réglé les impôts et déterminé la
paye des soldats ; il a envoyé au ca-
Germanle. — L'A nglo - Saxon Hfe une statistique de la péninsule Winfrid, célèbre sous le nom de pour lui en faire connaître exactesaint Boniface, venu à Rome reçoit du ment les ressources et les produits ; pape sa mission, pour travailler à la il a embelli Cordoue, où sont attirés conversion des peuples idolâtres de les savants, la Germanie. ^24.
nome. — Le pape Grégoire II
•établit le monastère du mont Cassin Arabes. — Le calife Yésid II ,
qui avait été détruit par les Lom- qui meurt en 724, s'est aliéné les
Dards cent quarante ans aupara- populations chrétiennes, en faisant
vaill# détruire , d'après les conseils d'un
' mja juif, toutes les images qui leur étaient
chères, dans les églises, sur les mu-
>. Pélage, le chef des railles et sur les vases sacrés.
Arabe* et Franc*. — Les Sarrasins d'Espagne portent leurs ravages à travers la Bourgogne jusqu'à Autun.
Franc* et Germanie. — Course dévastatrice de Charles Martel au delà du Rhin; les Bavarois payent tribut.
Grande-Bretagne. — Ina, roi de Wcssex et de Sussex, vainqueur des Saxons de Kent, des Angles de Mcrcic, des Bretons de Cornouailles, législateur de la Bretagne anglosaxonne, après trente-sept ans de règne, va visiter à Home le pape Grégoire II : il fonde dans cette ville le collège des Anglais; bientôt il renonce à la couronne et se fait moine.
Italie , Grecs et Borne. —
L'empereur Léon 111 l'Isaurien Interdit le culte des images, cl montre la résolution de les détruire : de là une révolte dans les lies Cycladcs et dans la Grèce, où pullulent les moines; la mer tègée était appelée la mer Sainte. — L'insurrection étant comprimée, Léon 111 ordonne la destruction des images dans les places publiques et les églises, en Orient et en Italie. Protestation courageuse du patriarche de Constantinople, Germain, pour la défense des saintes images; après quatre ans de lutte, il renonce à sa dignité. — Les Romains chassent le duc grec; le pape commence à exercer dans le duché une sorte d'autorité temporelle.
Grées et Lombards. — Le roi
Luitprand profite de l'agitation que cause en Italie l'édit impérial contre les images, pour se jeter sur l'exarchat de Havenne,etsur la Pentapolc; il entre dans la marche d'Ancône et dans le duché de Home.
Grecs, Lombard*, nome et
Venise. — Les Vénitiens aident l'exarque grec Kutychius à enlever aux Lombards R aven ne et la Pentapolc. L'exarque et le roi lombard , réconciliés , s'entr'aident pour frapper les ducs lombards de Spolète et de Bénévcnt, hostiles au roi, pour assiéger Home , foyer de l'insurrection italienne contre l'empereur grec. Le pape vient au-devant de Luitprand et le désarme par ses paroles.
Borne. — Lettres dogmatiques de Grégoire II, à l'empereur, sur le culte des images; elles sont trèsénergiques et provoquantes. L'Italie est mise en feu par les rigueurs des briseurs d'images, ou iconoclastes.
Arabes et Francs. — Un gouverneur rebelle de Ccltibérie, Abou- Neza, ou Munuza , s'unit contre le gouverneur général de l'Espagne , Abdérame, au duc d'Aquitaiue, Eudes, et épouse sa fille.
Grecs et Borne. — Le nouveau pape, Grégoire III, d'origine syrienne, est le dernier dont l'élection soit confirmée par l'exarque, au nom de l'empereur de Constantinople. Il adresse à Léon l'Isaurien des lettres menaçantes, pendant que les Italiens sont en armes.
Arabes et Francs. — Les Sarrasins, venus jusqu'à Sens, sont repousses par l'évéque de cette ville, du côté de la Loire. Bataille entre Tours et Poitiers, gagnée par Charles Martel, sur l'émir d'Ksnagne Abdérame; l'émir est tué (octobre). Cette journée glorieuse n'affranchit pas complètement la Gaule de l'invasiou musulmane.
Borne. — Quatre"- vingt- treizo évùques réunis eu concile à Home rendent une sentence d'excommunication contre les iconoclastes.
VIIIe SIÈCLE APRÈS J. G
Grec* et Halte. — Léon l'Isaurien arme une flotte pour réduire le pape, les Romains et les Grecs d'Italie ; la tempête la détruit dans PAdriatique. Les débris de l'armement sont anéantis à Ravcnne par le peuple révolté.
Arabes et Francs. — Charles Martel, qui combat depuis quatre ans les musulmans dans la Bourgogne méridionale et dans la Provence, où l'esprit d'indépendance des leudes et des évêques était favorable à l'invasion, s'avance à l'ouest, saccage Avignon et incendie les arènes de Nîmes.
Espagne. — Les dissensions de l'Espagne et surtout les révoltes terribles des Berbères, dans l'Afrique musulmane, profitent aux Francs et aux chrétiens des Asturies. — Ces derniers perdent leur chef Pelage; son lils lui succède.
Francs. — Charles Martel , à la mort de Thierry IV, laisse pendant ciuq ans la nation sans roi.
Francs et Germanie. — Après plusieurs expéditions contre les Saxons et contre les Frisons, Charles Martel en obtient un tribut.
Venise. — A la suite d'une élection tumultueuse , le doge à vie est remplacé par un maître de la milice, magistrat annuel.
Arabes. — Révolte impuissante d'un petit-fils d'Hossein, contre le pouvoir des Ommiades, à CoufTa.
Espagne. — L'esprit turbulent des soldats et des capitaines arabes , qui étaient venus d'Espagne en Afrique combattre les Berbères révoltés; les rivalités de race entre les troupes originaires de Syrie et d'Arabie d'une part, celles d'Égypte et de Barca de
l'autre, ensanglantent pendant plusieurs années l'Espagne musulmane.
— Les deux chefs des factions saisissent tour à tour la dignité d'émir.
Lombards et Rome- — La
protection, que le pape et le peuple de Rome donnent au duc lombard de Spolète révolté, attire les armées du roi Luitprand dans le duché de Rome.
Orient. — Un tremblement de terre couvre de ruines Constantinoplc, plusieurs villes de Thrace, Nicée, Nicomédie, etc.; ébranlements souterrains en Égypte et dans diverses parties de l'Orient.
Empire «T orient. — Mort de Léon l'isaurien ; son lils Constantin Copronyme lui succède à vingt deux ans.
Francs. — Charles Martel, appelé en Italie par Grégoire III contre le roi des Lombards Luitprand , offre sa médiation, mais ne passe pas les Alpes. Avant de mourir il partage le territoire franc et l'autorité, entre ses fils Carloman et Pépin le Bref.
Rome. — Mort de Grégoire III ; il a pour successeur Zacharie.
Espagne. — Alphonse I,r, dit le Catholique , deuxième successeur de Pélage, son beau-père, enlève aux Sarrasins une partie de la Galice, au moment où leurs dissensions les laissent sans gouvernement.
Francs. — Childéric III, fils de Chilpéric II, est placé sur le trône par les deux frères carlovingiens.— Leur mairie est remplie de guerres contre les Alamans, les Bavarois, les Saxons, les Aquitains et les Vascons.
Retour aux institutions germaniques; fréquente convocation des assemblées nationales , les champs de Mars ou de Mai.
Venise. — La dignité de doge »
VIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
est rétablie et ne sera plus supprimée.
Espagne. — Les chrétiens des Asturles occupent Astorga , Léon et une partie du pays adossé au versant méridional des montagnes.
Francs. — Le maire d'Austrasie, Carloman, laisse au missionnaire de la Germanie, saint Bonlface, le soin de présider et de diriger le concile de Leptines, dans le Hainaut. Ce concile réforme la discipline ecclésiastique, reconnaît la règle de saint Benoît pour les moines, et autorise les princes à disposer, a titre de bénéfices précaires, d'une partie des biens de l'Église, pour récompenser les services des guerriers qui combattent les Sarrasins, les Saxons et les Bretons; mais le droit de propriété sur ces terres est réservé à l'Église.
Lombard* et nome.— Le pape Zacharie s'entremet , au nom de l'exarque grec Eutychius, pour sauver Ravenne et la Peniapole de la domination lombarde.
Franc*. — Le concile de Soissons, tenu en présence du maire Pépin, applique à la Neustrie les réformes ecclésiastiques décrétées à Leptines.
Lombard*. — Presque aussitôt après la mort de Luitprand, les Lombards, ne voulant pas de son neveu , font roi le duc de Frioul Ratchis, qui devait son duché à Luitprand.
Espagne. — Un nouvel émir, après la réduction des rebelles de l'Afrique, pour faire cesser les rivalités sanglantes des soldats de l'Espagne , et les intéresser au repos oar le travail, leur partage par nation les territoires les plus riches de <a péninsule ; il donne à chaque cohorte , composée de soldats do même race,l e pays qui ressemble le plus a la patrie originaire , par la
situation, le climat et les productions. Il place les Égyptiens et les Arabes à Lisbonne et à Béja, au sudest, entre les montagnes et la Guadiana ; les Syriens de Damas à Elbira, près de Grenade; ceuxd'Hémèse à Séville et à Niébla, un peu à l'ouest; ceux de la Palestine à Algéziras et à Sidonia; les musulmans de l'Irakarabi et de l'Irak-adjémi , et ceux de l'Afrique dans des provinces plus éloignées. — Naissance de deux nouvelles factions, la faction des Égyptiens sous l'ardent Samaîl , et la faction des Arabes de l'Yémen. On accusait l'émir de protéger ces derniers.
Arabe*. — Le calife ommiade Merwan II, malgré ses grandes qualités , est impuissant contre les révoltes; un parti puissant se forme autour d'Ibrahim , descendant d'Anbas, l'oncle du prophète.
Empire d'Orient. — Les Slaves voisins du Danube envahissent la Macédoine et le Péloponnèse, où leur race se conserve pendant des siècles.
Arabe*. — Après la mort d'Ibrahim, son frère Aboul-Abbas, âgé de vingt-six ans, lui succède â la tête des rebelles.
Espagne. — Au milieu de l'anarchie, perpétuée par les divisions des tribus, l'émir Yousouf, do la tribu des Koreichites comme le prophète, est pour quelque temps obéi de tous, môme de Samaîl auquel il a donné le gouvernement de Tolède. Il reprend les grands travaux de ponts, de mosquées et de routes militaires; ordonne un dénombrement de tous les pays de l'émirat, qui forme cinq provinces ayant pour capitales : Cordoue, Tolède, Mérida, Saragosse et Narbonne.
Francs. — La retraite de Carloman qui se fait moine en Italie, au mont Cassin, laisse seul maire des Francs son frère Pépin le Bref.
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Lombards. — Le roi Ratchîs se fait moine au mont Cassin ; son frère Astolphe est élu roi.
Arabe*. — Merwan II, battu sur un affluent du Tigre, le Zab, par un oncle d'Aboul-Âbbas , ne trouve pas d'asile sûr, même en Egypte; Il est tué dans une mosquée: avec lui finit en Orient la dynastie des Ommiades (10 février). Les princes de sa famille seront immolés par Aboul-Abbasqui est reconnu calife à Gouffa (18 février), et à Damas cinq mois après.
— Les Àbbassides ont pour cinq siècles le califat
Empire d'Or le ni. — Constantin Copronyme , qui avait épousé la fille d'un prince des Khazares, peuple établi entre la mer Noire et le Palus - Méotlde , associe à l'empire son fils Léon, âgé d'un an seulement.
Francs. — Du consentement des leudes et des évéques , et avec Tassentiment du pape Zacharie , Pépin te Bref fait déposer Gbildéric 111 qui achèvera sa vie dans un monastère en 75S; il est proclamé et sacré roi à Soissons : le sacre a lieu par les mains de saint Boni face , archevêque de Mayence, missionnaire de la Germanie. La mairie du palais n'existe plus sous la royauté carlovingienne. — Commencement de la conquête de la Septimanie, que favorise l'inimitié des Visigotlis contro les musulmans.
Grées et Lombard». — L'empereur Constantin Copronyme persécute, comme son père, les défenseurs des images , surtout les moines ; beaucoup sont jetés en prison et mutilés. — Le roi lombard, Astolphe, fait la conquête définitive de l'exarchat de Ravenne, et de la Penlapole ; l'exarque grec Eutychius se retire à Naples.
Francs. — Les canons du concile de Verberle sur l'Oise concernent le mariage et les délits d'inceste.
Franc*. — Le pape Ëtlenne II.
qui vient demander assistance aux Francs contre le roi lombard Astolphe, sacre de nouveau Pépin avec ses deux fils, et formule l'anathème contre les ennemis de la nouvelle dynastie.
Lombards. — Le roi Astolphe confirme les lois de Rotharis et de Luitprand.
Orient muaulraan. — A la
mort d'Aboul-Abbas, les dix premières années du califat de son frère Abou-Giafar Almanzor, ou le Victorieux, sont inquiétées par les prétentions au trône de leur oncle Abdallah, dont Almanzor se débarrassera enfin par une cruelle perfidie.
Espagne. — L'Ommiade Abdérame, qui avait échappé au massacre de sa famille ordonné par les Abbassides, est appelé de l'Afrique pour gouverner l'Espagne; il fonde dans la péninsule un pouvoir souverain et héréditaire. — Yousouf et Samall , réunis contre le nouvel élu , ne ré sisteront ensemble qu'une année.
Francs. — Dans le concile de Vernes, on ordonne que deux conciles soient tenus tous les ans au mois de mars et au mois d'octobre.
Francs, Lombards et Rome.
— Expédition des Francs carlovingiens en Italie. Aucun roi, depuis l'Austrasien Childebert II , n'avait porté la guerre au delà des Alpes.
Astolphe, enfermé dans Pavie, renonce à l'exarchat de Ravenne et à la Pentapole, que Pépin donne à Julienne IL— Commencement de la puissance temporelle des papes, par la formation d'un domaine ecclésiastique.
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Franc» et Lombards. — Pépin rentre en Italie, pour faire tenir ses promesses au roi lombard , qui est allé se venger de ses défaites sur le pape, et a assiégé Rome.
Lombards. — Après la mort d'Astolphe, le duc d'Istrie, Didier, est choisi pour roi, par l'influence d'Étienne II.
Venise. — La puissance du doge à vie est limitée par la création de deux tribuns annuels.
Espagne. — Le nouveau roi des Asturies appelle auprès de lui les évêques dispersés par l'invasion musulmane, et fait rendre, dans un concile national, des décrets contre le mariage des prêtres.
Francs. — Les Bavarois reconnaissent la suprématie de Pépin.
Guerre contre les Saxons.
Francs et Crées. — L'empereur de Constantinople courtise l'amitié du roi des Francs , sans doute pour recouvrer les possessions italiennes.
Grande - nretagne. — Avènement d'Offa, roi de Mercie , qui réunira toute l'heptarchie sous ses lois.
Kspagne. — Tolède , la dernière ville qui tenait pour Yousouf , envoie sa tête à Abdéramc comme gage de soumission. Abdéramc établit son siège à Cordoue; il prend le titre simple d'émir, et non celui d'émir Al-Moumenin ou Miramolin (suprême seigneur des croyants), non plus que celui de calife , qu'il laisse aux Abbassides. — 11 accorde une trêve de cinquante ans aux chrétiens du nord, moyennant un tribut d'or, d'argent , de chevaux, de mulets, de cuirasses, crêpées et de lances.
Francs. — L'occupation de Narbonne, par les Francs, prive les musulmans de ce qui leur restait en
Gaule. — Pépin commence une guerre à outrance contre le Mérovingien Waïfrc, duc d'Aquitaine.
Espagne. — En commémoration d'une grande victoire gagnée, en 769, sur les musulmans, le roi chrétien Frolla bâtit Oviédo, qui devient bientôt une ville épiscopale et la résidence du roi.
Espagne.— Abdérame fait commencer les beaux jardins de Séville.
Orient mnsnlman. — Le calife Almanzor détruit les villes de Gtésiphon et de Séleucie, sur le Tigre, et élève, sur la rive droite du fleuve, la ville de Bagdad, qui sera le siège de l'empire abbasside. — Le goût des lettres, des sciences et des arts est héréditaire chez les premiers Abbassides.
Empire d'Orient. — Les patriarches de Jérusalem , d'Antioche et d'Alexandrie frappent en commun d'une sentence d'excommunication un évéque iconoclaste de Philadelphie, en Syrie.
Espagne. — Abdéramc, auquel les révoltes de Tolède et de toute l'Andalousie ont à peine laissé un instant de repos depuis son avènement, est assailli sur les côtes d'Al- Garb , au sud-ouest de la péninsule , par le wali d'Afrique, que le calife abbasside a chargé de le dépouiller comme usurpatenr. Le wali vaincu eut la tête coupée. — Les révoltes, à l'intérieur, et les incursions des Africains se renouvellent.
Bulgares et Grecs. — L'empereur Constantin Copronyme s'engage audacieusement sur les terres des Bulgares qui ont tant de fois dc-
vasté les provinces ; il rénétera souvent ces expéditions.
Empire d'Oricut.— Constantin Copronyme ordonne à tous ses sujets de promettre par serment, devant es magistrats, de ne jamais rendre aucun culte aux images. Le patriarche de Consianlinople est un des plus empressés à obéir.
ENpasne. — Réparation des murs de Cordoue ; construction d'une citadelle.
Empire d'Orient, — Disgrâce terrible du patriarche de Constantinoplc; il est déposé, livré aux outrages du peuple, frappé du bâton, jeté dans un cachot et décapité à l'amphithéâtre.
Espagne. — Le roi d'Oviédo poignarde lui-même son frère, dont les vertus rendent le meurtre plus horrible.
Espagne. — Froïla est tué par les grands qui craignent d'être victimes de sa cruauté; anarchie du petit royaume d'Oviédo.
Franc».— L'assassinat de Walfre, ordonné peut-être par Pépin, livre à celui-ci l'Aquitaine, qui a souffert pendant huit ans toutes les horreurs de la guerre. Pépin, mourant, partage son royaume entre ses fils Charles et Carloman.
Franc». — Courte guerre des Francs contre le père de Walfre, Hunald, qui est sorti d'un monastère pour se mettre à la tête des Aquitains. La mort de Carloman laisse tout le royaume à son frèic, âgé alors de vingt-neuf ans. — Charlemagne, presque tous les ans, convoquera les assemblées générales dans lesquelles on prépare les capituluires ; point de résidence fixe , le gouvernement siège
là ou est l'armée. Il fera tous ses efforts pour régénérer l'Kglise; jusqu'à l'an 800, vingt conciles seront tenus en Gaule.
Lombards. — Grandeur de la royauté lombarde sous Didier : deux de ses filles avaient épousé Charlemagne et Carloman , une autre Tassillon, duc des Bavarois; son royaume sert d'asile au Mérovingien Hunald, qui s'est échappé des mains de Charlemagne, ainsi qu'à la veuve et aux fils de Carloman , dépouillés par Charlemagne de leur part d'héritage.
Franc» et Saxons. — Charlemagne commence une guerre, qui durera plus de trente ans, contre les Saxons , peuple germain idolâtre ; leur principal chef est Witikind.
Espagne. — Abdérame améliore les ports de Tarragone, de Tortose , de Carthagcnc, d'Almérie, d'Algéziras, de Cadix, de Séville, et les met en état de défense, pour n'être pas surpris par les walis d'Afrique qu'excitent à la guerre les califes de Dagdad.
Francs, Lombards et Rome.
— Après deux campagnes faites à la demande du pape Adrien 1er, Charlemagne détruit la domination royale des Lombards, au profit de la maison carlovingienne et de la papauté; les villes de Pavie et de Vérone sont restées les dernières fidèles à Didier et à son fils. — Les donations de Pépin, qui cédaient à TÉglise de Home l'exarchat de Ravenne, la Pcntapole, le duché de Rome , une partie de la Toscane avec le duché de Péiouse, sont confirmées et étendues; mais le titre de patrice laisse à Charlemagne la suprématie, même sur les terres pontificales. — Amitié d'Adrien 1er et de Charles. — Didier est emmené prisonnier.
214 vnr SIÈCLB après J. c.
linlgares. — Un chef des Bulgares échappe à la haine de ses peuples, en venant se réfugier à Constantinople, où il reçoit la dignité de patrice, se fait chrétien et épouse une princesse byzantine.
Francs. — Charlemagne, dans la même année, frappe les ducs lombards, alliés aux Grecs, et les Saxons. — Achèvement de l'église abbatiale de Saint-Denis , que Pépin le Bref avait fait reconstruire : ce qui subsiste de cette reconstruction est un des rares monuments de l'art carlovingien au vm* siècle.
Franc». — Benoît d'Aniane, fils du comte de Maguelonne, réforme lès monastères de l'Aquitaine.
Venise. — Les Vénitiens, par attachement pour leur doge, lut associent son fils; l'exemple de partager ainsi le pouvoir ne fit pas loi, mais se renouvela quelquefois.
Francs et Espagne. — Appelé par les émirs de Saragosse et d'Aragon contre leur souverain Abdérame, Charlemagne conduit les Francs dans la Navarre et dans la vallée septentrionale de l'Èbre. — Célébrité épique de la journée de Uoncevaux où périt l'arrière-garde des Francs avec le paladin Roland, neveu de Charlemagne.
Francs. — Le concile tenu à Duren, sur le RoCr, affluent de la Meuse , oblige les sujets de Charlemagne à payer la dîme à l'Eglise.
Empire d'Orient. — L'empe- Teur Léon IV, le Khazare, la dernière année de son règne, persécute, comme l'avaient fait son père et son aïeul , les défenseurs des images. 11 laisse un enfant de neuf ans , Constantin, dont la tutelle sera exercée
avec une énergie souvent cruelle par Irène sa mère.
Francs et Saxons. — Les terres des Saxons vaincus sont partagées entre les comtes militaires et lesévôques.— Décrets de Charlemagne contre ceux qui, une fois baptisés, seront retournés aux idoles : une assemblée moitié ecclésiastique, moitié laïque, décide la fondation de cinq évéchés, à Minden, à Halberstadt, à Verdenv à Paderborn, à Munster.
Arabes et «recs. — Les deux fils du calife envahissent les terres de l'empire grec ; l'un d'eux, Haroun, parcourt la province de Pont, et vient jusqu'au Bosphore. Irène, qui gouverne au nom de Constantin V, achètera honteusement la paix.
Francs. — Charlemagne, rappelé en Italie par les complots des Lombards et des Grecs, fait sacrer par Adrien 1er ses deux fils, Pépin et Louis, rois d'Italie et d'Aquitaine; ils sont âgés l'un de quatre ans et l'autre de trois. Sa dynastie prend ainsi possession des plus récentes conquêtes. — Le chef des Bavarois f Tassillon, reconualt la suprématie des Francs.
Orient musulman. — Le calife étale tout le luxe des anciennes cours d'Asie dans son pèlerinage de Bagdad à la Mecque.
Orient musulman. — Un arrière-petit -fils d'Ali prend à la Mecque le titre de calife; une courte guerre lui coûte la vie.
Francs et Saxons. — Après trois ans de guerre et de sanglantes représailles de part et d'autre , le Saxon Witikind se soumet et reçoit le baptême. Charlemagne , dans une assemblée tenue à Paderborn , met
VIIIe SIÈCLE APRÈS J. C
la dernière main à la constitution civile et ecclésiastique qui régira les Saxons.
Empire d'Orient. — Un concile convoqué à Constantinople , pour rétablir la paix dans l'Église d'Orient, est dissous par la violence de la faction iconoclaste que soutient l'armée, malgré la protection que l'impératrice mère et le jeune Constantin, âgé de quinze ans, accordent aux catholiques.
Espagne. — Délivré d'une dernière insurrection qu'un fils d'Yousouf avait allumée dans tout le midi, Abdérame parcourt la Lusitanie et le nord de l'Espagne. 11 revient par Astorga, qui est aux confins des possessions chrétiennes; par Zamora , sur le Douro ; par Tolède ; par Dénia, qui est à la côte orientale; par Murcie et Cordoue. — Fondation de mosquées dans plusieurs villes; Abdérame trace lui-même le plan de celle de Cordoue, sur le modèle de la mosquée de Damas. L'hôtel des monnaies de Cordoue frappe des pièces semblables à celles que les califes ommiades faisaient faire autrefois à Damas.
Orient musulman. — Avènement d'Haroun-al-Raschid ou le Justicier, au califat. Les alides feront encore une impuissante tentative pour ressaisir le pouvoir.
Empire d'Orient* — Trois cent soixante-dix-sept évéques prennent part aux délibérations du huitième concile général, convoqué à Nicée, sous la direction des légats du pape Adrien 1er; les iconoclastes, que ne défend pas l'empereur, sont anathématisés.
Francs. — Une traduction inexacte des canons du concile, louchant les images , sera cause d'une controverse entre Charlemagne et le pape, dont rend témoignage le recueil des livres carolùis. — Charle-
magne vient en Italie pour forcer à la soumission le duc lombard de Bénévent, qui avait conspiré avec son beau-frère le duc des Bavarois. — 11 agrandit le territoire du saint-siége.
— Après la célébration de la Pâque à Rome, il rentre en Gaule, emmenant des grammairiens , des calculateurs, des chantres, pour rétablir les études; lettre aux évéques et aux abbés pour la fondation d'écoles.— L'Anglo-Saxon Alcuin, qu'il avait déjà vu à Parmeen 780, a consenti cette fois à le suivre , pour l'aider dans ses réformes ecclésiastiques et littéraires.
Grande-Bretagne. — Egbert, descendant du premier roi de Wessex Cerdic, est banni du royaume par un usurpateur, Brithrik. Mal reçu par le roi de Mercie, il va chercher asile auprès de Charlemagne.
Espagne. — Quelques instants avant de mourir, en présence de tous tes grands personnages de l'État, des gouverneurs militaires, des administrateurs des principales villes, des vizirs, des secrétaires et conseillers d'État, Abdérame fait reconnaître pour son successeur son troisième fils, Hescham, ou Issem , ou Heccham, âgé de trente-deux ans, auquel toute l'assemblée prête serment. C'est celui qui ressemble le plus à son père par son goût pour les sciences et les lettres.
Francs. — Nouvelle édition du code Théodosien ordonnée par Charlemagne.
Francs et Avares, Bavarois, Crées. — Le duc des Bavarois, Tassillon, frappé d'une sentence capitale pour avoir violé les traités conclus avec Charlemagne , finit ses jours dans un monastère. La Bavière est réunie aux États francs , mais garde ses lois. — La cour de Constantinople, après avoir vainement négocié une alliance de famille avec la maison carlovingienne qui domine
VIIIe SIÈCLE APRÈS J. C.
en Italie , s'unit de nouveau contre elle aux Lombards; le fds de Didier succombe à la tète d'une armée de Grecs. — Les Francs trouvent déjà , derrière les Bavarois domptés , le peuple scythe des Avares, qui est menaçant pour l'Italie.
Francs.— Un capilulaire ordonne l'institution d'écoles sur le territoire de chaque évéché et de chaque abbaye ; on y enseignera la grammaire, le calcul et la musique.
Francs et Espagne. — Charlcmagne profite de la rivalité qui s'engage entre le souverain de Cordoue et ses deux frères aînés, pour faire envahir le pays qui est au delà de l'Èbre.
Empire d'Orient.— Irène, pour Jouir seule du pouvoir, fait enfermer comme un rebelle son propre tils Constantin. Constantin cependant ressaisira l'autorité.
Espagne. — Le roi d'Oviédo , Bermude 1er, ci-devant diacre , tue dans un combat contre le roi de Cordoue soixante mille musulmans.
Francs. — Guerre active contre les Avares établis en Bannonic. — Nouvelle prise d'armes et retour à l'idolâtrie d'une partie des Saxons.
Francs. — Dans un concile tenu à Ralisbonne en Bavière, Charleinagne fait comparaître Félix d'Urgel, hérésiarque, qui n'admettait Jcjiis-Christ comme fds de Dieu que par adoption. Après sa condamnation, Félix fut envoyé a Home auprès du pape. — Charlemagne commence à faire exécuter un projet de fonction de l'océan Germanique avec le Pont-Euxin, par un canal qui unirait un afiluent du Mcin, qui tombe dans le Rhin , à un afiluent du Dauube.
Arabes, Francs et Lombards.
— Un général du roi de Cordoue dévaste la Gaule narbonnaise, et, de ses courses poussées jusqu'à Carcassonne, rapporte à Cordoue un immense butin. — Expédition, sans résultat, des deux rois carlovingiens d'Aquitaine et d'Italie, contre le duc lombard de Bénévent.
Grande-Bretagne. — Suprématie exercée par le roi de Mercic , Offa , vainqueur des Gallois , meurtrier du roi d'Estanglic, dont il prend la place , allié du roi saxon de Wessex qui domine sur les Saxons de l'ouest et sur ceux du sud. Le Northumberland et Kent sont indépendants.
Francs. — Charlemagne tient en échec les Saxons révoltés.
Qrande-Brctagne. — Les terreurs religieuses d'Ofla, roi de Mercic, le décident à aller demander à Romo les indulgences du pape. Augmentation du tribut établi par Ina pour l'entretien du collège anglais; on Fa appelé, depuis, denier de Saint- Pierre.
Borne. — Mort d'Adrien Ier, ami et confident de Charlemagne; Léon 111 lui succède.
Espagne. — La mosquée de Cordoue, qu'avait commencée le roi Abdérame Ier, a été achevée par son fils , Hescham , qui meurt en 79G.
Ce prince, ami des arts, de la poésie et de l'agriculture, humain et compatissant , a établi à Cordoue et dans plusieurs villes, des écoles où l'on enseignait l'arabe; les chrétiens sont obligés d'apprendre cette langue et de renoncer à l'usage du latin.
Francs. — Construction de la basilique d'Aix-la-Chapelle, que décorèrent surtout des marbres enle-
tés à des monuments de l'Italie ; près de la basilique, un palais est construit pour Charlemagne , qui aime ce séjour à cause du voisinage des eaux thermales et des forêts. — Pendant que Charlemagne et son fils Louis, le roi d'Aquitaine, sont aux prises avec les Saxons, ses deux autres fils, Charles l'aîné et Pépin le roi d'Italie, emmènent les troupes d'Italie et de Bavière contre les Avares. Ils rapporteront de la Pannonle un riche butin.
Empire d'Orient. — De nouveaux crimes ont livré l'autorité souveraine à l'impératrice mère ; le fils d'Irène, Constantin, a les yeux crevés et meurt à la suite de ces violences.
Kspagne et Franc*. — Le fils d'Hescham 1er, Al-Hakkam 1", est aux prises avec ses oncles ambitieux. La guerre civile facilite les progrès des Francs , qui prendront
APRÈS J. C. 217
position jusqu'à Girone, Pampelune et Huesca, au nord de Saragosse.
Franc*. — Adalhard , abbé de Corbte, un des petits (ils de Charles Martel, est envoyé par Charlemagne pour administrer les affaires de l'Italie, au nom de Pépin, son fils.
Franc* et Avares. — Les Avares viennent rendre hommage à Charlemagne, à l'assemblée d'Aix-la- Chapelle.
Franc* et Arabes. — Guerre
au sujet des Iles Baléares.
Francs et Rome. — Léon III, menacé de mort, et dépouillé du pontificat par une faction, vient jusqu'à Paderhorn, en Saxe, où étaient assemblés les Francs; il demande assistance à Charlemagne. Charlemagne le fait accompagner par une armée.
APERÇU GÉNÉRAL
Quand s'ouvre le ixe siècle, deux grands règnes continuent, celui d'Haroun-al-Raschiki et celui de Charlemagne.
Mamon , un des fils d'Haroun , est le seul digne d'un tel père. Les mouvements des sectes religieuses , les rébellions des soldats turcs qui mettent le pouvoir des Abbassides à la merci de cette milice formée d'esclaves achetés dans le Turkestan, les efforts souvent heureux de gouverneurs de provinces pour se créer des principautés indépendantes, sont des signes sensibles de décadence. La guerre est faite péniblement même contre les empereurs grecs.
Pour Charlemagne, il meurt tout entier en 8U. Après lui, l'histoire de la seconde race des rois francs rappelle celle de la première après Clovis. L'empire d'Occident s'affaiblit par des partages dont Louis le Débonnaire est la première cause et la victime. On ne retrouve quo de loin en loin des traces du gouvernement central et
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de la restauration des études, qui sont les principaux titres de gloire de Charlemagne. Dans chacun des royaumes, que forme le démembrement cousacré à Verdun t les entreprises de la noblesse et du clergé sur l'autorité royale favorisent, en France au moins, la diffusion des principes féodaux. Les grands ayant enfin, sous Charles ie Chauve , rendu héréditaire la possession des terres et des offices qu'ils avaient reçus du roi, sont autant de petits monarques exerçant tous les pouvoirs régaliens. La féodalité, par rétablissement des arrière-fiefs, couvre le territoire tout entier. Les vassaux ont pour6ujets la masse de la population inférieure, propriétaires roturiers, vilains et serfs attachés à la maison ou à la glèbe. Les rois restent sans domaine et sans autorité.
Les pirates Scandinaves s'élancent impunément sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique, ravagent les provincos, assiègent Paris comme ils font de Nantes, d'Orléans, de Bordeaux. Une famille féodale, issue de Robert le Fort, illustrée par la résistance qu'elle oppose aux Northmans, donne un roi à la France.
En Italie et en Allemagne , les divisions de principautés ou de races que Charlemagne avait eu de la peine à faire rentrer sous lo niveauifje l'obéissance , imposée à tous, sont des cadres tout faits pour la féodalité : les ducs de Spolète, de Bénévent, de Frioul ; les ducs de Saxe , de Bavière , de Souabe , ne permettront pas au pouvoir royal de s'affermir. Entre le Rhin supérieur, le Jura et les Alpes (Bourgogne transjurane) ; entre les Alpes, le Rhône et la Méditerranée (Bourgogne cisjurane), seigneurs et évêques seront plus indépendants que les deux nouveaux rois leurs suzerains.
Les Sarrasins, qui font de la Sicile leur repaire, tiennent dans l'effroi les côtes de la Gaule et de l'Italie dévastées. Les Hongrois ou Madgyars recommenceront dans l'Allemagne chrétienne les courses des Huns.
Un pays, au nord-ouest, sort de l'anarchie, pendant que les autres s'y plongent. En Angleterre, l'heptarchie a fait place au gouvernement d'un seul roi, celui de Wessex, qui s'impose à toute la Bretagne. Les trente dernières aimées de ce siècle appartiennent au règne d'Alfred le Grand : les Anglais révèrent en lui le fondateur de leur puissance, de leur marine, de leur liberté, de leurs meilleures institutions; il a repoussé les Danois, établi l'université d'Oxford, encouragé et cultivé les sciences et les arts, affermi l'usage du jury.
L'empire byzantin, pendant une grande partie du siècle, ne présente rien de nouveau par les scandales, les crimes, les désastres auxquels ses annales ont habitué lo lecteur : des empereurs jetés dans le cloître ou aveuglés ; des ministres tirés du cachot pour être
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portés sur le trône ; les courses impunies des Bulgares qui font un désert des régions du Danube, ou des musulmans qui enlèvent la Sicile et la Crète. Les luttes sanglantes des partis religieux , iconoclaste ou manichéen, tour à tour soutenus et frappés par les princes, intéressent moins que la dissension nouvelle dont est l'objet le patriarche de Constantinople , Photius. Son premier tort est d'avoir pris la place de l'évêque injustement déposé, Ignace. Des disputes théologiques enveniment une question toute personnelle; les papes font sentir leur suprématie en intervenant dans le débat qui, résolu, tour à tour, pour et contre Photius, laisse un germe de haine profonde et irréconciliable entre l'Église grecque et l'Église romaine. Basile le Macédonien, fondateur d'une dynastie qui donna plusieurs princes lettrés, après avoir disgracié Photius, le rappelle. Son fils Léon le jette en prison, plus occupé, comme Basile lui-même, de faire compiler des volumes de lois (les Basiliques ) que de défendre l'empire contre les Bulgares ou les musulmans : il oppose à ces derniers l'alliance des Turcs.
Photius, auteur de tant de maux comme théologien et comme patriarche, est l'homme de lettres le plus distingué de son temps. La collection qu'il a intitulée Bibliothèque est un riche dépôt d'extraits et d'analyses des anciens livres perdus aujourd'hui pour nous : les Grecs n'ont pas alors de nom plus illustre.
Quand il restait si peu de puissance et de sagesse aux maîtres des deux grands empires de l'Occident et de l'Orient, quand les autres royaumes étaient si nouveaux, on n'est pas surpris de l'accroissement de l'autorité pontificale; la cour de Rome humilie Louis le Débonnaire , excommunie un de ses petits-fils et dispose de la couronne impériale d'Occident. 11 faut qu'Hincmar, archevêque de Reims, prenne la défense des droits du pouvoir temporel et de l'Église gallicane , et empêche l'institution d'un légat du saintsiége pour la France.
Hincmar est associé, avecRaban Maur, aux discussions théologiques contre Gothescalc au sujet de la prédestination : il s'est rencontré à la cour de Charles le Chauve avec le philosophe Scot Érigène qui achevait alors sa carrière. Paschase Radbert présente au même prince son traité de Y Eucharistie, premier grand travail de philosophie chrétienne où le dogme de la présence réelle dans l'Eucharistie soit établi tel que l'Église catholique l'enseigne.
La littérature latine nous offre avec ces noms celui d'Anastase, bibbothécaire et historien des papes, celui d'Éginhard, écrivain dont nous avons parlé déjà avant le sacre de Charlemagne, plus véridique j mais moins brillant que le moine de SaintrGall, romancier de
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cette épopée carlovingienne, qui cependant écrit sous l'impression d'effroi causée par l'ébranlement de l'empire.
Le caractère de ce siècle n'est donc pas l'inertie absolue, l'abandon général de tous les genres d'études. C'est au contraire une ignorance laborieuse, qui se nourrit assidûment de croyances obscures, d'épineuses controverses, et qui ne repousse que les lumières et le bon goût.
On voit naître ou grandir toutes les institutions qui plus ou moins développées, ou affaiblies, ou tempérées, devaient régir si longtemps la plus grande partie de l'Europe : les tournois, les épreuves judiciaires par l'eau , par le feu , par la croix et par le combat, les duels, la scolastique, les thèses, la rime, les jargons ou langues modernes , témoin les deux fameux serments de Strasbourg , en langue tudesque et en langue romane, l'an 842. La chanson de Roland , ou de Roncevaux , la plus ancienne des chansons de Geste, qui sont des épopées historiques en langue romane, était peut-être déjà composée au temps de Louis le Débonnaire.
De nouveaux peuples prenaient place en Europe : le christianisme, déjà porté en Danemark, s'introduisait en Suède par les soins de saint Anschaire. En Pologne, un simple paysan devient prince et fondateur d'une dynastie nouvelle : c'est Piast. Rurik, chef des Varègues , descend de la Suède par la Baltique , dans la Moscovie, habitée par les Slaves, aux dépens desquels il commence à fonder l'empire des Russes Northmans.
Les Arabes gardent le premier rang dans la littérature : ils conservent et enrichissent le dépôt des sciences profanes , guidés dans cette voie par leurs califes abbassides. Leur prédilection pour Aristote fait que dès lors la doctrine péripatéticienne est, en Orient comme en Europe, le fond de la philosophie. Ils ont des médecins célèbres, mais qui copient surtout les médecins grecs : l'invention manque. L'originalité des Arabes est dans les arts ; leurs mosquées et leurs palais déploient partout une magnificence de sculpture vraiment féerique. L'Espagne , qui est pour eux comme une seconde patrie, s'embellit de monuments qui seront plus tard un juste sujet d'orgueil pour les princes chrétiens vainqueurs de l'islamisme. Mais alors les progrès des rois des Asturios sont bien lents, malgré les sanglantes discordes qui se renouvellent incessamment dans le royaume de Cordoue.
S CHRONOLOGIE