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CAROLINE DU NORD

Cet État est situé entre 33» 45' et Sa"" 3o' degrés de lat. nord, et entre le i*^ de longitude est et le 7*^ degré de longitude ouest de la cité de Washington. Il a une superficie de 48,000 milles carré&«

Tableau des comtés de la Caroline du Nord avec leur population en 1840.

Atison i5,077

Ashe 7,467

Beaufort ia,a25

Rertie 12,175

Bladen. 8,oaa

Brunswick. • *. . 5,a65

Bimcooibe io,o81

Burke «5,799

Cabarras 9>^^

Cambden 3,663

Carteret 6,691

Oaswell 14,693

Chatham 16,24^

Oherokee ^4^7

Ghowan . 6,090

G>lunibus. . 3,o4'

Craven i3,438

Cumberland 16,284

Currituck ^'2^^

Davidson i4i6o6

Davie 7i574

DupUn I If 182

£dgecombe 16,708

Franklin 10,980

G?tcs 8,iGi

Granvilie • . 18,917

Greene 6,696

Guilford 19» 176

Halifax 16

Hâywood -. 4»975

Henderaon 6,129

Hcrtford 7,484

Hyde 6,458

tre^cll i5,685

Johnston 10,699

Jones , 4,916

Lenoir n,6o5

Lincoln 26,160

Maçon 4,869

Martin 7,637

Mecklenburg 18,273

Montgomery 10,780

Moore. 7,988

Nasb 9,047

New-Hanovev i3,3ii

Northampton 13,369

On3low 7,627

Orange 24,366

Paflqaotank 8,614

Perquimans 7,346

Pf'fson 9,790

P*tt ,i,Ôi6

Bandolph 12,876

Bicliffioiid 6,909

Bobtson ... : ' 10,370

Rockingham 13,442

Rowan ' *2,io9

Rutberford 19,202

Sampson 12,167

Stokes 16,266

Surpy «6,079

Tyrrel. 4,667

Wake. 21,118

Warrcn- 1^1929

Washington 4>525

Wavne «0,891

WiOtes , 12,677

Yancey.

Total. . . . 753,419

358 CHRONOLOGIE HIêTOftiOUE

Moiwement de la population de la Caroline du Nord.

▲>-|!iBS. POPULATION.

1700 5,5oo

1733 3a ,000 y compris 18,000 noirs.

1 75a i5,ooo

1765 i}o,ooo 90,000

"«- ^^5-59. I 'l:îir„^ï;'S»e.

•^'^ ^'^'"'^ } 4,554 noir» libres.

^8ao 638,8a9 206,017 etclaves.

rSSo 737,987 a45,6of esclaves.

1840 753,4.9 \ ^4^'«i7 esclaves.

^ / M :/ ^ aa,7Da noirs libre:$.

Mou^^ement de la population des principales villes.

▲KKliBS

^oNs. ^1800. 1880. 1840.

VVUmingtoii 1,689 a,633 4,744

Fayetteville i,656 3,53a 4,a85

Newbern 3,467 3,663 3,690

Ralcigh 669 a,674 3,544

Tableau des différente* cùnses d'hantants de la Caroline du Nérd, ifaprè» le dénombrement fait par ordre du congrès.

Gens de couleur libres. . ( "«^îiw. : .* '. . '. .::::::: VSl

Esclavos. ^ ^^^1,^^ ^^'

l sourds-muets a8o

Wanr« 5 aveugles aa3

Blancs . . j f^^^ ^j. jj^^jj jj^^ £^^jj j^ j,£,^j .^5^

\ idem idem, des particuliers .... }a8

... .( sourds-^muets 74

^f;;nM aveugles ,é^

gens dej f^^^ ^^ ijj^,^, ^„, f^j^^g ^^ y^^^^ ,^

couleur.^ idem îdcm des particuliers ap

Pensionnaires » 609

Gens employés aux mine5 56b

Agriculteurs ac7,(M5

Négociants et trafiquants ' 1)734

llanafacturiers et artisans iH^mi

DE l'aMÉRIQUE. 359

Matelots ({ui naviguent sur rOcëan 337

idem. sur les lacs, rivières et canots^ . . 879

Ministres de Tëglise, professeurs, médecins, avocats,. etc. . 1,086

Université et collèges . . . . < a

Etudiants i5$

Académies et écoles de grammaire « i4i

Etudiants 4'^9^

Ecoles primaires ï4>9^7

Habitants blancs , âgés de plus de 20 ans, qui ne savent ni

lire ni écrire 66,609

Antiquités. Une agrégation régulière et symétrique de roches uniformes se trouve dans le haut pays de la Caroline du Nord, et dont l'origine, ainsi que la nature, ont donné lien à des opinions très-diverses parmi les naturalistes et les géologues. Ces pierres sont connues sous le nom de naturel wallj ou mur naturel oa souterrain. On a suivi ce mur dans une longueur de 3oo pieds anglais , environ 100 mètres, et, en creusant le sol, on l'a trouvé à la profondeur de 12 à 14 pouces; mais on n'a pu aller plus avant, à cause des eaux. Ces pierres, qui ont de 4 à i^ ponces de long, ont une forme à peu près égale , allongées à 4 ai^gles ou arêtes , amincies à Tune des extrémités, avec une petite entaille audessus du sommet. Ces pierres sont rangées horizontalement. La masse a une épaisseur de 4 ^ 4 ^h décimètres (18 à ao pouces anglais).

Elles sont revêtues d'une couche de terre sablonneuse, jaune et adhérente , et l'intervalle qui les sépare par une substance grasse, semblable au cimeut des vitriers, mais mélangé de taches noires et ferrugineuses.

Cet amas de pierres a l'apparence d'un mur construit par les mains des hommes ; mais elles ont été soumises à 1 exa< men de plusieurs ininéralogistes français, qui y ont trouvé tous les caractères du biasalte. Cependant^ il n'y a aucun vestige de volcans dans ce district ( i ).

Indiens, Suivant Lawson (2), les vases trouvés en terre diffèrent de ceux dont se servent aujourd'hui les Indiens de la Caroline du Nord ; ils sont d'une autre composition et d'une autre forme, et ressemblent aux urnes des anciens Romains :

(1) Description des Etats-Unis par M. Warden, vol. I, p. 80-89, où se trouve une notice sur ce mur iPaprés les renseigneitients fournis par le feu M- de Beauvoir , membre de Tlustitut , qui l'avait visité en 1796.

(2) New f^o/age ^oCarolina* Londou , 1709.

36o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

si on demaude à ces Indiens d'où viennent leors ancêtres, ils montrent l'Occident, et répondent : D'oïl h soleil se couche.

Les Indiens Savannah^ qui vivaient sur les bords du âeave de ce nom, vinrent, plus tard, se fixer parmi les Iro- (jfuois ou Sinnagars, auprès de la source des rivières qui coulent dans le Chesapeak.

Les Indiens Machapunga^ après avoir conclu la paix avec les Coranines, furent invités, par ceux-ci, à une tête, que le chef accepta ; après le dîner, et pendant la danse, les guerriers, armés de tomahawks , qu'ils avaient caches, atta^ quèrent les Coranînes, en tuèrent plusieurs, et firent prisonniers le reste, qu'ils vendirent aux Anglais.

Lawson dit que la petite vérole et le rhum avaient tellement diminué ces Indiens, que, dans l'espace de 200 milles de nos établissements, il n'en reste pas le dixième de leur nombre, il y a 5o ans.

Les Indiens de la Caroline du >iord, comme ceux de la Caroline du Sud, étaient de moyenne taille, bien faits, avaient- les yeux et les cheveux noirs et le teint basané 5 ils vivaient dans des wigwams, ou cabanes, de forme ronde ou ovale, et construites de la manière suivante : De jeunes cèdres ou noyers, courbés et fichés en terre, étaient liés à d'autres arbrisseaux, et couverts avec réccHx» des cyprès ou du cèdre blanc ou rouge : le feu était au milieu de ces cabanes, et au-dessus on pratiquait un trou pour laisser passer la fumée ; sur les cotés étaient des bancs de joncs, et couverts de peaux de> bêtes ou de nattes. Ces bancs leur servaient à s'asseoir et à se coucher ; une cabane servait à la fois à plusieurs familles.

Ces Indiens se nourrissaient de plusieurs espèces de mets : de maïs, de légumes, de gibiers et de poissons.

1700. A cette époque, on comptait i4 peuplades d'Indiens dans la Caroline du Nord , savoir :

VILLAGES. GUB&aiEES.

Tuskeruro i5 1,200

Waccon 3 lao

Bear-Rîver 1 5o

Maherriug 1 ' 5o

Machapunga 1 Se

Nottaway i 3o

Poteskeit . 1 3o

Gonnainox 2 35

(1) Lawsons' Cm\ilina,p, 234-35.

B£ L'AMÉRIQUE. 36i

N'eus a i5

ChuwoD I i5

Pampticough i i5

Hatteras i i6

Paspjitank. i lo

Jaapim 6 6

La population totale était d'environ 4)030 individus, non compris les cinq autres (petites peuplades, Totero, Sapona, Keiaiiweej Aconeclios et Schoccoriesj au nombre de 760 émigrés, qai étaient venus habiter la Caroline.

En 1724, rassemblée de la province accorda aux Indiens de Chowan leurs droits à 1 1 ,869 acres de terres, arrosées par les criques de Ben net et de Catherine.

En 1790, il ne restait, de tous ces Indiens, qu'environ 60 individus appaitenant aux Tusk;aroras.

Premiers établissements. Cette partie du continent américain faisait partie de la vaste région , nommée Floride par les Espagnols et les Français, et Virginie par les Anglais ; elle était comprise dans la concession accordée au comte de Clarendon, en i663 (i).

i585. La première colonie anglaise eu Amérique s'établit, «ous les auspices de sir Walter Raleigh, dans l'île de Rt>anoke, sur la rive.de Pamlico,dans les limites de la Caroline du Nord. Lawson, dans sou histoire de cette province, dit qu'en 1 700, on voyait encore, dans l'île de RoanoLe, les ruines d'un fort et deux canons, Tun en fer, l'autre en cuivre ; que les Indiens de cette île lui apprirent que plusieurs de leurs ancêtres étaient des hommes blancs, et pouvaient par* 1er dans un livre ; que plusieurs d'entre eux avaient des yeux gris, ce qui ne se voit jamais parmi les Indiens.

Lawson pense que la colonie anglaise avait été détruite faute de secours, ou par la trahison des naturels (2}.

En 1609, le capitaine Smith expédia plus d'une centaine d'habitants de James-Towri> dans la Virginie, sous la con* dnite du capitaine Martin , pour former an établiMemeot à Nansamond, village indien , situé vers les limites méridio*nales de cette province. Les naturels fournirent aux colons des renseignements sor le cours des fleuves qui traversent la Caroline du Nord et se jettent dans l'OcéaB-Atlantiqae (3). En i65oj quelque» émigrés de la Virginie formèrent un

Voyez Tarticle Caroline du Sud, année i663.

Lawsoni North^arolina , p. 6a.

Smithi' Virginia, book III, chap. la, article Virginie.

362 GHAONOLOGIE HISTOIUQUË

établissement sur la rive de Chowao et sur le bord du sound ou canal d'Albemarle.G>mme ils se trouraient dans la juri- ' diction du comte de Clarendon , ils se mirent sous la protection de ce gouverneur.

i653. A la demande de Roger Green et d'autres habitants des b<Nrds de la rivière de Nansamond, l'assemblée de la Virginie ordonna que 10,000 acres de terres seraient accordées à la première centaine d'habitants qui s'établiraient sur les bords de la rivière de Moratuck ou de Roanokej ainsi que sur les côtes méridionales de Chowan et ses affluents. Ces colons devaient être munis des armes et des munitions nécessaires à leur défense, et se fixer les uns près des autres, afin de se protéger mutuellement. On accorda à Green une centaine d'acres en récompense de ses services. ' 1661 . Une petite colonie de Massachussetts créa un établissement sur la rive de CJiarles ( i ) , près du cap Fear ; maisy comme le sol était aride, ils l'abandonnèrent trois ans après.

i663, mai. Pour encourager Témigratiou dans la Caroline^ les lords-propriétaires accordèrent, pour cinq ans, à chaque émigrant une centailne d'acres de terre, et trente pour chaque domestique, moyennant la taxe d'un demi-penoe par acre (2).

I®' septembre. Les propiiétaires donnent an gouverneur de la Virginie une instruction pour faire explorer les cotes, particulièrement celles de la rivière de Charles. Dans le même te DIS, le 29 septembre, il arriva de la Barbade un bâtiment, expédié par les habitants de cette île pour reconnaître les côtes du cap Fear et de la rivière Clarendon. Cette expédition était dirigée par William Mlltorif Anthony Long et Pierre Fabiau. Voici quelques détails à son sujet. En partant de la côte par la latitude Ss® 20, ils la longèrent jusqu'à 33** 1 1' sans rancootrer aucune entrée. Le 3 octobre, une tempête aymnt poussé le navire loin des côtes, il fut porte par le courant jusqu'au cap Hatteras. Le 12, mouillé par la latitude 33^ 4^9 continuant ensuite sa route, le bâtiment jeta encore l'anere à 1 3 milles de distance. Plusieurs Indiens se rendirent à bord, apportant une grande quantité de poissons. Le 24 et le 35, ils rencontrèrent la rivière du cap Fear. Le jour sui-

(1) Depuis nominëe Old-Town^Cre^k, >

(2) Voyez Tart. Caroline du Sud.

DE l'aBIÉRIQ13E. 363

tant, d'étant embarcpiés sur le yacht y ils aiiîvèrent à uu vîUne indien de NecoeSy et continuèrent à remonter jusqu'à ge bmUbs iaifitx)n. Gomme ia rivière était obstruée par de$ aiinei àtamàmés^ tenrs provisions étant presque épuisées^ ils s'en TtUtonmèKtit et atteignirent le navire le a novembre. Le 4, ils TBOonmireiit les bords N.-O. de la rivière, k la distance de rS milles , juscjn'à un affluent qu'on nomma swawpy ^ivnc^, ou rivière marécageuse, l^e 6, ils explorèrent un antre affinent à la même distance à peu près, et lui donnèrent le nom de Gf^en-^Rwery ou Rivière-Verte, Us remontèrent encore la rivière principale, à la distance de i6o milles environ de son embouehure. Le sol des deux bords était uni et couvert de pins, de chênes, de cyprès, de noyers, de mûlîers et de plusieurs autres espèces cVaibres. La viguc abondait, dans quelques endroits dépourvus d'arbres, et l'herbe atteignait la hauteur de plusieurs pieds. Les bords étaient remplis de daims et de diiidons sauvages (meleagris). Le 17, ils i«tournèrent au navire ; le 20 , ils longèrent une d^s* tanee d'environ 6 milles, et rentrèrent dans une rivière, qu'ils nommèrent Hilton. Ils la remontèrent jusqu'à 9 milles, jusqu'à sa jonction avec la rivière Verte. Continuant leur route )asqu'à la distance de 64 milles de i'embouchnre de la première rivière, ils retournèrent au navire. Durant ce trajet, ils rencontrèrent, dans un canot, quatre Indiens, Ven approchèrent et changèrent, pour (fuelques bagatelles, plusieurs paniers de glands ; un d'entre eux suivit le bateau et décocha une flèche, qui alla s'y planter, api-és avoir eflleuré l'épaule d'un des hommes du bord. Quelques personnes furent envoyées à la poursuite de ces Indiens; elles en rencontrèrent deux autres, qui criaient bontiy^ bonny^ et qui changèrent quelques flèches et des arcs pour des chapelets. Le bord de la rivière où l'Indien hostde lança la flèche, fut nommé Mounl^Strong. Ayant continué leur route, ils arri vèreiA en vue de quelcfOes clairières plantées de maïs, au milieu d'afbres dépouillés de leur écorce, près de la racine, ^ur les faire mourir. Quelques-uns des hommes de l'expédition débarquèrent et furent reçus avec hospitalité; ils échangèrent du mais et' des glands contré des articles de peu de valeur. Un peu plus bas de la rivière, ils rencontrèrent «piâlre Indiens, Cfxi criaient bonny^ bonny. On leur fit voir la flèdie ifai était entrée dans la barque ; ifs jetèrent des chapelets en signe d^amitié. Un des chefs fit un long discours, pour déclarer qu'il conpeiiiit la tête du eoupâbltf, s'il

364 CHRONOLOGIB HiSTOftlQUE

pouvait le dëcoamr ; et, comme gage de son attacbement, il offiît deux jeunes et jolies femmes, qui entrèrent sans diffi» culte sur le bateau. Elles furent renroyëes avec un présent de chapelets ; des haches iiirent offertes aux chefs. L Indien où cette rencontre amicale eut lien , fut mmimë Mount^ Bonnjr. Le 26, Texpëdition revint au n^i^ire. Le joor sni* vant , ils sortirent encore et abordèrent à l'île de Cram , à I!» milles de la mer. Le i^'' décembre^ les Indiens ^suivant leurs engagements, vinrent en grand nombre à bord, et le chef principal vendit à ces Anglais les terrains arrosés par le cap Fear. La petite colonie de Massacbussetts, en les abandonnant la même année, y avait laissé quelques bestiaux et des cochons. Les Indiens apportèrent, à différentes r^Nrîses, au navire des pièces de bœuf et de porc. Le 4 décembre, l'expédition leva l'ancre, lit voile pour la Barbade, et arriva, le 6 février, dans la baie de Carlisle.

D'après leur rapport sur le pays qu'ils^ avaient visité , les propriétaires des navires se décidèrent à s'y fixer. Us en* voyèrent aux lords-propriétaires une liste de i3 personnes, pour choisir parmi elles le gouverneur et les membres de son conseil.

Pendant l'automne, le chevalier Guillaume Berkeley ^ gou« verneur de la Virginie, fut chargé , par les mêmes lords, d'établir un gouvernement provisoire pour le comté d'Albe^ marie. Il nomma George Drummond gouverneur, et lui envoya }a commission des conseillers et des juges qu'il y devait installer ( i )> >'

La province fut divisée en deux comtés^ séparés par la ri- \ ière au cap Fear. En honneur de deux des proprîâaires, Tun, situé au nord, fut nommé AlbemarU; l'autre, au siid, Clarendon.

Sir William Berkeley, qui était aussi un des propriétaires, reçut des instructions., le 8 septembre, pour visiter Albemarie et y établir une forme oe gouvernement, nommer le gouverneur, le sous-gouverneur, les membres, du Conseil et les autres officiers, excepté Tarpenteur et le. secrétairé, quî devaient être choisis par les propriétaires. ^

1664. Berkeley av^it des instructions |M>ur aosMoer un président et Instituer un Conseil, compose deMx membras, pour confirmer les concessions de terres déjà oocnysçs, et < accorder de nouvelles, pour faire des lois, ji^vec.lè < ' '

(1) itartins* North-Car^Una^ vol. I, ch. 7.

Il£ L^AMÉKIQtJE. 365

ment des délëgaës des hommes libres, lesquelles devaieiit ensuite être ratifiées par les propriétaires. Ayant exécute sa commission d'aptes les ordres qu'il aVait reçus^ il confirma George Dmmmond dans son titre de gouverneur et retpûraa en Virginie.

1666. Malgré les privilèges accordés aux colons, ils convoquèrent une assemolée, rédigèrent une pétition, qu'ils transmirent aux propriétaires, demandant qu'il leur fût alloué les mêmes avantages qu'aux habitants de la Virginie, à l'égard de leurs propriétés immobilières. Leur demande fut accordée, afin d'encourager les progrès de la population.

1667, octobre. Samuel Stepnens fut nommé gouverneur d'Albemarle, en remplacement de Drummond : d'après les instructions qu'il avait reçues, il essaya d'établir un gouvernement conforme à la constitution de Locke ; mais il éprouva de l'opposition de la part du peuple^ dont les esprits étaient déjà irrités par le bruit d'un projet de démembrement de la province, pour la céder au chevalier Guillaume Berkeley, et par la nouvelle que les propriétaires voulaient s'emparer exclusivement du commeix^e, qui jusqu'alors se faisait avec les habitants de la Nouvelle-AngleteiTe.

La constitution accordée par les propriétaires aux colons d'Albémarle, autorisait l'établissement d'une l^islatui«, composée d'un Conseil et d'une assemblée. Le Conseil devait être composé de douze membres, dont la moitié serait nommée par le gouverneur ; l'autre, par l'assemblée, composée du gouverneur du Conseil et de douze r^résentants, choisis annuellement par les francs-tenanciers. L'assemblée avait le pouvoir de faire des lois, de nommer des officiers, et d'étaolir des règlements pour la protection des personnes et des propriétés.

Les colons étaient propriétaires de leurs terres, moyennant une redevance annuelle ; aucune taxe ne pouvait être imposée sans le consentement de l'assemblée ; la liberté de consdenoe était accordée a tous, et cliacun avait les mêmes droits et privilèges, en prêtant serment d'allégeance au roi, et de fidélité aux propriétaires. Le même gouverneur fut autorisé, par les lords-propriétaires, à faire, à tous ceux qui s'établiraient dans la colonie , des concessions de terres aux mêmes conditions que celles qui avaient été accordées aux yirginiens (i).

(1) Voy. l'art. Caroline du Sud.-^Chalmers' dnnah) I, ch. 18.

366 CHR01f€fL0Gl£ HISTORIOUE

1668 (i). Dans le but d'attirer des colons^ la première assemblée législative fit une loi portant qa'ancan d'eux ne pourrait, durant cinq ans , être poursuivi pour une dette contractée bors de la colonie y et ne pourrait accepter une délégation pour le recouvrement de dettes de cette nature. Pour encourager le mariage, il fut déclaré que le consentement mutuel des deux partis, devant le gouverneur et le Conseil, suffirait pour le légitimer. Les nouveaux venus étaient exemts de taxes pendant une année. Il était défendu aux étrangers de trafiquer avec les Indiens. Pour payer le traitement du gouverneur et du Conseil, une taxe de trente livres de tabac fut imposée sur chaque procès ; ces lois furent ratifiées par les propriétaires au mois de juin 1670.

ijSyi. Cette année, le comté de Clarendon fut divisé ai quatre parties : BerkeljTy Colleton^ Craven et Cartentj en r honneur des propriétaires de ce nom. En même tems, le comté d'Albemarle fut divisé en trois districts : Carteret , Berkely et Shaftsbury,

1672. hsL Société des Jntis , appelés quakers, fut organisée, cette année, dans la Caroline du Nord, par Guillaume Edmundson ; il arrivait d'Angleterre dans le Marjland avec le célèbre chef de cette secte George Fox , qui l'expédia ansntot pour répandre sa doctrine dans le comté d'Âlbemarle (2).

Le gouverneur Steveus mourut au commencement de 1674* Cartwright, orateur de rassemblée d'Albemarle, fut nommépour le remplacer provisoirement; mais il retourna en Angleterre, deux ans après.

Eastchurchj orateur de rassemblée, fut nommé gouverneur au mois de novembre 1676.

Miller, qui avait été accusé de sédition, jugé et acquitté par la Cour de James-Town, en Virginie, retourna çn Angleterre ; et, sur le détail des injures qu il avait sou&rtes^il lut nommé par lord Shaftsburj, son secrétaire et députf^ et par les commissaires de la douane, collecteur du revenu dn Parlement dans la Caroline. Il s'embarqua Tannée suivante, pour cette colonie, avec Eastchurch ; mais, s'étant arrêtés dans une des îles des Indes-Occidentàles, ce dernier, séduit

(1) Selon M. Martio, cet acte des iords-propriëtaires est do 16 mai 1668 ; selon Chahners, la première assemblée se réunit en 1669. (1) Martins Norût-Carolina, I, ch. 8.

IMS L^AMÉaiQUC. 367

par les charmes de quelque beauté, roulut y rester quelque tems, et chargea Miller de gouverner la colonie comme pre'«sidenty jusqu'à son arrivée.

1677, juillet. A son arrivée, la colonie d'Albemarle n'était composée que de quelques plantations éparses sur la rive nord de ce neuve ; le nombre des contribuables, de 16 à 60 ans , n'était que de i ,4^0 9 ^^^^ "" tiers, composé de femmes, dlndiens et d'esclaves noirs ; ils cultivaient le maïs, élevaient des bestiaux, et s'adonnaient particulièrement à la culture du tabac, dont ils exportaient environ 800 boucauts par an, par la Nouvelle-Angleterre. Le gouverneur chercha à détruire ce commerce , qu'il considérait comme un monopole, ce qui excita un grand mécontentement. L'arrivée d'un navire armé, commandé par Gillam^ fut le signal d'une insurrection, qui éclata au mois de décembre.

Culpepperj qui en 1671 avait été nommé arpenteur général de la Caroline, et qui commandait les insurgés, encouragé par les marchands de la Nouvelle-Angleterre, s'empara du trésor public, contenant 3,ooo livres sterling, et fit emprisonner le président, ainsi que les sept délègues; des concessionnaires primitifs convoquèrent un Parlement, et, pendant plusieurs années, exercèrent tous les pouvoirs d'un État indépendant (i).

Les hahltaDts du district de Pasquotank avaient adressé un mémoire à ceux des trois autres districts, pour les engager dans la révolte, en faisant connaître l'oppression exercée par Miller, qu'ils avaient einprisonné, après s'être emparés des archives de la colonie, afin d'avoir, disaient-ils, un Parlement libre, capable de ««présenter lenrs griefs aux propriétaires.

1679. ^stcburch , qui avait été nommé gouverneur en 1676, arriva pendant le soulèvement, qu'il ne put maîtriser. Il s'adressa au gouverneur Chicherly , de la Virginie , pour obtenir des secours, et mourut de chagrin, avant d'avoir pu réunir assex de troupes pour étouffer la révolte. Les chefs de l'insurrection envoyèrent Culpepper et Holden en Angleterre, pour offrir leur soumission aux propriétaires, mais en insistant pour que Miller fût puni.

Vers le même tems, le dernier président et d'autres officiers, qui s'étaient échappés de prison, arrivèrent en Angle-

(1) Chalmers' Annahy Ub. î, ch. t8.

368 €HAONOLOGIE HISTORIQUE

terre pour se iustlfier et aocaser lears persécuteurs. Golpepper, ayant rempli sa commission, s'emjbarqaaît pour retourner à la Caroline, quand il fut arrête, en yertu d'un mandat du Conseil privé, pour avoir agi comme collecteur de la douane sans l'autorisation des commissaires , et s'être em* paré des revenus de la couronne. En 1680, il fut jugé par la cour du roi pour baute trahison contre l'État ; mais, malgré le témoignage de cinq des accusateurs, il fut acquitté, par l'influence de lord Shaftsbury, qui représenta qu'il n'y avait jamais eu de gouvernement régulier en Âlbemarle.

Vers le commencement de 1680, les propriétaires songé-» rent à établir un gouvernement provisoire, dont Jtan Har^ s^ey fut nommé président, jusqu'à l'arrivée du nouveau sonverneur, Seth Sothell, qui était subrogé aux droits du Tord Clarendon. Contrairement aux instructions des propriétaires, Harvey procéda avec une grande sévérité contre ceux qui étaient comproinb dans la dernière révolte; quelqu^-uns furent condamnés à de fortes amendes; d'autres à de longs emprisonnements, et d'autres encori? furent bannis de la colonie. M. Sothell fut pris par les Algériens, et Harvey, étant rappelé, Henri IVilkinson fui, au mois de février 1681, nommé gouverneur de cette partie de la Caroline qui s'étend de la Virginie à 5 milles au-delà de la rivière Pamlioo; mais il ne put exercer son autorité.

Sothell, ayant obtenu sa liberté» arriva, en i683, au milieu d'une anarchie complète ; mais, loin d'améliorer l'état de la Colonie , son administration fut signalée, dit Chaimers, par toute espèce de scandale. Les annales ne font pas mention d'un nom qui mérite auts^it le blâme de la postérité que celui de Sothell ; l'injustice, la corruption, la rapacité et la désobéissance aux ordres du gouvernement, sont autant de crimes dont il se rendit coupable pendant les cinq années qu'il administra cette malheureuse colonie ! ^

En 1668, les habitants, fatigués, se saisirent de sa personne pour le renvoyer eu Angleterre ; ensuite, à sa demande, il fut jugé par l'assemblée, et, convaiucu de plusieurs délits, il fut banni pour un an , et déclare à jamais incapable d'exercer les fonctions de gouverneur (i). •

Suivant Hewatt, il faisait arrêter comme pirates les négociants recommandables de la Bârbade et des Berfnndes, afin de les forcer à lui payer ce qu'il voulait exiger. Il rece-

[\) Chalmers' Jnnals, lib. I, ch. 18.

OE LAMÈMQm. 369

Tait des présents des traîtres et des malfaiteurs, poar les ai* der à se soustraire à la justice ; il s'«inpara de plusieurs plan^ tations, sous les prétextes les plus injustes et les plus frivoles, obligeant les prooriëtaires à signer des contrats pour de fortes sommes, afin d'être remis en possession ^ treize accnsations différentes furent portées contre lui par Tassem-i blée, et soutenues par des témoignages accablants (i).

Les propriétaires protesArent contre son abominable conduite ; ils assurèrent de leur sympathie, ceux qui en avaient souffert , et promirent qu'à l'avenir des précautions seraient prises pour qu'aucun gouverneur ne pût s'enrichir en pillant la colonie ; mais ils enjoignirent en même tems aux habitants de se soumettre à l'autorité légale.

Afin de soutenir les prérogatives des propriétaires^ on annula la loi qui empêchait le collecteur d'occuper aucune place publique (2).

1704, 1 3 avril. Le président Walker meurt, après une administration paisible ; il a pour successeur Robert Daniel, qui avait été nommé sous-gouverneur par sir Nathaniel Johnson, gouverneur de la Caroline du Sud. Ce président, ayant reçu des instructions pour faire reconnaître 1 église d'Angleterre par l'autorité légale, réussît, par son influence, à réunir les votes de la majorité de l'assemblée en faveur de ce plan. D'après cet acte, personne ne pouvait être élu à un emploi public, sans avoir prêté le serment exi^é par la loi. Dès que les colons en eurent connaissance , ils résolurent d'en empêcher l'exécution. Dans ce but, les quakers se joignirent aux non-conformistes pour présenter une pétition au Parlement, contre une mesure qu'ils considéraient comme arbitraire et oppressive. Cette pétition reçut l'approbation de la Chambre des lords ; elle décida que les actes de la législature de la Caroline, qui obligeaient les habitants à se soumettre à l'église anglicane, étaient contraires aux lois de la Grande-Bretagne et à la charte, des propriétaires, nuisibles au commerce et aux pi^ogrès de la population, et qu'ils ten- , daient à la ruine de la Caroline. La reine Anne, adoptant ces motifs, annula cet acte.

lyoS. La législature passa une loi pour l'établissement de

(i) Voy. l'art. Caroline élu Sud, année 1690. (2) Hewatts' Carolinat I, ch. 2.

T« XVIIU 24

la TÎUe de Bath (i), et pour la Cs^dlàaà d'an oomté de même nom dans la partie méridionale d'Âlbemarle.

1706-7. Thomas C/Jtre/- ayant été nommé soas-goayernenr par sir Nathaniel Johnson, sans avoir consnlté les lordspropriétaires, ils ordonnèrent à leurs représentants de choisir parmi eux-mêmes un président commandant en chef. William Glover fut élu. Quelques seiimînes après, Garey, soutenu par les quakers et autres,' s'emfwa de l'autorité ; il s'ensuit Tit une grande anarchie. Afin de rétahlîr la paix, il fîit convenu que l'assemblée générale déciderait lequel de ces deux officiers serait président. L'assemblée se réunit Je 1 1 octobre 1707. La validité de l'élection fut contestée; chacun des prétendants, soutenu par son parti, se tenait, avec son Conseil, dans une pièce séparée. Glover envoya un message à l'assemblée pour demander que tous les membres prétassent le serment d allégeance, sans quoi l'administration du gouvernement pourrait tomber aux mains d'hommes traîtres envers leur reine, ou attachés à la cause du prétendu prince de Galles. Il soutint qu'il était le président légitime du Conseil de la reine, et, comme l'assemblée déclarait qu'il lui était impossible de prendre une décision sur ce qui lui était soumis, il protesta, contre tout ce qui avait été fait au nom de Carey.

Les propriétaires, informés de cet état de choses, et apprenant que Carey ne rendait pas ses comptes en qualité de receveur des rentes, envoyèrent à John Porter j un de leurs députés, l'ordre de lui otcr son emploi, et de l'envoyei' en Angleterre pour rendre compte de sa conduite. Carey s'y refusa, et continua à persécuter les amis de Glover, au point que plusieurs se retirèrent à la Virginie.

170g. Un nombre considérable d'émigrants, du palatinat suisse, arrivèrent à la Caroline du Nord pour s'y fixer. i,5oo de ces derniers accompagnaient le baron Christophe de Grqffenreidt, l'un des seigneurs du canton de Berne, qui fut créé landgrave. Louis Mitchell^ autre Suisse de distinction, obtint 10,000 acres de terre sur les bords des rivières de Neuse et du cap Fear, au prix de 10 livres sterling par 1 ,000 acres» soumis seulement à une redevance annuelle de 5 schellings . 100 acres furent accordés à chaque homme , femme et enfants, libres de taxes pendant 10 ans.

(i) Sur la rivière Fear.

M L'kmÈKI%m. 371

Un yaste terrain, an confluent des rivières Trent et Neose, fat maraoé pour j bâtir une viile, qui, en Thonneur dadît baron, oeTait être appelée Newbern (i), d'après le lieu de sa

Jean Laivson donna une description de ce pays, qu'il avait parcouru, sur une distance de 1,000 milles, au milieu de plusieurs nations indiennes. Il excita l'attention des ëmigrës par le récit avantageux qu'il fit de ce pays, situé entre le aQ** et le 36** I /a. Il le décrit con^me le plus fertile et plus agréame qui soit au monde, tant par le produit des mines, des fruits, des graines et de la vigne que par d'autres riches productions. L'hiver y est si doux, dit-ii, qu'il ressemble à l'automne ; aucun pays n'est {dos abondant en gibier et en animaux domestiques; les nommes sont actifs, les femmes d'une fécondité remarquable; les maisons sont rém]^lies d'enfants, et même les temmes, qui avaient été stériles jusqu'à leur arrivée dans ce pays , y deviennent fécondes ; les ouvriers, tels que charpentiers, menuisiers, maçons, tailleurs, tisserands et antres, peuvent, avec peu de chose et l'aide de Dieu, acquérir des biens, plus heureusement que dans tout autre endroit de TÂménque, la terre y étant à meilleur marché qu'ailleurs. Avant que je connusse ce pays, j'avais entendu dire que les habitants y vivaient moins longtems , mais les observations m'ont prouvé le contraire ; car les indigènes et les émigrants parviennent à un âge aussi avancé que les Européens ; la consomption, si fatale en Angleterre, y est inconnue, et plus le pays sera défriché, plus il sera salubre. La fièvre intermittente, qui attaque parfois les étrangers, n'y est jamais Aortelle (2).

1710, août. Edward Hyde^ nommé gouverneur de la partie septentrionale de la Caroline, arriva avec des instructions qui prescrivaient au gouverneur de la Caroline du Sud de nommer ses députés. Ce gouverneur étant mort, il n'avait d'autres preuves de sa nomination que quelques lettres des lords^propriétaires , adressées à leurs députés. Néanmoins, on le pria de prendre le titre de président et commandant en cW . Il y consentit.

Il existait alors deux partis : l'un pour le président Glovei*,

(t) Dans \t comté de Craven , cette ville fut long-tems le siège du goaveriiement. Population en 1840^ 3,690 habitanis.

(3} A new vofage to CaroUna^ by John Lawson , gemie/nmii , sutve/or'gêneral of Nortlè^aroUna, Loadon, 1709.

l'antre pour le président Carey ; le premier ayant obtena la majorité, lors de rélection des représentants de l'assemblée ; l'autre protesta. On fit une loi pour le faire arrêter et le forcer à rendre compte de l'argent qu'il avait reçu pendant son administration. Carey résolut alors de se faire nommer président et commandant en chef par la force des armes. £t à son retour du Conseil à sa résidence, il fit entourer sa maison de retranchements et de quelques pièces de canon ; il institua une Cour de justice, équipa une goélette et une bar-

Sue armées en guerre , et se dirigea vers la plantation où [y de et son Conseil s'étaient retirés, A la vue de cet annement, ils s'adressèrent au gouyemeur de la Virginie pour obtenir des secours ; celui-ci envoya un médiateur, qui fut bien reçu par les deux partis ; mais Carey essaya traîtreusement d'arrêter Hyde et son Conseil ; n ayant pas réussi, il déclara qu'il ne voulait traiter avec eux que les armes à la main. Ayant augmenté ses forces navales, il arriva vis-à-vis la maison où se trouvaient le gouverneur et son Conseil, qui envoyèrent un messager à la Virginie pour demander un renfort d'hommes et de munitions. Avant leur arrivée, Carey, soutenu par la force de sa goélette, avait essayé de débarquer ; il fut repoussé par un parti de miliciens sons les ordres du gouverneur Hyde. Carey se retira alors dans les marais de la rivière Fear, où il essaya d'engager les Indiens Tuscaroras à soutenir sa cause.

Edward Porter^ envoyé dans ce but, obtint promesse de quelques jeunes guerriers ; mais les vieux s'y refusèrent. Carey, désappointé dans ses projets hostiles, se retira dans le district de Pamlioo, chez un de ses adhérents, nommé Roach^ qui venait récemment d'arriver de Londres, omime subrécargue d'un navire, et qui avait fourni aux insurgés des fusils et des munitions. Au mois de juillet, Carey alla à la Virginie, où il fut arrêté par le gouverneur, qui l'envoya à bord d'un vaisseau de guerre en partance pour Londres (i).

171 1. Guerre avec Us Indiens. Dans les premiers jours de septembre, les Tuscaroras , les Cores et autres tribus formèrent un complot contre les colons pour attaquer toutes les plantations à la fois, le jour qui précédait la nouvelle . lune t les Tuscaroras devaient tomber sur les habitants de Roanoke; les Pamlico , sur les blancs de leur voisinage^ les

(0 Marùns' North^Carolinay I» ch« 12.

Cothechneys et Gores , sar œax qui habitaient les bords des rivières Nease et Trent ; les Mattamusketts et Matchapun- ^os, sur la plantation près de la yille de Bath.

Les colons, sans méfiance, n'étaient point préparés à se défendre. Le 1 1 septembre, i ,200 guerriers indiens pénétrèrent dans lears maisons, à Roanoke, pendant la nuit, sous prétextci de venir chercher des provisions, et massacrèrent i3o personnes, hommes, femmes et enfants, principalement des Palatins.

L'assemblée de la Caroline du Sud, informée de ce massacre, vota la somme de 80,000 dollars pour secourir les malheureux habitants de la Caroline du Nord, et y envoya un détachement de six cents miliciens et de 36o Indiens (i), sous les ordres du colonel Barnwell. Celui-ci, après une marche pénible à travers les bois épais qui séparent les deux colonies, s'avança jusque vers les bords de la rivière Neuse, où, ayant rencontré 1 ennemi, il l'attaqua vigoureusement, lui tua 3oo hommes, et lui fit une centaine de prisonniers ; le reste battit en retraite, et se retira dans la ville palissadée des Tuscaroras, où il fut cerné par les assiégeants, et forcé de demander la paix, après avoir perdu un grand nombre de guerriers. On a estimé la perte des Tuscaroras à 10,000 individus tués, blessés ou prisonniers ; cinq colons furent tués et plusieurs blessés ; parmi les Indiens alliés, 36 furent tués, et environ 60 blesses. La plupart des Indiens vaincus quittèrent le pays, pour se retirer dans celui des cinq nations ou Mohaurk, qui les adoptèrent une sixième comme peuplade . Afin de couvrir les dépenses de cette expédition et encourager le commerce intérieur du pays, le gouvernement établit une banque et mit en circulation des billets pour la somme de 48)Ooo livres sterling, qui devaient être amortis à raison de 49OO0 par an (2].

La même année, rassemblée passa un acte, d'après lequel une partie de la loi commune de la Grande-Bretagne fut reconnue comme celle de la Caroline (3).

Peu de jours avant le massacre dont on vient de parler, le baron de Gràifenreidt et Lawson, arpenteur général, accompagnés d'un esclave, remontèrent la ri?ière Neuse, pour

(1) Creekf, 19 ; Catawbas, 41 ; Ghorokees, ai8 ; et Yamassees, ao, sous les ordres des capitaines Hastings, Caotey et Pierce. (a) UewaUt' CaroUna, I, ch. 4* (3) Draytonê' South-CaroUfia^ 186.)

374 CHRONOLOGIE HlgTORI^tB

exfimîner le territoire qa'elle arrose ; ils rencontrèrent une bande d'Indiens Tnscaroras, qui les firent prisonniers et s'emparèrent de leurs armes. Lawson, qa'ils aocasaient d'avoir pris leurs terres , fut mis à la torture , ainsi qae l'es* clave. Le baron, ëpargnë à cause de sa qualité de gonTer* nenr des Palatins, ayant été réclame pai' celui de la Caroline du Sud^ fut mis en liberté, après cinq semaines de captivité.

Dans le but de tromper les colons, ces Indiens avaient ùÀt un traité de paix avec eux, d'après lequel il fut stipulé, i"* qu'en cas de guerre, les Palatins resteraient neutres; 1*^ qu'ils ne pourraient s'établir sur le territoire de cette nation sans son consentement ; 3° que le commerce serait ouvert entre les deux parties, d'après les règlements déterminés (i). Le baron de Graffenreidt retourna à Newbern, où se trouvaient ses compatriotes et les Suisses qui avaient échappé au mas-* sacre.

17 12, 24 janvier. Une commission, signée par Henri, duc de Beai^ort, nomma Hyde gouverneur (2) de cette partie de la Caroline du Nord, qui s'étend au nord et à l'est de la rivière du cap Fear. Il reçut les instructions suivantes : i <> de ne pas être plus sévère que la justice et les lieux ne l'exigeaient, contre ceux qui s'étaient compromis dans les derniers désordres ; 2"^ oe faire autant de restitutions qu'il serait possible à ceux qui avaient perdu leurs propriétés; 3^ d'envoyer aux lords-propriétaires un détail exact des souffrances du peuple ; 4° de clisposeï' des terres inoccupées par lots de 64o acres, chacun au prix d'une livre sterling pour xoo acres, moyennant la redevance d'un schelling ; et d'envoyer une copie de tous les faits importants de son gouvernement aux iords^propriétaires. Le gouverneur fit ujoe proclamation, pour accorder une amnistie générale > exœpté à cinq personnes (3) compromises dans la rébellion de Caivty.

L'assemblée, qui se i^unit le 12 mars, envoya un mesia-

(0 fniliamsom' North^Caroliiia, J, 287. Philadelphia, 181 a.

(a) Les autres principaux officiers étaient Christopher Gale , premier juge ; Edward Renwick, avocat général; Daniel Richardion, receveur général; Anthony Stafford, arpenteur général; et Tobîas &night« secrétaire de la province.

(3) Thomas Carey, Emmanuel Law , Jean Porter, Edmond Porter et Guillaume Tittel.

le

m l'Amérique. 375

jer aux Indiens Sapona^ pour les inviter à marcher contre les rebelles^ en promettant de protéger lenrs femmes et lenrs enfants. On adopta des mesares poar établir des forts à Core-Sound et sur la rivière Tar : le premier devait être ap-

Elé Fort'Hydej et recevoir une garnison de 3o hommes ; ntre de lo hommes seulement.

171Î, 12 juin. Thomas Poilock^ député de lord Carteret, nommé président et commandant en chef pour les ageiits des lords-propriétaires, fit du pays la triste peinture sui^ vante : La plupart des habitants de Pamlico et de Neuse ont en leurs maisons brûlées, leurs chevaux, bestiaux tués ou enlevés, et ont fui dans les forts avec leurs familles, pour y chercher un asile. Nous qui vivons an sud et au sud-ouest de la rivière Chowan, nous nous trouvons dans la même situation ; la première est grandement endettée par l'entretien de la milice en service actif, pour les armes, les mnnitions, approvisionnements et courriers extraordinaires qu'il faut envoyer aux gouvernements voisins. La guerre contre les Indiens dure toujours , la désobéissance aux autorités constituées et les divisions intestines désolent le pays. Nous n'avons que i3o à i4o hommes à la rivière Neuse, sous les ordres du colonel Mac Kee et du colonel Mitchell, et ne pouvons rien entreprendre contre on ennemi puissant, bien approvisionné d*armes et de munitions. Si la Caroline du Sud n'était pas venue à notre secours avec sa milice et ses Indiens, Neuse et Pamlico, et probablement la plus grande partie du comté de Bath, auraient été abandonnées.

35 novembre. Les articles préliminaires d'un traité de paix furent convenus entre le président, le Conseil et Tom Blunty Saroonahy et quatre autres chefs de Tuscaroras. Ces Indiens s'engagèrent, i° à faire la guerre à ceux de Co-' thcchneysj Core j Neuse j Bear^River et de Pamlico ; à mettre à mort tous les hommes au-dessus de t4 ans, à faire prisonniers et à vendre aux Anglais tous ceux au-dessous de cet âge, et, après la destruction de ces tribus, à se joindre aux Anglais pour attaquer les Matchapungos ; !2<> à rendre tous les prisonniers nègres, les chevaux et les armes, et à abandonner tous leurs droits aux terres situées sur la rive méridionale de la rivière Neuse, au-dessus du Cothecney et de Bear-Creek, sur les bords septentrionaux de la rivière de Pamlico ; 3<* à présenter au président, avant la première lune, six femmes et enfants des principales familles de chaque village, comme otages, à moins qu'avant cette époque.

ils n'eussent dëtmit l'ennemi; ^ à tâcher d'amener prisonniers dix Indiens désignés dans les traités, pour les i^ire exécuter, comme ayant été les principaux instigateurs du massage ; 5^ à payer, après une paix générale, le tribut qui serait convenu.

Le gouverneur et l'assemblée de la Caroline du Sud envoyèrent 5o colons et i ,000 Indiens, sous les ordres du colonel James Moorej fil$ de l'ancien gouverneur de cette province, pour protéger les habitants du comté de Bath. Ce détachement arriva à la rivière Neuse peu de jours après la signature d'un traité de paix. Ne trouvant pas de vivres pour ses hommes, le colonel, à la requête du président, marcha jusqu'au comté d'Albemarle, où les vivres étaient rares aussi; de sorte que les planteurs, ne voulant pas ou ne pouvant fournir les rations exigées, s'opposèrent au séjour du détachement. Afin de s'assurer des véritables dispositions des Indiens j le colonel demem^a jusque vers le milieu de janvier 17 13, après quoi il se dirigea vers le comté de Bath. Arrivé au fort keadmg , sur la rive méridionale de la rivière Pam-^ lico, il y fut retenu par la neige jusqu'au 1*' février. L'ennemi, informé de 1 approche du colonel, se retira au fort Nahucke{i).

1713. Le :2io mars lyiS, le colonel vint l'assiéger, et, peu de jours après, il s'en empara. Les Indiens perdirent un grand nombre d'hommes tués ou blessés et 800 prisonniers ; les assiégeants eurent 22 blancs et 36 Indiens tués, a4 blancs et 56 Indiens blessés. Les prisonniers indiens forent conduits^ comme esclaves, à Charlestown par ceux de la Caroline du Sud, à l'exception de 180, qui restèi^ent avec leurs commandants.

Le président, ayant reçu la nouvelle de cette victoire, assembla le Conseil, le i5 avril, afin de décider s'il fallait poursuivre l'ennemi. On trouva qu'il n'y avait que 32 barils de viande et fioo boisseaux de maïs dans la colonie, et qu'il était impossible de s'en procurer encore i,4oo boisseaux. 200 ou 3oo Indiens étaient attendus de la Caroline du Sud, mais cette augmentation de force n'était pas encore suffisante; et, dans le cas où l'on pourrait en obtenir davantage, il n'y avait pas de quoi les nourrir. En conséquence, le Conseil décida qu'il ne fellait pas commencer une nouvelle

(1) Près de l'endroit où $e trouve aujourd'hui la maiflon de ville du comté de Green.

HE l'aMËRIQUE. 377

campagne, et proposa ud traité, qui fut accepté par Tom Bluni.

D*après ce traité, ce guerrier fut fait roi commandant en chef de tous les Indiens de la rive méridionale de la nyière de Pamlico, sous la protection du gouvernement. Il s'engageait, i^ à remettre 20 des chefs qui avaient pris part au massacre et oui étaient désignés par le gouvernement ; 2^ à attaquer et détruire les Machapungos, les G>thecneys et toutes les autres tribus en guerre avec \es Anglais ; 3^ à assister à la première session de la législature, avec trois otages pour chaque ville.

TomBlunt apprit au Conseil que les Indiens qui n'avaient pas été au fort Nahucke, s'étaient retirés dans celui de Cannnké , situé à la distance d'environ 4o milles au sud-ouest du premier ; et qu'en apprenant sa reddition , ils avaient battn en retraite et remonté la rivière Roanoke.

Vers la fin d'avril, un parti des Matchapungos attaqua les habitants de la partie orientale de Currituck sur la rivière Alligator, et en tua 3o. Le colonel Moore envoya une es* couade d'Indiens pour protéger cet établissement.

La l^islature s'assembla au mois de mai ; Tom Blunt y assista avec ses otages, et le traité fut confirmé. Les ressources de la colonie ayant été trouvées insuffisantes pour défrayer la dépense de la guerre, on eut recours à des billets de crédit, dont on mit en circulation la valeur de 8,000 livres sterling ; ce fut le premier papier-monnaie qui eut cours dans la Caroline.

Quand la législature se fut ajournée, le colonel Moore alla à Pamlico réunir les Indiens qu'il avait laissés dans le district des Tuscaroras, afin de surveiller les mouvements, et il marcha avec eux contre les Matchapungos (1), tandis que la milice, envoyée parle président Polloqk, les attaquait par eau. A leur approche, les Indiens se retirèrent au Dismal^ Swampj ou marais affreux , où il était impossible de les suivre, à cause de ses lacs, de ses eaux stagnantes et de son étendue de plus de lop milles. Néanmoins, plusieurs furent faits prisonniers ; les autres furent scalpés.

Le colonel Moore marcha ensuite contre les Indiens Cores sur la rive méridionale de la rivière Neuse, où il détruisit leurs canots, brdla leurs cabanes et ravagea leurs plantations.

(1) Dans le comté maintenant nommé Hyde.

Vers la fin de min, les Tascaroras, qnî ayaient repris le fort Ganinche, 1 abandonnèrent pour rejoindre le reste de leur nation sur la riyière Roanoke, afin de s'établir dans le Canada ; à leur arrivée sur les bords méridionaux da lac Oneida, ils s'y fixèrent et fnrent admis dans la confédération des cinq nations, dont ils formèrent la sixième.

An mois d'août, les Cores et les Matcfaapangos demandèrent la paix, et le colonel Moore retourna par eau à Charlestown, avec seulement 100 des Indiens qui l'avaient accompagné à son départ de cette ville.

Dans une lettre du président PoUock, adressée à lord Craven, en 1 7 1 2, il dit que les quakers et quelques autres personnes malintentionnées avaient encouragé les Indiens à la révolte, en leur disant que les colons n'étaient que des vagabonds, et que, s'ils étaient détruits, personne ne les vengerait.

Dans une lettre du 16 octobre 1713, le même président mandait à lord Carteret que les quakers, qui avaient été trèsrebelles sous l'administration du président Glover et du gouvernement Hyde, étaient aussi empressés que ks autres habitants de la province à fournir des provisions pour les troupes , que les divisions qui existaient parmi le peuple avaient cessé, que la plupart des Indiens avaient été tués ou pris, s'étaient soumis ou avaient fui j de sorte qu'il n*y en avait plus que 4o ou 5o qui rodaient près des frontières (i).

1 714, février. Les Cores et les Matcbapungos, trouvant leur nombre extrêmement réduit, signèrent un traité de paix avec le gouverneur et le Conseil , qui leur accordèrent des terres près de la Mattamnskeet, dans le district de Hyde.

1715. Edward Moseley^ orateur de l'assemblée, et quelques autres membres qui avaient embrassé la cause de Carey pendant sa révolte, montrèrent une forte opposition à Tadministration, en passant un vote de censure sur plusieurs de ses actes. Ils déclarèrent i® que, sous prétexte du service public, les habitants avaient été taxés sans l'autorisation de l'assemblée ; 1^ que les Indiens Cores avaient été injustement traités ; 3<» que le refus de recevoir àes billets de crédit en paiement des honoraires et des redevances, était en opposition avec un acte de l'assemblée. En conséquence de ces ré-

(1) Marùns* CaroUna^ I,-cli. i3.

DE l'aMÉRIQUE. 3yg

solutions, an comité de sept personnes fat nommé (i) pour i-epésenter la triâte situation de la Caroline aux lordspropnétaires, et les suppléer d'accepter les billets de crédit public, pour raccjuisition des terres et le paiement des redeyances.

1 3 juillet. Charles Edtn^ qui avait été nommé gouvernear de la Caroline du Nord par le palatin duc de Beaufort, y arriva au printems de Tannée suivante. Ses appointements furent élevés à la somme de 3oo livres sterling. Il reçut des instructions pour ne pas permettre que Tarpentage des terres dépassât la distance de 20 milles, à partir des rivières du cap Fear et Trent. La redevance fut fixée à 10 schellîngs sterling par cbaque millier d'acres. La vente des terres, ainsi que les redevances, ne produisirent pas plus de t,too livres sterling, et les dépenses du gouvernement s'élevaient à 900.

1715. Le corps législatif s'assembla le i5 novembre, et passa plusieurs actes : i^ une taxe d'un boisseau de maïs sur chaque contribuable, pour le maintien des foroes de la frontière, et aussi pour acquitter une partie de la dette due à la Caroline du Sud ; i"" pour une émission de billets de crédit, pour la somme de 20,000 livres, et une taxe annuelle de 2,000 livres, pour servir à leur radiât ; 3° pour l'établisse-* ment d'une église épiscopale , mais avec la liberté de conscience, et sans exiger de serment de la part des quakers ; 4" pour bâtir la ville de Carient dans Tile de Roanoke, et plusieurs autres actes , les premiers qui avaient été conservés (2).

 cette époque, le nombre des habitants, payant contributions, s'élevait à 2,000, et le nombre d'acides de terre accordés par les lords-propriétaires, à un million.

17x5, février. Le gouverneur Kden conclut un traité avec les Indiens Matcbapungos et Cores , auxquels il fut accordé des terres, près du lac Mattarouskeet.

5 juln« Un petit nombre dMndiens, de la nation de Tus* carora, après son émigration vers les grands lacs de l'ouest, obtint la permission de s'établir sur les bords de la rivière Pamlico, et, comme ils n'étaient pas en état de se protéger contre les autres Indiens, ils acceptèrent un traité fait par le

(i) Edward Moseley y Joseph Jessup, Thomas Boyd, Guillaume Swan, Jean Porter, Frédéric Jones et D. BSac Farlane. (9) Martini' Carolina , vol. I, ch. 14.

38o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

gouverneur Eden, qui leur conoédait des terres^ près de la rivière RoanoLe, en remplacement de celles qu'ils avaient cédées. Leurs descendants, qui vivent près des grands lacs, réclament toujours ces terres, et ont, à différentes époques, envoyé des agents pour en recevoir les rentes.

La Chambre haute protesta contre la résolution de la Chambre basse, comme tendant à détruire l'autorité du gouvernement, les prérogatives des lords-propriétaires, et à exciter des jalousies contre les employés du gouvernement.

Le gouverneur jugea convenable de dissoudre l'assemblée, «t les lords-propnétaires n'eurent pas égard auidites observations ; ils donnèrent des ordres au receveur général, pour recevoir en argent le prix des terres et des redevances. Par un acte de l'assemblée, la Caroline du Nord fut dif isée en neuf pai*oisses , et des traitements furent accordés aux ministres de chacune d'elles.

D'après un acte de la législature, il fut déclaré que, conformément à la charte, la loi commune, ou le droit ooutumier, continuerait à être en vigueur dans la colonie ; en conséquence, toutes les lois pour maintenir les prérogatives royales, pour l'établissement de l'Église, pour le commerce et toutes celles concernant les successions et les titres de propriétés immobilières furent déclarées obligatoires (i).

17 17. Par un statut (2) du Parlement anglais, les individus convaincus de différents délits, et condamnés à être bannis pour sept ans dans les plantations et les colonies du Sud en Amérique, qui retourneraient en Angleterre avant lexpiration de ce terme, devaient subir la peine capitale. Afin d'encourager l'émigration des domestiques, les négociants et autres personnes étaient autorisés, par ledit acte, à faire des contrats avec lesdits domestiques, âgés de i5 à 2 1 ans, pour leur service dans ladite colonie, pendant l'espace de huit années.

1718, 25 décembre. Les adhérents de Carey continuèrent à montrer une forte opposition à l'administration de Maurice Moor ; et Edward Moseley, ayant pris, par force, possession des archives de la province, à Sandy-Point, alors confiées à Jean Los^ich^ secrétaire, fut arrêté par les ordres du gouverneur, et jugé par là Cour générale, qui condamna Moseley à

(1) Ramsays^ South-Carolina^ II» page iSo. (a) 4> George, I^ ch. 11.

DE L AMÉRfQtJE. 38i

loo libres sterling d'amende , le destitua comme avocat, le déclara incapaJile de remplir aucun emploifpublic, et l'oblh gea à donner caution de sa bonne conduite pendant un an et un jour.

172O7 août. La législature s'assembla à Thôtel-de-Title de Ghowaily et siégea dix-huit jours sans passer aucun acte important.

Une nouvelle ville avait été commencée ; en honneur du gouverneur, elle fut appelée Edtnton(i),

1722, 8 août. Le district de Craven fut divisé en deux parties : celle de Test, appelée Carteret, en l'honneur du propriétaire de ce nom, comprenait toutes les terres des contrées de Core et de Bogue, et toutes les rivières et les sources coulant dans cette partie, avec tous les établissements méridionaux ; l'autre, conservant le nom de Craven^ comprenait tous les établi8seii|ents des rivières Neuse et Trent, et leurs affluents, ainsi que la rivière Bear.

3o août. Thomas Pollock, députe de lord Carteret, qui avait été nommé président et commandant en chef par les lords-propriétaires, mourut le 3o août.

Le 7 septembre suivant, ^^/7/iam/{e6£2 entra en fonctions, sous le titre de président et commandant en chef; aussitôt après, la législature s'assembla et passa plusieurs actes.

1723. Des hôtels-de- ville devaient être bâtis dans différents districts. Auparavant, la Cour se tenait dans des maisons particulières. Cette partie du comté d^Albemarle, située à l'ouest de la rivière Chowan, fut érigée en un district nouveau, appelé Bertie en l'honneur de Jacques Bertie, qui avait acheté les droits de cette partie de la province du comte de Clarendon. Vers ce tems, on commença des établissements sur la rivière du cap Fear*

1723, 23 novembre. La législature se réunit encore à Edenton, et passa plusieurs actes : i<* les droits de tonnage,

3ui avaient été mis sur la poudre à canon et les munitions, evaient maintenant être payés en espèces, pour l'entretien des signaux dans le canal de Roanoke et Ocracock ; 1^ pour régler les élections ; 3® pour établir les limites et les titres des propriétés; 4° pour améliorer la race des chevaux.

1722, 26 mars. Le gouverneur Eden mourut dans sa (1) Sitaée à Textrémité de la baie d'Edenton, latitude 36o.

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