‹ Chronologie universelleChapitre 49 sur 136 · GS · texte numérisé non relu

GS

Orient. — Mort de Bélisaire, en disgrâce depuis cinq ans. — Mort de Justinien , sans enfant ( novembre ).

—11 laisse l'empire considérablement agrandi du côté de l'Occident, couvert de fortifications et d'édifices publics, utires à la défense des frontières, à l'assainissement et à l'embellissement des villes. L'historien de ce règne est Procope, secrétaire de Bélisaire. — Son neveu, Justin II, lui succède.

§nèves, — Le (ils de Cari a rie, le roi Tbéodemir, qui a fait abjuration solennelle de l'arianisme dans le premier concile tenu à Braga, au nord de l'embouchure du Douro, ramène son peuple au culte romain.

Franc*. — Mariage du roi d'Austrasie, Sigebert, avec Brunehaut, fille d'Athanagilde , roi des Visigoths.

Lombards. — Les Lombards de Pannonie, sous leur chef Alboin, neveu du roi des Ostrogoths Théodoric, avec le concours des Avares, établis alors au nord de la vallée inférieure du Danube, écrasent la nation des Gépides; il prend pour femme Rosamunde, la fille du roi vaincu.

Franc*. — La mort de Caribert, roi de Paris, réduit à trois les royaumes francs. — Mariage de Chilpéric, roi de Neustrie, avec Galswinthe, sœur aînée de Brunehaut.

Italie. — L'eunuque Narsès, gouverneur de l'Italie grecque depuis quatorze ans, est disgracié par l'empereur Justin II; il meurt à Rome avant d'avoir pu s'embarquer pour Constantinople.

Franc*. — Les Avares et les Thuringiens sont vainqueurs de Sigebert, qui reste quelque temps leur prisonnier. — Après la mort

violente de Galswinthc, Chilpéric épouse sa concubine Frédégonde.

ItalleetliOmbard*. — La nation lombarde, entraînant les Gépides et les Bulgares, quitte la Pannonie sous son chef Alboin, et se met en mouvement vers les Alpes vénétiennes pour entreprendre la conquête de l'Italie grecque. Les compagnons d'Alboin sont encore païens.

Fiftlffoth*. — A la mort d'Athanagilde, les Yisigoths de la Gaule et ceux d'Espagne sont en désaccord pour l'élection d'un roi. — Le gouverneur de Septimanie, élu par les premiers, fixe sa résidence à Narbonne ; il s'associe son frère Léovigilde, qui régnera sur l'Espagne.

Kfçfpte. — L*Égypte se partage en deux camps religieux, les catholiques et les jacobites qui ont chacun leur patriarche. L'Eglise, pendant des siècles, aura dans ce pays deux chefs rivaux.

Italie et Lombard*. — Le Lombard Alboin se rend maître de la Liguric, et entre à Milan : longue résistance de Pavie.

Arable*— Invasion de l'Yémen, région du sud-ouest de l'Arabie, par le chef chrétien des Abyssins, Abrahah-cl-Aschram. Son armée, déjà décimée par une épidémie, est combattue par le chérif Abdolmotalleb qui sauve la Mecque ville de l'Hcdjaz, principal foyer de l'idolâtrie puisque le temple de la Caaba contenait trois cents idoles. Origine de l ère de V éléphant ^ en usage chez les Arabes. — Mahomet naît à la Mecque : son père et sa mère étaient de la tribu des Khoreïchiies, et de la famille des Hashémites; il est petit-fils d' Abdolmotalleb.

Angles et Bretagne. — Un des

chefs des Angles, OfTa, commence à

^gner dans l'Est-Anglie, au nord jiu royaume d'Essex.

Grecs et Perses.— Les chrétiens de la Persarménie, en se niellant sous la protection de l'indolent Justin II, entraînent ce prince dans une guerre contre Khosroës, qui sera >ialheureuse pour l'empire.

Franc» et Lombards. — Le

patricc Mummole, au nom de Gonfran , roi des Francs en Bourgogne, refoule les Lombards qui avaient enlahi la Gaule par les Alpes occidentales.

Italie et Lombards. — Les Lombards achèvent la conquête des régions de l'Italie qu'ils doivent le plus longtemps garder, rËmilic, au sud-est de la Ligurie, la Toscane, l'Ombric , le territoire de Bénévent.

— Pavïe, grande ci lé ligurienne, se rend après un siège de trois ans :

elle sera la résidence des rois lombards.—Les principaux compagnons d'Alboin reçoivent chacun une part de la terre conquise , s'en forment des duchés et constituent une aristocratie militaire.

Vlsijstoths. — Léovïgilde, par la mort de son frère, réunit toute la monarchie des Visigoths; il associera ses deux fils à la royauté.

Francs. — Inutile médiation des éveques et de Gontran, entre Sigebert et Chilpéric qu'animent leurs femmes Brunehaut et Frédégonde, auteur de la mort de Galswinthe. La guerre se fait surtout sur le territoire de l'Aquitaine, où les deux rois ont des possessions.

Lombards. — Alboin, au milieu de l'occupation facile de l' Italie grecque, meurt assassiné par sa femme Rosamunde, la fille du roi gépide. — Le droit d'élection exercé par les principaux chefs militaires, les ducs lombards , donne une royauté précaire de dix-huit mois à Cleph, ui^dc leurs égaux.

Orient. — Justin 11 crée césar Tibère, son gendre, général à la fois sage et énergique, qui lui succédera dans quatre ans.

Francs. — Sigebert, reconnu roi par les Neiistriens en haine de Chilpéric, était élevé sur le pavois à Yitri, enire Arras et Douai, lorsqu'il est assassiné par des émissaires de Frédégonde. — Brunehaut est retenue captive et envoyée à Rouen, où Mérovéc l'épousera à l'insu de son père Chilpéric. Le jeune fils de Sigebert, Childebert, âgé de cinq ans, sauvé des mains de Chilpéric, est roi d'Austrasie avec un conseil de leudes.

Lombards. — Après la mort violente de Cleph, les chefs militaires ne nomment pas de roi : Cleph laissait un fils enfant.

Francs. — Brunehaut est rendue à la liberté par le roi de Neustrie, sur les menaces des Auslrasiens.

Francs et Lombards. — Les

Lombards passent encore les Alpes, et sont repoussés par Mummole, patrice de Gontran.

Crées et Perses. — Victoire du général grec Jusiinien dans les plaines de Mélitène, près de l'Euphrate, à l'entrée de la Cappadoce :

les Grecs pénètrent jusqu'au cœur des provinces perses, sans faire de conquête durable.

Francs. — Chilpéric, encouragé par Frédégonde, fait déposer dan^ un concile, à Paris, l'archevêque de?

Rouen Prétextât, qui avait béni le mariage de Mérovéeavec Brunehaut.

Grégoire, évéque de Tours, le premier chroniqueur des Francs chrétiens, s'oppose vainement aux désirs du roi. — Gontran, qui n'a pas de fils, adopte par les armes son

Vl« SIÈCLE APRÈS J. C

neveu Cliildcbert; Childebert cepenilaut s'unira à Chilpéric pour dépouiller Gonlran.

Perae. Mort de KhosroCs I" le Grand, surnommé le Juste (Noushirwan) : l'éclat de ce règne sera relevé par les Taules et les malheurs du prince suivant.

Francs. — Chilpéric et Frédégonde, pour conjurer la mort qui menace coup sur coup deux de leurs enfants , détruisent par le feu les rôles des impôts dont ils accablaient leurs sujets, serfs et hommes libres.

Vlfflgothfii. — Léovigilde fait épouser à son fils Herineuegilde Ingoude, fille de Sigebert d'Austrasie ; elle parviendra, avec l'aide de l'é- \êquc de Séville, à convertir son ioari à la foi catholique. — Léovigilde persécute, en sectaire, les enuemis de Tarianisme.

Empire d'Orient. — L'empereur Tibère, près de mourir, désigne pour lui succéder le général Maurice, qui s'est signalé dans les guerres contre les Perses. — Le nouvel empereur sera sans force contre les Avares, qui désolent les contrées au sud du Danube avec leur chef Baïan.

fmneg. — La noblesse des trois royaumes francs conspire la ruine des princes régnants, en faveur de Oondovald , prétendu fils de Clotaire Ier, qui s'est réfugié auprès des empereurs grecs. Gondovald débarque par la Méditerranée dans les États du roi de Bourgogne, Contran.

'Lombardg. — Les Lombards, contre lesquels le pape a vainement demandé des secours aux Grecs de Constant! nople viennent piller, au Hid-cst du duché de Rome, le monastère bénédictin du Mont-Cassin.

VI»lKothft. — Une guerre de deux ans commence entre le roi

Léovigilde, et son fils catholique Hermenegildequi, pour se soustraire aux persécutions religieuses, s'associe à des rebelles.

Angle* et Bretagne.— Un chef angle, Crida, est le premier roi de Merde; ce royaume touche à la frontière du pays des Cambriens, qui occupent les régions occidentales de la Bretagne.

Franc*. — L'assassinat de Chilpéric par Frédégonde laisse la Neustrie à Clolaire II, enfant au berceau ; malgré Childebert, roi d'Austrasie, la régence est partagée entre Contran et Frédégonde, mère de Clolaire II, qui bientôt gouverne seule.

Franc» et Lombard h.— Childebert, comme tant de rois d'Austrasie, conduit une expédition en Italie; cette fois il combat les Lombards à la sollicitation de l'empereur grec, et revient enrichi de l'or des Grecs et des Lombards.

Lombards. — La nation lombarde s'est de nouveau donné un roi : dix ans après la mort de son père Cleph , Aulharis est élu. — Les diversions des Francs en) pécheront les Lombards d'étendre leur conquête sur le territoire grec.

Vlalgotb*. — Hermenegilde , le lils rebelle du roi, trahi et pris, subit le martyre à Tarragone; sa femme a le môme sort. — Ces cruautés fournissent une occasion de guerre contre les Visigoths, à Gonlran, oncle paternel de la princesse persécutée.

Franc*. — Le complot de Gondovald est étouffé dans le sang, par Gonlran et par Childebert, de nouveau réconciliés. — Deux tentatives d'assassinat de Frédégonde sur Chilpéric. — Mort violente de plusieurs leudes austrasiens complices de Frédégonde, ordonnée par Childebert et Brunehaut. — Le concile de Mâcon, qui a été confirmé par un

VIe SIÈCLE APRÈS J. C.

édit du roi Gontran, enjoint , sous peine d'excommunication , de payer la dlme aux prêtres et aux ministres de l'Église : c'est le premier concile qui l'impose comme une dette.

Suèvcs et 1 1slgoths. — Léovigilde , profitant des dissensions de la nation suève, s'empare successivement des diverses parties du royaume, et fait tonsurer le dernier prince. — Tous les peuples germains de la péninsule sont sous le même commandement.

Tares* — Les Turcs, qui habitent à Test de la mer Caspienne , ravagent, peut-être comme alliés des Grecs, les terres de l'empire perse.

vlslgoths. — Mort de Léovigilde. Il est le premier roi des Visigoths qui ait pris le sceptre, la couronne, le manteau royal. — Son deuxième Ois, Récarède, lui succède.

Francs.— Tentative d'assassinat de Frédégonde sur Gontran. — Conférence et traité d'Andelot dans le diocèse de Langres, au nord du royaume de Bourgogne , entre Gontran, Brunehaut et Childebert, qui a déjà deux fils. Pacte d'amitié entre les rois; compensation territoriale donnée à Brunehaut pour le meurtre de sa sœur; confirmation des privilèges bénéficiaires des leudes.

vlslgoths. — Récarède, dans un concile de tous les évéques catholiques et ariens , fait discuter la question de dogme, et embrasse ouvertement la foi romaine : les évéques et le peuple imitèrent le roi.

Constant Inople, Borne* — Le

patriarche de Constantinople , Jean le Jeûneur, prend le titre de patriarche œcuménique, comme s'il était au moins l'égal de l'évêque de Rome. Plaintes du pape.

Francs. — Recensement fiscal,

suivant la loi romaine , ordonné par Childebert dans ses États d'Aquitaine. — Un duel judiciaire, suivant les usages germaniques, est poussé par l'ordre de Gontran jusqu'à ses dernières conséquences : le noble, antagoniste du vilain, vaincu dans la personne de son champion, est lapidé.

Perse. — Le général perse Bahram ou Varane , se venge avec cruauté du roi Hormisdas, trop oublieux des services qu'il lui a rendus contre les Turcs. La famille des Sassanides est horriblement mutilée par Bahram, qui place sur le trône ensanglanté le fils d'Hormisdas, KhosroCs II.

vlslgoths. — Le troisième concile de Tolède, inspiré par le roi Récarède , défend de faire aucun travail le dimanche , sous peine , pour le contrevenant, s'il est libre, de payer six sols d'amende au comté de la cité; s'il est serf, de recevoir cent coups de fouet (mai). — Le concile de Narbonne proscrit un reste de paganisme qui consistait à s'abstenir de travailler le jeudi parce que ce jour était consacré à Jupiter (novembre).

Francs» — Désastre de deux bandes germaniques envoyées par Childebert en Italie. — Gontran fait sans succès une expédition contre les Bretons de la péninsule armoricaine, qui a pris le nom des fugitifs de la Grande-Bretagne.

Lombards. — Mort du roi Autharis, qui était marié à une femme chrétienne, Théodelinde de Bavière ; elle épousera et fera nommer roi le duc lombard de Turin.

F*erse. — L'usurpation du trône de la Perse par Bahram tourne à s* honte et à sa ruine. — Le jeune Kbosroës sera rétabli dans les États paternels par l'empereur grec Maurice.

Borne. — Exaltation de saint Grégoire le Grand, demandé unanimement par le clergé et par le peuple de Rome. A l'occasion de son élection

/? compose le Pastoral qui traite des marques de la vocation à l'épisropat, des obligations et des vertus de la vie épiscopale.

Francs. — La mort de Gontran donne sa succession territoriale à son neveu, son fils d'adoption, Childebert d'Austrasie, qui tente alors, mais sans succès, de dépouiller Clotairell.

Lombard* et Rome. — Les Lombards viennent assiéger Home:

saint Grégoire conjure le péril.

Cotixtantlnople et Rome. —

L'humilité de saint Grégoire le Grand assure mieux la suprématie de l'Église de Rome , que l'orgueil du patriarche de Constantinople, Jean le Jeûneur, ne conquiert de suffrages à sou Église ; le pape prend dans ses lettres le titre de serviteur des serviteurs de Dieu (servus servorum Dei) qui a passé depuis en formule dans les lettres pontificales.

i nos.

Franco* — Mort de Childebcrt H.

L'alné de ses fils, Théodebert II, a TAustrasie ; Thierry II a le royaume d'Orléans et de Bourgogne.

Orande-ltrctagnc. — La mission du moine romain Augustin, envoyé dans la Bretagne par le pape Grégoire le Grand, décide la conversion du roi de Kent , Éthelbert, qui avait épousé une femme chrétienne, Bcrthe, fille de Caribert, roi des Francs. Augustin fonde l'archevêché de Cantorbéry. — Scbert où Sigebert, roi saxon d'Essex depuis 597, sera converti par le prêtre Melli tus, qui devient évêque de Londres : fondation de l'église de Saint-Paul et, peu après, de l'église de Saint- Pierre de Westminster. — La conversion des Saxons et des Angles ne sera achevée qu'en 680.

KOfl

ilUOi

Franc*. — En 597 ou en 598, Frédégondc meurt à Paris , toutepuissante après une dernière guerre contre Bruuehaut et les fils de Childebert.

nome. — Saint Grégoire le Grand réforme l'office de l'Église romaine.

L'école de chant, dit grégorien* établie par lui , a subsisté pendant des siècles ; ce chant a été imité par presque toutes les nations.

APERÇU GÉNÉRAL

Pendant que l'empereur Héraclius, qui a vengé sur le cruel et déréglé Phocas la mort de Maurice, est aux prises avec les Perses et avec les Avares, et qu'à la façon de Trajan il pénètre jusque dans les provinces qui sont au delà du Tigre, un Arabe de la Mecque, homme de génie, Mahomet, passionné et enthousiaste, fanatique et imposteur , tel qu'il convient d'être pour égarer et subjuguer

192 vUe SIÈCLE APRÈS J. C.

les peuples, fonde l'an 622 (date de l'hégire) une religion nouvelle, et un nouvel empire. La croyance en un Dieu unique, que proclame le prophète, n'empêche pas ses sectaires de frapper les chrétiens aussi bien que les Perses : l'empire des Sassanides tombe Fous le joug des musulmans. L'invasion sortait des flancs de l'Arabie ignorée, comme deux siècles auparavant, elle avait été vomie des profondeurs du nord également inconnu. La guerre porte le Koran îles extrémités orientales de la Perse jusqu'au pays des Maures africains, et les Grecs, en Orient, sont réduits à l'Asie Mineure.

Mais le Bas-Empire, qui présentait un si hideux spectacle sous les Héraclides, est sauvé d'une ruine complète par les discordes que le fanatisme et l'ambition entretiennent chez les musulmans, même après l'avènement des Ommiades au califat héréditaire de Damas : il y a schisme entre les disciples de Mahomet comme il y a des hérésies au milieu des chrétiens.

Le peu que les Grecs ont en Italie appartient à des exarques indépendants. Les progrès des Lombards sont ralentis par les dissensions qu'engendre l'oligarchie militaire. Une heureuse position maritime, un gouvernement libre sous un chef électif et à vie, appelé duc ou doge, placent Venise en dehors des prétentions des Lombards et des Grecs qui ont également besoin de ses vaisseaux et de son industrie.

Les peuples germaniques rédigent ou modifient leurs lois qui dureront plus longtemps que leur puissance militaire. L'Europe a vu surgir presque autant de codes qu'il y a eu de déplacements tle peuples barbares. Le droit romain cependant ne périt pas.

Les Francs sont ceux qui ont subi la révolution intérieure la plus décisive. Le pouvoir passe, après Dagobert, des mains des rois fainéants aux maires du palais : d'intendants de la maison du roi, ces maires deviennent ministres et généraux d'armées ; ils sont plus que les rois à la fin du siècle. La race des conquérants, dont les chefs mérovingiens ont singulièrement dégénéré, conserve sa séve barbare dans les forêts de l'Austrasie. La grossièreté de ses mœurs, encore presque sauvages, la préserve des causes de ruine qui ont perdu les Oslrogoths, les Visigoths, les Bourguignons; mais les luttes civiles de la Neustrie et de la Bourgogne font tomber le pouvoir suprême aux mains d'un duc austrasien de la maison d'Héristal. Avant que la dynastie mérovingienne aille finir dans le cloître où Pépin l'enfermera, le moine Marculfe recueille les formules des actes ecclésiastiques et civils, et contribue ainsi à nous faire connaître l'histoire, les lois, les mœurs et la langue de nos aïeux sous les rois de rette race .

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Les progrès de la foi catholique sur l'idolâtrie ou sur l'arianistne, /accroissement des privilèges de l'Église qui, en Espagne, s'élève môme jusqu'à la puissance politique, dominent l'histoire des Anglo- Saxons, des Visigoths et des Lombards. Les moines de l'Irlande auront des émules dans ceux de la Grande-Bretagne; et il ne sera pas rare que des rois germains préfèrent le couvent au trône. Bède le Vénérable va bientôt écrire l'histoire ecclésiastique de l'Angleterre.

L'hérésie est le point de contact, non le lien, entre l'Occident et l'Orient. Le monothélisme fut la grande affaire ecclésiastique de ce siècle. Il s'agissait de savoir si Jésus-Christ n'étant qu'une personne, mais ayant doux natures, l'une divine, l'autre humaine, il fallait reconnaître en lui une unique ou une double volonté. Un tel sujet occupa, durant plus de cent ans, les moines, les docteurs, les conciles, les papes et les rois. L'Ecthèse d'Uéraclius, et le Type de l'empereur Constant, furent condamnés par les papes. La dispute dura jusqu'après le sixième concile général, troisième de Constantinople, qui, en 684, anathématisa le monothélisme, suivant le vœu du saint-siége.

La médecine, l'histoire, fournissent chez les Grecs quelques noms qui méritent peu de sortir de l'obscurité.

(>00 • les Avares, se fait complice du cen-

. , turion Phocas , que porte à l'empire

Avares et Cirecg..— L empe- une insurrection ; il fait mourir les

reur Maurice laisse égorger par les d fi| ,a femme de Maurice, et

Avares douze mille prisonniers ro- Maurice lui-même. Le nom de Phocas

mains qu'il aurait p* racheter. déshonore les annalesde l'empire déjà

Francs. — Les imix fils de Chil- tant souillées, debert enlèvent à Glotaire II, fils de ^^«u^Le roi Agilulfc, par

Frédegonde la plus grande partie |es consej|s dc M fenimc calnoliqlUN

de la Neustrie. Théodelinde, et du pape Grégoire le

60 1 Grand , renonce à l'hérésie arienne.

" , - . L'exemple du prince n'entraîne pas yl*«oth*. - Mort de Réca- ioule^mtïon!

rede. Il avait rendu héréditaires ,

mais en les restreignant dans des H- 603.

mites précises, les pouvoirs de ducs, Peraea— L'ancienne

de f^^f^^^Jf^ rivalité des Grecs et des Perses refortes. - Après lui, le inode*icieux œ a ès ,a inortde Maurice,

^T^Ï^T^^r bSneu' 'Se Khosroes; la guerre due et fait en peu de temps passer i,niirAI1cP nnnr Klmsroës nenbeaucoup d'ambitieux sur le uOne. 1™™>»V£' Khosl oba< Pcn

Kmplre d'Orient. — L armée, lassée des faUgues de la guerre contre Franc» et lombard*. — Les

YIIf SIÈCLE APRÈS J. C.

deux peuples se jurent une paix Inviolable.

Lombards. — Les Lombards permettent à Agilulfe d'associer à la royauté son ûls âgé de deux ans.

Rome* — Mort de saint Grégoire ie Grand, que ses nombreux écrits, le Pastoral, des homélies, plus de huit cents lettres sur des sujets de politique, de morale, et de dogme, recommandent autant que ses vertus pontificales.

Francs. — Brunehaut, détestée de la noblesse austrasienne qu'elle a réduite a l'obéissance par les rigueurs les plus sanglantes, pousse en vain à la guerre les leudes de Bourgogne contre l'Austrasie. Son favori le maire du palais de Bourgogne, Protadius, est égorgé dans la tente même de Thierry.

Francs* Lombard* et Vlstgoths. — une ligue formidable entre les rois des Visigoths, des Lombards, des Ncustriens , auxquels se joint le roi d'Austrasie Théodebert, menace Thierry, roi de Bourgogne, au nom duquel gouverne son aïeule Brunehaut. — Thierry et Brunehaut font lapider saint Didier, évêque de Vienne, qui leur reproche leurs crimes.

Rome. — Le temple du Panthéon bâti à Rome, par Agrippa, vingt-cinq ans avant Jésus-Christ, est consacré au culte catholique, avec la permission de l'empereur Phocas.

Francs. — Le moine irlandais saint Colomban , censeur des crimes de Brunehaut et de Thierry , roi de Bourgogne, est arraché par eux à son monastère de Luxeuil dans les Vosges.

Le monastère de Bobbio, en Italie, au sud du Pô, sera sa dernière retraite.

Arable. — A quarante ans , un Arabe d'illustre origine , Mahomet ,

qui a longtemps conduit des caravanes, mais qu'un riche mariage a rendu indépendant , se déclare prophète.

11 attaque l'Idolâtrie , prêche l'idée d'un Dieu unique et se dit inspiré de l'ange Gabriel. Le livre des Juifs et des chrétiens lui fournit les grands principes de sa réforme religieuse ; il prétend continuer la révélation primitive transmise par Dieu , à Adam, à Noé, à Abraham, à Moïse, à Jésus- Christ, le plus grand des prophètes avant lui.

Empire d'Orient. — La haine publique fait justice des crimes du tyran Phocas, que remplace sur le trône le Ûls de l'exarque d'Afrique, Héraclius.

Orient, Avares et Perses. —

Pendant douze années du nouveau règne, les provinces orientales seront à la merci des Perses; celles du nordouest, à la merci des Avares. — Antioche est occupée par les Perses, que secondent les Juifs; dévouement du patriarche d'Antioche, après la mort duquel le siège épiscopal reste vacant pendant dix-neuf ans.

Vascons. — Le roi visigoth arrête un mouvement des Vascons de Gaule qui voulaient faire invasion en Espagne.

Francs. — Les désastres de son petit-fils Théodebert, roi d'Austrasie, vaincu à Toul et à Tolbiac, déposé et tué par Thierry de Bourgogne, qu'elle-même a armé contre son frère, sont comme le dernier triomphe de Brunehaut.

vlslçoths. — Sisebut commence un règne brillant de huit ans : l'amour de la justice , des lettres et de l'éloquence, s'unit en lui à la valeur et à la piété ; mais il a été cruel pour les Juifs.

Francs, — La mort de Thierry

VIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

hisse la Bourgogne et l'Austrasie sans maître. On ne veut pas reconnaître les quatre fils qu'il a eus de concubines ; son aïeule Brunehaut est détestée. — Les leudes des deux royaumes appellent Clotaire II de Neustrie. Brundiaut, trahie môme par le maire Warnachaire, ne peut tenir contre les Neustriens, malgré l'assistance des Germains d'au delà du Rhin; Clotaire H la fait périr dans les supplices, en lui reprochant ses adultères, et le meurtre de dix rois.

11 réunit les trois couronnes, mais chaque royaume a un maire particulier.

Grande-Bretagne. — Les Angles de Northumberland, dans une guerre contre les réfugiés bretons, et contre les Gallois, détruisent le célèbre monastère de Bangor, au nord du pays de Galles, foyer de religion et d'études; Us y tuent douze cents

Grées et Perses. — Les Perses avec Sarbazas, général de KhosroOs 1 1 , entrent en vainqueurs dans Jérusalem, en enlèvent la vraie croix et emmènent captif le patriarche Zacharie ; une partie de la population est transportée au delà du Tigre i les Juifs se sont joints aux Perses pour massacrer les chrétiens. — Les habitants fugitifs de la Palestine sont accueillis par le patriarche d'Alexandrie, Jean l'Aumônier.

Franes. — L'édît de Clotaire II, après le concile de Paris, confirme les privilèges des seigneurs francs, des évéques et des clercs.

Crées et Perses. — Les armées de Khosroës II se portent jusque sur l'Égypte, tandis qu'un autre corps des troupes perses, lancé à travers l'Asie Mineure, prendra position à Chalcédoine, devant Constantinople.

Le patriarche d'Alexandrie, Jean l'Aumônier, se réfugie dans l'Ile de Chypre où il meurt.

Arable. — Après la mort de son oncle Abou-Taleb, chef politique et religieux de la Mecque , Mahomet fuit les persécutions des idolâtres en se retirant à Yatreb, ville rivale de la Mecque, au nord-est , qui s'appe* lera Medinat-AI-Nabi, ville du prophète. A Médine , il commence à exercer une autorité politique ; il attaque les caravanes de ses ennemis de la Mecque. — Sa fuite à Médine , l'hégire, ouvre l'ère musulmane.

Empire d'Orient et Perses*—

Héraclius, dont la puissance semblait engloutie sous les flots de l'invasion perse et de l'invasion avare , se résout a porter la guerre au cœur des états de Khosroes : c'est une carrière de conquérant qu'il va parcourir pendant six ans; il attaque en personne le plus redoutable ennemi de l'empire, ce que n'osa jamais Justinien.

— Dans sa première campagne , il contourne l'Asie Mineure et vient livrer une bataille à Issus; vainqueur, il revient par terre à Constantinople.

Il traverse la mer Noire, et va prendre à Trébizonde le chemin de la Colchide et de l'Arménie.

Francs. — L'Austrasie demande un roi particulier : Dagobert y est envoyé par son père Clotaire II avec le maire Pépin de Landen et l'évêque de Metz , saint Arnoul , dont les familles, unies par des mariages, formeront la maison d'Héristal.

Orient et Avares, Perses.—

Les armées grecques campent dans l'Arménie perse, à Tauris; Héraclius ira jusqu'à Ispahan, entre la Médie et la Perse proprement dite.

Les Perses et les Avares n'en tiennent pas moins les abords de Constantinople , qui sera sous leurs étreintes jusqu'en 626.

VIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

Orient cl Vlftlgoths. — Le roi

visigolh Suintila chasse définitivement les Grecs de l'Espagne; il est le premier qui règne sur toute la péninsule.

Vlslgtoths. — Suintila , en astyciant son fils au trône, irrite la jition jalouse de son privilège d'érction.

Orient. — Développement de "hérésie des monolhélitcs qui ne reulent reconnaître qu'une seule volonté dans le fils de Dieu fait homme ; elle est favorisée par le patriarche de Constantinople Sergius, par Cyrus, évéque de Phasis en Colchide, et par l'empereur.

Grande-Bretagne. — Edwin, le roi de Northumberland, suivant les conseils de sa femme, fille du roi chrétien de Kent, se fait baptiser par le missionnaire Paulin, qui devient évéque d'York. Équité, sagesse de son gouvernement. Dix mille dos Angles reçoivent avec lui le baptême.

Orient et Avares. Perses. —

Le chef des Avares, Baïan , a renoncé à assiéger Constantinople. Héraclius , qui depuis cinq ans n'a pas quitté les frontières ou les provinces de l'empire de Khosroës, livre sur les ruines de Ninive une bataille sanglante pour les Perses; les régions à l'est du Tigre lui sont de nouveau ouvertes.

Vranes. — A lamortdeClotaircU, Dagobert ne partage pas ,• suivant l'usage germanique, le royaume avec son frère Caribert j pourtant il lui cède une partie de l'Aquitaine avec le titre de roi. La résidence ordinaire de Dagobert est en Neustrie, mais il parcourt les trois royaumes.

Orées et Perses. — Le fils parricide de Khosroés II, Sirocs, conclut un traité avec Héraclius qui

est alors aux confins de l'Arménie, à Tau ris. Les anciennes frontières sont»

rétablies, mais avec gloire et avec sécurilé pour les Grecs. La vraie croix sera reportée à Jérusalem par Héraclius, après son triomphe à Constantinople.

Grande-Bretagne. — Sigebert, second roi cli rétien d'Est-Anglie, institue les premières écoles de la Bretagne anglo-saxonne , sur le modèle de celles qu'il avait vues chez les Francs.

Orient. — Héraclius donne le siège patriarcal d'Antioche à un monothélite, Anastase, qui, tout en reconnaissant les deux natures en Jésus-Christ, n'attribue à ces deux natures qu'une seule opération, une seule volonté.

Arable. — Après huit années de guerre, sans éclat, contre les idolâtres de la Mecque , le prophète Mahomet a combattu et traité avec la dernière rigueur les juifs de l'Arabie. — La Mecque lui ouvre ses portes , et les dissidents, même Abou-Sophian, par cupidité et par politique plus que par • conviction, acceptent Vislam, la religion qui sauve, et se font musulmans; les idoles de la Caaba sont détruites. — L'autorité militaire, civile et religieuse du prophète est reconnue dans une grande partie de l'Arabie ; jusque-là l'isolement et l'esprit d'indépendance des tribus , la multiplicité des religions avaient été incompatibles avec l'établissement d'une domination unique.

francs. — Révision, par le roi Dagobert, des lois des Francs saliens, des Francs ripuaires, des Alamans et des Bavarois. Première rédaction de Capitulaires. — Relations de politique et de commerce avec les Grecs de l'Orient.

orient. — Héraclius donne le siège patriarcal d'Alexandrie à 1*6-

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VIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

véque de Phasis, Cyrus, que le patriarche de Constantinople, Sergius, avait entraîné dans le monothélisme.

Le patriarche des jacobites ou monophysites d'Egypte est réduit à sortir d'Alexandrie , et à mener une vie errante dans la Thébalde.

Arable. — Mahomet reçoit les députalions de peuplades arabes qui demandent la foi nouvelle et apportent le tribut. Ses armes ont peutêtre pénétré jusque dans la Syrie grecque.

Francs* — Mort de Caribert, qui avait épousé la fille du duc des Vascons. Ses fils Bertrand et Boggis restent ducs de Toulouse ou d'Aquitaine.

Wrmnen et Slave». — LesSlaveswendes , qui s'étaient donné pour chef un marchand franc , Samon , inquiétant de leurs brigandages les marchands, sujets de Dagoberl, sont attaqués dans leur pays , au nom du roi, par les Alamans et les Saxons, leurs voisins au sud, et au nord.

Vlslgoths. — La révolte chasse du trône Suinlila ; le chef des conjurés, Sisenand, le remplace, avec le concours de Dagobcrt.

Arable. — Pèlerinage de Mahomet à la Mecque, suivant l'ancien usage arabe qu'il a conservé. Sa mort à Médine. — Quoique Ali, un de ses premiers prosélytes, soit son cousin germain et ait épousé sa lille Falime , les chefs arabes donnent à Abou-bekre, père d'une des femmes du prophète, les fonctions de calife ou vicaire du prophète, qui seront électives pendant vingt-huit ans. — Khaled, surnommé l'Epée de Dieu, soumet des rebelles en Arabie. La guerre sainte contre les ennemis de l'islam est prêchée par Abou-bekre, et Vite par Khaled , dans l'Irak (l'antenne Chaldée), contre les Perses, rt par Abou-Obeïdah , en Syrie,

contre les Grecs. — Le premier calife rassemble et réunit en un livre les feuilles éparses sur lesquelles Mahomet avait déposé confusément ses pensées. C'est le Koran, loi religieuse et loi civile des musulmans.

Franes. — L'Austrasie demande encore à se séparer du reste du royaume. Dagobcrt fait d'avance le partage de la monarchie entre ses deux fds.

Grande-Bretagne. — Sigcbert, roi d'Est-Anglie, se retire dans un monastère; il en sera tiré trois ans après pour combattre le roi voisin de Mercie.

Perse. — Une nouvelle ère date de l'avènement d'iesdégerde III, enfant de douze ans, qui sera le dernier roi de la maison des Sassanides.

Rome. — Le pape Honorius I*% par la réponse ambiguë qu'il adresse au patriarche de Constautinople, Sergius , donne la main à l'hérésie des monothélites.

vUltfothN. — Le cinquième concile de Tolède favorise ouvertement l'usurpation du roi Sisenand, et dépouille la nation de son droit, en remettant l'élection des rois auy évéques et aux grands. Par l'ordre de ce concile, saint Isidore de Séville qui le préside compose l'office catholique de l'Espagne.

Arabes. — A la mort d'Aboubekre, son testament et le choix des musulmans portent au califat Omar.

La guerre continue en Syrie.

Arabes et Crées. — Le héros arabe Khaled, après la prise de Bos Ira, en Syrie, enlève Damas, maigre la résistance énergique des Grecs.

Grande-Bretagne. — Deux

frères qui régnent ensemble dans le royaume de Wesscx se sont faits chrétiens.

VIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

Arabes* — Les musulmans fondent Bassorah , au-dessous du confluent du Tigre et de l'Euphrate, à quatorze kilomètres du golfe Persique, pour ôter aux Perses qu'ils n'ont pas encore soumis toute communication avec les Indes. Bassorah attirera à elle le commerce de l'Orient.

Arabes, Grecs et Perses* —

L'Arabe Saïd commence pour l'islamisme la conquête de l'empire perse; à Kadésiah, un peu au sud de l'Euphrate, il est vainqueur de Rustan, général d'Iesdégerde. — La bataille d'Yermouk, fleuve de Syrie, affluent oriental du Jourdain , perdue par Manuel, général d'Héraclius, livre à Khaled le reste de la Syrie.

Francs. — Guerre de Dagobcrt contre les Vascons; ils se soumettent. — Le Breton Judicaêl vient lui rendre hommage. — Éclat de la cour du roi des Francs , activité du commerce, développement des arts.

Travaux de l'abbaye de Saint -Denis dans le style des églises lombardes.

Lombards. — Le second mari de la fille d'Agilulfe et de Théode- Hndc, Rotharis, duc de Brescia, est fait roi.

Vlslgoths* — Le nouveau roi , élu à la place de Sisenand, est confirmé par une décision du sixième concile de Tolède. Le concile prononce l'excommunication contre quiconque oserait prétendre au trône, s'il n'était pas issu de l'illustre sang des Gotlis : dorénavant le droit d'élection est exercé par les nobles et par les évêques.

Arabes et Grecs*— Jérusalem, assiégée par le musulman Amrou, capitule. Le patriarche Sophronius remet la ville au calife Omar en personne : Omar laisse aux habitants leur liberté , leurs biens et leurs églises ; mais il élève une mosquée pour le culte de l'islam. Jérusalem

est h troisième ville sainte des Arabes, issus de la même race que les Juifs. — Abou-Obcïdah, malgré la présence d'Héraclius et de son fils, prend la capitale de la Syrie, Antlochc.

Empire d'Orient. — Un concile de Constantinople confirme YEcthèse^ de l'empereur Héraclius, composée par le patriarche Sergius; elle reconnaît deux natures en Jésus- Christ, mais défend de dire qu'il y ait aussi deux volontés ou deux opérations. Ces débats des monothélites sont l'occupation principale d'Héraclius qui favorise l'hérésie.

Franc*. — Mort de Dagobcrt.

Après lui, la succession des maires est plus importante que celle des rois dits fainéants. La Gaule franque du nord reste partagée en deux royaumes : 1° Neustrie et Bourgogne; 2° Austrasie.

Arabes et Egypte* — Le général musulman Amrou, avec une poignée de soldats fanatisés, se lance à la conquête de TÉgypte. De faciles succès le

fi orient de Péluse à Babylone, près de einphis; il va assiéger Alexandrie.

— Comme les indigènes de l'Égypte, ou coptes, pratiquaient presque tous l'hérésie des monophysites, dits jacobites, leur patriarche persécuté, Benjamin, et le gouverneur de -la haute Egypte, dévoué à leur cause, Mokawkas, secondent par leurs intrigues l'établissement musulman. — Les Grecs n'étaient même pas unis entre eux ; ceux qui suivaient la religion de l'empereur, appelés pour cela melquites, étaient comme lui de la secte des monothélites. Le patriarche Cyrus , leur adhérent , fut cité cependant à la cour impériale, comme coupable d'avoir livré l'Égypte aux Sarrasins.

Arabes et Egypte* — Alexandrie, après un siège de quatorze mois,

VIIe SIECLE APRÈS J. C.

a» rend par capitulation à Amrou (décembre). Destruction par le feu des débris de la riche bibliothèque des Ptolémées. Administration bienveillante et éclairée d' Amrou. L'Égypte a gagné à changer de maître.

Empire d'Orient. — La Syrie étant au pouvoir des musulmans , le nouvel évéque désigné pour le siège patriarcal d'Àntloche réside à Constantinople.

Empire d'Orient* — Six semaines après l'occupation d'Alexandrie par les Arabes, mort d'Héraclius. — La gloire conquise sur les Perses est effacée par l'abandon honteux des provinces de l'Orient au glaive musulman, et par les discordes religieuses. — Triste série d'empereurs héraclides pendant soixante et dix ans.

Lombards. — Le roi Rotharis enlève aux Grecs les places qui leur restaient au nord-ouest de l'Italie , depuis les Alpes cottiennes jusqu'à Luna, à l'entrée de la Toscane.

Arabes et Perses. — Les musulmans font éprouver aux Perses un grand désastre à Nehavend, au sud d'Ecbatane.

Egypte* — Une grande disette à Médine est soulagée par les soins vigilants d' Amrou ; il nourrit les Arabes avec les blés de l'Égypte, que leur apporte le canal restauré du Nil à U mer Rouge.

iiOmbards. — Rotharis fait rédiger en un corps les lois des Lombards; elles témoignent de l'usage fréquent du duel judiciaire.

Arabes* — Le calife Omar est assassiné dans la mosquée de Médine par un esclave perse.— Othman lui succède à soixanteet dix ans; la vie

d'Othman est plus fastueuse que celle des premiers califes. — Il révoque Amrou du gouvernement de l'Égypte pour le remplacer par son propre frère Abdallah.

Arabes. — Le gouverneur de la Syrie musulmane, Moaviah, fils d'Abou-Sophian, impose un tribut aux Chypriotes. — Course des Arabes d'Égypte sur les côtes de l'Afrique grecque; mort de l'exarque Grégoire, quinze mois de dévastation.

Empire d'Orient. — Le patriarche de Constanti nople obtient, de l'empereur héraclide Constant U, le Type qui prétend étouffer toute discussion religieuse et imposer silence aux catholiques comme aux monothélites; c'est un prétexte pour persécuter les orthodoxes qui combattent l'hérésie. — Jérusalem, après la mort du patriarche Sopronius, restera soixante ans sans évéque,

Rome. — Le pape saint Martin, dans un concile tenu à Latran, condamne toutes les hérésies, spécialement celle des monothélites, avec l'Eclhèse d'Héraclius, et le Type de l'empereur Constant.

Vlslgoths. — Le roi Chindasvinde, fils de Suintila, qui a réprimé avec vigueur la turbulence de la noblesse, associe son fils au trône, et lui laisse l'autorité pour passer le reste de sa vie dans la retraite et les œuvres de piété. 11 a réformé le code visigothique, auquel sont soumis indistinctement tous les sujets germains et romains.

Arabes. — Moaviah, le gouverneur de Syrie, enlève aux Grecs l'Ile de Rhodes, et fait mettre en pièces le colosse de bronze, qui date de l'an 280 avant Jésus-Christ.

Arabes et perses — La mort

VIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

d'Jcsdégerdc HT, retiré à la frontière de la Chine, assure aux Arabes la possession entière de l'empire des Sassanides.

Egypte. — Les jacobites ou monophysilcs, devenant maîtres de toutes les églises de l'Egypte sous la protection des Arabes, le patriarche niclquite, qui était de la religion de l'empereur, abandonne son siège et se retire à Constantinople. Pendant soixante-quatorze ans, l'Egypte sera sous l'autorité religieuse des jacobiles.

Kmplre d'Orient et Rome.—

Le pape saint Martin commence à éprouver le ressentiment cruel de l'empereur Constant, dont il a anathémaiisé les erreurs; il est tiré par force de l'église, enlevé de Rome pour être conduit à Constantinople , où l'attendent les humiliations, les souffrances et la captivité , qui hâteront sa mort.

Franc*. — L'abbaye de Saint-Denis est exemptée de la juridiction épiscopale.

Lombard*. — Les Lombards, après la mort du fils de Ilotharis, prennent pour roi un neveu de la reine Théodelinde, qui est, comme elle, de race bavaroise et catholique.

Vl*lgotb*. — Le neuvième concile de Tolède ordonne que l'élection du roi ait lieu dans l'endroit où le dernier prince sera mort ; qu'elle soit faite par les évêques qui s'y trouveront présents et par les grands du palais. — Le roi régnant, fils de ChinJaswindc, s'engage pour lui et pour ses successeurs à ne lever d'impôts que du consentement de la nation; le roi n'exerce plus que le pouvoir executif sous le contrôle dos conciles nationaux.

Arabe* et Cirées. — Moaviah, qui pensait à attaquer Constantinople, est retenu sur les côtes de Lycie

par la flotte de l'empereur Constant:

une bataille navale est gagnée par les musulmans.

Arabe*. — Une révolte, à Médine même, cause la mort violente du calife Othman. — Ali, cousin et gendre du prophète, malgré Aycsha, fille d'Abou-bekre , le remplace dans le califat. Aycsha arme contre Ali Zobcïr et Telha, qui sont vaincus et tués, près de Bassorah, à la journée du Chameau; Moaviah et Amrou sont aussi les ennemis d'Ali.

Franc». — Grhuoald , maire d'Auslrasic, de la maison de Pépin de Landen , entreprend de faire roi son propre (ils, après la mort du tïls de Dagobert, Sigcbert II; son usurpation est punie. La royauté mérovingienne subsiste de nom même en Austrasie. Clovis II , roi de Neustrie et de Bourgogne, meurt peu de temps après son frère ; il laisse trois fils.

VUlgothft. — Un canon du onzième concile de Tolède porte que les enfants offerts dans les monastères, parleurs parents, jusqu'à l'âge de dix ans, ne pourront plus rentrer dans la vie du siècle.

Grande-Bretagne. — Le roi

de Mercie, qui avait épousé une fille du roi de Kent, embrasse la religion chrétienne, dans laquelle il fait élever ses enfants.

Franc*. — Le maire Erkinoald a pour successeur Ébroïn.

Arabe*. «— Après une guerre ci* vile qui partage tous les musulmans entre le calife Ali et les gouverneurs dépossédés Moa\iah et Amrou, Ali est assassiné, près de Coufah, par un des trois fanatiques qui voulaient, par un triple meurtre, rendre la paix à l'Arabie. Vénération des musulmans pour le tombeau d'Ali, à Coufah, comme pour celui du prophète

VIIe SIÈCLE APRES J. C

à Médine. — Rivalité sanglante, pendant six mois, entre Hassan, fils aîné il'Ali, et Fommiade Moaviali, qui décide son compétiteur à abdiquer et reste seul calife. — Moaviali résidera à Damas, dans la Syrie, son ancien gouvernement; sa famille occupera héréditairement le califat pendant quatre-vingt-dix ans.

Empire d'Orient* — L'empereur Constant II, odieux au peuple de Constantinople par ses débauches et par ses crimes, quitte l'Orient pour aller mener une vie d'aventure et de rapine sur les côtes d'Italie et de Sicile.

Grande-Bretagne. — Le roi de

Sussex , vaincu par le roi de Mercie, reçoit de lui l'obligation de se faire baptiser.

lombards. — Le duc lombard de Bénévent, Grimoald, dépouille de la royauté les petits-neveux de Théodclinde : il a assassiné l'un d'eux; l'autre, Pertharit, s'est réfugié en Pannonie, chez les Avares.

Empire d'Orient et Borne.—

L'empereur Constant II ne se montre à Rome que pour enlever ce qu'il y trouve de plus précieux; il vole ses propres sujets.

Arabe». — L'Arabe Ben-Hadidje essaye la conquête de l'Afrique.

Lombards. — Le roi Grimoald porte la désolation dans la Pentapole grecque.

Empire d'Orient. — Depuis 'béraclide Constantin Pogonat, qui commence à régner en C68 , les empereurs de Constantinople négligent la formalité, observée encore malgré l'abolition du consulat par Justinien,

de se faire proclamer consuls , aux calendes de janvier qui suivaient leur inauguration impériale.

Arabes et Grées. — Le musulman Oucba ou Akbé, qui croit l'Afrique conquise à l'islamisme, fonde dans une position magnifique pour le commerce, un peu au sud de Cartilage , à quatre kilomètres de la mer, la ville de Kaïroan. Les Grecs ont encore tout le littoral , de Cartilage à Tanger. — Oucba sera chassé par les Grecs, unis aux Berbères qui vivent dans les montagnes.

Francs. — Les chefs de l'Austrasie et de la Bourgogne, le duc austrasien Vulfoald, et l'évéque d'Autun, saint Léger, conspirent contre le maire de Neustrie Ebroïn, qui gouverne au nom d'un des petits-fils de Dagobert !•% Thierry III.

Lombards. — Après la mort de Grimoald, la famille bavaroise ressaisit, avec Perlbarit, la couronne lombarde.

Arabes et Grecs. — Yésid, fils du calife Moaviali, commence une série d'attaques maritimes, qu'il renouvellera pendant sept ans de suite, contre Constantinople ; le feu grégeois, récemment inventé par un Syrien , sauve les Grecs.

vlslgoth*. — Wamba est le premier roi sacré par l'archevêque de Tolède. Quatre années de guerre , pour réduire la Septimanie révoltée.

Bulgares et Grées. — Los

Bulgares, peuple scythe ou sarmate, qui ont pris position dans l'ancienne Mœsie, au sud du Danube, reçoivent un tribut de Constantinople; ils seront pendant plusieurs siècles l'effroi de l'empire.

Francs. — Après la mort vio-

VIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

lente de Dagobert II , fils de Sigebert II , r Australie n'a plus de rois mérovingiens; elle est gouvernée par ses ducs, Martin , fils de Wulfoaid , et Pépin d'Héristal, petit-fils de Pépin 4e Landen.

Arabes. — Mort de Moaviah.

Soulèvement contre les Ommiades :

Hossein, fils d'Ali, qui a résisté dans Goufia, est mis à mort; révolte des villes saintes Médine et la Mecque ; la Mecque restera douze ans à Abdallah, fils de Zobeïr; révolte de l'Egypte et de la Perse. — Les descendants d'Ali vivent retirés à Médine ; la secte religieuse des alides forme un schisme chez les musulmans.

Empire d'Orient et Rome. —

Un concile tenu à Rome par le pape Agathon, à la demande de l'empereur Constantin Pogonat, prépare le septième concile général , convoqué à Constanlinople pour la fin de Tannée. — L'Église romaine est affranchie, par l'empereur, du tribut qu'elle payait à l'ordination de chaque pape ; mais la cour de Constanlinople se réserve toujours le droit de confirmer les papes élus.

Franc*. — Les ducs d'Austrasie Martin et Pépin d'Héristal sont vaincus par Ebroln à Leucofao, près de Laon.

ViMlgothf*.— Un comte d'origine grecque, après avoir essayé d'empoisonner le roi Wamba , se fait élire par les Yisigoths.

Empire d'Orient. — Le concile général de Cpnstantinople , tenu en présence de l'empereur* de novembre 680 à septembre 681 , anathématise les dogmes impies des monothélites, et les monothélites eux-mêmes, sans excepter la mémoire du pape Honorais* qui avait, en 633, protégé leUrs doctrines. — Après les délibérations du concile général , les nielquites d'Alexandrie et de VÈ-

gypte renoncent au monothélisme qui était leur croyance depuis cinquante ans; l'Égypte n'a plus qu'une secte d'hérétiques, celle des jacobites.

Francs. — Le maire deNeustriex Ebroln, meurt assassiné.

Arabes et Crées. — Le dernier empereur héraclide Justinien II, par un traité honteux avec le calife Abdel- Malek, s'engage à interdire la guerre contre les musulmans aux Mardaltes ou Maronites , les montagnards de la Syrie qui servaient de rempart à l'empire.

Francs. — La bataille de Testry, dans le Vermandois, décide du sort de la mairie neustrienne et de la race de Mérovée. Le duc austrasien Pépin d'Héristal fonde la puissance de sa maison dans les trois royaumes, sans prendre le titre de roi qui est laissé encore à des Mérovingiens.

Arabes et Crées. — L'expédition du musulman Zobeïr contre les Grecs d'Afrique, d'abord heureuse , lui coûte la vie. Le calife Abdel-Malek % qui ne jouit pas encore de la paix À l'intérieur, suspend la guerre pour près de dix ans.

Grande-Bretagne. — Un roi

de Wessex va recevoir le baptême à.

Rome des mains du pape Sergius ; 11 meurt peu de jours après. Le trône de Wessex est occupé alors par Ina.

Germanie. — Pépin favorise la mission du prêtre Willibrod chez les Frisons , ennemis de la race frauque.

Empire d'Orient et Rome. — .

Le concile tenu à Constanlinople tn Trullo, dans le dôme du palais, qu'on

VIIe S1BCLB

regarde comme un supplément des deux derniers conciles généraux, n'a pas autorité en Occident; le pape Sergius ne voulut ni en lire, ni en souscrire les canons. L'un d'eux permet aux sous-diacres, diacres et prêtres, qui étaient mariés avant leur ordination, de garder leurs femmes.

Kmplre d'Orient et Rome.—-

L'empereur Justinien II ne réussit pas, comme Constant, à faire enlever de Home le pape Sergius, qui n'a pas voulu accepter les canons du concile in Trullo.

Arabes. — Soixante -seize ans après l'hégire, est frappée la première monnaie arabe. Les Arabes s'étaient servis jusque-là de la monnaie des Grecs et de celle des Perses.

Empire d'Orient. — Au moment de faire massacrer de nuit tout le peuple de Gonstantinople , Justinien 11 est une première fois déposé ; il trouvera asile chez les Turcs khazares , au nord de la mer Noire , et chez les Bulgares.

APRÈS J. c. 203

Arabe* et Grec». — Le calife Abdel-Malek met au service d'Hassan, gouverneur de l'Ëgypte, toutes les ressources de sa province pour tenter un vigoureux effort contre les Grecs et les Berbères d'Afrique. Kalroan est promptement reprise; les habitants de Garthage fuient à son approche ; Hippozarytos (Biserte), près d'Utique, est forcée de se rendre.

Les Grecs n'avaient plus qu'Hipponc, quand le patrice Jean, envoyé de Gonstantinople, vient ressaisir Cannage.

Venlae. — Les habitants des lies confédérées de la Vénélie, pour mettre fin aux dissensions qui s'élevaient souvent entre leurs magistrats , suppriment la magistrature des douze tribuns el la remplacent par la charge de doge ou de duc, magistrat unique, suprême et perpétuel, électif. Le premier doge est Paul Anafesto.

Arabe» et Grec*. — Hassan attaque par mer les Grecs qui défendent Cartilage; la ville est reconquise, les murailles sont rasées et les édifices détruits. Garthage est anéantie à jamais.

VIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

APERÇU GÉNÉRAL

Depuis rindus jusqu'au sein de l'Espagne, qui est enlevée aux Visigoths dans les premières années de ce siècle, vingt peuples plient sous les armes des musulmans. Déjà leur empire a acquis une telle vigueur, qu'il est à peine affaibli par la révolution sanglante qui fait passer le califat de la famille desûmmiades à celle des Abbassides : l'Espagne reste seulo aux Ommiades. Ces derniers ne peuvent étouffer la résistance des rois des Asturies ; Oviédo sera le berceau de puissantes dynasties chrétiennes.

VIIIe SIÈCLE APRÈS J. C

Les Anglo-Saxons sont en proie aux guerres civiles. La suprématie semble enlevée aux Saxons par les Angles pendant le règne d'Offa.

Les Lombards jettent un assez vif éclat sous leurs rois Luitprand, Astolphe et Didier. Lorsqu'ils ne se contentent pas d'attaquer les Grecs; lorsqu'ils font trembler les pontifes romains, que les hérésies et les violences des empereurs iconoclastes ont placés à la tête de l'Italie orthodoxe et de la république romaine , ces princes attirent contre eux les armes de Pépin le Bref et de Charlemagne qui réalisent la dernière pensée de Charles Martel.

Ce Dis de Pépin d'Hérislal s'était déjà fait un renom populaire de bravoure par la grande victoire qu'il avait gagnée entre Tours et Poitiers sur les Sarrasins d'Espagne. Pépin le Bref, maire du palais des trois royaumes, après la retraite de Carloman, détrône le dernier roi fainéant. Vainqueur des Saxons, des Bavarois, des Musulmans, des Lombards, du duc mérovingien d'Aquitaine, il trace la voie des conquêtes et des améliorations sociales à son fils Charlemagne. La puissance de Charlemagne s'étend sur presque tout l'Occident. La royauté lombarde est détruite. Quoique le maître de l'Italie se réserve la dignité de patrice et reçoive bientôt celle d'empereur, les évêques de Rome trouveront l'affermissement de leur pouvoir temporel dans cette révolution qui semblait devoir l'annuler complètement. Rome, siège de l'Église, ne sera pas la résidence du nouvel auguste ; et les papes administreront le territoire romain comme délégués de l'empereur d'Occident, en attendant qu'ils s'affranchissent de toule tutelle étrangère.

Les conquêtes de Charlemagne sont moins admirables et d'un effet moins solide, que le zèle qu'il a mis à civiliser ses peuples par les lois, par la religion, par les lumières. Il fonde et retient dans sa main, avec un peu de despotisme, mais pour le bien de tous, un gouvernement intérieur qui domine tous les éléments confus de la société. Dans un monde où les droits, les privilèges, les servitudes étaient à la merci de la force et des circonstances, où l'on comptait autant de législations particulières qu'il y avait de races diverses, soumises ou tributaires, où l'aristocratie des bénéficiers et le clergé n'avaient pas de pouvoirs circonscrits, il fallait bien qu'il y eût un maître. Les assemblées nationales et les envoyés royaux chargés de veiller à l'exécution des capitulaires contribuent à la centralisation nouvelle.

Les efforts de Charlemagne pour ranimer la littérature sont plutôt marqués par la multiplication des écoles que par d'importantes publications d'ouvrages. L'Anglo-Saxon Alcuin , qui dirigeait l'école du palais, et qui a ranimé le goût des études dans la célèbre abbaye

VIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.

de Tours, laisse quelques œuvres médiocres en prose et en vers. La muse du Golh Théodulphe est un peu moins barbare. Éginhard est l'hislorien de ce règne; nous avons de lui des Annales et la Vie de Charlemagne. La fameuse chronique latine De vita et gestis Carolimagni n'a pas été composée par le véritable Turpin , archevêque de Reims , un des amis du roi franc. Un Irlandais , Jean le Scot, ou Érigène , cherche à mettre d'accord la théologie chrétienne et le néoplatonisme d'Alexandrie. Des livres d'Aristote, mal traduils, sont la base do l'enseignement scolastique : on y cherche des méthodes , on y recueille des subtilités.

Les Grecs n'offrent pour ce siècle que la chronographie de George le Syncelle, qui manque d'exactitude, et les travaux de Jean Damascène, défenseur ardent de la foi orthodoxe, qui a cultivé toutes les branches de la philosophie.

Les études profanes se sont réfugiées chez les Arabes, surtout depuis Haroun-al-Raschid , calife abbasside de Bagdad, contemporain de Charlemagne, presque son émule. Ils commencèrent par s'approprier, au moyen de traductions, les richesses de la littérature des Grecs, et s'ouvrirent bientôt à eux-mêmes, par le développement des sciences, surtout de l'algèbre et de l'arithmétique , des roules qui pouvaient sembler nouvelles. Aux études pratiques ils allient déjà la poésie.

Empire d'Orient. — C'est avec l'aide des Bulgares que Justinien 11 cuire à Constantinople. Il y exerce d atroces vengeances : Constantinople, Ravenne et Cherson, dans la Crimée, expient par le sang de leurs habitants le désir qu'elles ont montré de la chute d'un tel maître.

Arabes et hante Asie. — Au

nom du nouveau calife Walid, fils aîné d'Abdelmakk, Katibah, gouverneur du Khoraçan qui est au nord de l'empire perse , porte le Koran dans le Khowaresmc et dans laTransoxiane; il prend Samarcande. — D'autres armées arabes pénètrent dans le bassin de llndus, et, sur les

affluents de Test, dans le Moultan et le Lahore.

Arabes et Vlslgoths. — La

possession de l'Afrique est assurée aux musulmans par la réduction des Berbères; les Arabes d'Afrique enlèvent aux YisigoUis les Iles Baléares.

Francs et Germanie. — Commencement d'une lutte opiniâtre qui dure pendant trois années entre les Francs et les Germains idolâtres au delà du Rhin.

visigoths. — Le roi Vitiza est déposé pour ses cruautés; Rodrigue,

VHlê SIÈCLE APRÈS J. C.

dont le père avait eu les yeux crevés par son ordre, lui fait subir le même supplice et prend sa place sur le trône. Les 01s de Yitiza, l'archevêque de Tolède et le gouverneur de Ceuta, sur la côte d'Afrique, conspirent contre le nouveau roi.

Arabes et irislgoths. — A la

demande des ennemis de Rodrigue, Musa, émir d'Afrique pour le calife Walid, fait passer en Espagne Tarik- Abdallah. Sept mille musulmans franchissent le détroit et occupent Calpé, aujourd'hui Algéziras. Le mont Calpé prit le nom de mont de Tarik, Djebai-Tarik (Gibraltar). Le combat livré par Rodrigue, entre l'embouchure du Bétis et le fleuve Léthé(Guadalète), à Xérès de la Frontéra, décide de son sort et de celui de l'Espagne chrétienne. En quinze mois les musulmans la parcoururent jusqu'à l'extrémité du nord. — Les montagnes des Asturies servent de refuge aux plus braves et aux plus zélés disciples du Christ.

Empire d'Orient* — La chute sanglante de Justinicn II met lin à la dynastie des Héraclides. — Constantinople aura en six ans quatre empereurs, tour à tour engendrés et dévorés par l'anarchie.

Lombard*. — Le Lombard Ansprand, peut-être originaire de Bavière, mais hostile à la maison de Théodellnde, dépouille du trône le dernier représentant de celte famille, et est reconnu roi. A sa mort, peu de mois après, son fils Luitprand iui succède.

Arabes et Espagne. — Les

villes qui capitulent, moyennant un tribut, sont maintenues dans leurs ri'viléges et leurs lois ; mais le droit affreux de la guerre est exercé sur celles que les musulmans emportent d'assaut. Reddition de Tolède, après

un long siège.— Quoique les Arabes soient les véritables et les premiers conquérants mahométans de l'Espagne, on donne le nom de Maures aux nouveaux maîtres de la péninsule, qui recrutèrent leurs années en Mauritanie. — Les chrétiens , restés sous l'autorité musulmane, furent appelés Muzarabes ou Mosarabes. — Disgrâce de Tarik par Musa , de Musa par le calife. — Le gouverneur d'Espagne est nommé par l'émir d'Afrique qui tient ses pouvoirs du calife.

Francs. — Les Francs ont un roi et un maire qui sont tous deux âgés de six ans , sous la tutelle de Pépin d'Héristat , aïeul du jeune maire; les deux grandes institutions mérovingiennes sont avilies en même temps. — Mort de Pépin.

Arabes. — Le calife Walid, qui meurt en 715, a aboli l'usage de la langue des Grecs dans les actes publics de tout l'empire musulman ; l'idiome arabe dans lequel est écrit le Koran est la langue sacrée et nationale des fidèles. Plusieurs mosquées datent de son règne, à Damas, à Médine, etc. Il a imaginé le premier les tours appelées minarets , d'où y cinq fois par jour, le peuple musulman est appelé à la prière.

Arabes et Chine. — Des envoyés du calife Walid se sont rendus en Chine en traversant Kachghar, ville du Turkestan oriental, au delà du mont Bolor. Depuis lors, la route de terre , de Samarcande à Kanfou (peut-être Canton) en Chine, fut assez fréquentée par les arabes musulmans.

Arabes et Espagne. — Le fils de Musa, gouverneur de l'Espagne, ayant épousé Égilone, la veuve du roi visigoth Rodrigue , est assassiné par des Sarrasins. — Le siège du gouvernement musulman est établi à Cordoue.

.—Presque aussitôt après chrétiens visigoths réfugiés dans les

la mort de Pépin , la Neustrie prend montagnes des Asturies, combat les

pour maire Ragenfroy, qui est ca- musulmans,

pable de la défendre, et l'Austrasie FranejB. Cliarles Marle, ^

se donne à un fils naturel de Pé- a dfla élé valnqueuren 7l7 du malre

pin, Charles Martel alors âgé de de f!(euslrie HRagenfroy, à Vincy

trente ans; la lutte des deux pays ^ de ^bral* le bat encore à

recommence comme au temps d L- Soissons . j, reconnaît pour roi Chil-

brol0» péric 11, qui a défendu ses droits les

Borne. — Après une série de armes à la main. — Le Mérovingien

sept papes, originaires delà Syrie Eudes, duc d'Aquitaine, leur allié,

ou de la Grèce , qui occupe une pé- n'a pas osé livrer une bataille. —

riode de vingt ans, élévation au siège Charles récompense ses guerriers en

de Saint-Pierre d'un Homain , Gré- leur donnant les terres et les dignités

goire II. de l'Église.

Venise. — Un traité du premier 720.

doge de Venise avec le roi des Lom- , a .. - n „

KuxLœnd' règle ,es ,imi,es ^^^^&S£

des deux Etats. que ^ pTiMcessems on)mlade$ fai.

7| 7# saienl prononcer contre la mémoire

s d'Ali, afin de la rendre exécrable

Arabes et Crées. — Mouslé- aux peuples. Sa famille le punit d'un

ma, frère du nouveau calife Soliman, acte de justice et d'équité, en le fai-

traverse avec une armée de terre sant empoisonner.

l'Asie Mineure, prend PO^Uon dans CanIe Lcs §ar.

la Thrace à la ^^^.^^ rasins s'emparent de la Septimanic

vant Constantinople, qu une flotte de d Narbonne, possessions des VI-

dix-huit cents vodes vient menacer; «tff07hV ^

le feu grégeois et la mauvaise saison » •

causent d'immenses désastres qui font 721 •

mourir de douleur le calife. Apabeg ? E,pagne e,

Empire d'Orient. » Énergie — Zama , gouverneur de l'Espagne ,

du nouvel empereur Léon III, l'Isau- périt dans une grande bataille que lui

rien f dont la famille occupera pen- livre, près de Toulouse, Eudes, duc

dant quatre-vingts ans le trône im- d'Aquitaine.— Il s'était appliqué à or-

périal. ganiser l'Espagne musulmane : il a

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