trouvaient point d'asile ni dans la Virginie , ni dans la Nouvelle-Angleterre.

1710-ÏI. Le gouverneur . Gookin communiqua à l'assemblée les instructions de la reine, du 3i du mois de février, concernant l'expédition destinée à agir contre le Canada, afin d'engager les députés à faire lever le nombre d'hommes exigé pour cet objet, ou à payer l'équivalent en argent. L'assemblée passa un bill pour accorder à la reine 2,000 livres, au moyen d'une taxe de 5 pences et demi par livre sur les propriétés foncières, et de 20 shillings par tète sur les hommes libres célibataires.

17 12. Le propriétaire se trouvant accablé de dettes et de difficultés, et sentant ses facultés s'affaiblir par les maladies, offrit de faire avec la reine un arrangement d'après lequel il lui céderait la province et le gouvernement de Pensylvanie, moyennant ia,ooo livres sterling, payables en quatre ans. La couronne était disposée à adhérer à cette proposition ; mais Penn, ayant été frappé d*apoplexie, ne put exécuter ce contrat, et plus tard sa famille obtint du gouvernement i3o,ooo livres sterling.

171 3. Au mois d'octobre, le gouverneur déclara à Tassemotée que le gouvernement appartenait toujours au propriétaire, et que, muni des pouvoirs de Penn, il devait les

(1) Proudê* Pensylvaniay II,ch. 19.

lyo CHRONOLOGIE HISTORIQUE

exercer poor le bien-être du peuple ; mais aucune aSaiie importante ne fut exécutée.

1715. Le 16 avril, le gouverneur convoqua l'assemblée^ qui lui manifesta des dispositions bostiles : il l'accusa de s'être ajournée sans son consentement, d'avoir refusé de faire passer des billspour l'administration de la justice, ainsi que pour son propre maintien (i).

1715. Le 1 4 juin, un traité fut conclu entre le sous-gouverneur de la Pensylvanle et les cbefs des Indiens des bords de la Delaware et du Scbuylkill, pour renouveler la chaîne d'amitié et régler le commerce des marchandises.

Sassoonan, qui représentait les Indiens, s'adressa au gou* vemeur et lui dit : que William Penn, à sa première arrivée parmi eux, avait frayé un bon chemin j et qu'il désirait qu'il restât ouvert tant que luirait le soleil. Néanmoins , ajoutaitil, l'échange des articles ressemble à une maison avec deux portes j l'une pour les Indiens ^ l'autre pour les Anglais ; mais les marchandises y sont cachées, et je souhaiterais sa* voir de quelle manière le trafic peut se faire, afin d'envoyer les femmes de notre nation, sans avoir à craindre qu'elles soient trompées : autrefois , poursuivit-il , le, prix* des marchandises anglaises était aussi bien connu que celui des mar* chandises indiennes, mais aujourd'hui on n'y comprend plus rien ; c'est pourquoi ma culotte est si déchirée que j'en ai honte. Je connais la valeur de notre monnaie, mais j'ignore celle de la vôtre, et je vous prie de chercher un remède à ces fâcheux inconvénients !

Malgré ces plaintes, les chefs indiens firent un présent de peaux, de la valeur de 2 livres 1 1 shillings. Le gouverneur leur donna, en retour, des couvertures, de la poudre à canon, et du plomb qui furent estimés 32 livres.

17 16. Le i'^'^ mai, l'assemblée de Pensylvanie envoya au roi George une adresse, pour le féliciter de son avènement au trône de ses ancêtres, et lui exprimer une entière approbation pour son administration éclairée , qui avait su faire exécuter avec impartialité les lois, rétablir honorablement à l'étranger, l'influence de la nation britannique, et procurer à celle-d des avantages commerciaux supérieurs à tout ce qu'elle pouvait espérer.

A l'assemblée qui se réunit au mois d'octobre> Richard

(1) PrQud$* Pem/lwania, II, ch. ao.

DE l'âMÉRIQUE. 171

Hill fat élu président. Le gouverneur, ayant imprudemment refuse de nommer aux fonctions de magistrats ^ou d'oiBciers civils, des citoyens qui appartenaient à la société des Aniis , excita le mécontentement du Conseil ainsi que de l'assemblée; et le refu? au'il fît ensuite de fournir des preuves des accusations qu'il avait portées contre Richard Hill, alors maire de la cité de Philadelphie , et contre Jacques Logan, secrétaire de la province, qu'il avait représentés comme déloyaux envers leur prince, amena plus tard sa disgrâce.

Le 3 novembre, l'assemblée générale présenta au gouverneur Gookin des remontrances, où elle lui exposait que son opposition à la société des Amis était contraire à sa charte et aux lois, ainsi qu'aux instructions de sa majesté du i*' juillet 17 15.

1717. Mortifié de ces reproches, le gouverneur profita de Ja permission du roi, pour s'absenter de la province pendant une année, et dans ses adieux à l'assemblée, il ne fit qu'exprimer son désappointement, et l'incertitude où il était d'être employé par son gouvernement. Néanmoins les députés lui accord.èrent 200 livres.

Le I*' mai, le cbevalier Guillaume Keith arriva en qualité de gouverneur. Il convoqua l'assemblée le 19 août, et le jour suivant, il lui fit un discours dans lequel il dit : que, l'année dernière, il avait présenté la lettre de l'assemblée au prince de Galles ; que celui-ci lui avait exprimé une opinion très-favQrable de la loyauté des membres de la société des Amis ; que le rbi les estimait, et qu'il désirait vivement pouvoir contribuer à leur bonheur.

17 18. Le 3o juillet^ Guillaume Penn mourut d'une attaque d'apoplexie, à Rushcomb, comté de Devonshire, dans la 74* année de son âge (i).

Par son dernier testament, il avait légué à Guillaume Penrij fils de sa première femme, ses propriétés en Irlande dont le revenu montait à i ,5oo livres sterling par an, et avait laissé à sa veuve et à ses autres enfants, la province de Pensylvanie, sous la protection des trois fidéi-commissaires, les comtes i^ Oxford^ de Mortimer et de Powlet,

An mois d'octobre, le gouverneur communiqua à l'assemblée la triste nouvelle de la mort de Penn. Celle-ci lui en te-

(i) Voyez la note A à la fin de Tarticle.

I7!i CHRONOLOGIE HISTORIQUE

moigna ses profonds regrets, et le pria de se charger de radmlnîstration du couvern^tnent jusqu'à l'arrivée des instructions du roi ou des hërttleps du propriétaire.

A cette époque, un grand nombre de Mennonistes, venant d'Allemagne, arrivèrent à Philadelphie, oe qui engagea le gouverneur à recommander à l'assemblée la révision des lois concernant les étrangers. Celle-ci, frappée du danger de leur établissement dans le même lieu ou parmi lès Indiens, pria le gouverneur de nommer un comité pour faire une enquête et un rapport à ce sujet ; mais, il différa dans l'espérance de recevoir des renseignements suffisants de la part du secrétaire d'État.

17 19. Au mois de mai, Guillaume Penn , réclamant, comme héritier, le gouvernement de la province de Pensylvanie, expédia au gouverneur une commissioQ, afin qu'il la publiât avec Tapprobation du Conseil. £d mémetems, le . secrétaire, Logan, lui présenta une copie du dernier testament du propriétaire, que voici :

Testament de Penn. Je donne et lègue le souvemement de la province de Pensylvanie, et tous les privilèges et pouvoirs qui en dépendent, au comte d^Oçcford^ au comte Mortimer et à Guillaume, comte de Powlett, pour en disposer en faveur de la reine, ou de toute autre personne, pour son plus grand avantage et profît.

A ma chère femme Hannah Penn, à son père Thomas Callowhillj à Matgaret Lowther^ ma chère sœur , et à d'autres amis (i) ou à leurs héritiers, je laisse toutes mes terres, propriétés et rentes en Pensylvanie, à condition qu'il en sera vendu ce qui sera nécessaire pour payer mes justes dettes, et ensuite qu'ils transmettront à chacun des trois enfants de mon fils William Penn^ Gulielma Maria,, Springer et William ou à leurs héritiers, 10,000 acres de terres bien situées^ et la même quantité à ma fille Lœtitia Aubry, Le reste de mes terres et propriétés sera donné à mes enfants,' par ma femme actuelle^ de la manière qu elle jugera convenable.

Je donne tous mes biens personnels en Pensylvanie et ailleurs, et tous les arriérés àes rentes, à ma chère femme ',

(i) Gilbert Heithcoie, médecin; Samuel Waldenfield, Jean Field et Henry Gouldney, tous demeurant en Angleterre; A. Samuel Carpenter, Richard Hiil, Isaac Norris, Samuel feston et Jaquea Logan , demeurant en Pensylvanie.

DE l'aMÉKIQUE^ 173

ma seule exécatrîce^ pour son bénéfice et celui de ses enfants.

Le gouverneur, ne sachant que faire dans ces clroonstanoes difficiles, jugea convenable de consulter l'assemblée relativement à la demande de l'héritier, et celle-ci pensa que la publication de la commission qu'il avait envoyée au gouverneur ne devait point avoir lieu , à cause d'un procès , qui avait été commencé devant la Cour de chancellerie ^ entre l'exécutrice et les héritiers (i).

D'après des instructions, sous la date du 14 janvier 17 18, transmises par Guillaume Penn fîls , au gouverneur Keith, celui-ci devait: i** convoquer immédiatement le Conseil, afin de lui faire connaître les droits du nouveau propriétaire sur le gouvernement de la province de Pensylvanie, et assurer les habitants de son afiPection pour eux, ainsi que son désir de soutenir leurs véritables intérêts ; 2** faire publier les lettrespatentes accordées à son père par Charles II, pourvu toutefois que le Conseil approuvât cette démarche ; 3^ continuer en fonctions les membres actuels, et ne faire aucuns changements dans le gouvernement, excepté ceux qui seraient jugés indispensables ; 4** organiser une milice, mais sans pré- ]udicier aux droits des quakers ; 5® protéger les habitants dans leurs droits, privilèges et libertés, selon la charte de Penn, et surtout faire observer la loi concernant la liberté de conscience, loi qui avait attiré les quakers dans la province ; 6"^ rappeler que Penn étavt membre de Ji'église anglicane ; il fallait consulter ses intérêts et protéger ses ministres qui ont les mêmes droits que ceux de toute autre croyance aux emplois publics et à 1 administration, et qu'il n'y a que les antitiinitaires et les libertins qui ne méritent aucune protection ; 7<> maintenir tous les étrangers dans la possession de leurs biens ; 8*^ suivre la loi pour guide dans tous les cas, et dans ceux de haute importance prendre avis du Conseil ; 9® enfin protéger les officiers des douanes dans l'exécution de leurs devoirs (2).

17 19. Au mois d'octobre, le gouverneur communiqua à l'assemblée l'approbation du roi, en faveur d'une loi rendue

(1) £0 vertu d'un arrangement, qui eut lien plus tard, le plus jeune de la famille de Penn fut investi du gouvemement.

(a) Memùirs nfthé historical socitty' oj Philadeiphia^ vol. I, p. 319-30. i8a6.

Tannée précédente, peur une meilleure administration de la justice.

Cette année, parut à Philadelplûe la première Gazette, publiée par André Bradford, intitula « The American wetkly Mercury » (i).

1720. Le 10 août, le gouverneur, d'accord avec l'assemblée, publia une proclamation pour Rétablissement, dans la province de Pensylvanie, d'une Cour de chancellerie ou de justice j qui devait être ouverte leaS suivant.

1721. Quelques escarmoucbes avaient eu lieu, en 17 19, près de la source du âeuve Potomac, entre les Indiens de la Pensylvanie et quelques bandes du midi, qui étaient alors en» guerre avec les cinq nations. Au printems de 1721, le gouverneur, informé que ces hostilités continuaient, résolut de les visiter, afin de les engagera faire la paix, soit en usant de l'influence de son autorité, soit en leur rappelant leur grande vénération pour Guillaume Penn.

Parti de Philadelphie avec plus de 70 cavaliers, il s'avança vers l'ouest, et arriva le 5 juillet au village indien de Conestogoe, où il rencontra quatre députés des Cinq-Nations. Il leur parla de l'amitié de Penn, et les engagea à ne pas chasser entre les chaînes des grandes montagnes, de l'autre côté du fleuve Potomac, car ce pays appartenait au gouverneur de la Virginie, et il les avertit que celui-ci, malgré la répugnance d'une partie de ses habitants pour la guerre, pouvait facilement faire marcher plusieurs milliers d'hommes bien armés pour repousser l'invasion.

Un des chefs répondit : que les cinq nations n'avaient pas oublié leurs traités avec Guillaume Penn ; qu'elles en conservaient fidèlement le souvenir et désiraient maintenant de rendre plus forte la chaîne d'amitié, afin qu'aucun de ses anneaux ne fût jamais rompu. Il se plaignit de ce que, plusieurs fois, des trafiquants anglais, qui remontaient le Susquehannah, avec dés marchandises et des liqueurs , ayant rencontré leurs jeunes guerriers les -araient. traités indignement, non seulement en leur refusant une goutte de liqueur, mats en les appelant chiens. Il dit que les guerriers insultés avaient répondu que^ s'ils étaient des chiens j ils pouvaient agir comme tels, et que, s'étant emparés d'un petit baril de liqueur, ils l'avaient emporté. Il ajouta que tous les désor-

(1) Thonuui' hfstory ofPrinting, II, article Peosylvania.

DE l'aMÉRIQUE. 175

dres provenaient de Tùsage da rhum et des antres liqueurs fortes, qui ôtent la raison et la inëmoire, et quHl ne désii^ait rien tant que de voir mettre fin à ce commerce.

Après un long discours de réconciliation, le gouverneur fit présent, pour cnacune des cinq nations , de cinq habits , de vingt livres de poudre et de quarante livres de plomb, tant en son nom que de la part de la province, et s approchant de Ghesaontj l'orateur, il lui donna une médaille du couronnement du roi, en lui disant que c'était Timage de son grand maître, le roi des Anglais, et qu'il le chargeait de la remettre au plus erand chef des cinq nations, nommé Kannygooah, pour qu'elle servît de ténafoigoage, aux enfants de ses enfants, que 1 amitié la plus parfaite et la' plus durlible était rétablie dans le pays entre les Anglais et les cinq grandes nations (i).

Dans la conférence tenue à Gonestogoe, entre le gouverneur Keith, et les chefs des cinq nations , leur principal orateur avait dit que les Indiens n'oublieraient jamais les bons coftseils de Guillaume Penn ; qu'ils ne pouvaient pas écrire commte les Anglais, mais qu ils se rappelaient tout ce qui avait été dit dans leurs Conseils ; et, Fannée suivante, 172a, en renouvelant leurs traités à Albany, ils complimentèrent le gouverneur K.eith, en lui disant : « Nous vous estimons et nous vous aimons comme si vous étiez Guillaume Penn luimême ». Ils lui exprimèrent une grande joie d'avoir renouvelé les anciens traités, et le désir que la paix et la tranquillité pussent être comme le soleil, sans nuages, et pour toujours (a).

1725,' mars. Le gouverneur ayant recommandé l'introduction d'un papier-monnaie, l'assemblée, après avoir pesé, dans une longue discussion, les avantages et les inconvénients de cette mesuré, décida d'en tenter l'essai, et arrêta d'abord une émission de billets pour la somme de i5,ooo livres ; et afin d'en empêcher la dépréciation, elle exigea, pour garantie, soit un dépôt de matières d'argent, soit une hypothèque sur une propriété territoriale. Il fut stipulé que ces billelps jouiraient d'un intérêt payé annuellement à cinq pour cent, et qu'ils seraient remboursés par huitième, chaque année. L'assemblée ayant bientôt reconnu les avantages qui résultaient de œ système, passa un autre bill pour une nou-

(i) Prouds' Pen$yh€Uiiay II, ch. a3.

(a) Prouds* PensyU*aniay I, ch, 3.

Telle émission d^3o,ooo livres de billets, aux mêmes oonditlons. D'après ces actes, la somme totale de 4^,000 llyres se serait trouvée remboorsee avant l'expiration du tems qui y était indiqué, et comme 6,000 livres se trouvaient déjà retirées, et que l'on craignait qu'un trop prompt retrait n'entraînât des embarras commerciaux, l'assemblée décida, par un nouvel acte, que ce qui se trouvait actuellement en circulation y demeurerait pendant huit ans.

17^4* Dans une réclamation que les Indiens vinrent faire à Guillaume Keith, leur chef lui adressa ce discours: Père, quand Onas (Penn) débarqua , nous formâmes une amitié éternelle fil nous donna des terres sur la Brandywlne; nous ne pouvions emporter les nôtres : mais les hommes blancs se sont établis parmi nous. Ils ont arrêté la rivière. Nous sommes pauvres. Nous péchons, nous chassons. Quand les hommes chassent, les femmes et les enfants prennent leurs arcs et leurs flèches et tuent le poisson dans le courant de l'eau noire et profonde. Père, nous vous prions de dire aux hommes blancs de se retirer et de ne pas arrêter le cours de l'eau, afin que le poisson puisse nager (i).

1724* Keith, qui avait su gagner également la faveur du peuple et de l'assemblée, n'écoutait plus ni le Conseil, ni les amis du i^-opriétaire. De cette manière, il ag^sait en opposition à ses instructions, qui lui avalent formellement prescrit de ne faire passer aucune loi, ni d'exécuter aucune affaire Importante sans l'approbation du Conseil • Cette conduite amena la séparation des habitants en deux partis, l'un sous la direction du gouverneur et de David Lloyd; l'autre sous celle de Jacques Logan, secrétaire et agent de la famille du propriétaire. Le premier prétendait que, d'après la charte, les pouvoirs de la législation étaient confiés à Penn on à son agent, avec l'approbation des représentants du peuple, et que le Conseil ne faisait point partie de la législature. Cette opinion dans laquelle il persista fut cause de son 'rappel, cful eut lieu Tannée suivante.

1725. Le no mars, Tassemblée, ayant appris quetla veuve de Penn avait envoyé au dernier sons-gouverneur des instruetions, qu'elle considéra comme contraires aux libertés et privilèges accordés par la charte , s'en plaignit dans une lettre. La veuve répondit, le 20 du mois suivant, en exprl-

(i) Historical societ/ of Pensjrlvània, vol. I, part. a*.

DE l'aMÉRIQUE. irjfj

mant sa snrprise, et dëclarant que d'après les exemples de fea son mari, elle ne cesserait de s'occuper, ainsi que sa famille, du bonheur des habitants de la ' Pensjlranie. Elle ^ajoutait que la partie des instructions qui avait déplu à rassemblée, ne contenait que l'indication de sages précautions à prendre par le gouverneur dans sa conduite; que M. Gordon, promu à cet emploi, par son plus jeune fîls Springetty avec 1 approbation de la famille, était un homme estimable, et qu'il ferait tous ses efforts pour assurer la félicité du peu-

ple(i)-

Pendant plus de vingt ans, la société des Amis avait joui dn priyilége de rendre témoignage par une simple affirmation, au lieu d'un serment, lorsqu'on ijiâ le Conseil de la reine le lui retira ; mais, en 1 720,* ce privilège fut rétabli par un acte qui prescrivait les formes de déclaration de fidélité, d'abjuration et d'affirmation. Par la première, on déclarait obéissance vraie et fidèle au roi George et renonciation à l'autorité du pape; par la seconde, on renonçait à toute allégeance au pratendu prince de Galles, qui prenait le titre de Jacques III d'Angleterre et de Jacques VIII d'Ecosse.

Le ai septembre, l'assemblée de la province, ainsi que la société des Amis, à leur réunion annuelle, manifestèrent au roi leur reconnaissance pour cet acte, par une lettre qui contenait des vœux pour la continuation de son règne. Les quakers obtinrent aussi du gouverneur, à la même époque , la confirmation d'un autre privilège, celui de garder leur, chapeau dans toutes les cours de judicature.

Keith conserva encore c[uelque tems la faveur du peuple, qui croyait que son administration avait été très-utile à la province. Il lui eii demanda une rémunération , et il fut nommé membre de l'assemblée. Il profita de cette position pour toui'menter et l'administration et la famille de Penn ; mais, l'année suivante, s'étant vii abandonné par ses amis, il retourna en Angleterre , et mourut pauvre, à Londres , vers l'année i749»

1729. Cette année, 6,208 individus, dont plus de 5, 000 Irlandais, arrivèrent dans la Pensylvanie pour s'y établir, et cette émigration rendit le nombre des étrangers égal à celui des Anglais (2). Trois ans après, la population s'éleva à

(1) Proudt' Pensylpaniaj II, ch. 25.

(a) Jndenon^ History qf commerce , III, i55, Lrondoki, 180t.

Douglas* Briûsh SetUements, juticle Pensylvania.

T. xvin* t j

178 GHRONOLOGIB HISTORIQUE

plus de 3o,ooo indtvidas, dont I2;000 dans la yille de Philadelphie.

1730. Cette année fat forme V établissement d^Ephrata^ par la secte appelée Dunkers (1), dans une belle yallée arrosée par une petite nyière, où ses membres possédaient sSo acres de terre, à 1 1 milles environ de Lancaster. Ils habitaient dans des petites cabanes blanchies en dehors et en dedans. Les femmes n'avaient aucune communication avec les hommes, excepté pour les cérémonies religieuses ou pour affaires d'intérêt. En hiver, le oostaine des hommes, qui portaient la barbe longue et les cheveux courts, consistait en une longue robe de drap blanc, attachée par une ceinture autour de la taille, sous laquelle ils avaient une chemise et un pantalon. Leurs pieds étaient chaussés de souliers. En été, cet habillement était de toilç. Le costume des femmes ne différait que par la substitution d'un jupon au pantalon, et dehors elles étaient toujours voilées. Tous couchaient sur des bancs, et n'avaient pour oreiller qu'un morceau de bois. Gomme ils ne se nourrissaient que de légumes^ ils étaient maigres et pâles.

Ils se réunissaient quatre fois par jour, pour leurs prières, et observaient le sabbat. Ils n'admettaient ni le péché originel, ni l'éternité des peines. Ils n'observaient que deux sacrements. Ils croyaient les procès contraires à la religion. Les adultes seuls recevaient le baptême. Ceux qui voulaient se marier en obtenaient la permission ainsi que de retirer leur part de la comniunai^té, en s'engageant néanmoins à vivre dans le voisinage et à envoyer leurs enfants pour être élevés dans les principes de la société. Un Allemand, nommé Conrad Beissely fut le fondateur de cette secte qui s'éleva à plus de 3oo membres, mais qui après l'année 1 ySo diminua graduellement, de sorte qu il y a quelques années, il n'en restait que trois individus (2).

1731. Cette année, le tonnage des navires employés au négoce par la Pensylvanie s'éleva à 6,000 tonneaux. Elle faisait le commerce avec les autres colonies américaines , les Indes occidentales, l'Angleterre, le Portugal et l'Espagne. (3) •

(i) Dunker est une corruption du mot allemaAd duiker, qui signifie plongeur ou Baptiste.

fa) Memoirs ofHist. societjr 0/ Pensylvania, vol. II, part. I, Philadelphia, 1827.

(3) Andersons* History of commerce, ïllf 170^

Prouds' Penêfli'ania, II, ch. a6.

PB l'aMÉRIQUE). 179

Déjà, en iJM^ Thomas Màkin qai composa, en latin, une description de la PensyWanie, représfente les cultivateurs de cette province comme nourris et vêtus de leurs propres produits (i).

1731. Dans un ourrage où l'auteur examine l'importance des plantations britànni^es en Amérique , il fait observer que la Pensylvanie, sans avoir aucun produit qui lui soit particulier, et quoique la plus jeune des colonies, compte plus d'habitants blancs que le Marjland, la Virginie et la Caroline, et il attribue son rapide accroissement aui trois causes suivantes : i^ à la bonne conduite des habitants enters les Indiens (c'était la seule colonie qui permettait à un Indien de porter témoignage contre un homme blanc) ; 2<* à ce que, par de bonnes lois, la propriété était bien garantie aux habitants ; 3* à l'absence de l'autorité ecclésiastique j et à la liberté du culte accordée à toates les sectes religieuses.

Quant aux produits et au commerce de la Pensylvanie, voici les détails fournis par le même auteur *. Les principaux articles d'exportation consistent en blé, farine , bœuf, porc , fromage, cidire, pommes, pelleteries, chanvre, bois, médica~ ments, un peu de tabac, suif, cire et chandelles produites par une sorte de résine propre à une espèce de myrte (2). On y construit annuellement, pour la vente , des navires dont la capacité monte à 3,000 tonneaux, sans y comprendre ceux employés par la province qui peuvent transporter 6,000 tonneaux. Cette année, la Pens^lvanie exporta en Espagne et en Portugal une grande quantité de grains, y vendit ses navires et leur cargaison, et, avec les produits acheta, pour la consommation de la province , des marchandises , pour la somme de i5o,ooo livres. Le commerce avec les autres colonies et avec les Indes occidentales fut aussi considérable (3).

1732. Arrangement proposée le 11 maij entre lord Baltimore et les héritiers de Guillaume Penn^ pour faire ces^ séries contestations relatives à la délimitation de leurs territçires respectifs. Ces propriétaires ayant nommé, pour

• (i) In laudes Pensylvanice^ poema, 1729 :

Esuriens dulces epulas deprimit inemptas, Et proprio vestis vellere texta placet, Proud^ Pen$yhania, II, 36o-373.

(2] Myrica ceriféra, L. Il y a de cette cire à la Chine. (3) Thê importance efihe British plantation» in America conti» «KffW,etc.,liOwioii, 17)1.

i8o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

cet objet , des comihissaires , ceux-ci ëtablirent la ligne de démarcation entre la Pensylyanie et le Maryland. D'après la charte de la première province , donnée en 1681 , cette ligne devait partir du commencement du 40' degré de latitude, et, d'après la charte duMaryland de Tannée 1 632, les limites de cet Etat devaient s'étendre juscpi'au 4o* degré inclusivement. De là résulteit la querelle entre les deux propriétaires, qui réclamaient également une étendue de terrain d'un degré def latitude ou de 69 milles anglais. Cette fois encore, la contestation ne put être terminée, et il n'y eut d'arrangement définitif entre les deux parties qu'en 1^62, que la ligne de limite fut fixée par deux habiles ingénieurs , Charles Mason et Jeremiah Dixoriyipeu après leur retour du cap de Bonne-Espérance, où ils étaient allés pour observer le passage de Vénus.

j 732. Le 18 août, Thomas Penn, l'un des propriétaires de U Pensylvanie , arriva à Philadelphie, où il reçut les félicitations de l'assemblée, qui lui te'moigna sa joie de ce que la Providence avait veillé à sa conservation , et lui rappela l'affection de son père pour son peuple , a£Eectton qui devait toujours inspirer la plus profonde reconnaissance.

Le propriétaire répondit qu'il ferait tout ce qui dépendrait de lui pour suivre le même système de gouvernement qui avait rendu le nom de son père si cher au bon peuple de la province.

1734* J'ohn Penn , né en Pensylvanie, et l'un des propriétait*es de cette province, y arriva le 16 octobre, venant d Angleterre. L'assemblée lui présenta une adresse pour le féliciter sur son retour, disant qu'elle croirait se manquer à ellemême et à ceux qu elle représentait, si elle ne rendait pas justice à la mémoire de son £gne aïeul , de cet homme dont les ptnncipes étaient véritablement humains, et qui s'était toujours montré l'avocat de la religion et de la liberté. Penn remercia l'assemblée, et lui répondit en l'assurant que son plus grand désir était de faire tout ce qui pourrait consolider le bonheur et la prospérité de la province.

1736. Après la mort du gouverneur Gordon, en 1736, le gouvernement revint au Conseil, dont James Logan était président. Pendant son administration , qui dura près de deux ans , les affaires publiques furent conduites avec habileté. Au mois d'octobre de cette même année, le célèbre Franklin fut nommé clerc de l'assemblée.

1738. Pendant l'été , George 7%oma5 prit les rênes du gouvernement. Le commencement de son aamiDistration ob-

DE t'AMÉHIftlJE* i8i

tint Tapprobation dn peuplç; mais, yers l'année 1740, durant la.goerre (|ui eut lien entre l'Angleterre et l'Espagne , il fit des réquisitions militaires qui excitèrent le mécontentement de rassemblée.

1739. Par suite de vieillesse et d'infirmités, le président, Andrtw Hamilton^ fut obligé de se démettre de son emploi. Il adressa alors à l'asseiablée ce discours remarquable , relativement à la prospérité de la Pensylvanie, et au grand accroissement de sa population :

« Cette heureuse situation, dit-il, ne dépend ni de la fertilité de notre sol ni des avantages de nos rivières, mais de la bonne constitution sous laquelle nous jouissons de plus de liberté civile et religieuse que nos voisins. Au lieu de ces assemblées triennales, que les autres colonies ont peine à main^ tenii*, les nôtres sont annuelles , et, par conséquent, moins susceptibles d'être corrompues par argent ou par présents.

» Un autre avantage , c'est que nous restons en session aussi longtems que nous le croyons nécessaire.

» Nous n'avons point de ces officiers inutiles qui fourmillent dans les autres provinces et qui sont protégés par le gouverneur. Les nôtres sont ordinairement cbo.sis par le peuple ou nommés par ses représentants. Notre commerce avec l'étranger est exempt d'impôts, excepté quelques légers droits que nous payons à sa majesté, conformément aux lois de la Grande-Bretagne. Les taxes pour le service public sont votées par rassemblée, qui nomme les trésoriers. Quant à la religion, nous jouissons de la liberté la plus parfaite. Telle est notre constitution, rédigée par la sagesse de Penn, notre propriétaire et le fondateur de cette province, dont la cbarte de privilèges, accordée aux habitants de la Pensylvanie, restera à jamais comme un monument de sa bienveillance, et reflétera plus 4'honneur sur ses descendants que les plus srandes possessions. Dans cette charte, il ne s'est réservé, m pour lui ni pour ses héritiers, aucun pouvoir qui leur permit d'opprimer le peuple ; aucune autorité , si ce n'est celle qui était indispensable pour le protéger et l'empécber de tomber dans l'aparchie. »

1741 • Le révérend George PVhiteJieldy à son retour de la Géorgie en Pensylvanie, voulut former un établissement de noirs libres dans l'intérieur de cette dernière province. Dans cette vue, il acheta deux lots de terres, contenant 4*000 acres chacun*; mais, ayant rencontré dans la population blanche une forte opposition à son projet, il revendit ses

l89 GHRONdIOGIE HISTORIQUE

terres à des Moraves. Ceax-ci ayant pris poar leurs exercices religieux une ëtable ëleyëe par Whiteneldy on donna à leur premier ëtablissement , qui s'ëtendit des deux côtés du Leehai ou Lehigh, le nom de Bethléem j et au second, distant de neuf milles, celui de Nazareth (i).

A l'élection annuelle des membres de rassemblée, il y eut une émeute assez sérieuse. Un grand nombre de matelots des bâtiments mouillés dans la Delaware, armés de bâtons, se réunirent au lieu de l'élection et frappèrent tous ceux qui leur résistèrent, magistrats, conslables et autres ; mais lis ne tardèrent point à être repoussés parles habitants, qui en arrêtèrent cinquante et les mirent en prison.

1742. Traité y entre le gouvernement de Philadelphie et les six nations d'Indiens y par lequel ces derniers s'engagèrent à céder au premier tout le terrain situé des deux côtés du fleuve Snsquehannah jusqu'aux limites méridionales de la province de Pensjlvanie, et au nord jusqu'aux montagnes sans ^n y ou collines de Kittocktinny. Les Indiens reçurent, en échange, des marchandises pour une valeur considérable (2).

1742. Discours prononcé , en faveur des six nations ^ par Canassatégo , l'un des plus marquants dans le Conseil tenu, le 7 juillet, en l'église de Philadelphie :

« Frères, à tous présents, le gouverneur et les membres du Conseil. Suivant notre promesse, nous nous proposons de répondre aux différentes choses qui nous ont été mentionnées hier, et demandons la permission de parler d'abord des affaires publiques, quoique vous ayez uni par là. A cette occasion vous nous avez rappelé, premièrement, les soins constants que Guillaume Penn prit de cultiver l'amitié de tous les Inaiens ; le traité que nous avons fait , avec un de ses fils , il y a environ dix ans , et la nécessité qu'il y a maintenant de tenir les routes entre nous libres de tout embarras.

» Nous sommes tous très-reconnaissants des égards que le bonhomme Penn témoignait aux Indiens, et ne pouvons être que très-satisfaits de voir que ses enfants lui ressemblent. Nous nous rappelons très-bien le traité que vous avez men-

(1) Historical society of Philadelphia^yah I, part, a, p. 326. Voyez la ooteB, règlement de cette société, à la fin de rarticle. (3) Coldens* Five indian nations, II. T%e Treaty wUh theindians ofthe six nations, at Pktladelphiaf in Jufy, 1742.

D£ L*A]I£RIQUE. i83

tÎQnné, comme ayant été concla avec son fils, à son arrivëe ici, traité qui confirmait notre ligue d'amitié, qui doit durer aussi longtems que la lune et le soleil. En conséquence, nous tiendrons les routes libres, et, pour garantie, nous déposons ce cordon de wampum,

> En second lieu , vous nous avez dit que vous augmenteriez le feu et le feriez flamber davantage , ce que nous avons entendu avec grande satisfaction. Nous pouvons vous assurer que nous en ferons autant, en y ajoutant plus de bois, afin qu'il puisse étincelerplus que jamais.

» En dernier lieu, il vous a plu de dire que nous sommes tenus, par les liens les plus étroits, de veiller à notre conservation mutuelle; que nous devons entendre, pour vous, avec nos oreilles, et vous, pour nous, avec les vôtres. Cela nous est également agréable : et, quand quelque cbose de conséquence parviendra à notre connaissance, nous ne manquerons pas de vous en instruire , pour vous encourager à faire de même , et à nourrir dans vos cœurs ce que vofts avez exprimé par vos langues. Quant au renouvellement de notre amitié, ce que nous avons dit, nous le confirmons avec une autre ceinture de wampuni.

» Frères, bier nous avons reçu, des propriétaires, quelques .manrhandises^ en échange des terres situées à l'ouest du Susquehannah. Il est vrai que, suivant le contrat, nous avons toute la quantité convenue ; mais, si les propriétaires euxmêmes avaient été ici, nous pensons que, vu notre nombre et notre pauvreté, ils y auraient, fait quelque addition. Si ces marcnandises ne devaient être distribuées que parmi les Indiens présents , chaque personne n'aurait déjà qu'une modique part ; mais si vous considérez le nombre de ceux qui sontjaibseats, etqui ont le même droit que nous au partage, vous verrez combien cette part sera petite. Par conséquent, nous vous ^ons, si vous avez la clef du co&e des propriétaires, de l'ouvrir et de prendre un peu plus pour nous. Nous savons que nos terres ont aoauis une jfius grande valeur ; les blancs pensent que nous ne la connaissons pas; mais nous n'ignorons pas que les terres durent éternellement, tandis que les marchandises que nous avons reçues en échange , seront bî^lit^t consommées. A ravenir^ nous jie vendrons nos terres oue quand le père Onas sera dans le pays, et nous vouorons savoir d'avance la quantité des marchandises que nous recevrons en échange. En outre, nous ne sommes pas trèsbien traités à Pégard des terres que nous possédons encore :

vos peuples s'y établissent et les gâtent par leurs chasses. Nous devons insister pour qu'ils en soient renvoyés, puisqu'ils n'ont pas le droit, comme vous le savez, de s'établir au nord des collines de Kittochtinny. Nous renouvelons nos plaintes, particulièrement contre ceux qui se sont fixés sur la Juniata (affluent du Susquebannah), et tout le long de cette rivière et jusqu'à Mahaniay^ et nous désirons qu'ils quittent ces terres , car ils font un grand tort à nos cousins les Délawares.

» Nous ferons observer de phis, quant aux terres situées à l'ouest du Susquehannab, que, quoique frère Onas nous ait payé la valeur de ce que ses peuples possèdent , quelques parties de ce pays ont été prises par oes personnes qui demeurent au sud de cette province, et cfont nous n'avons encore rien reçuî. Cette affaire vous a été recommandée par vos cbefs , lors de notre dernier traité, et vous nous aviez promis d'écrire à celui qui a autorité sur ces usurpateurs. Comme nous n'en avons jamais eu de réponse, nous désirons savoir comment vous avez agi à ce sujet. Si vous n'avez encore rien fait, nous vous prions d'informer ceux qui se sont établis sur nos terres, que ce pays nous appartient par droit de conquête, puisque nous l'avons acheté de notre sang , que nous l'avons pris sur nos ennemis, d'après les droits de la guerre , et que nous espérons recevoir la valeur de la terre. Nous desirons une prompte réponse. Qu'ils disent oui ou non. S'ils disent ouiy nous traiterons avec eux ; s'ils disent nofi, nous sommes en état de nous faire justice , et c'est ce que nous ferons , en allant nous-mêmes nous faire payer.

» Notre coutume est de faire un présent de peaux, toutes les fois que nous renouvelons nos traités : nous sommes honteux de vous en offrir si peu ; vos chevaux et vos vaches ont mangé l'herbe , là où nos daims pâturaient : cela les a rendus rares , et nous servira d '-excuse de ce que nous vous donnons si peu. Si nous l'avions pu , nous tous donnerions davantage ; mais nous sommes vraiment pauvres , et nous vous prions d'agréer notre présent comme un témoignage de notre estime. » *

Ils déposèrent alors devant le gouverneur un paquet* de peaux (i).

(i) Coldens' Fwe iruUan nationfi^ P^^t. II. The TreaJty heid witk the indiani oftkesix nations, etc., London, i^47*

DE L AMÉRIQUE. i85

1742. Dans un Conseil tenu à Phîlàdelpliie / Je 12 juillet, auquel assistèrent le lieutenant-gouv^neur, plusieurs membres du gouvernement , quelques chefs de Dëlawares, afnisi que des six nations^ Canassatégo^ informe par le Conseil que les Délawares avaient refusé de se retirer dés terres qu'ils avaient vendues eux-mêmes , plus de 5o ans auporavarit, leur parla ainsi : « Cousins , craignez que cette ceinture de wampum ne serve à vous châtier. Vous mériterjiez d'être pris par les cheveux et secoués violemment, jusqu'à ce que vous eussiez recouvré le bon sens et que vous fussiez devenus sobres. Vous ne savez ni sur quel terrain, yqus êtes, ni ce que vous faites. La cause de notre père Onas esttr^sjuste, et ses intentions sont de maintenir la bonne amitié. La droiture est loin de votre cœur. Vous êtes m^licieu^iQment portés à rompre la c)iaîne entre notre père Oruzs.Jet son peuple. Nous avons vu, de nos yeux, un acta ^ign^/ il ^ a plus de cinquante ans, par neuf de vos ancêtres, pour la vente des terres que vous réclamez, et une renonciation faite , il n'y a que peu de tems , par quelques-uns d^ voas et plus de quinze ae vos chefs encore existants. Mais comment avez- vous osé vous permettre de ' vendre des terres ? Nous vous avons conquis ; nous avons fait de vous des femmes; vous savez que vous êtes des femmes, et que vous ne pouvez pasjplus que des femmes vendre des terres. Et, qui plus 'est , votts ne devez pas avoir le pouvoir de vendre des terres, puisque vous en abusez. Ces terres que tous réclamez ont passe daiis vos entrailles. On vous a pourvus d'habillements, de viandes et de boissons, et maintenant^ comme des enfants que vous êtes , vous voulez ravoir lés terres ! Comment espériez- vous pouvoir vendre des terres en secret? Nous avez- vous jamais dit que vous les aviez vendues ? En avons- nous jamais reçu notre part ? Non ; pas même la valeur d'un tuyau de pipe. Vous nous avez fait un conte ; vous avez prâendu que vous nous aviez envoyé' un messager pour nous informer de cette vente ; mensohge : ce messager n'a jamais paru chez nous ; nous n'en avons jamais entendu parler. Vous avez agi dans l'ombre. Vot^ cohdùite a iété bien différente de celle suivie par les cinq patlons dans les ventes de* terres. Bans ces circonstances, leurs chefs prévenaient tous les Indiens des nations anies^ les invitaient à venir y codconr^, et donnaient à chacun une part du prix reçu ponr là vente. Voitir comment doit "agir une nation sage et unie. Mais lioas voyons que Vous h'êtes paé de notre

i86 CHRONOLOGIE mSTORIQUE

9ang«. Vos oreiUes.sont toujours ouvertes aux rapports mal- Teiuants contre nos frères ; tous les recevez avep autant d'à- TÎdltë qu'une mauvaise femme reçoit les caresses d'un mauvais homme. D'après ces raisons, nous vous commandons départir à' l'instant. Nous ne vous accordons pas la liberté d'y réfléchir. Suivez l'avis d'un homme sage et partez sur- ]e-£fa^mp. Vous pouvez retourner à l'autre côté de la Delàware, d'où vous êtes venus ; mais en considérant combien vous vous êtes mal conduits , nous ne savons pas s'il vous sera permis d'y vivre , ou si vous n'avez pas englouti cette terre dans votre gorge , aussi bien que celle de ce côté ; par conséquent , nous vous assignons deux places, PVyoming et ShiÂnokîn, Vous pouvez choisir un de ces deux endroits. Alors nous vous aurons sous nos yeux, et nous verrons coodment vous vous conduirez. Ne d^ibérez pas, mais partez et prenez cette ceinture de wampum (i). »

1 744- ^ 4 juillet, lin G>nseil s'assembla dans la maison de ville de Lancaster , Ëtat de Pensylvanie. Il était composé du

Souvemeur de cet Etat, dés commissaires de la Virginie et u Maryland , ainsi que des députés des six nations. Canassatégo, l'orateur de ces derniers, y prononça ce discours : « Frère Onas (Penn), il vous^^a plu de nous informer que la guerre avait ëté déclarée entre le grand roi d'Ânaleterre et le roi de France ; que deux grandes batailles avaient eu lieu, l'une sur terre, l'autre sur mer, atnsi q^é de plusieurs autres particularités. Nous sommes contents d'apprendre que les armes du roi d'Angleterre sont victorieuses, et nous partageons votre joie dans cette occasion. Vous venez plus près de chez nous, et vous avez dit que* vous avez quitté vos maisons , et que vous êtes venus de si loin, dans 1 intérêt du peuple de la Pensylvanie, pour nous voir, renouveler vos traités, faire briller la chaîne d'union, et confirmer votre amitié avec nous. Nous approuvons .cette proposition , et nous vous en remercions. Nous avouons avec plaisir que la chaîne d'amitié , entre la Pensylvanie et nous, dure depuis long-tems ; qu'elle n'a jamais eu aucune rouille ; nous désirons qu'elle puisse toujours continuer à être aussi brillante, et, comme gage de ttotre sincérité , nous vous présentons cette ceinture aewany^um. » Tout le Conseil aooneiUitoe discours ^vec l'acclamation aoQoutumée deyo-hah ! Le lendemain, Canassatégo s'exprima ainsi : « Frère O/uxs,

pli ■! ■■ Il ■■. ^ , 1^ Il J 1 ■ "1 * I I ■ ■im I >i — ^.— — — .^^

(i) Coldtn^ #iV« natîa/M, part. II. TK^ TretUff etc.

MS L^AHÉBAOra* 187

il TOUS a pla, hier, de nous faire souvenir de l'obligation mutuelle de nous secourir, en cas de guerre ayec la France, et de répéter la substance de ce que nous devons faire d'après nos traités ; et, comme la guerre est diéjà commenoée^ avec la France , vous nous avez appelés pour vous assister et pour que nous ne souffrions pas que les Français mardient à travers notre pays pour troubler nos établissements. En réponse, nous vous assurons que tous ces détails sont dans nos cœurs et qu'ils sont tous frais dans notre mémoire. Nous n'oublierons jamais que vous et nous n'avons qu'un cœur, une tête, uq œil, une oreille et une main. Nous aurons tout votre pays sous nos yeuX; et nous prendrons tous les soins possibles pour empécber aucun ennemi d'y pénétrer ; et, pour preuve de nos soins , nous devons vous informer qu'avant de venir ici, nous avons dit à Onandio ( i ), notre père du Canada, comme il est appelé, que ni lui ni aucun de son peuple ne traverserait notre pays pour tourmenter nos frères les Anglais, ou pénétrer dans les établissements qui leur appartiennent. Il y a assez de place sur la mer pour se battre ; là, il peut faire ce qu'il voudra ; mais nous ne souffrirons pas qu'il mette le pied sur nos terres pour causer' aucun dommage à nos frères. Vous pouvez compter que nous mettrons tous les soins possibles pour assurer i'e&écution de nos promesses, et, comme gage de sincérité, nous vous présentons cette ceinture de wampum. » Elle fut acceptée avec l' acclamationyo-A^xfe (2)!

1746. Aupiois d'octobre, John Penn mourut, en Angleterre, sans avoir été marié, et laissa ses deux actions, ou la moitié de la Pensylvanie, à son frère Thomas, qui, avec Richard, le plus jeune, se trouvèrent seuls propriétaires dç la province.

1747* Cette année, George Thomas abandonna son gouvernement, qui revint au Conseil, dont Anthony P aimer était président. L'année suivante, 1 74B, James Hamilton^ de la Pensylvanie, fut nommé gouverneur , emploi qu'il conserva jusqu'en 1754^ qu'il eut pour successeur Robert Hunter Morris f du New-Jersey, fils àe Lewis Morris , qui avait été gouverneur de cette dernière province.

1749. Pendant IMté, aS navires, amenant environ ia,ooo Allemands, arrivèrent dans k port de Philadelphie.

1750. Cette anb^, 4)317 Allemands vinrent s'établir en

(0 Le gcmrémeor du Canada.

(a) Colden^ Fivnindimi nations't a« part. The Trwly^ etc.

i88 GHROHOLOGIE HISTORIQUE

PensjrWanie 9 ainsi qae lyooo Anglais et Lrlandais enyi*

ron (t)- *

1752. LenouTeaa style^ ou calendrier sr^gorien, est adop* té dans les colonies anglaises, d'après 1 acte du parlement britannique dé l'annëe précédente.

1753. Le collège de Pensylvanie^ fondé par quelques citoyens de Philadelphie, au nombre desquels se trouvait le docteur Franklin, qui en dressa le plan, fut érigé cette année en corporation. Il se composait d^une académie et de plusieurs écoles de charité. Deux ans plus tard, il obtint une nouvelle charte, qui autorisa les professeurs à conférer les degrés et les honneurs littéraires (2).

1753, Qct. Dans une conférence qui eut lieu à Garlisle, entre les commissaires (3) de la province de Pensylvanie et des Indiens deTOhio, ceux-ci se plaignirent de ce que le commerce anglais ne leur apportait guère que du rhum et de la farine, et très-peu de poudre et de plomb, 6u d'autres articles de quelque valeur. Nous n'avons jamais entendu, dirent-ils,

Sue le commerce se bornerait au whisky et à idi farine. Nous ésirons qu'il n'en soit plus vendu dans notre pays. Si les Indiens en veulent, qu'ils aillent en chercher parmi les habitants. Ces trafiquants de whisky nous en apportent 3o ou 4o barils, qu'ils nous font boire, et ils enlèvent toutes les peaux destinées à payer les dettes contractées avec les honnêtes commerçants. Quand une fois ces rusés de marchands de whisky en ont fait goûter aux Indiens, ils leur feraient vendre jusqu'aux habits qu'ils ont sur le dos. Si Cela continue, nous serons ruinés ; c'est pourquoi nous vous prions de faire cesser cet abus.

Dans leur rapport au gouverneur, les commissaires

(1) Douglas, Summary, etc., II, article Philadelphia.

Cet auteur fait remarquer que , pendant les vingt-quatre dernières années, l'émigration a été si forte que la province pourrait devenir une colonie d'étrangers, si leur itatroduction n'était limitée par un acte de la It^islature ou du parlemeiit britannique»

(a) Le a* volume de potre description des États-Unis contient des renseignements sur les collèges, les écoles, les sociétés, les musées et les bibUotnèqués de Phila^elpme.

Voyez aussi : Memoirs of ike MUtorical societ)r oj PensylMuua , vol. III, part I. History ojfMs Unw€rsi$f, by G. C. IFood^M. D.

£n 1839, l'université de Pensylvanie comptait 85o étudiants. La bibliothèque possède a, 000 volumes.

(3) Richard Peters, Isaac Norris, Benjamin Fnmkliiir. Voyez Met^iew of PemyWama,by B, Franklin^ p. 309, London, 1759.

]>E.L*A]|ÉRiaiJ£. 189

confirmèrent les plaintes des Indiens, peignirent leor déplorable situation , recommandèrent d'y faire une sérieuse attention, et d'app(»*ter un prompt remède au préjudice que leur causait le commerce.

1754* Au mois de février, dans un message adressé au gou* vemeur , l'assemblée fit un rapport à peu près semblable, concernant le commercé avec d autres Indiens , et proposa quelques mesures pour l'améliorer. Elles étaient d*autant plus urgentes que les Délawares et les Shawaneses venaient de rompre leurs relations arec les Andais, pour diffi^réilts motifs dont voici les principaux : i ** abus dans les affaires commerciales ; 2<* prise de possession illégale de plusieurs portions de terres ; 3® mise à mort de fVeekweefy ou Wèkohe" lohy l'un des chefs des Délawares, pendu à New-Jersej pour avoir tué , par accident, disaient les Indiens , le capitaine Jean Léonard; 4** emprisonnement, en temps de paix, dans la Caroline, de quelques guerriers shawaneses , àant le chef mourut incarcéré.

1755. Gomme les propriétaires de la Pensjlvanie jouissaient individuellement d'une grande étendue de terrains, l'assemblée demanda instamment qu'ils fussent taxés comme les autres habitants , et contribuassent, proportionnellement à leur fortune, pour la défense commune. Elle fît passer plusieurs bills basés sur cette égalité de répartition ; mais le gouverneur refusa de les sanctionner , déclarant n'être pas autorisé à cet égard.

Les pro|)riétaires, au reçu de la nouvelle de la défaite du général anglais Braddock (i), donnèrent ordre au receveur général d'aiouter la somme de 5oo livres, à celle que voterait l'assemblée, pour la défense de la province.

La chambre, au mois de mai, avait, par un bill, mis à la disposition du roi i5,ooo livres, dont 10,000 devaient être employées à l'achat et au transport des provisions nécessaires aux troupes de sa majesté, dans le Massachusetts , et les 5,000 restant pour les troupes de la Virginie.

Au mois de novembre, rassemblée, par un nouveau bill, accorda encore 60,000 liv. à la couronne ; mais, en raison du don des propriétaires , elle excepta leurs biens de la taxe de répartition. L'assemblée passa aussi un bill, prépiuré par Franklin , pour l'établissement d'une milice volontaire, afin de se défendre contre les Indiens, et tl'agir de concert avec

(i) Le 9 juillet.

la Virginie. On organisa plosieiirs compagnies ; mais, leor serriee n^ayant pas été nécessaire, l'argent destine à les' solder fat employé, sous la sonreillanoe de Franklin, à laconstmction de forts sur les frontières de la proTinœ (i).

En tj56f William Dennyîat nomme gouremeur, et en rempKt les fonctions jusqa'en 1759, qu'il fut remplacé par James Hamilton.

1756. Expédition contre les Indien^ du village deKit'^ taningy situe à aS milles enriron au-dessus du fort Duques-ne (Pittsburg). Cette expédition, composée d'environ 3oo hommes de troupes proyinciales, sous Le commandement du capitaine Armstrongy partit du fort Shirley (2) , le 3o août, et arriva, le 7 de septembre, de grand matin, près du yillage, qu'elle attaqua immédiatement. Les Indiens se défendirent ayec bravoure et refusèrent de se repdre, en déclarant qu'ils étaient des hommes et ne voulaient pas être prisonniers. Le colonel ordonna alors à ses troupes de mettre le feu aux cabanes ; et, comme plusieurs contenaient une assez grande quantité de poudre, l'explosion les fit sauter avec les Indiens qui j étaient enfermés. Le capitaine Jacob, leur chef, fut tué, avec sa femme et son fils, en essayant de se sauver par une fenêtre ; et trente à quarante autres périrent en cherchant à passer la rivière. Onze Anglais prisonniers furent délivrés (3).

Dans une conférence qui eut lieu, au mois de novembre , à Easton, entre les Indiens et le gouverneur Denn^, celui-ci leur ayant demandé de lui £àire connaître les motifs de lear oondiAte hostile , Teedyuscungj chef des Délawares, qui représentait quatre nations, répondit : « Que la terre où il se trouvait alors était la sienne , son héritage , et qa'on la lui avait prise par fraude. Quand je dis cette terre, ajouta-t-il,

Çveux paner de toute celle qui se trouve entre la crique de ohiccon et Wioming, sur le Susquehannah. Après que je fus convenu de vendre au vieux propriétaire (4), les têrr^ qui sont le long du fleuve, le jeune propriétaire vint les me-

(i) Franklins' lFor^$,y^. I,p. i55, and fTashingtoM' writings, Ily p. m-3, h/ Jared Sparkê, Boston^ 1834.

Ja) Ce fort se trouvait sar le toorà de U rivière Juniata, environ i5o iet à l'ouest de f lOladelphia.

(3) àitmte^ UiaÈorf^ tke lau war^ London, 178a.

(4) WilUtm Penn.

DE l'àMÉRIQUE. 191

snrer arec le coin|Mt9, et il prit, en ligne droite, le doaBle de ce qai devait lui être vendu. »

Le gouverneur de Pensjlvanie conclut néanmoins un traité avec les Indiens Délawaref , qui habitaient les bords du Susquehannah , et , en même tems , il gagna l'amitié des Catûwbas.

Le fort Loudoun fut établi à Winchester y sur la rivière de Tennesse , et celui de Cumbertandreçvit un renfort de Cherokee8(i).

1757. Le 7 janvier, le Conseil {corporation) de Philadelphie adressa au colonel. Âmstrong une lettre de félicitations et de remercîments, relativement il la valeureuse conduite qu'il avait tenue , ainsi que les officiers et les soldats sous ses ordres , à l'attaque du village de Kittaning^ et elfe lui offirit une médaille et un vase d'argent. Elle donna également une médaille d'argent à chaque officier^ et une récompense pécuniaire aux troupes (2).

1757, janvier* Nouvelle contestation entre le gouverneur et l'assemblée de Pensjlvanie. L'assemblée , ajant voté la somme de 100,000 liv. sterl. pour la défense de la colonici avait décidé qu'elle serait levée, au moyen d'une taxe proportionnelle, sur toutes les propriétés réelles et personnelles, et sur tout individu imposé. Le gouverneur Denny refusa de sanctionner ce bill, alléguant que les propriétaires devaient être exempts de cette taxe, parce que leurs terres étaient généralement incultes. L'assemblée envoya à Londres Benjamin Franklin, pour exposer cette affaire au gouvernement anglais. Le conseil privé du roi, après un mûr examen, décida Sue l'impôt devait être équitablement établi sui* le revenu, •'assemblée fit passera cet effet un projet d'acte, qui fut ensuite approuvé par le roi (3).

Cette année, le cabinet anglais envoya aussi des commissaires pour traiter avec les Indiens des six Hâtions, Afita d'établir ses prétentions sur la contrée arrosée par VOhio^ il disait que les Jroquois étaient sujets de la Grande-Bretagne, et que ces Indiens,, ayant autrefois conquis le pays réclamé , il était devenu, par cette raison, une portion de l'empire britannique.

i\ Mantes^ Histqry ofthe laU war, book II.

aj Historical society ofNew'Yoïic, vol'. III, p. 398-9, note A.

^3) Pendant son séjour à Londres, tranklin s occupa à rédiger Fouvraee intitulé : HitUnictd review ofthe con$titiition and goventment ofFensjrlvania from ia origine etc. , London , 1 759.

102 CHRONOLOGIE BISTORIQUE

17Ç8. Expédition contre h fort Duquesne , situé au con^ fliunt des rivières Alleghany et Monongahela. Les Anglab 9 encouragés par la reductioi) du fort de Frontenac , résolurent de tenter celle du fort Duquesne. 8,000 hommes énTirôn, commandés par le général Forbesy partirent , au mou de juillet, de Philadelphie, et se rendirent à Hays-Town,

E>ur y attendre les troupes régulières de la yirginie, sous s ordres du colonel Washington^ quin'arriTa qu'au mois de septembre.

Cependant le général détacha le maier Grant, avec 800 hommes , pour reconnaître le fort et le pays circoQTpisin. Attaqués par la garnbon, forte de 5oo hommes environ, ils furent complètement^ dé£aiîts, perdirent 3oo hommes tués ou blessés ; et le major,« ainsi que 19 officiers, restèrent prisonniers.

Vers la fin de novembre , le général Forbes arriva devant le fort, que les Indiens avaient abandonné à son approche. La garnison, ne pouvant lutter contre des forces si imposantes, l'évacua a^rès 7 avoir mis le feu, et se sauva sur des ctialoupes par la rivière de l'Ohio. Le 25, les Anglais, en ayant pris possession, le nommèrent Pittsburg (i), en l'honneur du premier ministre Guillaume Pitt.

Peu après, les nombreui^ Indiens du voisinage vinrent y faire leur soumission. Le général, après y avoir laissé une garnison de soldats provinciaux et établi une forteresse en bob près de Loyal-Hannan, partît pour Philadelphie, où il mourut, épuise de fatigues, quelques senliaines après son retour (2).

lySg. Dans les dix dernières années, la population s'était tellement accrue dans la Pensylvanie, qu'on y comptait 20,000 familles (3).

1763. Cette année, yoA/i Penny fils dje Richard Penn, un des propriétaires de la Pensylvanie , saocéda au gouverneur Hamilton.

(r) Lat. 400 aS* nord, long. Sa» 18' ouMtde Pari», et a« 56* ouest de la cite de Washington, 097 milles de Philadelphie.

En \%!\o, la cité de Pittsburg renfermait !ii,ii5 habitants, sans y comprendre ceux des faubourgs. En 1800, on y comptait seulement

(3) Mantes^ ffistory of tke late war, lib. III. London, 178a. Mdrshals* life 4/ Washington, l, ch. i3. ffashtngtons' writingsby Jared.Sparks, II, p. Sai-a. (3) Prouds' PinsyWaniay II, p. 273-4*

DE l'aMÉRIQUE. 193

5 et 6 août. Défaite des Indiens de la i^aliée de l*Ohio^ pris de Bushy^Run^ par un corps de troupes sôus les ordres du colonel Bouquet, Gomme les Indiens iraient fbrm^ le projet de s'emparer de toutes les, forteréfsses des Anglais ds^s la vallée de TOhio , et que, depuis quelque tems, oH n'arait aucunes nouyelles de la garnison du fort Pitty lé colonel Bouquet fut expédié, avec Jès restes des 4^^* et 77* régiments,

Sour y porter des secoors. Il fallait, pour y arriver , traverser es boi s de 200 milles d-ëtendue , et un pays sans ressources, les Indiens a^ant ravagé les frontières, et forcé les habitants à se retif>er. Heureusement, les co^nmandants des forts Lig(m^ nier çt Bedford araient réussi à i^eponsser les attaques des ennemis. Ceux-ci, informés de la marche du colonel Bouquet j levèrent le siège du fort Pitt (i) pour attaquer les* Anglais danS' une position favorable. Le colonel , parti du fort Bedford, le 28 juillet « laissa, à son arrivée au fort Ligonnier, ses charrettes , chargées de provisions et de munitions , et continua sa marche avec environ 3^o chevaux chargés de farine. Après s'être arrêté à Bushy-Run, pour faire cafrajcbir sa troupe et ses chevaux, il poursuivait sa route, lorsqu'à 17 milles plus loin, il fut subitement attaqué, le 5 août, à une heure après midi , par une bande de sauvages placés en embuscade. Il parvint à les déloger et à les chasser des hauteui^ qu'ils occupaient, mais ils revinrent à la charge et la mêlée fut générale. Les Indiens combattirent avec lih grand courage, et ne se retirèrent qu'à rapproche de la nuit, après une perte considérable. Dans cette action , les capitaines Grnham et Mackintosh furent tués et quatre autres officiers anglais blessés.

Le4endemain, les Indiens ayant entouré le camp, à la distance de 1 ,5oo pieds , cherchèrent vainement à y pénétrer. Par une habile manœuvre du colonel , ils firent encore battus et forcés à la retraite jusqu'à Bushy-Run , où Bouquet campa de nouveau. Attaqué derechef, il repoussa les Indiens sans éprouver de pertes sensibles. Dans ces différents combats, les Anglais eurent néanmoins 5o hommes tués el ^^60 blessés (2).

1763, i4^ décembre. Massacre des Indiens de ConestO'* goe. A l'arrivée des Anglais en Pensylvanie, ces Indiens, t'es**

(1) Autrefois le fort Duquesne, «tué à 118 milles environ de Phila* delphie. ^ '

(i) Mante^ Ùùtùr/ of the late viar^ book XII.

T. xvm. 13

t^ CHRONOLOGU HISTOaiQUE

te3 d'mne trîbade$ Ax nations, leur araîent envoyé, pour les «omplimeiiter , des messagers cbargés de présents de venaison, de pelleteries et de maïs. Ils avaient ensuite fait, avec WiHiam Penn, un traité qui, d'après leurs expressions, devait duier aussi longtemsque luirait le soleil et que les eaux couleraient dans les rivières, traité souvent renouvelé et

Su'ils n'avaient jamais violé. Penn leur avait assigné la résîence de Conestogoe, où ils avaient toujours vécu- en bonne intelligence avec les colons voisins. .Cette tribu , qui avait graduelleoient diminué, se trouvait alors réduite à 20 individus , dont 7 hommes , 5 femmes et 8 enfants des deux sexes. Cinquante-sept habitants du comté de Lancaster , presque tous presbytériens , animés d'une frénésie religieuse , et semblables à Josué , .résolurent la perte de ces Indiens, afin , sans doute, de s'emparer de leurs terres. Cette bande furieuse , armée de fusils, de haches et d'épées, et montée sur de b<»is chevaux^ arriva, au point du jour, à Conestogoe, entoura le village , n'y trouva que trois hommes, deux femmes et un petit garçon, et, après les avoir massacrés, mutilés et dépouillés de leurs chevelures, mit le feu aux cabanes. Les quatorze autres Indiens étaient allés vendre quelques articles de leur industrie , tels que des paniers et des balais. Informés du sort de leurs frères , ils se retirèrent à Lançaster, où les magistrats leur accordèrent protection et les placèrent dans la maison de travail.

Cinquante individus de la même bande arrivèrent à la ville, le 27 décembre, enfoncèrent les portes de la maison ik travail , surprirent les malheureux Indiens qui , sans armes pour se défendre , se jetèrent aux pieds de ces barbares, protestant inutilement de leur attachement aux Anglais, car, en quelques minutes, ils furent tous massacrés.

Ces bandits remontèrent à cheval en poussant des cris de triomphe , et se retirèrent sans être poursuivis. Un autre parti s'étant joint à eux, ils - résolurent de détruire le reste des Indiens amis. Ceux-ci, au nombre d'environ i4o, qui habitaient fVialusing: et qui s^étaient enfuis jusqu'à Germon^ rotvn, à six milles de Philadelphie, furent sauvés, grâce à la

Srotection des habitants de la ville, qui obligèrent les banits de se disperser (i).

il) Proudi* gênerai êtau of Peruyivania^ vol. II, part. 3. l'auteur y donne l'extrait d'une publication Ipii parut peu de lens après cet événement, intitulée : Oétailt dv dernier massacre qui a eu

]>£ l'aMËRIQUE. 195

1764* NcuveUe expédition du colonel Soumet contre les Indiens de la vallée de VOhio. Ce commandant rëunit, le 5 août, à Carlisle, ses troupes, au nombre de i,5oo hom* mes, pris dans deux régiments :Jes uns, volontaires de la Virginie, ayant à leur tête le lieutenant-colonel Francis ; les autres de Pensylvanie^ sous les ordres du lieutenant-colotael Clajton. Après que le gouverneur Penn,.qui se trouvait dans cette ville, les eut harangués pour animer leur courage, ils se mirent en marche, arrivèrent, le i3, au fort Loiidouny et, le 17, au fort Pitt^ où le colonel les fit reposer. Le premier octobre, djeux Indiens des six nations se présentèrent; comme amis, au commandant, et cherchèrent à le dissuader de continuer sa marche contre des nations si nombreuses et si guerrières. Sans égard à leurs observations , le colonel se remit en route, le 3 octobre, et s'arrêta, le i5, sur les bords du Muskinguniy grand affluent de TOhio, où il reçut, le g novembre, à une pejLite distance de son camp, une députation des guerriers sénécas, délawares et shawanese (i).

Ces chefs cbercKèrent à rejeter le blâme des torts qui leur . étaient reprochés sur leurs jeunes guerriers et sur les nations de l'ouest ; mais le commandant , repoussant ces prétextes , leur rappela plusieurs traits de leurs perfidies : le massacre , ou la captivité des trafiquants, après les avoir pillés ; le siège mis devant le fort Fitt, qui avait été bâti avec leur consentement ; l'assassinat de quatre envoyés publics , leur attaque de Tannée précédente contre les troupes royales, dans les bois ; et, enfin, il leur reprocha leur mauvaise foi, en refusant de remettre, le 10 septembre dernier, malgré leurs engagements , les prisonniers an colQnel Bradslreet. « J'ai s^^ec moi, continu-^- t-il, les parents de ceux que vous avez massacrés ou faits prisonniers. Us ont la ven&eance dans le cœur. Vos anciens alliés, les Ottawas, les Chippeivas et les Wyandots ont fait la paix avec nous , ainsi que les six nations. Possédant toutes les eaux de TOhio , du Missîssîpî, du Miamiet des lacs, notre empire vous environne partout. Les Français, habitants de ces contrées, sont devenus sujets de la Grande-Bretagne et n'osent plus vous . aider. Je demande que, dans douze jours d'ici, tous les pri-

lieu , dans le comté de Lancaster, sur les Indiens amis de cette prcK vince.

(i) Kiyashuta^ représentant des Sënécas, avec dix guerriers ;

Custaloga, avec vinçt guerriers délawares ;

KeiisinautGha et NimwhUf luivis de quarante guerriers shawancie.

ig6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

sonniers que tous avez. Anglais, Français, femmes, enfants, mariés on adoptés dans vos tribus, ainsi que tous les nègres, me soient livrés à fVauhatamikcy et que tous leur fournissiez les habits, les provisions et les chevaux qui leur seront nécessaires jusqu'à leur arrivée au fort Pitt. »

Dans cette conférence du commandant avec les Indiens, le 9 novembi-e^ Klyashuta^ qui représentait les Sénécas, s'exprima ainsi : « Avec cette baiide de wampum, j'essuie les larmes de vos yeux. Avec cette ceinture, notis réunissons les ossements de ceux qui ont été tués dans cette malheureuse guerre ; nous couvrons de feuilles le lieu où ils sont ensevelis^ afin q\i'on ne puisse plus les voir ni en parler. »

Faucon rouge ^ orateur àes Shawanese, s'adressant au co* lonel, lui dit : « Frère, écoutez vos jeunes frères. Nous découvrons dans vos yeux un certain mécontentement envers nous 'y vous avez entendu de mauvais rapports : nous en nettoyons vos oreilles, afin que vous puissiez nous écouter,; nous balayons ce qui est mauvais dans votre cœur, afin qu'il soit comme le cœur de vos ancêtres. Vous avanciez contre nous le tomah4lwk en main ; nous, vos jeunes frères, nous le prenons en votre main et le jetons en haut, vers le Bon-Esprit. • Frère , vous qui êtes un guerrier, je vous prie de prendœ cette chaîne d'amitié (et il lui tend un cordon) et de la recevoir de nous, qui sommes guerriers aussi. Ne nous faites plus la guerre ; ayez pitié de nos vieillards, de nos femmes et de nos enfants. «

Les chefs remirent ensuite au coYnmandant 2o5 prisonniers (i). Il en restait encore une centaine chez les Shawanese, que leur chef promit de mettre en liberté au prin* tems. Parmi ceux qui furent ramenés se trouvait le major Smallman^ de Pensylvanie.

1 765. Les Shawanese j qui, an mois de novembre, n'avaient rendu au colonel Bouquet qu'une partie de leurs prisonniers, lui remirent le reste le 9 mai, et l'orateur de cette tiûbu fit un long discours qu'il termina ainsi : « Voici une ceinture javec la figure de notre père, le roi, à l'an des bouts, et celle du chef de notre nation à l'autre 5 ils tienneat la chaîne

(1) PensylvaiiieBS : Hommes

— Femmes et enfants ... ^^

Virgimens : Hommes 3a

— Femmes et enfants ...... 67

En tout. • « ao5

DE l'aMÉRIQUE. 197

d'amitîéi et nous espérons qu'elle n'ëchappera ni à l'an ni à l'autre y aussi iong^tems que le soleil et la lune répandront leur lumière. »

Les Indiens, par leur convention avec le colonel Bouquet, s'étaient aussi engagés à conclure la paix arec le chevalier Guillaume Johnson, ce qu'ils firent par leurs députés, 4 l'entière satisfaction de celui-ci.

A l'arrivée des prisonniers au camp des Anglais, il y eut une scène, extrêmement touchante ^ que nous allons décrire en peu de mots. D'après Bouquet, on voyait des pères et des mères reconnaissant avec joie les enfants qui leur avaient été enlevés ; des maris emhrassant avec transport les femmes qui leur étaient rendues ; des frères et des sœurs qui, réunis après une longue séparation , avaient peine à se comprendre dans leurs différents langages. Ceux qui* ne retrouvaient pas les êtres qu'ils avaient perdus couraient çà et là pour s'en informer , et , n'en recevant aucupes nouvelles, poussaient des cris douloureux. Les Indiens témoignaient les plus grands regrets de se séparer des personnes qui leur étaient devenues chères , et ne les livraient au colonel qu'en versant des larmes : tout le tems qu'ils restèrent au camp, ils leur apportèrent des peaux, du maïs et tout ce qu'ils avaient coutume de leur donner quand ils faisaient partie de leurs familles. Lorsque les troupes se mirent en marche pour le retour , plusieurs Indiens sollicitèrent et ol>tinrent la permission de les accompagner jusqu'au fort Pitt. Un jeune mingo poussa plus loin et donna une'preuve d'amour digne de figurer dans un roman. Parmi les captives, il se trouvait une jeune femme de Ta Virginie qu'il avait aimée au point de l'appeler sa femme. Il persista à la suivre, malgré le danger auquel il s'exposait en s'ap prochant des frontières , où il pouvait être tué par les parents des malheureux que les Indiens de sa nation avaient massacrés.

Toutes hes affaires étant réglées avec les Indiens, le colonel Bouquet leva son camp, le 18 novembre , pour retourner au fort Pittj où il arriva le 28. De là, il expédia les troupes régulières en garnison dans divers postes , et renvoya les troupes provinciales et les prisonniers dans leurs demeures.

1765. Au commencement de janvier, le colonel Bouqi:^ arriva à Philadelphie, où il reçut de la part des habitants de grands témoignages d'estime et de gratitude. Le i5, l'assemblée de Pensylvanie lui vota des remercîments pour les impartants services qu'il avait rendiis à la province, et, le i5

décembre saivant, M. Fauquier^ gonverneaf de la Virginie; lui adressa ane lettre, contenant les résolutions des membres du Conseil et de la chambre des députés de cette colonie^ qai le remerciaient pour l'activité^ le courage et le zèle par lesquels il avait forcé les Indiens à demander la paix, et à rendre la liberté aux prisonniers (i).

1765. L'assemblée de la Pensjlvanle, qui se réunit au mois de septembre , décida : i*» que les seuls représentants légaux pour les habitants de la province seraient ceux qui seraient élus annuellement comme membres de l'assemhlée; 2^ que les taxes établies par d'autres que par les représentants seraient Inconstitutionnelles , en opposition aux droits les plus sacrés ; 3® que le mode d'élection pour les membres du Parlement d'Angleterre ne peut convenir aux habitants de l'Amérique ; 4® que les pouvoirs de la Cour de l'amirauté, dans cette province, sont une Infraction aux droits du jugement par jurés (2).

1765, 5 octobre. Les habitants de Philadelphie , ajant appris l'arrivée du papier-monnaie , en éprouvèrent une grande Indignation. Ils la manifestèrent en déployant, à mimât, les pavillons des bâtiments qui se trouvaient dans la rade, et par le branlement des cloches. Un grand nombre d'habitants , conduits par William Allen^ fils du premier juge, attendirent Hughes , chargé de distribuer le papiermonnaie , pour l'engager à se démettre de son emploi. Il s*y refusa avec opiniâtreté pendant quelques tems ; mais enfin 11 fut forcé de céder.

1767. Les droits des colons furept habilement maintenus dans une publication intitulée : Lettre d'un fermier améri-^ cain dans la Pensyhanie , ^ux halfitants des Colonies anglaises (3) par Jean Dickinson^ afin d'empêcher l'Introduction de nouveaux droits par acte du Parlement de juin et juillet : elle termine en recommandant à l'assemblée de la résolution pour soutenir leurs droits, en donnant des^lnstruc-

(i) Nistorical account ofthe expédition againstihe Ohio Inàian$ , in the yeàr 1764, under the command of Henry Boujquet, esquive, CO' lanel ofFoot and now brigadier gênerai in America , in-4**» Phila- <lelphia,'i766.

Bouquet était natif du canton de Berne , en Suisse. Il passa en Amérique avec le corps nommé Royal-Américain , dont les offîders étaient indifféremment Américains ou étrangers.

(a) Gordons' United States , vol. l, letterUL London, 1788.

(3) Iq-8o. London, 1768.

DE l'aMÉRIQUE. 199

lions à leors agents ^ et en p^titîomiant la eoeronne- et jie Parlement pour la réparation de leurs giîefs. Ces meâures furent immédiatement adoptées par l'assemblée de la Pen* sylvanie.

1766. Il avait été stipulé, par la charte de PensylraftSe , qu'aucuns droits ou contributions ne seraient imposés/ par acte du Parlement d'Angleterre , ni sur les propriétés, ni sur les habitants de la province, sans le consentement du propriétaire ou du gouverneur ainsi que de FasISemblée. Dans une discussion à la Chambre des communes d'Angleterre, en 1766, relativemAit à cette clause de la charte, Franklin représenta que, par cette charte, aussi bien que par la grande charte et le bill des droits, les habitants de la Pensyl vanie devaient jouir de tous les privilèges et de toutes les libertés accordés aux sujets anglais , et qu'ils croyaient que le parlement ne voudrait ni ne poun^ait jamais s'arroger le droit d'imposer la province, jusqu'à ce qu'il en eât acqois l'autorité, en admettant dans son sein des membres qui représentassent le peuple taxé.

Chai mers observe à ce sujet que, si, par la charte, les Pensylvaniens n'étaient pas reconnus sujets anglais, ayant droit aux mêmes libertés et privilèges que ces derniers, c'était parce que, selon les plus habiles juristes , cette déclaration avait été jugée inutile ; car , la charte renfermant Tallégeanee due à la couronne, les colons, d'après la loi commune, devaient être considérés comme véritablies sujets anglais , et, en cette qualité, avoir le^ mêmes droits. La grandie cliarte, ajoute cet auteur , la petite de 1628, pour l'établissement des droits, et la déclaration des droits de i6tS8y garantirent au peuple qu'il ne serait taxé que du consentement mutuel de ses représentants et des autorités supérieures. Cependant 1q parlement prétendit que ce droi; lui appartenait (i).

1768. L'assemblée de Pensyl vanie mar^esta son opposition k Tacte du parlement anglais, oui imposait une taxe sur le papier, lé verre , le thé et les couleurs.

Franklin représenta à la Chambre des communes que, durant la guerre de sept anr, la Pensylvanie avait contribué aux dépenses pour un demi-million sterling, et qu'elle n'avait reçu du parlement qu'une indemnité de 60,000 livres (2).

(i.) Chaimen* Annali^ I, ch.^i, note 18.

(a) PrtuiklM examination bejore the Home ofCommoru, 1768.

1768^ Au in(n$ de janTier, Frederick Stump et John IroncutUr^ ayant massacré dix des Indiens amis , près du foi:t Augustay leur chef ëcriyit au commandant la lettre suiyapte : c Cher frère , je suis charmé d'avoir de vos nouvelles» J'ai appris que vous êtes très-affligé, que les larmes coulent de vos yeux. J'essuie les larmes avec ma couverture. Si votre cœur n'est p^ à l'aise, je Iç rendrai tranquille. Maintenant, m'assiérai-je encore et fumerai-je ma pipe ? Je tiens un des bouts ^e la chaîne d'amitié : si mon frère laisse tomber l'autre bout, je laisserai anssi tomber le mien , mais non auparavant. Quatre Indien» de mon sang ont été assassinés. Que Stump périsse. Votre peuple est bon ; Stump ^seul possède le mauvais esprit. Que le peuple de Juniata demeure alors en paix. Il n'y a pas de dangers. Les hommes rouges sont trianquilles. votre cher frère, Sbawana Ben. De Big Island, au capitaine Patterson, à Juniata. »

1770. Les Indiens ayant encore éprouvé des msinvais traitements, un de leurs chefs, Conoquiescoriy adressa le discours suivant au gouverneur de Pensylvanie : « Nous ne nous plaisons pas dans la guerre. Nous aimons la paix. Notre peuple a été volé , assassiné , et point de dédommagements ! Nous recevons des injures et pas de réparations ! Si les vieux guerriers gardent le silence, les jeunes parleront. — La vengeance ne peut pas demeurer tranquille. — Nous blesserons ceux qui nous blessent. — Vous nous avez dit que nous pouvions chasser et pécher en paix : ouvrez nos yeux, afin que nous puissions voir ces bonnes choses ( i )• »

1770. A cette époque, la population de la Pensylvanie s'élevait à 200,000 individus.

1771. Richard Penn arrÎYA d'Angleterre à Philadelphie avec une commission de gouverneur, et, cette même année, John Pennj après la mort de son père, devint propriétaire et une seconde fbis gouverneur de la province.

1 771. Voici deux discours adressés au Conseil par des chefs indiens Cayuga : « Quand nous sommes dans nos wigwanj^Sy nous pensons à vous. Nous connaissons la route et le sentier sur lesquels nous avons passé ensemble. C'est la route de l'amour; c'est le sentier de l'amitié. Nous sommes venus sans crainte. Nous voyons le vieux feu du Conseil allumé par

(i) ffistorical Society ofPensyk^ania, roL I, part. II. Philadelphia, i8a6.

DE L*ÂMÉRri|UE. aoi

nos pères. Il brûle brillant et clair. Éclaircissez vos yeux, afin qoe yoos puissiez nous voir. Ouvrez vos bouches ; blanchissez vos cœurs ; ouvrez vos oreilles ; écoutez. Le premier feu brûla clairet brillant; un autre a été allumé ; mais tous deux se sont éteints, et le sentier qui conduit à nos" frères a été difficile à trouver. Nos pères tiennent la chaîne d'amitié ; des hommes méchants ont essayé de la rompre ; mais nous la tenons fermer Nous regardons Wyoming. Nous avons vu des hommes blancs du coté où se lève le soleil. Que font-ils là ! Nous ne leur avons pas vendu.de terres (i ).. Que sommesnous? Nous sommes Shawanese, Délawares, Mohicans, Nantikôkes et Conoys. Nous avons donné la terre à Onas ; Onas nous a laissé un petit coin sur lequel nous pouvons nous reposer. » Shawana Ben parla ainsi : « On nouis a dit que, quand nous serions las de nos terres, nous pourrions les laisser. Nous en sommes las ; nous désirons les vendre. Nous sommes las de Big-Island. Nos tomahawks et nos mousquets sont sombres : faites- les briller.- Quelques-uns d'entre nous sont vieux ; donnez-leur des chevaux. Frères , maintenant, restons en paix , puisque nous nous sommes expliqués (2). »

1773. Le commerce du port de Philadelphie avait pris un si grand développement, qu'il s'éleva cette année à 7 1 1 ,000 liv. sterl. ,

'1776. La population de la Pensylvanie ne cessait de s'accroître } et, d'après les derniers recensements, le nombre des Allemands établis dans cette province était estimé'à environ 3o,ooo individus (3).

28 septembre. Établissement de ia constitution de la république de Pensylvdnie. Déclaration des droits. Tous les hommes sont pés libres et indépendants. Ils ont des droits certains , naturels et inaliénables , ceux de jouir de la vie et de la liberté ; d'acquérir et de posséder une propriété ; d'adorer rÊtre suprême, selon leur conscience et leurs lumières.

Le peuple a seul le droit de se gouverner et de régler son administration intérieure. Tous les officiers du gouvernement sont ses mandataires , et lui sont comptables. Le gouvei^ne-

(i) Cayuga fait allusion a l'établissement des colons de la Nouvelle- Angleterre, dans la vallée de Wyoming.

(9) HiUorical êociety of PensylvanÙL, vol. I, part. II.

(3) Voyez les tabl«aaz au commencement et à la 6n de Tarticle.]

ment est institué paar la sAreté et la protection du peuple j et non dans Tintërét particulier d'un seul homme j d une famille y ou d'un assemblage d'hommes. La communauté a le droit incontestable de réformer, de changer ou d'abolir le gouvernement de la manière qu'elle juge convenable.

Afin d'empêcher les officiers publics de devenir oppresseurSy le peuple a le droit de les faire rentrer dans l'état privé, et de pourvoir aux places vacantes par des élections.

Tontes les élections doivent être libres, et tous les hommes libres, y ayant un intérêt suffisant , ont un droit égal à élire les officiers, et à être élus pour les différents emplois.

Chaque membre de la société ayant droit à sa protection, est, par conséquent , obligé de contribuer aux frais de cette protection.

Tout homme accusé d'un crime a le droit d'être entendu , ar lui-même, on par son Conseil ; de demander la cause et a nature de Taccusation ; d'être confronté aux témoins, sans être obligé de fournir des preuves contre lui-même ; et personne ne peut être privé de la liberté que par un jugement de ses pairs, en vertu des lois du pays.

Tout homme a le droit d'être à l'abri de toutes recherches et de toutes saisies , pour sa personne , ses propriétés et ses papiers. Aucun mandat ne peut être décerné que d'après les formalités prescrites , qui exigent une désignation et une description s péciales .

Dans les discussions relatives à ïa propriété , l'instruction et la forme de procéder par Juré , doivent être regardées comme sacrées.

Le peuplé a le droit et la liberté de parler, d'écrire et de publier ses sentiments. Il a aussi celui de porter les armés pour sa défense, et pour celle de l'État. Eh tems de paix , il ne pourra être maintenu d'armées sur pied , leur existence étant dangereuse à la liberté. Le militaire doit être toujours subordonné à l'autorité civile.

Tous les hommes ont le droit naturel de quitter l'État où ils demeurent , pour s'établir dans un autre , ou de former un État nouveau dans des pays vacants , ou daris ceux dont ils ont fait l'acquisition. Le peuple a le droit de s'assembler, de délibérer dans l'intérêt commup , de donner des instructions à ses représentants, et d'adresser des pétitions ou des réclamations à la législation.

Forme de gouvernement, La république, ou l'État de Pensylvanie, sera gouverné par une Assemblée des Représen-

DE L AMÉRIQUE. 2o3

tants^ et par an président et an Conseil, 'Le pouvoir légis^ latifsetSi confié à «ne Cbambre, composée des représentants des hommes libres ; le Pouvoir exécutifs à un président et à an Conseil. Des Cours de justice seront établies à Philadelphie, et dans chacim des comtés de l'État.

Tout homme libre, de l'âge de 21 ans , qui aura résidé dans l'Etat, une^nnée entière, immédiatement avant le jour de l'élection des représentants , et qni aura payé les taxes, aura droit de suffrage ; et les enfants des francs-tenanciers, du même âge, auront le même droit , sans avoir payé de taxes.

Pour être élu représentant, il faut avoir résidé, auparavant, deux années dans la ville ou dans le cotnté où se fait l'élection , et l'on ne pourra occuper aucun autre emploi , si ce n'est dans la milice, ni être élu plus de quatre ans sur sept.

Les représentants seront choisis annuellement au scrutin. Les deux tiers du nombre total des voix feront un quorum (i).

Chaque représentant, avant de prendre séance , fera et signera un serment de fidélité à l'Etat , ainsi qu'une déclaration conçue en ces termes : Je crois en un seul Dieu, créateur et gouverneur de cet Univers , qui récompense les bons et punit les méchants, et je reconnais que tout ce qui est contenu dans l'Ancien et le Nouveau-Testament a été donné par inspiration divine.

Les délégués pour représenter l'État au Congrès seront élus au scrutin, par l'assemblée générale, tant que cette représentation sera nécessaire.

L'entrée à l'assemblée générale sera libre pour toutes les personnes qui se comporteront décemment, excepté quand le bien de l'État exigera que les portes en soient fermées.

Le journal des* séances de l'assemblée sera imprimé chaque semaine.

Les bills , d'Intérêt public , seront imprimés , aBn de les soumettre à l'examen , avant leur dernière lecture devant l'assemblée^ excepté dans les occasions où la célérité sera nécessaire, et ils ne seront passés en lois que dans la session suivante.

Les appointements des représentants seront payés par le Trésor public.

Le suprême Conseil de la puissance executive sera com-

(1) Le nombre de membres nécessaire pour délibérer^

2o4 GUR0N0L06IE HISTORIQUE

pose de doaze personnes choisies au scratin par les hommes libres, pour trois ans. Ces conseillers, enyertu de leur oifice, seront juges de paix pour tout TÉtat.

he président et le vice -président seroni choisis , annuellement, au scrutin, parmi les membres du Conseil ^ par l'assemblée générale et le Conseil réunis.

Le trésorier et les aMtres fonctionnai re^ publics ne pourront être membres ni de l'assemblée , ni du Conseil , ni du Congrès continental.

Le président et le Conseil veilleront à lexécution des lois, et des mesures qui auront été prises par l''assemblée générale.

Tout fonctionnaire public pourra être poursuivi , pour malversation, par l'assemblée générale.

hes Juges de la Cour suprême de justice seront nommés pour sept ans, mais leurs commissions pourront être renouvelées ou retirées , dans tous les tems , pour mauvaise conduite. Ils ne pourront remplir d'autres fonctions publiques.

Les Cours de justice seront tenues , tous les trois mois , dans chaque ville et comté. Elles seront publiques, et la justice sera administrée impartialement , sans corruption ni délai.

Aucun débiteur ne sera retenu en prison , lorsqu'il aura fait à ses créanciers la cession de tous ses biens.

Tout prisonnier sera élargi, en fournissant cautions suffisantes, excepté pour les crimes capitaux. .

Les j'uges de paix seront élus, annuellement, par les francstenanciers, les shérifs et les coroners par les hommes libres.

Toutes les élections , soit par le peuple , soit par l'assemblée générale, se feront au scrutin.

Il ne sera payé, par le peuple , aucune taxe , qu'en vei'tu d'une loi.

Tout étranger, de bonnes mœurs, qui voudra se fixer dans l'Etat , pourra acheter et posséder des hiens en terrea , ou autres biens immeubles , après avoir prêté serment de fidélité à l'État, et, après une année de résidence , il sera réputé véritable citoyen; mais il ne pourra être représentant qu'après une résidence de deux ans.

Deux personnes seront choisies, dans chaque ville et dans chaque comté, par les hommes libres, pour former un corps nommé Conseil des Censeurs j dont le devoir sera d'examiner si la constitution n'a été violée d'aucune manière ; si la puissance législative et la puissance executive ont bien Veipplî

DE l'aMÉRIQUE* 2o5

lears fonctions, comme gardiens des droits du peaple ; si les taxes ont*ëtd légalement imposëes , les fonds publics bien employés , et si les lois ont été fidèlement exécutées. Ce Conseil sera aussi investi du pouvoir de convoquer une convention.

Cette constitution fut signée par le docteur Benjamin Franklin , en qualité de président , par Jean Morris , secrétaire, et par tous les membres de la convention présents à la dernière séance.

1790, 2 septembre. Constitution actuelle de l'État de Pensylvanie. Le Pouvoir législatif est confié à une assemblée générale, formée d'un lycnaf et d'une Chambre de représentants.

Électeurs, Tout individu libre, âgé de 21 ans, qui a habité l'État pendant deux années au moins avant l'élection, et qui , durant le même tems, a payé une contribution pour l'État , ou pour le comte de sa résidence, est électeur, ainsi que tout fils d'électeur âgé de 21 ans accomplis, quoiqu'il ne paie pas de taxes.

Représentants, Les représentants sont choisis, tous les ans , le 2 octobre, dans les comtés, pour une année seulement. Pour être éligible, il faut avoir 21 ans, jouir des droits de citoyen , habiter dans l'État depuis trois ans , et résider depuis un an dans la ville ou le district où se fait l'élection, à moins qu'on n'ait été absent pour le service public des États-Unis, ou de l'État de Pensylvanie.

Le nombre total des représentants, ne peut jamais être audessous de 60, ni excéder 100.

«$'e/i^zfeur5. Les sénateurs, élus dans les districts, pour quatre ans, sont divisés en quatre classes , dont une est renouvelée, chaque année, par une nouvelle élection. Tout sénateur doit être âgé de 25 ans , jouir des droits de citoyen, avoir habite l'État depuis quatre années , dont la dernière dans le district d'élection.

Gouverneur, Le pouvoir exécutif est confié à un gouverneur, élu le 2 octobre, par les citoyens , pour trois ans. H ne peut occuper cette charge plus de neuf années sur douze-, ni remplir conjointement aucune autre fonction publique. Il doit être âgp de trente ans, avoir été citoyen et habitant de l'État pendant sept années avant son élection, excepté en cas d'absence pour le service public.

Le gouverneur est commandant en chef des forces de terre et de mer> tant qu'elles ne sont pas appelées au service gé-

ao6 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

néral des États-Unis. Il est investi du pouToir de nommer tous les officiers dont les places sont établies par la Constitution ou par la loi ; de convoquer l'assemblée générale dans les occasions extraordinaires ; de remettre les amendes et confiscations , et de faire grâce, excepté dans les cas d'accusation contre des fonctionnaiires publics. Lorsque le gouverneur a rejeté une loi soumise à son approbation, elle a besoin, pour être sanctionnée, d'être adoplee par le vote des deux tiers des chambres réunies.

• L'assemblée générale, qui se réunit, tous les ans, le premier mardi de décembre , choisit son président et ses autres officiers , décide de la validité des élections de ses membres, détermine la forme de ses règlements parlementaires, et peut, par un vote des deux tiers de ses membres, prononcer l'expulsion de celui qui , par sa mauvaise conduite , se serait rendu indigne de siéger.

Les séances des deux chambres sont publiques, à moins que des affaires importantes n'exigent le secret. Ni l'une ni 1 autre des deux chambres ne peut s'ajourner plus de trois jours sans leur consentement mutuel.

Les membres des deux chambres reçoivent une indemnité pour leurs services. Ils ne peuvent être arrêtés pendant les sessions, ni en s'y rendant, ni en retournant chez eux , à moins que ce ne soit pour trahison , félonie , ou infraction à la paix.

La chambre des représentants a l'initiative de tous bills concernant les revenus ; mais le sénat peut y proposer des amendements. Aucune somme ne peut être tirée du trésor sans une allocation déterminée par la loi.

Thomas Mifliv, président, Joseph RsDMAN, secrétaire.'

Accusation de crimes d^Êtat, La chambre des représentants seule a le pouvoir de porter une plainte en accusation contre ces crimes. Le procès a lieu dans le sénat, et le vote des deux tiers des membres est nécessaire pour la condamnation. Le gouverneur et tout autre officier civil peuvent être accusés quand ils remplissent mal leurs devoirs ; mais le jugement ne peut que leur retirer leur emploi et les empêcher d'en occuper un autre dans la province. L'accusé peut cependant être jugé suivant les lois.

Cours. Le pouvoir judiciaire est confié à une cour suprê" fMy à une cour deplé^ids commua et à d'autres cours dans

chaque comté. Les juges oonservent leur emploi tant qu'ils se conduisent bien.

Shérifs, Ils sont choisis, par les citoyens de diaque comté, au même tems et au même lieu où se faît Ijélection des représentants.

Milice. Tout homme libre doit être armé et discipliné pour la défense de l'État ; mais celui qyi, d'après ses principes religieux , ne peut porter les armes, doit payer une contribution équivalente à son service militaire^

Note A. William Penn, fils de Tamiral Penn, naquit à Londi'és, le i4 octobre i6449 et fut élevé à l'Université d'Oxford. Ayant adopté la religion des amis, ets'étant réuni à quelques* uns d'eux, pour prier et prêcher en secret, il fut mis à Tamende, comme non-conformiste. Comme il continuait i se livrer à ces exercices religieux, il fut expulsé du collège, à Tâge de 16 ans. De retour dans sa famille, il continua à fréquenter ta société des amis. Son père, persuadé que les relations de son fils avec cette secte, seraient un obstacle à son avancemeot, employa tous les moyens en son pouvoir pour le faire changer d'opinion, mais ne pouvant y parvenir , il le chassa de sa maison. Cependant Pafiëction paternelle l'emporta bientôt sur le ressentiment, et le jeune William fut envoyé , avec quelques personnes distinguées, en France. U la visita en grande partie et en apprit promptement la langue. En 1666, il retourna chez son père qui, satisfait de la conduite de son fils, lui confia la direction d'une propriété considérable en Irlande. Ayant fixé sa résidence à. 'Cork, il fréquenta de nouveau les réunions des Amis, et se convainquit plus profondément de la vérité de leur religion. Il était alors âgé de 32 ans. Uannée suivante, s'étant réuni à dix-huit autres pour des exercices religieux, ils furent arrêtes et mis en prison^ mais ils furent rendus à la liberté par rinfluence du comte d'Orrery, à qui Penn avait adressé une lettre dans laquelle il représentait ce genre de persécution comme contraire au véritable christianisme et à la same poliûque. Cet emprisonnement ne fit que fortifier la croyaùce du jeune William, que son père, après de sévères remontrances, bannit encore de sa maison. Penn, n'ayant alors d'autres ressources que les modiques secours qui lui étaient fournis, en secret, par sa mère, s'en consolait en se rappelant ces promesses de Jesus-Christ : « En vérité , je' vous le ois, il n'y a pas un hoipme qui, ayant quitté^ pour l'amour de Dieu, sa mai*

2o8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

5on^ ses. parents, ses frères, sa femme, ses enfants , n'en reçoive amplement la rcesmpense , soit dans ce monde, soit -dans la yie éteroelie». * ^

i669; Pesn publia plusieurs traités, dont un est intitule : « The êamdy fmndation shaken. » Il y attaquait la doctrine de b Triaité,*et d'autres dogmes religieux, ce qui le fît emprisonner à la Tour de Lqpdres, où il resta sept mois. Quand u en sortit, il retourna en Irlande, où il arrangea les <a flaires de son père , et rendit plusieurs services aux Amis. En 1670 , il revint à Londres. Gomme le lieu de réunion de cette secte avait été fermé , en vertu d'une loi, non seulement contre eux, mais contre tcfus les dissidents, il prêcha dans la rue, ce qui le fît arrêter et conduire à MeXvgate. Traduit devant la cour, il se défendit avec tant de talent, qu'il fut acquitté par le jury. Peu de tems après, son père mourut après lui avoir donné sa bénédiction, et lui avoir légué une superbe propriété.

Il fut encore arrêté , pour avoir prêché dans une assemblée des Amis, et renfermé de nouveau à Newgate , où il resta six mois. £n sortant de prison, il passa sur le continent, et visita la Hollande et l'Allemagne. En i67«, il se maria et fixa sa rési* dence dans le Hertfordshire. En 1676, il fut un des principaux fondateurs des établissements du Wtst^NeW" Jersey (i). Il mourut en I7ii89 laissant un grand nombre d'ouvrages qui furent publiés, à Londres, ea deux volumes in-folio. Dans tous sesiécrits, il plaidait pour une entière liberté de conscience.

1681. Dans une lettre, en date du 5 mars, adressée à Robert Turuer , négociant à Dublin , en Irlande , Penn s'exprime ainsi (2) : « Après bien des délais, des sollicitations , des contestations dans le Conseil, mon pays m'a enfin été conféré , sous le grand sceau de l'Angleterre, et sous le nom de Pensylvanie, avec des pouvoirs et des privilèges très-étendus. Le roi lui a donne mon nom, en l'honneur de mon père. J'avais d'abord demandé qu'il fût appelé New-Wales, mais le secrétaire d'État s'y étant opposé, je proposai le nom de Sylvania auquel celui de Penn fut ajouté. »

Dans une autre lettre, du 12 avril, adressée' au même Turner et à deux autres de ses amis, Penn dit : « J'ai passé en Pensylva-

(1) Proudi' .Hi^torr of Peruyl^^ama, Introduetion.

Discoveries and TraveU in North AmeYica^ hy Nugh Afyrray^ I, article Pensylwania, London, 1829.

(a) Publiée pour la première fois dans le preibiér volume de la Société historique de Pensyiyanie. OriginalJetten^ Philadelphia, i8a6.

DE l'Amérique. aog

nie i3 ans, attacha à la vertu et à mes amis y et qui m'a fait

perdre^ Don seulement les hooaeurs de ce modâe^inais encore

16,000 livres de mes biens. Cependant je ne m'en phips pas.

En fait de libertés et de privilèges , je propose ce qi/il y a

de plus extraordinaire : c'est que ni moi ni me».fiicce8-

seurs n'ayons le pouvoir de faire aucun mal , et que la vo-

knté d'un seul homme ne puisse préjudicier h tout un pays. »

Penn, dans une trobième lettre au même Turner^ datée du 35

août^ dit» en parlant de ses droits et des recTevances qui lui sont

dues : « Je m'estimerais heureux de les vendre pour une peau de cas-

tor, qui vaut, à peu-près, une couronne. J'ai résiste à une grande

tentation, en refusant 6,000 livres que m offrait une Compagnie, '

sous la condition que je hii accorderais six actions dans la pro .-

vînce, et le commerce exclusif avec les Indiens, du sud au nord.

entre les rivières Susquehannah et Délawarey moyennant ur

droit de deux pour cent. Mon : que le Seigneur me guide par sa

sagesse ^ qu-il me fasse la grâce d'honorer son nom, d'être utile

au peuple, et que mon exemple profite a toutes les nations. »

Le S"* volume de la société historique de Pensylvanie contient des renseignements fort intéressants sur la vie privée de Guillaume Penn, d'après ses lettres inédites et son journal de dépenses, publiés par J. Francis Fisher. Dans l'année 1701, les dépenses de Penn ne montèrent qu'à 2,049 ^^^^s monnaie de la Pensylvanie, et il n'avait alors que sept domestiques dont un négrillon. M. Fisher fait remarquer qu'il n'y avait , à cette époque, aucun esclave h Pennsburg, excepté ceux qui avaient #é loués pour un tems limité.

B. Extrait des règlements de la société des Frères-unis, 1741. Les célibataires et les garçons au-dessus de 12 ans occupaient un bâtiment appelé Choir house (i) , des hommes non mariés. Les L'emmes non mariées et les jeunes filles au-dessus de 12 ans, vivaient dans \e Choir house, des sœurs non mariées. U y avait d'autres maisons pour les veufe et les veuves. Les mariages se faisaient avec l'approbation des parents et des plus anciens de la congrégation. Les baptêmes se faisaient par les ministres de l'église qui, ainsi que les témoins , imposaient leurs mains sur l'enfant. La cérémonie du lavage de pieds se pratiquait suivant le commandement du Christ : « Vous vous laverez les pieds lès uns aux autres. » Le jour de Pâques, au lever du soleil, ils se réunissaient dans un cimetière pour dire les litanies.

(1) Chœur^maison,

T. xxvill. 14

aïo CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Dans ckkque établissement, il y avait une çcole ponr les garçon» et une pour les filles. Les M oraves étaient considérés comme une grande aeotisilion pour la province, se faisant remarquer par leur nntûeile affection, la smiplicité die leurs manières et leurs habHiidai^^éGonomie et de propreté (i).

Comtés de VÉUii de Fcn^lvâMie avec létal' population en 1 84o .

msTRXcIr oauNTAi..

Adams r . 9SM4

4«,io2 . . . 57,5iô

3o,iia

Berks

Bucks ....

Chotiêtf. . .

Ciimi>eiiaiKt.

Dauphin» . .

Délaware. «•.•... i9t79i

Franklin > . 37,793

Lancaster

Lebaaon * 21,8791

Lebigh , • . a6,785

Monroe .

MoBtgonlety ....

Northattjiton . . .

Perry . .......

PhiUdelphia (cité) .

Piké.

SctMtj&ill. .....

Wayne

York. . ,

DISTRICT OOCmKHVAL.

Allegheoy . ; 8i,a35

Armùroag ,,,.... a8,365

Beaver , , . ^9*368

Bedfôrd 39,335

firaéford , . aa.'jGû

9"tiej, «:a

Cambna i,,aS6

Centre • , • . ao^oa

84,!io3 Clearfield ^"^U

Çfaiton ..,.,.... 8,323

Goiumbia. •..,,.« ^49267

Grawford 31,734

Fayette 33,574

Greew ,9,147

HuntiDgdoD 35,^4

Indiana ^ 20,78a

JefiFerson 7Ja5l

Total.

Juniata , 11,080

Luzerne 44,oo#

Lycoming 22,649

Aie. Kean 2,975

Merccr 3^,873

Miftin 13,092

Nortfaumberland. . . • 20,027

Potter 3,37Î

Somerset i9,65o

Susquehannah 21,195

Tioga 15,498

Union 22,787

Yenanfo ,7,960

Warren. .\ 9.278

Washington. ...».« i^t^JQ

Westmoreland 42,699

Total. . , Total oiIiïaal.

(0 Historicul $oci9ty of Pensxlvania, vol, I, part. II. Phiiadelpbia, t896. *^ '

DE L AMÉRIQUE. ftli

HARYLAND.

Le Marylabd est situf entre les 38« ,et 39* degrés 43' de latitude nord et^ei^e lei'"' dpgre 58' ^t. le V de longitude piiest de Wa»|iimtOD^«'éteodaxit le long des deux riyes de la baie de Chesape^He; il .estbonié, au nordyparlaPMMyjhràak; w.ificid et à l'ouest, par l'Etat de Dëlaware et par i'oeéan atlaotique, et à l'est-sud-est, par le même ocëan , sur use loûaueur de 35 milles. Sa superficie est d'envirdfi 10,800 milles carrés.

Mouvement âe la population.

En 1634 aoo habitants.

i665 »6,ooow V

1708 , . Sojooo ) ^ '

i8to. > • <i^,546

i8ao, 4o7j*79 ' •

1840 .4^a3a (aX

Mouvement de la population des principales villes de Maryland,

▼1LLB4. 1800. 1810. 1820. 1830. 1840.

Baltimore* . . . ^3,791 46,556 6a,738 8tt^6i5 ioa,3i3

Fredericà ... — -- 3,087 4>4^ 5, 18a

HagerttowB . . — — ^,690 8,37* 7,197

Annapolis ... — — ' ^i&o ^>6â3 2,79»

(i) British empire in America^ vol. I, article Mar/lané, a* édition,

(a) Lésais derniers dénombrements ont été faits en rerta des actes du Congrès des £Uts-Unis.

aia CHRONOLOGIE HISTORIQUE

TABLEAU des différentes cltuses de la population de Maryland, €n i9^0f fiiit en vertu dtun acte du Congrès dès États-Unis.

MMes blancs i58,636

Femelles blanches iSg^oSi

Blancs : Sourds et muets 178

Aveugles i65

Fous et idiotSy aux frais de l'État i33

— aux frais des particuliers a54

Esclaves et gens de couleur : Sourds et muets. ........ 66

Aveugles 91

Fous et idiots, aux frais de PÉtat ... V ' 4^

-^ aux Irais des partictifièrs. 99

Pensionnaîret du gouvernement 94

Agrienlteuxf 69,851

Commerçants* • * ^9349

Hanufactnriers et artisans aiylteS

Matelots naviguant sur l'Océan 731

— -^ sur les lacs, rivières et canaux if5i9

Gens de lettres 1^647

Universités et collèges 12

ÉtudianU 8i3

Académies et écoles de grammaire 127

Étudiants « 4,178

Écoles primaires 567

Élèves 16,98a

Écoliers aux frais publics 6,565

Habitants blancs , âgés de plus de ao ans, qui ne savent- ni

lire ni écrire 1 19695

Tableau des principaux officiers citais et de leur Umtenutnt.

Gouverneur. . .... ^. ... » 4,aoo dollars.

Secrétaire d'État a,ooo

Trésorier de la côte occidentale a,5oo

— • — orientale. ....... 45©

Géologifte a,ooo

Ingénieur a,ooo

Arpenteur général 800

Avocat-général. ....••.. casueL

Commissaire des emprunts « • • * i^*

Greffier du bureau de l'enregistrement des

terres. id.

Bibliothécaire 1,000

Adi«dant*général . » . . 5oo

DE l'Amérique. 2i3

Organisation judiciaire» La Cour de chancellerie est composée d'un chancelier, d'un greffier et d'un auditeur. Le premier a un trai* tement de 3,6oo dollars ; les deux autres n'ont que le casuel.

La Cour d'appel est composée d'un premier juge et cinq juges adjoints; Le premier a un traitement de a,5oo dollars ; les autres de a,aoo.

La Cour de la Cité de Baltimore est com|M)sée d'un premier juge et deux juges adjoints. Le premier a un traitement de a,4^^ dollars ; les deux autres de i,5oo.

Tableau des comtés de VÈtat de Màrylnndj avec leur population en 1840.

DI8TAIGT ORISnrTAL.

Caroline 7,806

Gecil i7,a3a

Dorchester i»,843

Kent 10,84a

Eueen-Anne 1 3,633

)merset 19,508

Talbot . . . 13,090

Worcester 18 377

Total. . . 469,a3a

mSTRIOr OCCIDENTAL.

AUeghany i5,6oo

Anne Arundel ^99^^^

Baltimore 134,379

Calvert 9,220

Charles i6,oa3

Frederick 36,4o5

Harfprd 17,120

Montgomery 14*669

Prince- George ï9>^^9

Sainte-Marie. ..-.., i3,2a4

Washington. a8,85o

Indiens. M n'y a pas de renseignements positifs sur le nombre des Indiens qui habitaient Maryland à l'arrivée des Anglais, en i633. Ceux qui vivaient alors en pmx avec lord Baltimore, étaient au nonibre de 3,ooo, dont 5oo guerriers ( 1 ). Maïs ils étaient beaucoup plus nombreux sur la partie orientale de la baie que de 1 autre coté. Ils habitaient de petits villages situés à 4<> ^^ 5o milles Tun de l'autre. Leurs cabanes avaient l'étendue d'un grand berceau, formé de jeunes arbres places en terre, courbés au sommet et recouverts d'écorce de cèdre. Ils couchaient au milieu, sur des nattes et autour du feu. Leurs principaux ustensiles de ménage étaient des vases de terre et des mortiers de bois. Des coquillages leur servaient de monnaie. Ces Indiens, comme ceux de la Virginie, s'occupaient de guerre, de chasse et de pêchç. Leurs femmes cultivaient le maïs, fesaient le pain et préparaient les repas.

Les Susquehannochs ou Susquehanriahs^ qui habitaient en-

fâ

1) Glovers* account oj Virginia, ritish empire in America i Tol. a, article Afar/Zû/î^/. London, 1741.

ai4 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

tre les baies deChesapeake et la Délaware, surpassaient tous les autres Indiens en taule et en courage. Le capitaine Smith, qui explora là baie de Chesapeàke, en 1608, rencontra 66 de ces Indiens guerriers qui ressemblaient à des géants. Ils portaient les cheveux très-longs d'un cote de la tête, et de l'autre ils les avaient presque ras. Ils étaient couverts de peaux d'ours et de loups dont ils n'avaient détaché ni la tète ni les pj^ttes. Ils étaient armés d'arcs et de massues. Le son de leur voix ressemblait à l'écho d'une caverne. Leur tribu , qui pouvait ipettre sur pied 600 guerriers, vivait dans des villages entourés de palissades pour se protéger contre les attaques des Massowomecksj qui, porteurs alarmes en fer, étaient leurs ennemis les plus redoutables. Us fesaient de fréquentes incursions contre les Foamacoes. Leur gouvernement était républicain, et celui des autres tribus, monarchique. Chaque village de celles-ci avait son ^veromance ou roi, et ses wesos ou conseillers. En tems de guerre, ils étaient commandés par des capitaines nommés cockoroosesy pour lesquels ils avaient le plus grand respect et dont ils exécutaient promtement les ordres.

Leurs mariages se célébraient de la manière suivante : le prétendu déposait une somme d'argent ou des marcliandises entre les mains des parents ou des amis de la fiancée, à un jour désigné qu'ils passaient gaiment.

Ils offraient à leur divinité les premiers fruits de la terre^ les prémices de leur pêche et de leur chasse.

A la mort d'un chef, son corps était placé sur une espèce d'échafaud jusqu'à ce que la chair fût entièrement consumée. Les ossements étaient alors enterrés avec des démonstrations d'une douleur violente.

Les différentes tribus de M aryland se soumirent successivement à Tautorité des Européens, peu à {Très leur arrivée ; mais les Yoamacoes se retirèrent dans l'intérieur pour éviter les Susquehannocks, qui emmenaient leurs femmes captives.

En i663, NattawassOj ayant été élu par sa tribu empereur de Piscatawayj sous le nom de TVahocasso, demanda au gouverneur Charles Calvert de confirmer son élection ; ce qu'il fit, en prenant cet Indien sous sa protection (i).

Par un acte du mois de mai 1666, l'assemblée de Maryland confirma, dans la possession d'une étendue considérable de terrain , une peuplade indienne qui l'avait réclamée. Les

(i) Ogilb/s' America^ ch. 11, seet. 3. London^ in-folio, 1671.

0JB t'jOtitMWB. 2t5

che& ooDSjentirent àétre trait&et cmsidétés coinme AnjeU da propriétaire de U proyinoe.

Il y eut œpendaat des hostilitës à différentes époques. En 16689 les Indiens de la cote orientale, plaqés sous Tanl^orité de l'emiïereur de N^nticoke, attaquèrent les colons; maïs ils furent p:omtement défaits par le gouTerneur Charles Cal vert.

£n 1669, l'assemblée accorda une concession de terres aux Indiens Choptanky qui bientôt après disparurent.

En 1677, les Indiens massacrèrent cinq colons, quatre hommes et une femme, près de Nomani^ sur la côte orientale de la province.

En 1698, l'assemblée accorda une certaine étendue de terrain aux Nanticokes; mais, après leur réduction, ils se réfugièrent sur le territoire des six nations ou Iroquois, qui avaient déjà accueilli un grand nombre d'entre eux.

Dans la même année, l'assemblée passa un acte en faveur de deux chefs indiens, Pamquask et Annatouquem^ d'après lequel ils devaient conserver leurs terres dans le comté de Dorehester, sur la rive septentrionale de Nanticoke, à condition de payer annuellement , comme tribut , une seule peau de castor (i).

Charte et premiers établissements. Le chevalier George Cal vert {1) avait obtenu , en 1622 , la concession d'une grande étendue de terrain sous le nom d'^valonj dans l'île de Terre-Neuve. Il s'y établit dans un lieu appelé Fernrland, qu'il visita au commencement du règne de Charles U. Peu content du sol et du climat de cette île, il se rendit à la Yir-

Sinie, où il ne fut pas bien accueilli. De là, il passa au nord u Potomac, et frappé de la fertilité et des avantages qu'offrait ce pays, il vint en Angleterre pour en solliciter la première concession, car il n'y avait alors aucun établissement anglais (3).

(i) British empire, voL I, article Maryland. L'auteur écrit Pan* quash,

(a) George Calvert, né en i58a, dans le comté de Yorkshire, en Angleterre, fut secrétaire d'Etat sous Jacques II, membre du parlement en i6ao-ai , un des premiers associés de la CkMnpagnie de la Virginie et membre du Ck>nseil pour les affaires des plantations.

(3) Selon quelques auteuss anglais, Jean Pory, de leur nation , pénétra, en i6ao, dans la grande baie de ChesapeaLe ; il y vit une cen« taine de ses compatriotes qui s'occupaient du commerce des fourrures; il passa à la rivière du sud ^ Délaware , et traversa un riche ym$ de 60 milles d'ét^duCj oârti fat tiét-faten tccueilli |>ar un chef lodie» ,

2i6 CHRONOLOGIE HISTORIQIJE

On loi accorda 6a demande; mais il mourut le i5 avril i63iy avant que la charte fdt exécutée. Celle-ci fut confirmée à son fils aine et héritier Cecilius Cahert^ plus tard haron de Baltimore, en Irlande, le 20 juin suivant, sous le nom de Terre- Marie {i)ovi Marylandj et avec les limites suivantes:

Depuis la pointe Watkins, dans la haie de Chesapeake, jusqu'à 1 Océan à l'est, puis jusqu'à une entrée de la Oéla^are à 40^ de latitude nord; puis, en suivant une ligne droite jusqu'à la source du Potomac ; de là , longeant son cours jusqu'à son embouchure dans la baie de Chesapeake ; et de là, en remontant jusqu'à la pointe de Watkins.

La province fut érigée en palatinatj avec tous les droits possédés par l'évéché de Durham, et pour ne relever que de la couronne d'Angleterre.

Le propriétaire eut le pouvoir , avec le consentement des hommes libres ou des délégués de la province , de faire des lois, pourvu qu'elles ne fussent pas contraii^s à celles de l'Angleterre.

Tous les é migrants anglais étaient, ainsi que leur postérité, déclarés hommes libres, sujets du roi et de ses successeurs, et ajant les mêmes droits que les Anglais nés en Angleterre. Ils pouvaient importer des marchandises dans la province, ou exporter ses productions en Angleterre et en Irlande, moyennant le paiement des droits établis.

Le propriétaire pouvait aussi, avec le consentement des habitants, établir des impôts; tandis que le roi consentait que ni lui, ni ses successeurs, ne pourraient imposer des droits sur les propriétés ou sur les marchandises de la colonie.

Le propriétaire était autorisé à établir des églises, suivant les règlements ecclésiastiques d'Angleterre, à établir des forts, à nommer des officiers, à repousser les révoltes ou les invasions. Il n'avait pas le monopole de la pêche dans les baies, rades et criques de la province ; s'il ne pouvait faire des lois que d'après le vote de la majorité des nommes libres ou de leurs délégués , il avait plein pouvoir, dans les circonstances

qui désirait faire un traité de commerce avec les Virginiens. Pory ne parle d'aucun établissement suédois, français ou hollandais. Purchas* his PUgrims, vol. IV, p. 84* London, i625.

(i^ En l'honneur de la reine Henriette*Marie, OUe de Henri IV » loi de France.

Lord Baltimore voulait que la province s'appelât Crescentia, d'après S4 devise : Crescite et multiplicamini ; mais, ayant ensuite prié le roi de lai donner un nom, elle reçat celui de l^erra Maria»

DE l'aMÉRIQUE. 217

pressantes, de faire des ordonnances pour le maintien de la paix et da gouvernement, pourvu qu'elles fussent conformes aux lois, statuts et droits du royaume d'Angleterre, et qu'elles ne blessassent personne dans son existence et dans sa propriété.

Le roi se réservait, comme droit de souveraineté, le cinquième de tout le minerai d'or ou d'argent, ainsi que le tribut de deux flèches indiennes , qui devaient être déposées, chaque année, au château de Windsor.

Dans le cas où quelques doutes s'élèveraient concernant la charte, ils devaient être résolus dans le sens le plus favorable au propriétaire.

Cette charte contenait des privilèges qui ne se trouvaient point dans celles des autres colonies : l'exemption des droits royaux ou de la fixation des taxes par le Parlement dans la province et de l'intervention royale dans l'administration (i).

i633. La plupart des premiers colons de Maryland étaient des catholiques Irlandais, appartenant à des familles respectables (2). L'expédition partit de l'île de Wight, le 22 novembre i633, sous la conduite de Léonard Cal vert , frère de lord Baltimore, et se dirigeant vers les Indes-Occidentales, elle aborda aux îles de la Barbade et de Saint-Christophe, pour se procurer des provisions, surtout du maïs; puis, reprenant sa route, elle arriva, le 24 février de l'année suivante, à la pointe Contfort sur la côte de la Virginie. De là, le 3 mars, elle côtoya une distance de 24 lieues et se trouva à l'embouchure du Potomac (3). Remontant ce fleuve Tespace de i4 lieues, jusqu''à l'île de Heron, l'expédition passa à une autre île voisine, qui fut nommée Saint- Clément, Calvert y planta une croix et prit possession du pays, au nom de JèsiiS" Christ et du roi d'Angleterre. Il y laissa ses navires, remonta le fleuve, dans deux chaloupes," jusqu'à la distance

(i) Hazards^ state papers, i, 327-336; où cette charte se trouve en langue latine. Phiiadelphia , 179a.

(2) Voici le nom des principaux ëmigrants : Léonard Calvert^ écuyer, gouverneur ; George Calvert, écuyer , frère du gouverneur ; Jeremy nawiey, Thomas Gornwallis, écuyers, assistants ou assesseurs; Richard Gérard ; Edward Winter ; Frédéric Winter ; Henry Wiseman ; Jean Saunders; Edouard Cranfield; Henri Green ; Nicholas Fairfax ; Jean Baxter ; Thomas Dorrel \ le capitaine Jean Hill.

(3) Calvert donna à la pointe méridionale de ce fleuve le nom de Sainl'Grégoire, et à celle du nord celui de Saint-MicheL Elles étaient auparavant connues sous le nom de Pointe-de-Smith et de Pointe- Look-QUt ou Vigie.

2i8 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

d'eariron qaatre lieues ^ et débarqua. Les Indiens prirent la fuite à son ajpproche. Il remonta encore à neuf lieues plus haut , jusqu'à une ville indienne nommée Patomeck, Le TVeromance ou chef étant mineur \ le pays était gouverné par son oncle Archikan , qui fît un bon accueil aux Anglais. Le gouverneur continua sa route pendant environ vingt lieues, jusqu'à l'affluent Piscatawayj où un grand nombre d'Indiens se trouvaient rassemblés. Parmi eux se trouvait un Anglais, le capitaine Henry Fleet^ qui y résidait depuis plusieurs années. Il décida le chef indien à se rendre à bord de la chaloupe du gouverneur, qui lui demanda s'il voulait permettre à ses gens de s'établir sur son territoire ; le chef répondit qu'iV ne voulait ni les rensfoyer^ ni les inviter à res" ter,K Je laisse cela, ajouta-til, à votre discrétion. » Le gouverneur, satisfait de cette réponse, revint à l'île de Saint-Clément, accompagné du capitaine Fleet. Il pénétra ensuite dans un petit affluent du fleuve, à quatre on cinq lieues de son embouchure, au nord, qu'il nomma Saint-George (i). Il remonta , pendant quatre lieues, jusqu'à la ville indienne des Yoamacoes j où il fut encore bien reçu par les indigènes. Le' weromance ou chef de ces Indiens ( nommés Yoamacoes ) invita le gouverneur à entrer dans sa cabane, où il le traita bien et lui offrit un lit pour se reposer. Le jour suivant, il l'accompagna pour visiter le pays environnant. Cal vert ayant résolu d'y former son premier établissement , fît venir ses navires et chercha , en même tems , à s'asâurer la bienveillance du chef et des wcsos ou principaux Indiens, en leur offrant des draps anglais, des haches, des couteaux et d'autres objets qui furent acceptés avec joie. Ces Indiens, tourmentés par les incursions des Susquehanocks qui enlevaient leurs femmes, avaient résolu de se retirer plus loin du côté de la mer. Aussi cédèrent-ils aux Anglais une partie de leurs cabanes pour résidence, et consentirent-ils même à leur abandonner le terrain , après la récolte du maïs. Le gouverneur en prit possession le 27 mars i634, et lui donna le nom de Sainte-Marie, Il se concilia l'affection des naturels, qui continuèrent à lui apporter des provisions (2).

(1) La rivière Sainte-Marie,

(2) Bntish empire in America , article Maryland, vol. L Selon d'aatres auteurs , Yaocomoco était le nom de cette yillc»

DE L*ABIÉRIQ1I£. Hq

Les ladifDS araient été terrifiés à la vue des bâtiments, et surtout par le bruit de leuris canons. Peu de jours après le débarquement du gourerneur, celui de la Virginie, sir John ffarvej-y vint lui faire visite, ainsi que plusieurs chefs indiens parmi lesquels était le roi de Patuxent, Pendant une fête qui eut lieu à bord, celui-ci fut placé dans la cabine, entre les deux gouverneurs. Un Indien, voyant son souverain dans cette position, en fut si troublé qu il allait sauter par dessus le bord, si le roi ne l'eût assuré qu'il ne courait aucun danger. Il avait été autrefois prisonnier des Anglais en Virginie«

Le navire fut déchargé quand on eut établi une grande maison et un magasin. Le pavillon anglais fut dressé sur le rivage, et l'on tira plusieurs coups de canon pour célébrer l'événement. Le roi de Patuxent conseilla aux Indiens de respecter leurs traités avec les Anglais. En quittant le village, il dit au gouverneur : « J'aime tellement les Anglais que, lors même qu'ils complotteraient ma mort, mes dernières paroles seraient pour recommander à mon peuple de ne point la venger ; car je sais qu'ils n'y auraient point songé , si ce n'eût été ma faute. »

i634* Les Indiens fournissaient aux colons du maïs en si grande quantité, que 10,000 boisseaux furent envoyés à la Nouvelle -Angleterre, pour acheter du poisson salé et d'autres provisions. Les Indiens accompagnaient aussi les Anglais pour chasser les daims et les dindons sauvages ( i ), et échangeaient leur gibier contre des couteaux, des chapelets et autres articles de peu de valeur. Us apportaient aussi du poisson en abondance ; mais ces relations amicales cessèrent bientôt, par l'influence du capitaine Guillaume Cleyborne^ qui leur persuada que les colons n'étaient pas des Anglais, mais des Espagnols. Les Indiens perdant leur confiance, et abandonnant le nouvel établissement, les colons voulurent se mettre en garde contre leurs hostilités, en élevant un fort qui fut terminé en six semaines ; après quoi ils reprirent leurs travaux. Sainte -Marie [1) contenait, au bout de deux ans , 5o à 60 maisons. Les colons se procurèrent des vaches, des cochons et de la volaille à la Virginie. De nouveaux émigrants commençaient à augmenter la population, lors-

(1) Meleagriflûlvestris.

fa) Ce village demeura le siëge du gouvernement jusqu'en 1699 , qu il fut transféré à AnnapoUs.

qu'elle fat attaquée d'une épidëmie qui la diminua sensiblement.

Le Maryland ayant été détaché de la Virginie, dont il avait fait partie depuis 27 ans, la rivalité survenue entre les deux provinces fît naître de grandes contestations. Par un acte du 16 mai i63i, le capitaine Guillaume Cleyborne, membre du Conseil britannique et secrétaire d'État de la Virginie, avait obtenu, par la faveur de sir Guillaume Alexander, secrétaire d'État pour le royaume d'Ecosse, la permission de trafiquer sur toutes les côtes et dans tout le territoire d'Amérique, où le commerce exclusif n était pas déjà établi (i). L'année suivante, Cleyborne et ses associés, encouragés parHarvey, capitaine-général de la Virginie, essayèrent de monopoliser le commerce de la baie de Chesapeake. A cet effet ils établirent une petite colonie dans l'île de Kent, située dans cette baie, et que lord Baltimore réclamait en vertu de sa cbarte.

Au mois de mars i633-34 (V. S .), les autorités de la Virginie présentèrent une requête à Charles I, contre la concession accordée à lord Baltimore, en se plaignant du démembrement de leur territoire. La requête fut soumise, le 3 juillet, au Conseil privé du roi. Il fut décidé que le Maryland conserverait sa charte et que les pétitionnaires auraient leur recours devant les tribunaux. Pour entretenir les relations amicales des deux colonies, le Conseil établit la liberté de commerce entre elles, et décida qu'elles ne pourraient recevoir leurs fugitifs réciproques, ni commettre aucun acte qui occasionnât la guerre avec les naturels (2).

Les commissaires pour les plantations firent un rapport à la Chambre des communes, sur le pouvoir extraordinaire et les privilèges de la charte , qui dispensaient le propriétaire de transmettre les actes de l'assemblée au roi, et d'exclure l'autorité royale du gouvernement de la province. Ils demandaient au Parlement de faire un acte pour abolir ces prérogatives. On alléguait que Charles P', en exemptant Maryland de la taxation parlementaire^ avait accordé une prérogative qu'il ne possédait point, puisqu'en as^riX 1628, la Chambre des communes avait déclaré et décidé que le roi ne

(i) Chalmers' Annalsy I , ch. 9,011 se trouvent ce document, ainsi que la commission accordëc à Cleyborne, par le gouverneur flarvey , et signée à James-Town, le 8 mars i63i . Chalmers^ écrit toujours Cley- ^èorne, d'autres auteurs Clayborne.

(2) Ckalmen' Annals, cL. 9, où se trouve cette décision.

DE L^AHÉAHllIE. 221

pQttyait imposer aucune taxe saas un acte du Parlement. Et pourtant les rois Jacques et Charles avaient mis des taxes sur l'Irlande (i) et sur les colonies américaines, sans le consentement du peuple et du Parlement ; tandis que le dernier avait empécbë ce pouvoir arbitraire de s'étendre sur sa colonie, par un article exprès de la charte, qu'il avait sans doute rédigé lui-même (2).

i634* Malgré cette décision, Gleybome, excité par le Gon* seil de la Virginie, résolut de conserver l'île de Kent. Le gouverneur de Maryland donna des ordres pour l'arrêter, s'il continuait son opposition. Cleyborne, de son côté, chercha à exciter la haine aes Indiens, en leur persuadant que les nouveaux colons étaient Espagnols et ennemis desVirgmiens. Au commencement de l'année i635, il fit vuéme équiper et armer une pinasse, pour s'emparer des navires appartenant au gouverneur et aux colons de Sainte-Marie. Cette pinasse, ayant i4 hommes d'équipage, était commandée par le lieutenant Ratcliff PFàrren. Le gouvernement de Sainte-Marie équipa deux pinasses armées, commandées par Thomas Cornwallis. Les bâtiments se rencontrèrent dans une des rivières à l'est de la province. Warren et deux de ses hommes furent tuésetCleyborne obligé de se rendre (3). Convaincu de sédition, de félonie et de piraterie, il prit la fuite, et ses biens furent confisqués. Le gouverneur du Maryland, ayant appris qu'il s'était réfugié dans la Virginie, envoya des compmissaires pour le réclamer du gouverneur Harvey ; mais cet officier l'envoya en Angleterre (4)«

i634'35, 1 1 fév. (V. S.). La première assemblée qui avait lieu à Sainte-Marie, était probablement composée de tous les hommes libres. Elle passe une loi pour punir les coupables de meurtre ou de félonie, comme en Angleterre (5).

Lord Baltimore établit, comme base de son gouvernement,

(1) Re/mers' Fœdera^ vol. 18, p. gSa, etc.

(2) Chalmers* politkal Annals, î, ch. 9.

(3) Maryland, par J. Bozman, ch. 1. Cet auteur dit que ce comlNit eut lieu au mois J'avril ou de mai , dans la rivière Pocomoke ou Wiggomoco. Baltimore, 1811.

(4) Chalmen^ Jnnalt, article Maryland.

(5) Chalmer^ Armais , I , ch. 9. Cet auteur dît que ces articles avaient été transmis au propriétaire pour avoir son approbation, mais qu'il la refusa, parce qu'il se proposait de faire lui-même un code pour la colonie.

das CHRONOLOGIE HI^TORIÛITE

la protection Aes propriétés et la liWtë des coites poor toutes les seeles.

Pendant les deox premières années, il arait dépensé plus de 4o>ooo livres sterling pour l'établissement de la colonie. Par reconnaissance, les colons loi accordèrent an don de qtdnce livres de tabac par tête, à titre de remboursement.

Pour encourager la venue des étrangers dans le Marjland, le propriétaire accorda une centaine d'acres de terre à chaque colon, autant pour sa femme, et cinquante pour chacun de ses enfants et de ses domestiqués, à la condition de payer annuellement vingt livres de bled pour chaque centaine d'acres (i).

i636. Le 8 août, par un acte signé à Portsmoutb, lord Baltimore notifié qu'il a accordé une concession de 2,000 acres de terre à chacun des premiers émigrants et à tous ceux de leurs héritiers, qui, en i633, auraient introduit dans là prb- Tinœ dnq planteurs âgés de 16 à 5o ans, à condition d une redevance annuelle de 400 H^i^es de bled ; 100 acres de terres à rémigrant qui, en i6d3, aurait introduit un nombre moindre de planteurs ; autant pour sa femme, 5o pour chaque enfant au-dessous de 16 ans et autant pour chaque domestique, à condition de payer annuellement dix livres de bled par chaque 5o acres.

Celui qui, en i634 et i635, aurait introduit cinq planteurs âgés de 16 à 5o ans, recevrait 2,000 acres de terre, en payant par année 600 livres de bon bled ; et pour un moindre nombre de colons, 100 acres pour lui, autant pour sa femme et pour chaque domestique, 5o pour chaque enfant au-dessous de 18 ans, en payant 10 livres de bled par 5o acres.

A partir de l'année i635, le propriétaire accordera, k celui qui introduira cinq colons dans la province, i ,000 acres de terre, en payant une rente annuelle de la valeur de vingt shellings, en production du pays ; et, pour un moindre nombre d'individus, une centaine d'acres ; autant pour sa femme et pour chaque domestique, 5o pour chaque enfant au-dessous de 16 ans et autant pour chaque domestique femelle nu-dessous de 4o ans, à condition de payer annuellement 12 penoes par chaque cinquantaine d'acres. Ces concessions de terrains seront établies en manoirsy dont le nom devra être désigné par le propriétaire (2).

(i) Sketches ofMarylandy par T. W. Grifflth. p. 5, Baltimore, i8a^ (3] Bozmans* Marylandy ch. 1.

DE L'àBËÊRIQUE. 223

i636« D'après des instmctiobs qae le propriëtaire adressa * le 29 août^ son (rèrey ce dernier accorda dix acres de terres, dans rintëmnr delà ville de Sainte -Marie, à tout ëmigrant qui s'établirait dans les conditions ci-dessus mentionnées, et cinq acres à tous ceux qu'il aurait intrediiits dans le district depuis sa fondatimi jusqu'au i3 aodt i638.

1637, i5 SLyriL Ordonnance de lord Baltimore dAvessée à son frère Léonard Galyeit, pour le gouvernement et l'établissement de la province. A cet effet, il le nomme gouverneur, lieutenant-général, premier capitaine et commandant sur terre et sur mer dans la province et dans^les îles qui en d^ndent, ainsi que chancelier et premier juge jusqu'à la nomination des officiers de justice, lui accordant le pouvoir de faire assembler les hommes libres de la province ou leurs députés, à Sainte-Marie, le 25 janvier suivant, en déclarant' son refus de sanctionner les lois que ceux-ci avaient passées. Le propriétaire avertit son lieutenant qu'il prépare d'autres lois et ordonnances pour le gouvernement de la province, qui seront présentées à l'assemblée et publiées, si elle les approuve. Le gouverneur est investi du pouvoir de faire dissoudre la Chambre actuelle, d'en convoquer une autre, de faire des édits, des ordonnances, des proclamations, à l'exception de ce qui concerne la vie et la propriété des individus ) de faire grâce pour tous les crimes, excepté celui de haute trahison ; d'accorder des commissions pour l'exécution de la justice, la distribution des terres, et de nommer trois personnes (i)'pour son Conseil (2).

1637-38. Le 25 janvier, ^ecoTitfk assemblée. Le propriétaire ayant envoyé un code de lois pour le gouvernement de la co-' lonie, le gouverneur Galvert convoqua une nouvelle assemblée composée de tous les hommes libres de la province, au nombre de 5i . Après une ooorte discussion de ce code , elle le rejeta à la majorité de 23 voix ; mais elle assigna lin re« venu au propriétaire.

Cette assemblée s'occupa d'établir unç bonne administration pour la colonie, et rendit les bills suivants : i*' pour la division de la province en baronnies et manoirs ; 2^ pour fixer la glèbe; 3* pour assurer les libertés du peuple; 4** pour jurer allégeance au souverain ; 5^ pour les titres de propriétés ; &* - ■ I ' . I - — ^ -- - ■ ^

(1) Jértoe Hawley^ ThomM Cornwiallis et Jean Lewger. (a) Maryland , par J. Bozman, ch. i, qui cite Provinàal records anaCouneil proceedingt from i636 to 1657.

234 CHRONOLOGIE mSTOMOUfi

pour la saoo^ston de cenxcpiî moarraient sans tester; 7^ pour des causes civiles et criminelles ; S*" poor la plantation du maïs et le paiement du tabac ; 9» pour le maintifii du propriétaire (i).

1637, 3o avril. Le roi Charles fait une proclamation pour émaner le transport de ses sujets subsidy mtn^ ou hommes taxés, dans les plantations américaines sans la permission du

commissaire du roi et d'ancane autre personne, à moins 9^\\ ^ «^:* :« j> »:r:„i. j • * 1 ....

['Eglise d'Angleterre (2).

1637-88. La Cour de justice^ composa du gouverneur et des membres de son conseil, s'assembla le 12 février à Sainte- Marie. Les habitants de l'île de Kent ayant refusé de se soumettre à son autorité, le gouverneur marcha contre eux à la tête d'une force militaire. Il laissa des instructions au secrétaire Jean Le'Wger pour convoquer l'assemblée, le 26 février, Cndant son absence; mais elle s'ajourna au 12 mars suivant, a 4, elle déclara, par un acte à^attainder, Guillaume Cleyborne, gentilhomme, coupable de haute trahison. Le 24, les actes et procédures de cette a&ire furent approuvés et signés . par le gouverneur.

En 1639, Cleyborne se plaignitauroi de cette décision. Elle fut déférée aux lords commissaires des colonies, qui prononcèrent, au mois d'avril, en faveur de lord Baltimore (3).

1637, 3o décembre. Règlement pour le trafic avec les Indiens^ qui rend nécessaire une licence du gouverneur à cet effet.* Il en est accordé une à Thomas Cornwallis pour se procurer du maïs des indigènes.

Le gouverneur réclamant l'île de Kent comme fesant partie de sa province, il en nomma gouverneur le capitaine George Evelyn^ auquel il donna ses pouvoirs pour form'er un Conseil de six habitants de son choix, et pour nommer des officiers civils chargés de l'administration de la justice et du maintien de la paix publique.

^i) Chalmers' Jnnals, 1. 9. Cet auteur dit que ces biUs ne furent point reconnus comme lois, et qu'il n'y en a aucune copie, ni de celles du propriétaire aux archives de la colonie.

{q) Hasards' collection, I, 1. ai.

(3) History ofMaryland, par J.-S. Bozman, où se trouvent la pétition de Cleyborne, et beaucoup de détails curieux tirés des archives , intitulés Council proceedings from, depuis i656 jusqu'à 1657.

DE L'AHÉBIttUIS. , 3^5 :

i638, 5 janvier. Les colons commenceiit à s'ëtablir hors des limites de la ville de Sainte-Marie. Dana le bat d'encomra^r laformation de nouveau:! ëtabliafiomeiits, la rive occidentale de la rivière George fut ëri^fe en baronie sons le nom de Saint- Georges' hundred [i) en faveur de Robert Kait^ghan{2).

i638, 9 février. Une troisième assemblée ^ tenue à Saint- Jean, passa un acte pour rétablissement d'une Chambre de représentants qui fut organisée delà manière suivante : les membres devaient être élus par les bommes libres d'après un rescrit, prendre le nom de burgessesy et représenter les électeurs de la même manière que les représentants dans le Paiement d'Angleterre. "Les gentilshommes y convoqués par un ordre spécial du propriétaire et des bommes libres qui n'avaient pas voté dans Télection , devaient prendre, avec le gouverneur et le secrétaire, le titre de Chambre de VAssem^ blie.

Les membres de cette nouvelle assemblée s'occupèrent de la confection d'un code de lois.

Ils déclarèrent leur soumission au roi d'Angleterre et ait gouvernement d'après la cbarte, ainsi que leurs droits aux mêmes privilèges dont ils avaient joui comme Anglais. Tous ceux qui étaient chargés de l'administration des lois, furent obligés de jurer qu'ils n'exerceraient aucane persécution à ^ause des opinions religieuses. Tous les colons cbrétiens, les enclaves exceptés ^ avaient droit aux mêmes lois.

Il fut arrêté que la justice serait administrée suivant les lois et usages de la province, ou suivant les lois et coutumes d'Angleterre ; que la culture du maïs serait encouragée ; que le tabac exporté paierait un droit de 5 o/o, excepté pour l'Angleterre, l'Irlande et la Virginie. On imposa une contribution générale pour construire un moulin a eau destiné à l'usage de la colonie (3).

1689, 4 avril, La commission pour les plantations, composée du lord archevêque de <lanterburj et de dix autres, à laquelle la pétition de Cleyborne fut renvoyée par le roi le 26 février 1087, décida que l'île de Kent se trouvait comprise dans les limites de la patente de lord Baltimore, et que par

(i) Division civile d'un comté, (a) Maryland^ par J. Cozman, ch* i.

(3) Chabneri AnnaU book. I, ch. 9, qui cite Bacons^ laws^ i638* T. XVIIU |5

aiS GHRONilLOGIB HIStORIÛÎIE

ooatétpnent Qefbome n'y avait anôan titre, ni aacim droit; que la commission sons le sceau d'Ecosse n'était qu'une li-* cenoff pour traficfuer avec les Indiens dans des endroits où ce droit n'ayait pas été accordé à d'autres (i).

pr< ar<

i64o, octobre. L'assemblée paijsa un acte pour assurer au

opriétaîre les biens auxquels personne ne pouvait {irétenirelégitimement. La colonie ayant été établie car la seigneurie, à de grands frais, et protégée par ses soins et par son industrie, l'assemblée déclare que cet acte sera conservé comme témoignage, dans la postérité, de sa reconnaissance et de sa fidélité.

On fit une autre loi pour encourager la culture des principaux produits (de la colonie et pour la protection des propriétés.

Cette année, le Parlement d'Angleterre renouvela ses tentatives pour annuler la charte de Maryland par l'établissement de Tancienne corporation delà Virginie.

Sir Thomas Trevor, avocat-général de Guillaume III, exprimait le doute de savoir si la grande charte d'Angleterre s'étendait sur cett& province, et si ses habitants avaient droit à ses difËerents privilèges. Les avocats répondirent que l'ancienne charte de la Virginie restait en vigueur, et qu'ainsi la concession de Maryland était nulle puisqu'elle accordait à un seul propinétaire ce qui avait été donné à plusieurs. Le Parle» ment, profitant de ces doutes et de ces opinions, tenta, au commencement de la session de cette année, de rétablir le gouvernement de l'ancienne corporation de la Virginie, en annulant la charte de Mauryland ; miais œ projet fut abandonné, à cause de l'injustice et des difficultés des mesures prises etde l'opposition desVirginiens, qui avaient appris, par expérience, que «il v avait plus de vraie liberté à attendre de toute autre forme de gouvernement que de la direction d'une compagnie de commerce (2}. »

1642, mai. Les colons du Maryland s'emparent de Schuyl^ kill ou Hiding creekj mais ils en sont chasses par Alpmdamy

(1) Chalmers' Armais , I , chap. 9 y note a5 , minute of the pr<H eeeaings,

' (a) Chalmers* Jnnalt, bock. I , ch. 9 Cet auteur cite on mémoire trèt-étendu, intitulé : Déclaration démontrûni nilégaliié de la charU duMarylawL

qui y fut enroyé avec deax goêkCte^ ^ Keift^ gouTernear de la NoaveUe^Belgiqiie.

Pea de tems après, les Anglais envoyèrent des dëpntës à la Noayell&Amstârdam, pour rëglar les limites des deox oolonies (i).

i64^* Guerre avec les Indiens. An commencement de cette année, les Indiens, jalons des étrangers qui s'étaient emparés de leurs terres sans leur donner un dédommagement équivalent et sans l'autorisation du gouvernement, recommencèrent leurs hostilités, qu'ils continuèrent pendant deux ans. Lors de la paix, on fit une loi pour empécner les colons d'acheter des terres aux Indiens sans le consentement du popriétaire. Celui qui vendait un Indien, ou le transportait hors du pays, était puni de mort ; et c'était un délit que de fournir aux indigènes des armes ou des munitions (2).

1645. Le gouvernement de la colonie demeura fidèle à la cause de la royauté. Guillaume Gleybome , trompé dans ses espérances, embrassa le parti du Parlement, et avec l^'aide du capitaine Richard Ingle (3), il parvint à exciter un soulèvement dans la province, au commencement de l'année i645* Le gouverneur Léonard Cal vert fut forcé de se réfugier dans la Virginie, et la révolte ne fut étouffée qu'au mois d'aodt suivant.

L'assemblée publia une amnistie dont elle excepta In^le, Dumford et quelques chefs de l'île de Kent« qui n'avaient pas été absous par le gouverneur ; et elle passa un autre acte pour mettre fin aux prétentions de Glejborne (4)*

1646. Par une ordonnance du gouvernement anglais, les plantations américaines furent exemptes , pour trois ans, de tous droits, excepté ceux d'accise, sur les marchandises et articles de première nécessité. Mais les navires anglais eurent seuls le droit de transporte^ dans les ports étrangers les produits de ces colonies (5).

(1) Smiths* ftistory ofNew-Yorkj part, I, p. 5, 6. London^ 1776. On 7 trooTe les conditions proposées oair le gouvernement hollandais , ëcrites en latin, et datées da 9 jniÙet 1642. Voyez l'année 166a et

(a) Chalmen' Anneds^ I, cb. g.

(3) Gé capitaine, qui avait été déclaré traître, en juillet 164a , à'empara des archiyes de la colonie, qu'il emporta dans la Virginie > où la plupart furent perdues.

(4) Chddmen AnnaUi I, ch. 9.

(5) Andenon^ kiitorjr oj commerce f. II, p. 404*^*

tSé

asS CHRONOLOGIE mSTOlUQlIS

i649* La liberté des cultes est établie par la loi. Afin de conserver cette liberté, rassemblée décréta que tout croyant en Jésus-Cbrîist pourrait pratiquer librement sa religion, à la condition de ne point manquer à ce qu'il devait au propriétaire, et qu'il ne conspirât point contre le gouvernement. Quiconque tourmenterait un autre pour ses opinions religieuses, serait puni par une amende de 20 sbillings envers le propriétaire, de 10 shillings s'il lui adressait seulement des paroles outrageantes contre son culte, et de 5 livres s'il par* tait d'une manière inconvenante de la Vierge Marie ou des apôtres. Celui qui blasphémait contre Dieu était puni de mort (i).

Les catholiques romains de Maryland, animés par Fesprit du christianisme, furent tolérants et protecteurs pour tous, et les puritains persécutés trouvèrent un asyle parmi eux.

16499 avril. Pour couvrir les dépenses occasionnées par la dernière insurrection, et pour parer aux besoins de la défense de laprovince, l'assemblée mit un droit de dix shillings, par quintal, à l'exportation du tabac par navires hollandais, pour sept ans. La moitié de cette somme fut donnée au gouverneur.

Une autre taxe fut décrétée pour remplacer les troupeaux qu'il avait distribués entre les colons, et il fut décidé que les dépenses pour réprimer toute insurrection de la part des ha-' bitants, seraient payées par une taxe sur les personnes et dur les propriétés (2).

i65o. Établissement de la constitution de cette colo^ nie (3). Par un acte de l'assemblée, les membres qui seraient appelés en vertu d'un rescrit formeraient la Chambre haute. Les bourgeois, ou la partie démocratique de l'assemblée, formèrent la Chambre basse.

Pour avoir force de loi, tout acte passé par une des deux Chambres, devait avoir l'approbation de l'autre et du gouverneur.

(0 Chalmert' Jnnalsy J, ch. 9, qui cite les lois de 1649» ch. 1 . Lord Baltimore déclara qu'il ue consentirait jamais à annuler une loi qui garantissait les droits naturels de Thomme/Cet acte fut confirmé en 1676» et déclaré perpétuel par son digne successeur.

(3) Chalmert Annalsj I, ch. 9.

(3) Cette constitution dura jusqu'à la révolution de 1776 , plus d« i!20 ans»

DE l'aHÉRIOUE. 239

Les membres démocrates de l'assemblée étaient an nombre de i4y qaand elle obtint ses pririléges.

L'assemblée, gaîdée par un sentiment généreux, reconnut, par un acte particulier, les droits de lora Baltimore sur la province, suivant la charte du feu roi Charles, et s'imposa l'obligation sacrée de le défendre, ainsi que ses héritiers, dans leurs droits et privilèges, pourvu qu'ils ne portassent pas atteinte à ceux des sujets libres d'Angleterre. L'assemblée pria lord Baltimore d'accepter cette loi, comme un témoignage de la fidélité et de la reconnaissance de la colonie pour les bienfaits qu'il avait répandus sur elle. En même tems, elle passa un acte contre la levée des taxes sans son consentement, aucun homme libre ne devant être imposé sans son consentement, ou celui de ses députés, déclaré préalablement dans une assemblée générale (i).

i65o. La province est divisée en trois comtés et subdivisée CD huit hunareds ou districts. L'assemblée passe des actes : i^ pour régler les appointements des officiers civils ; 3® pour la punition des crimes ; 3® pour soulager les pauvres. Un acte de l'année précédente, pour s'assurer d'un ybrgeron^ indique les besoins de la colonie (2). '

i65i. Un acte du Parlement, du 3 octobre i65o, met toutes les plantations américaines sons la protection du gou- ▼eri^ment anglais. Le 36 septembre i65i, en vertu d'une commission du Conseil d'État nommée par le Parlement, quatre délégués (3) partirent avec une fiotte destinée pour la Virginie, avec de pleins pouvoirs pour forcer tous les établissements de la baie de Chésapeake d'obéir an Parlement anglais. Us étaient autorisés à accorder une amnistie et des indemnités à ceux qui se soumettraient volontairement, et à employer la force contre la résistance ; à donner la liberté atix esclaves dont les maîtres étaient opposés au gouvernement, pourvu qu'ils s'enrôlassent comme soldats ; à publier les actes du Parlement contre la royauté et la Chambre des lords ; à faire prêter aux habitants serment de fidélité au gouvernement d'Angleterre ; enfin à veiller à ce que tons les actes, mandats et procédures fussent faits au nom des gar->

(i) Laws of i65oy ch, a3et 25.

(a) Lois de 1649 ^^ i^So, citées par ŒaUners. (S) Le capitaine Robert Dennis, Ric^iard Bennet , Thomas Stagg el le capitaine Goillaume Gleybonxe.

23o CHRONOLOGIE HISTORIÛ^B

diens des libertës d'Angleterre et sous l'autoiitë du Parlement (i).

i652) ag mars. Les commissaires, ayant pris le gouyernem^t de lord Baltimore, demandèrent an gouvernear, le capitaine William StonBj une promte et eatière soumission à Tautoritë du Parlement. Il s y refusa. Ils firent alors paraître une proclamation pour nommer sis commissaires chargés d'administrer la province. Le gouTerneur, voyant qu'il ne pouvait soutenir la lutte, consentit, en juin, à un arrangement par lequel lui et trois membres du Conseil devaient continuer 1 exerdce du pouvoir, sous le titre de gardiens des libertés tP Angleterre ; sa fidélité à ses serments ne lui permettant pas, alléguait-il, de se soumettre aux commissaires avant la décision du Parlement concernant la province. Aussitôt que Stone apprit, d'une manière officielle, que Gromwell avait été nommé protecteur du royaume , le 6 mai 1654) il reconnut immédiatement son autorité. Cleybome proposa alors de réorganiser le gouvernement ; Stone, incapable de s'opposer à ce projet, se soumit volontairement, et, au mois de juillet, l'administration des affaires fut confiée à dix commissaires (2). .

i654« Le gouverneur Stone fait connaître sa détermination de recourir aux armes. Les catholiques soutenaient le gouvernement du propriétaire, la charte et les lois ; lej puritains soutenaient la cause de Gromwell. Après quelques escarmouches, les deux partis réunirent toutes leurs forces ; celles de Stone montaient à deux cents hommes ; elles furent complètement défaites dans un combat près du Patuxent. Stone fut fait prisonnier, jugé par une cour martiale et condanmé à mort. Mais la justice de son administration lui avait ffagné l'affection même de ses adversaires, et Les soldats qui devaient le fusiller s'y refusèrent. Sa peine fut donc commuée en celle de l'emprisonnement (3).

L'assemUée, oui se réunit au mois d'octobre, reconnut le titre de Cromwell et son autorité sur la province. Zélée pour l'établissement de l'élise puritaine, elle passa des actes pour

(i) Hazards' state papers, ï, p. 556>8.

(a) Le capitaine William Fullêr, Richard Preston, William Darand« Edward Llovd, le capitaine John Smith, M. Lawson , John Hatch^ Richard Wells et Richard Ewen.

(3) Hazards* state papers^ I, p. 636-639.

mettre les catholiques romains hors de la proteolion des lois, et encouragea la persécution contre les quakers. Aucun catholique romain ne pouvait être protégé, dans la proTinoe^ par les lois d'Angleterre ni par la communauté.

i655, a6 septembre. La Virginie avait encore tenté de recouvrer son autorité sur le Marjrland. Mais Gromwell ordonna de cesser toute tentative semblable, et se plaignit de ce qu'on avait mal interprété une lettre de lui do la janvier précédent, en supposant qu'il avait arrêté les travaux de r assemblée pour l'établissement du gouvernement , quand il n'avait que l'intention d'emnécher toute collision entre les planteurs de la Virginie et du Marpriand, par rapport à leurs limites, dont les contestations avaient été soumises à la décision des commissaires du Parlement (i).

i656, i6 septembre. ~ Les réolamations de la Virginie avaient été renvoyées à l'examen des commissaires Whitelocke et Widrington. Ceux«ci les soumirent au comité pour le commerce et les plantations, qui soutenait les droits de lord Baltimore. Mais, dans une lettre du lo ooHobre suivant, adressée au secrétaire Thurlow, Samuel Mathew et Richard Bennet (2) insinuèrent qu'il serait juste et raisonnable de disposer du i^ouvemement de Marylând, s'il n'appartenait pas à la Virgmie ; qu'autrement, si on maintenait lord Baltimore en possession de la province, une fois confirmé, il serait aussi prêta combattre l'autorité du Protecteur qu'il l'avait été à combattre celle du Parlement, contre lequel il s'était hautement et hardiment prononcé (3).

i656. Afin de prouver que le gouvernement du Maryland ne devait pas être dqnné à lord Baltimore, les commissaires Bennet et Mathew objectaientcontre sacharte : i ^que, suivant elle^ il n'avait droit qu'aux terres non.cultiifées, ou habita

eir les seuls Indiens, et qu'une partiç de ces terres, l'île de ent par exemple, était occupée et cultivée par les Apglais

fi) Hazards' hist. collection, I, p. 5^-5. ThuHows* ttate papen » vol. IV, p. 55.

(a) Commissaires pour la direction des affaires de la colonie.

\V^Hazard^ State papen, I, p.6ao. Thurlows^ state papen, l, p. 48a.

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sSa CHRONOLOGIE HISTORIQUE

tandis cm'il ne oonsaltait que ses officiers ; 3® qu'il lui avait été enjouit de ne faune ^e des lois conformes à celles d'Angleterre, et qu'il en avait pourtant fait pluneurs qui en différaient essentiellement, comme le prouve le rapport du oomitë de la marine ; 4° ^I^^ ^^^ charte interdisait toute interprétation injurieuse pour la religion chrétienne et pour les héritiers de la couronne d'Angleterre; que le gouverneur et le Conseil sont tenus, par serment, de défendre et de maintenir le libre exercice de la religion catholique romaine, et qu'ils avaient préféré l'autorité du roi qui mourait avec lui, et leurs engagements envers lord BaUimore, en refusant de rendre la justice au nom du gardien des libertés d* Anglesterre et d'exécuter ses lois ( i ).

1658-59. D'après un arrangement fait à Londres, en novembre 1657, entre lord Baliinioreet les commissaires Bennet et Mathews , le Marjland fut rendu à Josias Fendal , gouverneur pour le propriétaire. Les clauses principales étaient : i<> qu'à dater de 16499 une indemnité serait accordée aux oolotts pour les honoraires et les taxes arriérés ; a^ qu'au lieu du serment antérieur, ils signeraient rengagement de se soumettre à l'autorité du propriétaire ; 3'^ que les actes et ordonnances de l'assemblée, depuis i654 $ seraient reconnus valables ; 4^ V^ '^^ colons conserveraient leurs armes.

Cet arrangement fut communiqué à Fendal , et la province lui fut rendue, le 30 mars i658, par les commissaires du Protecteur (2).

1659. Josias Fendal, profitant des dispositions démocratiques At l'assemblée, résolut d'agir en maître. Au mois de février 16S9, il Texcitaà prendre le titre de Haute Cour dtjudicaturcj à dis^udre laChantibre haute et à lui donner nue nouvelle commission de gouverneur. Ses partisans commirent alors d'horribles cruautés. Les membres de la société des quakers ou Amis furent arrêtés et quelques-uns subirent la peine de flagellation. On les représentait comme une bande de vagabonds, Vénus dans le pavs pour empêcher le peuple de se soumettre à la discipline militaire, de témoigner en justice, de servir comme jurés ou comme fonctionnaires publics.

(i) Hazards' state papers, I, p. 621-aa. (2) Marjland, par J. Mac-Mahon, I, ch. a.

DE l'amérique. a33

1660, jaîn. Administration de Philippe Calvert. A la restautatioD, lord Baltimore, rentré dans ses droits, nomma son frère, Philippe Cal vert, gouvernear du Maryland. Le nouveau roi, Charles II, lui donna une lettre contenant des instructions qui enjoignaient à tous les officiers et aux habitants de la colonie de l'aider à rentrer dans ses droits. Les mêmes instructions étaient adressées au gouverneur de la Virginie. Il avait des ordres pour employer tous les moyens d'apaiser la révolte €t pour accorder le pardon à tous les chefs, excepté à Fendal, qu'il devait faire arrêter et mettre en jugement comme coupable de haute trahison. Ce dernier, voyant qu'il était inutile de résister, se constitua lui-même prisonnier. Le nouveau gouverneur commença à administrer au mois de décembre. Il convoqua une assemblée et proclama Charles II, au milieu de la joie publique.

Fendal fut jugé et déclaré coupable de haute trahison ; cependant le gouverneur ayant accordé une amnistie générale, cet intrigant obtint sa grâce, moyennant une amende ; mais il fut déclaré incapable d'exercer aucune fonction publique.

L'assemblée déplora les grandes dépenses occasionnées par cette révolte.

Malgré ces troubles, le Mai7land croissait en population, en industrie et en richesses. A l'époque de la restauration, il contenait une population d'environ 13,000 individus (i).

1662. Administration de Charles Calvert. Au commencément de cette année, lord Baltimore envoya son fils atné, Charles Cal vert, pour gouverner la province. Au mois d'avril il convoqua la législation, qui fit plusieurs actes pour l'encouragement de l'agriculture, des manufactures et du commerce.

Il fut décidé que la justice serait administrée suivant les statuts et les coutumes d'Angleterre, dans tous les cas non prévus par les lois de la province.

L'assemblée fit frapper une monnaie, avec l'autorisation du propriétaire (2). La loi exigeait que le shelling contînt au moins 9 pences d'argent sterling, et le cours de la monnaie était fixé à six shellings le dollar, ou i33 i/3 pour 100.

(i) Chalmers* Jnnals, T, ch. 9 Selon cet autear, Tinsurrection de Fendal ëclata vers la fin de 1646 ;'mais c'est évidemment une faute typographique.

(a) Ce fut la première loi à ce sujet votée dan» les colonies^ excepté celle de Massachusetts, en i652.

a34 GHRONOtOGIE HISTORIQUE

Pour enconrs^er la culture de la vigne, le propriétaire chargea Jerômeffniite,, arpenteur- gënëral, d'y consacrer plus de aevcL cents acres, dans le district de Sainte-Marie. Il en était constitué propriétaire moyennant la redevance ordinaire ; mais il trouva la culture du tabac plus lucrative, et le projet échoua.

L'assemblée fit une loi pour indemniser ceux qui seraient blessés en défendant la province.

1662. Les Hollandais continuant à occuper le pays situé sur la Dëlaware, le propriétaire du Maryland le réclama comme faisant partie de cette province. £n i65g, il avait envoyé le colonel Nathaniel Utie pour les engager à se retirer, et assurer de sa protection ceux qui voudraient demeurer sous son gouvernement. En 1663, le gouverneur Charles Calvert renouvela ses remontrances à ce sujet. Elles furent écoutées, et les Hollandais se virent forcés de quitter PVhortkill, ainsi que le pays situé près du cap Henlopen. Plusieurs passèrent dans le Maryland, où ils furent naturalisés (i).

Le propriétaire érigea ce district en comté, sous le nom de Baltimore y et y accorda dés concessions de terres au cc^onel Utie et à d'autres personnes.

1666, mai. L'assemblée passa un acte pour autoriser le gouverneur et le Conseil à faire la guerre ou la paix avec les Indiens. Un autre acte interdisait la culture du tabac pendant un an, afin d'augmenter sa valeur, qui avait tellement baissé qu'il ne rapportait pas plus de 6 shellings le quintal , tandis que le prix, dans les premiers tems de sa culture, était de 6 à o shellings sterling par livre. Cet acte fut considéré, par lord Baltimore, comme également blâmable pour le peuple et pour le revenu (2).

L'assemblée, voulant encourager l'établissement de moulins à moudre le grain, accorda pour 80 ans, à ceux qui viendraient en établir, ao acres de terres situées des deux côtés d'un ruisseau, à condition de payer 1/8 de boisseau de bled et 1/6 de maïs.

Le propriétaire fit savoir que les émigrants déjà établis sur les bords de la Délaware, ne paieraient que deux àb^llings pour chaque centaine d'acres.

1671. Actes de l'assemblée en 1671. L'assemblée recon-

(1) Voyez Tarticle Délaware,

(2) Maryland, par T. W* Griffith, p. a3. Baltimore. 1821.

naissante de la sagesse de Tadministration, rendit une loi pour subvenir à ses dépenses, ainsi qae pour indemniser le propriétaire. Elle imposa nn droit de a shellings sur chaque barrique (6io livres) de tabac exportée. La moitié était destinée à l'entretien d'un magasin d'armes, et l'autre était concédée en don au propriétaire qui avait consenti à recevoir du tabac à deux pences la livre, pour ses revenus et pour ses amendes.

L'assemblée passa plusieurs autres actes : i^ pour encourager l'importation des nègres et des esclaves ; 2<» pour punir la firaude dans les afiEaires commerciales ; 3® pour assurer la possession des propriétés ; 4^ pour régler ce qui conoernadt la monnaie étrangère ; 5^ pour encourager la culture du chanvre et du lin (i).

1671. En accordant au gouverneur le droit sar le tabac, les deux Chambres de l'assemblée saisirent cette occasion d'exprimer leur reconnaissance pour tout ce qu'il avait fait dans le but de leur conserver la jouissance de leurs libertés et d'accroître leur prospérité.

En 16749 ^^ même droit sur le tabac fut continué en faveur de son fils et héritier Charles Calvert, sa vie durant, comme témoignage de reconnaissance; et, çn 1676, la Chambre basse le pria d'accepter tout le tabac qui n'était pas alors vendu, comme nouvelle preuve de leur dévouement et de leur affection.

En 167 1 , la ville de Sainte-Marie fut érigée en cité, avec le privilège d'envoyer deux membres à l'assemblée.

La maison de ville fut bâtie en vertu d'un acte de 1674, oui alloua pour cet objet 33o,ooo livres de tabac, et 100,000 de plus furent données par la cité (3).

1675, 3o novembre. Cécilius Calvert, fondateur du Maryland, meurt à l'âge de 73 ans, vivement regretté de L'assemblée et du peuple. Il avait pour maxime, dit Chalmers que : « Avec de l'union une petite colonie peut devenir une grande et puissante nation, et que la dissension ruine les ^royaumes les plus florissants ». « Sur sa tombe, ajoute-t-il, on aurait dû graver ces mots : « Tandis que le fanatisme dé-

(1) Çhaimen' Jnnalsy book I, ch. a5.

(q) Maryland, ch. 3, par J. MaoMahon, qui dit que les restes de cet édifice furent emplpyës, en i83i , a élever une église sur le même emplacement ou dans le voisinage.

a36 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

chirait TAngleleiTe , il refosa son consentement au rappel d'une loi qai accordait la liberté de conscience à tous, suivant le vëritable esprit du christianisme »•

^ Son bëritier, Charles Calvert, qui avait gouverné la province pendant quatorze ans, convoqua une assemblée, où il présidait comme le digne représentant de son père.

A cette époque, la population de la province montait à 1 6,000 habitants. Les catholiques étaient aux protestants dans la proportion d'un à cent.

1676. Le gouverneur recommanda la révision des lois, ce qui eut lieu l'année suivante. L'assemblée passa un acte contre l'introduction des individus bannis par les lois. £Ue confirma aussi, comme loi perpétuelle, celle de 1649» 9^^ accordait une égale protection à toutes les sectes chrétiennes, sans privilèges particuliers pour aucune d'elles.

Lepropriétau*e, ayant fait part de son intention de retour* neren Angleterre, ordonna que la province serait gouvernée, en son absence, par un sous-gouverneur, au nom de son enfant, Cécile Cahert.

L'assemblée le pria, en témoignage de son estime, d'accepter tout le tabac disponible dans les magasins publics. Il refusa ce présent de 100,000 livres pesant.

A son arrivée en Angleterre, il fut accusé relativement à l'église anglicane et à d'autres sujets ; mais il répondit avec fermeté, par les arguments les plus convaincants.

1676, 25 mai. Le révérend Jean FeOy un des trois ministres de l'église anglicane de Maryland , avait représenté à l'évéque de Ganterbury que, dans cette province, le sabbat était ouvertement violé , la religion méconnue et tous les vices commis, en sorte qu'elle était devenue une Sodomc d'iniquités. Cette peinture avait pour objet de montrer la nécessité d'un établissement religieux anglican.

L'évéque, profitant de ces renseignements, se plaignait au représentant de la province que les prêtres catholiques possédaient des terres très-productives, tandis que les ministres protestants n'avaient aucun moyen d'existence, et que teMe était la cause de l'immoralité dont on se plaignait. '

Pour justifier son administration, lord Baltimore en référa à l'acte de 1649 > confirmé en 1676, comme loi perpétuelle^ qui accordait une égale protection à toutes les sectes religieuses, sans privilège particulier pour aucune. Il fesait, de plus, observer que les quatre ministres de Téglise anglicane

DE l'aMÉRIQUE. ' !i37

avaient créé des plantations qai lenr donnaient les moisens ^e vivre honorablement , et qu'il serait au moins très-diiEcile, sinon impossible , de décider les membres de l'assemblée de consentir à une loi qui obligeait une secte de soutenir d^autres ministres que les siens (i).

1680, février. Le propriétaire revient dans le Maryland, et reprend l'administration de la province. Il convoque une assemblée, qu'il préside en personne. Ses principales lois ont pour objet de réprimer vigoureusement les crimes, et d'assurer leur châtiment, quand ils ont été jugés par les Cours des comtés; d'encourager l'agriculture, et de se procurer des produits pour l'exportation ; de régler celle des cuirs et des peaux; de protéger les corroyeurset les cordonniers; d'encou« rager l'établissement des manufactures de toiles et d'étoffes de laine ; d'établir, pour favoriser le commerce, plusieurs ports où les négociants devaient résider et décharger les navires venant d'Europe ; que la rareté de l'argent ajant contrarie le développement au commerce, les écus français et les dollars espagnols passeraient, dans tous les paiements , pour six shillings chacun. Les comptes en tabac étaient réglés à six shillings le quintal (2).

L'assemblée de cette année passa plusieurs actes pour diminuer le nombre des procès , pour la promte exécution de la justice ; pour restreindre l'importation des cuirs et des peaux non tannées, de daims et d'élans ; pour reviser le Code de la milice, afin de donner des moyens de défense contre les Indiens.

1681 . An retour du propriétaire, l'assemblée adopta divers moyens pour l'encouragement de l'agriculture , de l'industrie, des manufactures et du commerce.

1682. Actes pour l'encouragement de l'agriculture, pour l'ensemencement du chanvre et du lin, la fabrication du linge et des draps de laine; pour empêcher les officiers de la douane d'exiger des honoraires illégaux; enfin pour exempter du droit de tonnage les bâtiments appartenant à la province.

1683. Cette année, l'assemblée rendit, pour le développe-ment du commerce j un acte d'après lequel on devait étanlir, dans l'espace de quatre ans, trente-trois villes nouvelles, avec

(1) Chabners' Annals, I, ch. i5» note 4< (a) Chalmen' Jnnals, I, ch. i5.

a38 CHRONOLOGIE HISTMfQUB

le dixHt d'enrojer des burgesses à rassemblée , avuttttAt qu'elles pourraient payer leurs dépenses. Ces Tilles devaient détenir aes places de commerce; mais aucune d'elles ne prit de l'importance, à l'exception de Serem, qui prit ensuite le nom d'Annapolis (i).

16819 novembre. Fondai, chef de l'insuitection contre le gouvernement de Cromweil, avait essayé d'opérer un soulèvement contre l'administration do propriétaire, qUi parvint cependant à maintenir la tranquillité de la province. Fendal fut jugé par l'assemblée et condamné à mort; la clémence du propriétaire commua sa peine en une amende de 4o, 000 livres de tabac* et en bannissement perpétuel de la province. Plusieurs de ses complices furent jugés et condanmés à des amendes (2).

1682. L'assemblée, voulant faire acte de gratitude envers le propriétsdre, le pria d'accepter 100,000 livres de tabac, qui devaient être imposées cette année ; mais il les refusa, à cause des grandes cniaurges de la province.

Des plaintes avâûent été renouvelées en Angleterre contre lui. Il répondit que les lois prot^eaient également les hommes de toutes les sectes ; que les emplois avaient été paiement répartis entre les protestants et les catholiques ; que les premiers disposaient presque de tous les emplois de là milice, des armes et des magasins militaires. Maigre ces explications, les ministres de Charles II ordonnèrent que toutes les places seraient données aux protestants.

Les droits imposés depuis peu par le Parlement, furent conndérés par le propriétaire comme une grande cause de découragement pour le commerce de ta colonie, et les officiers de douanes comme les perturbateurs de la paix pubii* que. Il persistait à déclarer <|ue^ quand la taxe était p^yée, siucune caution n'était nécessaire pour obliger les négociante à porter leurs marchandises en Angleterre. Cette opinion, et l'opposition ^u'il fit aux agents de la douane, le firent sévèrement réprimander par Charles II : 00 le menaça d'un mandat de quo ^fvarrantOj s'il ne remboursait pas le montant des revenus dont Sa Majesté avait été frustrée (3).

(1) Sketches ofMaryland, par Th. Griffith, p. 3o.

(a) Oialmer^ Jrmals, I, ch. 9.

. (3) Ckalmen' jtnnalsy l, ch. i5| note 3o, où se trouye U lettre du tiÂ, du 16 août 1682.

DE L^ÂHÉiaOCE. aSg

Cette sottnné s'âcTaH à a,5oo liyres sterling, provenaht du droit d'an penny ^ livre sor les cargaisons de tabac envoyées en Irlande. Le gouTernenr reçat l'ordre d'observer et de faire exécater, à l'avenir, tontes les lois relatives an commerce des plantations, et de donner secours et protection aux officiers de douanes.

1684, mai. Le propriétaire retourne en Angleterre, lads* sant une commission, composée de neuf membres, pour administrer la colonie au nom de son jeune fils, BénéaicuLéo^ nard Colvert.

i€85. Dém$mbrement du territoire de Délawarèj de la province de Maryland. Penn, propriétaitvde la Pensylvanie, avait obtenu du doc d'York, comme partie de sa province, les trois bas comtés sur la DélawarCj autrement la pémnsule située entre les^bues de la Délaware et de Chésapeake, ^ui avait été comprise dans la charte de Maryland. Penn tirait avantage de l'opinion du comité des plantations, que le territoire de lord Baltimore était limité à celui habité par les Indiens seulement, et par celui qu'avaient occupé les Hollandais et les Suédois, avant la date de cette concession. Cette interprétation suscita une vive discussion entre les deux célèbres gouverneurs, relativement au territoire en litige; elle dura jusqu'en i685 que, par une décision du Conseil pivé, ce territoire fut divisé également entre ies deux parties (i).

i685, juin. Jacques II ayant succédé à son frère, cet événement fut célébré dans le Maryland avec de grandes démons*trations de joie. On consacra un jour pour fêter la naissance de son fils comme un bonheur inappréciable. Les habitants reconnurent en même tems Christophe Rousbfy comme directeur génial des dooanes, et ne montrèrent aucune opposition aux règlements commerciaux. Cependant maigre ces démonstrations de loyauté, le roi résolut de retirer la charte au propriétaire et de placer la colonie sous la dépendance immédiate de la couronne.

Le propriétaire représenta inutilement que la province avait toujours été administrée d'après la charte et les lois d'Angleterre, et qui ni lui, ni son pare n'avaient jamtts passé aucun acte qui pût justifier la mesid^ que le roi voulait prendre.

(1) Voyez l'article Pemjrhame»

24o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

Au mois d'avril 1687, l'avocat-gënéral reçat ordre d'autoriser on mandat de quo warranta contre la charte, mais plusieurs causes, qui ne sont pas bien expliquées, empêchèrent l'exécution de ce j ugement ( 1 ) .

i685, 26 jmn. Dans une lettre de Jacques II à lord Baltimore, contenant un acte du Parlement qui Tmpose une taxe sur le tabac et sur le sucre importés dan% le royaume, il fait observer que ce droit n étant pas- mis sur les planteitrs et sur les négociants, mais sur les débitaiits, lesconsommatéurs et lea boutiquiers, il est évident qu'au lien d'élre un fardeau pour les hstbit^nts du Marj4and, il leur sttra an contraire d'un grand avants^e, ^ servant de protection à la navigation du royaume ettu commeroe des pkiQtatcops.

Dans la même lettre, le roi, pour empêcher toute rumeur fâcheuse, donne la nouvelle de U défaite du comte d'Ârgyle et du duc de Monmouth (2).

iGSy.'Xi'assemblée se réunit en l'absence du propn^taire. Le président Guillaume Joseph recommanda: i® l'allégeance au roi; 2® de s'entendire avec la Virginie pour faire une loi dans le but d'empêcher rexportation du tabac en gfos; 3® de fêter l'anniversaire de la naissance du roi. La Chambre des bourgeois prêta serment de fidélité au propriétaire, mais avec quelque répugnance, quoiqu'elle eût obtenu satisfaction des griefs dont elle se plaignait.

Les Yirginîens refusèrent de se soumettre aux règlements royaux concernant le tabac, qui ne furent pas non plus exécutés par la législature du Maryland.

1688. La Chambre des délégués se plaignait surtout aux sous-gouverneurs que le propriétaire et ses agents, au lieu du tabac à 2 pences la livre, envoyaient de l'argent pour le paiement des revenus et des amendes ; que le secrétaire de-» mandait des honoraires qui n'étaient point établis par la loi ; qu'on n'avait point nommé, pour veiller aux intérêts du commerce, des employés intelligents et probes ; qu'on accusait l'avocat^général d'opprimer le peuple ; que certaines parsonnes, agissant d'après les ordres des officiers de la milice, avaient prélevé des provisions en tenips de paix (3). I '

(1) Chalmers\ I, ch. i5.

(a) Chalmers^ Armais^ l, ch. r5.

(3) Voyez note A, à la fin de l'article*

DE l'AHéRIOtlE* 2$l

1689^ f 6 février. Le roi Jacques ayant àbd&jaë la couronne, Guillaumey prince d'Orange, et Marie, fille dé Guillaume, furent proclames ses successeurs. Lord Baltimore avait envoyé, à cet effet, des instructions à ses députés; mais elles furent reçues quelque tems après que leurs majestés eurent étë proclamées en Virginie.

1689. Au mois d^avril, le bruit d'une ligue, formée entre les catholiques et les Indiens pour le massacre. des protes» tants, donna lieu à une association armée pour la défense de la religion 'protestante e* les droits du roi Guillaume et de la reine Marié sur la province, de Maryland, ainsi que sur tous les territoires anglais (i).

Cette association , qui avait été autorisée par le gonver* neur, réussit à s'emparer du gouvernement et prit possession de la province^ le 1 «' août, apt es la reddition de fa forteresse de Mattapanj.

Ni les catholiques, ni les protestants ne m<mtrèi«nt beaucoup de zèle pour léprimer cette révolte, et les députés de lord Baltimore ne purent opposer aucune résistance.

Le roi, informé de cette insurrection, envoya une commission à Coode et à ses associés pour les autoriser à diriger, les affaires du gouvernement, ce qu'ils firent, pendant ^ois ans, de la manière la plus tyranoîque. Se prévalant de l'autorité royale, ils proposèrent et formulèrent en son nom une accusation contre lord Baltimore, qui fut sommé d'y répondre devant le Conseil privé. Après un sévère examen, o]^ ne trouva rien contre lui, excepté sa religion; et pourtant le Conseil du roi lui ôta le gouvernement de la province, qui fut confié à sir Edmond Andros.

1689, ^^ août. Une convention pour le maintien de la religion protestante se réunit à Sainte-Marie. Elle rédige, pour la transmettre au roi, une série de plaintes, dont voici la sut>stance : « i^ la fidélité due par la charte à la couronne d'Angleterre est si méconnue, que l'avouer est même devenu un drime, comme le prouvent les afironts reçus par les officiers des douanes ; on ne reconnaît ici le jus regah que dans l'arrestation de nos personnes et la confiscation de nos biens;

(i) Le principal chef de cette association était Jean Coode, qui .avait été jugé coupabie de sédition en 1661.

La déclaration fut imprimée à Sainte-Marie, par l'imprimeur de là province ;'ce qui prouve, dit Chalmers, qu'il y avait plus de liberté que dans les autres provinces où une imprimerie Ait défendue. T. XVIII. 16

%^, GflROllOLOeiB nSTCHMQUE

sanctionnées en son nom par le gouverneor, et une jostioe armtraire a renda nos propriétés et nos libertés incertaines ; les discours et les actes qui sont considérés par la Cour proYÎndale comme injurieux pour le gouvernement de sa seigneurie, sont punis par le fouet, le percement de la langue, lemprisonnement, le bannissement ou la mort; des taxes illégales ont çtë imposées pour satisfaire des intérêts particuliers , on a mis en réquisition des homm^s^ des provisions et d'autres objets ; des protestants ont été arrêtés dans leurs maisons par des papistes armés et iongteuis détenus sans jugement; des meurtres secrets et des outrages publics ont été commis par les papistes sur les protestants , encouragés par des bommes en place sous l'influence des jésuites ; quand arriva la noayeliede l'beureux changement qui s'opérait en Angleterre en faveur du meilleur des princes, notre gracieux roi Guillaume, on protesta partout contre les droits de leurs majestés au trône ; nous nous sommes considérés, pendant ce jubilé général, comme dégagés de toute fidélité envers les magistrats, parce qu'ils ont manqué à leurs serments de fidélité en cberchant, par leurs agents, à nous faire perdre la vie^ les proprié^ tés et les libertés qu'ils devaient protéger (i). »

1691. Etablissement d'un gouvernement royal et de V Eglise anglicane. La Convention gouverna la province jusqu'à rétablissement d'un gouvernement royal^ en juin ibgi. L'année suivante, sir Lionel Copley^ arrivé en qualité de gouverneur, renvoya la Convention, le 9 avril, et convoqua une assemblée qu^il félicita d'avoir, suivant son désir, obtenu un gouverneur protestant. L'assemblée, dans son adresse à la Couronne, le 1 8 mai, offrit ses sincères remerciements à leurs majestés de les avoir délivrés « de la tyrannie d'un gouvernement papiste, sous lequel ils avaient si long-tems souffert. »

L'assemblée, après avoir reconnu, par un acte, Guillaume et Marie conime ses souverains légitimes, en fit un autre pour déclarer l'Eglise d'Angleterre le culte dominant de la province. A cet effet, les comtés devaient être divisés en paroisses; des moyens de subsistance furent accordés à chaque ministre, consistant en une gerbe de bled et une taxe annuelle de quarante livres de tabac. Les ministres étaient nommés par le • ^ ■<— « »»..Mi — ,.i..i.i .i.., I ,, I I..»

(1) Chaimerf' 4^nals^ I, ch. i5.

U L-AMÉM0inEw ^

tfmmT^COTj et les BSàires paroÎMÎales piMées êOfoa la directioo de sacrUtaiiis ëlus par les habitants protestants. Des écoles et des hibliotl^acs publiques devaient être établies d'après la loi.

Ces inno^atiotis eoleTèrent aux catholiques romains l'exercice de leur culte^et ks prÎTèrent des avantages de l'éducation.

1692. Le doetenr Thomas Bray, commissaire de révéque protestant de Lon^bes, arriva à Marjrland pour inspecter les affaires religieuses de cette province. Il fit établir plusieurs ehapdles et répandit un grand nombre de livres de dévotion. Par son influence, les onze comtés furent divisés en cinquante parmsses^ doM srâe étaient poui*vnes de ministres. Après un séjour de pUns de deux ansy Bray retourna en Angleterre (1)»

L'assemblée passa pkisieQrs atetes pendant l'administration de Copley. Les orangers furent déclarés naturalisés, moyennant le serment de iidélité. On pourvut aux dépenses du gouvernement au moyen d'un ^(»t sur les liqueurs spiri- &euses et sur le takac exporté. Le gouverneur eut, piir boucaut, a5 livres de tabae et un droit de 5 pences.

- 1694, jutUet. Francis Nicholson^ ancien sous-gouverneur de la colonie de New- York, reçut sa commission dé gouver-

- neur duMaryland en février 1691 ; mais, comme il se trouvait en Angleterre, il fut provisoirement remplacé par sir Edmond Andros, gouverneur de la Virginie, jusqu'à son retour en jiâllet 1694*

Micholsoi» montra beaucoup de aèlé pour l'Eglise protestante, et son admiinstration fut appouvée par rassemblée, malgré quelques déçussions avee John Goode, qui avait' été son adversaire. Cet homme célèbre étant i*éélu, en 1696, comme membre delà Chambre des délégués, le gouverneur refusa de recevoir son sennent j sous prétexte qu'il était dans les ordres. La Chan»bre basse insista sur le "droit qu'elle avait de juger seule la validité des droits de ses menibres, observant que Coode en avait foit partie pendant vingt ans. Le gouverneur persista dans son refus, et après l'avoik* ainsi eoarté, il l'accusa de blasphème, pour avoir dit qn^il n'y avait de religion que dans l'ouvrage de Tully (2). Il paraît que là I j I . ■ . I 11 1 ■ ■ Il

(1) British empire in America, vol. I, article Maryland, (a) Pour mieui^ interpréter cetta aocutotioa» U-fent «avoir qne la . procédure dit qu'il était <|ae8tion d'un 7*m///, ora|eur r^^uain^ Chûi" mers'.

l44 CBROSÊÙiMm HIST<miQUE

haitie 4a gtonreivienr prenait de oe qoe Gx)de avait raconté qa'il s'était autrefois rendu coupable de quelques actes lioentieux, très en contradiction avec le sèle ardent qu'il fesait maintenant paraître pour l'Eglise .

Dans l'adresse de rassemblée du i8 octobre i6g4; le gouyemeur reçut ses remerciements pour les services qu'il avait rendus à la religion protestante et à l'instruction puUique. liC 2 octobre 1696, elle reoonnçiît la justice de son gouverne* ment, et enfin le 12 novembre 1698, jour de son de'part, les priacipaux officiers et habitants lui renouvellent leurs remerciements pour tout ce que lui doit la colonie ( t ). , 1694- L'assemblée ayant résolu d'établir un système général d'éducation, vota des fonds pour entretenir des écoles dans chaque comté et pour établir un collège au chef-lieu du ^oiiM^emement. On établit un droit à cet effet scir l'importation des nègres et des liqueurs, et sur l'exportation des peaux, des fourrures, des bœufs et des porcs, excepté ceux appartejnant. aux habitants ou aux commerçants anglais.

Le Maryland étant forcé de contribuer de la somme de 332 livres sterling pour les dép^ises des troupes employées à la défense des frontières de New- York, TassemblàB rendit des actes pour imposer les officiers publics et les liqueurs importées .: elle mit de plus un droit de 10 pences sur les nègres, de 2 shillings et 6 pences sur les domestiques blancs, et de 10 pour cent sur les marchandises étrangères importées.

La même année, le gouverneur et le Conseil établirent une Cour d'appel y dont op pouvait appeler an roi et au Conseil dans les cas d'une valeur de plus de 3oo livres.

t6ç5. Nicholson établit une poste du point de Newton sur la rivière Wicomico, affluent du Potomac, jusqu'à Philadelphie. Le facteur devait parcourir huit fois par an cet iiïtervalle, et porter les documents publics ainsi que les lettres. Ses appointements étaient de 5o livres sterling. Cette poste cessa à la mort du facteur,.en 1698. On doit se rappeler que la poste générale de la colonie ne fut établie qu'en 1 7 10.

Antuipolis, En 1694-95, le sié^e du gouvernement fut transfère de Sainte-Marie, dans la ville A^Anne ArundeL La premièi^ assemblée s'y tint le 28 février 1694 (v. s.). Â la session suivante, elle prit le nom de Port d'Annapolis. £n 1708, le 16 août, elle reçut, par la charte qu'aocoroa le gou-

(i) Maryland, pat J. Itfac-MahoD, ch. 3.

▼erneur Jean Seymour^ le titre de cité ( i ) ayec le droit d'envoyer deux délégués à l'assemblée générale de la proTÎnoe.

Les délégués devaient résider dans la cité et posséder une propriété de la valeur de 20 livres sterling. Le droit d'électeur fut conféré au maire, au greffier, à 1 alderman, et aux membres du Conseil de la cité, tous francs-tenanciers, à tous les habitants qui avaient une propriété de vingt livres sterling, à toute personne possédant une maison et ayant servi comme apprenti, pendant cinq ans, dans la cité.

La Chambre des représentants était d'avis que le gouver-^ neur n'avait pas le droit d'accorder une charte, sans l'autorisation de la couronne^ et elle refusa d'admettre les membres élus en vertu de cette charte. Le gouverneur cassa Tas»semblée et en convoqua une autre, qui adopta l'opinion de la pràsédente. La question soumise à la décision des deux Chambres, un arrangement intervint, et la char^ fut confirmée à la condition de certains règlements concernant les édifices publics, de restrictions mises au pouvoir municipal et d'une diminution de moitié du traitement accordé aux autres députés (2).

1698, 3 janvier. Nathaniel Blackision arriva en qualité de gouverneur, et remplit ses fonctions jusqu'à la fin de 1 70 1 • A cette époque, le mauvais état de sa santé l'obligea à demander la permission de retourner en Angleterre. Son administration fut si approuvée par l'assemblée, qu'elle le nomma son agent pour défendre ses intérêts auprès de la couronne.

Pendant l'administration de Blacki$ton, l'assemblée rendit des actes i^* pour accorder aux quakers la permission de témoigner par affirmation; a** pour encpupager les ministres de reglise à s'établir dans la colonie ; S"" pour interdire aux magistrats de célébrer les mariages ; 4"* P<>^ encourager^ les importations de nègres ; 5** pour empêcher, par de forts impôts, l'entrée deapapistes Irlandais dans la colonie ; &" pour interdire l'exportation de la farine.

1701 , juillet. Un bill avait été présenté au Parlement pour détruire la charte des colonies et leur donner des gou-

(i) Annapolis est située sur la rive droite de la Sëvern, a trois milles de son embouchure dans la baie de Chesapeake. Lat. SS» 58^ long, o» 3i', est de la cité de Washington. Population en 1820, 3,360 habitants; en i83o, a,6a3; en 1840, a>79a.

(a) Maryland, par J. Mac-Mahon, I, ch. 3. Voyez note G. à la fin de Tarticle.

a46 GHRONOLMIE HISTCmiQUE

verneors royaax. Les lords commissaires pour le commerce, voulant faire passer ce bill, s'adressèrent au souvemear du Maryland pour aroir des arguments oontre la cnarte. Au mois de noyembre, cette lettre fut communiquée au Conseil, qui répondit : i® que sous l'ancien gouvernement il n'y avait d'autre serment que celui de fidélité au propriétaire ; a® que les lois n'étaient pas soumises au roi ; 3® que les Cours de justice ne pouvaient pas en appeler au trône ; 4^ eiïfin que le droit de tonnage de i4 pences par tonneau appartenait à la province.

Cependant l'assemblée du Maryland inclinait pour un

Souverneur royal particulier et s'opposa à l'union générale' es colonies, comme on le voit par les remontrances qu'elle adressa, en 1 704, à la cour d'Angleterre pour obtenir de Sa Majesté de mettre fin aux procédés du gouverneur de New- York (i).

1704* L'administration des a£Eaires publiques fut confia au président du Conseil, le colonel Edward Lloydj jusqu'à l'arrivce du gouverneur Guillaume Stymour^ au printems de 1704 (2)-

Pendant son administration, l'assemblée rendit plusieurs actes : \^ pour décider que les seules personnes nées dans le pays, ou qui y auraient résidé trois ann^s, pourraient occuper des fonctions publiques, excepté les personnes nommées par la couronne ; a® pour empécber l'accroissement de la religion catholique romaine, en interdisant aux prêtres d'exercer publiquement lenr«ulte (3) \ V" pour mettre en visueur les actes de Guillaume et de «Marie en faveur des dissidents, et pour admettre l'affirmation des quakers ou amis ; 4" pour oter à lord Baltimore, en faveur de la reine, la moitié du droit de deux sbelHngs, qu'on avait mis sur le tabac pour ooûvrir des dépenses dont il n'était plus chargé ; pour fixer les intérêts des dettes à 6 pour 100 par an et ceux des produits à 8, et pour défendre l'importation de la Pensylvante,

(1) Maryland, par J. Mac-Mahon, ch. 3.

(tk) Seymour flt la traversée à bord du vaisseaa de guerre le Dread' fiQught, qui partit en novembre 1703, et fut forcé par le mauvais tems . de relâcher i la Barbade. British empire, article Marfland

(3) Il était défendu aux laïques et aux prêtres d'exercer leurs fonctious, excepté dans Tinlérieur des familles, et de s'occuper de l'éducation de la jeunesse. Les enfants des papistes qui devenaient protestants avaient le droit de forcer leurs parents de leur fournir des moyens d'existence suiyant leur fortune.

DE l'amérique. i47

du patii, de la farine, de la bière, des cbeyaux et da tabac (i).

Seymoar sat se faire estimer par les colons, maigre les différends qai existaient entre lui et rassemblée, touchant la cbarte d'Annapolis.

A la mort de Seymour, qui eut lieu en 1709, le colonel Lloyd reprit l'administration des a&ires jusqu'à rarriyée du gouverneur Hart, en 1 7 14*

i7i5.Bënéclict Léonard Cal vert mourut le 16 avril I7i5, et son jeune fils Charles Galvert devint son hentier. Bënëdict, d'après le conseil de son père, avait renoncé à la religion catholique, et avait fait partie du Parlement' pour conserver ses droits à la province. Son fils, étant devenu membre de l'église anglicane, fut reconnu au mois de mai, par George I, comme propriétaire du Maryland. Une commission avait été donnée en son nom à son tuteur lord Guilford et à John Hart, der« nier gouverneur de la province. Sous son administration, l'assemblée passa plusieurs lois importantes, savoir : i<^ pour fixer à quinze pour cent l'intérêt des lettres de change protestées ; 2® pour poursuivre les dettes ordinaires on les comptes existants depuis trois ans, et les engagements de douze années; 3** pour admettre le témoignage des nègres dans les a&ires concernant les gens de couleur ; 4° pour étendre la juridiction des cours de comtés aux dettes de vingt livres stei'ling, et pour restreindre les appels à celle de 6 livres sterling au moins ; 5° pour porter ta juridiction des justices de paix aux causes de 16 à 33 sbellings.

Le gouvernement anglais ne devait, à l'avenir, nommer aucun omcier pour la colonie, excepté les -employés des douanes. liC gouverneur pouvait, comme par le passé, percevoir le droit de tonnage et la moitié de celui du tabac.

L'assemblée continuait à être divisée en Chambre haute et Chambre basse. Les électeurs des députés ou représentants devaient posséder un firanc immeuble de cinquante acres de terre, ou une propriété de quarante livres sterling. Ceux qui ne se présentaient point aux élections étaient condamnés à une amende. Les membres de l'assemblée recevaient un traite* ment journalier. Leur nombre était fixé à quatre pour chaque comté, et à deux pour une cité ou un bourg.

1715-16. Le Parlement anglais, afin d'assurer la sucoes-

(1) Maryland, par F. W. Griffiih, p. 40.

sion au trône des princes protestants, avait prescrit le noayeau sermenl d'allëseance et l'abjuration des plus importantes doctrines de 1 église catholique. L'assemblée du Maryland ayant adopté les mêmes resolutions, les catholiques furent exclus des emplob publics dans la province, à moins qu'ils ne prétassent serment (i). Tout jn'étre catholique, qui tenterait de convertir un protestant, était condamné à une amende et à l'emprisonnement. S'il était convaincu d'avoir dit la messe, ou de s'être mêlé de l'éducation de la jeunesse, il était envoyé en Angleterre pour y être puni. Une taxe fut mise sur les domestiques irlandais, afin d'empêcher l'introduction d'un trop grand nombre de papistes. « Soutenue par les autorités et instruite à l'exemple du gouvernement anglais, la législature du Maryland exerça contre les catholiques les persécutions les plus tyranniques et qui dégradent la cause protestante (a). »

17 19. L'assemblée passa un acte pour acoprder cent acres de terre aux personnes qui s'engageraient à établir des four» neaux et des forges pour le fer. On en établit quelques-uns à l'ouest. Afin d empêcher l'introduction de cette fabrication, le gouvernement anglais avait accordé une prime à l'importation du fer (3).

1726' La première imprimerie du Maryland fut établie à Annapolis, en 1726, plus de 90 ans après sa charte.

1727. Le premier livre imprimé dans cette colonie et à Sainte-Marie, était intitulé : A complète collection of the la^vs of Marylandj ou Recueil complet des lois de Mary^ land. L'imprimeur Guillaume Parks le dédia à lord Baltimore. L'année suivante, il commença un journal intitulé : The Maryland ^^azet^e^ qu'il abandonna en 1786, pour se fixer dans la Yirgmie (4)*

1726, 9 mars. Binédict Léonard Calvert^ frère du propriétaire, fut nommé gouverneur du Maryland. Étant tombé dans un mauvais état de santé, en septembre 1781, il nomma Samuel Ogle pour le remplacer, et s'embarqua pour l'Ansleterre. Il mourut pendant la traversée. Il avait été membre du Parlement et de la Société royale de Londres.

(1) Jctsqf. 1716-17 18.

(a) Graham^s history ofNorth America, yo\. II, book 3.

(3) Maryland, par W. Griffith, p. 46.

(4) Thomas' Historjr ofprinting, II, lay-uS.

DE l'àMÉRIQUE. 349

1728. Pendant l'administration de Léonard Galyert, l'assemblée décréta que les personnes qui amèneraient des con-damnés dans la colonie, devraient en £aiire la déclaration, et • indiquer le crime pour lequel ils auraient été condamnés.

172g. Établissement de la ville de Baltimore. Les habitants du comté de Baltimore obtinrent de l'assemblée la permission de fonder une ville qui porterait le nom du comté. Ils achetèrent, de M. Garroll, 60 acres de terre pour être divisées en autant de lots. L'année suivante, on commença les constructions, et la ville prit son nom définitif, en l'honneur du propriétaire qui avait reçu son titre du port de Baltimore, dans le comté de Cork, en Irlande. La terre avait codté 4o shellings par acre.

1732. Fondation de la i^ille de Jones, Ainsi appelée en l'honneur du premier propriétaire du terrain, qui comprenait dix acres. U f ut divisé en vingt lots, évalués chacun à i5o livres de tabac. En 174^, cette ville fut réunie à celle de Baltimore (i).

173a. Le propriétaire duMaryland visite cette colonie, pour terminer les contestations qui existaient entre lui et le

Jouverneur de Pensylvanie. L'année suivante, il retourna en Angleterre, laissant la direction du gouvernement à Samuel Ogle.

1 784* La population de la province en hommes blancs audessus de 16 ans et en noirs des deux sexes de 16 à 60 ans^ s'élevait à 36,ooo individus (2).

1740. Une nouvelle imprimerie est établie à Annapolispar Jonas Green^ de Boston, auquel le gouvernement accorde la somme annuelle de 5oo livres, monnaie de la colonie, pour imprimer les lois et les pièces officielles. En i755, il

(i) La cité de Baltimore est située par le 390 17' de lat. nord et à o» w est de la cité de Washington, sur la rive septentrionale du Patapsco.

En 1790, la population de Baltimore s*élevait à i3,5o3 ; en 1800, à a6,6i4; en 1810^ a 46,553; en iSao, à 63,738; en i83o, à 8o,6a5; et en 1840, a io3,3i3.

Annali of Baltimore, par Ph. W. Griffith,'p.i4-a6, où on trouve beaucoup de détails concernant ces villes.

(a) Ehugloi' BritiskSettlementf, II, a63. Selon J. Mac-Mahon, le ibre des habitants taxés en 1733 ne s'élevait qu'à 3i,470 habitants.

iSo CHRONOLOGIfi HISTOEIQUE

pablia une nouvelle édition des lois, et, en 1765, les lois de Marjland}iar Bacon, vol. in-fol. (i).

£n 1745, Green commença un journal hebdomadaire, in-titulé : Maryland gazette^ lequel fut continué par un de ses parents, qui le fit paraître deux fois par semaine (s).

1739. Cette année, la Chambre basse de l'assemblée fît au gouverneur une vive. opposition, en déclarant illégaux les droits sur le tabac et sur le tonnage, et rétablissement de nouveaux offices par ordonnance ou par proclamation. L'assemblée résolut de nommer un agent résidant à Londres, pour obtenir le redressement de ces torts et pour veiller aux intérêts de la colonie. Elle prépara, à cet effet, un bill qui fut rejeté par la Chambre haute. Elle insista et nomma un comité avec pouvoir de nommer un agent et de préparer une adresse au roi et une autre au propriétaire. Le gouyemeur cassa rassemblée, pour annuler le pouvoir du comité. Mais dans la session suivante, en 1740, les députés trouvèrent moyen de se procurer accès aux archives, et ayant pris une copie des documents relatifs à ces difierends, il les transmirent à Ferdlnando John Paris ^ leur agent à Londres, avec une adresse à la couronne. Il parait que cette affaire ne fut jamais terminée. Au mois de mai 1744? ^^ propriétaire répondant à l'adresse de l'assemblée, l'assure que « les lois ont » toujours été et seront toujours ses seuls guides. » On maintint les droits sur le tabac et sur le tonnage, et dorant la session de mai 1747 9 1^^ honoraires des officiers furent fixés par la loi (2).

1742. CJn parti d'Indiens Shawanese s'unit aux Iroquois', et engagea les Nanticokes qui vivaient sur les bords de la rivière du même nom , dans le Maryland , à se joindre à eux pour attaquer les Anglais , afin de recouvrer leurs anciennes terres. Un des chefs découvrit le complot, un ou deux jours avant son exécution. Un détachement de milice, envoyé à la rencontre des Indiens, fit prisonniers soixante-huit chefs nanticokes , avec le vieux Panquash ^ leur empereur, qu'on amena par eau à Ânnapolis. Après un interrogatoire et un court emprisonnement, il fut mis en liberté. Les députés des six nations exprimèrent, en 1744? aux commissaires des 00-

(i) Thomas, Historjr qf pHnùng^ vol. I, 128-9. (a) Mwyland, par Ph. Griffith, p. 53.

(3) Marylandy par J. Mac-Mahon, ch. 4*

M L'AMÉRIQUE. a5l

lonies leurs regrets de ce qae les ShaVanèses eussent ainsi enfirebt les traités ; ils promirent de faire une sëyère enqpAte sur cette affiiire, et de punir les coupables s'ils pouvaient les -dëeouyrir ( i ).

Pendant la session de 174^9 rassemblée partagea l'opinion dn gouverneur sur la nécessité de mettre fin aux réclamations des six nations sur une grande partie du Maryland, qui s'étendait le long du fleuve Susquebannab et du Potomac, et de nommer des commissaires à cet effet. L'assemblée réclamait le droit d'en désigner deux ; elle choisit le docteur Robert King etCbarles Carroll, auxquels elle donna des instructions secrètes. Le gouvernenr, considérant cette mesure comme un empiétement sur ses prérogatives, y refusa sa sanction. La mission n eut donc pas lieu ; mais on en renouvela le projet dans la session de mai 1744*

Le gouverneur essaya de nouveau de décider l'assemblée à retirer les instructions qu'elle avait données aux députés ; mais elle s'y refusa obstinément ; alors le gouverneur résolut de nommer lui-même les commissaires et de payer les dépenses de la mission sur le revenu du gouvernement. Les commissaires se réunirent à Lancaster, en Pensylvanie , le 3ojuin 1744 (^)*

1744* Pdi* ^6 traité conclu le 28 juin, entre les six nations et les commissaires du Maryland, de la Virginie et de la Pensylvanie, les premiers renoncèrent à leurs réclamations et à leurs droits sur toutes les terres en possession des habitants du Maryland , en échange de marchandises diverses évaluées à 230 livres sterling, monnaie de Pensylvanie. Marsh dit que ce traité donna à lord Baltimore quelques millions d'acres auxquels il n'avait aucun droit. L'acte fut signé, le 2 juillet, par les sachems ou chefs des Onondagas, des Tuscaroras, des Gahugas et des Senekas, et enregistré dans la maison de ville provinciale de Baltimore.

Dans cette occasion, l'orateur Gachradodon, chef des Gahugas, dit : « Qu'étant invités par le gouverneur de Maiyland à traiter au sujet de nos terres et à polir la chaîne d amitié, les six nations réunies ont résolu en G>nseil de donner an grand homme, le propriétaire de Maryland, un nom par-

(1) Manhes' jownal in HisL CoU, of Meusachusetts, vol. VIL a) Edmond Germings, Philip Thomas, Robert King et Thomas Col-

25s CHRONOLOGIE HISTOIUQUE

ticalier sous lequel ils traiteront avec lui à l'aTenir* et que les Cabugas ont été cfaar^s de lui donner ce nom ; ils sont conyenus de l'appeler Tocaryhogon ^ qui signifie prudence, excellence, ou vivant dans cette honorable situation entre Âssaragoa ( i ) et le frère Onas (2), par lesquels nos traites seront mieux suivis. » Le commissaire Jennings , au nom des autres commissaires et de lord Baltimore ^ i^^pondit que sa seigneurie remerciait les six nations de le distinguer par ce nom de Tocaryhogon, qu'elle oonsidërait compie une preuve de bienveillance et comme une distinction'honorable. Il ajouta que sa seigneurie entretiendrait toujours la meilleure intelligence avec eux , et que le gouvernement de Maryland serait toujours prêt à leur rendre service (3).

Dans l'assemblée tenue à Lancaster, le 26 juin 1744 9 ^^ vant le gouverneur et les autres membres de la commission, Ganassatego s'exprima ainsi :

« Frère , le gouverneur du Maryland , quand vous nous avez invites à allumer le feu du Conseil avec vous, on choisit Conedog^vainet pour le lieu du rendez- vous ; ensuite, en réfléchissant mieux , et d'après l'avis du frère Onas, vous avez pensé qu'il serait difficile de s'y procurer des provisions et d'autres coinmodités , parce que les habitations sont rares et les habitants peu nombreux , et vous avez désiré que nous rencontrassions nos frères à Lancaster : nous nous sommes disposés à vous y joindre.

» Nous sommes satisfaits de ce changement, car nous avons trouvé ici tout en abondance , et, comme vous nous avez dit hier que nous étions les bien-venus, et que vous étiez contents de nous voir , no^s vous assurons de même que nous sommes charmés de vous voir, et , comme gage de notre sa* tisfaction, nous vous présentons cette ceinture de wampum. »

Elle fut reçue avec les cérémonies d'usage.

« Frère, le gouverneur du Maryland, vous nous avez dit que lorsque vous apprîtes, il y a sept ans, par le frère Onas, les droits que nous avons à quelques terres de votre provin« ce , vous n'y fîtes point attention , croyant que lorsque nous viendrions à considérer l'afiaire, nous trouverions que nous n'avions aucune raison de nous plaindre du gouverneur de

(i) Le goaverneor de la Virginie.

(a) Gouverneur de Pensylvania.

(3) Massachmsetts' /àstorical CoUection$,yol. VU. Boston, i8oi«

BE l'aHÉRIQUE* a53

Marylaûd et qae nous rénonoerions à notre demande. Et

Siand> il y a deux ans, nous en parlâmes encore à notre Ërère nasy TOUS tronvâtes que nous le finies dans des termes qui indiquaient le dessein de vous effirayer, et tous nous ayez dit aussi que nous nous sommes oubliés en nous servant d'une expression aussi hardie que oelle-ci : nous saurons comment nous faire justice nous-mêmes y si vous nous la refusez. l\ çst vrai que nous l'avons dit, mais sans aucune mauvaise intention; car nous devons vous apprendre que, lorsque, la première fois, nous avons désiré que le frère Onas usât de son influence auprès de vous pour nous faire obtenir satisfaction au sujet des terres, nous l'avons prié en même tems , au cas où vous rejetteriez notre demande, d'écrire au grand roi, audelà des mers, qui nous avouera pour ses enfants aussi bien que vous , pour vous forcer de nous faire justice. Et , il y a deux ans, quand nous avons vu qu'il n'avait fait aucune attention à notre juste demande, et que frère Onas n'avait pas fait parvenir nos plaintes au grand roi , nous résolûmes a'nser des expressions qui pourraient faire le plus d'impression sur vos esprits, et nous voyons qu'elles ont eu leur enet , car TOUS nous dites que nos hommes sages tiennent conseil ensemble et conviennent de nous inviter et de s'informer de nos droits à nos terres, et que si ces droits étaient reconnus, nous obtiendrions une compensation. Vous nous avez dit de même que notre frère , le gouverneur du Maryland , par les avia de ces mêmes hommes , vous avait envoyé pour rendre la chaîne brillante, et nous assurer du désir cpie vous aviez d'éloigner tout ce qui pourrait empêcher la bonne intelligence entre nous. Excepté cette affaire de nos terres, de no,tre coté, nous vous donnerons les plus fortes assurances de nos bonnes dispositions envers vous, et du désir que nous avons, aussi bien que vous, de faire briller la chaîne et de chasser tous les obstacles à une bonne intelligence , et , comme un témoignage de notre amitiéy nous vous donnons cette ceinture de wampum. »

Elle fut reçue et l'interprète ordonna de donner Xeyo-ltah !

. « Frère , le gouverneur de Maryland , hier, quand vous avez mentionné l'affaire des terres , vous êtes revenu sur le vieux tems , et vous nous avez dit que vous aviez été en possession de la province de Maryland depuis plus de cent ans. Mais, qu'est-ce que cent ans , comparés à la longueur du tems qui existe depub que nous y avons des droits , depuis que nous sommes sortis de ces terres ? Car nous devons voos

%Si CHRÛSOIiOeiE mSTOftlQUE

dire qae nos anoéfcret les possédaient , il J a bien plas d'an siéde que leurs enfants ne les ont jamais quittées. Vom yenez d'an pays qui est au-»delà des mers ; yons pouyez y ayoir de jasies droits, mais ici yous deyes conyenir que yous êtes des frères aimés , et que ces terres nous appartenaient long-tems ayant que yoos en eussiez aucune connaissance. Il est yrai qa41 y a plus de cent ans que les Hollandais vinrent ici dans nn bâtiment, et qu'ils apportèrent ici plusîeors articles, tels que des alênes, des couteaux , des hacbes, des fusils , etc., qu'ils nous donnèrent ; et quand ils nous eurent appris à nous en seryir et que nous yîmes quelle sorte de peuple ils étaient , nous étions si contents d'eux que nous attacbâmes leur bâtiment aux arbrisseaux du riyage pour les empécber de partir, les aimant de plus en plus à mesure qu'ils restaient parmi nous; et pensant que les arbrisseaux étaient trop faibles, nous en avons retiré la corde et l'avons fixée aux arbres, et comme les grands vents pouvaieirt les déraciner , et que les arbres pouvaient pourrir en vieillissant, nous avons encore retiré la corde pour l'attacher à un énorme roc (ici l'interprète dit qu'ils veulent parler du pays d'Oneïda), et, n'étant pas encore sati3faits de cela, nous {Plaçâmes la corde sur la grandemoniaffu (pays d'Onondago) , et là nous l'avons attachée très^fortement, nous Pavons roulée tout autour avec du tvampum , et pour la rendre plus solide , nous nous assîmes sur le wampum pour le défendre , pour empêcher tout accident , et nous fîmes tout notre possible pour qu'elle fât à

Î'amais préservée. Pendant tontcetems, les nouveaux venus, es Hollandais , reconnaissaient nos A:oits à la terre et nous priaient de tems en tems de leur accorder une partie de notre pays, de faire un traité d'amitié et de ne former qu'un peuplé avec nous.

n Ensuite, les Anglais vinrent, et, comme on nous l'a dit, ne firent qu'un seul peuple avec les Hollandais. Bnviron deux ans après l'arrivée des Anglais , un gouverneur de cette nation vint à Âlbany , et voyant la grande amitié qui existait entre nous et les Hollandais , et & informant de ce qui s'était passé , il trouva que la corde qiû attachait le vaisseau à la grande montagne n'était retenu que jpar des wampums qui pouvaient se casser, pourrir ou se détruire avec le tems , et nous dit qu'il voulait nous donner une chaîne d'argent {i^as forte et qui durerait toujours. Nous ravon3 acceptée , nous avons attaché le vaisseau avec elle ;'et, depuis, elle atoujours duré. Il est vrai quêtions ayons eu quelques petits difiërends

BB L'àMÉRIQVE. a55

avee lesAâglaâs. Pendant ces querelles , qaelqaes-uns de leurs jeanes gens nous disaient que nous aurions pâi s'ils n'âaîent pas venus dans notre pays y et ne nous avaient pas fourni des épëes y des haches , cfes fusils et les autres choses nécessaires à la vie ; mais nous leur avons toujours donné à entendre qu'ils s'étaient trompés; qu'avant leur arrivée BOUS vivions aussi bien ou mieux, si nous pouvions croire ce . que nous ont dit nos pères. Nous possédions alors assez de terrains, une grande quantité de daims, qui étaient faciles à attraper ; et, si nous n avions ni couteaux, ni haches, ni fusils comme ceux que nous avons à présent, nous en avions en pierres, ainsi que des arcs et des flèches, et cela nous suffisait. Maintenant, nous sommes malheureux, nous manquons de daims, et nous sommes sujets à plusieurs autres inconvénients depuis que les Anglais sont venus parmi nous, et particulièrement depuis ce travail de plumes et d'encre qui se fait sur la table (désignant le secrétaire ) ; et nous en donnerons un exemple : Notre frère Onas, il y a long-tems, vint à Albany pour acheter des terres de Susquenannahs ; mais notre frère, le gouverneur de Nenr-Tork, comme nous le supposons, n'était pas en bonne intelligence avec le frère Onas, et nous conseilla de ne point lui vendre ces terres, parce qu'il en ferait un mauvais usage ; en prétendantétre notre ami, et afin d'empêcher Onas ou d'auti*es de nous en imposer, il nous conseilla de les mettre entre ses mains ; il nous dit qu'il les garderait pour nous , qu'il n'ouvrirait jamais les mains , cju'il les tiendrait soigneusement fermées, et ne donnerait jamais rien sans notre consentement. Nous nous fiâmes à lui, lui remimes nos terres , le chargeâmes d'en prendre soin. Mais , quelque tems après, il alla en Angleterre, mena nos terres avec lui , et les vendît au frère Onas pour une grande somme d'argent , et , quand nous pensâmes à les lui vendre , il nous dit que déjà nous avions cédé au gouverneur de New- York celles de Susquehannah, et qu'il les avait achetées de lui en Angleterre ; cependant, (^uand il apprit comment ï& gouverneur nous avait trompés , il offrit généreusement de nous les payer encore.

» Cependant, si nous mentionnons cette preuve de la perfidie du gouverneur, nous devons rendre aux Anglais la justice de dire qu'ils nous ont secourus dans une guerre contre les Français , qui n'étaient pas plutôt arrivés parmi nous, qu'ils commencèrent à nous tourmenter et à nous provoquer à la guerre, tandis que nous reçûmes continuellement assistance des Anglais, et que , par leur moyen , nous avoQs tou* jours été en état de résister à leurs attaques.

a56 CHRONOLOGIE HISTORIQUE

» Noos approchons maintenant da sa jet : nous nous som* mes fait interpréter vos actes , et les reconnaissons bons et valables ; nous reoonnaisson^que les Indiens de Sosquehannab avaient le droit de vous vendre ces terres, paisqa elles leur appartenaient ; mais , depuis ce tems , nous les avons conquises y et leur pays nous appartient maintenant; et les terres pour lesquelles nous vous demandons satisfaction ne font point partie de celles comprises dans l'acte. Ce sont les terres Cohongrontase (Potomak). Nous sommes sûrs que vous ne les possédiez pas depuis cent ans , ni même depuis dix ans, et nous avons fait notre demande aussitôt que nous avons su que vos peuples étalent établis dans ce pays. Celles-là n'ont jamais été vendues y nous pouvons encore en disposer ; nous sommes satisfaits d'apprendre que vous êtes bien munis de marchandises ; et vous assurant de notre bonne volonté de traiter avec vous pour les terres qui ne sont pas encore vendues, en foi de cela , nous vous présentons cette ceinture de wdmpum, »

Elle fut reçue avec les cérémonies d'usage.

Canassatego ajouta que les trois gouverneurs de^ la Virginie y du Maryland et de la Pensylvanie ayant partagé les terrains entre eux , il ne pouvait dire au juste ce que chacun en avait en, et que cela ne les regardait pas, s'ils étaient payés par tous les gouverneurs pour ce que chacun possédait , et qu'ils laissaient à leur honneur et à leur justice ( i).

1746. Samuel Ogle fut encore nommé goiiverneur. Il resta en place jusqu'en 1 762 , qu'il retourna en Angleterre, laissant 1 administration des afiaires publiques à Benjamin Taskerj ][>résident du Conseil , qui continua à remplir ses fonctions jusqu'à l'arrivée du nouveau gouverneur Horatio SharpCy au mois de mars 1753 (2).

1748e La population du Maryland s'élevait à i3o,ooo individus, dont 94^000 blancs et 36,ooo noirs.

1761, 23 avril. Charles, lord Baltimore, mourut à 52 ans, après avoir, pendant 36 ans, administré la province avec sagesse et modération. Son fils , Frédéric , encore enfant , lui succéda.

1753, mars. Horatio Sharpe arriva avec une commission de gouverneur de la colonie.

(i) Colderis* historjr ofthe fiveindian nations of Canada, part. IIL London, 174^7.

['à) Maryland, par J. MaoMahony I ch. 4>

DE L*ÀMÉRIQtE. ^5f

1754* La grande contestation qui commença cette année, entiHc les colons anglais et français, fut considérée par le Maryland comme une lutte pour le territoire , et il se refusa à fournir des troupes pour la première campagne. Mais , en 17S6, l'assemblée déada qu'il fallait contribuer à la sûreté des colonies, et elle passa un acte pour imposer, à ce sujet, une nouvelle taze sur les licences orainaires et sur les domestiques, en y comprenant les convicts. Dans les autres bills , pour augmenter le revenu, ces droits devaient être continués comme une partie des fonds de la caisse d'amortissement pour leur rachat. Le gouverneur et la Chambre haute s'y opposaient vigoureusement, alléguant que le pouvoir d'aoborder ces licences avait déjà été assuré par le gouverneur, et que le revenu avait été considéré comme appartenant au pro*

r'étaire. La Chambre basse objecta que ces amendes étaient propriété de la province et (|vie le propriétaire n'avait aucun droit d'imposer des amendes , taies ou impôt. Cette ojnnion finit par être admise.

1755-6. Pendant l'automne de i755, un Conseil -générai des gouverneurs coloniaux se tint à New-York, auquel assista M. Sharpe, gouverneur du Maryland. A son retour dans la province, il engagea rassemblée à contribuer aux dépense^ générales des opérations militaires. En février 1756, un acte fut passé, votant la somme de 4û,ooo livres sterling et de 25,000 autres, afin d'aider aux expéditions ayant pour objet la défense des colonies. De la première de ces sommes, 1 1 ,000 furent destinées à l'établissement de forts et de blockaus sur les frontières de l'ouest. La même année, on construisit le fort Frederick sar un terrain élevé , à un quart de mille environ du fleuve de Potomac et à 10 ou 12 milles audessus de l'emhouchure de la crique de Conococheague. Le terrain et les constructions coûtèrent 6,000 livres (1).

Pendant les deux années qui suivirent la défaite de Braddock, en 1755, les Indiens firent des incursions dans le Maryland, à l'ouest, et s'avancèrent jusqu'à près de 80 milles de Baltimore ; mais ils furent défaits auprès de la crique Saint- George et de Loyal-Hanning. Quelques-uns furent faits prisonniers, et, d'après un acte de l'assemblée , leurs chevelures

(i) Maryland, par J. Mftc-Mahon, I, ch. 4. Cet auteur dit que les restes du fort Frederick se voyaient encore en i8a8, au milieu d*an champ cultivé, mais qu'il ne restait aucun vestige du fort Cumber- Und.

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