i4,ooo
1733. . 3a,ooo y compris 18,000 noiri eicUrei.
1750. , 3o,ooo
1765. . i3o,ooo 90,000
"9»- • ^-'^ ! 'u^ s^iirsve.
•«-• • '45,59. I '4«;;|^ xè:^^.
i8ao.
i83o. • 581/185 3i54oi eaclavei.
I840. . 594,395 j g^^^ noiri Ubrei-
Mouvement de la population, des principales villes.
1790 tSoo 1810 1830 i83o 1840
Charleston 16,359 18,713 24,711 34,780 30,389 39>^^i
Goiumbla » » » » 3,3io ^f^o
Tableau des différentes classes de la population en 1840.
B^--{S^ie;:::::::::::::. :::::: l^^ Gensde couleur Kbrc. { "^«j- ;:;;::::::::: î^à
Total 594,398
• • ". 1 3,i»D noirs iiDrei.
f.t: ,,K S 196,365 esclaves.
4"5''"5 i 4:554 noirs libroi.
5o3,74i 3.'>8,473 esclaves.
(i) Le nom de Caroline a été donné an pajrSf par l'amiral de Goli-
Ey, en rhoiinetir de Charles iX, et les Anglais l ont conserré. Voies I artkiei Floride et Virginie.
61anc9
Esclaves c
gCDS (1-
couleur.|
!set( de!
sourds-muets
aveugles
aliénés et idiots à la charge des particuliers, idem idem de 1 Etat ....
sourds-muets •.
aveugles
aliénés et idiots à la charge des particuliers, idem idem de l'Etat ....
Pensionnaires militaires
Agriculteurs
Commerçants
Manufacturiers et artisans
Marins
Mariniers ,
Professions savantes
Université
Etudians
Académies et écoles de grammaire
Etudians
Ecoles primaires
Elèves
Blancs, âgés déplus de oo ans, qui ne savent ni lire ni écrire
lai
io,3a5
ia,530
ao,6i5
Tableau des comtés de VÉtat de la Cai^oline du Sud avec leur population en 1840.
Abbeville 39,35 1
Anderson i8,493
Barnwell 31,471
Beaufort ^6,794
Charleston 8a,66i
Chester »7»747
Chesterfield 8,.574
GoUeton.
, fi
Darlington i4,8aa
Edgefield 3a,85a
Fairfield. ao,i65
Georgetown 18,374
Granville i7,83q
Horry 5,7.55
Kershaw. ...» ia.,a8
Lancaster . . ^
Laurens a'
Leûngton ia,iii
Marion i3,93a
Marlborough 8,408
Newberry. . t8,35o
Orangeburg 18,519
Pickens ii,356
Richland. 10,397
Spartanborg. . a3,6o9
Sumter . . . ^2'^^
Union 18,906
Williamsburg 10,337
York i8,383
Total. . . . 595,398
Indiens, La population Indigène de la Caroline dimînna rapidement, après la colonisation de ce pays par les Anglais. Refoulés loin des côtes, les Indiens ne purent se procurer le poisson, les huîtres et les crabes dont ils s'étaient jusqu'alors nourris. Environnés de toutes parts par les Anglais, les Français et les Espagnols, qui se faisaient continuellement la guerre, ils se rangèrent tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et finirent par étire presque entiè^ment anéantis. La petite vérole en enleya aussi un grand nombre. D'autres furent pria
DE LAHtRIQOE. i8l
par les premiers colons et Tendus, comme esctayes, aux planteurs des Indes-Occidentales.
Robert Mills j dans sa statistique de la Caroline du Sud *, publiée à Charleston en 1826, assure que les tribus suivantes nabitaient encore ce pays vers Tannée 1 700 :
Les yrestoesj, les Stonoes^ les Cosahs et les Sewees, réunis en une seule nation , occupaient un territoire situé entre Cbarleston et la rivière d'Édîsto, dont ils furent cbasaés par les Savannahs ;
Les Famasees et les Huspahs étaient disséminés sur une région étendue, au nord-est de la Savannah, à partir de File de Port-Royal ;
Les Savannahsj les Seramiasj les Cusoboes et les Euchees résidaient au centre de la Caroline, près du, fleuve de Savannab. Après avoir expulsé les Westoes du pays, les Sa* vannabs s'allièrent aux Anglais et rendirent de grands services aux premiers colons ( i ) ;
Les Apalachiens^ qui ont donné leur nom aux montagnes et à la baie d'Apalacbe, vivaient dans une contrée arrosée par les affluents supérieurs de la Savannab et de TAlatamaba;
Les Creeks étaient établis au sud de la Savannab et de la rivière Broad, ou des CberoLees,. à quatre ou cinq cents milles sud-ouest de Cbarleston, et comptaient environ deux mille guerriers ;
Les Cherokees (a) possédaient les districts connus aujour* d'bui sons le nom de Pendleton et de Greenville, lesquels s'étendent au-delà de la Savannab, jusqu'à la rivière des Cberokees, à 34o milles nord-ouest de Cbarleston, à i4o ouest-sud-ouest de la nation Katabba, et à environ aoo milles nord du Muskobge, ou du pays des Creeks.
Cette nation formidable se composait de vingt-sept tribus, * savoir : les Echotees^ les Neguassees, les Tehoheesj Cha" tusseesj Noyowees, Chageesj Estatoes^ Tusseesj Cusateesj Sugoolas, Keyauiveesj Êchays^ Accoontesj Toxawawsj Chiccerohtj Sennekaws, Ttwraws^ Naguchiesj Tuck" washwawSj Quacoratchiesy Slickoeys^ CHotaSy Ênozsj Toterosj JÉsaws, Saponas et JVisacks.
(1) Ces Indiens allaient au loin chasser le daim, qu'ils leur vendaient au prix de 6 pences pièce, et ils leur fournissaient, pour deux pences, des dindons sauvages du poids de 40 livres.
(a) Leur nom est dérivé de cheera, feu, leur paradis inférieur | leurs mages s'appellent cheerà-'tahgff hommes formés du leu divin.
aS» CHROMOLdGIE HISTmtIQUE
SoÎTant Adaîr, les Cherokees comptaient encore, aa cornmenoement du dix-huitième siècle, 64 vlUages ou vtlles et pouvaient mettre en ligne 6,000 guerriers. Ceux-ci, toutefois, se trouvèrent réduits à 2,3oo, à 4a fin delà dernière guerre contre les colons^ et, en 1788, plus de la moitié de la population cberokee fut moissonnée par la petite vérole, qui tut apportée à Cliarleston par un bâtiment venant de la côte de Guinée (i).
Lors de la guerre d'indépendance, les Cherokees se ligué* rent avec les Anglais. Vaincus par les Américains, ils signèrent avec eux, le ao mai 1777, un traité par lequel ils leur cédèrent le territoire qu'ils occupaient à l'est des monts Unacaye^ et se retirèrent^ sur le versant occidental, où ils résidèrent jusqd'en 1816, qu'ils émigrèrent hors des limites de l'État; Les Congarees occupaient la contrée arrosée par la rivière de leur nom ;
Les Seratees, ou Santees^ résidaient sur les bords de la Santee ;
Les ff^aterees avaient un village près de Pine-tree-Creek; Les Saludahs avaient un établissement non loin de la Saluda, à un endroit appelé FïeilU faille des Saludas;
Les Katahbas ou Catawbas possédaient un vaste territoire au-dessus de Cambden, traversé par la rivière qui porte leur nom. Les principaux établissements des premiers étaient à deux cents milles de Gharleston. A l'époque de la colonisation de la Caroline, ils comptaient quinze cents guerriers. En 1743, il ne leur en restait plus que quatre cents, et, peu après, ce nombre se trouva réduit à cent, par suite des guerres qu'ils eurent à soutenir contre les six nations du nord^ des ravages de la petite vérole et de l'usage immodéré des ligueurs spiritueuses. Ces Indiens formaient plus de vingt tribus différentes, qui parlaient chacune un dialecte particulier. Les principales étaient les Katahbas ^ les PFatarees^ les Eenos, les Charahs, les Congarees j les Nachtes, les Vamasees et |es Coosahs (a). Leur population actuelle ne dépasse pas cent dix individus ;
Les Pedees et les PFinya^vs demeuraient près de la rivière de Pedee, et les Saraws vers les sources de cette rivière ;
f 1) Adaii^s history qfthe American Indians,^ Account qfthe Che* rokec nation» London, 1775.
(a) Adaif^s hisiorf KaUMa IndianSf p. aa3-5.
Ls8 Kadapaws habkaieQt sur les bords do Lyiieb ou Kadapaw-Gredk ;
Les Chicktsaws sont encore établis k six cents milles oaest de Charleston. Ils ont environ trois cents guerriers;
Les Chactckws résident à sept cents milles ouest«*9iid»ouest de Cbarleston et peuyent m^tre sur pied trois mille guerriers.
Esclaves, La loi déclare l'esclave la propriété du maître; nuûs ce demi^ est passible d'une amende s'il le fait tra- Tailler outre mesure et s'il ne le nourrit pas d'une manière convenable. Le maître est aussi susceptible d'être traduit devant les tribunaux pour sévir envers son esclave. S'il le tue dans un moment de colère, il est tenu de payer à TÉtat cinquante livres sterling, et le double de cette somme, si le meurti^ a été volontaire. Le meurtrier est, en outre, inba-^ bile à remplir aucun emploi civil ou militaire. Dans le cas où il serait incapable d'acquitter l'amende, la loi autorise le juge à le reléguer dans un fort sur la frontière, ou à le renfermer pendant sept ans dans une prison, où il est occupé à des travaux pénibles. Par un acte récent, quiconque tue un esclave peut même être poursuivi pour meurtre.
Une loi de 1 788 prohibait l'importation des esclaves. On l'éluda au moyen de la contrebande. Un acte du gouvernement, rendu en 1816, défendait d'introduire dans la Caroline du Sud ceux des autres états de l'Amérique; mais la législature modifia cet acte, en 18 18, et autorisa leur introduction, moyennant certaines restrictions.
Les premiers esclaves furent introduits dans la Caroline en 167 1. U en fut successivement amené d'autres pendant les années suivantes, et, en 1773, il en fut importé 6,47 1^ savoir : des Indes- Occidentales, dans 26 navires, 700; d'Afrique, dans 38 navires, 5,73 1 ; et des colonies du nord, dans
6 navires^ 4o (O*
Premiers établissements. En i56a, l'amiral de Coligny ayant conçu le projet de fonder une colonie dans la partie méridionale de l'Amérique du nord, pour servir d'asile aux protestants français, en fit partir un petit nombre sous la conduite de Jean RibaiiU^ qui les débarqua sur les cotes de la Caroline, près de l'île de Sainte-Hélène. Ne trouvant pas la position à leur gré> ils la quittèrent pour se fixer sur un
(1) Voyez ci-deftusy mouvement de U population.
a84 CHRONOLOGIE HISTMIOUB
antre points et se rembarqaèrent plus tard pour la France. I^'ayant pu se procurer assez de YÎYres pour le voyage, ils se* raient tous morts de faim, s'ils n'avaient éXé secoums par nn bâtiment atiglais; car déjà l'un d'eux avait consenti à se laisser tuer pour servir de pâture aux autres.
Ribant avait reconnu les embouchures de plusieurs fleavea de la Caroline méridionale et de la Géorgie.
Juan Verrazzano (Florentin), au service de François V'^ avait parcouru la cote de l'Amérique, en 1524» sur une étendue de sept cents lieues, et jusqu'au 34*" degré de latitude.
En 1564) René Laudonnière fut envoyé à la Caroline avec de nouveaux émigrés,. qui, s'étant arrêtés sur les bords de la rivière de May, furent massacrés par des troupes espagnoles aux ordres de Pedro MéUndez, lequel en agit ainsi d après les instructions de son souverain.
i565. Le gouvernement français fit partir une troisième expédition composée de sept navires ayant à bord environ quatre cents personnes destinées à fonder un établissement en Floride, sous la conduite du même capitaine Ribault, qui devait remplacer Laudonnière.
1622. Des auteurs prétendent que des colons de la Yirgi* nie, qui survécurent au massacre de leurs compagnons dans cette province, s'échappèrent à bord d'un navire, qui fut pousse vers la cote des Malicans et des Apalachitts (la Caroline] ; qu^ils y débarquèrent, et, ayant été bien accueillis par ces Indiens, se fixèrent parmi eux. On ajoute que ces Anglais leur enseignèrent l'évangile, et que leur prmcipal . chef se fit baptiser (i).
i63o, 3o octobre. Dans la cinquième ann& du règne de Charles I*% plusieurs personnes distinguées par leur rang et leur fortune ayant témoigné le désir de former des colonies en Améiîque, ce prince céda à son avocat général, le chevalier Robert Heath, le pays connu sous le nom de Carolana; mais celui-ci n'y fonda aucun établissement, et l'acte fut ensuite annulé par la charte de i663 (2).
(1) Voyez English empire in America,^^ Oldmixon, vol. T, article Carolina.
(a) Coxé* s Carolana^ appendix.. Londôn, 1737.
Cet immense territoire comprenait lesdeaxCarolines, la Géorgie, le Tennessee, le Misûssipi, la Louisiane, une partie de l'état de Missouri, les deux Florides, le Texas, etc.
't66s, 34 ittat«(v* 8.). Charte de la province de la Caro» Hne du Sud. Le pays que Charles I*' aràit donne an cbera* Iwr Bobart Heatn, fîit cédé par Charles II an comte deCta* readcMi et à sept antres lords propriétaires ( i ).
Celte concession embrassait toute la contrée comprise entre lés Si"* et 36" de latitude nord, depuis rOcéan-Atlan-tique jusqu'à la mer Pacifique, ou, suivant les termes de la èharle, « iont le territoire, dans nos domaines de l'Ameriqœ, qui s'^snd depuis Textrémité septentrionale de l'île Locke, située dans les mers de la Virginie méridionale, par te X"* de latitude nord ; et, du côté de l'ouest, jusqu'aux mers du sud; et au midi jusqu'à la rivière de Saint-Mat hias, qui aboutit à la côte de la Floride, par le 3i" de latitude nord, et, en ligne droite, jusqu'à l'Océan Pacifique ».
Les propriétaires a^ant promis de travailler « à la propagation de la foi chrétienne et à l'agrandissement des domaines du roi », avaient obtenu cette charte, à la condition de transporter à leurs frais, en Amérique^ un asses grand nombre dé sujets anglais pour y former une colonie dans une partie de ce continent, qui n'était encore habitée que par des nations barbares.
Le roi investit les seigneurs propriétaires du droit de pourvoir de pasteurs les églises, chapelles et oratoires qui seraient érigés dans ce pays, avec le pouvoir d'en bâtir, fonder, dédier et consacrer d'autres, conformément aux lois ecclésiastiques d'Angleterre. Ils possédaient, à titre d'absolus propriétaires du sol, les droits, juridictions, piîviléges, immunités et franchises attachés à l'évéché de Durham, en Angleterre ; mab ils étaient tenus à foi et hommage envers le roi et ses successeurs. La colonie était censée relever du château To^l d'East-Greenwich, dans le comté de Kent. Les propriétaires devaient payer, à partir de i665, une redevance annuelle de vin^ marcs, monnaie d'Angle^rre ; et la couronne se réservait, en outre, le quart du produit des mines d'or et d'argent qu'ils pourraient découvrir dans le pays.
La colonie fut constituée en province sous le nom de « pix)vmoe de la Caroline ». Les propriétaires étaient autorisés à y établir un gouvernement -, à y promulguer des lois, avec
(ijGeorge, duc d'Albemarle; Guillaume, comte de Craven; Jean^ord BèriLeley; Antoine, lord Ashley, le chevalier Georges Carteret, le chevalier Jean GolletoD et le chevalier Guillaume Berkeley.
t86 ' CHRONObOGU mSTHUQUS
rayisy le ooosenteia^nt et l'approbation des booi^g^U» Ofi^de leurs représentants ; à prendre ps^r eux-mêmes, ou psof lewM dëlëguësy toutes les mesures qu ils croiraieat utiles an maùi"* tien de la paix et dans l'inlërôt de leurs administrés. Ceux» ci, de leur cote, étaient tenus d'observer les ordonnances «e les propriétaires jugeraient convenables de rendis, sous les peines y portées, pourvu toutefois qu'elles fussent conformes aux lois et aux statuts d'Angleterre, et qu'elles ne portassent point atteinte aux libertés et aux intérêts des particuliers.
Voulant favoriser l'accroissement de la population de la province et la mettre en état de se défendre contre les ineur-* sions des sauvages et des autres ennemis, le roi accorda à tous ses sujets la permission de s'y transporter et d'y formçr des établissements, nonobstant les ordonnances et lois con» traires d'une date antérieure. En qualité d'bommes-liges, ils devaient, eux et leurs descendants, jouir de la plénitude des libertés, francbises et privilèges garantis par la constitution anglaise.
Les propriétaires devaient faire observer ces lois par tous ceux qui habitaient ou visitaient la province. Ils pouvaient infliger des peines, telles que l'emprisonnement et autres, et condamner même à la perte d'un membre, ou à la peine de mort, suivant la nature du délit. Ils avaient le droit de nommer les juges, magistrats et officiera publics ; de commuer et remettre les peines, ^d'arrêter les procédures, de tenir audience et de juger toutes les actions civiles et criminelles. Les lois, pour être stables et maintenues, ne devaient pas répugner à la raison, mais se rapprocher autant que possible des lois et coutumes d'Angleterre.
Afin d'encourager 1 émigration à la Caroline, il fut permis aux sujets anglais de commercer avec les natureb du pays, à la condition qu'ils acquitteraient les droits fixés par les tarifs. A partir de la Saint-Michel, 1667, les propriétaires purent exporter de la Caroline, dans les possessions anglaises, les artides smvans^*savoir : la soie, le vm, le raisin de Corinthe, les raisins secs, les câpres, la cire, les amandes, Thuile, les dlives, et sans payer d'impôt ou droit pendant sept ans; et on leur permit d'importer dans la province, également en franchise, les objets nécessaires aux planteurs. Les coutumes et subsides devaient être établis par les propriétaires, du cou- ' sentement de la majorité <ïes hommes libres.
Les seigneurs avaient le droit d'accorder des terres, à titre de fiefs simples ou héréditaires, pour le terme d'une ou piu**
mur» exiitepoes, ou d'an nombre qneloonqoe d'années, no^ nobslant l'acte d'Edward^ appelé : Quia ^mptart^ térn^j ou tQut aojire statat contraire.
Il était anaai permis aux seignemrs de donner et de oonlërer des marques ou tiU^es d'honneor aux babitants, en récompense de leors serrices, noorya que œs titres ne fassent pas les mêmes qoe ceux d Angleterre.
Les propriétaires pouvaient oonsHmire des forts, des rilles et des yillages partout où ib le jugeraient convaiiable ; en' nommer les gouverneurs et les autres fonctionnaires dvils et militaires; faire des levées d'bommes pour la défense du pajs; les punir de mort, suivant les lois de la guerre, ou leur faire fflrâoe, et, en cas de rébellion, traduire les matins devant des Cours martiales. Les babitants ne pouvaient être distraits de leurs juges naturels et forcés de comparaître devant d^aotres cours que celles de la province ou d'Angleterre. Getox d'entre eux qui se feraient scrupule d'assister aux cérémonies de l'église anglicane, de prêter le serment du test, ou de souscrire aux trente-neuf articles, en étaient dispensés par les propriétaires, à la condition, néanmoins, qu ils obéiraient aux lois, ordonnances et constitutions, dans toutes les matières eoclé« siastiqaes et civiles.
Dans le cas où des doutes s'élèveraient 4X>neemant le véri* table sens des mots, clauses ou obligations contenoa dam la cbarte, il en devait être fait, par les Cours, l'interprétation la plus favorabl^ aux intérêts des propriétaires.
Cette cbarte fut sign^ par le roi, à Westminsicr, le ^4 mars 1 66a , la quinzième année de son règne ( t ).
Les propriétaires se réunirent pour concerter des nesores relatives au transport des colons qui désireraient se fixer dans la Caroline. D'après leur constitution, ils se réservèrent le droit de nommer pour trois ans un gouverneur et un Conseil de six membres, qui devaient être choisis parmi treise candidats présentés par les habitants. \J Assemblée générale devait se composer du gouverneur, des membres du Conseil et des représentants des colons. Elle était investie du pouvoir de faire des lois, pourvu toutefois qu'elles ne fussent pas
(1) Cette charte se trouve dans la description de la Caroline de Lawton ; dans le 4* Yolume des Mémoires des commissaires do roi, en date du a4 mars 166a (4 avril r663), Paris, 1757 ; et dans Ctudmen' AnnaUy I, ch. i9. London^ 1780.
388 CHROKOLOGIfi HIS70KIQUS
coolraires à celles d'Angleterre; mais, ayant d'être exëéa» toires, il leur fiiUait l'assentiment des propriétaires. La li-» bertë de conscience fut garantie; et toat homme libre qai, dans l'espace de cinq ans, s'établirait dans la colonie, devait avoir droit à ane concession de oent acres de terre et à cin-* qaante acres par chaque domestique qu'il y amènerait, en payant un demi-sol l'acre.
Une petite colonie, commencée en 1609 par des émigrés de la Virginie, de la Nouvelle-Angleterre et des Bermudes, se trouva comprise dans les limites désignées dans cette charte. Elle était située sur les bords de la rivière de Chowan^
3 ai prit dès4ors le nom à*Albemarle, Vu sa grande distance u siège du gouvernement, les propriétaires en confièrent la direction (8 septembre) au chevalier William Berkeley, al<wa gouverneur de la Virginie, qui fut autorisé, dans le même mois, à concéder des terres et à faire administrer la colonie par un gouverneur et un conseil de six membres. Ce fut Georges Drummond qui en fut le premier gouverneur.
i663. Lord Clarendon voulant fonder une colonie sur la rivière de Charles, au sud du cap Fear, expédia, au mois d'août, un vaisseau aux ordres de Hinton, avec mission d'explorer la cote depuis ce cap jus(p au 3 1 <" de latitude. Il partit eh même tems, de la Virginie, un autre navire pour le même objet.
Peu après, un nouvel établissement fut commence, sous le nom de Carteret, au sud du cap Romain. Ces différents établissements étaient indépendants les uns des autres, et placés chacun sous l'administration d'un gouverneur et d'une assemblée.
i665. Le pays situé au sud du cap Fear, et qui s'étendait depuis ce cap ]asqu'à la rivière de Saint-Matheo, fut érigé en un comté, auquel on donna le nom de Clarendon. Au mois de janvier, les propriétaires, persistant dans leur projet d'établir une colonie sur les bords de la rivière de Charles, nommèrent Jean Teamans (i] commandant de ce comté, avec pouvoir de disposer des terres, se réservant seulement un sou par acre, payable au mois de mars 1670. Yeainans fit venir un nombre considérable d'habitans de la Barbade et, pendant l'automne de i665, il les fixa sur le bord méri*
(1) Planteur de la Barbade, qui fut plus tard créé baron*
DE L^AMÉRIQU£« 289
âkmal de la rivière da cap Fear, et organisa on gourerne-^ ment semblable à celui du comte d'Albemarle.
Le roij voulant pourvoir à la sûreté de ces ëtabllssements, fit présent aux propriétaires de douze pièces de canon et d'une quantité de munitions de guerre, qui furent transportées à la rivière de Cliaries ( i ).
Nouvelle charte. A la demande des propriétaire^ de la Caroline, les bornes de cette province furent reculées vers le nord jusqu'au 36° et demi de latitude, et jusqu'au 2q<» dans la direction du sud-ouest. « Cette province, » est-il dit dans la nouvelle cbarte, « s'étendra, au nord et à l'est, depuis l'extrémité septentrionale de l'entrée du goulet dé Carah^ tuke fCarritiickJ^ par une ligne droite tirée vers l'ouest, jusqu'à la crique de Wyonoate, qui est située par le 36** 3o' de latitude nord ou environ ; et au sud-ouest, jusqu'au 29' de latitude inclusivement, et depuis l'Ooéan-Atlantique, en ligne droite, jusqu'à la mer du sud. »
Cette cbarte, signée le 24 j^în, déclarait la Caroline indépendante des autres provinces et relevant directement de la couronne d'Angleterre (a). Les propriétaires furent maintenus en possession de tous les pouvoirs accordés par la charte précédente, et des prérogatives dont était > investi l'évèque de Durbam^ la couronne conservant toujours l'autorité suprême. Lord Clarendon fut accusé, dans la suite, d'avoir introduit le pouvoir arbitraire dans les plantations. « Mais, n dit Chalmçrs, « ceux qui lirpnt attentivement les chartes données pendant la durée de ses fonctions, à Connecticut, Rhode Island et à la Caroline, penseront plutôt que son seul crime avait été de sacriBer les droits de la couronne et de la métropole aux intérêts de ses possessions, coloniales. »
Vers la fin de i665 , sir John Yeamans jeta les fondements d'une ville qu'il nomma Charleston. D'après la carte de la Caroline publiée par Lawson , cette ville , dont il ne reste aucun vestige, était siCuée près du confluent des rivières du cap Fear et de Charles , à Old Town Creek,
1666. Une assemblée des habitants présenta une requête
(1) Chalmers* Annals, liv. I, ch. 18.
L'anuée suivante, on publia, à Londres, une description de cette nouvelle plantation.
(a) Cette charte est la reproduction de celle de i663. II n'y a de différence que dans la délimitation de la province.
T. XV'Ili t9
aux propriétaires, demandant qu'il leur f&t accordé des tordes aux mêmes conditions que celles des colons de la Virginie, et il fut fait droit à leur demande ( i ).
1667. Cession des Bahamas aux propriétaires de la Ca^ rolim* Le capitaine Guillaume Saylt , que les propriétaires avaient chargé , Tannée précédente , d'explorer la cote de la Caroline 9 fut jeté par une tempête sur Tile de Saint^Saiva-' dor y d'où il se dirigea vers la Caroline qu'il longea sur une grande distance. Il reconnut les emboucbures de plusieurs fleuves navigables , mais n'osa pas y débarquer à cause des naturels qui habitaient sur leurs bords. Les renseignements qu'il fournit, concernant les Bahamas, engagèrent les propriétaires de la Caroline à demander au Roi ^a propriété de ces îles. Accédant à leur désir, Charles II leur abandonna « à son retour en Angleterre, toutes les îles situées entre les 22'» et 27*» de latitude nord.
1667- Un acte du Parlement anglais prescrivit cette antiée que certains individus résidant dans le nord de l'Angleterre, qui avaient été convaincus de vol et de rapine, fussent déportés dans les possessions américaines du roi.
16^, juillet. Promulgation d'un Code de lois. Lespro- ^iétaires de la Caroline , devenus maîtres absolus de la colonie^ orurent alors devoir abroger les lois qu'ils avaient euxméines étid>lies , comme étant trop favorables à la démocratie , et promulguèrent à leur place un Code de lois fondamentales rédigées par le célèbre John Locke , dans un esprit tottt-à-fait opposé aux principes qui dominent dans ses écrits.
Voici le plan de gouvernement que Locke prépara et qui fut approuvé par les lords-propriétaires.
On choisit parmi les concessionnaires un palatin à vie , qui fut nommé président d'une cour palatine , composée de tous ceux liuxquels était confié l'exercice des pouvoirs conférés par la charte.
Chaque Qomté fut partagé en qua/ante lots de terre, contenant 12,000 acres carrés, et chaque propriétaire devait en posséder un à titre de seigneurie» Huit autres devaient être répartis entre trois nobles du comté , savoir : un landgrave y qui en recevait quatre , et deux cacitfues , chacun deux. Ces deux derniers lots prenaient le nom de baronniesy et les vingt autres, appelés colonies j étaient la propriété du peuple.
(1) Chalmers^ Jnnals, Uv. I9 ch. id.
»E l'âMARIOOE. 2191
Les làndgrares el les cacSques devsàtot constitoer la hôblesse bëréditaire de la proyinoe et étaient , de droit , membres da Parlement.
Des manoirs , renfermant an moins 3,ooo acres de terres, furent aussi établis* Us étaient aliénables , mais ne ponraient se diviser.
Il devait y avoir buit cours suprêmes. La première, jplacée .sotts la direction du plus âgé d^ propriétaures, on palatin , avait le pouvoir de convoquer le Parlement , de nommer anx emplois publics et de remettre les peines, heh sept antres se composaient d'un propriétaire et de sept conseillers , et il y avait, dans chaque ressort, un collège de douze assistants choisis parmi les membres de la cour palatine, les landgraves, les caciques ou les fils aînés des propriétaires.
La Cour ék chancellerie él^ît formée d'un des propriétaires et de six conseillers , appelés vice^chanceliers , et de douze assistants. Cette cour connaissait de toutes les afiatres de l'Etat , des traités avec les Indiens , des infractions aux lois , des matières religieuses et de Lsutes les mesures intéressant la paix publique. C'était aussi cette cour qui délivrait les licences aux imprimeurs. Le chancelier présidait le Parlement et le grand Conseil.
\tdi principale Cour de justice se composait d'un propriétaire , de six conseillers et de douze assistants, appelés maftres (masters). Elle jugeait tous les appels des dansions civiles et criminelles.
La Gourdes connétables j formée d'un propriétaire, de six conseillers et de douze assistants , avait la direction et le règlement de toutes les affiiires militaires. En temps de guerre, M connétable était général en èbef de l'armée.
La Cour d'amirauté, où siégeaient un des propriétaires et six conseillers , était chargée de l'entretien et de 1 inspection des bâtiments de l'Etat ^et de tontes les affaires maritimes. Elle possédait aussi les attributions d'une cour d'amirauté. Les douze assistants attachés à cette cour prenaient le nom de proconseils. Pendant la guerre, râmim/-président était commandant en chef des forces navales de la colonie.
La Cour de la trésorerie , composée d'un propriétaire et de six conseillers nommés sous^trésoriers , réglait tout ce ()tti avait rapport au revenu public et au trésor.
La Cour du grand sénéchal {high steward? s CourfJ^ formée d'un propriétaire et de six conseillers ou contrôleurs ,
29a CHROJ!flOI.OG» HISTORIQUE
arait daiif ses ^ttrîbutioDs les affaires commerciales 9 les maiiufactui^es et les travaux publics.
La Cour du chambellan ^ qui se composait d'un propriétaire et de six conseillers nommes vice^chambelians j était chargée des oérémpnies publiques et de l'état civil. EUeaVait le droit de convoquer le grand Conseil. Les douze assistants de cette Gour s'appelaient pressais.
.JLe grand. Conseil où siégeaient le palatin , sept propriétaires et quarante-deux conseillers des différentes Cours , prononçait dans toutes les contestations qui s^élevaient relativement aux attributions des Cours de justice , décidait de la guerre ou de la paix , concluait les alliances et signait les traités. C'était cette assemblée qui préparait tous leâ projets de loi destinés à être soumis au Parlement. Elle jugeait toutes les causes et les appels ayant rapport aux palatins ou aux lords-propriétaires. Ce Conseil se réunissait tons les mois.
Il y avait aussi un Parlement provincial dont étaient membres les propriétaires ou leurs délégués, les landgraves, les caciques et un député par district^ choisi par les francs-tenanciers. La durée du Parlement était fixée à deux ans. Tout homme possédant au moi as 5 00 acres de terre de franc-alleu, était éligible. Les membres devaient se réunir tous dans hi même salle et voter en commun.
Dans chaque comté se tenait une Cour composée, d'un schériff'el de quatre juges de comté. Ces magistrats devaient posséder chacun 5oo acres de terres et de franc-alleu.
Il y avait, dans chaque district, une Cour formée d'un sénéchal et de quatre autres membres qui jugeaient* toutes les causes crimmelles. Chacun de ces juges était également tenu de justifier de la possession de 5oo acres de terre de franc^ alleu.
Il devait être tenu dans chaque seigneurie> baronnie et co-^ lonie, un registre sur lequel on inscrivait les naissances, les mariages et les décès.
Toutes les villes à corporation devaient être administrées par uii maire j assisté de douze aldermen et de vingt-quatre conseillers.
Les membres des différentes communions religieuses étaient oblijgés de déclarer qu'ils croyaient à l'existence d'un Dieu. Toute personne igée de plus de dix-sept ans , qui n'appartenait point à quelque secte chrétienne , était exclue de la protection des lois et ne pouvait occuper aucun emploi lucra-
BE L'AMÉRIQUE. 39a
tif ou honorifique dans la colonie. Le cuke de Tëglise d'Angleterre devait être le seul reconn^u par les lois ( r).
La constitution de Locke accordait aux hommes libres de la Caroline plein-pouToir sur leurs esclaves noirs.
Dans la crainte que la irofp grande multiplicité des lois ne fimt par porter atteinte au système du gouvernement , il fut résolu cpie tous les actes du Parlement cesseraient d'être en vigueur au bout de cent ans (2).
1670. Un acte du Parlement anglais, rendu cette amiëe, autorisait les tribunaux à condamner à la déportation, durant sept années, dans les possessions américaines, tout individu oonvaindo d'avoir dérobé des draps au séchoir , dans les fabriques ou dans les magasins de l'Etat , pour une valeur de vingt schellings.
Les propriétaires ayant résolu de fonder une colonie à Port- Royal , nommèrent colonel Guillaume Sayle gouverneur de cette partie de la côte, qui s'étend au sud-ouest du cap Carteret. Cet officier y conduisit environ huit cents émigrants à bord de deux navires abondamment pourvus de vivres, d'armes , d'instruments aratoires et d'outils nécessaires pour y bâtir des n«aîsons. Les frais de cette expédition s'élevèrent à 1 2,00a livres sterling.
Sayle fut secondé dans son entreprise par Joseph West , gérant des affaires commerciales pour les propriétaires. Il fit plus tard venir de nouveaux colons , des bestiaux et des vivres de la Virginie , des Bermndes et de la Barbade.
Leduc d'Albemarle, premier palatin et représentant du roi , mourut cette année et fut remplacé par lord Berkeley^ Le plus âgé des propriétaires. Peu de tems après , le titre de landgrave fut conféré à Jean Locke , en récompense de e^s services , au chevalier Jean Yeamans et à Jacques Garteret , parent d'un des propriétaires. ^
1671. L'année suivante, les propriétaires envoyèrent à la Caroline le navire le Blessing , commandé par le capitaine Mathias Halstead, Il y avait à bord des députés chargés de omettre au gouverneur des instructions en vingt-trois articles, relativement à la répartition des terres , et le plan
(1) Hewatt prétend, d'après le tëûoignage de Locke lui-même, que €et article lut iosëré dans son prajet par les propriétaires.
fs) Uewau's kùtoryofSoutkCarolinaandGeorfia, 1. 1, p. 3a 1-347; Tne^ni seiofûie funatanental cétisîUutiûns of South Carolina as compiled by M. John Locke,
294 CHRONOLOOIJS «mùUQVE
d'une ville qui devait se nommer Charleston et s'élever sur la presqu'île formée par les rivières Ashley et Cooper^cpti for<* ment la rade de cette nouvelle ville ( i).
Les colons de Port-Royal , mécontents de cette position et attirés par les riches pAturages qui se tronvaieni sur les bords de ces deux rivières , s'^ transportèrent , et j ayec Tap» probation du président^ y jetèrent les fondements de cette ville (2) qui fut, pendant plusieurs anaées, la capitale des établissements méridionaux.
167 1 • Des lois temporaires furent promulgoéespar les propriétaires en attendant que la population prit de l'accroisse*» ment et permît de constituer un gouvernement en faarmo* nie avec la constitution fondamentale. Il fut en même tems recommandé aux colons de cultiver l'amitié des Indiens , de réparer les torts qu'ils avaient pu avoir envers eux ejt de leur donner l'assuranœ qu'il n'était nullement question de les déposséder et de les chasser du pays.
Afin d'encourager l'émigration aux colonies , les lords* propriétaires offrirent à chaque émigré , à sa femme et à chacun de ses enfants et domestiques, cent acres de terre, moyennant on pepny par acre. Les domestiques devaient entrer en jouissance de cette propriété à l'expiration de dix-neuf ans.
Sir John Feamans , qui joue un rôle si important dans l'histoire de la Caroline, était fils de Robert Yeamans , ald^man de Bristol , exécuté sous Cromwell en i643. En oonsî«> dération de la fidélité du père , le fils fut créé baronnet par Charles II en i664 ; mais comme il était sans fortune , il se retira à la Barbade et de là à la Caroline. Guillaume Sayle ayant sncoombé à l'influence du climat peu de tems après son arrivée , âr John étant alors le seul landgrave résidant dans le pays , en revendiqua le gouvernement. Le Conseil toutefois le confia à Joseph West ; mais le premier bâtiment qui arriva d'Angleterre apporta une commission en faveur de Yeamans, en date du 26 aécembre.
Sous son admhûstration , la colonie fut divisée eu quatre comtés. La législature se composait de dix députés élus par le comté de CoUeton , et d'un nombre égal par celui de Ber-
(1) Wynni , British Empire , II , article CaroHna» Londim , 1770.
(a) Elle fat nominëe depuis OUi Charlestown, ou vieille ville, pour la distinguer de la nouvelle ville de Charleston , qui fut fondée en 1680. Vovet iTewatts' South Carolina, liv. I, ch. 9 ( ttChalmn^ê Àn^ na/ii I)Ch. i8i . .
M l'aMÉRIQUE. 295
kel6Y. Yeamans institua un comité de trois membres (i) et pablia des règlements manicipaax. Il défendit aux habitants de quitter la colonie et de vendre des munitions de guerre aux Indiens. Ce fut lui qui ordonna que la ville de Cbarleston fût bâtie d'une manière régulière ; il ne négligea rien de ce qui pouvait contribuer à la prospérité de la colonie, et ne se laissa pas décourager par les obstacles qu'il rencontrait à chaque pas. Lçs émigrés , obligés d'abattre de gros arbres et exposés aux ardeurs d un soleil brûlant et aux attaques des indigènes, se ix^pentirent d'avoir abandonné leur pays, et , s'en prenant au.gouverneur, menacèrent à plusieurs reprises de l'expulser de leur établissement. C'est sous Yeamans que les premiers esclaves africains furent introduits dans la Caroline.
1672. Les autorités espagnoles de Saint-Augustin, voyant dans rétablissement de la Caroline un empiétement sur leur territoire, résolurent de le détruire. Ils cherchèrent à cet effet des auxiliaires parmi les Indiens et ofïrirent aux domestiques de les prendre sous leur fH*otection. Un grand mécontentement régnait alors dans la colonie, et le gouverneur craignait avec raison que les Espagnols n'en profitassent pour l'attaquer. Il prit en conséquence des mesures pour éviter une surprise. Un Irlandais, nommé Térence O'Sullwan , fut posté sur une île située à l'entrée de la rade , avec ordre de tirer un coup de canon dans le cas où l'ennemi s'avancerait de ce côté ; mais O'Suliivan , oublié en quelque sorte sur cette île et manquant de tout , abandonna son poste et se réunit aux mécontents. Le gouverneur, toutefois, parvint à calmer leurs plaintes et leurs murmures. O'Suliivan, accusé de sédition , tut atrété par le maréchal et obligé de fournir caution pour sa bonne conduite à venir; et Culpeperj l'arpenteur général , qui s'était aussi rangé du côté des mutins, fut envoyé en Aur gletcj^re pour y être jugé.
Pour parer à la disette dont le pays était menacé, le gouverneur expédia deux bâtiments à la Virginie et à la Barbade pour chercber des vivres. Le premier était commandé par Joseph Harris ; mais, avant qu'ils fussent de retour , il en arriva plusieurs d'Angleterre avec des provisions et de nouveaux émigrés.
Sur ces entrefaites , le commandant de Saint-Augustin s'avança à la tète d'un détachement de troupes pour déloger ou
(0 Stephen BuU^ Ralph Marshall, et William Owcn,
«g6 CHRONOLOGIE HISTOMOUE
détruire les Anglais ; maïs, à son arrivée à l'île Sainte-Hé* lène y il rencontra une cinquantaine de Tolontaires au3i ordres du colonel Godfrtyj devant lesquels il crut devoir battre en retraite (i).
1673 -74*' Pendant quelques années, les colons eurent bien de la peine à pourvoir à leur subsistance, et, à la fin de 1673, ils étaient endettes de plusieurs milliers de livres sterling. Les propriétaires, néanmoins, continuaient à leur envoyer des secours. La culture de la vigne fut introduite vers cette époque. Yeamans, an lieu d'encourager l'agriculture et le commerce, en avait fait un monopole à son profit \ il achetait à bas prix les denrées des colons et les exportait à la Barbade. Sa commission, toutefois , fut révoquée en mai 1674 (2) 1 et il partit pour la Barbade où il mourut. Le i3 août, Joseph West fut de nouveau nommé gouverneur par le grand Conseil et confirmé dans ces fonctions par le palatin.
i674« Après la conclusion du traité de paix entre l'ÂngleteiTe et la Hollande (9 février) , plusieurs habitants des nouveaux Pays-Bas fNova BelgiaJ s'établirent dans la Caroline , à l'invitation des propriétaires qui mirent à leur disposition ieh deux navires le Bhssing et le Phœnix , pour les y transporter. On leur accorda une étendue considérable de terrain sur le bord sud*ouest de l'Âshley, dont les limites avaient étë tracées par Stephen Bully arpenteur de la Caroline ; et ils y jetèrent les • fondements de la ville de James ^ James TownJ où ils ne séjournèrent que peu de tems , s'étant ensuite dispersés çà et là dans le pays.
Les hommes libres se réunirent , en 1674^ à Charleston et élurent des représentants , auxquels ils donnèrent mission de faire des lois pour la colonie. Quatre députés (3) furent choisis par le peuple pour les représenter dans la chambre-haute de l'assemblée, lesquels s'engagèrent par serment à agir, en toutes choses, d'après les principes de l'équité et de la justice, à respecter les lois de l'Angleterre et des colonies, à obéir aux instructions des propriétaires et à ne jamais divulguer les secrets du grand Conseil.
(1) Hewatfs South Çarolina and Georgia^ I, chap. a.
(a) Chalmers, liv. I, chap. 18.
(3) Thomas Gray, Henri Hughes, Maurice Mathews et Christophe Portman.
Le gouyernement se composait alors An goDrernenr ét'de déax Chambres^ qiû prirent ie tiora de Pariement ( i).
1677, avril. Lès colons n'ayant pu payer au goaverneur Joseph West, ses appointements, qui étaient de 100 livres par an, les propriétaires l'indemnisèrent en lui donnant des propriétés , des marchandises et des créances qu'ils possédaient dans la Caroline. « C'est le premier agent commercial, dit Ghalmers, qui, après dix années d'une sage administration, ait été récompensé de ses services, et contre IsTmoralrté duquel il ne se soit élevé aucune accusation (a). »
Les colons étaient malheureusement divisés en deux partis : les dissidents j qui avaient abandonné l'église anglicane, et les cavaliers j qui conservaient leur préférence pour cette église et en suivaient tous les rites et cérémonies. Les premiers étaient plus nombreux : mais les autres , qui avaient obtenu de vastes propriétés territoriales des profrariétaires et jouissaient de pi us de faveur, exerçaient une plus grande influence politique, et, comme ils étaient en majorité dans le Conseil, ils rejetèrent toutes les lois qui étaient proposées par leurs adversaires. Cette animosité s'accrut encore par le mépris que les cavaliers témoignaient pour les mœurs austères et les principes républicains des dissidents. Le gonver^ neur, accordant protection égale à tous les cultes, eut bien de la peine, au milieu de leurs discussions, à maintenir l'ordre et la tranquillité dans ie pays.
Vers celte époque, des bandes d'Indiens, venues de Stono, enlevèrent les cochons, les dindons et les oies des planteurs. Les Anglais les poursuivirent et en tuèrent plusieurs* Leurs compatriotes, voulant venger leur mort, prirent les armes. Les colons, de leur côté, se mirent en état de défense, et le
Souverneur ayant offert une prime par chaque prisonnier inien qu'on amènerait à Charleston , on parvint à en rémiir un assez grand nombre, que l'on déporta aux Indes-Occidentales, où ils furent vendus comme esclaves. On recevait du rhum en échange de ces malheureux , et ce trafic devint si lucratif, que les planteur» s'armèrent à Tenvi et forcèrent bientôt les Indiens à demander la paix.
1679. Le sol de la Caroline étant jugé favorable à la cul* tore des productions des climats méridionaux , le roi
(i) HewaU^ South Carolina, etc. , tome I, chap. a. (a) Chalmers' Annals, liv. I, chap. 18.
Chavies II y eaq>édia à ses.fr^ â&aoi petits »ftvir6B , ayant à bord des protestants étrangers i <{|û oevaient y cultiver la vigne et l'olivier et y élever des vers à soie. Aucun impôt ne devait être p^'élevé sur ces produits durant un certain nom-; bre d'annëeS), et il en résulta que le commerce de la colonie acquit bientôt une importance considérable ( i).
Fondation de Charleston. Les propriétaires n'aimant point la position de James-Town, en choisirent une autre plus avantageuse^ à la Pointe des Huîtres COyster PointJ, qui est formée par le confluent des rivières d'Asbley et de Copper,. à six milles de l'Océan Atlantique, et où ils jetèrent les fondements de la ville de Charleston (2]^ Trente maisons y furent bientôt construites, et la ville devint un port de commerce et le siège de l'administration générale.
i68o. Guerre a»ec les Indiens. Malgré la recommanda* tîon donnée aux habitants par les propriétaires , de cuUtver T-amitié des indigènes, la guerre éclata cette année arec les fVestoés et les iSawinnas^ qui habitaient les parties méridio^ nales de la province. Les premiers, réduits à un petit nom-^ bre d'individus, furent contraints de quitter le pays. Les autres firent la paix avec les propriétaires l'ann^ suivante, et tons les naturels qui résidaient jusqu'à la distance de 400 milles de Charleston, se mirent sous leur protection.
Ijts colons abusèrent souvent de la confiance qu'ils avaient
(1) Okabners* Annalsy llv. I, chap* 16.
(a) Pendant long-ttas le séiour de cette ville était si insalubre que les habitants se voyaii^pt obligé» de Tabandonner, depuis le commence^ ment de juin jusqu'à la fiji d'octobre. Mais, au bout d'un certain tems, elle finit par devenir la partie la plus saine de la province, durant la même saison r ce qu'on attribue à la dispersion ou à la neutralisation <\e9 minwien par la fumé« des cheminées. Dés l'année i6S5, le commerce de Cbarleston commença à attirer l'attention des autres pays, et un directeur des douanes y fut établi. L'assemblée fit des règlements pour le nettoyage des rues, et organisa une garde de nuit. En 1700, Charleston obtint 'une bibliothèque provinciale de la libéralité des lordspropriétaires et da pastenr Thomas Bray,
Cette ville fut ravagée par nlusieurs ouragans, ëd 17 i3, il y en eut un qui refoula la mer jusques dans ses rues, et endommagea considéra- MêmeM les fortifications. En 1761^ un autre fît couler bas cinq naviveaidanf le port et en démâta cinq autres sur les quarante qui s^ trouvaient. Charleston est située par '6i<* 47' de latitude nord et par 82»» ai* de longitude ouest de Paris. Sa population, en i84o, était de ag,a6i individus. , • .
Voyet Chaimert^Annattf liv. î» diAp« ifl»
inspirée aaïc Indiens ; ils pro&laient du motndve prétexte pour les arrêter et les vendre oDmme esclaves, et ils les ex- «itmot k s^€ntre-dëtrutre , en les arniant les ans contre les «iiftvBs.Ce àgtà lear Instigation que la peuplade férooe des* Conmmts fîit ptiewfne entièrement exterminée par une na« tion Toisine(i}. Vers ce temsjwssîil'yeutnacgrmdemor^ talité parmi les Indiens fixés sur les hmeês de la nvieve àm Pemlioo.
.i68f. Les propriétaires définidirentecpneisémeat uns tso- Ions de réduure les Indiens en eaplîvtté, et lalnmne îfAdli«>' genœ se rétablit bientàt entr'eux.
i68!2. Joseph Pf^est^ ayant été nommé de nouveau gouverneur^ assembla le Parlement pendant l'automne , et lui soumit les projets de loi suivants , qu'il adopta , savoir : 1* une loi pour lV>bservanoe du dimancbe; 1^ une autre contre le blaspbème et l'ivrognerie ; 3® une troisième'pour la formation d'une milice, et Toiiverture d'une route à travers la forétWMitiguê à Gfaarleston ; 4** et une ({uatrième ponr ré-
9relxm>j rênes (
gée contre West, qu'on accusait d'avou* encouragé l'enlèvement des Indiens pour en faire des esclaves, et d'avoir, par son opposition aux cavaliers , nui aux intérêts des propriétaires.
i68a. An même tems, lord CardrosSj ensuite comte de Bucban, M. Mountgomry et d'autres gentilshommes anglais, f<Hrmèrent le projet d'établir une colonie écossaise près de la rivière du Port'-Royai, et Cardross s'y rendit dans ce but. Monntgomry dit qu'après avoir commencé un établissement, il fut détroit par les Espagnols (12). Selon Chalmers, les fondateurs de cette colonie ayant, en vertu d'un arrangement avec les propriétaires de la Caroline, réclamé les mêmes pouvoirs qui avaient été accordés au gouverneur et au grand Conseil , y forent forcés d'y renoncer; et ayant provoqué les Espagnols de Saint-Augustin en excitant les Indiens contre eux, l'établissement fut ensuite détruit (3).
(i) Govemor ArchdaFs Description of CaroUna , page 3. London,
[q) Plan of a new Colony to die South ofCarolina , par sir Robert Moontgomry. London, 1717
(3) Chaimer^Annalit I> lib. t8»
3oo CHRONOLOGIE HISTORIQUE
La proTinoe fat dmsée cette année en trois comtes , nommés Berkeley^ Craven et Colleton. Berkeley s'étendait depuis Gharleston jdsrp'à la crique de Stono, yers le nord, et à la rivière de Sewee, verà le sud. Craven comprenait l'ancien comté de Glarendôn, et Colleton, le territoire de Port- Royal et le pays avoisinant y jasqu'à la distance de trente milles.
Les Indiens Westoes ayant conçu le projet de détruire là colonie,,le gouverneur prit des mesures pour repousser letir attaque^ et le Parlement vota quatre ou cinq cents livres isterling pour en couvrir les frais. De leur côté , les lords-propréitaires chargèrent une commission ( i ) de régler les différends qui s'étaient élevés entre les Anglais et les Indiens ; msds ses décisions donnèrent lieu à tant de plaintes , qu'il fallut la révoquer. Les lords-propriétaires invitèireni aUurs le gouverneur Moreton à prendre sous sa protection tous les Indiens qui résidaient dans la colonie , et à les traiter avec bonté (2). Ceci déplut aux habitants et»particulièrem9i|fc'^aux membres du Conseil (3), intéressés dans le oomilaeroe^ des esclaves, qui contrecarrèrent autant qu'ils purent les<întentions bienveillantes des propriétaires ; ce fut au point que le gouverneur se vit oblige de leur retirer leurs commissions. Ces fonctionnaires, toutefois, jouissaient d'une si grande po-
{»ularîté, et les 'planteurs étaient tellement exaspérés contre es Indiens, que Moreton fut sacrifié à leur ressentiment , et Joseph West fut encore une fois nommé gouverneur.
1683. Au mois de septembre, l'assemblée rendit une loi par laquelle elle augmentait la valeur de la monnaie étrangère, et ordonnait de suspendre toutes les poursuites pour dettes contractées hors du pays. Cette mesure , si contraire à la jastice , excita l'indignation en Angleterre , et fut abrogée
?ar ordre des propriétaires, qui destituèrent tous ceux qui avaient appuyée (4)* '
1684. West eut pour successeur le chevalier Richard Kyrie j Irlandais, qui mourut six mois après son' arrivée à la Caroline. Le colonel Robert Quarry le remplaça.
(1). Cette commÎMion se composait de Maurice Mathews , William FuUer, Jonathan Fitz , et John Boon.
(a) British Empire m America {Olcfmixon)^ art. Carolina* London,
(3) Maurice Mathews, James Moore et Arthur Middleton.
(4) Chalmen' Annals, liv. I, chap. 18.
, Sous radministration de œ deitûer, lesCtfoliateiis mircâiit
à la mer plusieurs navires armes eu course , qai^ ajrant été supprimés par brdre de Charles II, se liTrèrent à la piiatevie. On prétend même (ju'ils furent poussés à prendre oe parti par plusieurs des prmcipaux habitants , par les députés des propriétaires et jpar le gouverneur lui-même. G>ntraireBièDt aux lois des nations et à la lettre des traités conclus aVec TEspagne, ces navires étaient admis dans le port de Charleston et y achetaient des armes, des munitions et tout oe dont ils avaient besoin.
i685. Les propriétaires , instruits de la conduite coiiipable des autorités , congédiéœnt le gouverneur Quany, et reintégrèrent le landgrare Joseph Moreton dans son poste.
Cette année^ un nombre considérable de protestants français ( I ) émigrèrent à la Caroline, et se fixèrent sur les bords de la rivière de Santee.
Charles II mourut le i6 février, et son successeur, Jacques II, fut proclamé avec joie par le gouyerheur et le Conseil provincial de la Caroline. Ce monarque promit sa protection à la colonie, quoique bien décidé d'avance à lui retirer sa charte par un (jfuo ^varranto, Les propriétaires jugèrent que toute opposition de leur part serait inutile. Bien que le bois de cèdre fût alors le seul article d'exportation, avec les pelleteries, dont la valeur annuelle n'excédait pas 2,000 livres sterling , on nomma un directeur des douanes pour Charleston , et le roi ordonna au gouTemenr et à son Conseil d'aider cet officier dans l'exercice de ses fonctions. Un droit fut en même tems imposé sur le tabac exporté aux autres colonies.
. . 1686. Moreton crut de son devoir de mettre à exécution certaines lois et règlements émanant des propriétaires, que le peuple déclarait attentatoires à ses intérêts. C'était aussi
(1) Bamsay, dans son histoire de la CaroliDe (*), cite les noms de plus de 60 familles françaises respectables, qui émigrèrent alors à la Caroline.
Trctts descendants de ces réfugiés présidèrent le Congrès des Etats- Unis, pendant la guerre de la révolution, savoir : Henry Laurens, de la Caroline du Sud, John Ja^, de New-York, et Elias Boudinot, de New- Jersey. Elias Prioli, qui amena plusieurs de ses narobsiens dans cette province, était petit-fils d'Antoine Prioli, doge de Venise, en i6i8.
(*) History of South Carolina. Charleston, 1809.
Soa GHROÏfOLOGtt RISTARIQUE
- t^e^nidii deipiêlqties iiititnl>re8 du C<mseil ( i ) ^ qui réelamaieot pour em-mémes plus que le gouremear ne poatait aocm*à0t* La eontm^erse qui s'ëlera à ce snjet , donna naîssanœ àdfnxpartt», dont l'un soutenait les prërogatiyes des pro-
• pviëlaiires, et Vaatite- défendait les libertés du peuple. Ce derdevînt eli peu de tems si formidable j que les proprîë-
taives fareift obligés de révoquer le gouremeur et de nommer k sa dlace James Colleton , au mois d'août 1686 (2),
Vers la fin de cette année, les Espagnols de Saint-Augustin^ croyant que les colons anglais avaient excite les indigènes . du voisinage à s'armer contre eux , firent une incursion sur les ûrontiènes méridionales de la Caroline, et détruisirent l'étab^ssement de Port^Royal. Les Ecossais, qui avaient des possessions dans cette île , les abandonnèrent pour s'en re-* tourner dans leur pays.
Le gouverneur et le Conseil levèrent des troupes pour les envoyer contre Saint-Augustin ; mais les propriétaires leur ayant représenté que les Espagnols useraient de représailles, et que, dépendant de la couronne d'Angleterre, ils n'avaient pas le droit de faire la guerre à ses alliés sans son consentement, ils renoncèrent à cette expédition.
Colleton, ayant débuté, dans son administration , par des mesures sévères, perdit bientôt toute autorité. Dans Tespoir de la recouvHôr, il convoqua une assemblée de représentants, à laquelle il proposa divers changements dans la oonstitution fondamentale. On nomma, pour les examiner, une commis* sîon composée de Colleton , du secrétaire Paul Grimball et de cin^ autres membres (3). Après de longs débats, cette commission r^igea un Code, contenant plusieurs dispositions nouvelles, et qu'elle appela Standing Laws^ ou lois permanentes de la colonie. lis propriétaires , auxquels le gouverneur les transmit, refusèrent de les sanctionner, déclarant qu'ils ne consentiraient jamais à ce qu'il f&t appraié aucune modification au pacte fondamental.
(1) John Booae, Maurice Mathews, John Godfrey, Andrew Percival, Arthur Midleton et James Moore.
(a) Colleton était frère Jn chevalier Peter Colleton, uii des propriétaires de la Caroline. Il se fixa, peu après son arrivée de la fiarhade, •sur les bords de la rivière de Cooper. Pour loi donner phu d'importance, oa le créa landgrave, et on loi céda en toute propriété 48,000 ^ores de terres.
(3) William Dunlop, Bernard Schiuking^ Thomas Smith, John Fatans et Joseph Blahe.
BB L'AHÉRIffUE^ 3o3
Vers le même terni, il s'ëler a une owtotolîcii y relalivemf^nl aux titres de oonoetsion et à la redevanœ ânnneUe, •entre le gouyerneur et L'assemblée* Le premier exigeait le paiement des arrérages , que le peuple refusait d'araoUter, parce que les terres ne lui avaient été d'aucun profit. Golleton insista, et adopta des mesures coërcitives qui amenèrent- «ne rëyolte ouverte. Les mécontents tinrent des assenibléesyaiTétèrent le secrétaire , s'emparèrent des arohires imbliqnes, et établirent un gouvernement provisoire. L'anarcnie était alors À son comble , et le gouverneur et son Conseil ne virent d'autre moyen de rappelée le peuple à Tordre , q^ae celui 4e proclamer la loi martiale , en présence de la nMlîce , qu'ils avaient convoquée à cet effet. De son côté, rassemblée* se réunit et réprouva la mesure, qu'elle traita d'empiétement sur son autorité ; et, en 1690, elle rendit un décret par leqœl elle déclarait le gouverneur inbabile à exercer aucun emploi civil ou militaire dans la province , dont elle l'expulsa peu de tems après.
1687. JsicqiieJ* II 9 ayant résolu de détruire la piraterie dans les Indes^Occidentales, y envoya une escadre , sons k commandement de Sir Robert Holmes j auquel le gouverneur et le Conseil de Charleston eurent ordre de fournir tons les secours dont il aurait besoin. L'apparition de cette f<Ht3e navale sur la côte de la Caroline, mit un terme , pendant quelque tems, à la piraterie , qui recommença sous le règne de Guillaume et Marie.
1690. Plusieurs des réfugiés français, envoyés, par la cour de Londres, à la Virginie, passèrent,|pi 1690, à laCanroline, et se fixèrent sur les bords de la Santee et à Charleston , où ils se livrèrent au négoce et à l'industrie, après avoir prêté le serment d'allégeance au roi { i }.
Seth Sotheilj qui avait été banni d'Albemarle et rappelé en Angleterre par les lords-propriétaires pour lui demander compte de sa conduite , retourna cette année à Charleston. Profitant de la fermentation qui y régnait et de l'influence que lui donnait sa qualité de propriétaire , il s'empara du gouvernement , après l'expulsion de CoUeton et des autres autorités , qui protestèrent vainement contre cette usurpation.
Sothell, toutefois, ne tarda pas à être déposé par les pro* priétaires. Le colonel Philipp Ludwellj de la Virginie , fut
(i) Hewattfs Carolina, I, ch* 3.
3o4 CHROROLOGIB HISTORIQUE
«ppielë aa goayenlmiient de la Caroline en 1693, et une Amnistie fi&t aœoniëe à ceux qai avaient pris part à la demiéiio rëir<»ke. Sothell se retira à laOaroUne da Nofd, où il mourut en i6a4.
Lndwell soumit aux propriétaires an nourean j^an de ^MHwmement, en 4^ articles. Il demandait que toutes les anciennes lois et règlements, à Texception seulement des lois agraires^ fussent ab<dis ; que les représentants du peuple fussent autorisés a adopter telles lois qu'ils jugeraient néœs^ saires au bien public , lesquelles ne resteraient en vigueur que pendant deux ans, à moins que le palatin et trois propriétaires ne jugeassent convenable de nrolonger ce Itrme ; et que le gouverneur fût autorisé à accorder d'autres terres aux caciques et aux landgraves qui avaient préféré celles de Tintérietir, dans l'ignorance où ils étaient de la râleur et de la fertilité de celles du bas pays.
Le Parlement anglais avait voté un secours de i5,ooo livres sterling pour les réfugiés français dans la Caroline , et il leur avait été alloué en même tems une certaine étendue de terres sur les bords des rivières de James et de Santee, où le plus grand nombre s'établit et se livra à la culture de la vigne. Lttdwell eut ordi-e d'admettre six de leurs repréâen^ tants dans l'assemblée et de leur accorder les libertés et privilèges dont jouissaient les colons anglais. Ces émigrés, toutefois, furent mal accueillis par ces derniers, qui, ne voyant en eux que des intrus, prétendaient que , d'après les i^:« .i'4»>n.i«4-»..,M<^ :io — •^..«»:^.«i- «.««.,^j. j^ terrrt dans
l'aucune autorité, pouvait leur conférer les
nés de ces unions étaient néces^irement illégitimes. Cet esprit d'intolérance fut poussé si loin , que les émigrés français furent obligés de réclamer la protection du gouvernement, ils s'adressèrent aussi aux propriétaires, de qui ils reçurent toutes les garanties qu'ils demandaient. Mais , telle était la force des préjugés soulevés contre eux, qu'aucun représentant du comté de Craven , où se trouvait leur établissement , ne fut admis ù siéger dans la nouvelle assemblée ( i ).
Des terres furent accordées, en 1692 , aux émigrés par les
(1) Hewatt^à Sou^ Carolina, I, chap. a et 3.
DE L'AMÉaiQ(J£. 3o5
propriétaires, oa leurs agents, au prix de 20 livres sterling les 1 ,000 acres , moyennant une redevance annuelle d'un schelling par cent acres. Les acquéreurs eurent le priyilége de choisir parmi les terres qui venaient d'être arpentées et enregistrées , et ceux, qui n'avaient point d'argent à leur disposition obtinrent des concessions, en s'obligeant à payer aux propriétaires un sol par acre annuellement.
Vers cette époque, un corsaire nommé le Royal-Jamoica, monié de quarante hommes , et ayant à bord une quantité d'or et d'argent dérobé aux Espagnols, arriva à Charlestown.
Le capitaine d'un autre bâtiment, jeté peu après à la cote, déclara qu'il i^venait de la mer Rouge , où il avait été piller les possessions du Grand-Mogol. Ces pirajtes furent tenus de promettre, sous caution, de suspendre leurs courses pendant un an , jusqu'à ce que le gouverneur put recevoir des uropriétaires des instructions à leur égard. Ces demiers ordonnèrent de les faire juger suivant les lois d'Angleterre, et de composer le jury de telle manière qu'ils ne pussent échapper impunis. Mais ces pirates , à force de répandre de l'argent dans le pays , s'étaient si bien mis avec les habitants , qu'il devint dimclle , sinon dangereux , de les traduire en jugement. Après de longues discussions, l'assemblée proposa de les amnistier ; mais voyant que le gouverneur n'approuverait pas la mesure, elle vota la mise en vigueur de Vhabeas cor-' /7ii5. Quelques-uns des pirates parvinrent à se sauver, et d'autres achetèrent des terres dans la colonie , où ils se fixèrent sans qu'on les inquiétât le moins du monde. A la fin, les propriétaires accordèrent un blU d'indemnité à tous les individus accusés de piraterie , n'en exceptant que ceux qui avaient pris part au pillage commis an préjudice des sujets du Grand-MogoL
Le jury, à la Caroline , n'était pas nommé par le schériff. On le tirait au sort de la manière suivante : les noms de tous les hommes libres étaient écrits sur des bulletins de parchemin de même dimension et placés dans une botte que l'on secouait pour les tnéler. Vingt-quatre noms étalent alors retirés par un enfant âgé de moins de dix ans et jetés dans une seconde boîte, d'où un autre eniBant du même âge en extrayait les douze qui devaient constituer le jury. Le prisonnier avait le droit 4'en réduset un certain nombre, qui étaient remplacés par d'autres, dont les noms étaient tirés par le même enfant.
Le paiement des redevances , que les colons cherchaient
T* XVIU* %0
3o6 CHRONOLOGIE HtSlfOIUQUE
tous les moyens d'ëluder, donna lieu à nne latte continaelle entr'eux et l'agent des propriétaires. Dans les poursuitespoor le recouvrement de petites sommes , les droits perças par les Cours et par les schériffs excédaient souvent le montant de là dette. Pour remédier à cet inconvénient , l'assemblée autorisa les juges de paix à juger toutes les causes où la somme en litige n excéderait point quarante schellings. Le gouverneur proposa ensuite à l'assemblée une nouvelle forme de contrat agraire, qui fut regardée par les propriétaires comme an empiétement sur leurs droits et prérogatives. Il en résulta €fae ce fonctionnaire fut rappelé et que Thomas Smitk^ nche planteur, fut nommé à sa place et élevé à la dignité de landgrave.
Le chevalier Nathaniel Johnson^ qui avait été commandant des Iles-sous-le-Vent, fut créé cacique de la Caroline et s'y établit en 1693.
i6o3. Les colons se montrant de plus en plus opposés à la constitution fondamentale, les propriétaires consentirent à leur rendre leur charte, et le Code de Locke, qui avait régi la colonie pendant vingt- trois ans, fut entièrement abrogé.
Cette année, vingt chefs cherokees se présentèrent au gouverneur Smith, pour lui demander aide et assistance contre les Indiens £'^aw et Congerée^ qui avaient incendié plusieurs de leurs villes et fait prisonniers Beaucoup de leurs gens. Ils se plaignirent aussi des naturels de Savannah qui, au mépris des traités reconnus par plusieurs tribus, avaient vendu leurs frères aux colons. Le gouverneur promit de les protéger et de s'^opposer à ce que leurs compatriotes fussent envoyés hors du pays (i).
1695. Les réfugiés français trouvant que leurs propriétés n'étaient gai^anties par aucune loi^ et craignant qu'à leur mort çlles , ne retournassent aux propriétaires, ^gèrent à quitter la colonie.
Le goaverneur Smith, fatigué des plaintes et des dissensions des cplons, remit Tadministration à Daniel Blakc jusqufà ce que les propriétaires lui eussent donné un sucoeâ^ seur, et quitta la province.
Ceite annéCj les Anglais présentèrent au gouverneur uiie adresse, où ils demandaient que les Français fuss^^t exclus de la législature* a^— — — — I I III ■ " ■ i^^i— —————— rf—i——^i.—
tO ffewatts' Sou^ CaroUna^ I, chap. i.
DE L'AMÉRIQUE. 3oj
La dboorde qui existait parmi les colons arrêta long-tems i^B progrès de l'hidastrie. A la recommandation de Smith, les propriétaires rësoloi^ent d'envoyer à la Caroline un de leurs membres, avec plein pouvoir de redresser les griefs et de rétablir la paix. Lord Ashley (i), désigné pom* cette mission, refusa de s'en charger et fat remplacé par John Archdale, membre de la société des Amis , qui arriva à Charlestown au mois d'août lâgS, et fut bien accueilli par les habitants< Archdale réunit aussitôt le Conseil (2) et convoqua une assemblée de doute députés, élus par les Anglais des comtés de Berkeley et de CoUeton. Les préjugés de ces derniers contre les Français étaient tellement vayétéréSy que le ^uverneur fut obligé de céder et de les exclure de la 1^;is1a« ture. Tous les anciens juges, les officiers de la milice et les magistrats, conservèrent leurs emplois.
L'assemblée rendit plusieurs lois rdativement à l'achat des terres, aux droits des propriétaires et à ceux des planteurs, et elle institua des magistrats pour juger les afiaures en litige entre lés colons et les Indiens, et des officiers pour frayer des routes et ouvrir des canaux.
Peu de tems après son arrivée , le gouverneur Archdale conclut un traité avec les Indiens qui habitaient les parties maritimes de la Caroline du Nord. Des émigrés de la NouveUe-Angleterre ayant fait naufrage sur cette côte, s']f fbrtifièrent, dans la crainte d'être massacre par les indigènes. Ces derniers eurent beau leur donner des témoignages d'amitié, ils évitèrent tout contact avec eux tant qu'il leur resta des vivra». La fiaum, toutefois, les força bientôt de quitter leurs retranchements, et, à leur grande surprise, ils reçurent Taccueil le plus amical de ces Indiens, qui s'empressèrent de leur fournir des vivres et permirent à plusieurs d'entre eux de se rendre à Cbarlestown. Le sonverneur expédia nnbâti- ^ ment, qui amena les autrea à Ta rivière de Cooper, oà ils fondèrent l'établissement connu sous le nom de Paroisse du Christ.
La cuUuredu riz fint introduite cette année à la Caroline. Le capitaine d'un navire anglais venant de Madagascar, ayant abordé à l'Ue de Sullivan, ut présent au gouverneur Smith
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(1) Auteur de l'ouvrage intitulé: CharacUristics»
(a) Il te composait de Joseph Blake, Stephen- Bull, James Moore, Paul GrimtMU, Thomas Garey , John Beresford et William Hawctt.
3o8 GHROI^OLOGIE HISTORIQUE
d*an sac de rix et lui enseigna la manière de le cnitiji^er. 'Le gouverneur, à qui il avait beaucoup vanté les qualités nu« tritives de ce grain, répartit le contenu du sac entre ses amis, qui le semèrent et en retirèrent une récolte des plus abondantes. Deux autres espèces de riz furent ensuite apportées à la Caroline par Du Bois^ trésorier de la compagnie des Indes-Orientales. L'une était de couleur rougeâtre et Tautre l^lanche. Telle fut Torigine de la culture du riz dans cette colonie, lequel, grâce au travail des esclaves africains, devînt en peu de tenis une source de grandes richesses pour le pays (i).
. i6^. Les Indiens Famasséeà occupaient un district situé à quatre*vingts milles deGharle8town,où ils vivaient sous la protection des Anglais. Un parti de ces indigènes ayant rencontré à la chasse quelques Indiens de Santa-Maria, non loin de Saint-Augustin, les retint prisonniers, pour les vendre comme es(Javes aux planteurs de la Beuroade ou de la Jamaïque . Le gouverneur Archdale, instruit de leur intention , nt venir chez lui le chef yamassée et les captifs, au nombre de quatre, trois hommes et une femme. Un interprète juif dont il se servît, lui apprit qu'ils parlaient espagnol et qu'ils étaient chrétiens catholiques. D'après l'ordre du gouverneur, ce chjgf les reconduisit à Saint- Augustin. Le commandant de ce fort .écrivit à Archdale une lettre de remerciements, et ces deux officiers ménagèrent, entre les Indtensde cette frontière , une réconciliation qui eut des résultats lieu* reux pour la Caroline.
. i6g6. Johrij comte eh Bathj ayant succédé à lord Craven, en qualité de palatin , créa plusieurs landgraves , et entre antres Edmond Ballenger, John Baylty et Robert Daniel. Edmond Bohun fut nommé premier juge.
> Une foule d'émigrants arriva cette année à la Caroline. De ce nombre (otNicholas Trottj planteur des Bahamas, que Hewatt dépeint comme un homme dévoré d'ambition.
Une petite colonie , venant de Dorchester , dans le Massaçhu^setts, aborda à la Caroline, en 1696, sous la conduite du révérend Joseph Lord. Elle se fixa près de la source dé la ri-
(1) He^^am' South Carolina, I, chap. 3.
Selon Pennant (Arctic Zoology) on avait déjà semé du riz, dans la Caroline, vers l'année i689; mais il jte réassit pas^ i cause de la mauvaise qualité des aeipencei. .
(2) H9lme9*Jnntah7^ «^*
▼tère d'ÂsUey, à 18 milles environ de Gharlestown, et donna à l'établissement le nom de Dorchester.
Vers la fin de 1696, le gouverneur Ârchdale se démit du gouvernement, et chargea Joseph Blake de le remplacer (i). A son retour en Angleterre , il exposa aux propriétaires la. véritable position delà colonie, et leur soumit divers changements dans l'administration , qu'ils adoptèrent. A sa recommandation, ils rédigèrent de nouvelles lois, et résolurent de changer la forme da gouvernement. Mais l'assemblée refusa de leur prêter son concours, et ne voulut même pas examiner le projet, en 4» articles, qu'ils lui envoyèrent.
L'esprit d'intolérance était alors fomenté par une corporation ecclésiastique, composée d'une vingtaine d'individus. Les pro-' testants français , évincés de nouveau par le gouvernement , demandèrent et obtinrent de l'assemblée, malgré les menées de cette corporation, un acte d'incorporation en' vertu duquel ils étaient assimilés aux hommes libres de la colonie, après avoir prêté serment au roi Guillaume. La même loi proclamait la liberté de conscience. Le catholicisme, ou. papisme j était seul proscrit.
1700. Une association de quarante-trois individus. Français, Anglais, Portugais et Indiens, équipa un navire à la. Havane, pour courir sur les bâtiments qui appartenaient aux négociants de Charlestown. Ces pirates en capturèrent plusieurs, dont ils envoyèrent les équipages à terre. Peu après, il s'éleva entre eux une discussion, au sujet du partage du butin, à la suite de laquelle neuf Anglais furent jetés dans un bateau et abandonnés en mer. Ceux-ci toutefois sabordèrent à la baie de Sewee, et de là se rendirent à Charlestown , où, ayant été reconnus par trois capitaines de navires qu'ils avaient pris, sept d'entre eux furent jugés et condamnés à mort (!i).
Pendant l'automne, la ville de Charlestown éprouva tontes sortes de calamités. Un ouragan souleva la mer, la poussa jusque dans les rues, et força les habitants à se réfugier au second étage de leurs maisons. Un gros navire de Glasgow, le Soleil Levanty commandé par James Gibsoriy et ayant à bord des colons qui venaient de Darien, se brisa contre les bancs de sable, près de la ville, et périt, corps et biens. Un incendie,
(i) Neveu de l'amiral anglais du même nom. (a) HewaUi SouA CaroUna, liv. I, chap. 3.
3i0 CHRONÔIiOGIE HtST^UQUE
qui ëclata vers la même ^poqpe, rëdaisit en cettdres mie grande partie de la ville. La petite vérole y exerça anssî des ravages, et une maladie épidémique) se déclarant en même temSy décima la population et enleva la moitié des mem* bres de l'assemblée. Découragés par tant de maux , les ha« bîtants songèrent un instant à quitter la colonie, pour se retirer dans la Pensylvanie (x).
A cette époqne, la Caroline comptait une population blanche de S^Soo âmes (a).
Les membres de l'assemblée qui survécurent à cette épidémie, montrèrent tant d'indifférence pour les affaires publiques, que le gouverneur Blake se vit obligé de la dissoudre et d'en convoquer une autre. Nicholas Trott , nommé orateur de la nouvelle chambre, se di^itingna par son opposition aux intérêts des propriétaires. A son instigation, l'assemblée revendiqua le droit de nommer les fonctionnaires publics, et particulièrement le receveiu'général. Le gouverneur et le Conseil résistèrent à cette prétention et désignèrent eux-mêmes cet officier. L'assemblée , non seulement refusa de le reconnaître, mais déclara que quiconque lui ferait des paiements, serait considéré comme un ennemi du pays.
Vers la fin de l'année, Blake mourut, et le Conseil ne put d'abord tomber d'accord sur le choix de son successeur. Joseph Moreton se présentait pour le remplacer, comme le doyen des landgraves. James Moorcj son rival, liû objectait la commission qu'il tenait du roi et des propriétaires , en qualité de juge de la cour d'amirauté. Enfin, après bien des débats, le Conseil se prononça en faveur de ce dernier, et l'investit du gouvernement.
1701. Ls palatin lord GranvilU confirma l'élection de Moore, paroe qu'il le croyait plus capable que Moreton de faire triompher la cause de l'épiscopalisme sur celle du protestantisme, qui était protégée par Je roi.
Plusieurs Anglais de distinction, jaloux de propager l'Évangile dans le monde occidental, présentèrent dans ce but un plan au docteur Tennison , archevêque de Cantorbéry, qui obtint pour eux, du roi, « une charte d'incorporation, pour la propagation de l'Évangile dans les pays étrangers ».
Vers la même époque, l'assemblée décréta la fondation, à
(1) Hewattà* South Caivlinayl, chap. 3.
(a) Drayton's South CaroUna,i<â. Gharlestown, i8oa.
m L'âHÉfilQUE. 3ii
Gharlealovn, d^ane bibliothèque^ dont elleconfiala direction aju ministre épiscopal de cette ville. Les auteurs de la plu* part dcA ouvrages qu elle contenait étant membres de cette religion, il en résulta que les protestants s'abstinrent de la fréquenter.
Le palatin j décidé à introduire l'épiscopalisme jusque dans le gouvernement , chargea le gouverneur Moore d'em* ployer toute son influence sur rassemblée pour atteindre ce but.
La majorité des colons , se composant de protestants qui avaient fui l'Angleterre pour s'affranchir du joug de cette église^ repoussèrent les prétentions du palatin avec beaucoup de fermeté, les déclarant contraires à la liberté de conscience, garantie par la charte.
Le gouverneur , ayant perdu la confiance des colons , et s 'attendant à ne pas conserver long-tems son poste , résolut de mettre à profit le tems qui lui restait , pour s'enrichir par le monopole du commerce avec les Indiens et l'enlèvement d'un nombre de ces derniers , pour les vendre comme esclaves. Ce projet infâme devait être exécuté par plusieurs individus, ses complices, auxquels il avait délivré des com missions. L'assemblée, toutefois, le fit échouer, en rejetant un bill destiné à légaliser ce brigandage, et elle fut dissoute par le gouverneur.
L'élection des membres de la nouvelle assemblée donna lieu à de graves désordres. Le schérifif , conformément aux instructions du gouverneur , accorda le droit de suffirage à tous les colons indistinctement, y compris les matelots , les domestiques et les mulâtres. Il en résulta que la moitié des membres élus étaient tout-à-fait étrangers aux affaires publiques.
Cette assemblée imposa un droit de trois farthings^ ou liards, sur chaque peau exportée de la colonie, et ce droit devait être double, si on l'expédiait à bord de navires anglais. Les commissaires des plantations protestèrent contre l'établissement de ce droit, comme étant préjudiciable au commerce de la métropole ( i ).
1702. Expédition anglaise contre Saint" Augustin. Le colonel Moore, ayant appris qu'une rupture venait d'éclater entre les couronnes d'Angleterre et d'Espagne, proposa à l'as«
(1) Chalmen^ annale, l, chap. 14, note 4a.
3i a CHRONOLOGIE HISTORIQUE
semblée une expédition contre Saint- Augustin. L'ayant ap~ prouvée, elle yota pour cet objet la somme de a,ooo livres sterling. On fit une levée de six cents miliciens, et on engagea un nombre égal d'Indiens, que le gouverneur embarqua, au mois de septembre, à bord de quelques transports qu'il avait réunis à Port-Royal. Il fut convenu que, tandis qu'il bloquerait la rade de Saint-Augustin , le colonel Daniel^ à la tête d'un détacbement de milices, attaquerait la ville par terre. Ce dernier exécuta ses ordres, pénétra dans Saint- Augustin, et la livra au pillage. Les Espagnols, cependant, s'étaient retirés dans le château, où ils avaient mis en sûreté leurs effets les plus précieux; et Moore, ne pouvant les déloger, faute d'artillerie, envoya Daniel en chercher à la Jamaïque. Mais, pendant son absence, deux navires espagnols se pré^ntèrent à l'entrée de la rade , et les Anglais durent lever le siège et se retirer par terre à la Caroline, hes Espagnols s'emparèrent des transports et des munitions de guerre et de bouche de l'expédition, et Daniel faillit tomber entre leurs mains à son retour de la Jamaïque. Le gouverneur ne perdit que deux hommes dans cette malheureuse entreprise, qui coûta à la colonie la sommé de 6,000 livres sterling, et nécessita la création d'un papier-monnaie y le premier qui fut émis dans la Caroline.
1703. L'année suivante, Moore conduisit une autre expédition , composée de blancs et d'Indiens , contre les Apalaches, peuplade qui habitait entre les rivières d'Alatamaha et de Savannah , incendia leurs villes et les dispersa, avec perte de huit cents hommes tués ou blessés , et d'environ
auatorze cents prisonniers , qu'il déporta sur le territoire e la Géorgie. Les propriétaires, contents de ses services, lui adressèrent une lettre de remerciements ( i ).
1702. Guillaume III mourut le 1 1 mars, et eut pour successeur Anne Stuai-t, fille de Jacques II. Louis XIV, de concert avec l'Espagne, ayant proclamé le prince de Galles, roi. d'Angleterre et d'Irlande, le 1 1 mai, la reine Anne déclara la guerre à ces deux nations , et les colonies américaines se trouvèrent ainsi engagées dans des luttes continuelles contre les Français et les Indiens.
Vers cette époque, la culture de la soie fut introduite dans la province par sir Nathaniel Johnson. Comme les
(i) Hewatts* South Carolina, I, chap. 3.
DE l'aMÉRIOITE. 3i3
bois abondaient en mûriers et cpie le dimat conyénait anx vers à soie, on pouvait espérer que cette culture serait d'un grand rapport à la province, à cause de la consommation considérable de cet article en Angleterre; mais le manque d'habitude dans les soins qu'exige cet insecte , et l'indicérenœ des lords-pix>priëtaires firent bientôt renoncer à cette culture (i).
On commença aussi alors à cultiver le coton ^ pour lequel le sol et le climat furent jugés très-favorables ; mais on y renonça également pour celle du riz, qui avait pris une grande extension.
1708. Sir Natbaniel Johnson fut nommé gouverneur de la Caroline, par l'influence de lord Granville, avec des appointements de 200 livres sterling, qui devaient lui être payées par le receveur- général de la colonie. Johnson avait servi dans l'armée, et siégé dans la Chambre des communes d'Angleterre ; mais, comme il ne s'était pas montré chaud partisan d$ la révolution, les propriétaires eurent de la peine à faire ratifier sa nomination par la reine, et il fallut même qu'il s'engageât, sous caution, à tenir la main à l'exécution oes lois de commerce et de navigation et des instructions qu'elle croirait devoir lui transpiettre.
1704* Les propriétaires, étant décidés à établir l'église anglicane dans la Caroline, se servirent de l'influence du gouverneur et du Conseil pour arriver à leurs fins. L'assemblée rendit une loi , par laquelle tout Individu convaincu, sur l'aifirniation de deux ou plusieurs témoins dignes de foi, d'avoir parlé ou écrit contre la sainte Trinité, ou contre l'origine divine de l'Ancien et du Nouveau Testament, était déclaré inhabile à siéger dans l'assemblée, ou à occuper un emploi lucratif dans la province. En cas de récidive, il était passible d'emprisonnement pendant trois ans, et ne pouvait être ni tuteur, ni exécuteur, administrateur, ou partie plaignante dans une cour de justice.
(1) Daniel Goxe dit, dans son histoire de la Caroline, que : « si cette province était jamais peuplée, comme il y croissait presque partout des mûriers rouges et blancs, on nourrait y recueillir une grande quantité de soie, pourvu toutefois qu^on entretint des relations amicales avec les Indiens. Cette expérience, déjà tentée par Sir Nathaniel Johnson et autres, aurait réussi sans le manque de oras. En employant les naturels ou les nègres, qui aiment les travaux peu pénibles, on pourrait produire, pour moins d'un schelling, ce qui en coûte aujourd'nui plus de six. »
3l4 GHRONOIOGIE HISTMIQUE
Une antre loi fut rendue, dans le but d'exclure les protestants de la Chambre des représentants, tout membre étant tenu de prêter le serment, de suivre les préceptes et les rites de l'église anglicane.
Les habitants du comté de Golleton et de plusieurs autres localités protestèrent contre cet acte, et rédigèrent une adresse aux propriétaires , pour demander son abrogation. John Ashy chargé de la porter en Angleterre, n'ayant pu obtenir la permission de s'embarquer sur un des bâtiments de la colonie, partit pour la Virginie, d'où il mit à la voile. A son arrivée à Londres, il se présenta chez lord Gran ville, qu'il trouva peu disposé à écouter ses objections. Ce dernier se contenta de lui répondre qu'il ferait écrire par son secrétaire pour s'informer des griefs dont il demandait le redressement. Ash résolut alors d'en appeler au peuple anglais, par la voie de la publicité ; mais il mourut avant d'avoir achevé son mémoire, qui, étant tombé entre les mains de ses ennemis , ne vit jamais le jour.
Le gouvemenr n'en persista pas moins à faire exécuter la loi votée par l'assemblée, et institua une Cour, composée de vingt laïques, à qui fut confiée la direction des araires ecclésiastiques.
Il fut aussi pourvu , par un autre acte, à la construction d'églises dans les dix paroisses de la colonie, savoir : sept dans le comté de Berkeley, deux dans celui de Colleton, et une dans celui de Craven. L'assemblée vota des fonds pour cet objet, assigna des terres pour les glèbes, et assura un traitement aux pasteurs.
Ces différents actes, ayant été envoyés en Angleterre pour être revêtus de la sanction des propriétaires, e'prouvèrent une forte opposition de la part de John Archdale , qui prétendit que la Charte garantissait aux Caroliniens liberté entière de conscience ; que le droit de juger pour soi, en matière de religion , était un droit naturel ; que les actes de conformité étaient contraires aux principes démocratiques et que des actes aussi impopulaires et aussi oppressifs devaient par conséquent être re jetés. En dépit de ces représentations, ils furent ratifiés par quatre des propriétaires (i).
(0 Voici la lettre au'ils adressèrent au gouvernear en lui renvoyant ces actes ratifiés : a Monsieur, vous avez accompli, avec un zèle iuiatigaJ;>le, un grand œuvre de piété, pour l'honneur et le |j^(vice du Dieu tout-puissant. Nous^ aussi nous avons rempli notre tâcM^^ii ratifiant
M L^àMÉM&m* 3i5
Les monnaies étrangènes, aussi bien qae celles de la mèrepatrie, avaient cours dans les colonies américaines. Il en ré* sultait de graves inconvénients pour les habitants, qui s'en étaient plaints au gouvernement anglais , la reine Anne publia une proclamation pour en régler le cours. Le Parlement, de son côté, rendit une loi dans le même but, en 1708 (i).
Quelques-unes des restrictions de l'acte de navigation furent modifiées en 1 704* On permit l'importation des toiles d'Irlande, dans les plantations américaines, sur navires anglais ; et l'exportation en Angleterre de divers articles nécessaires à la marine fut encouragée par une prime sur les mâts, les vergues, les beauprés, le goudron, la poix, la térébenthine et le chanvre.
1706. Vers 'le commencement de cette année, les colons protestants présentèrent à la Chambre des lords une adresse, dans laquelle ils exposaient que la charte et la constitution fondamentale garantissaient à tout chrétien le libre exercice de sa religion ; que personne par conséquent ne devait être exclu, pour cause de religion, de l'assemblée et des emplois civils; qu'en 1708, quand il s'agit d'élire une nouvelle assemblée, la loi d'élection avait été violée par l'extension à toute espèce de gens du dix>it de suffrage ; qu'un acte avait ensuite été promulgué, dans le but de fermer aux protestants l'accès de l'assemblée, tandis qu'on y admettait tous ceux qui attestaient n'avoir reçu le sacrement de l'eucharistie dans aucune congrégation protestante, pendant l'année précédente ; que cet acte avait été illégalement rendu , en ce que l'assemblée avait été convoquée pour le 26 avril , lorsqu'elle avait été prorogée jusqu'au 10 mai, et qu'enfin cet acte avait reçu la sanctioh des propriétaires, sans égard à la pétition que leur présentèrent cent soixante-dix des principaux habitants et négociants de la colonie.
Cette adresse fut soumise à la Chambre des lords, qui, en dépit de l'opposition de lord Granviile, décida que les Caroliniens avaient droit à toutes les libertés et privilèges des sujets anglais, et que l'acte de l'assemblée, siçné par lord Granviile et trois autres propriétaires (3), était attentatoire aux
des actes d'un si haut intérêt pour FÉglise; et nous vous les expédions par le capitaine Flavel. »
{i)Smùfi's NeW'Jersey, où se trouve cette proclamation , pag. 381-3. Burlington, 1965.
(a) LordCânloret, Lord Cravenet Sir John Colleton.
3i6 CHRONMiôGlE BISTOAlQUE
lois du royaame, à la charte de la colonie, et tendait à dépeupler et rainer la province. La Chambre vota ensuite nne adresse à la reine, où elle la suppliait d'aviser an moyen d'affranchir la Caroline de l'arbitraire qui pesait sur elle, et de poursuivre ses oppresseurs avec tonte la rigueur des lois. La reine répondit qu'elle connaissait toute l'importance des plan-' tations, et qu'elle ferait tout ce qui dépendrait d'elle pour protéger efficacement ses sujets de la Caroline.
Quelques-uns des propriétaires ayant refusé leur approbation à un acte contre lequel S'élevaient tant de plaintes, l'affaire fut déférée aux ionls-commissaires chargés du commerce et des plantations, lesquels déclarèrent bien fondées les accusations portées contre l'administration provinciale et contre les propriétaires, et furent d'avis qu'on leur retirât le pouvoir dont ils avaient abusé. lU supplièrent la reine de prendre la colonie sous sa protection spéciale, et d'annuler les lois qui la régissaient. Sa majesté y consentit, et ordonna à son avocat-général de révoquer la charte par un quo 'warranta.
La société instituée pour la propagation de l'Évangile envoya, cette année, plusieurs missionnaires à la Caroline et dans les autres plantations, pour y répandre l'instruction parmi les colons et les Indiens. Au nombre de ces missionnaires se trouvait Johnston , commissaire de l'évéque de Londres , auquel on alloua, ainsi qu'à cinq autres, 5o livres sterling par an , indépendamment du traitement qui leur était fait par la province. Cette société y expédia aussi, vers ' le même tems, deux mille volumes pour être distribués aux habitants.
En 1706, une expédition française et espagnole^ composée d'une frégate et de quatre goélettes, portant huit cents hommes de troupes, attaqua la ville de Charlestown. Les ha- ' bitants toutefois firent bonne contenance, et repoussèrent hes assaillants avec perte de trois cents tués ou prisonniers. Parmi ces derniers se trouvait Arbusetiy commandant supérieur des troupes, qui offrit 10,000 piastres de rançon pour lui et quelques officiers de mer. La perte des colons fut peu considérable. L'escadre franco-espagnole était commandée par Le Febure^ et les Cai^oUniens par le colonel TVilliam Rhett et le capitaine Fenwick.
Les sacrifices que fit la colonie pour se défendre contre cette expédition, nécessitèrent une émission de billets de créditpour une somme de 8,000 livres sterling.
INS L^AMÉRIQfCE. 3i7
A la fin deoette aDoëe, lord Granyille mourat, et l'asBemblëe, craignant que cet e'vénement n'amenât quelque change*» ment en fayeor des protestants, pourvut à la sûreté de- l'église ëpîscopale par un acte législatif. Elle décréta ensuite qu'elle contmuerait encore à siéger pendant deux aùsy et pendant dix-huit mois après le changement de gouvernement, soit que ce changement survint par suite de la mort du gouverneur actuel, ou par son remplacement par un autre.
Vers la fin de 1708, le colonel £^û!W/ïr^2y/i«c fut nommé gouverneur de la colonie par lord Craven,, qui lui donna pour secrétaire son frère Charles Craven. Les instructions que Tynte reçut des propriétaires et de lord Craven, lui en-
t' oignant de travailler à amener une réconciliation entre les labitants, il s'occupa de ce soin dès son arrivée dans le pays.
A cette époque, le revenu de la Caroline provenait dea droits d'exportation prélevés sur les fourrures et les peaux de daim, et des droits d'importation sur le sucre, la mélasse et les liqueurs spiritueuses. Les recettes des droits sur les fourrures, les peaux et les liqueurs furent affectées au remhourseinent des billets de crédit émis après la dernière invasion. On donnait alors 5o pour 100 de l'or anglais, c'est-àdire que 100 livres sterling en valaient i5o eu papier de la Caroline.
Un nombre considérable d'habitants du Palatinat, ruinés par la guerre, demandèrent aux propriétaires de leur céder des terres dans la colonie. Ceux-ci, prévoyant qu'ils seraient d'un grand secours pour la Caroline, acquiescèrent prompteinent à cette demande, mirent des navires à leur disposition, et ordonnèrent au gouverneur d'encourager leur étafolis-t sèment par tous les moyens en son pouvoir. On accorda une centaine d'acres, en toute propriété, à chaque hoiume^ femme et enfant. Pendant les dix premières années, ces terres n''^ taient passibles d'aucune rente, et elles ne devaient payer ensuite qu'un sol par acre.
Le gouverneur Tynte étant morty Robert Gibbesluisùocédsi. Les propriétaires, trompiés par de faux rapports, crurent qu'il avait obtenu son élection à l'aide de la corruption, et nommèrent Charles Craven à sa place. Celui-ci eut ordre de mettre la colonie à l'abri d'une nouvelle invasion franco-espagnole, d'encourajger la pèche et les manufactures, de veiller à ce que la justice îùt administrée avec équité, et de transmettre en Angleterre les actes de rassemblée, qui ne deTaient' aToir
3i8 GHROmOLOGIE AIST0RIOUE
forot de loi cpi'après ayoir reçu l'assentiment des propriétaires.
Le conseil da gonyerneor se composait des bommes^ les
Î>lus riches, les plus éclairés et les plus recommandables de aGoloaie(i).
17 12. L'assemblée autorisa le trésorier à payer i4 livres de la monnaie courante au maître, ou à quiconque amènerait dans le pays un domestique anglais valide âgé de douce à trente ans, et qui n'eût pas été condamné à une peine infamante en Angleterre (2).
1715. L'agent des planteurs et des négociants de la Caroline ayant adressé une pétition à la couronne pour se plaindre de la tyrannie exercée dans la province par les lords-proprié* taires, et de l'inefficacité des mesures prises pour la garantie contre les attaques des Indiens, le ministère présenta un bill à la Chambre oes communes d'Angleterre « pour le règlement des chartes, et du gouvemement des propriétaires en Amérique^ et des plantations de sa majesté. » Ce bill avait pour bat de substituer le gouvernement royal à celui des propriétaires, projet que nourrissaient les ministres, depuis la révolution de 1688 (a).
Complot indien. Au mois d'avril, la colonie faillit être détruite par les Indiens Yamassées, qui avaient été lons-tems les amis et les alliés des Caroliniens, et les ennemis acharnés des Espagnols. Ceux-ci étaient parvenus à les détacher dé l'alliance anglaise, au moyen de présents de fusils, de munitions et de vêtements que le gouverneur de Saint- Augustin fit à leurs principaux guerriers, dans un festin auquel il les avait conviés, et où il leur lava la figure en signe d'amitié. Peu de tems après, ces Indiens proposèrent aux autres tribus de reoonnaitre à l'avenir ce gouverneur pour chef, et de former ensemble une ligue pour l'extermination des colons anglais de la Caroline. Les Apalaches, les Chefokees, les Congarées, les Cataivbas et toutes les peuplades qui résidaient entre La Floride et le cap Fear, répondirent à cet appel. Les Yamassées, qui occupaient, au nombre de six à sept mille, une vaste étendue de pays située derrière Tîle de Port-Royal j
(i) Cétaien^ Thomas BroughtODr Ralph Izard, Charles Hart, Sarouel Ëveleigh, Arthur MiddletoD, etc.
(a) Ramays' Caroàna, tome I»chap. i.
(3) Anderwn^ Hittory oftrade and Commerce y vol. II, année 1 71 5,
sav la rive gaache dn fleuve Savannah, donnèrent le signal de la révolte par le massacre de quatre-vingt-dix colons de Po^ cotaligo{i) et de plantations voisines. A oetle nouvelle, la plupart des habitants de Port-Royal s'enfuirent à bord d'un navire qui se trouvait dans la rade, et firent voile pour Charlestown.
Dans cette conjoncture, le gouverneur Craven proclama la loi martiale, mit un embargo sur les bâtiments, et, ayant é\é autorise par l'assemblée à lever des soldats et à armer les nègres fidèles, il marcha contre l'ennemi à la tête de douze cents hommes.
Sur ces entrefaites , les Indiens qui vivaient à cinquante milles au nord deCharlestown, égorgèrent une famille entière de colons. Le capitaine Barker fut envoyé contre eux, avec quatre-vingt-dix cavaliers ; mais , tarahi par l'Indien qu'il avait pris pour guide, il tomba dans une embuscade, et y périt avec plusieurs des siens. Après cette afiaire, quatre cents Indiens pénétrèrent jusqu'à Goos-Creek^ où soixante-dix Anglais et quarante esclaves noirs, postés derrière un retranchement, repoussèrent victorieusement leur attaque. Effrayés toutefois par le nombre croissant de leurs adversaires , ils proposèrent des conditions de paix. Les Indiens les aooeptè<* rent ; mais à peine les Anglais eurent-ils déposé les armes, qu'ils fondirent sur eux et les massacrèrent tous.
Les Yamassées et les autres confédérés, après avoir ravagé la province de St-Bartholomé, assirent leur camp dans un endroit nommé Saltcatchjers. Le gouverneur les y suivit et leur livra bataille. Les Indiens essuyèrent une p^rte considérable, traversèrent la Savannah, et se retirèrent sur le territoire espagnol, où ils trouvèrent protection.
Cette guerre coûta la vie à quatre cents colons.
L'assemblée confisqua les terres des Yamassées, et les ayant offertes à des émigraiits anglais, cinq cents Irlandais franchirent l'Océan pour aller s'y fixer. Ils y avaient déjà formé des établissements, lorsque les propriétaires s'emparèrent de ces terres pour en faire des baronnies. Une partie de ces malheureux Irlandais périt de misère, et l'autre trouva moyen de se transporter dans les colonies du nord (2),
17 16. Craven, ayant appris la mort de son frère sir An«
(i) Bans le district de Beaufort» à 67 milles de Charlttstowti. (^a) HewaW^ South Carohna, vol. I, chap. 5. t
320 GHROlfOLdGU; HISTORIQUE
tbony Graven, confia le gouvernement à Robert Daniely et partit pour l'Angleterre.
Cette même année, lord Carteret fut créé palatin^ Nicholas Trott j grand-juge, et William Rhett, receveur général et contrôleur des douanes.
L'assemblée rendit, à cette époque, une loi pour régler le commerce avec les tribus indiennes, et choisit des commissaires, qui devaient en appliquer le produit aux besoins publics.
Pour prévenir le retour des scènes de désordre qui avaient eu lieu, à Gharlestown, lors des dernières élections, il fut décidé que chaque paroisse nommerait un certain nombre de représentants, et que l'assemblée ne se composerait que de trente-six membres. Cette manière de procéder aux élections fut très-agréable aux habitants, mais ne fut nullement du goût des membres du Conseil, qui prétendirent qu'elle paralyserait leur influence et nuirait par conséquent au pouvoir des propriétaires. Ces bills furent plus tard retirés à la demande de ces derniers.
Les Yamassées continuant à faire des incursions dans la Caroline, le gouverneur donna ordre de bâtir trois forts, à Congarét,, à Sas^annah et à Apalachicola.
17T7, 3i avril. Robert Johnson , fils de l'ancien gouverneur de ce nom, fut investi du gouvernement, par une commission de lord Carteret.
1718» Après la suppression de la piraterie, aux Indes-Occidentales, par une escadre aux ordres de PVoods Rogers^ une trentaine de forbans prirent possession de Temboucbure de la rivière du cap Fear. Le gouverneur John^n expédia un navire, commandé par William Rliett, pour les en déloger. Ce capitaine s'empara d'une chaloupe montée par Steed Bonnet y leur chef, et trente hommes qu'il amena à Charlestown. Le gouverneur lui-même captura un navire pirate, commandé par Richard Worlty^ après un combat très-vif, dans lequel tout l'équipage fut tué, à l'exception du capitaine et d'un de ses gens, qui furent aussi conduits à Charlestown et condamnés à mort. Bonnet et ^% compagnons subirent le même sort. Ces deux expéditions coûtèrent à la province audelà de 10,000 livres sterling (i).
(1) HewQ»^ South CaroUna , 1, chap. 5. — British Domin$on$,
DE l'âMÉRIQUE. 3a I
• 1719. Le grand-jage Trott, soupçonne d'entretenir avec )es propriétaires une correspondance secrète, contraire aax intérêts des colons, fat en butte aux clameurs de toute la population, et les avocats dressèrent contre lui un acte d'ac-r cusation, en 3i articles, dans lequel on lui imputait de montrer de la partialité dans ses jugements, d'exiger des émolu: ments qui ne lui étaient pas légalement dus, de faire attendre ses décisions pendant des années entières, et de cuinuler tous les pouvoirs judiciaires de la province, étant à la fois juge des cours de plaids communs, du banc du roî, de la vice-amirauté et de la chancellerie.
Ce magistrat, qui tenait sa commission des propriétaires, répondit qu'il ne devait aucun compte à l'assemblée. Celle-ci transmit alors un message au gouverneur et au conseil, où elle les invitait à se joindre à elle pour dénoncer sa conduite aux propriétaires et lui faire retirer les pouvoirs qu'il posséiiait^ ou obtenir du moins qu'il ne siégeât que dans une seule couj;, et qu'il y eût appel de ses jugements.
Le gouverneur et la majoi'ité du Conseil, convaincus de la mauvaise administration de Trot t, acquiescèrent à la demande de l'assemblée ; mais, voulant que l'affaire fût bien éclaircie, ils rédigèrent un mémoire, f[u'ils chargèrent un des conseillers déporter en Angleterre. Francis Fon^Cy désigné pour cette mission, arriva à Londres dans les premiers jom s, de 1719M Le palatin, ayant été nommé ambassadeur auprès, de. la cour de Suède, adressa Yonge aux autres propriétaires, auxquels il remit l'acte d'accusation et le mémoire du gouverneur, du Conseil et de l'assemblée. Les propriétaires^ dans leur réponse , manifestèrent leur mécontentement contre les membres du Conseil, de ce qu'ils s'étaient associés auxplain« tes de la Chambre-basse contre Trott , dont ils. louaient la capacité et la fidélité, et la seule concession qu'ils firent £i4t de lui ordonner de s'abstenir de siéger dans le Conseil, toutes les fois qu'il y aurait appel de ses jugements au gouyerneor et au Conseil .
Johnson profita de la popuTarité que son expédition eonitp les pirates lui avait acquise , pour mener à fin le projet .(ja'il avait conçu de retirer de la circulation le papier-n;ionnaie de la province. A mesure que ce papier perdait de sa valeur , le prix des produits s'élevait ; les planteurs y gagnaient , mais c'était au préjudice des négociants. Ce conflit d'intérêts donna lieu à de violents débats dans l'assemblée ;. toutefois , sur l'invitation du gouverneur, elle rendit une loi pour l'a- T. xvnit ai
322 CHRONOLOGIE HISTORfQUE
mortisseraent de ce papier , dans l'espace de trois ans , an moyen d'une taxe sar les tenres et les nègres. Cet acte fut approuvé par les propriétaires. Il n en fut pas de même des Slanteurs, qui ne tardèrent point à se plaindre de Tinjustioe e la taxe, et, pour s'en affranchir, proposèrent une nouvelle émission de billets de crédit et un impôt sur les productions de la province. Les propriétaires , informés de leurs projets , enjoignirent au gouverneur de ne souscrire à aucun bill de l'assemblée , dont il n'aurait pas reçu communication d'ayance.
Vers le même tems , le Conseil pria les propriétaires de rapporter trois actes , savoir : celui qui imposait un droit de 10 pour cent sur l'importation des articles de fabrique anglaise dans la province ; un autre , relatif aux élections , et enfin l'acte qui attribuait à l'assemblée le droit de nommer provisoirement le collecteur des douanes. Ces lois furent abrogées , et le gouverneur eut ordre de dissoudre l'asseml>lée et d'en convoquer une autre , dont les membres seraient élus conformément à l'ancienne loi. Les propriétaires nommèrent aussi un nouveau Conseil , composé de douze membres , au lieu de sept ; et il devait sufhre de la présence de six conseillers , sous la présidence du gouverneur , pour valider les délibérations.
Le gouverneur voulut exécuter ses instructions , mais reconnut bientôt qu'il n'en avait pas le pouvoir. Les colons se répandirent en plaintes contre les propriétaires , et il s'en suivit un conflit si violent entre les deux assemblées, que, lorsque le gouverneur proposa à la Chambre-basse de prendre des mesures de défense contre les Espagn^ols , qui menaçaient la province d'une nouvelle invasion, elle fut sur le point de sacrifier la sûreté du pays à ses ressentiments.
La majorité de l'assemblée prit enfin la résolution de secouer le joug des propriétaires , et de placer la colonie sous la protection du roi. Des associations se formèrent sur divers points , et des réunions secrètes eurent lieu , à l'insu du gouverneur , auquel , le 28 novembre , trois colons (i) remirent une lettre, où ils l'informaient de leur détermination • de se soustraire à l'oppression des lords-propriétaires , et de ne plus obéir ni à leurs officiers ni à leur adminbtration. » Ils le priaient néanmoins de conserver ses fonctions , jusqu'à ce que
(1) Alexandre Skene, Georges Logan et William Blakeway.
sa majesté pAt faire connaître son bon plaisir. Cette lettre était conçoe en termes fort respectoenx pour le goavemear Johnson, mais la résolution qu'elle annonçait, présageant une prochaine révolte , il crut devoir adopter des mesures pour maintenir l'autorité des propriétaires. Il consulta le G)nseil , qui fut d'avis de porter raffaire devant l'assemblée. Mais celleci était aussi entrée dans le complot, et se voyant soutenue par les principaux habitants du pays, elle décréta , i"* que les fois qui devaient être annulées resteraient provisoirement en vigueur, jusqu'à ce qu'il en eût été autrement décidé par l'assemblée générale ;
1^ Que les représentants avaient été élus d'une manière illégale, et que le Conseil était composé d'un plus grand nombre de membres que celui voulu par la charte ;
3<> Que les représentants ne devaient pas se regarder comme une assemblée, mais comme une Convention déléguée par le peuple ;
4*^ Qne les lords-propriétaires avaient perdu tout droit au gouvernement , mais que le gouverneur serait invita à rester en fonction , jusqu'à ce que le roi eût fait connaître sa volonté.
On rédigea en même tems une adresse, qui fut signée par vingt-deux membres de la Convention et par Arthur Middleton, son président, et dans laquelle les signataires déclaraient au gouverneur qu'ils le reconnaissaient en cette qualité, mais qne, son Conseil étant illégalement constitué, ils ne lui devaient point obéissance. Le gouverneur essaya de les rappeler à leurs devoirs. Il leur ref«*ésenta qu'ils n'av»ent point le droit de choisir ou de convoquer les représentants, et demanda communication des noms des membres réfractaires. Les députa répondirent qu'ils étaient décida à s'affiranchir de l'autorité des propriétaires , et annoncèrient en même tems an gouverneur qu ils avaient l'intention d'adresser une pétitiion au roi , pour le prier de le maintenir dans son poste.
Le gouverneur répliqua qu'il tenait sa commission des propriétaires de la province , et qu'il n'entendait rdever d aucune autre autorité. Il prononça ensuite la dissolution de l'assemblée. Celle-ci, toutefois, ne tint aucun compte de cet ordre. Le 21 décembre , elle se réunit , et choisit pour gouverneur le colonel James Moon , qui avait été destitué du commandement de la milice par Johnson , à cause de son dé*vouement à la cause populaire et de son opposition aux propriétaires. D'un autre côté , le colonel Parris , qui l'avait
ai.
324 GHUONOLOGIE HISTORIQUE
remplace dans ce commandement , se rangea da parti de$ conventionnels y et la révolte devint bientôt si générale y que les amis même da gouverneur l'abandonnèrent. Lea membres de la Convention , protégés par les citoyens armés^ marchèrent contre le fort j dont les portes leur furent ouvertes, proclamèrent James Moore gouverneur au nom du roi, et lui donnèrent un Conseil de douze membres , dont sîr Hovenden fValkcr fut nommé président.
Les représentants s'assemblèrent ensuite, à l'effet de pourvoir à la vacance des divers emplois publics, et cbargèrent le colonel Barnw^ll de se rendre en Angleterre, pour supplier le roi de prendre la province sous sa protection immédiate. L'assemblée vota, en même tems , une taxe sur les terres et «ur les nègres, jusqu'à concurrence de 3o,ooo livres , monnaie de la Caroline, pour fournir aux dépenses de Tadminis* tratlon. Le traitement du gouverneur fut fixé à 2,5oo livres, et celui du grand-juge à 800 ; et mille livres furent transmises à l'asent de la colonie , en Angleterre. Le paiement de cette taxe éprouva de la résistance sur plusieurs points , et quelques individus laissèrent même vendre leurs nègres et leurs e&ts , plutôt que de l'acquitter.
Lecaj^taine Henry JenningSf étant parti de la Jamaïque javee deux T^seaux et quatre goélettes , armées par des négociants de œtte île , débarqua aux Martyrs , sur la côte de la Floride, et s'empara d'une somme de 35o,ooo piastres, appartenant aux Espagnols. Cet acte d'agression et divers autres , commis par des vaisseaux anglais , décidèrent les Espagnols à mettre en mer une flotte de quatorze voiles, et à tenter de nouveau l'invasion de la Caroline méridionale. Cette expédition toutefois n'arriva point à sa destination , la flotte ayant été dispersée par une tempête , à son arrivée à la hauteur de l'île de la Nouvelle-Providence (i).
Sir Hovenden Walker s'étant démis de la présidence du Conseil, Richard Allein fut nommé à sa place.
Sur ces entrefaites , le gouverneur Johnson tenta un dernier effort pour ressaisir le pouvoir. Il fit embosser deux bâtiments de guerre devant Charlestown, et menaça de bombarder la ville si les habitants persistaient dans leur désobéissance. Mais ceux-ci étant bien armés et maîtres des forts, ne furent nullement intimidés de ses menaces.
(1) Ilewatu' South CaroUna, I, chap. 5.
DE l'amérique. 325
1720-21. Les lords de la régence et du G>n8eil d'Angleterre ayant déclare les propriétaires de la Caroline déchus de leurs droits j donnèrent ordre à ravocat-général de confisquer leur charte par un scirefacîas, ou jugement exécutoire; et, au mois de septembre 1 720 , ils nommèrent le général Francis Nicholson , gouverneur ad intérim. Cet officier arriva dans la province au commencement de l'année suivante, et convoqua une nouvelle assemblée, dont le premier acte fut de reconnaître le roi George pour son souverain légitime.
La paix ayant été signée entre la Grande-Bretagne et l'Espagne, le gouverneur s'occupa de la délimitation des possessions anglaises et indiennes. Il invita à cet effet les chefs cherokees à une conférence, où les députés de trente-sept de leurs villes renouvelèrent leur ancien traité avec les Anglais. Nicholson chargea un agent du règlement de leurs affaires , et il fut convenu que le fleuve Savannah formerait la limite de leurs terres de chasse. Les Cherokees comptaient alors 6,000 guerriers.
Nicholson conclut ensuite un traité semblable avec les Crecks.
Ce gouverneur contribua beaucoup à l'établissement d'écoles, à Charlestown et dans les autres paroisses de la province. A sa demande, la Société instituée pour la propagation de l'Évangile , envoya des pasteurs dans le pays , auxquels elle assura un traitement annuel , indépendant de celui que leur allouait la province ( i ) .
En 1722, quatre autres nations indiennes députèrent leurs chefs auprès du gouverneur pour lui offrir la paix. Ces envoyés, émerveillés de l'accueil qu'il leur fit, se déclarèrent sujets de la Grande-Bretagne (2).
1724* Cette année, la population blanche s'élevait à environ 1 4)000 individus, celle des esclaves à 18,000 , y compris quelques Indiens. La population totale était donc de 32,000 âmes.
On importa, en 1724» dans la province, 4^9 esclaves et des marchandises anglaises, pour une valeur de 5o à 60,000 livres sterling, et l'on exporta en Angleterre 18,000 barils de riz, et 52,ooo de goudron et de térébenthine, des peaux de
(i) Hewatu* South Carolinay 1, chap. 6. — ftamsajrs' Carolina, ï, chap. 4*
(a) ÎFrnns' Briiish Bmpire, in America, vol. II, Londçn, 1770, article Carolina.
daim, des foorriures et de la soie écrae. Ce oommaroe se faisait principaleinent par navires anglais. La Caroline entretenait aussi des relations commerciales assec considérables avec les Indes-Oocidentales. Elle expédiait à ces îles des bois de construction, des douves, des mâts, et recevait en échange du sucre, du rhum, de la mélasse, du café , du coton, de Tor et de l'argent espagnol. Elle envoyait aussi à New- York , à la Pensylvanie et à la Nouvelle-Angleterre , du goudron , de la poix, des pelleteries, etc., et prenait en retour de la farine, du poisson salé, de la bière et du cidre.
1 724* Hewatt rapporte un cas extraordinaire de fanatisme qui se passa cette année, au quartier d'Orange , dans la Caroline. Une famille , du nom de DuUrtre^ composée du père, de la mère, de quatre fils et d'autant de filles, descendant d'émigrés français pauvres, mais respectables, ayant fait connaissance d'un prédicateur morave , fut tellement fanatisée par ses discours et par les écrits de Jacob Behniarij qu'il lui avait donnés à lire, qu'elle abjura sa religion et renonça à la société de ses voisins. Elle se proclama dès-lors la seule famille sur terre qui connût le vrai Dieu , et se vantait d'avoir donné le jour à un nouveau Moïse. Ce soi-disant prophète était un nommé Pierre Rombert , marié à Tune des filles, qui était devenue veuve, et à qui le Seigneur avait révélé, disait-il, l'intention où il était de déb^uire le genre humain, comme aux jours de Noé, et de n'épargner que sa famille. Et Dieu lui avait dit : Renvoie ta femme , et, quand j'aurai anéanti cette génération perverse, je ressusciterai son premier mari d'entre les morts, et ils seront mari et femme comme avant. Va, et prends pour épouse sa plus jeune sœur, et de cette vierge naîtra la race sainte. »
Le père resta stupéfait au récit de cette révélation ; mais ayant eu lui-même une vision j que le prophète lui dit être un ordre du ciel, il prit sa fille Judith par la main et la lui donna pour épouse. Peu de tems après , les jeunes gens de la famille refusèrent de se conformer à la loi de la milice ,^ prétendant qu elle était contraire à la volonté de Dieu.
Sur ces entrefaites , Judith devînt grosse , et le capitaine Simmons^ en sa qualité de magistrat de la colonie , lança contre elle un mandat d'amener , en vertu d'une loi qui avait été rendue pour empêcher la bâtardise. Le constable, accompagné de deux ou trois voisins, s'étant présenté à son domicile pour exécuter son mandat, le prophète leur dit que Dieu lui commandait de se défendre contre les méchants, et de ne
DE lVmÉRIQUE. 327
point craindre leurs armes , laî et les siens étant invalnërables. Les jeunes gens, saisissant alors leurs fusils, firent fea sur le constable, qui, fort heureusement, ne fut pas atteint et se retira. Il revint cependant un instant après avec un ren* fort de miliciens, commandés par Simmons. Une nouvelle décharge, partie de la maison, tua cette fois le capitaine, et blessa plusieurs de ses hommes. Les miliciens ripostèrent, et une des femmes ayant été mortellement frappée , ils entrèrent de force dans la mabon, où ils arrêtèrent six individus de cette famille, qu'ils conduisirent à Charlestoivn.
Au mois de septembre 1724, trois de ces fanatiques furent traduits (levant la Cour des sessions générales, et condamnés à mort. Pendant leur jugement, ils montrèrent le plus grand calme, et disaient que Dieu était avec eux, qu'ils étaient prêts à souârir le martyre pour sa loi, mais qu'il les ressusciterait, le troisième jour, d'entre les morts.
Judith étant enceinte ne comparut pas devant la justice ; mais deux de ses frères, David et Jean, âgés l'un de 18 ans et l'autre de vingt, furent jugés et condamnés. Comme ils parurent témoigner du repentir, on les gracia; mais l'un a'eux, ayant plus tard commis un meurtre, dans un nouvel accès d'exaltation, fut condamné une seconde fois à mort et exécuté. Cette échauHburée coûta la vie à sept personnes, parmi lesquelles se trouvait le prophète (i).
1 725. Les limites de la Caroline et de la Floride n'étant pas exactement définies , les colons étaient continuellement exposés aux incursions des Y^massees et des autres indigènes, alliés des Espagnols. Il fut^en conséquence, irésola d'envoyer une expédition contre la Floride, sous les ordres du colonel Palmer. Cet officier partit avec 3oo miliciens et Indiens, s'avança jusqu'à Saint-Augustin, dont il força les habitants à se réfugier dans le château , et détruisit tous les établissements qui étaient placés hors de la portée de l'artillerie des reAparts (2).
Le gouverneur Nicholson retourna, cette année, en Angleterre, laissant la direction des affaires à Arthur Middlcton^ président du Conseil.
Pour arrêter les fréquentes incursions des indigènes de la Floride et empêcher la fuite des esclaves de la Caroline, on
(i) HewaUs' South Carolina, I, chap. 6. (a) Hewatu' South Carolina^ l, chap. 6.
construisit cette année un fort en bois, sur les bords de l*Alatamaha, à l'endrok où cette rivière reçoit rOconëe et TOakmulgëe^ dans Tëtat actuel de la Géorgie. Le gouverneur de Saint-Augustin en porta plainte à la cour de Madrid , et Fambassadeur dTspagne à Londres demanda que le fort fût démoli. Peu de tems après, les deux gouvernements ayant nommé des commissaires pour régler ces différends à l'amiable , don Francisco Menandes et don Joseph de RabierOj choisis à cet effet par l'Espagne, se rendirent à Chai:lestown, où ils entrèrent en conférence avec le gouverneur et son Conseil. Ces derniers soutinrent que le fort était compris dans les limites que la charte assignait à la province , et se plaignirent à leur tour de ce que letf autorités de Saint- Augustin donnaient asile aux malfaiteurs , aux débiteurs et aux esclaves qui s'échappaient de la Caroline. Les cotnmissaires espagnols répondirent que ces autorités en agissalent^insi, en vertu d'ordres exprès de leur gouvernement, qui leur enjoignaient de retenir tdtis les esclaves qui venaient, à Saint- Augustin , réclamer leur liberté et la protection des Espagnols.
' Le gouverneur répliqua que c'était manquer à la loi des nations, que les' nègres, aussi bien que les bestiaux et les terres', étaient des propriétés réelles. Les commissaires offrirent^ au nom du roi d'Espagne, une indemnité en argent aux propriétaires de ces esclaves ; mais ils ajoutèrent que l'humanité et la religion leur faisaient un devoir dé ne' point repousser des malheureux qui venaient se placer sous leur protection. Les négociateurs, toutefois, se séparèrent sans pouvoir tomber d'accord sur la question principale ; mais, peu de tems après, le fort anglais devint la proie dés flammes, et il ne fut plus question de cette affaire*.
' Le gouvernement de la Caroline adopta, à cette époque, la forme des autres gouvernements royaux, qui se composaient d'un gouverneur, d'un Conseil et d'une assemblée. Le gouverneur , nommé par la couronne , avait le pouvoir de convoquer', de proroger et de dissoudre l'assemblée, ainsi que le droit d'opposer son vote aux décisions des deux chambres.
Les membres du Conseil étaient aussi nommés par le roi, qui pouvait les révoquer à volonté.
L'assemblée était formée des représentants du peuple, et les bills, qu'elle votait, étaient envoyés en Angleterre, pour
m L*AM]^BIQU£. 329
recevoir la sanction royale» sans laquelle ils n'avaient point force de loi dans la colonie.
1 728. Pendant Tëtë de cette année , les habitants de la Caroline éprouvèrent de grands malheurs. La sécheresse fîit telle , qu'on ne pouvait se procurer de Teau pour les bestiaux. Vers la fin d'août, un ouragan fondit sur Gharleatown, et inonda la ville et ses environs. Les habitants se réfugièrent aux seconds étages de leurs maisons, et parcouraient les mes en bateaux. Vingt-trois navires furent jetés à la cote, où plusieurs se brisèrent complètement. Deux vaisseaux, le Fox et le Garlandy qui se trouvaient dans le port pour protéger le commerce, furent les seuls qui n'eurent point d'avaries. Pour surcroit de malheur, la fièvre jaune y éclata avec une violence extrême. Les médecins, ne connaissant point cette maladie , ne savaient comment la traiter , et les planteurs n'osaient approcher de la ville, où l'on manquait de bras pour enterrer les morts.
1729, mai. Achat de la Caroline par la couronne. Division de la province. Suivant un arrangement, conclu entre le Parlement d'Angleterre et sept des lords-propriétaires ( I ) de la Caroline, ces derniers vendirent le pays au roi pour une somme de 17,500 livres sterling. La colonie fut alors divisée en deux provinces , sous les noms de Caroline du Sud et Caroline au Nordj dont le roi se réserva le droit de nommer les gouverneurs et les Conseils.
L'exportation du riz, de 1720a 1729, s'était élevée à 264,488 barils, ou 4490^1 tonneaux.
1780. Le premier sqin du gouvernement royal fut de renouveler les traités d'amitié et d'alliance conclus avec les nations indiennes, et de donner à cet effet une commission à sir Alexander Cumming , en le nommant gouverneur. Ce dernier, à peine arrivé à la Caroline, partit pour Keowee, ville cherokee, située à 3oo milles de Charlestown. Il y fut bien accueilli par les chefs de cette nation, et leur proposa de tenir un congrès à Nequassée, au mois d'avril.
Complot des esclaves. Les esclaves noirs, qui étaient alors au nombre d^environ 28,000, dont 10,000 en état de porter les armes, formèrent cette année le projet de massacrer leurs
(1) Henry, duc de Beaufort ; William , lord Craven ; James Sertie , Dodmgton Greville, Henry Bertie, Mary Danson^ Elisabeth Morç, sir John Colleton, John Gotton et Joseph Blake.
33o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
maîtres^ mais ne parent heareasement le mettre à exécation. L'accroissement de la race noire avait été . si rapide^ qae le nombre en dépassait de beaucoup celui des blancs.
1730, 7 septembre. Traité du gouvernement anglais avec lesCheroktes ..Le gouvernement , instruit de Tintention qu'avait la France d'ouvrir une communication entre le Canada et la Lonisiane, résolut de s'y opposer , en faisant alliance avec les Cberokees. Ces Indiens , au nombre d'environ 20,000 , dont 6,000 guerriers, occupaient le pays arrosé par les sources de la Savannab, et jusqu'aux monts Apalaches. Sir Alexander Cumming se rendit , ainsi qu'il en était convenu, à Nequassée, où il rencontra leurs principaux guerriers, qui se jetèrent à ses genoux, et jurèrent fidélité au roi George. Cumming leur ayant proposé de choisir Moytoy de Tellico pour chef de leur nation, ils le proclamèrent et promirent de n'obéir qu'à lui. Une députation de ces Indiens se rendit ensuite à Tenassée^ leur ville principale , et en rapportèrent une cou-> ronne^ qu'ils ofirirentau gouverneur, avec les queues de cinq aigles et quatre chevelures de leurs ennemis , en le priant de les déposer aux pieds de son souverain. A l'invitation de Cumming, sept de leurs chefs prirent passage pour L'Angleterre, à bord du navire de guerre, le Renard^ et débarqué* rent à Douvres, le 3o juin (i) 1730. On les présenta au roi à leur arrivée à Londres ; et, après avoir reçu divers présents, ils signèrent une convention, par laquelle ils se plaçaient sous la protection du roi. Ils prirent l'engagement de ne commercer qu'avec les Anglais, de ne permettre aux sujets d'aucune autre puissance de s'établir parmi eux, d'arrêter les nè^s marrons, et de les reconduire à leurs maîtres, et ils devaient avoir droit, pour ce service, à une indemnité, qui consistait le plus souvent en un fusil, un vêtement, etc. ' Skîjagostah prononça à cette occasion le discours suivant : « Noos arrivons d'un pays montacneux, où règne une obscurité profonde, et nous voilà maintenant dans un séjour de lumières. Il vînt chez nous un homme, qui nous donna un gage jaune d'honneur guerrier, que conserve Moytoy de Tellico. Nous l'acceptâmes comme guerrier. Il se présenta à nous comme un guerrier envoyé par vous. Son langage fut franc, et le gage qu'il nous laissa perpétue son souvenir parmi nous. Nous voyons en vous le représentant du grand roi ; nous vous aimons comme tel , et nous conservons jus- Ci) Wynne dit le 5 juin.
^u'à la mort cette manière de voir. La ooDjronne de notre nation est différente de oelie que porte le grand roi Georges, et de celle que nous avons vue à la Tour. Mais cela ne nous fait rien. La chaîne d'amitié sera remise à notre peuple. Nous regardons le grand roi Georges comme le soleil et comme notre père, et nous autres comme ses enfants ; car, bien que nous soyons rouges et vous blancs, nos mains et nos cœurs n'en sont pas moins unis. Quand nous aurons dit à nos sens ce que nous avons vu, nos enfants se le rappelleront de génération en génération. En guerre , nous ne formerons qu'un avec vous. Les ennemis du grand roi seront nos ennemis ; son peuple et le nôtre seront inséparables et mourront ensemble. Nous sommes i^enus ici pauvres et nus comme des vers de terre ; vous , au contraire , vous possédez bien des choses ; et nous, qui n'avons rien, nous devons vous aimer ; nous ne briserons jdmais la chaîne d'amitié qui existe entre ' nous. Voici le gouverneur de la Caroline, que nous connaissons. Cette petite corde que nous vous montrons est tout ce que nous avons pour lier nos esclaves, et il est facile de la rompre. Vous avez des chaînes de fer pour les vôtres. Cependant, si nous prenons de vos esclaves , nous les lierons aussi fortement que nous le pourrons, et nous les livrerons k nos amis^ sans attendre ni demander de récompense. Nous avons regardé autour de nous, pour chercher la personne qui est venue dans notre pays ; elle n'est pas ici. Nous devons toutefois dire qu'elle nous parla avec droiture, et nous ne l'oublirons jamais. Les blancs peuvent en toute sûreté bâtir des maisons près de nous ; nous respecterons tout ce qui leur appartient, car nous sommes enfants du même père, le grand roi, et nous vivrons et nous mourrons ensemble. » Puis, ayant déposé ses plumes sur la table, il ajouta : « Telle est notrema-* nière de parler, elle est pour nous pe que sont pour vous des lettres dans un livre; et à vous, hommes bien-aimés, nous remettons ces plumes en témoignage de la sincérité de nos paroles. »
Ces Indiens, ramenés dans leur patrie par Robert Johnson, ancien gouverneur, qui fut investi par le roi des mêmes fonctions au commencement de cette année, se louèrent beaucoup de l'excellent accueil qui leur avait été fait, et donnèrent à leurs compatriotes une haute idée de la nation anglaise.
La première imprimerie fut établie, en i73o,àCharlestown, par Éleazar Phillips, et le premier journal, par Thomas
IVhiimarsh. Phillips prenait le titre d'imprimear de sa ma-
I'esté , qui fut grave sur sa tombe. Whitmarsh lui snooéda , 'année suivante , comme imprimeur du gouvernement (i).
1731. Cette année, Gatesby publia à Londres son grand ouvrage in-folio intitulé : « Histoire Naturelle de la Caroline, de la Floride et des îles Bahamas. »
Le Parlement permit, en 1 73 1 , aux sujets anglais de transporter du riz de la Caroline aux ports d'Europe situés au sud du cap Finistère, pourvu que ce fût dans des navires construits dans la Grailde-Bretagne , ou appartenant à des naitionaux. Les propriétaires étaient obligés ae s'engager, sous caution, à ne recevoir à bord aucune autre denrée ou marchandise. Les anciens règlements commerciaux exigeaient que le riz fût d'abord débarqué en Angleterre, pour de là être expédié au poit de sa destination.
On importa, cette année, à la Caroline, i ,5oo esclaves noir.<t, et on exporta 39,000 barils de riz, des peaux, des fourrures et des articles servant à la marine.
Pour encourager l'émigration dans la colonie, on établit onze districts ou paroisses de 20,000 acres chaque , sur les bords des principales rivières^ et on les subdivisa en lots de 5o acres, que l'on accordait à chaque homme, femme ou enfant qui voulait s'y fixer. Quand une paroisse renfermait une centaine de familles, elle avait le droit d'élire deux membres de l'assemblée, et entrait en jouissance de tous les autres privilèges garantis par les lois de la colonie. Tout propriétaire de cent acres de terre n'était tenu à acquitter aucun impôt, pendant dix ans ; mais, à l'expiration de ce terme, il devait payer quatre schellings annuellement. Ces districts étaient situés le long des rivières d'Alatamaha, Savannah, Santee, Pedee, Wacamaw, Watereeet Black (2).
A cette époque , le gouverneur eut recours à de nouveaux bills de créait, et l'assemblée en autorisa l'émission pour une somme de 70,000 livres sterling. Le change sur Londres s'élevait à 700 pour cent, c'est-à-dire que 700 livres, monnaie de la Caroline, valaient 100 livres sterling.
1732, 9 juin. Le gouvernement anglais permit à plusieurs familles inaigentes de fonder une colonie entre leâ rivières de Savannah et d'Alatamaha.
(i) Thomas* HUtor/ ofPrinting, II, i54-5. (2) Hewatts* South Carolma, II, chap. 7.
DE l'aMÉRIQUE. 333
Le roi envoya, cette année, dk-sept pièces de canon à la Caroline , et donna ordre de bâtir deux forts , Tun à Port- Royal, et l'autre sur TAlatamaha. Une compagnie d'infante^ rie fut organisée pour la défense du pays, et des vaisseaux de guerre furent stationnés sur ses cotes pour protéger son commerce.
La fièvre jaune éclata de nouveau, à Charlestown, au mois de mai, et régna jusqu'à la fin de septembre. Pendant une partie de ce tems , il y mourait journellement de buit h douze blancs, et des gens de couleur en proportion (i).
1733. Jeari'Pierrc Pury, natif de Nenfcbâtel, en Suisse, ayant visité la Caroline, s'adressa au gouvernement anglais pour en obtenir une concession de terres. Sa demande fut accueillie, et on lui promit 4oo livres sterling par chaque centaine de Suisses qu'il amènerait à la Caroline. Il y conduisit cent soixante<lix personnes, avec un pasteur protestant, nommé Bignion, Le gouverneur leur accorda 40,000 acres de terres sur le bord oriental de Savannah , où ils fondèrent la ville de Purysburg.
1732. L'assemblée vota en faveur de Pnrv 4oo livres pour chaque centaine d'hommes robustes importas par lui, et s'en*
Sagea à fournir des provisions et des outils pour 3oo penantun an. En 17349 Pnry amena encore 270 de ses compatriotes ; de sorte que cette nouvelle ville contenait plus de 600 habitants. D'après un plan recommandé par la couronne au gouverneur, 1 1 nouveaux districts devaient être établis, comprenant ao,ooo acres chacun, dont 5o pour chaque personne, au commencement de son établissement. 48,000 acres furent accordés à Pury pour les Suisses qu'il avait amenés (2). On exporte, cette année, 36,584 barils de riz, 2,802 de goudron, 848 de térébenthine^ 60 tonneaux de lignum vitœ ou gayac, 20 de bois du Brésil, 27 de sassafras, et 8 caisses de pelleteries (3). '
1734* tJn mémoire sur Tétat de la Caroline, sisné du gouverneur, du président du Conseil et de l'orateur de la Chambre des communes, fut transmis au roi, le 9 avril 1734* Les
(i) Bantsafê* South Carolina, lî, 84. — Médical History, Charlestowiiy 1809.
(a) Wynw^ BritUh Empire in America i loh llf article Carolina, LondOD, 1770.
(3) Andenoru* Biitory qf Commerce, III, aoo.
mgnataîres remercûûent le monaraue d'avoir aatoriflé la fondation de la colonie de Géorgie et l'ëtablissement des Suisses à Porrsbai^, et l'entretenaient aossi des progrès des Français dans le Mississipi , des Creeks, des Choctaws et des Chérokées.
La milice de la colonie, y compris celle de la Géorgie, ne s'élevait pas à plus de 3,5oo hommes, et les revenus ne pouvaient sui&re à couvrir les dépenses qu'exigeait la sûreté du pays.
1735. Cette même année, le gouverneur Robert Johnson mourut, vivement regretté des colons , qui lui érigèrent un monument dans l'église, aux frais de la province. Le gouvernement passa alors dans les mains de Thomas Broughton.
Santee,
burg* Plusieurs des premiers débarqués succombèrent à la fatigue et aux maladies , produites par le raanaue de bonne nourriture ; mais d'autres, qui vinrent ensuite s y fixer, prospérèrent , et la colonie acquit bientôt une certaine importance (i).
1738. Insurrection des nègres» Quelques noirs, excités à la révolte par les Espagnols de Saint- Augustin, s'étant réunis à Stono , se portèrent de là sur un magaisin qu'ils savaient contenir des fusils et des munitions, dont ils s'emparèrent, après avoir tué deux jeunes gens commis à sa garde. Une £ms pourvus d'armes, ils se choisirent un capitaine et marchèrent vers le sud-ouest, enseignes déployées et tambouir en tête. Chemin faisant, ils massacrèrent un colon, nommé Godfrey^ sa femme et ses enfants , prirent leurs armes et bràièrent leur maison. De là, ils se rendirent à Jaduonburg, pillèrent et incendièrent plusieurs autres habitations, égcnrgeant tous les blancs et forçant les esclaves à les suivre. Après une marche de douze milles, ils s'arrêtèrent dans un champ, où ils se mirent à boire du rhum, à danser et à chanter. Un parti de miliciens, aux ordres du capitaine Bee^ les surprit au milieu de leur orgie, et en passa plusieurs au fil de 1 épée. Les autres se réfugièrent dans les bois, ou rentrèrent sur les plantations de leurs maîtres. La population noire de la Caroline
(i) HewaUs* South Carolina, II, cbap. 8.
DE l'aIÉHIQITE. 335
ëtait alors de 409O00 âmes. Il périt ane Tinetaine de colons dans cette rërolte* Environ 5oo de ces esclaTCS gagnèrent Sainte Angastiïi 9 où on en forma un régiment. Ils nomYnèrent eux-mêmes leurs officiers» et furent habillés et soldés comme les autres corps de Tarmée espagnole.
1789. La fièvre jaune sévit encore à Charlestown avec presque autant de vi(dence qu'en 1782 (i).
1740. L'assemblée de la Caroline défendit , par une loi, d'enseigner à écrire aux esclaves , sous peine d'une amende de 100 livres sterling. Quiconque employait un noir comme écrivain encourait la même peine (2).
Un acte du Parlement, rendu en 174O9 assura aux étrangers, après un séjour de sept années dans les provinces américaines, les droits et privilèges de sujets anglais ; mais ils devaient auparavant prêter le serment d'abjuration et de fidélité f et recevoir le sacrement de l'Eucbaristie , comme membres de Tune des communions protestantes ou réformées. Cet acte ne faisait d'exception qu'en faveur des quakers et des juifs.
Hewatt compte au nombre des avantages dont jouissaient alors les Caroliniens : 1° La cession qui leur avait été faite d'excellentes terres ; 2° la remise des droits sur plusieurs articles de fabrique étrangère importés dans la Grande-Bretagne jet exportés à la Caroline; 3^ un crédit de 12 mois, accordé par les planteurs aux négociants de la colonie ; 4** 1^ primes sur différents articles d'exportation ; 5° l'essor donné à la culture du tabac, par sa prohibition en Angleterre ; 6® les primes sur les productions propres à la marine, sur l'indigo, le chanvre et la soie écrue ; 7^ la liberté de commercer avec les Indes-Occidentales, et d'échanger le maïs, le riz, les provisions salées et le bois contre du rhum, du sucre, du café et de la mélasse.
Le même auteur remarque que les restrictions industrielles et commerciales, imposées à cette époque, eurent des conséquences fâcheuses pour les colonies du Nord ; mais qu'elles furent plus utiles que nuisibles à la Caroline, en ce qu'elles forcèrent les planteurs à tourner toute leur attention du côté de l'agriculture. Le prix de la main-d'œuvre y était si élevé, que les négociants envoyaient en Angleterre des peaux
(1) Ramtayt^ South CaroUna, II, 84.
(a) Grùnkés' Public iawi of South Carolina,^»
336 GHRO^OLOGm HISTORIQUE
de castor, et Importaient les chapeaux dont on lès fabriquait à plas bas pris que oenx qui étaient faits dans la proyince. Il en était de même des ehaassw*e8, des draps, et des étoffes de coton.
Vers c^tte époque , James Glen fut nommé ^ouTernear de la Caroline et colonel d'un régiment d'infanterie, nouTeilement formé pour tenir garnison dans la province.
1740. Le 18 novembre, 3oo mabons de Cbarlestown^ oa environ la moitié de la ville, devinrent la proie des flammes. Comme elles étaient bâties en bois, et que le vent soufflait du nord-ouest, l'incendie s'étendit avec une telle rapidité, qu'il fut impossible d'en arrêter les progrès. Le feu était alimenté par une grande quantité de rhum , de poudre à canon, ^ de goudron y de poix et de térébenthine, qui se trouvaient em* magasinés dans le quartier où il avait éclaté. Le Parlement anglais vota ao,ooo livres sterling pour les victimes de ce désastre, dont les pertes s'élevèrent, ait-on, à aoo,ooo livre» sterling.
John, lord Carient ^ connu plus tard sous le titre de comte de GrenMle j demanda et obtint le droit de séparer les possessions qu'il avait dans la Caroline, des domaines royaux, à la condition de payer à la couronne une livre sterling, i3 scbellings et quatre pences par an, et de. lui abandonner le quart de l'or et de l'argent qu'on f)ourrait y recueillir. Le propriétaire, toutefois, ne devait jouir d'aucun des droits et privilèges attachés à l'administration du gouvernement.
1743. Le lieutenant*gouvernenr Bull^ ayant appris qu'on exploitait une mine d'argent dans le pays des Chérokées, défendit d'ouvrir aucune mine sur les terres des Indiens de la province, jusqu'à ce que le roi eût fait connaître sa volonté à cet égard.
La culture de Vindigotier fut introduite, cette année, dans la Caroline , par Mlle Lucas (i).
En 1744 ) le commerce de Charlestown occupait 280 navires et 1 ,5oo marins (2).
1745. La culture de l'indigotier était devenue presque générale, et il en avait déjà été exporté une quantité considé-
(i) Hcwatt prétend que cette coltare date seulemeht de 174^* (3) Lrayton^ South Carolina, page 137. Hewatt, chap. 8.
m l'ahérique* 337
ble en Angleterre. Les nëgociants qai commerçaient avec la Caroline, demandèrent, cette année, au Parlement d'accorder une prime snr cet article, dont la Grande-Bretagne était tributaire de la France pour une somme de i5o,ooo livres sterling par an (i). Cette pétition fut suivie d'^ne autre, ayant le même objet, et signée d'autres négociants et manufacturiers anglais. Le Parlement acquiesça à leurs désirs, et rendit (3) un acte, par lequel il allouait une prime de 6 pence par livre d'indigo provenant des plantations anglo-américaines, et importé directement en Angleterre. Cette prime mit les planteurs à même de doubler leurs capitaux, tous les trois ou quatre ans, par la seule vente de ce produit.
Pendant la guerre entre la Grande-Bretagne et l'Espagne, le Parlement ayant défendu l'exportation du riz et de divers autres denrées en Espagne et en Franbe, les négociant«. inté- ' ressés dans le commerce de la Caroline, présentèrent une pétition à la Chambre des communes, où ils demandaient que le riz fût excepté de cette prohibition. « La non-exportation de cet article, disaient-ils, pourrait faire beaucoup de tort à la Grande-Bretagne et ne causer' aucun dommage à ses ennemis. La Caroline du Sud, étant un pays sans industrie, tire de l'Angleterre les objets nécessaires à sa consommation, pour une somme de i5o,ooo livres sterling par an. La Caro-^ une ne prodiûsant que du riz, si on en prohibe l'exportation, les habitants seront hors d^tat de payer leurs dettes, et le gouvernement se yerra privé des moyens de protéger deux colonies contre les Espagnols , les Indiens et les noirs ; ces derniers, toujours prêts à se révolter, étant huit fois plus nombreux que les blancs. »
Le gouvernement de la Caroline présenta une pétition au roi, pour lé prier d'autoriser la fonnation de trois compagnies franches f de cent hommes chacune, qui seraient aux ordres du gouverneur et du Conseil pour protéger Ja colonie, dans le cas d'insurrection parmi les noirs ou d'invasion étrangère. Cette demande fut envoyée au Conseil privé du roi, qui la rejeta, « parce que, disait-il, il appartenait à ia législature de la province de limiter l'importation des nègres, et que les frontières occidentales étaient suffisamment garanties par la Géorgie et par les Indiens qui habitaient les monts
(0 L'Angleterre achetait alors 6<k>,ooo livres d'indig^o par an à la France, au prix de 5 schellingi la livre, (a) Au commencement de 1748.
T. xxviti. ai
338 GHRpItOLOGIE EISTORIQUE
Apalacbes. » La Carolwey Gependant, obtint plus tard la per« mission d'organiser œs compagnies (i).
Vers cette ëpoqne, la population de la colonie s'accrut par l'iarrivée de nombreox ëmigrants^ que la fiedlitë de se procu* rer des terres y attira. Le roi donnait aux moins abés d'entre eux de quoi acheter des yaches, des cochons et des instruments aratoires. Le droit de chasse et de pèche leur fut aussi accordé. Les nouveaux colons provenaient principalement de l'Allemagne^ de la Hollande et de la Grande-Bretagne. Parmi les derniers se trouvaient beaucoup d'Écossais, qui s'étaient rangés sous la bannière de Charles-Edouard, et qui, ayant été faits prisonniers à la bataille de Culloden, en 17469 furent déportés aux colonies anglaises.
1747. Le 7 février, les orangers et les oliviers furent détruits par une forte gelée , qui eut lieu à la suite d'un hiver extrêmement rigoureux.
1750. La population de la Caroline du Sud s'élevait alors à 64^000 âmes.
1751. La législature autorisa l'établissement de la So^ ciétéde la Caroline du Sud, Cette société avait pour but de fournir à l'existence des familles de ses membres qui mouraient sans fortune, et de donner de l'éducation à leurs enfants (2).
1752. Conférence avec les Indiens Creeks. Des Greeks ayant tué et volé plusieurs Ghérokéesaux environs de Gharlestown, et enlevé la chevelure à un trafiquant anglais, qui disait le commerce avec les Chickesaws, le gouverneur Glen en demanda satisfaction aux chefs de leur tribu. Ceux-ci offrirent de se rendre à Charlestown, pour conférer avec lui, s'il leur était donné un sauf conduit. Lie gouverneur leur envoya cinquante cavaliers , sous l'escorte desquels Malàtchte , roi des Creeks du pays inférieur , et plus de cent de ses guerriers arrivèrent à Charlestown. Le gouverneur leur fit l'accueil le plus bienveillant, leur soumit un projet de traité de paix et d'amitié, mais exigea comme satisfaction que les meurtriers fussent mis à mort.
Malatchee répondit en ces termes au gouverneur : « Je n'ai jamais eu l'honneur de voir le grand roi George, ni de l'en*
(1) HewatU' South CaroUnay vol. II, chap. 8.
(a) En 1770^ elle comptait 36o membres, et le fonds commun était de 7,5oo livres sterling. En i8oa, ce dernier l'élevait a ao,ooo livres sterling. — Draytom' Carolina, page a 1 5.
DE L^AllÉaiQUE. 339
tendre ; mais vous le remplacez, je vous ai entendu^ et je sais satisfait. Vos sentiments sont conformes aux miens. Le grand roi a sagement ju^é que le commerce ëtait Je meilleur moyen de maintenir Tunion entre le peuple blanc et le rouge. Il sait que nous sommes pauvres , et que nous avons be$(Mn de plusieurs choses, et que nous nç pouvons donner que des peaux en échange de tout ce qui nous manque. J'ai ordonné
3u'on en apportât quelques-unes comme présents, et, au nom e mon peuple, je les dépose aux pieds de votre excellence. Vous nous avez fait demander, et nous sommes venus pour savoir ce que vous nous vouliez ; mais je ne m'attendais pas à entendre imputer à crime, à toute une nation, les fautes de quelques hommes. Nos chefs n ont ni su, ni approuvé le mal qui a été fait. Nous pensions que nos jeune? gens avaient été à la cliasse, comme de coutume, quand nous apprîmes ce
3ui était aiTivé à Charlestown. Je savais que tous enverriez emander satisfaction, (^uand votre agent est venu m'apprendre ce que vous exigez, j'en reconnus la justice ; mais il n'était pas possible que ]e l'accordasse de ma propre autorité. Il était prudent de consulter nos hommes- juges et de prendre leur avis dans une affaire de cette importance. Nous nous réunîmes. Nous trouvâmes que quelques-uns de nos sens s'étaient mal conduits, et que du san^ avait été répandu à vos portes. Nou$ pensâmes qu'il était juste de vous donner satisfaction. Nous cherchâmes à découvrir les coupables (car quelquefois un homme peut en employer un antre pour commettre un crime , qu'il ne se soucie pas de commettre luimême). Nous apprîmes qu'^corn FVhistler avait été l'agent principal du crime, et c'était lui par conséquent qui devait en porter la peine. Quelques-uns de ses parents, ici pr&ents, dirent qu'il méritait son sort, et votèrent sa mort. U fut donc exécute. C'était un brave guerrier, qui avait un grand nombre de parents et d'amis en différentes parties de ce pays. Nous (TÙmes devoir cacher, pendant quelque tems, la cause de sa mort, qui ne fut connue que de quelques-uns des principaux hommçs par qui il avait été condamné. Nous en agîmes amsi, dans la cramte que ses amis ne se vengeassent, dans leur fureur, sur vos trafiquants. Tout fut expliqué à une réunion générale. On sut alors pourquoi il avait été mis à mort. Ses parents approuvèrent tout ce qui avait été fait.Satisfaction ayant été donnée, je ne m'occuperai plus de cette affaire.
m Quant aux violences dont se plaignent les Chérokées*
34o CHRONOLOGIE HISTORIQUE
nous en sommes faciles. Nous reconnaissons que nos jeanes gens ont eu tort. Ils se conduisent, sonrent comme des insensés. Mais tout le monde sait que, nos principaux guerriers et moi , nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour les décider à restituer ce qu'ils avaient pris. J'ai été de ville en ville avec M. Bosomworth et sa femme , pour les appuyer dans leurs démarches, et la plupart des objets dérobés ont été rendus. Je pensais qu'il valait mieux les rendre avant qu'ils fussent réclamés. Quant au meurtre de votre compatriote, il a été commis loin de moi. L'ayant appris, je suis monté à cheval, et j'ai parcouru la ville avec votre agent. J'ai emmené avec moi les hommes notables de la tribu, et nous sommes allés sur les li^ux demander satisfaction. Elle a été accordée. Le sang d'un Indien a coulé pour celui d'un blanc. L'oncle de l'assassin a racheté sa vie, et s'est volontairement donné la mort à sa place. A présent, j'ai fini. Je suis bien aise de vous voir face à face pour régler cette affaire. Il est bon de renouveler les traités d'amitié. Je serai toujours heureux de vous appeler frère et ami (i). »
17^2. Au mois de septembre, un ouragan, soufflant du nord-est, réagit si fortement sur le courant du golfe de la Floride, que les eaux ^e la mer s'élevèrent, à Gharlestown, dans l'espace de dix minutes, à six pieds au-dessus des plus hautes marées. Le vent, fort heureusement, sauta au sud-ouest, et la ville fut épargnée. Tous les bâtiments à l'ancre dans la rade, à l'exception du sloop de guerre, le Homety forent jetés à la côte ou endommages ; les fortifications et les quais s'écroulèrent , et une grande quantité de provisions furent détruites (2).
Plus de 1 ,600 émigrés protestants arrivèrent cette année à la Caroline. Le commax^e prenait chaque jour plus d'extension, et employait au-delà de 3oo navires.
1754* On exporta, en 1754 9 io4>682 barils de riz et 216,924 livres d'indigo, avec une q^uantité d'articles propres à la marine ; des pelleteries, des vivres, du bois, du coton et d'antres prodoits, évalués à 242,539 livres sterling (3).
(1) Hewatty vol. II,chap. 9.
(a) Chalmers'Jccount oftheWeather and diseases of South CarO" lina, vol. I, page S i . Londres, 1 776.
(3) Hewatts' South Carolina, II, chap. 9. - European Settlements, II,a59.
DE L'AMÉRIQUE^ 34l
En 1755, les Français de l'Âcadie, ou Noavelle-Écosse, vinrent encore accroître la population de la Caroline. Après la reddition de cette province aux Anglais, par le traite d'Utrecht, les habitants devaient conserver la nropriété de leurs terres, à I9 condition de prêter serment d'allëgeance à TAngleterre. Les Français, toutefois, s'y refusèrent, parce au'on exigea aussi qu'ils prissent les annes pour la défense ae la colonie toutes les fois qu'ils en seraient recpis. Pour les em« pécher d'aider les Français du Canada, il fut résolu de les disperser dans les différentes provinces anglaises, et i,5oo d'entre eux furent envoyés à Charlestown. Mais, à la paix de X763, la plupart retournèrent au Canada. Ceux ^ui restèrent dans la Cavoline se firent pécheurs, et approvisionnèrent de poisson le marché de Charlestown.
1755. Les Cherokées avertirent le gouverneur Glen des tentatives faites par les Français pour les attirer dans leur alliance, et lui proposèrent en même tems une conférence, pour renouveler les anciens traités de paix. Le gouverneur y consentit ; et, le 27 juillet, il rencontra leurs chefs sur le territoire cherokée, à deux cents milles de Charlestown. Après que le gouverneur eut parlé, un chef, nommé Chulo" cliullàhj se leva à son tour, et, tenant son arc d'une main et ses flèches de l'autre : « Notre père, le ^rand roi, dit-il, devrait entendre ce que je vais dire. Nous sommes les frères du peuple de la (j^roline; la même maison bous abrite tous. » Prenant alors un jeune garçon par la main, il le pré* senta au gouyerneur, en disant : « Nous, nos femmes et nos enfants, sommes tons les enfants, du grand roi l&eorge. J'amène cet enfant pour qu'il se rappelle, quand il sera grande ce dont nous sommes convenus en ce jour, et qu'il puisse le dire à l'autre génération ; car il est bon que cela soit à jamais connu. » Puis, ouvrant son sac, qui était rempli de terre, et le déposant aux pieds du gouyerneur, U dit : « Nous cédons, de notre libre volonté, uoç partie de cette terre au grand, roi. Les Français en veulent à nos possessions; mais nous les défendrons, tant qu'il pestera un de nous en état de combattre. » Alors^ montrant son arc et ses flèches, il ajouta : « Voilà les seules armes q^e nous a^ons pc^ur nous défendre : nous espérons que le roi aura pitié de ses enfants les Cherokées, et leur enverra des fiisils et des munitions. Nous ne craignons pas les Français. Donn^-nons dçs armes, et nous fbroDS la guerre aux ennemis du grand roi. » Il ofirit ensuite au gçuyerneur une chaîne de wampum^ et ajouta :
« Mon discours tonche à sa fin. C'est là voix de la nation cherokëe. J'espère bien que le gouTerneur voudra bien le transmettre au roi^ et qu'il sera à jamais conserve ( i ). »
Cette cession, qui embrassait une étendue considérable de territoire^ permit aux Caroliniens d'étendre leurs établissements dans cette direction. Peu après, le gouverneur fit construire le fort du Prince George, à 3oo milles de Charlestown, sur les bords de la Savannah, non loin de la ville indienne de Keowée. Ce fort renfermait une caserne, capable de contenir une centaine d'hommes. Il y en avait un autre, nommé Fort Moore, sur le même fleuve, à 1 70 milles plus bas. L'année suivante, on en bâtit un troisième, appelé Fort Loudourij sur le Tenassee (Tennessee), à 5oo milles de Cliarlestown.
1756. Le 17 mai, l'Angleterre déclara la guerre à la France.
1757. Xa Société instituée à la Nouvelle-Angleterre pour la propagation de l'Evangile, envoya des missionnaires chez les Cberokées ; mais ces Indiens ayant fait alliance avec les Français, elle dut renoncer à leur conversion.
1759-60/ Les Cberokées qui avaient aidé les Anglais dans leurs opérations contre le fort Duquesne, s'en retournant chez eux par la Virginie, s'emparèrent de plusieurs chevaux, qu'ils croyaient n'être la propriété de p^sonne. Les Yîrginiens les attaquèrent, en tuèrent douze ou quatorze, et en tirent quelques-uns prisonniers. Leurs compatriotes, résolus de les venger, entrèrent en campagne, et avaient déjà massacré plusieurs colons, quand ils apprirent que le gouverneur Henry Lyttlttony qui avait succédé à Glen, se disposait à marcher contre eux avec des forces considérables. Ils tinrent conseil, et, au mois de novembre, ils lui députèrent trentedeux ehefs pour demander la paix. Des pourparlers eurent lieu, mais on se sépam sans-pouvoir s'entendre. Le gouver^ neur se mit alors à la tête de 1,400 hommes, et s'avança jusqu'au fort du Prince George, ou il eut une nouvelleconférence avec le chef Attàkullakiitla (2). Il en réstilta un traité de paix, qui fut signé le â6 décembre 1769, au fort Ptince
(1) Hewattf South CaroUnay-yol, II, chap. 10.
{7) Noiùinë aussi Little Gàrpenter, ou petit charpentier. Èd 1730, ce chef fut présenté i la cour d^Ângleterre.
DE L*AMÉIUQVE. 343
George, par le gouvernearOailIaume-Henry Lyttleton et six chefa ch^këes ( i ).
Les Gherokëes s'engagèrent, par ce traité, à livrer vingtdeux chefs, qui devaient être gardés comme otages dans le fort, jusqu'à ce que le même nombre d'Indiens qui s'étaient rendus coupables de meurtres, fassent amenés au gouverneur de la pilDvince. Ils convinrent aussi de rouvrir le commerce avec la Caroline, de mettre à mort tous les Français qui entreraient sur leur territoire, et de n'entretenir aucun rapport avec les ennemis de la Grande-Bretagne. Le gouverneur rentra, le 8 janvier, à Charlestown, où il reçut Tes félicitations des habitants (s).
1760. Cette paix, toutefois, fut de courte durée. Quelques mois après, les Cherokées massacrèrent i4 Anglais près du fort Prmce George , qu'ils investirent au nombre de 3,000 guerriers. Dans cette conjoncture , le gouverneur demanda des secours au général Amherst, commandant en chef en Amérique, qui lui envoya un bataillon de montagnards écossais et quatre compagnies de Royal ScoîSy sous les ordres du colonel Montgom^gy. Cet officier arriva à la Caroline vers la fin d'avril, et campa à Mônks* corner. Après avoir donné quelque repos à ses troupes, il se mit en marche, opéra sa jonction avec toutes les forces de la province, sur le territoire des Congarées, et entra dans le pays des Cherokées. Chemin faisant, il brûla plusieurs de leurs villes, tua soixante de ces Indiens et en prit quarante , et, s'étant présenté devant le fort du Prince George , obligea les assiégeants à la retraite. Il s'avança ensuite à travers les bois, )U8au'à Etchocy yille indienne, située dans une vallée profonde^ où les Cherokées avaient dressé une embuscade. Le colonel Morrison^ qui avait été chargé de reconnaître les approches de la ville, tomba dans le piège et y périt avec plusieurs des siens. Mais, le combat s étant ensuite engagé entre l'ennemi et toutes les forces du colonel, le premier fut
fi) AttakullakuUa , Ouconnostota, Otassitc, Kitagusta, Occoooeca , KilleanDokea.
Wynnt* Brttîsh Empire-, vol IT, ,article Carolina , où se trouve ce traite.
Hewatt prétend que cette paix fut signée vers le 18 décembre ; vol. II,chap. 9.
(2) Enticks' History ofihe late war, vol. V, p. i3-i5, où se trouve ce traité. Londres, 17G6.
344 CHROlfOLOGIE HISTOaiQUE
culbuté, après une rësîstanoe des plus opiniâtres. Cette victoire coûta aux Anglais 20 tues et 76 blesses, et Montgomery, craignant de pénétrer plus ayant, se replia sur le fort du Prince George.
De leur coté, les Gherokées se portèrent contre le fort Loudoun, près des confins de la Virginie, et le bloquèrent étroitement. La garnison, forte de 200 hommes, aux ordres des capitaines Demeré et Stuarty réduite à se nourrir de cbair de cheval et de chien, cajÂtnla, à la condition de sortir avec armes et bagages et d'être conduite à la Virginie ou au fort du Prince George. Toutefois, à peine avait-elle marché treize lieues, que le capitaine, treize de sos officiers et 26 soldats furent égorgés, et les autres, ayant été emmenés prisonniers, furent, plus tard, rachetés par la province. On estime les pertes éprouvées par les Anglais, dans ces deux expéditions, à 7 ou 800 hommes (i).
1761. William Lyttleton, ayant été appelle au commandement de la Jamaïque, fut remplacé par le sous-gouverneur William Bull. Les Indiens se montrant toujours hostiles, celui-ci demanda des secours au général Âmherst, qui lui envoya les mêmes montagnards, sous les ordres du lieutenant-colonel James Grant. Ces troupes* débarquèrent à Charlestown, au commencement de 1761. On forma aussi un régiment provincial, et, au moyen de présents, on décida une bande de Chickesaws et de Gatawbas à se joindre à l'expédition, dont Teilectif pouvait être de 2,600 hommes*
Le 27 mai, le colonel Grant arriva, avec son corps d armée, au fort du Prince George, et y reçut la visite d'Attakullakulla, qui l'assura de son attachement invariable aux Anglais, et offrit de faire enterrer la hache de guerre par les chefs 4e sa nation. Le colonel ne tint aucun compte de ses assurances, et, le 7 juin, il se remit en marche, emportant des yivres pour un mois. Son avant-garde, commandée par le capitaine Quintin Kennedy ^ se composait de 90 Indiens et de 3o colons, tatoués à la manière de ces Indiens, et était suivie de 5o miliciens et de i5o hommes environ d'infanterie légère. Le gros de la colonne Tenait ensuite. Lequatrième jour, elle arriva près de l'endroit où le colonel Montgomery avait été attaqué l'année précédente, et y rencontra l'ennemi. Le combat commença aussitôt. Les Indiens se défendirent vaîl-
(0 ffewaUs* Carolina, vol. Il, chap. 10.
D£ l'aMÉRIQUE. 345
lammeoty depuis hait heares da matin jusqu'à onze ; mais, délogés à la fin d'une colline où ils avaient pris position, ils abandonnèrent précipitamment le champ de bataille. Le colonel Grant eut 5o à 60 hommes tués ou blessés. La perte des Indiens dut être à peu près égale. Le même jour, le colonel entra dans la ville d Etchoe, qu'il détruisit. Quatorze autres villes, situées dans les établissements du centre, subirent le même sort. Tous les magasins et les plantations de maïs des Cherokées furent incendiés, et la malheureuse population, refoulée dans des montagnes arides, y fut en proie à la plus affreuse misère.
Après nti mois d'absence, ]e colonel Grant retourna au fort George, où il trouva Âttakullakulla avec plusieurs chefs, qui venaient de nouveau implorer la paix. Divers articles furent rédigés et acceptés; un seul, qui stipulait que quatre Cherokées seraient mis à mort à la porte du camp, fut rejeté. Attakullakulla se rendit de là à Charlestown, où il fut reçu avec beaucoup d'égards par le gouverneur et Je Conseil, auxquels il adressa le discours suivant : « 11 va];>ien long-tems que je n'ai vu votre seigneurie. Je suis heureux de vous revoir, ainsi que les bien-aimés hommes ici présents. Je suis député auprès de vous par la nation entière. Je vous connais, j'ai fumé avec vous, et j'espère qu'à l'avenir nous vivrons comme des frères. Quand je vins à Keowée, le colonel Grant m'envoya vers vous. Vous vivez sur le bord de l'eau, au sein de la lumière. Nous sommes dans l'obscurité ; mais nous avons l'espoir que tout sera encore clair entre nous. J'ai constamment cherché à faire le bien, et, quoique que je fusse fatigué, je me suis mis en route pour voir ce qu'il y aurait encore à faire pour mon peuple, qui est dans une grande détresse. » Il produisit alors \qs ^^ampums qu'il avait reçus des différentes villes en signe de leurs int^tions pacifiques, et ajouta : « Quant à ce qui est arrivé, je pense qu'il en avait été ainsi ordonné par notre père d'en haut. Notre couleur diffère de celle des blancs. Ils nous sont supérieurs. Mais Dieu est leur père commun, et nous espérons que tout sera oublié. Le Dieu tout-puissant a créé tous les peuples. Il ne se passe pas de jour sans qpe quelques créatures ne viennent au'monde et sans que d'autres en partent. Le grand roi m'a dit que le chemin ne serait jamais obstrué, mais qu'il resterait toujours ouvert, pour que chacun pàt y passer et y repasser. Comme nous vivons sur la méipe Xerr^^ j'espère bien que nous ne formerons plus à l'avenir qu'un même peuple, n
Ouragan, Un ôaragan, qui saiyaît le cours de Ja rivière d'Ashley, fondit sîorGharlestownaa mois de mai, coula à fond cinq navires, et en démâta onze, sur les quarante mouilla dans la rade de la Rébellion, à environ 4 milles au-dessons de la ville. Il s'annonça par un bruit semblable à celui du tonnerre lointain, et déracina tous les arbres qu'il rencontra sur son passage. On estima les dégâts causés par cet ouragan à 20,000 livres sterling (i).
1764? avril. L'assemblée de la Caroline, voulant encourager l'émigration, offrit aux protestants français et aux classes pauvres, mais industrieuses» de la Grande-Bretagne qui voudraient s'y fixer, deux districts, cbacnn de 48,000 acres, arrosés par la Savannah et ï% Santee. Le premier fut nommé Mecklenburgh, et l'autre Londonderry.
Des Allemands, an nombre de 5 à 600 , trompé» par un spéculateur prussien nommé Slumpel , se trouvant à Londres dans la plus grande misère, le roi, touché de leur position, leur fit proposer de s'établir dans la Caroline, Ils acceptèrent cette offre . et } furent transportés dans deux navires abondamment pourvus de vivres pour le voyage , aux frais du monarque, qui leur donna aussi i5o fusils pour leur défense.
A leur arrivée, au mois d'avril, lassemblée leur vota un secours de 5oo livres sterling , et leur assigna un des deux districts. L'autre devint le partage de 212 émigrés français de Bordeaux, qui y débarquèrent vers la même époque, sous la conduite du pasteur Giùert.
1765. Après la paix de 1765, d'autres émi&rés affluèrent de l'Angleteire, de l'Irlande et de TÉcosse. 11 s y établit aussi alors un millier de familles , venues par terre des colonies septentrionalies, avec leurs chevaux, leurs bestiaux, etc.
La population blanche delà Caroline pouvait s'élever, en 1765, à environ 4O9OOO individus, et celle des sens de couleur de 80 à 90,000 • Gharlestovrn renfermait de S à 6,000 blancs et de 7 à 8,000 esclaves (2). *
1765. La loi du timbre, adoptée par le Parlement anglais^, le 22 mars, fut considérée, par les Carolîniens , comme un empiétement sur leurs privilèges, parce qu'elle n'émanait
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(i) ffewatu' Carûlina, H, chap. 10.
(2) Hewatti' Carolina, etc., II., chap. 11.
point de leurs représentants, qui seuls avaient le droit de les taxer. A l'instar de leurs frères des autres colonies, ils formèrent une association, dont les membres s'engagèrent à n acheter aucune marchandise anglaise, tant que cette loi ne serait pas rapportée. Le lieutenant-gouverneur Bull tenta inutilement de la faire exécuter. L'assemblée lui demanda s*il l'avait reçue du secrétaire d'État ou des lords-commissaires du commerce. Il répondit qu'elle lui avait été transmise par Thomas Boone^ gouverneur de la province, qui en était alors absent. L'assemblée répliqua que, dans ce cas, elle n'était nullement obligatoire , et publia un manifeste , où elle . expliquait jusqu'à quel point la Caroline devait obéissance au gouvernement britannique.
Il était dit, dans cette déclaration, que les habitants de la province avaient droit à tous' les privilèges et libertés de sujets anglais ; qu'aucune taxe ne devait par conséquent leur être imposée sans leur consentement, et que l'acte du timbre et plusieurs autres, rendus p^our les colonies, et les instructions données aux cours d'amirauté, étaient autant d'attentats contre les privilèges et les libertés de la province.
La loi du timbre fut révoquée, le 18 mars 1766; mais. Tannée suivante, le Parlement mit des droits sur le thé, le verre, le papier et les couleurs, qui soulevèrent partout la plus vive opposition. De nouvelles associations se formèrent contre l'importation^ des marchandises britannicpes, et il en résulta la suppression de tous ces droits, à l'exception de celui de trois sols anglais par livre de thé. ^
176g. L'assemblée de la Caroline du Sud adopta des rélutions semblables à celles de la Virginie (du 16 mai 1768), concernant la noh-importation des marchandises britanniques (i).
Il s'organisa à cette époque, dans les établissements reculés de la province, une société, ou plutôt un tribunal, dit des régulateurs y qui avait pour but de punir les criminels, mais surtout les voleurs de chevaux. Il n'existait alors de Cours de justice que dans la capitale. On en institua d'autres , cette * année, à ^inety-Six, àOrangeburg et à Camden (2}.
£n 1771, les exportations de la Caroline du Sud s'élevaient à 766,000 livres sterling. Le rit se yendait alors
(1) Voyez l'article Virginie.
(3) Âamsa/s* Carolina,iome l, chap. 6.
348 GHROJHOLOGIE HISTORIQUE
3 Un-es lo sclielliogs le baril, et l'indigo, 3 schelHngs la livre (i).
1772. Après de nombreuses contestations au sujet de la ligne de démarcation entre la Caroline du Nord et celle du Sud, la question en litige fut décidée, par ordre du roi et du Conseil , en faveur de cette dernière , qui obtint quatorze milles de la partie méridionale du territoire de l'autre {2),
1773. Cette année, 3oo familles allemandes, qui s'étaient d'abord établies sur les bords du Kennebeck, dans la province du Maine, vinrent se fixer dans la partie sud-ouest de la Caroline (3).
En 1773, la Compagnie des Indes-Orientales exporta des quantités considérables de thé, qui devaient être exposées en vente, pour son compte, dans les villes principales de chaque colonie. Cette mesure, qui avait pour but de faire fléchir la résolution des Américains, n'eut pas le résultat qu'on s^en proposait. I^artout on empêcha la vente de cette denrée ; à Charlestown , elle fut gardée dans les magasins, et l'on défendit aux commissaires d'en disposer.
tables habitants de la Caroline se réunirent , à Charlestown, le 6 juillet, et, après avoir entendu l'exposé des procédés de la métropole contre la ville de Boston, ils rédigèrent un manifeste, où ils déclaraient que les Américains avaient droit à toutes les libertés et à tous les privilèges dont jouissaient les sujets naturels du roi nés dans la Grande-Bretagne ; qu'ils ne devaient pas, par conséquent, être taxés sans leur consentement, donné personnellement ou par leurs repi^sentants ; que l'acte de fermeture du port de Boston était de la nature la plus alarmante pour des milliers de sujets américains du roi, en ce qu'il avait pour objet de les dépouiller de la manière la plus cruelle, la plus oppressive et la plus contraire à la constitution, de leurs droits , privilèges et propriétés ; qu'il était du devoir de toutes les colonies d'Amérique d'assister et de soutenir le peuple de Boston, par toutes les
(i) Hewatts* South Cai^lina, tome II, cliap. 11.
(2) Moultries* Memoirs of the Américain Révolution, tome II, page 237. New- York, 1802.
(3) Holmes' Jnnals, tome II, amiée 1773.
DE L*AMÉRIQ1}£. 349
▼oies lëgititnes qui étaient en leur pouToir, etc. L'assemblée nomma ensuite cinq députés ( i ) au congrès général qui devait couvrir, à Philadelphie, le premier lundi du mois de septembre suivant» Ces députés ne tardèrent point à se rendre à leur "poste, et, lorsque le congrès eut tetminé ses travaux, le 26 octobre 1774? ils revinrent à la Caroline rendre compte des résolutions de ce corps à leurs concitoyens.
Le comité général, qui venait de prendre la direction des affaires, somma alors le congrès provincial de se réunir, dans 23 jours, à Charlestown, à reffet de prendre des mesures de salut public, pour parer aux dangers que les hostilités commises dans le Massachusetts faisaient appréhender pour la Caroline. Cette assemblée, composée de 184 membres^ élus par les différentes paroisses, se réunit, le 1 1 janvier 1775, et commença sa session en décrétant que ie 1 7 février serait observé comme un jour de jeûne, pendant lequel on adresserait des prières à Dieu, pour lui demander d'inspiret au roi la vrai sagesse, et de défendre le peuple américain^ outragé dans ses libertés, et de le garantir des calamités de la guerre civile. Elle prit ensuite en considération les mesures adoptées par le congrès continental, et entre autres celle qui prohibait l'importation des marchandises anglaises, après le ,er février 1775.
Plusieurs bâtiments, chargés des provenances de la Grande-Bretagne, arrivèrent sur ces entrefaites dans la rade sans pouvoir obtenir l'autorisation de les débarquer, et il fallut ou les jeter à la mer, ou les renvoyer en Angleterre.
Le peuple jusqu'alors n'avait point songé à recourir aux armes pour conquérir son indépendance ; mais, le 19 avril, le comité s'étant emparé de dépêches du cabinet anglais , apportées par un paquebot de Londres, à l'adresse des gouverneurs des deux Carolines, de la Géorgie, de la Flonde- Occidentale et de la Vilenie, les informant de la résolution où il était de réduire les colons par la force, ceux-ci perdirent tout espoir d'un accommodement amical avec la mèrepatrie. Peu de jours après, ils reçurent la nouvelle du conimencement des hostilités à Lexington, dans le Massachusetts. Le comité général, convaincu alors qu'il n'y avait plus d'accord possible, résolut d'enlever 1,200 fusils qui se trou-
(1) Henry Midleton, John Rutledge, Christopher GadsdeD^ Thomas Lynch et Edward Butledge.
35o CHRONOLOGIE HISTOmQU£
Trient dans l'arsenal royal, pour en armer les babitants» et, la nnit suivante^ ce projet fut mis à exécution avec un plein soooès. . . %
Le !«' juin y 172 membres du congrès provincial s'assemblèrent à Gharlestown, et le lendemain ils adoptèrent la résolution suivante :
« IVous, soussignés^ babitants de la Cjaroline du Sud, nous considérant liés par la plus sacrée de toutes les obligations, le devoir de bons citoyens envers un pays outragé, et fermement convaincus que, dans la fâcbeuse extrémité où nons nous trouvons placés, nous sçrons justifiés devant Dieu et devant les hommes, oe repousser la force par la force, nous nous unissons par tous les liens de la religion et de Thonneur pour défendre notte ^ys contre les attaques de ses ennemis, et nous prenons aujourd'hui l'engagement solennel, quelles que soient les décisions de notre Conseil provincial ou continental, d'être prêts à sacrifier nos vies et nos fortunes pour assurer sa liberté et sa sûreté. Cet engagement, nous le maintiendrons, jusqu'à ce qu'une réconciliation, basée sur des principes constitutionnels, objet de nos désirs les plus ardents, ait lieu entre la Grande-Bretagne et l'Amérique ; et nous regarderons tous ceux qui refuseront de souscrire à cette association comme ennemis de la liberté des colonies. »
Un conseil de sûreté fut nommé, et on lui délégua le pouvoir de confirmer les conimissions accordées par le congrès provincial, de suspendre les officiers, d'instituer des cours martiales pour les juger, de disposer de la force armée, et de tirer du trésor tous les fonds nécessaires au service public. L'on créa en même lems deux régiments d'infanterie et un de diasseurs, et l'ardeur militaire était portée à un tel point, qu'il se présenta, pour les commissions d'ofEciers, quatre fois plus de postulants ou'il n'en fallait.
Lord William Campbell étant arrivé à Charlestown en qualité de gouverneur de la province pour le roi, nendant la session du congrès , cette assembla lui présenta 1 adresse suivante :
« Kons déclarons que, ni le goût des innovations, ni le désir de changer la constitution du gouvernement, ni l'a^ mour de l'i^épendance, n'ont influé en rien sur nos résolutions. Mais, alarmés et irrités par une longue suite d'actes arbitraires, redoutant les insurrections, profondément affligés des hostilités commencées par les troupes anglaises eon-
DE ï/xVÉhlQVE. 35 1
tre ce continent, et nms par la seule ambition de préserver et de défendre nos jours, nos libertés et nos propriétés, nous nous sommes vus forcés de nous associer et de prendre les armes.
» Nous ne désirons que la jouissance assurée de nos droits, et nous ne souhaitons rien plus ardemment qu'une promte réconciliation, fondée sar des principes constitutionnels avec la mère-patrie.
» Confiants dans la justice de notre cause, dans la droiture de nos intentions, nous vouons un loyal attachement à notre souverain, à Ba couronne et à sa dignité^ et, nous reposant des consécpences sur la Providence, nous préférons la mort à la Servitude. »
Le gouverneur répondit qu'il ne connaissait d'autres représentants du peuple que les membres de l'assemblée générale ; qu'il ne lui appartenait pas de juger les différends qui s'étaient élevés entre le cabinet anglais et les colonies américaines ; mab qu'il ne ferait aucun rapport qui ne fût conforme à la vérité, et inspiré par un désir sincère d'assurer le bien- être et la prospérité de la province.
Pour que l'opinion pût se prononcer en toute liberté, le congrès provincial résolut de convoquer une nouvelle assemblée et de cesser ses fonctions le 6 août suivant. En consé- (pence, il s'ajourna le 22 juin, après avoir délégué une partie de son autorité au Ginseil de sûreté et au comitegénéral.
Ceux-ci, forts de l'appui de la grande majorité de la population , prirent les mesures les plus promtes et les plus efficaces pour la défensfe du pays. L arsenal ne contenait alors que 3,000 livres de poudrê. Pour s'en procurer, le comité équipa un navire, monté de douze hommes , qui reçurent ordre de s'emparer d'un bâtiment anglais, à l'ancre près de l'entrée du port de Saint-Âugustin, dans la Floride. L'entreprise eut un plein succès, quoiqu'il y eût quinze grenadiers à bord; et l'on se procura, par ce hardi coup de mam, quinze mille livres de poudre.
Le Tamarf goélette anglaise, et un autre bâtiment , armé de 18 canons, le Cherokéef étaient mouillés dans la rade de la Rébellion, en face de l'île de Sullivan ; et le fort Johnson, dans rile de James, qui dominait le port de Charlestovm, était au
Souvoir des troupes du roi. Un parti de miliciens, aux ordres u colonel MottCi se rendit maître de ee dernier et le mit en état de défense.
Le nouveau congrès provincial se rënnit le i*' novembre 1775. Le 9, il donna ordre à l'officier amëricain commandant le fort Johnson, de s'opposer au passage de tout navire de guerre anslais. Cet officier communiqua ses instructions au capitaine de la goélette le Tamar. Un autre canal, formé par rtle de Hog, conduisait à la ville. Le capitaine Tuft fat envoyé, avec un navire arme, la Défense^ pour protéger des hommes chargés de couler bas de vieux bâtiments dans ce détroit, pour en obstruer le passage. Dans la nuit du 12 novembre, le capitaine anglais s'approcha à portée de canon, et, après avoir lâché quelques bordées contre ce navire, sans Tatteindre, regagna le large. Lord William Campbell se retira peu après à bord du Tamar et quitta la Carohne (i).
Constitution. Le 26 mars 1 776, lecongrès provincial établit un gouvernement provisoire^ en attendant qu'un arrangement eût lieu entre l'Amérique et la Grande- liretagne. Mais, après là détermination prise par le congrès continental , le 4 juillet de la même année, il fut résolu de rédiger une autre constitution, plus en rapport avec les principes de la révolution. Cette constitution, votée le 19 mars 177B, subit ensuite plusieurs changements, et fut adoptée dans sa forme actuelle^ à Golumbia, le 3 juin 1790.
Le pouvoir législatif est confié à deux corps distincts c im sénat et une chambre de représentants , qui, réunis, forment l'assemblée générale.
Les sénateurs^ au nombre de 4^9 ^^"^ ^^^^ ^^ scrutin secret par le peuple, et restent en fonctions pendant quatre ans ; mais ils sont renouvelés , par moitié, tous les deux ans. Les candidats doivent être des blancs libres, âgés de trente ans accomplis, avoir habité l'État pendant cinq ans avant l'élection, et posséder un bien-fonds de la valeur de 3oo livres courantes, libre de toutes dettesi Si le candidat ne demeure point dans le district qui le choisit, la valeiu: de son bien doit être de mille livres sterling (2).
Les représentants y au nombre de 124 9 sont élus pour deux ans. Ils doivent aussi être des blancs libres, âgés d'au
(1) Ramsays\Carolinaj tome I, chap. 7.
(a) D'après la constitution de 1778, il n'y avait que les protestants qui pussent siéger dans l'assemblée générale; la valeur des propriétés en biens-fondSy que devait posséder te candidat, était ûxée à 3,000 liv. s^il résidait dans la paroisse ou district pour lequel il était élu, et s'il n'y résidait pas, à 7,000 livres» quittes'de toutes dettes.
M LA91£KIQU£. 353
moins vingt et un an, posséder un bien-fonds de la yalenr de i5o livres, on une jpropriëtë ou plantation de 5oo acres et dix noirs. Si le candidat ne réside pas dans le district qu'il est appelé à renrésenter, la valeur de son bien devra être de 5oo livres. Il cloit être citoyen de UÉtat, et y avoir demeuré trois ans avant Télection ( i ).
Les électeurs des sénateurs et des représentants doivent avoir résidé six mois dans l'Etat avant le jour de l'élection , être blancs libres, âgés de 21 ans accomplis (2), et propriétaires de 5o acres de terre, ou d'un bien de ville dont ils ont été légalement en possession six mois avant l'élection .
Le pouvoir exécutif appartient à un gouverneur , qui est élu , tous les deux ans , par le corps législatif. Il doit avoir trente ans accomplis , être citoyen de l'État , y avoir résidé pendant dix ans avant son élection, et posséder en propre un fonds de terre de la valeur de. i ,5oo livres sterling. Le gouverneur commande en chef les milices et les forces de terre et de mer de l'État. Lorsque ce poste vient accidentellement à vaquer, il est rempli par le sous- gouverneur^ qui est luimême remplacé pai^ le président du sénat.
Tous les bills de levée d'argent [revenue bills) sont d'abord discutés et votés par la Chambre des représentants ; mais le sénat a le droit de les amender et même de les rejeter. Tous les autres ^ills peuvent être indifféremment proposés dans l'une ou l'autre Chambre, et être amendés, changés ou rejetés par l'autre.
Aucune convention ne peut être convoquée, pour amender la constitution, sans le concours des deux tiers des membres du corps législatif.
Tout fonctionnaire public est sujet à accusation pour malversation oujx)rruption dans l'exercice de sa charge.
fi) La constitution de 1778 exigeait une résidence de trois ans, dans l'Etat, avant Tëlection; et, si le candidat n'avait pas son domicile dans la paroisse ou district, il devait du moins y posséder un bien de la valeur ue trois mille cinq cents livres courantes, quittes de toutes dettes.
(3) Les mendiants, les sous-ofiiciers et les soldats sont seuls exceptés.
La constitution de 1778 voulut que les électeurs crussent à l'existence d'un Dieu et à une vie future de récompenses et de peines. Le quatrième article de la constitution de 17^ a été depuis modifié et le droit de suffrage est aujourd'hui réglé par un acte (sans date) qui attribue ce droit à tout citoyen, par cela seul qu'il a résidé six mois dans le district ou l'élection a fieu.
T. XYIIl» 93
Organisation religieuse. Par la constitution de 1778, il n'y avait que les protestants qui fassent établis comme société religieuse : vingt-cinq personnes, qui adressaient une pétition au corps législatif, étaient autorisées à former un corps religieux ; mais elles devaient préalablement inscrire sur un livre les articles suivants, que leur ministre, élu à la majorité , était obligé de signer : i» Qu'il y a un Dieu éternel et un état futur de récompenses et de punitions ; 2° qu'on doit honorer Dieu publiquement ; 3^ que la religion chrétienne est la seule vraie ; 4^ V^^ ^^ saintes écritures de l'Ancien et du Nouveau-Testament, don d'inspiration divine, sont des règles de foi et de pratiques religieuses ; 5® qu'il est du devoir de tout homme, lorsqu'il est interpellé par ceux qui gouvernent, de porter témoignage de la vérité.
Par la dernière constitution, le libre exercice des devoirs religieux, les droits, privilèges, immunités et liens de toutes les sociétés religieuses sont garantis, pourvu que la liberté de culte ne soit pas telle , qu'elle puisse excuser des actes licencieux , ou justifier des pratiques incompatibles avec la paix et la sûreté de l'État. Les ministres de l'ÉVangile, aussi long-tems qu'ils continuent l'exercice de leurs fonctions pastorales, sont inéligibles aux emplois de gouverneur, de sousrgouverneur ou de membre de l'assembla.
Organisation judiciaire. Les juges sont nommés par le corps législatif ; ils conservent lem^s fonctions tant qu'ils s'en acquittent honorablement , et peuvent étf e destitués par le sénat et l'assemblée.
Ije pouvoir judiciaire réside en des Cours de droit et de justice établies par le corps législatif. Les Cours consistent en une Cour d'assises et une Cour ordinaire pour chaque district, lesquelles jugent en première instance et en dernier ressort, et s assemblent deux fois par an, au printems et en automne. Les juges de divers arrondissements, au nombre de quatre, forment la haute Cour ou Cour constitutionnelle. Elle s'assemble une fois par an, à Colombia et à Charlesto wn , pour entendre toutes les demandes de révision et de cassation de jugements, toutes les matières légales qui peuvent lui éb^ soumises, et prononcer son jugement. Dans chacun des quatre districts, il y a une Cour de justice y qui tient ses séances une fois l'année, et aussi des Cours ordinaires y qui remplacent les Cours de comté abolies en 1799. La Cour inférieure de ville (inferior city Court) de Charlestovirn , entend et juge tous les procès élevés dans les limites de la ville.
DE JU'aMÉR1QII£. 35f>
Les commissaires du Trésor, le secrétaire d'État, l'inspectem* gënâralet les schérifs, sont nommés poor quatre ans, et ne sont pas rééligibles pour les quatre année» aaiyantes.
Par an acte de l'ancienne assemblée de 17 12, la loi commune et les statuts de la Grande-Bretagne çtaient déclarés en rigueur; depuis, ils ont été modifiés et adaptés aux principes de la constitution* Tous les droits de primogéniture ont été abolis.
Lois, Depuis l'établissement des premières plantations dans la Caroline du Sud, en 167 1 , jusqu'en i8og, il y a été publié 2059 lois, savoir: 1202 pendant les 106 ans de son existence comme colonie, et 857 pendant les Sa années d'indénendanoe.
Les amendements suivants à la constitution ont été ratifiés par l'assemblée, le 17 décembre 1808 et le 19 décembre i8f6. Tout bomme libre, âgé de 21 ans (les sous-oificiers, soldats et pauvres exceptés), citoyen des États-Unis, y ayant résidé durant les deux années qui précèdent Telection, et qui a un bien-fonds de 5o acres de terre ou un lot de ville dont il a été légalement en possession six mois avant l'élection, et qui aura résidé durant cet espace de tems dans le district où il se propose de donner son vote , aura le droit de participer aux élections des membres de.s deux brancbes de la législature. La Chambre des représentants sera composée de 124 membres, choisis dans les diffiérents districts de TÉtat, suivant le nombre des blancs qui s'y trouvent et la quotité des contributions directes et indirectes r
Il y aura un représentant pour la 62* partie des habitants blancs, et un aussi pour ladite*partie des taxes de toutes espèces.
Le sénat sera composé d'un membre pour chaque district, excepté ceux de Saint-Philip et Saint-Michel, qui en auront deux.
Les sénateurs seront divisés en deux classes : ceux de la première seront remplacés à l'expiration de la seconde année; les autres, à l'expiration de la quatiième, de manière que la moitié des sénateurs peuvent être nommés tous les deux ans. Il sera fait un dénombrement de tous les habitants blancs, en 1809, et ensuite tous les dix ans, de la manière prescrite par la loi.
Ces amendements, faisant partie de la constitution, ne pourront être altérés, excepté par les deux tiers des membres de la législature.
Tableau des principaux officiers de la Caroline du Sud et de leur traitement.
Le gouTerneur S^Soe dollars.
Secrëtaire d'ÉUt. Casuel
Contrôleur gënéral. 2,000
Trésorier du district inférieur 2,000
Id. Id. supérieur i ,600
Arpenteur général Casuel
Ayocat-général, outre le casuel i ,100
Directeur des travaux publics i 3,ooo
Président de la Banque de l'Etat 3,ooo
Greffier du sénat 1,000
Id. de la Chambre des représentants. • 1,000 Cinq chanceliers de la Cour de justice,
chacun 3,ooo
Six juges de la Cour des sessions eénérales
et des plaids-cominuns, chacun de a ,000 à 3,ooo
Rapporteur de l'Etat i,5oo
DB l'aMÉRIQ!».