I. Cours d'études, p. Si
PRÉFACE
importe à la paix du monde? Pendant que le jeune empereur d'Autriche visite triomphalement la Hongrie, reconquise par ses armes et par celles de la Russie , Fex-dictateur des madgyares revient sans bruit des États-Unis en Angleterre , et pourra s'y rencontrer avec Rosas, cette autre puissance déchue, si longtemps redoutable sur les bords de la Plata, même à la France et à l'Angleterre. Si les républiques de Buenos-Aires et de Montevideo retombent dans l'anarchie ou sous le despotisme d'un maître, elles ne pourront plus s'en prendre à Rosas, à moins qu'un caprice de la fortune ou que lo vœu des peuples ne le ramène , comme Santa-Anna, qui a ressaisi tant de fois le pouvoir au Mexique. Les États-Unis ont leur crise périodique d'élection présidentielle, qui est passée dans les habitudes pacifiques du pay^s: la candidature improvisée du général Pierce, l'élu de la convention démocratique de Baltimore, peut triompher par le désaccord des yvhigs, divisés entre le général Scott et M. Daniel Webster, ministre actuel dans le cabinet du président Fillmore. fcette puissante républiqué, assise maintenant sur l'océan Pacifique, aussi bien que sur l'Atlantique, et que les mines de la Californie ont rendue un objet d'envie pour toutes les nations, ne vat-elle pas, d'ici à peu de mois peut-être , promener ses flottes victorieuses jusque sur les côtes du Japon , et ouvrir au commerce des peuples civilisés des deux mondes cet empire mystérieux où la religion même des chrétiens, malgré le zèle des missionnaires , pénètre moins que dans la Chine? Si près des Indes orientales, les Américains rencontreraient leurs anciens maîtres , qui sont sans rivaux dans le monde océanique, et qui, eux aussi, viennent de trouver un véritable Eldorado sur la terre tout anglaise de l'Australie. L'empire britannique des Indes, en s'avançant toujours au nord-ouest, au delà du bassin de l'Inclus, sur la route du Turkestan, n'est pas loin des Russes, qui lancent déjà des bateaux à vapeur sur le lac Aral, et se sont montrés vers Khiva. La question de suprématie, engagée plus d'une fois entre ces deux puissances européennes au sujet de Constantinopie, se débattra un jour, et sans médiateurs possibles, sur la terre asiatique.
Mais, ne nous faisons pas prophète : l'avenir n'est pas du domaine de la chronologie. Plus tard, si ce travail devait être continué, ceux de nos collaborateurs dont les volumes ne sont pas achevés aujour-
PRÉFACE. XI
d'hui et qui suivent chacun, jusqu'aux temps les plus proches, l'histoire particulière qu'ils ont entreprise, comme nous faisons nousmème pour l'histoire générale, nous fourniraient une moisson nouvelle. Nous devons déjà beaucoup aux volumes que le public a reçus. Ç'a été pour nous une bonne fortune d'être devancé par M. Demogeot, le très-éru<Jit et spirituel auteur de YHistoire de la littérature française ; nous avons été seulement embarrassé pour choisir dans un champ si riche. Les beaux travaux de M. Duruy nous ont rendu facile la concordance entre l'histoire sainte, l'hisloire grecque et l'histoire romaine: ses soins éclairés nous ont été en outre d'un utile concours pour la révision générale et la disposition typographique d'un pareil volume. L'exactitude et la clarté, c'est tout le prix qu'il peut avoir; quelques faits nouveaux, que le hasard ou l'étude a pu nous faire rencontrer, ne constituent pas une véritable originalité : « Les connaissances, les faits, les découvertes, a dit Bu (Ton, s'enlèvent aisément, se transportent, et gagnent même à être mises en œuvre par des mains plus habiles, »