SUR SES MÉMOIRES
Pilmi Cayet (Pierre-Victor) ^ naquiten 4525 , à Momridiard , en Tooraine. Sa Cunille était pauvre ; ttn gentilhamme qai avait remarqué ses heureuses &pontioiis se cliargea des frais de son éducation. Cayct Tînt à Paris pour suivre un cours de philosophie , b rapidité de ses progrès attira sur lui Tattentinii de Ranms. Ce célèbre professeur le prit en amiiié Cl rentralna par son exemple à embrasser la religion protestante. Le jeune prosélyte se rendit à Genève, aftade se préparer, près de Théodore de fièze, au nùâstère sacré ; pub , il alla chercher en Allemagne de Donvdles leçons sous les plus savants ministres. A soo retour il fut envoyé comme pasteur à Montraiil-Boonin, petite paroisse calviniste qui avait poor seigneur François de la Noue.
Ce grand capitaine, qui se délassait par l'étude fiâgnes de la guerre , reconnut le mérite de Cayet el le proposa à Jeanne d'Albret pour sousprfeeiitear de son fils. Dès lors , Cayet partagea tout son temps entre ses fonctions et les travaux qu*il arait commencés. Il acquit une connaissance approfondie des auteurs grecs et latins, et ne fit pas moins de progrès dans les langues orientales. L'éducation da jeune Henri étant terminée , Cayet fut attaché à la scpor de ce prince , Catherine de Bourbon , en qualité de prédicateur ; U la suivit à Paris , dès que les portes de cette viUe furent ouvertes à son élève , parvenu an trône de France.
L^exemple de Henri IV faisait craindre aux protcstanls d^autres conversions. Us éprouvèrent un vif mécontentement lorsqu'ils virent un de leurs plus célèbres ministres disp<»é à rentrer dans le sein de Tégfîse romaine ; ils citèrent Cayet devant un synode , qniledépnsa de ses fonctions pastorales. Leur aigreur s*aecTut encore quand il reçut Tordre de la prêtrise en 1505. Cayet, attaqué avec violence dans de nombrenx Kbdles , y répondit avec assez de modération ; Biais tous ces écrits ne méritaient pas de survivre aux pMîoos qui les avaient fait naître. U donna quelque prise sur lui en se laissant entraîner comme beaucoup de personnes éclairées de cette époque âlareciierclie de la pierre philosophale. Ses ennemis ne se bornèrent pas à lui en faire un simple reproche , ils Faecosèrent de magie, et soutinrent que c'était par des moyens surnaturels et blâmables qu'il
avait appris tout ce qu'il savait : par cette allégation , ils rendaient un hommage involontaire à ses rares connaissances. Cependant il ne parait pas que ces tracasseries aient beaucoup troublé sa tranquillité. Nommé en 4590 professeur suppléant d'hébreu au collège de Navarre, il obtint ensuite une chaire de langues orientales au Collège royal , et le titre de chronologue.
Ce savant n'eut pas la douleur de voir assassiner le grand roi qu'il avait élevé , et dont il était devenu rhistorien; il mourut deux mois avant cet attentat, le 40 mars 4040, âgé de quatre-vingt-cinq ans.
Cayet a laissé deux ouvrages historiques : comme il a vécu éloigné de la cour , on n'y trouve pas les intrigues et les anecdotes qui plaisent dans les Economies royales, mais ils sont précieux sous un autre rapport. Il avait pu étudier à loisir le caractère et les inclhiations de son jeune élève : pour en suivre le développement et pour bien connaître Henri IV , il est indispensable de comparer â ce que d'autres en ont dit les observations de son précepteur. A Faide des matériaux qui étaient à sa disposition , il a rassemblé des extraits de presque tous les écrits politiques de cette époque, les procès-verbaux des conférences entre les royalistes et les ligueurs , les pièces officielles publiées par les deux partis , les principaux dbcours des orateurs de la Ligue , les plaidoyers prononcés dans le procès des jésuites , et une quantité d'autres documents qu'il importe de consulter , et qu'on ne trouve plus ailleurs , ou séparément. Suivant le témoignage de Langlet-Dufrénoy et de Tabbé d'Artigny , Cayet a fait connaître une multitude de faits et de particularités qui avaient échappé aux autres historiens . Telles sont les raisons qui nous ont déterminé à comprendre dans notre Collection ces deux ouvrages, qui dans un autre format auraient lait un trop grand nombre de volumes.
La Chronologie septénaire parut en 4 005 ; Tauteur lui donna ce nom, parce qu*il y rapporte les événements de sept années, depuis le 2 mai 4598 jusqu'à la fin de 1004. La Chronologie novenaire ne fut publiée qu'en 4008; l'auteur avait terminé son travail , mais il hésiUiit à le mettre au jour, parce qu'en retraçant la guerre civile, depuis l'avéuement
NOTICE SUfi GikYBT.
de Henri IV jusqn^à la paix de Vervins , c'est-àdire une période de neaf ans, 4589 à 4598 , sa conscience d'historien ne lui avait pas permis de faire l'éloge de tous ceux qui avaient pris part aux affaires, lis vivaient encore pour la plupart ; malgré son impartialité , leur amour-propre pouvait être blessé. Gayet a cherché à prévenir les objections , dans un avant-propos où il s'exprime avec un bon sens et une netteté remarquables ; nous en citerons quelques lignes pour donner une idée de son style : « A quel » propos , pourront me dire quelques-uns , de reme- » morer à présent tout ce que les rois très-chrestiens u Henri IH et Henri IV ont faict contre les prin- » ces de la ligue des catholiques leurs subjects? C'est » un faict p issé ; par la paix il est dit qu'il ne faut » plus s'en souvenir. li est vray; mais il n'est pas def- M fendu de laisser par escrit à la postérité comme » ces choses sont advenues , car ces princes et les » peuples qui se sont rebellez contre leur souverain M ne le dévoient faire s'ils ne vouloient qu'on le dist; » ils ne dévoient eux-mesmes le dire et faire publier, » s'ils ne vouloient que la poslerité le sceust. La pos- » terité a besoin de sçavoir comme ces choses sont » advenues. »
Nous nous sommes servi, pour la réimpression, des éditions originales dont nous avons indiqué la date. En 4642, deux ans après la mort de l'auteur, il en a paru une autre , qu'on vient de reproduire sans s'apercevoir qu'elle est altérée et tronquée. Voici la liste des autres ouvrages de Cayet : La Fournaise ardente et le Four de réverbère pour évaporer les prétendues eaux de Siloé et pour corro* orer le purgatoire contre les hérésies , calomnies, faussftés et cavillations ineptes du prétendu ministre Du Moulin ; Paris , 46<>5, in-8. C'est une réponse à une atuque de Du Moulin contre le jésuite Suarez , intitulée : Eaux de Siioé pour éteindre le feu
du purgatoire, contre les raisons et allégations dvn cordelier portugais : 4 605.
Paradigmaia de IV linguis orientalibus prœcipuis, arabica, armena, syra, œthiopica: Paris, 4596, in-4.
De Sepuliuraet Jure sepulchri; 4597, in-8.
Sommaire Description de la guerre de Hongrie et de Transylvanie , de ce qui est advenu depuis l'automne de Van 4497, jusqu'au printemps de 4598» entre les Turcs et les chrétiens , traduit de l'allemand ; Paris , 4598, in-8.
Appendix ad chronologiam Gilh. Genehrard: Paris, 4600, in-fol. , avec la Chronique de Genehrard,
Jubilé mosatque de cinquante quatrains, sur rheureuse bien venue de Mane de Médicis, reine de France: Paris, 4604 , in-8.
Libéra, Abraham Peritsol compendium viarum sœculi,idest mundt, lai. et hebr. versus: Paris 4 604, in-4 2. '
L'Hepiameron de la Navarride , ou Histoire entiére du royaume de Navarre ; traduit de l'espagnol (de don Charles, infant de Navarre) en vers françoîs; Paris, 4602, in-4 2.
Histoire prodigieuse et lamentable du docteur Faust , grand magicien : traduit de l'allemand en françois ; Paris , 4605 , in-4 2.
Histoire véritable, comment Vdmede l'empereur Trajan a été délivrée des iourmens de l'en fer par les prières de Saint Grégoire-le-Grand : traduit du latin d'Alph. Ciaconius; Paris, 4607, in-8. de quatrevingt-quinze pages.
On lui attribue encore : Apologie pour le roi Henri IV , envers ceux qui le bldme^it de ce qu'il gratifie plus ses ennemis que ses serviteurs ; faite en l'année 4596.
Le Divorce satyHque , ou les Amours de la reine Marguerite de Valois, a. B.