telle, en Galice : l'église construite
Francs. — Course dévastatrice son honneur , faite d'abord en
des Danois sur les côtes de Frise. Ils briques, est devenue un temple ma-
s'établissent dans l'Ile de Walcheren, gnifique.
d'où ils remontent l'Escaut, la Meuse Francs. — Mort de Louis le Dé-
et le Wahal. bonnaire sur la route de la Germa-
ttrande-lsretagne. — Dès le nie, où 11 anaU combattre son fils
commencement du règne d'Ethel- rebelle.- 11 a par faiblesse accordé à
wulf, fils d'Egbert, les invasions beaucoup de nobles le droit d hére-
des Northmans font trembler les dité pour la possession des terres bé-
Anglo-Saxons. néfic.aires. - Les trois fils qui lui
survivent et ses petits-fils, nés de
tfdi5# Pépin, gardent chacun les pays où Us
— Hastings conduit les avaient su se faire obéir. Lothaire
prend le litre d'empereur, auquel l'avait associé son père dès 817.
Arabe» et Grec*. — Les armes
des musulmans sont portées jusqu'en Phrygie : la ville d'Amorium, patrie de Théophile, est conquise et détruite.
Francs. — La bataille de Fontanet en Bourgogne, près d'Auxcrre, entre Lotbaire et son neveu Pépin d'un côté, Charles le Chauve et Louis le Germanique de l'autre, ne décide pas la querelle de succession, malgré la défaite de Lotbaire. — Les Northmans , conduits par Oscheri ou Oger le Danois, remontent la Seine et brûlent Rouen.
Empire d'Orient. — L'empereur Théophile se laisse mourir de faim. Sa veuve Théodora, au nom du jeune empereur Michel, leur fils, téunit, sous la présidence du patriarche Méthodius, à Constant! nople, un nombreux concile qui frappe les iconoclastes d'une sentence dont ils ne se relèveront pas.
Vrancs. — Entrevue de Charles le Chauve et de Louis le Germanique à Strasbourg : ils échangent des serments d'amitié et d'alliance, en laugue tudesque et en langue romane. Ils se font autoriser par une assemblée d'évêques, tenue à Aix-la-Chapelle, à régner à la place de leur frère Lothaire. — Les embarras que Pépin d'Aquitaine suscite à Charles entravent l'issue de la guerre.
Orient musulman. — Le calife Motassem meurt tout-puissant , à Sa m ara h, sa nouvelle capitale (janv.). 11 s'est le premier formé une garde avec des esclaves achetés dans le Turkestan : ces gardes bientôt feront la loi aux califes.
Pologne.— Les Polonais se donnent pour duc un habitant obscur de la Cujavie , région entre le Bog et la Vistule, Piast, qui commence une dynastie nouvelle.
Tenue. — Le doge de Venise obtient, du Carlovingien Lothaire, la confirmation des privilèges et exemptions dont les Vénitiens ont joui pour leurs domaines sous les rois d'Italie et sous les empereurs d'Occident.
francs. — Le traité de Verdun, proposé par les évôques aux trois frères, partage définitivement l'empire carlovingien en trois grands Etats. Quoique vaincu, Lothaire l'aîné garde la dignité impériale et tout le pays d'Héristal, berceau des Carlovingiens. Il a dans son domaine Rome, où Charlemagneareçu le titre d'auguste, et Aix-la-Chapelle, création du conquérant germain, résidence de l'empereur. Les fleuves sont les lignes de partage : tout le pays borné à l'est par le Rhin et les Alpes orientales ; à l'ouest par l'Escaut , la Meuse , la Saône et le Rhône, donné à Lothaire, s'appellera de son nom Lotharingie (Lorraine); il conserve l'Italie , son royaume depuis 820. Louis le Germanique a toutes les régions à l'est du Rhin, qui composent l'Allemagne.
Charles a les pays à l'ouest de l'Escaut, de la Meuse, de la Saône et du Rhône, et est roi de la France; mais l'Aquitaine est toujours à Pépin II. — Dévastations incessantes des Northmans; en remontant les fleuves, ils atteignent Nantes, Sain* tes, Bordeaux.
Bulgares et Grées. — Le roi
des Bulgares, Bogoris, étonné de la fermeté de Théodora, mère du prince byzantin, conclut la paix avec les Grecs : bientôt il renoncera à l'idolâtrie pour l'Évangile , que lui fait connaître sa sœur, devenue récemment chrétienne.
Espagne. — Les Northmans dévastent toute la côte occidentale depuis la Galice jusqu'à Cadix.
Empire d'Orient* — L'impéra*
tricc Théodora entreprend la conversion des Pauliclens, hérétiques manichéens cantonnés dans l'Arménie; comme ils ne cèdent pas aux moyens de persuasion , cent mille sont suppliciés : beaucoup se réfugient chez les musulmans.
Espagne. — Les Arabes prennent, pillent et brûlent la ville de Léon. — Sévïlle, la grande cité sur le Guadalquivir , subit la dévastation des Northmans. — Abdéramc II organise un service de poste pour les besoins de l'État.
France. — Les Northmans s'enrichissent des dépouilles de l'abbaye de Saint-Germain des Prés, près de Paris. — Le Poitou, la Saintonge et l'Angoumois sont détachés , par Charles le Chauve, du royaume de Pépin 11 , et donnés à Rainulf , qui devient le prender duc d'Aquitaine , et commence une puissante maison féodale.
Espagne. — Le roi d'Oviédo, Hamire , taille en pièces l'armée d'Abriérame et occupe Calahorra, sur l'Èbre; en mémoire de ce double succès, il fondera deux églises.
France. — Un capitulaire de Charles le Chauve , qui donne aux évèques les fonctions de missi dominici dans leur diocèse, est l'occasion d'une protestation des nobles; ils veulent arrêter l'exercice de l'autorité royale , chaque seigneur prétend au droit de justice sur ses terres.—Les Northmans occupent l'Ile de Noirmoulier, en face de la côte de V endée.
Allemagne, France et Italie.
- Assemblée des trois frères carlovingiens à Mersen, près de Maëstricht sur la Meuse, pour pourvoir à la tranquillité intérieure et à la sûreté extérieure des royaumes. Les rois renoncent à protéger directement les hommes libres, possesseurs de petite propriété, et les mettent
dans la nécessité de se faire les vassaux des seigneurs en changeant leurs alleux en bénéfices ou fiefs. — Les seigneurs ne sont plus obligés au service de guerre envers les rois que pour les expéditions nationales.
Espagne. — Une grande sécheresse et l'invasion de sauterelles venues d'Afrique désolent les terres arabes : beaucoup de musulmans émigrent dans le royaume de Fez.
— Ram ire 1er associe à la royauté d'Oviédo son fils Ordognol".
Rome. — L'élection de Léon IV se fait au milieu des préoccupations d'effroi que donne l'apparition de corsaires sarrasins aux environs de Rome.
Allemagne et France. — Un
concile de Mayence , présidé par Raban Maur , évéque et savant docteur, condamne la doctrine de Gothescalc sur la double prédestination des élus et des réprouvés ; il est renvoyé à Hlncmar , archevêque de Reims.
France. — Noménoé, le duc des Rretons, qui s'est rendu indépendant de la puissance carlovingienne, pour séparer mieux la Bretagne des autres terres de France, la soustrait a la suprématie métropolitaine de l'archevêque de Tours, donne le titre de métropole à Dol et fonde des évêchés à Saint-Brieuc et à Tréguier.
Dol garda son titre métropolitain pendant trois cents ans. Presque aussitôt après, Noménoè se fit déclarer roi.
Espagne. — Le roi de Cordoue punit par des supplices les déclamations de quelques chrétiens, ses sujets, contre Mahomet. — Il fait paver les rues de Cordoue.
France. — Pépin H, que les Aquitains préfèrent toujours à Charles le Chauve, s'allie avec les Normands et avec les Sarrasins.
1X# SÏÈCLB APRÈS J. C.
Arabe* et Chine. — Les commerçants arabes élaient assez nombreux à Canton, au sud de ia Chine, pour y avoir un consul, quand les navigateurs Wahad et Abusald font, pendant vingt-cinq ans, de 850 à 877, un voyage d'exploration dans ces contrées. — Les premiers ils ont écrit sur l'eau-de-vie, le thé, la porcelaine et la mauvaise monnaie de Chine appelée falus. Ils trouvent en Chine des communautés chrétiennes. Les provinces du nord de l'empire chinois sont appelées Cathai et Tcha-Cathai , c'est-à-dire Cathai du thé; celles du midi Tel» in ou Sin, dénomination qui s'étend aussi à la presqu'île au delà du Gange.
Espagne. — Le roi chrétien Ordoguo i"r est vaincu par les Arabes ; il fortifie alors Léon et Astorga.
Espagne. — Abdérame II, un peu avant de mourir, fait reconnaître pour son successeur son Gis atné Mohammed l*r: il laisse, de ses différentes femmes, quarante-cinq fils et quarante et une filles. — Il a encouragé les travaux d'agriculture et d'industrie, les arts, la poésie et la musique. Magnifiques armes fabriquées à Cordoue et à Tolède. Progrès de l'art hydraulique pour alimenter les fontaines et les bains publics.
Nouvelles mosquées avec des fontaines de marbre et de jaspe. Le célèbre musicien Ali Ben Zériab a été attiré de Bagdad à Cordoue. — Mohammed 1" interdit le palais aux chrétiens et les persécute. Il autorise, après examen, la prédication des doctrines de i'iman Hanbal, chef de l'une desquatresectes réputées orthodoxes par les musulmans sunnites.
Espagne et France. — Un général d' Abdérame II enlève Barcelone aux Carlovingiens : les habitants ne se sont rendus qu'après que leurs murailles eurent été détruites par les Arabes.
France. — Pépin II, livré à Charles le Chauve , est tonsuré. — Le droit d'hérédité est accordé par le roi au comte de Toulouse t Raymond.
Rome. — Pour préserver Rome contre les courses des Sarrasins, Léon IV fait entourer de murailles le bourg de Saint-Pierre. Ce quartier a été appelé, de sou nom , cité Léonine.
Espagne. — La tentative d'usurpation de Mousa, Golh de naissance, chrétien renégat et gouverneur de Saragosse , menace à la fois le roi d'Oviédo et le roi de Cordoue, depuis Valence sur le Guadalatiar, jusqu'à Tudéla sur l'Ebre. — L'insurrection de Tolède complique les embarras de Mohammed l*r.
France. — Evasion de Pépin ; la guerre recommence en Aquitaine.
drandc-Bretagne. — Après d'éclatantes victoires sur les Danois, Ethelwulf voyage sur le continent, emmenant son plus jeune fils Alfred, âgé de sept ans; il visite les cours de France et de Rome. Libéralités du roi à l'Église. 11 étend à tous les pays de sa domination l'obligation du denier de Saint-Pierre. 11 fait à Rome un séjour d'un an.
Italie. — L'héritage de Lothaire 1er est partagé entre ses trois fils : 1° Louis a le titre d'empereur et l'Italie; 2* Lothaire la Lotharingie comprise entre les Alpes, le Jura, la Meuse, l'Escaut, au sud et a l'ouest, le Rhin à l'est; 3° Charles le royaume de Provence, qui comprend les bassins de la Saône et du Khône. — Louis 11 résidera non à Rome mais à Pavie.
Rome. — Après la mort du pape Léon IV, qui le premier prit le chiffre indicatif du rang qu'il tenait
IXe SIÈCLE APRES J. C.
parmi les papes de son nom, une tradition absurde , niais qui avait cours dès le xe siècle , place la papesse Jeanne.— Élection de Benoit 111 qui prend le titre de vicaire de saint Pierre , que les papes ont remplacé au xme siècle par celui de vicaires de Jésus-Christ.
France. — Les Northmans, qui ont incendié l'église de Saint-Martin de Tours et brillé Angers, ravagent le territoire d'Orléans.
Crande-nrctagnc — Le roi
Ethclwulf épouse une fille de Charles le Chauve ; il célèbre son mariage en France.
Empire d'Orient. — Après avoir fait enfermer dans un monastère l'impératrice Théodora, mère de l'empereur Michel 111 l'Ivrogne, le césar Bardas, oncle de l'empereur, chasse de Constantinople le patriarche saint Ignace, qui lui a refusé, pour cause d'inceste, la communion, et le remplace dans la première dignité de l'Église par Photius, savant distingué, mais d'un ambition insatiable. — La rivalité de Photius et d'Ignace agitera longtemps les églises d'Orient.
France*— Les Northmans reviennent mettre le feu à l'église Sainte- Geneviève de Paris , et rançonnent d'autres églises.
France. — Au milieu des courses des Northmans, une ligue de nobles et d'évêques dépose Charles le Chauve, et appelle au trône son frère Louis le Germaniqne.
Orande-Bretagnc— Deux fils d'Ethelwulf, qui régnent ensemble, ne protègent pas le pays anglo-saxon contre les invasions des Northmans.
Rome. — L'empereur carlovingien , Louis H , dans une cérémonie,
conduit parla bride le cheval du pape Nicolas IV et baise les pieds du pontife. — A cette époque, étaient publiées les fausses lettres décrétales qui attribuent tant d'autorité au saintsiège.
France. — Louis le Germanique, dont le royaume est menacé à l'est par les Slaves, renonce au trône de France. Charles le Chauve redevient roi. 11 porte plainte dans une assemblée d'évêques contre ceux qui avaient travaillé à sa déposition, surtout contre l'archevêque de Reims Yénillon, et leur reproche de l'avoir expulsé du royaume sans qu'il eût comparu devant les évéques qui l'avaient sacré roi : t Ces prélats, dit-il, sont les trônes de Dieu, par lesquels Dieu prononce ses arrêts. »
— Nouvelles ordonnances pour la restauration des études.
Empire d'Orient et Rome. —
Nicolas IV interpose vainement son autorité suprême dans le débat des patriarches rivaux de Constantinople.
Il condamne Photius.
Espagne. — Soixante vaisseaux northmans s'aventurent jusque dans la Méditerranée, sur les côtes de Malaga et d'Algéziras : ils ravagent même le littoral de l'Afrique.
Scandinaves. — Des navigateurs Scandinaves reconnaissent avec exactitude la circonférence de l'Ile d'Islande, au nord-ouest des lies Féroé,
France. — Débat entre Hincmar archevêque de Reims et Rothade évéque de Soissons, son suflragant, au sujet d'un prêtre justement puni par l'évêque, et que le métropolitain voulait faire rétablir. Le pape donnera raison à l'évêque. — Robert le Fort, qui a déjà reçu en SLO la Marche angevine, oblicnt du roi le duché de France à titre héréditaire.
Orient mmnlmtii. — Le calife ayant fait raser les tombeaux d'Ali et d'Hosseln, donne un prétexte à la révolte des Alides. Son fils se déclare contre lui, ordonne sa mort et saisit le pouvoir ; le parricide meurt au bout de six mois.
•eandlnaves.- Navigation vers l'archipel des lies Féroé, au nordouest des lies Shetland et des Iles Orcades.
Espagne* — La conquête de Salamanque, un peu au sud du Douro, par Ordogno Ier, est l'effet de l'insurrection de Mérida contre le roi de Cordoue.
Trance. — La France et l'Artois deviennent le domaine héréditaire de Baudouin Bras de Fer, gendre du roi.
Orient musulman* — Les
esclaves turcs , qui forment la garde des califes de Bagdad, disposent pour la première fois du trône; un petit-fil»* de Motassem, qu'ils ont élevé, tombera aussi par eux. En moins de dix ans ils casseront trois califes. Faiblesse du gouvernement central.
nome. — Après que le roi de Lotharingie Lothaire a été autorisé par une assemblée ecclésiastique d'Aix-la-Chapelle à divorcer avec Thietberge pour épouser une autre femme, Valdrade, le pape prend parti pour l'épouse légitime, abandonnée sans motif canonique.
Busses. — Les Varègues ouVarangiens russes , qui ne forment pas un peuple particulier, mais appartiennent à diverses peuplades gothiques, Danois, Anglo-Saxons, Suédois , occupaient la côte de l'Ingrie sur la Baltique , où ils se livraient à la piraterie , lorsque les Slaves de Novgorod, opprimés par leurs voisins de même race qu'eux, les appelèrent à leurs secours. — Trois frères conduisent l'expédition des Varègues, et s'établissent, avec la permission des Slaves de Novogorod,
i° au nord, près de l'embouchure de Wolkhova, à l'endroit où cette rivière est reçue par le lac Ladoga ; 2° à l'ouest, près de Pleskof, à quelque distance du lac de même nom; 3° à l'est, près du lac Blanc ou Bielo. Ils y fondent chacun une ville.
Espagne. — Pour assurer le trône dans sa maison , Ordogno 1er fait prêter serment par les seigneurs à son fils, âgé de quinze ans, comme futur roi.
Provence, — Mort du roi Charles ; ses frères, Louis H et Lothaire, partagent son royaume.
Espagne. — Un chef de bandits, Omar-Ben-Hafsoun, né dans l'Andalousie, devient l'effroi des grandes cités de l'Espagne musulmane, prétend au pouvoir suprême et exerce impunément, pendant dix-huit ans, le plus affreux brigandage : son exemple encourage beaucoup de séditions partielles ; il aura souvent pour alliés les princes chrétiens.
Espagne et France. — > Traité de Charles le Chauve avec le roi de Cordoue, auquel est reconnue la possession de Barcelone, de Glrone, et d'Urgel, sur la haute Sègre.
France. — Des capitulaires préparés dans l'assemblée de Pistes ou Pitres, sur la Seine, un peu au-dessus de Rouen, ordonnent aux seigneurs de démolir leurs châteauxforts, et promettent un meilleur poids ainsi qu'un meilleur titre de monnaie. Impuissance des décrets royaux.
Italie et Rome. — Les archevêques de Cologne et de Trêves, déposés par le pape Nicolas 1er pour avoir favorisé le divorce de Lothaire, sont soutenus par l'empereur Louis 11, frère de Lothaire, qui exerce d'indignes violences & Rome.
Bulgares. — Leur chef Bogo-
IXe SIÈCLE APRÈS J. C
ris demande, par une ambassade solennelle, des évéques et des prêtres au pape Nicolas Ier. Des clercs sont envoyés en même temps par le patriarche de Constanlinople. Ceux-ci l'emporteront et feront chasser les prêtres romains; les églises bulgares relèveront de Constanlinople.
Vranre. — Pépin M tombe encore aux mains de Charles le Chauve ; il ne reparaîtra plus eu Aquitaine.
Rome* — Dans un concile à Attlgny, au milieu des Ardennes, le légat du pape oblige le roi de Lotharingie à quitter Valdrade pour reprendre sa première femme Thietberge. — L'innocence de l'évéque de Soissons, Kolhade, persécuté par Hincmar, est reconnue par le pape.
Russes. — Rurik , l'un des chefs varègues-russes , opprime le peuple slave de Novogorod qu'il était venu défendre; il dispose en faveur de ses guerriers des terres, des villes, des places fortes, et les leur confère à
Keu près comme des fiefs amovibles, ovogorod fortifiée devient sa résidence. Ceux qu'il avait conquis perdirent le nom de Slaves et ne furent plus connus que sous celui de Russes. — Ses frères Oskhold et Dir, s'étant détachés de lui, allèrent s'établir à Kiev, emmenant beaucoup de Varègues et de Slaves. C'est dé là qu'ils se jetteront sur les terres des Polonais et des Cosaques de l'Ukraine; leurs barques les porteront plusieurs fois, de l'embouchure du Dniéper, jusque dans les parages de Constanlinople.
R h 1 gares. — Bogoris, récemment converti avec sa nation, fait adresser par son (ils , à Nicolas 1°% des questions de religion auxquelles répond le pape.
Empire d'Orient. — L'empereur Michel III l'Ivrogne fait assassiner son oncle, le césar Bardas, par Basile le Macédonien , d'origine arménienne, qu'il associe à l'autorité suprême.
Espagne. — Alphonse III ne règne en paix t après la mort de sou père, que lorsqu'il a détruit le parti d'un usurpateur, le comte de Galice.
France. — Le duc de France , Robert le Fort, est tué en combattant les Noiihmans à Brisserte (pont de la Sarthe) près du Mans. Son fils Eudes lui succède dans le duché de France et dans la marche d'Anjou.
Italie. — L'empereur Louis II défend mal l'Italie méridionale contre les Sarrasins.
Empire d'Orient. — Bassesses, parjures, meurtres, tous les moyens les plus coupables sont employés par Basile le Macédonien pour parvenir au trône : il fait assassiner l'empereur Michel III l'Ivrogne et prend sa place. Devenu empereur il montrera quelques vertus. Sa famille gardera l'empire pendant plus d'un siècle et demi. — Il se déclare d'abord pour Ignace contre l'intrus Photius.
Empire d'Orient et Rame* —
Photius, s'appuyant sur une assemblée qu'il a convoquée et dirigée à son gré, dépose et excommunie le pape Nicolas I".
Espagne. — Dix ans de sécheresse affreuse commencent pour l'Afrique et pour l'Espagne : des signes célestes extraordinaires , qui se répétèrent plusieurs fois dans cet intervalle, ajoutèrent à la consternation des musulmans.
France. — Après la mort de son fils aîné qui avait gouverné quelque temps en son nom , mais sans docilité, l'Aquitaine, Charles le Chauve y envoie son autre fils, Louis le Bègue.
Empire d'Orient et Rome. —
Le successeur de Nicolas Ier, Adrien II , renvoie l'anathème à Photius, patriarche de Constanlinople.
Italie. — L'empereur Louis 1 1 commence devant Bari, que les Sarrasins occupent, un siège de trois ans.
Allemagne et France* — A
la mort du roi de Lotharingie Lothaire, ses oncles, les rois d'Allemagne et de France, se disputent son héritage auquel avait seul droit Pem-
Cereur Louis II son frère : Charles ! Chauve se fait sacrer roi à Metz par l'archevêque de Reims Hincmar.
Kmplrc d'Orient et Rome* —
Le neu\ième concile général, tenu à Gonstantinople , avec l'agrément de l'empereur Basile le Macédonien , en présence des légats d'Adrien II , renouvelle l'anathèuie contre tous les hérétiques, surtout contre les monothélites et les iconoclastes. Photiusest anathématisé par les cent deux éveques d'Orient, qui avaient été sacrés avant sou intrusion au patriarchat ; S. Ignace est rétabli. — Les légats du pape ne peuvent obtenir que la nouvelle église de Bulgarie relève de la juridiction romaine.
Allemagne et France* — Un
traité signé près d'Héristal et de Mersen, sur la Meuse, partage la Lotharingie entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.
Bulgare*. — Les Bulgares ont chassé les prêtres latins que le pape avait envoyés ; Ignace, patriarche de Constantinople, leur donne un archevêque.
France et Provence* — Les
troupes de Charles le Chauve occupent la Provence, dont Lothaire avait eu sa part en 8C3.
France et Rome. — L'évéque de Laon, Hincmar, qui depuis deux ans était sous le coup de peines ecclésiastiques pour sa conduite violente envers ses diocésains, et pour son infidélité envers le roi, malgré l'appel qu'il interjette au saint-siége contre la sentence qu'a fait rendre le métropolitain Hincmar, archevêque de Reims, est déposé dans le
concile de Dou*i-les-Prés , ville du bassin de la Meuse. Adrien 11 enjoint à Charles le Chauve d'envoyer les parties a Rome ; la réponse tresferme du roi, inspirée par l'archet êque de Reims, rend le pape plus circonspect.
Grande-Bretagne. — Avènement d'Alfred , quatrième fils d'Ethelwulf ; il ne règne quesur la terre des Saxons proprement dits : tout le pays des Angles est occupé par les Danois.
Italie. — Ayant obtenu de Louis le Germanique qu'il renonce à sa part de la Lotharingie, l'empereur Louis II se fait couronner à Rome roi de Lotharingie, quoique Charles le Chauve retienne toujours la portion de l'héritage de Lothaire, qu'il a usurpée.
Orient musulman. — Les princes tahériens du Khoraçan, province indépendante du califat de Bagdad , l'ont place aux Sofiarldes. Le fils de Soffar, Yacoub, fonde la dynastie.
Espagne. — Les milices musulmanes de Tolède et de Cordoue, qui se jettent sur les terres chrétiennes, sont écrasées par Alphonse 111.
France et Italie. — La mort de l'empereur Louis H livre a Charles le Chauve, déjà maître d'une partie de la Lotharingie proprement dileef de la Provence, le royaume d'Italie; il reçoit des mains du pape Jean VI î la couronne impériale. Il a ainsi presque tout l'héritage de son frère aîné Lothaire. — Mais Louis le Germanique reprend sa part de la Lotharingie , et la veuve de Louis II favorisera l'établissement royal de son gendre Boson daus la Provence.
Allemagne. — A la mort de
IXe SIÈCLE APRÈS J. C.
Louis le Germanique, Charles le Chauve prétend réunir tout l'héritage carlovingien, en dépouillant ses neveux, quoiqu'il ne soit même pas en état de se défendre contre les Northmans , qui prennent Rouen , contre les Sarrasins, qui ravagent les côtes de l'Italie. — La Germanie reste indépendante et forme trois royaumes partagés entre les fils de Louis : 1° royaume de Bavière, à son fils aîné Carloman, qui l'avait souvent inquiété de ses révoltes; 2° royaume de Saxe , à Louis ; 3° royaume de Souabe, à Charles le Gros.— Charles le Chauve est battu , près d'Andcrnach , sur le Rhin , par Louis de Saxe.
Empire d'Orient. — L'empereur Basile le Macédonien, à l'exemple de Justinien, publie une compilation de lois en quarante livres. Les Basiliques seront continuées par son Ois. — La mort du patriarche légitime , Ignace , ouvre une nouvelle carrière à l'ambition de Photius.
France* — Le capitulaire de Kiersy sur Oise, un des derniers actes de Charles le Chauve comme roi de France , consacre le droit d'hérédité des terres' bénéficiaires ou fiefs, et des offices royaux sur ces terres pour tous les seigneurs qui le suivraient en Italie. Le roi reconnaît comme duc héréditaire de Bourgogne le comte d'Autun , Richard le Justicier. Mort de Charles le Chauve au pied des Alpes. — Son fils Louis le Bègue ne lui succède qu'en France. La dignité impériale reste vacante pendant trois ans; la royauté d'Italie est prise par Carloman de Bavière.
France et Italie* — Lambert, qui devait cependant le duché de Spolète à Charles le Chauve, se déclare pour le roi Carloman de Bavière qui dispute l'Italie à Charles, et s'empare de Rome; par les violences qu'il y commet, il réduira Jean VIII à se sauver en France. — Les Sarrasins se sont fait payer un tribut par le pape.
Grande-Bretagne. — Le roi
Alfred, bien des fois vaincu par les Danois, mal secondé par les Anglo- Saxons qu'il gouverne en prince absolu, se dérobe à ses sujets comme aux ennemis; il reste caché pendant toute une année.
Venise. — Les Sarrasins venus jusqu'à Grado , à l'embouchure de l'Isonzo, dans le fond de l'Adriatique , sont repoussés par une flotte vénitienne.
France et Rome. — Le pape Jean VIII demande aux seigneurs et aux évéques le secours des armes de la France pour protéger l'Église romaine contre les Sarrasins. Le concile, qu'il préside à Troyes, interdit de donner la sépulture à ceux qui sont morts dans l'excommunication.
Grandc-Ilrrtagne. — Le roi Alfred reparaît au milieu de ses peuples.
Les Danois, vaincus à Ëihandun, sont resserrés dans un territoire limité, et se convertissent en partie à la foi chrétienne. — Pendant un nouveau règne de vingt-deux ans, Alfred le Grand donne ses soins à la religion, au gouvernement central, à la justice, aux sciences, aux arts, au commerce : les lettres, qu'il cultive luimême, sont encouragées.
Empire d'Orient. — Photius, redevenu patriarche de Constanlinople avec la faveur de l'empereur , est reconnu même par le pape Jean VIII.
Trois cent huit évéques, réunis en concile, sanctionnent ses volontés et laissent en oubli les canons du neuvième concile général.
France* — Mort du roi Louis le Bègue. 11 a laissé prendre par les seigneurs beaucoup de terres royales. Ses fils, Louis III et Carloman défendent l'héritage paternel contre l'usurpation de leur cousin, Louis de Saxe. Ils combattent avec succès les Northmans.
IXe SIÈCLE APRÈS J. C
Moraves. — Jean VIII permet a saint Méthodlus, apôtre desMoraves et des Slaves, d'employer la langue esclavone pour la célébration de l'office divin.
Orient musulman. — Le gouverneur de l'Égypte, Ahmed, fils de Toulou, se rend indépendant du califat; il fonde la dynastie des Toulonides.
Provence. — Boson prend le titre de roi d'Arles ou de Provence ; il est couronné dans une assemblée d'évéques.
Allemagne, France et Halle.
— Union parfaite des deux frères qui régnent en France. — Ils luttent vainement pour la conservation de la Provence avec le secours de Charles le Gros, roi de Souabe. — La mort de son frère, Carloman de Bavière, assure à Charles le Gros la couronne d'Italie ; la Bavière s'est réunie à la Saxe : un ûls bâtard de Carloman a seulement la Carinthie. L'Allemagne est, comme la France, assaillie par tes Nortlimans.
Espagne. — Un tremblement de terre cause de grands désastres et inspire un effroi superstitieux à la population musulmane dans les régious de l'ouest et du sud de l'Espagne.
France. — La victoire de Louis III sur les Northmans à Jaucourt en Vimeu, dans le bassin de la Somme, a été célébrée par un chant national.
Italie. — La couronne impériale qui n'était pas portée depuis la mort de Charles le Chauve est prise par Charles le Gros.
Orient. — Le patriarche de Jérusalem écrit à Charles le Gros et aux principaux seigneurs de France, et demande de l'argent pour la réparation des églises ruinées par les Arabes. — Les généraux du calife de Bagdad , battus en Orient et sur les
côtes d'Italie , dévastent le Péloponnèse.
«telle. — Les musulmans, qui ont pénétré dans l'Ile depuis cinquante-quatre ans, enlèvent enfin Syracuse aux Grecs.
Venise. — Le doge et le sénat défendent, sous les peines les plus rigoureuses, aux marchands nationaux, de vendre les chrétiens pauvres aux corsaires sarrasins ou aux Esclavons.
Allemagne et Northmans. —
Charles le Gros succède à son frère Louis dans le royaume de Saxe.— Il met un terme aux invasions des Northmans sur les côtes de Lotharingie, par un tribut honteux et par la cession de la Frise occidentale à Godefroy qui se fait chrétien.
France. — Conversion du chef northman Hastings; il reçoit le comté de Chartres. — Mort de Louis 111 ; Carloman est seul roi.
nasse*. — Les princes varègues de Kiev, Dir et Oskhold, qui avait reçu le baptême, tombent sous les coups perfides d'OIeg , tuteur du fils de Rurik, Igor. Kiev, occupée par Oleg, devient le siège de la domination russe.
France. — Mort du roi Carloman.
—Charles le Gros ajoute à toutes ses couronnes celle de France, au détriment du fils posthume de Louis le Bègue, âgé de cinq ans.
Saint-siège. — Exaltation d'Adrien 111, le premier pape qui ait changé de nom à son avènement.
France et w orthmans. — Terrible invasion des Northmans de la Frise, avec Godefroy et Sigefroy. Ils remontent la Seine jusqu'à Rouen, Pontoise, Paris. Paris soutient un
long siège ; héroïsme de l'évéque Gozlin et du comte Eudes, le duc de France.
Rome* — L'empereur Charles le Gros fait difficulté de reconnaître le nouveau pape retienne V, parce qu'on n'a pas attendu son consentement pour la consécration de l'élu.
Kmplre d'Orient. — Le nouvel empereur, fils de Basile le Macédonien, Léon le Philosophe, chasse Photius du siège patriarcal de Constantinoplc.— Pendant vingt-cinq ans de règne, il laissera impunies les courses des musulmans, des Lombards d'Italie, des Bulgares, des Busses, et n'empêchera pas les établissements nouveaux des Slaves Servions et Croates, au nord -ouest des provinces européennes. — Corruption des mœurs de la cour. L'empereur compose un traité de tactique et des sermons.
Espagne. — La mort de Mohammed 1er a élé le signal d'un vaste ébranlement dans la péninsule ; Tolède, rivale de Cordoue, est toujours un foyer d'insurrection. Les deux fils de Mohammed, qui régneront successive ment , seront aux prises pendant quinze ans avec l'audacieux Kaleb-lbn-Hafsoun. Il est plus redoutable que son père : il se fait roi à Tolède.
France.— Paris ne reçoit pas de secours du roi Charles le Gros; il offre seulement de l'argent aux Normands.
Allemagne , France , Italie, etc. — Déposition de Charles le Gros par les seigneurs de la Germanie, à Tiibur en Souabe; lis donnent le trône au Carlovingien Arnulf, fils de Carloman de Bavière.— Les Etats carlovingiens sont séparés pour n'élre plus jamais réunis. — En France, le comte de Paris et duc de France, Eudes , qui se fait sacrer roi à Com-
APRftà J. C.
piègne, n'est le maître ni de la tiretagne, qui a toujours des ducs indépendants, ni du duché d'Aquitaine, où domine Bainulf comte de Poitiers, ni de la Provence ou Bourgogne cisjuranc , qui reste à la famille de Boson , beau - frère de Charles le Chaîne. La Bourgogne transjuranc aura pour roi Baoul ou Rodolphe Welf, reconnu à Saint-Maurice en Valais. L'Italie se partagera entre Bérenger, duc de Frioul, et Guy, duc de Spolète, qui descendent de Charlemagne par les femmes. — Commencement du régime féodal ; partout la possession de la terre féodale est la seule condition de la richesse et de la puissance. Les rois, suzerains suprêmes de tous les possesseurs de terres, qui forment entre eux une société hiérarchique fondée sur la réciprocité des devoirs et des droits, n'ont que les ressources de leurs propres domaines. — Les Slaves , les Northmans et les Sarrasins ( ces derniers auront bientôt un
Poste sur la côte de Provence , à raxinat) profitent de la confusion générale.
Allemagne. — Arnulf, roi d'Allemagne, exerce la suprématie sur les princes qui se partagent les États carlo.ingiens.
Halle* — Bérenger rend hommage à Arnulf pour l'Italie , où il reçoit le premier la couronne de fer de Lombardte.
Bulgares et Grées. — Le roi
Siméon, en paix avec ses voisins les Servions, prétexte les perfidies dont les Bulgares sont victimes dans les marchés grecs de Thessalonique pour se jeter sur les terres de l'empire. — Trois ans de guerre.
France. — Le roi Eudes défend de nouveau Paris contre une expédition normande que conduit Rollon ; mais il sera battu, l'année suivante , dans le bassin de la Meuse.
«toile* — La victoire gagnée , à la Trébie , sur Bérenger , livre à Guy de Spolète l'Italie septentrionale.
Allemagne. — Le roi Arnulf bat les Northmans sur la Dylc, près de Louvain.
Italie. — Guy de Spolète se fait couronner empereur à Rome, et associe son fils, encore enfant, a la dignité impériale.
Borne.— L'élévation de Formose, évoque de Porto, au pontificat, est le premier exemple d'un évéque transféré d'un autre siège sur celui de Rome. Auparavant et souvent depuis , celui qui était élu pape n'était que diacre ou prêtre.
France.— Un parti de seigneurs et d'évêqucs, à la tête duquel est l'archevêque de Reims, Foulques, proclame roi le fds posthume de Louis le Bègue, Charles le Simple; Eudes le force, presque aussitôt, a fuir auprès du Cariovlngien qui règue en Germanie.
Allemagne et Italie. — Le
roi Arnulf vient en personne revendiquer la Lombardie.— Mort de Guy de Spolète ; son jeune fils, Lambert, et sa veuve succèdent à ses prétentions.
Bohême. — Le duc des Siaves Tscheques , qui habitent la Bohême, à Test rie la Moravie, Borziwof, se fait chrétien ; il est baptisé par l'évoque de Moravie, Mélhodius.
Hongroii.- Vers 894, les Hongrois idolâtres, sous la conduite d' Arpad chef des Madgyars, qu'on disait descendant d'Attila, viennent des régions du Volga dans celles de la Theiss et du Danube où habitaient autrefois les Avares; ils combattent ,es Moraves leurs voisins à l'ouest.
Allemagne et Italie* — Rome
et l'Italie centrale restant à Lambert, le pape Formose appelle dans la péninsule l'Allemand Arnulf; il préfère pour maître un étranger qui ne résidera pas en Italie. — Kntrevue d' Arnulf avec Bérenger, qui est bientôt à sa merci.
BohOme. — Le duc, récemment Iwplisé, a été chassé par ses sujets, qui sont attachés â l'idolâtrie; au bout de dix mois il fut rétabli. — Fondation â Prague d'églises et d'écoles.
Allemagne et Italie.— Arnulf prend Rome d'assaut sur les partisans de Lambert ; il est couronné empereur par le pape Formose, qui fait réserve de son droit sur la ville de Rome. Un échec devant Spolète et la maladie lui font quitter la Péninsule.—Partage du territoire lombard entre le roi Bérenger et l'empereur Lambert.
France. — Le roi Eudes laisse â son rival, Charles le Simple, les régions qui sont à l'est de la Seine et de la Marne.
nome. — Le pape Étienne VI prononce , dans une grande assemblée tenue à Rome, contre le cadavre et la mémoire de Formose, accusé d'avoir usurpé le siège de Rome, un arrêt de peine capitale et une sentence de dégradation. Le cadavre du pontife est décapité.
La réhabilitation de Formose eut lieu, deux ans après, sous un autre pape. — Pendant un siècle et demi, l'Église souffrira de l'Ignorance, de la corruption des mœurs et du despotisme des princes ; elle-même sera imprégnée des vices qu'elle ne suffit pas a combattre. — Dans un court espace de temps, un grand nombre d'évêqucs se succèdent sur le trône de Rome, la plupart sans talents et sans vertus, souvent victimes,
quelquefois complices et auteurs de grands scandales.
France. — Mort d'Eudes: Charles le Simple porte seul le titre de roi.
Italie. — Âdalbert II, duc-marquis de Toscane, qui a épousé Berthe, la fille du roi de Lotharingie, Lothaire, et de la fameuse Valdrade, prétend a l'empire, mais il tombe entre les mains du roi Lambert. — Lambert meurt d'une chute de cheval et ne laisse pas d'héritier. Bérenger est seul roi en Italie; il rend la liberté au marquis de Toscane.
Allemagne. — Louis IV» âgé de sept ans, succède à son père Arnulf.
Italie. — Louis, le fils de Boson, roi de Provence, vient disputer la couronne d'Italie à Bérenger; celuici le force à se retirer — Invasion des Hongrois dans la péninsule ; Us sont vainqueurs de Bérenger.
Orient musulman. — Les généraux du calife abbasside entreprennent sans succès de résister aux karmates, secte de fanatiques qui ravagent l'Arabie et l'Irak-Arabi.
APERÇU GÉNÉRAL
Au commencement du x' siècle les musulmans craints à Rome et à Constantinople, maîtres de la Perse, de l'Arabie, de la Syrie, de toutes les côtes de l'Afrique jusqu'au mont Atlas, ont une puissance presque égale à celle des Romains sous Auguste. Mais les Romains ne formaient qu'une seule nation : les musulmans sont divisés en plusieurs peuples ; tant d'États, presque indépendants les uns des autres, n'ont de lien commun que dans leur croyance religieuse, et encore les sectes ne manquent pas en Orient, en Afrique et en Espagne.
En Orient, la puissance abbasside, ou partagée ou disputée, no réprime plus les ambitions : les soldats déposent et assassinent les califes. L'Afrique, avec l'Égypte, où est fondé le Caire, même la Syrie et certaines contrées de l'Arabie, forment un empire à part pour les Fatimites, mahadis ou directeurs des fidèles: ils aspireront même au califat universel. La domination musulmane avait plus d'éclat et plus de solidité en Espagne : le génie du calife ommiade Abdérame III et celui du lieutenant des califes, Mohammed Almanzor, neutralisent les effets de la turbulence des émirs. Leur mollesse est réveillée par les guerres incessantes avec les États chrétiens d'Oviédo
ou de Léon, de Navarre, de Castille, d'Aragon, de Barcelone. L'Espagne sera, pendant six siècles encore, partagée entre les chrétiens <*t les Maures.
Les Arabes continuent de traduire et d'expliquer Aristote : Alfarabi prétend concilier Aristote et Platon et les comprend assez peu pour les trouver d'accord. Tout en se persuadant qu'ils entendent parfaitement la philosophie grecque, tout en s'efforçant de la rallier à la doctrine du Koran , ils se divisent en soixante et dix sectes. Des études plus positives sont cultivées avec succès : Albirouni rédige un traité de géographie, fruit de quarante ans d'observations et de voyages; Ibn Batrick, que les occidentaux ont appelé Eutychius, compose un corps d'annales orientales; Rhazès embrasse tout le système de la science de la médecine.
A Constautinople, la faiblesse ou les vices des empereurs, les désordres et les factions de leur cour n'excluent pas toute gloire. La maison macédonienne donne, après Léon le Philosophe, le débonnaire Constantin Porphyrogénète : absorbé dans ses études , jaloux de devenir peintre, architecte, auteur, il laisse l'empire à sa mère, à sa femme, à ses fils. On a beaucoup d'ouvrages sous son nom; celui qui a pour objet la situation des provinces et des villes soumises aux empereurs grecs, est un monument instructif de la géographie du moyen âge Son petit-fils, Basile II, marchera sur les traces des deux généraux habiles, que les guerres heureuses contro les Sarrasins et les Russes ont portés à l'empire; mais l'avarice, la férocité et la débauche forment le fond du gouvernement impérial.
La maison des Carlovingiens s'éteint d'abord en Germanie, où la royauté, d'héréditaire, devient élective; tandis qu'au contraire les dignités qui n'avaient été que des simples commissions confiées à des ducs, à des comtes, etc. , restent là, comme partout, héréditaires. Le chaos de l'Allemagne commence à se débrouiller sous le premier prince saxon porté au trône par élection : on s'affranchit par une victoire du tribut payé aux Hongrois; Henri l'Oiseleur fortifie les villes, institue des milices et des jeux militaires, qui donnent la première image des tournois ; son fils, Othon le Grand, vainqueur des Danois, des Bavarois rebelles, des Bohémiens insoumis, renouvelle l'œuvre de Charlemagne en Italie.
La race carlovingienne avait fini dans la péninsule avec le roi Bérenger Ier , qui ne pouvait défendre le territoire contre les Hongrois venus du Nord et contre les Sarrasins venus du Midi. L'anarchie féodale était au comble dans ce malheureux pays : deux courtisanes ambitieuses , Théodora et Marozie , ont été à la tête des
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factions et ont disposé même du siège de saint Pierre. Un fils de Marozie a exercé seul l'autorité civile à Rome. Un de ses petits-fils s'est emparé du ministère pontifical et l'a uni ainsi au pouvoir
Tour à tour bienfaiteur des papes et leur maître , Othon le Grand détrône le roi Bérenger II divrée, ceint la couronne des Lombards et se fait sacrer à Rome en qualité de chef de l'empire. La dignité impériale doit être inséparable des royaumes de Germanie et d'Italie. En échange des serments et de l'hommage du pape , Othon fait à l'Église romaine de magnifiques promesses. Les trois premiers Othon laissent poindre en Italie les institutions municipales et quelques germes de liberté publique qui se développeront contre les empereurs. Les privilèges accordés aux évèques allemands , qui sont faits ducs et comtes avec des droits régaliens , sont aussi des semences d'anarchie et de révolutions.
En France, la race carlovingienne se flétrit de plus en plus. La Neustrie est cédée aux Northmans, à titre de vassaux de la couronne ; les Hongrois pendant près d'un demi-siècle dévastent notre territoire à Test, et les Sarrasins au sud. Les chefs de la féodalité se font rois: Hugues Capet, duc de France, le possesseur d'une des sept grandes principautés, subdivisées elles-mêmes, et presque à l'infini, en petites seigneuries , prend la place du dernier carlovingien, et commence une troisième dynastie, en réunissant à son duché le titre de roi et la faible puissance que le système féodal avait laissée à cette dignité.
L'histoire littéraire, dans la langue latine, offre bien peu de noms : les plus remarquables sont ceux des chroniqueurs, Régi non, Flodoard, Luitprand, Aimoin. L'ouvrage de Luitprand , évéque de Crémone, qui a eu part aux affaires publiques qu'il raconte, qui a fait deux voyages à Constantinople, comme ambassadeur du roi d'Italie et empereur d'Occident, est presque le seul monument littéraire de l'Italie septentrionale : il est concis, et énergique, il amuse le lecteur; sa latinité parait pure, en comparaison de celle des autres écrivains de son temps. C'est l'époque où la langue des anciens Romains s'est le plus altérée. Le tudesque est l'idiome vulgaire d'une grande partie de l'Europe occidentale et septentrionale ; on l'écrit déjà en vers et en prose.
Le Danemark, la Norvège, la Suède, commencent à se donner des lois : dans ces deux derniers pays, on a le bonheur d'éviter les principaux abus du régime féodal ; point de fiefs héréditaires, point de servitude de la glèbe. Des bandes redoutables de barbares continuent de s'élancer de la Scandinavie. Les Northmans s'éta-
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Missent en France. L'Angleterre, en proie aux convulsions religieuses etpoliliques quedomine le nom de saint Dunstan, moine, archevêque deCanterbury et légat du pape, est à la merci des Danois. Les Russes d'origine Scandinave commencent à connaître la foi chrétienne, et cessent leurs courses contre les Grecs qui leur envoient l'Évangile. Les Slaves Polonais doivent le christianisme aux Germains catholiques.
Le pape donne à son autorité spirituelle une extension qui devient redoutable même pour les rois: la politique a autant de part que les raisons canoniques à l'excommunication et à l'interdit dont sont frappés Robert le Saint, fils de Hugues Capet, et le royaume de France. Il ne se tient au v siècle aucun concile général. Il y a peu d'hérésies nouvelles.
Au milieu de ces peuples, de ces seigneurs, de ces rois qui ne savent ni écrire ni lire, l'instruction livre au clergé l'administration des affaires civiles : la science est appelée clergie, les clercs dictent les testaments, règlent les mariages, les contrats, les actes publics ; ils s'affranchissent de la juridiction séculière, et s'efforcent d'assujettir toutes les personnes et toutes les choses à leur propre juridiction. Les legs et les donations affluent aux églises, et aux monastères, surtout dans les dernières années de ce siècle.
Sous l'empire do tous les vices et des plus scandaleux désordres, on attend avec effroi la fin du monde qu'une ancienne tradition semble fixer à la millième année de l'ère chrétienne. Cette terrible barrière est franchie pendant le pontificat de Sylvestre II, auparavant appelé Gerbert, qui a mérité, sous ce nom, une place dans l'histoire des lettres et des sciences, et qui a conçu le premier l'idée des croisades.
Allemagne* — La Lorraine, à laquelle Arnulf avait donné pour roi son ûls naturel Zwcnlibold, appelle et reconnaît Louis 1Y le roi d'Aileniâ^ne.
iranee* — Charles le Simple est reconnu dans l'Aquitaine et dans la Septimanie. — Au concile de Reims, la cérémonie solennelle de l'excommunication, contre les meurtriers de l'archevêque Foulques, s'accomplit avec toutes les formalités ef-
frayantes dont l'Église entoure cet acte de réprobation solennelle.
Italie. — Adalbcrt, marquis d'Ivréc, au nord de Turin, et le marquis de Toscane appellent une seconde fois en Italie, contre Bérenger, Louis de Provence j le marquis d'Ivréc est cependant le gendre de Bérenger.
Angleterre.— Mort du roi saxon Alfred. Sa race garde le trône au sud; les Danois conservent au nord le pays des Angles.
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Italie* — Louis de Provence se fait couronner empereur à Rome. — Le roi Bérenger va chercher asile auprès du roi de Germanie.
Empire d'Orient. — Le patriarche de Constantinopie, Nicolas, engage courageusement la lutte avec l'empereur Léon Yl le Philosophe, au sujet du quatrième mariage de ce prince, qu'il n'a pas consacré, et qu'il ne veut pas reconnaître pour légitime. L'exemple de soumission donné par les évéques d'Orient, la condescendance des légats de Home, les prières, les menaces, l'exil et les souffrances de la solitude n'ébranleront pas sa constance pendant neuf ans.
Italie. — Le roi Louis retourne en Provence; Bérenger ressaisit l'autorité.
Empire d'orient , Arabes et Russes. — Quatre-vingt mille Russes, conduits sur deux mille barques par Oleg, qui laisse Igor à Kiev, descendent le Dnieper , en franchissant les cataractes du fleuve, pénètrent par la mer Noire dans le Bosphore , forcent le port de Constantinopie et mettent à feu et à sang les environs de la ville. Léon VI le Philosophe achète la paix, et les laisse emporter de riches dépouilles.
— Des pirates sarrasins, conduits par un renégat grec de Tripoli, assiègent Thessalonlque, la place la plus importante de l'empire grec après Constantinopie ; elle subit toutes les horreurs d'une ville prise d'assaut.
Espagne — Fortun Ier, après Vingt-cinq ans de règne, abdique solennellement la royauté de Navarre pour se retirer dans un cloître; 11 laisse le trône à son frère.
Italie. — Pour la troisième fois, Louis de Provence engage la guerre
contre Bérenger; celui-ci le surprend dans Vérone, lui fait crever les yeux et le laisse ensuite retourner dans son royaume.
Orient musulman.— L'Égypte est reconquise sur les Toulonides par les troupes du calife.
Italie. — Invasion des Hongrois en Italie ; Bérenger leur paye un tribut régulier. Ils menacent les Iles vénitiennes de Malamocco et de Riallo , d'où ils sont repoussés.
Chine. — La dynastie des Tang , qui a occupé la Chine pendant près de trois siècles, fait place à la quatorzième dynastie Héou-li-ang. Succession rapide de cinq dynasties, en cinquante-trois ans, de 907 a 960.
Espagne. — Pendant que le roi de Navarre se jette sur la Gascogne française , Pampelune est assiégée par les Musulmans. Le retour précipité du roi la délivre ; guerre continuelle avec les infidèles. — L'augmentation des impôts, nécessaires pour la guerre contre les Maures, cause dans le royaume d'Oviédo des séditions que favorise le fils aîné d* Alphonse III ; le rebelle, vaincu, est enfermé.
Hongrie. — Mort d'Arpad, chef de la dynastie qui régna longtemps sur la Hongrie. — Son fils Sol tan envahit la Bavière, et gagne la bataille d'Augsbourg, où le duc Léopold est tué.
Orient. — Le patriarche jacobite d'Alexandrie, qui mourut en 907, ayant aliéné les biens de son église pour satisfaire aux taxes dout les gouverneurs musulmans l'avaient chargé, plusieurs de ses successeurs seront réduits par la pauvreté à ne pas résider dans cette ville.
Afrique* mm Les dissensions ci-
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viles, qui ont causé à Bagdad îa mort du tout-puissant vizir Abbas et la déposition de son maître le calife Moktader, favorisent rétablissement en Afrique de la dynastie indépendante des Fatimites, par Obéïdollah.
ObéîdoNah prétend descendre d'Ali et de Fatime. 11 se fait proclamer sous le titre de mahadi ou directeur des fidèles. C'est sur les ruines des Agiabites, maîtres de la Libye depuis cent douze ans, qu'il jette les fondements de son empire; il occupera toute la côte jusqu'à Tanger, et la Mauritanie.
Afrique. — Abou-Obéïdollah va exiger des Musulmans de Sicile le serment de fidélité.
Egpagne. — Alphonse III le Grand renonce au gouvernement, mais commet la faute de partager le petit royaume chrétien d'Oviédo entre ses deux fils; le second eut la Galice avec la portion de la Lusitanie enlevée aux Maures.
France* — La règle monastique de saint Benoit , sagement réformée, fera la célébrité de la nouvelle abbaye de Cluny, en Bourgogne , que fonde Guillaume d'Aquitaine.
Allemagne. — Les seigneurs d'Allemagne défèrent par élection la royauté à Conrad Ier, comte de Franconie, petit-fils par sa mère du roi Arnutf. Conrad est roi, mais non empereur.
Allemagne et France. — La
mort de Louis l'Enfant , dernier rejeton carlovingien en Germanie , ne donne au roi carlovingien de France, Charles le Simple, qu'une portion île la Lotharingie: acquisition qui devient une cause de guerre entre les deux États.
Empire d'Orient. — L'empereur Léon VI le Philosophe, près de mourir, rappelle le patriarche de Constantiuople, Nicolas, et se recom-
mande à ses prières.— Nicolas n'est
pas assez vertueux pour épargner les outrages au prêtre qui lui avait été subsUtué lors de sa déposition en 902.
Pendant neuf ans encore, il débattra avec les légats de la cour de Rome la question de la légitimité des quatrièmes noces.
Vrance et Morthmana.— Après
vingt ans d'incursion sur les terres de la Neustrie, surtout en remontant la Seine, le chef des Northmans Rollon, qui vient tout récemment de pénétrer jusqu'à Chartres, conclut un traité avec Charles le Simple à Saint- Clair sur l'Epie, dans le Vexin. Le roi lui cède la partie de la Neustrie qu'ils occupent, entre la Brcslc a l'est et la Couesnon à l'ouest , à la condition qu'il se fera chrétien.
Empire d'Orient. —Un enfant de sept ans, Constantin Porphyrogénète, fils de Mon le Philosophe, commence son règne sous la tutelle de sa mère qui opposera d'habiles généraux aux invasions du Bulgare Siméon.
Espagne. — Les chrétiens s'étendent sur toute la ligne du Douro et la fortifient contre de nouvelles invasions. Le père des deux rois d'Oviédo, malgré son abdication, commande les armées et bat les^ Maures. — Une éclipse totale de soleil est remarquée chez les Musulmans d'Espagne (17 juin). — Une noire mélancolie conduit au tombeau le roi de Cordoue. Sun petit -fils Abdérame III commence une ère meilleure pour les Musulmans.
France et Normands. — Roi-
Ion , duc de Neustrie ou Normandie, vassal du roi, reçoit le baptême; les Northmans (hommes du Nord), que nous appellerons désormais de leur nom français, Normands, se convertissent et adoptent la langue romane, qui est le dialecte du nord de la France. Rollon établit le régime féodal. Les Bretons qui n'ont jamais été domptés sont mis sous la suzeraineté du nouveau duc.
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Russes. — Le varegue Olcg im-
Eose de nouvelles conditions de triut à la cour de Constaniînople. Il a donné de sages lois à ses peuples.
Allemagne, Bohême et Hongrois.— Chrétien , mais marié à une femme idolâlre de la Lusace, Vralislas de Bohême combat avec les Hongrois idolâtres contrn la Bavière:
les Bohémiens et les Hongrois sont vaincus ensemble.
Orient musulman. — Les armées du fa limite d'Afrique, Abou- Obéldollah , occupent Barca en Cyrénalque, marchent en Êgypte contre Alexandrie que ne sauvent pas les généraux du calife Moktadcr qui a été rétabli : Alexandrie est un instant aux mains du fatimite ; il ne la garde pas.
Russes* — La mort d'Olcg laisse à Igor un empire vaste, mais sans consistance.
Bulgares et Grecs. — Andrinople est prise par le roi bulgare Slméon.
Espagne* — Abdérame III change le coin des monnaies d'or et d'argent, frappées à Cordoue ; elles porteront désormais le nom du prince d'Espagne avec le titre d'iman ou chef de la religion, que prend Abdérame à l'exemple du premier fatimite d'Afrique, Obéïdollah. Cette ambitieuse innovation assimile le roi de Cordoue aux califes d'Orient, qui seuls autrefois avaient les droits spirituels d'imans; il est désigné sous le nom de calife. — Ordogno II, à la mort de son frère aîné , qui était roi d'Oviédoctde la meilleure partie dos anciennes possessions d'Alphonse III, réunit tous les Etals paternels; il établit sa résidence à Léon. Il pousse ses armes jusqu'à Talavéra sur le Tage; ne pouvant la garder, il la rase.
Orient musulman. — La mort violente d'Abou-Sald, chef des fatimites karmates qui, depuis quinze
APRÈS J. C
ans, tenait en échec les forces des califes en Arabie et en Irak-Arabi ne met pas fin aux courses dévastatrices de cette puissante secte.
Rome* — Jean X est intronisé pape par le crédit de Théodora , sœur de Marozic , la femme du marquis de Camérino; elles sont filles d'une courtisane.
Allemagne* France et Htotigrols* — Les Hongrois dévastent l'Alsace, la Lorraine, ou Lotharingie mosellane, et la Bourgogne.
Halle* — Bérenger, le roi d'Italie , est couronné empereur à Rome par le pape.
Arabes et Italie* — Jean X conduit en persoune les troupes italiennes a l'attaque des positions du Garigliano , d'où les Sarrasins sont chassés.
Afrique et Espagne. — Croisières organisées par Abdérame III pour protéger les côtes et les Iles d'Espagne contre les pirateries des Africains.
Allemagne* — Le roi Conrad est blessé mortellement en combattant les Hongrois. — Il désigne au choix de la noblesse, pour lui succéder, le duc de Saxe, Henri, qui avait été son ennemi personnel.
Henri 1er l'Oiseleur commeuce la maison royale de Saxe.
Empire «Torlent* — Déjà marié à quatorze ans avec la lilie de l'Arménien Bomain-Lécapcne , qui est grand amiral, Constantin Porphyrogénèle partage lo trône avec son beau -père; il lui laisse le soin des affaires, et se livre sans réserve à son goût pour les lettres et l'histoire pendant quarante ans.
Espagne* — Le fameux KaU-b
ben-Hafsoun, qui pendant trentesix ans a bravé et affaibli la puissance de quatre souverains , meurt a Huesca; héritier de l'ambition, de la valeur, et de la turbulence obstinée de son père Omar, il les transmit à ses fils qui n'eurent pas les mêmes succès. — Sanchc-Gai cie, roi de Navarre, à l'exemple de son frère, se retire dans un monastère; mais, en laissant le pouvoir à son fils Garcie, il ne renonce pas au titre de roi.
Petchenègues et Ru s h en. — Déjà menacé par les révoltes des peuples slaves tributaires, le varègue Igor, chef des Russes établis à Novogorod et à Kiev, ne peut résister aux Petchenègues, qui sortent des bois voisins du Jalck et du Volga ; il traite avec eux.
Allemagne et France. — Démonstration militaire de Charles le Simple, pour la conservation de la Lotharingie qui s'est détachée de la France : la plus grande partie du pays reste au roi d'Allemagne.
Espagne. — Garde de Navarre, et le roi de Léon, Ordogno 11, qui plusieurs fois ont été heureux ensemble contre les Musulmans , essuient un échec terrible à la bataille du Val de Jonquéra un peu au nord de Vittoria : deux évêques y sont pris les armes à la main. Le calife Abdérame III, vainqueur en personne , passe les Pyrénées et pénètre jusqu'aux portes de Toulouse; mais au retour, dans les gorges des montagnes, son armée chargée de butin est écrasée par les Navarrais que mène au combat le père de Garde, Sanche, sorti de son monastère.
Italie. — Rodolphe, roi de la Bourgogne transjurane, est appelé au trône d'Italie par l'archevêque de Milan et par le marquis d'Ivrée, toujours hostile au roi Bérenger.
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Orient. — Le calife de Bagdad envoie en ambassade auprès du roi des Bulgares, qui habitent sur le Volga, Ibn-Fozlan pour instruire ce prince et ses sujets dans la religion musulmane. — La relation arabe d'Ibn-FozIan fait connaître les premiers temps historiques de la nation russe.
Eepagne. — Les comtes de la Castille, pays récemment conquis sur les Musulmans dans la vallée supérieure du Douro, et que défendent des châteaux forts [caslella), devenus suspects au roi de Léon , Ordogno 11, sont arrêtés et étranglés dans leur prison.
Yrnnee. — Robert, frère d'Eudes et son héritier dans le comté de Paris et dans le duché de France, est élu roi par les nobles au détriment du Carlovingien Charles le Simple. Sa famille est alliée par des mariages aux seigneurs les plus puissants, le comte de Vermaudois, et le duc de Bourgogne.
Bulgares et orec*. — Le Bulgare Siméon sillonne, avec toutes ses troupes , la Macédoine et la Thrace jusqu'à Constantinople; sous les murs de la capitale, il se laisse toucher par les reproches du patriarche et de l'empereur qui le comble de présents.
Kgpagne.— Ordogno II se marie pour la troisième fois, et épouse la fille de Garcie, roi de Navarre.
France. — Robert de France est tué à la bataille de Soissons :
mais son fils, Hugues le Grand, ne laisse pas régner Charles le Simple ; il l'oblige à se retirer au delà du Rhin, auprès du roi d'Allemagne, qui recouvre la portion française de la Lotharingie. Le beau-frère d'Hugues, Raoul, duc de Bourgogne, est fait roi. — Charles le Simple tombera aux mains du comte de Vermandois, qui l'enfermera à Château-Thierry»
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puis à Péronne. — Avec son règne cessent les capitulaires.
Italie. — Le roi Bérenger, vaincu par Rodolphe, n'est plus reconnu que dans le territoire de Vérone.
Orient musulman. — Mort du célèbre médecin musulman, Razi, né dans le Khoraçan, à Rei ou Razi (ancienne Ragès). Il est auteur de plusieurs ouvrages qui ont servi longtemps de base à l'enseignement même en Europe ; il avait visité les grandes régions de l'Asie, la Syrie, et l'Égypte, même l'Espagne. Plusieurs autres savants ont illustré le califat de Moktader.
Angleterre. — Avènement d'Athelstan, qui portera le premier le titre de roi d'Angleterre.
Hongrois et Italie. — Bérenger livre l'Italie, qui ne veut plus de lui pour roi, à l'invasion des Hongrois, ses indignes auxiliaires. Il meurt assassiné par ses sujets de Vérone. — Les Hongrois, qu'il a attirés dans la Péninsule, brûlent les églises et immolent la population de Pavie et de Verceil. Ils se répandent môme dans la Proveuce et le Languedoc.
Petehcnègues et Russes. —
Les Russes, vainqueurs des Petchenègues, les retiennent à la frontière de leur pays.
Italie. — Le duc-marquis de Toscane, Guido, fils d'Adalbert et de Bertlie, épouse la fameuse Marozic, qui a eu de son premier mariage, avec le marquis de Camerino, un fils, Albéric. Il espérait par cette alliance «;c rendre maître de Rome.
1 Allemagne. — Le roi de Ger-
oianie, Henri 1er, après avoir vaincu les Slaves et les Vandales, voisins de la Saxe à l'est, établit à la frontière un gouvernement militaire ou margraviat de Brandebourg.
Italie. — Le comte d'Arles, Hugues, né d'un premier mariage île Bcrlhe qui, depuis, avait épousé le duc-marquis de Toscane, est appelé dans la Péninsule contre le roi ttodolphc de la Bourgogne transjurane.
Rodolphe lui abandonne sans combat celte royauté d'Italie, si orageuse.
nul gares. — Le Bulgare Siméon, après une carrière remplie de succès, vaincu par les Croates, en meurt de douleur. Il ne laisse ses États qu'à l'un de ses quatre fils.
Bulgares et Grecs. — L'Auguste Romain - Lécapène impose la paix et donne sa petite-fille au nouveau roi des Bulgares, Pierre.
Espagne. — La ville de Tolède, qui depuis quarante-deux ans était comme inféodée au rebelle et à ses fils Bcn-Hafsoun, pressée de près, semble se remettre de bonne grâce entre les mains du calife Abdérame.
Italie et Rome. — Marozie et son époux Guido, marquis de Toscane, emploient la violence contre le pape Jean X, quand il veut se soustraire à la tyrannie qu'ils exercent à Rome ; son frère est tué Sous ses yeux, luimême est jeté en prison , étouffé ou étranglé.
franco. — Mort du roi Charles le Simple, captif du comte de Vermandois, a Péronne.
Orient musulman. — Le général des Karmates, Abou-Taher, avec son armée de fanatiques , entre dans la Mecque, pille le temple de la Caaba, et y massacre les pèlerins.
Allemagne. — Henri l'Oiseleur marie son fils Othon, âgé de dix-huit ans, à la fille du roi d'Angleterre, petit-fils d'Alfred le Grand. — La
Xe SlfcCLE APRÈS J. C.
maison de Contran le Riche, alors comte de Brisgau , au pied de la Forét-Noire , sera la souche des puissantes maisons de Zœhringen et d'Habsbourg.
Bohême. — Le Bohémien Wcnccslas, assiégé dans Prague par le roi d'Allemagne, en reconnaît la suzeraineté.
France. — Raoul de Bourgogne est reconnu pour roi par les Aquitains; il les délivre d'une invasion normande.
Orient musulman. — Le calife Moktader qui a été déjà deux fois déposé et deux fois rétabli sur son trône, ne peut tenir téte auxKarmates même dans le territoire de Bagdad.
Afrique et Espagne. — La faiblesse du roi édrissite de Fez, attaqué par un sujet rebelle , et menacé par le calife falimite , donne occasion à Abdérame 111 d'envoyer des troupes pour saisir Ceuta et Tanger, qui pourront lui servir de places d'armes contre les fatimites de l'Afrique , scissionnaires ou schyites.
Afrique et Espagne. — La
prière publique , ou khothbah , est faite même à Fez au nom d' Abdérame, calife de Cordoue, mais pour une année seulement; les fatimites reprendront la ville.
Espagne. — Mort du roi de Léon, Alphonse IV le Moine, qui avait quitté et repris tour à tour la couronne. — • Les comtes de Castille se sont rendus indépendants. — Le nouveau roi Ramire II, fils, comme Alphonse IV le Moine, d'Ordogno II, enlève aux Musulmans Madrid, au nord-est de Tolède, sur le petit Ceuve du Manlanarès.
France. — Le pays du Langue»
doc, entre l'Aquitaine et la Provence, accepte enfin la domination du roi Raoul de Bourgogne.
Halle et Rome. — Hugues d'Arles, déjà roi d'Italie, aspire à la couronne impériale; mais Borne est occupée par Marozie, veuve de (Suido de Toscane, et par Albéric, né du premier mariage de Marozie avec le marquis de Camerino. Le mariage d'Hugues avec Marozie couvre de honte, sans profit, la maison d'Arles.
— Albéric qui, de concert avec sa mère, avait élevé à la papauté son frère Jean XI , enferme sa mère et son frère dans la prison du château Saint-Ange.
Orient musulman. — Le général qui, au nom du calife Moktader, a sauvé l'Égypte de la domination des fatimites d'Afrique t marche en rebelle contre Bagdad, défait Moktader, et lui substitué un autre prince cupide et cruel, qui bientôt le fera assassiner lui-même.
Bourgognes.— Menacé en Lombardie par la concurrence de l'ancien roi, Rodolphe de la Bourgogne transjurane, dont les domaines sont voisins des siens, au delà des Alpes, Hugues d'Arles rachète de lui ses prétentions sur le royaume d'Italie, par l'abandon delà Bourgogne cisjurane qui ne lui appartient pas en propre, puisqu'elle est la propriété des descendants de Boson et de Louis l'Aveugle. Les deux royaumes, en deçà et au delà du Jura, sont réunis.
Km pire d'Orient. — L'Auguste Romain - Lécapène laisse le siège de Constantinople vacant pendant deux ans, pour pouvoir élever à la dignité patriarcale son fils Tuéophylacte , Agé de seize ans. C'est en présence du pape Jean XI, qu'a lieu la consécration de ce jeune homme, dont le règne épiscopal a été un long sacrilège de vingt-deux ans.
Allemagne et Hongrois. —
Grande victoire d'Henri l'Oiseleur sur les Hongrois, à Mersebourg ville
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
de Saxe sur la Saala. — Institution des tournois, attribuée au roi de Germanie, pendant qu'il était a Gœltiugue.
Afrique. — Le premier fatimite d'Afrique, Abou-Obéïdollah, meurt à Mahadia, ville qu'il a bâtie près de Kalroan au sud de l'ancienne Cartilage. Sa dynastie durera pendant plusieurs siècles.
Venlif. — Venise réunit définitivement à ses possessions le territoire de Comacchio , entre deux branches importantes du Pô près de son embouchure. Au nord-est, elle ne dépasse pas Grado.
Allemagne. — Henri l'Oiseleur meurt au moment d'entreprendre une expédition en Italie. — Election de son second fils Othon, âgé de vingtquatre ans, qu'il avait fait agréer aux seigneurs allemands. L'aîné Tancmar se révolte.
il ohé nie. — Le duc Wenceslas est victime d'une trahison sanglante de sa mère et de son frère Boleslas, qui usurpe l'autorité ducale, et rétablit l'idolâtrie.
France. — Mort du roi Raoul de Bourgogne. Les seigneurs rappellent au trône un Carlovingicn, qui avait vécu longtemps, comme son père Charles le Simple, réfugié chez les Anglo- Saxons. Louis IV d'Outremer ne possède guère que la ville de Laon. Toute-puissance du duc de France, Hugues le Grand.
Italie et Rome. — Même après le mariage d'une de ses tilles avec Albéric , fils de Marozic , Hugues d'Arles ne peut entrer dans Home.
Orient intifiulnian. — Le calife de Bagdad, Rhadi-Billah, abandonne le peu qui lui reste d'autorité à un nouveau dignitaire, l'Emir-al- Omara, qui sera pour la cour d'Orient ce qu'étaient en Gaule les
maires du palais, ce qu'est le duc de France auprès du Carlovingicn Loujs d'Outremer. Cet émir est un Bouide de Perse. — L'empire arabe est partagé en principautés territoriales indépendantes, comme tous les pays du régime féodal en Occident. L'Irak arabi, la Perse, le nord de la Perse et la Parlhie , le Khoraçan et la Trausoxane, le Tabrislan, le Giorgian, le Mazandéran, qui entourent la mer Caspienne , la Syrie et l'Egypte ont des dynasties sur lesquelles le calife n'exerce qu'un droit nominal de suzeraineté : il est plus respecté comme chef de la religion. 11 ne possède que Bagdad et quelques provinces voisines. L'Afrique et la Sicile sont aux fa limites; l'Espagne est aux Ommiades.
Espagne.— Abdérame III achève la construction d'un palais ma* gnifique, qu'il s'était bâti dans la ville nouvelle de Zahra , à cinq milles au-dessous de Cordoue, séjour délicieux par l'ombrage et la fraîcheur, qu'il appela du nom de sou esclave favorite. L'hôtel des monnaies, et une mosquée, moins vaste, mais plus riche et plus élégante que celle de Cordoue, étaient effacés par le palais lui-même ou Alcaçar qui réunissait toutes les richesses et toutes les jouissances de. l'univers, des colonnes de marbre, des bois de cèdre, une fontaine de jaspe, des tentures d'or et de soie, et un kiosque au milieu des jardins. H n'y a plus trace aujourd'hui ni du palais, ni même de la ville.
France. — Les Hongrois, qui onze ans auparavant avaient menacé Reims, pénétrent dans le Berry; et bientôt ils se montreront en Flandre et dans le Hainaut.
Orient. — Eulychius, patriarche melquite d'Alexandrie, qui est en faveur auprès du souverain musulman de l'Égypte, achève ses Annales arabiques; il était savant aussi eu théologie et en médecine.
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
Allemagne et Bohême. — Le
roi Othon I" commence la guerre avec le duc Boleslas, persécuteur des chrétiens.
Angleterre. — Alhelstan, digne petit-fils d'Alfred, bat à Brunanburgh les chefs confédérés du Northumberland danois, du pays des Scots, de l'Irlande et du pays de Galles. Il a complété les sages lois de son aïeul.
Espagne. — Raroiie jIf des JSavarrais, gagne sur Abdérame III la bataille de Simancas, au confluent de la Pisuerga et du Douro l6août); elle coûta quatre-vingt mille hommes aux Musulmans. D'après les écrivains arabes qui placent ïe combat au mois de juillet 939, IcsMusulmans auraient été vainqueurs en perdant cinquante mille hommes. — Saint Jacques, auquel fut attribuée la \ictoire, devint Je cri de guerre des pieux Espaguols.
Allemagne et France.— Louis d'Outremer épouse une soeur d'Othon le Grand; le duc de France, Hugues le Grand, était marié a une soeur du même prince. — La Lorraine est encore un sujet de guerre.
France — Reims, la ville du sacre , qui appartenait encore au roi, est cédée par lui à l'archevêque avec les pouvoirs féodaux de comte.
Les seigneurs arment contre le roi.
Orient musulman. — - La dignité d'Éuiir-al-Omara, à Bagdad, est remplie par un Turc. Désormais les Turcs ne souffriront pas que l'Émiral-Omara soit pris hors de leur nation : les califes deviennent leurs esclaves.
France. — Louis d'Outremer est vaincu et dépouillé par Hugues le
Grand et par le comte de Vermandois.
Cirées et Bunsen. — Courses dévastatrices du Busse Igor à travers les provinces grecques de Paphlagonie, de Pont, de Bithynie; enveloppé à la fin, il perdit les deux tiers do son armée. L'Auguste Romajn-Lécapène bat les Russes sur le Pont- Euxin.
Arabes et Provence. — Le roi
d'Italie, Hugues d'Arles, de concert avec une flotte grecque , combat et chasse pour un temps les Sarrasins, qui étaient établis depuis 888 sur la cote de Provence à Fraxinet, ou la Garde-Fraisnct.
Hongrois et Italie. — Les
Hongrois se montrent en Lombardie; le roi Hugues leur paye tribut.
Busses. — Igor, aidé des Petcheuègues ses anciens ennemis, lance les hordes russes sur le territoire grec de la Chersonèse taurique; il accepte le tribut que lui offre Constantin Porphyrogénète, et envoie les Petchenègues ravager les terres des Bulgares.
France. — Le roi des Danois vient en France au secours de Richard, duc de Normandie, que le roi Louis d'Outremer voulait dépouiller, le roi prisonnier s'engage à laisser le duché au jeune prince.
Italie. — Bérenger, marquis d'Ivrée, pciit-lils par sa mère de l'empereur Bérenger, avec des auxiliaires allemands, enlève la couronne d'Italie à Hugues d'Arles. Le fils d'Hugues, Lolhaire, garde le litre de roi sans aucun pouvoir. Hugues a eu recours aux Sarrasins, postés à Fraxinet; il les laisse occuper la ligne des Alpes depuis FréjuS jusqu'à Saint- Maurice en Valais.
Bussle. — Mort d'Igor. Son fils
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
mineur, Swiatoslaw. lui succède; régence de sa veuve Olga.
Allemagne. — Le roi Othon fait désigner par les princes pour lui succéder son fils aîné, Ludolphe, âgé de treize ans.
Italie. — Le roi titulaire d'Italie, Lothaire, fils d'Hugues, épouse Adélaïde, fille de Rodolphe II, roi des deux Bourgognes.
Orient musulman. — Mas-
soudi surnommé Cothbeddinou pôle de la religion, d'une famille de Médine, né à Bagdad, meurt au Caire.
11 a écrit en arabe les Prairies d'or et les Mines de pierres précieuses, qui comprennent l'histoire générale des royaumes les plus connus dans les trois parties du monde ; il donne des détails curieux sur les Indes et la Chine.
Russie. — La reine Olga visite les différentes contrées du territoire russe, règle les impôts et fait construire des bourgs et des villes : on lui attribue la fondation de Pskof ou Pleskof, au sud du lac du môme nom qui continue le lac Peipus.
Danemark. — Un prince de Jutland, qui relevait des rois danois, converti à la foi par l'archevêque de Magdcbourg , réparc les églises primitives de Sleswick, et de Rypen au nord-ouest de Sleswick; en construit une nouvelle à Aarrhus, an nord-est, sur la côte de la Baltique : ces églises curent des évoques sulTragants d'Hambourg.
France. — En guerre depuis deux ans avec Hugues le Grand, que soutient Richard due de Normandie, et vainement secouru par le roi de Germanie, Louis d'Outremer se présente avec Othon Ier au concile d'Ingellioini ; une menace d'excommunication n'arrête pas les rebelles. — Le roi de France , comme le roi d'Allemagne, ne comprenait que la langue
tudesque? il fallut traduire pour eux deux la lettre adressée en latin par le pape aux pères du concile.
Espagne. — Achèvement de grands travaux utiles à l'agriculture, qu'avait ordonnés Abdérame 111; canal d*arrosement , et magnifique abreuvoir à Écija, à l'est de Séviile, sur le Xénil.
Allemagne. — Othon donne a son fils Ludolphe, âgé de seize ans, le duché de Souabe.
Allemagne et Bohême. — Le
duc de Bohême Boleslas Ier, vaincu par Othon, paye tribut et se fait chrétien.
pagne. — Pour montrer l'exemple de la justice à ses sujets, le vieux calife Abdérame a le courage et la douleur d'ordonner la mort d'un de ses fils rebelles, que distinguaient toutes les qualités de l'esprit. — Les dix dernières années d' Abdérame sont occupées surtout par des guerres sur les côtes d'Afrique, où le ramène, malgré de fréquents désastres, la pensée d'un établissement durable.
Italie. — La mort du jeune Lothaire , lils d'Hugues, roi d'Italie, hâtée peut-être par Bérenger, le marquis d'hrée, laisse à celui-ci la couronne; il la partage avec son fils Adalbert.
Allemagne et Italie. — Bérenger Il d'hrée, roi d'Italie, emploie la violence pour forcer la veuve de Lothaire, Adelhalde,à épouser son fils Adalbert (avril). Elle s'enfuit au château de Ganossa, sur le territoire de Reggio, d'où elle demande protection à Othon de Germanie (août).
Othon descend en Italie, est proclamé roi dans Pavie (octobre), et épouse Adelhalde (décembre).
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
Allemagne et Italie.— 0 thon rend à Bérenger la couronne de Lombardie, comme fief germanique.
Afrique et ïgypte. — Mort du raabadi fatimite d'Afrique, Almanzor, qui, dans ses courses en Égynte, a fondé la ville de Mansourah (Massoure), sur une des branches orientales du Nil Inférieur. Son successeur, Moez, dispute par les armes le commerce de la Méditerranée aux Arabes d'Espagne.
Allemagne. — Le frère du roi qui reçoit le fief de Lorraine le partage en deux duchés, 1° Lorraine sellane ou supérieure, 2° Lothier ou Basse-Lorraine , qui comprend le bassin de l'Escaut, et les vallées inférieures de la Meuse et du Rhin.
En pagne. — L'armée chrétienne de Léon prend sur les infidèles Lisbonne, à l'embouchure du Tage; la ville est démantelée.
Allemagne. — Guerre entre Henri le Querelleur, qui devait au roi son frère le duché de Bavière, et Ludolphe fils du roi , duc de Souabe, que soutient le gendre du roi , duc de France rhénane ou Franconie. Othon prend parti pour son frère ; l'archevêque de Cologne Brunon, frère d'Othon et d'Henri, offrira sa médiation.
Vranee. — Après une nouvelle guerre contre Hugues le Grand et Richard de Normandie, Louis d'Outremer meurt à trente-trois ans. La royauté n'est pas partagée entre ses deux fils : Lolhaire , l'aîné, lui succède seul, du consentement d'Hugues le Grand, auquel il donne, bientôt après, le duché de Bourgogne.
Hongrois. — Les Hongrois qui depuis quatre ans ont ravagé la comté de Bourgogne ou Franche- Comté1 l'Aquitaine, la Flandre, se
montrent encore dans la Lorraine, la Champagne et le duché de Bourgogne. — A la suite d'une invasion jusqu'au cœur de l'Helvétie, où les attiraient les richesses du monastère de Salnt-Gall, l'abbé dut fortifier la ville, bâtie auprès du monastère, par des murailles, des tours et des fossés.
Allemagne et Hongrois. —
Tous les peuples de L'Allemagne prennent part à la bataille qu'Othon Ier gagne sur les Hongrois en Bavière , à Augsbourg : ces barbares ne feront plus d'invasion.
Angleterre. — Le mariage du roi anglo-saxon Edwi, âgé de quinze ans, avec sa proche parente, est l'occasion des terribles persécutions qu'exercent contre tous deux Odon, archevêque de Canterbury et son neveu Dunstan , abbé de Glastonbury, dans le comté de Somerset, qui avait été chargé sous le dernier roi de l'administration des finances : le vrai zèle n'inspire pas de pareils excès d'inhumanité. La maison royale, le gouvernement et l'Église de PAngleterre sont à la merci de Dunstan, jusqu'à sa mort en 988.
Kgpagne. — Sanche I,r, dit le Gros, second fils de Ramire 111, qui a saisi la couronne de Léon après la mort de son frère aîné, est victime de la haine de la noblesse, qui est favorable à un prétendant; il passe cinq ans hors du royaume.
Russie. — La reine Olga , désirant s'instruire dans la religion chrétienne pour l'embrasser, fait à soixante et dix ans un voyage à Constantinople ; l'empereur Constantin Porphyrogenète la présente aux fonts du baptême, elle prend le nom d'Hélène. — Au retour, elle ne put engager son fils, Swiatoslaw, à suivre son exemple.
Allemagne et Italie. — L'administration détestée de Bérenger II
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
d'ivrée provoque une nouvelle intervention germanique ; Ludolphc, fils d'Othon, vicnl dépouiller Bérenger et Adalbert.
France. — Mort d'Hugues le Grand. Il laisse trois fils : l'aîné Hugues Capet a le duché de France, kt comté de Paris et les abbayes de Saint-Germain des Prés, de Saint- Denis, de Saint- Martin de Tours.
Rome. — Oclavïcn, fds du patrice Albéric, petit-fils de Marozic, qui avait succédé depuis deux ans à la dignité et à l'autorité de son père dans la ville de Rome, s'empare du saint-siége sous le nom de Jean XII.
Allemagne et Italie. — La
mort de Ludolphe rend l'Italie à Bérenger d'ivrée.
Empire d'Orient. — Mort de Constantin Porphyrogénèlc, empoisonné par Romain le Jeune, son quatrième fils qui lui succède. Constantin a laissé son nom à une collection de lois, ou novelleS) à dos recueils d'histoire, de morale, d'art vétérinaire, d'agriculture ; on lui attribue un traité théorique sur l'administration de l'empire, une tactique terrestre et navale, deux livres sur les usages et les cérémonies de la cour de Byzance, la division géographique des
f provinces et des villes de l'empire. — ndolence et ignobles Habitudes du nouvel empereur
chine. — Commencement de la dix-neuvième dynastie Song, qui durera trois cents ans.
Espagne. — Sanche, dit le Gros, est rétabli sur le trône de Léon par Abdérame III de Cor doue, et par le roi de Navarre.
Allemagne et Italie. — Appelé par les Italiens et par le pape
Jean XII, Othon passe les Alpes, et dépose dans la diète de Pavie Bérenger et son fils; il est de nouveau couronné rot à Milan.
Espagne. — Mort d' Abdérame III. 11 a joui jusqu'à la fin, dans son palais de Zahra, du doux commerce des belles-lettres et des arts; mais comme tant de princes arabes, il a été en proie à des atteintes de mélancolie qui corrompaient son bonheur. Deux de ses visirs et son fils Al-Hakkam avaient fondé des académies dans leurs palais. — Avènement d' Al-Hakkam 9 à quarante-huit ans. Le nouveau prince renonce avec peine à la direction de la bibliothèque et des académies qu'il avait établies à Cordoue.
Borne. — Les débauches de Jean XII sont un scandale pour la chrétienté.
Empire d'Allemagne et Ko-
me — Othon 1", et Adclhaïde reçoivent la couronne impériale, à Rome, des mains du pape Jean XII (2 février). Le titre d'empereur d'Occident ne sera plus porté désormais que par des princes allemands.
Othon se fait prêter serment de fidélité par le pape. — Après le départ d'Othon 1er, Jean XII rappelle le roi Bérenger d'ivrée.
Italie. — L'empereur Othon l,r fai t comte sacré du palais, dignité équivalente à celle de vicaire du prince, Obert Ier, marquis d'Italie , seigneur de Canossa, au nord-ouest de Modène, qui l'avait appelé en faveur d'Adelhaïde contre Bérenger II. C'est la souche primitive, suivant Muratori , de la maison d'Esté, qui s'est rendue illustre à Ferrare pendant plusieurs siècles et a produit plusieurs branches dont une , celle de Brunswick, règne aujourd'hui sur l'Angleterre.
Empire Allemagne et Ro«
Xe SIÈCLE APRÈS J. C. 253
nie. — Othon revient à Rome, Espagne. — Al-IIakkam II, d'où le pape s'est enfui ; les Ro- pour refréner l'usage du vin que la mains par un nouveau serment s'en- fréquentation des étrangers avait gagent à ne plus élire de pape, et introduit, malgré la loi, parmi les à n'en pas laisser consacrer, sans son musulmans, fait arracher les deux tonsentement. 11 fait déposer Jean XII tiers des vignes dans toutes les dans un concile tenu à Rome, et dé- terres du califat, livre ainsi l'Église d'une cause de . v, scandales (novembre). , ««a***-- Les Khozares maîtres v ' de toute la côle nord-est du Font- Empire gree. — Un habile gé- Euxin , dominateurs des nations slanéral qui s'est signalé dans les guer- ves qui habitent les bords du Volga res contre les Sarrasins et contre les et de l'Oka, sont battus, dispersés et Russes, Nicéphore Phocas, est porté refoulés à l'est par le Russe Swiaà l'empire par l'armée, de préfé- toslaw. rence aux enfants mineurs que laisse en mourant le fils de Constan- 066.
.7us .lu.a,£ Le général Jean Zi- • empereur .Wphorc Pljo-
l "'i tL cas vient en personne chasser les
nî!?±jri!? Vil S ?" S musulmans de la Cilicie, leur enlever
musulmans en Cilicie. nie dc (:hyj>re cllaSyi,lC> LesUuss„s
« de Podolie, à la sollicitation de l'em-
pereur grec, ravagent les terres des
Danemark.— Pendant l'absence Bulgares pendant plus d'une année ,
d'Othon, les Danois ravagent la mar- et se rendent redoutables même à
che allemande de Slcswick. l'empereur.
Empire d'Allemagne et no- 9G7.
me. — Othon assiège et prend Rome
qui a rejeté le pape choisi par lui. Bohême.— .lîoleslas II, nouveau
— Bérenger d'ivrée, pris encore une duc, a fondé lévecbé de Prague, et
fois, est enfin emmené en Allemagne doté vingt églises,
où il achèvera sa vie obscurément; milgarcs et Russe*. — Le
Adalbert ne reparaît plus. Russe swiatoslaw , allié mercenaire
Pologne. — Micislas, de la dy- de Nicéphore Phocas, prend les villes
nasliede Piast, élu duc par les Po- des Bulgares, voisines du Danube,
lonais , reçoit des missionnaires et forme le dessein d'établir sur les
chrétiens, et est baptisé. 11 épouse bords de ce (ïeu\e le siège de son
une princesse de Bohême. ' empire.
Scandinaves» — Les Scandi- Empire d'Allemagne et ROr
naves occupent les lies Shetland , au me* — Othon 1CI qui a ramené de
nord des Orcades qui sont elles- nouveau les Romains au devoir, fait
mêmes comme une continuation de couronner empereur , par le pape
la côle d Ecosse. Jean XIII, son fils qui doit lui suc-
céder.
slaves. — L'empereur pro- Allemagne et Danemark. — pose au pape de fonder, avec l'agré- Othon, poursuivant les Danois jusque ment du métropolitain de Mayenee, dans le Jufland, ne leur accorde la un archevêché à Magdehourg, sur paix que sur la promesse que le roi l'Elbe , pour les nouvelles églires Harold et son fils se feront chré- créées chez les Vénèdes et les Slatiens. ves.
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
Arabes et ©recs. — L'empereur Nicéphore Phocas, avide de guerre et de butin, porte ses armes jusqu'à Nisibe ; il ravage la Mésopotamie et fait trembler le calife dans Bagdad. Mais il repassera l'Euphrate sans avoir rien fait d'utile pour ses provinces.
Pologne. — Le pape Jean XIII envoie de nouveaux missionnaires qui fondent des églises en Pologne ; ferveur singulière des Polonais convertis.
Russes.— Swiatoslaw est arraché à ses projets d'établissement sur le Danube, par une incursion des Petchenègues qui menacent de ruine la ville de Kiev, où étaient enfermés sa mère et ses enfants ; il arrive à temps pour la sauver et conclure la paix avec eux.
Afrique et Kjçypte. — Le général du mahadi fatimite d'Afrique, Giauhar, Grec de naissance, ancien esclave, soumet PËgypte en moins de temps qu'il n'en faut pour la parcourir ( du 26 août au 6 septembre).
11 fait proclamer son maître, le mahadi Moez, qui prend alors le titre de calife : le nom de Moez est substitué à celui du calife de Bagdad dans les prières publiques, et on y joint celui d'Ali l'époux de Fatimc.— Giauhar jette les fondements du Caire (Al-Kaliera), dont Moez fera sa capitale. La Syrie sera bientôt, comme l'Egypte, enlevée aux califes abbassides.
Empire grée.— Nicéphore Phocas, détesté de ses sujets qu'il accable d'impôts pour enrichir les soldats, falsificateur des monnaies, spoliateur des églises, tombe sous les coups du général Jean Zimiscès, qui a pour complice la femme de Nicéphore. Zimiscès, proclamé empereur, associe à l'empire les petits-fils de Constantin Porphyrogénète. Guerres inces-
santes avec les Russes, les Bulgares et les Sarrasins.
Judée. — Les musulmans s'en prennent au patriarche chrétien de Jérusalem des désastres que leur a fait éprouver Nicéphore Phocas ; il est pris et brûlé vif.
Russie. — Mort d'Olga, la mère du chef russe Swiatoslaw ; l'Église grecque l'honore sous ie nom de sainte Hélène.
Crées et Russes. — Le Russe Swiatoslaw engage la guerre avec l'empereur Zimiscès pour conserver les régions du Danube et le pays des Bulgares , qu'il avait occupés d'abord comme allié des Grecs. Dans ses courses, qui se renouvellent pendant deux ans, il viendra jusqu'à A ndrinople ; la lutte est acharnée surtout autour des places que baigne le Danube.
Arabes et Provence. — Le
comte Guillanine Ier mérite le surnom de Père de la Patrie, en chassant les Sarrasins du poste de Fraxinet et des côtes de la Provence.
Empire d'Allemagne. — Mort d'Olhon 1" le Grand. Othon II . âgé de dix-huit ans, marié à une princesse grecque Théophanie, réunit comme son père les couronnes d'Allemagne dans l'empire et d'Italie. — Son compétiteur Henri , duc de Bavière, est soutenu pendant quelque temps par le duc de Bohême.
Russie. — Au retour de son expédition dans les pays danubiens , Swiatoslaw , obligé de passer l'hiver sans ressources, près des cataractes du Borysthène, est assailli par les Petchenègucs, qui le prennent et lui coupent la tête. — 11 avait à l'avance partagé ses Etats entre ses trois fils: l'aîné eut Kiev; le plusjcune, Novogorod ; le second, qui a le pays i utérin c-
Xe SIÈCLE APRÈS i. C.
diaire, sera bientôt victime de l'ambition du prince de Kiev.
Afrique et Espagne. — Succès des musulmans d'Espagne : le dernier prince de ta dynastie des Edrissides est conduit prisonnier à Cordoue ; mais la générosité du calife lui rendra la liberté.
Rouie. — Grescentius , fils de la fameuse Théodore, commence son rôle d'agitateur à Rome, et jette en prison le pape Benoît VII, qui est attaché aux princes d'Allemagne.
Afrique et Egypte. — Moez, le premier calife fatimite d'Égypte et d'Afrique , meurt au Caire, après vingt-deux ans de règne. Ses sujets regrettèrent sa modération, sa justice et son gouvernement libéral.
Son fils, Aziz ou Alschscid, hérite à vingt et un ans de tous ses États, et garde pour ministre le conquérant de l'Égypte, Giauhar.
Orient musulman. — La
science astronomique était assez avancée chez les Arabes pour qu'Aboul-Wéfa constatât à Bagdad l'inégalité lunaire, connue sous le nom de variation, dont la découverte est attribuée à Tycho-Brahé , astronome danois de la fin du xvi' siècle.
Empire grec. — A la mort de Jean Zimiscès l'empire de Constantinople appartient aux deux petitsfils de Constantin Porphyrogénèle , Basile II et Constantin VIII, qui régneront ensemble environ cinquante ans. Constantin est tout occupé de ses plaisirs, Basile du gouvernement et surtout de la défense des provinces contre les Sarrasins et contre les Bulgares, qui, pendant dix années, dévasteront la Thrace, la Macédoine, la Tbessalie et la Grèce.
Espagne» — Le calife Al-Hak-
kam II fait reconnaître solennellement pour son successeur, son fils unique , Issem ou Hescham , âgé de onze ans, pour plaire à la sultane Sobéiha, mère du jeune prince.— Son règne qui finit a été l'âge d'or de l'Espagne : l'agriculture, les arts, les lettres, les sciences , la justice ont été également en honneur. — Le nouveau calife a pour tuteur Mohammed Almanzor, nommé Hadjeb par la sultane Sobéïha , qui gouvernera l'Espagne pendant vingt-quatre ans avec un pouvoir absolu. Pour reprendre la guerre avec les chrétiens, Almanzor conclut la paix avec les princes musulmans d'Afrique. Los trente-trois ans de règne du calife Hescham seront une longue minorité : les talents d'un grand ministre lui ont donné un éclat extraordinaire. — Le roi de Léon, âgé do.
quatorze ans, est depuis neuf ans sous la tutelle de sa mère et d'une tante religieuse.
Bohême* — L'évéque de Ratisbonne, de qui relevaient les églises de Bohême, autorise l'évéque de Prague à passer sous l'autorité métropolitaine de Mayence.
France. — Le frère du roi Lothaire, Charles, accepte le duché de Lorraine, comme fief de la couronne d'Allemagne.
Angleterre. — Le règne d'Ethelred II, descendant d'Alfred, est, dès le début , une époque de désastres pour l'Angleterre qu'envahissent de tous côtés les Danois.
France. — Craignant l'ambition de son frère , Lothaire se hâte d'associer à la royauté, en le faisant sacrer, son fils âgé de dix ans.— La Lorraine est cause de nouvelles guerres avec l'Allemagne : le roi Lothaire combattit en personne pour la reconquérir ; les Allemands s'avancent une fois jusqu'à Paris.
Orient musulman. — Les milices lurquos, qui sont à la solde du gouvernement de Bagdad, s'unissent aux fanatiques Karmates de l'Arabie pour disputer la Syrie aux fatimiles d'Égypte.
Allemagne et France. — Un
traité avec la France assure la Lorraine au roi d'Allemague.
Busses. — Le Russe Wladimir, troisième fils de Swiatoslavv, princè de Novogorod, après avoir tué le prince de Poltesk ou Polotsk, sur la Dnna, qui lui avait refusé sa lille, attaque son frère aîné, le prince de Kiev. Une trahison sanglante des Varègues cause la mort de ce dernier:
Wladimir recueille le fruit du crime, et se trouve seul maître des possessions russes.
Allemagne et Italie. — Les
chefs de la noblesse et de la bourgeoisie d'Italie, attirés par Othon H à un repas de réconciliation, pendant son séjour à Rome, sont assassinés par son ordre.
Allemagne et Crées. — Expédition malheureuse de l'empereur Othon 11 contre les Grecs de l'Italie méridionale.
Km pagne. — Le général du calife, Almanzor, après huit jours de combat et deux assauts, pénètre dans la ville de Léon, massacre ou fait esclaves les habitants.— Les seigneurs de la Galice concourent par leur révolte à la chute du jeune roi de Léon, que remplace son parent Bermude 11.
Scandinaves. — L'Islandais Eric Rauda ou le Rouge est le premier qui se soit fixé dans la terre récemment découverte au nord-ouest de l'Europe, le Groenland. Le nom de Groenland, qui signifie terre verte, pourrait être justifié par la brillante
verdure, par les bosquets de bouleaux et par le parfum des fleurs qu'amène le mois de juin à l'extrémité sud-est. Les Norvégiens d'Islande restèrent maîtres du pays où pénétrera le christianisme.
Allemagne. — A la mort d'Othon II en Italie , son fils Othon III , âgé de trois ans, est reconnu roi.
Russie. — Le Russe Wladimir I,r, qui a déjà frappé les Polonais et les Jazyges riverains du Bog , se fait prêter serinent de fidélité par les Bulgares du pays de Kasan.
Allemagne et France. — Un
savant français, d'Aurillac en Auvergne, Gerbert, qui avait étudié les sciences mécaniques et les sciences occultes chez les Arabes à Cordouc, et qui est l'inventeur d'une horloge à balancier, dirige l'éducation du jeune roi d'Allemagne Othon 111.
Orient. — Le calife fatimite d'Égypte dispose des sièges épiscopaux d'Alexandrie et de Jérusalem , en faveur de deux prêtres chrétiens dont il avait épousé la soeur.
Afrique et Espagne. — Le dernier prince de la dynastie des Edrissides, qui, depuis son retour en Afrique, avait tourné ses armes contre les musulmans de Cordoue , pris une seconde fois, est mis à mort par l'ordre d'Almanzor. Les troupes espagnoles rentrent dans Fez de vive force, chassent du Magrcb le prince de Tunis, et rétablissent lakhothbali ou prière publique au nom du calife de Cordoue.
Espagne. — Le général Almanzor enlève pour trois ans, après une victoire, Barcelone au comte chrétien Borel.
Scandinaves. — La côte d'un
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
nouveau continent, au nord-ouest de l'Europe, est découverte pour la première fois par le Scandinave Biarke Herjullson.
Tranee. — Mort de Lot ha ire ; il
a recommandé son fils à Hugues Capet, Tainé des fils de Hugues le Grand, duc de France. Louis V est reconnu roi.
France. — La mort de Louis V, appelé le Fainéant à cause de la brièveté de son règne et parce qu'il fut le dernier roi de sa race, permet à Hugues Capet de se faire sacrer roi à Reims, au détriment du Carlovingien Charles, duc de Lorraine, qui en recevant un fief de l'Allemagne devenait étranger à la France. Hugues Capet doit le titre royal à ses vassaux venus dans l'assemblée de Noyon. — La royauté de France a au inoins la force d'un grand fief, qui se compose du duché de France, des comtés de Paris et d'Orléans; Paris sera la résidence ordinaire des Capétiens. Le frère d'Hugues Capet est duc de Bourgogne.
Rome. — Le patrice Crescentius s'empare pour un moment de l'autorité souveraine à Rome en chassant le pape.
Bulgares , Grecs et Rnssei.
— L'empereur Basile va combattre les Bulgares dans leur propre pays, et s'empare de leur capitale Pérévaslaw; les Grecs feront contre ces peuples vingt-six campagnes consécutives.— Le Russe Wladiniir 1er conduit une nombreuse armée contre Théodosie ( Kafifa ) , dans la Chersonèse laurique, et réduit les Grecs à se rendre après six mois de siège ; il est bientôt maître de toute la Chersonèse.
Fronce. — Hugues Capet associe à la royauté et fait sacrer son fils Robert. — Commencement d'une
guerre de dynastie, qui durera trois ans, avec Charles de Lorraine.
Empire d'Allemagne et Italie. — La mère d'Othon 111 , Théophanie, d'origine grecque , sœur des empereurs de Constanlinople. maintient dans l'obéissance la ville de Rome, tandisque son aïeule Adelhalde lui conserve la Lombardie.
ituAfile. — Pour se réconcilier avec les Grecs, Wladimir demande en mariage une sœur des empereurs, la princesse Anne : il l'obtient en se faisant chrétien ; il renvoie ses concubines, et renonce aux territoires conquis sur l'empire. Il emmène à Kiev un grand nombre de prêtres grecs : les vases sacrés, les livres d'église, les images, les reliques, furent les premiers objets de luxe des Russes. Les idoles sont renversées; en peu de temps la Russie devint chrétienne. Elle adopte l'ère du monde, suivant le calcul de Constantinople.
Espagne. — Le roi de Navarre repousse les infidèles qui ont pénétré jusqu'à Pampelune.
Russie. — Le prince russe établit sa résidence dans une ville nouvelle de son nom, Wladimir, sur le territoire de Suzdal à l'est de Moscou.
France. — Arnoul, archevêque de Reims, qui a trahi Hugues Capet pour Charles de Lorraine, est déposé par un concile à la demande du roi.
Gerbert qui , en enseignant dans l'école de Reims, avait eu pour disciple Robert, lils de Hugues Capet, est fait archevêque.
Orient musulman. — Le nouveau calife Kader-Billah, qui régnera quarante ans, fait effort pour ressaisir l'autorité temporelle dont ses prédécesseurs ne jouissaient plus de-
Xe SIÈCLE APRÈS J. C.
puis longtemps môme dans la ville de Bagdad ; il est juste, doux et bienfaisant. — Mahmoud Gazni, gouverneur du Khoraçan, s'érige en souverain, et commence la dynastie des Gaznévides.
Bohême et Pologne. — Au
moment de la mort de Micislas 1"% la principale ville de Pologne, Cracovie, aux sources de la Vistule, était au pouvoir des Bohémiens. Elle fut reprise par son fils Boleslas 1er, dit Ghrobri ou l'Intrépide, qui régnera trente-trois ans.
Borne. — Le pape dispose seul du droit de canonisation, exercé jusque-là par les évéques et par le peuple; les évéques seront consultés encore jusqu'à Alexandre 111 qui règne au xir* siècle.
Russie. — Dans une des fréquentes incursions des Petchenègues, Wladimir fonde, en souvenir d'une victoire , la ville de Pérelaslawl, à l'est de Kiev.
Angleterre. — Le roi de Danemark Suénon , et le roi de Norvège Olaus, dévastent ensemble les côtes anglo-saxonnes.
Espagne. — Dans une course victorieuse des musulmans, les cloches de l'église de Saint-Jacques, près de Compostelle, sont emportées en triomphe à Gordoue et placées dans la cour de la grande mosquée.
France* — Un concile propose la trêve de Dieu.
Pologne. — Le duc de Bohême repousse une invasion de Polonais, et va à son tour les meuacer dans leur capitale, Gracovie.
Bohême. — Guerre défensive
du duc chrétien de Bohême, contre une partie de ses sujets, qui sont païens.
Arabes et Grecs* — Les troupes du second calife fatimite d'Egypte et d'Afrique fuient devant l'empereur Basile II, en Syrie, entre Alep et Damas.
Empire d'Allemagne et Italie.— Othon 111 est couronné empereur à Home par le pape Grégoire V, son parent , qui lui devait le trône pontifical. 11 bannit de la ville l'agitateur Grescentius. — Au retour , il reçoit la couronne de fer à Milan.
Empire gree. — Un médecin habile et revêtu de plusieurs dignités séculières, Sisinnius , est porté au patriarcat de Gonstantinople , sans avoir passé par les degrés inférieurs de la hiérarchie ecclésiastique.
France. — Mort d'Hugues Capet Son fils Robert lui succède.
Hongrie» — Le duc des Hongrois, Geisa, est baptisé le jour de la fêle de saint Étienne, avec son fils Waïc, qui garda le nom de ce saint.
Orient musulman* — La mort
du second calife fatimite laisse un lourd héritage à un enfant de onze ans, Hakem.
Allemagne* — Les troupes impériales reprennent aux Slaves le margraviat de Brandebourg.
France. — En Normandie, révolte de paysans, opprimés par le régime féodal.
Hongrie* — Étienne Ier, prince chrétien , succède dans le duché de Hongrie à son père Geisa. La Hongrie était déjà habituée au gouvernement féodal. Les comtes et barons qui possédaient les grands domaines avaient depx sortes de vassaux nobles : 1° les chevaliers terriens, ?ntlites prwdiantes, 2° les chevaliers servants, milites servientes.
Prussien*. — En portant la foi chez les Slaves idolâtres de la Prusse au nord-est de la Pologne , saint Adalbert, évéque de Prague, trouve le mariyre.
Venise* — Après la mort du roi de Croatie, les Vénitiens s'emparent du liltoral daltnate et des lies, depuis Pola en Istrie jusqu'à Raguse:
ils avaient déjà Zara. Les pirateries des Narentins sont réprimées. Le doge, Pierre Orséolo, prit au retour de cette expédition le titre de duc de Daim a lie.
Afrique et Espagne* — Le
fils aîné d'Almanzor a reporté la guerre en Afrique , et enlevé Fez à un prince usurpateur. — Le roi de Léon , le roi de Navarre , qui est de sang castillan par sa mère , et le comte de Castille, gagnent ensemble un combat décisif sur Almanzor, à Calatagnasor, au sud-ouest de Soria, vers les sources du Douro. Vaincu pour la première fois après plus de cinquante batailles livrées aux chrétiens , Almanzor se laisse mourir de faim. — Abd-el-Mélek, l'aîné de ses fils, hérite de son ascendant auprès du calife et combat avec la môme gloire.
Empire d'Allemagne et Italie. — Othon 111 vient combattre Crescentius qui s'est fait consul de Home et qui a chassé le pape Grégoire V : il l'assiège dans le môle d'Adrien, ou château Saint-Ange , le reçoit prisonnier volontaire , et ordonne injustement sa mort. — Othon va visiter incognito Venise. — Il donne l'archevêché de Ravenne à son ancien précepteur, Gerbert , qui n'a plus le siège de Reims depuis le rétablissement canonique de l'archevêque Arnoul.
France* — Robert le Pieux, ayant refusé de se conformer à la décision d'un concile qui rompait son mariage avec Berthe, sa parente éloignée , est excommunié par
le pape ; le royaume de France est pour la première fois mis en interdit : terrible effet de la sentence pontificale. Robert quitte Berthe et prend pour femme Constance d'Aquitaine.— 11 est célèbre par sa charité, par sa piété et par son goû pour la poésie religieuse. Le premier des rois de France, il a touché les écrouelles et lavé les pieds aux pauvres le jeudi saint.
Mohéme*— Sous Boleslas II qui meurt en 999, les Bohémiens, dont la langue est un dialecte de l'esclavon, adoptent les lettres latines et la liturgie latine.
Empire d'Allemagne et Pologne. — L'empereur Othon III, qui le premier fit reconnaître la suzeraineté de l'empire aux Polonais, érige en métropole l'église de Gneswe, au nord-ouest de la grande Pologne.
Espagne. — Le royaume de Léon a encore un roi mineur, Alphonse V, fils de Bermudc, âgé de cinq ans, sous la tutelle de sa mère.
Orient musulman* — Développement de la puissance du Gaznévide Mahmoud : ses États s'éten dront du Gange à la mer Caspienne; il tiendra sa cour à Balkh , et à Gazna. Le premier il a remplacé le titre d'émir par celui de sultan.
Rome. — Othon III fait élever au pontificat l'archevêque de Ra~ venue, Gerbert, qui prend le nom de Sylvestre 11 ; c'est le premier pape français. — Son ardeur pour l'étude de sciences jusqu'alors inconnues qu'on appelait occultes , l'a fait accuser dç commerce familier avec le diable.
Venise. — La cour de Constantinople habituée encore aux témoignages de déférence et de respect de la république vénitienne, qu'elle croyait en retour honorer beaucoup
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on conférant aux doges les titres des au fils du doge Pierre Orstfola la principales dignités impériales.donue nièce de l'empereur.
APERÇU GÉNÉRAL
La barbarie qui ne consiste que dans l'imperfection "des institutions sociales est moins ignoble que celle qui résulte de leur corruption extrême. C'est ce dernier spectacle que présentent les annales de Byzance et celles de l'empire des Abbassides. A Constantinople, la maison macédonienne se continue encore un demi-siècle sous le nom de deux femmes, qui portent au trône un faux monnayeur, et un calfateur de vaisseaux. Les exploits de Romain Diogène suspendent pour bien 'peu de temps les invasions des barbares de l'Orient. La maison des Comnène sera^élèbre seulement par sa longue possession du pouvoir : on ne lui doit pas la restauration de l'honneur militaire et de l'administration intérieurede l'empire. Les califes abbassides ne sont plus chez les musulmans que de vains fantômes, insultés par tous les mécontents, menacés par tous les ambitieux. Les troubles intérieurs se perpétuent. La dynastie des Gaznévides, sortie des régions orientales de la Perse, avait porté la terreur jusqu'à Bagdad. Les Turcs seldjoucides, originaires de la grande Tartarie, se font place en Orient, aux dépens des Gaznévides refoulés jusqu'aux Indes, des califes de Bagdad tenus dans une tutelle qui ressemble à la servitude, des califes fatimites d'Égypte dépouillés des principautés syriennes, enfin des empereurs grecs qui ne peuvent empêcher en Asio Mineure l'établissement de la sultanie turque d'Iconium. Antioche, Laodicée, Nicée même en Bithvnie, sont à ces barbares. C'est contre ces ennemis heureusement affaiblis par leurs propres divisions que fut prêchée la première croisade.
De nouvelles révolutions agitent tout le nord de l'Europe : la race Scandinave s'abat encore du Danemark et de la Norvège, sur l'ilc Britannique qui n'échappe à la race du Danois Canut le Grand, récemment converti , que pour subir le joug despotique de la royauté cl de la féodalité normandes qu'apporte en 1 066 le Français Guillaume le Conquérant. Ce triomphe durable d'un vassal des
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Capétiens est lo signal des longues rivalités de la France et de l'Angleterre.
A l'est, les Scandinaves Varègucs, qui s'étaient fixés au milieu des Slaves sous le nom de Russes, ont déjà reçu le christianisme avec leur chef, saint Wladimir, qui est de la race de Rurik. Mais l'Évangile e<t venu aux Russes par Constantinople. Le schisme de l'Église grecque consommé par l'obstination du patriarche Michel Cérulaire, qui réprouve le pain azyme, ou sans levain, employé dans l'Eucharistie, et les syllabes filioque introduites dans le symbole du concile de Nicée, entraîne la Russie hors des voies de l'Église catholique romaine : elle devient schismatique presque aussitôt que chrétienne, et s'est opiniâtrée à méconnaître l'autorité du pape. Le partage que saint Wladimir a fait de son héritage entre ses deux fils est pour ce pays une cause de morcellement, d'anarchie et de faiblesse qui plus encore que la différence de croyance, la tiendront pendant des siècles isolée de l'Europe. Le fils de Wladimir Iaroslaw est un législateur.
Les Grecs, ennemis du saint-siége, perdent l'Italie méridionale, dont les nouveaux conquérants, venus de la Normandie française, font hommage au pape qu'ils ont vaincu : les coutumes féodales et la langue de la France prennent possession de l'Italie comme de l'Angleterre. La Sicile, disputée aux Sarrasins parles Normands, est maintenant le poste avancé de la chrétienté contre l'islamisme. L'amour du butin et un chimérique espoir de conquête poussent les maîtres de la Pouille au delà de l'Adriatique contre les sujets schismatiques de l'empire byzantin. Pendant des siècles, les Normands, les Allemands, les Français, qui se succéderont dans la possession de l'Italie du sud , se laisseront aller, avec le même entraînement, à d'ambitieux projets d'agrandissement qui ne se réaliseront pas.
La France, illustrée par les conquérants de l'Angleterre, de la Pouille et de la Sicile, par les fondateurs du comté de Portugal, qui sera ravi aux Maures, ne marque point alors par la vie de ses rois. La maison capétienne est une des moins puissantes entre les grandes maisons féodales : la royauté reste comme un droit sans exercice.
La suprématie politique appartient à l'Allemagne, tant que le saint-siége est occupé par des princes faibles ou indignes. Les désordres et les troubles se renouvellent à Rome comme pendant le Xe siècle, et cependant les empereurs, toujours menacés par une noblesse turbulente en Germanie, ont de la peine à contenir l'Italie du nord, où les seigneurs féodaux, les évoques, les cités qui ressustitent les anciennes institutions municipales, arment séparément, et
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quelquefois s'unissent pour l'indépendance. L'excès de l'anarchie ramènera paix, qu'affermit pour un peu de temps une constitution publiée par Conrad, le premier empereur de la maison franconienne qui donnera quatre princes en cent ans. Le règne de son fils Henri 111 le Noir est l'une des époques où les Romains et les papes ont été le plus directement assujettis à la puissance impériale.
Mais pendant les dix-sept années qui suivent sa mort, les scandales de simonie, de cupidité, et de violence, qui signalent le gouvernement des ministres de son jeune fils Henri IV, font un étrange contraste avec la grande œuvre de réformation universelle qu'accomplit le moine toscan Hildebrand, pour rendre à l'Église sa moralité et son indépendance , lesquelles serviront à fonder l'autorité temporelle de Rome. Hildebrand, devenu Grégoire VII, suit sans fléchir sa pensée dominante , pour soutenir et étendre les droits du sacerdoce engagés surtout dans la triple question du célibat des prêtres, de la simonie, et de l'investiture laïque; il menace et la France et l'Angleterre, et les États du Nord, mais surtout l'Allemagne. Pour la première fois un empereur est excommunié et déposé, comme si le pape pouvait ôter des couronnes qu'il ne peut pas donner. Telle est la force de ces anathèmes que, même après la mort d'Hildebrand , que l'amitié et les secours de la comtesse Mathilde et du Normand Robert Guiscard n'ont pu maintenir à Rome, l 'empereur est incapable de réprimer ni les révoltes de ses sujets, ni les attentats de ses propres fils.
Alors que l'Europe et l'Orient chrétien étaient en proie au schisme ou à l'anarchie féodale ; au milieu des passions religieuses et politiques que réveillait la querelle du sacerdoce et du pouvoir temporel; quand des peuples, nouvellement établis sur des terres qu'ils veulent garder, bornent leur horizon au pays conquis, Pierre l'Ermite, un pèlerin qui a vu le triste état des chrétiens de la Palestine, et le pape Urbain II, Français comme lui, appliquent encore une des pensées de Gertert et de Grégoire VII, en prêchant la croisade. Pierre entraine vers les lieux saints , contre les Turcs seldjoucides et contre les fatimites, six cent mille hommes, multitude indisciplinée qui essuie de sanglants revers, surtout avant l'arrivée de l'armée des chevaliers venus de la France ou de l'Italie normande. Pour la masse du peuple, il s'agit d'acquérir le ciel en délivrant le tombeau du Christ profané par les infidèles. S'il en est qui pensent à l'avenir de l'Europe, pour ceux-là, il s'agit de repousser des peuples qui menacent d'envahir toute la chrétienté. Quelques-uns enfin songent seulement à chercher fortune en Orient. Jérusalem prise.
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Godefroyde Bouillon, le plus pieux et le plus brave des chevaliers, reçoit malgré lui, par l'élection des seigneurs, une royauté féodale qui repose sur les institutions de la France, comme la royauté normande d'Angleterre, comme les principautés normandes de Pouille et de Sicile. Un ordre de moines guerriers, les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, va être fondé, pour veiller assidûment à la défense des terres conquises, pendant que la plupart des chevaliers de la croisade reviennent émerveiller l'Europe de leurs récits de l'Orient. Les principautés nouvelles d'Édesse et d'Antioche sont les remparts de Jérusalem. Les Grecs n'ont rien gagné à la croisade qu'ils ont désirée; les Latins s'habituent à visiter au passage et à convoiter Constantinople. Ces expéditions saintes révèlent l'unité chrétienne de l'Europe sous la suprématie du pape.
La nation la plus fervente de l'Occident ne va pas chercher de croisade en Asie ; elle a les musulmans à combattre dans ses propres foyers. Dans les premières années du siècle, la dynastie des Ommiades s'éteint à Cordoue : des émirs arabes s'érigent en souverains, on compte presque autant de royaumes que de villes ; mais en même temps les États de Castille, de Léon, de Navarre et d'Aragon forment tantôt deux, tantôt trois ou quatre royaumes distincts, presque toujours en guerre les uns contre les autres. Le roi de Léon et de Castjlle, Alphonse VI, aidé de la valeur du Cid qui sera immortalisé par notre grand poète Corneille, et des chevaliers français des deux Bourgognes, reporte la puissance chrétienne jusqu'à Tolède et jusqu'à Valence ; mais l'Afrique, foyer d'invasions musulmanes, comme le haut Orient pour l'Asie occidentale, verse sur l'Espagne les Almoravides : le xi- siècle se ferme avec la mort du Cid. La lutte recommence pour longtemps, et plus vive, entre deux principes différents de religion, de civilisation et d'institutions sociales.
Les études profanes n'ont d'activité que chez les Arabes : ils cultivaient la géographie, l'histoire, la philosophie, les sciences physiques et la poésie. Avicenne, qui meurt en 4037, s'appliqua d'abord à la dialectique, puisa dans Aristote la théorie du syllogisme, et versifia même des préceptes de philosophie ; la physique d'Aristote lui inspira le goût de la médecine. Dans cette science, a laquelle il n'a cependant pas fait faire de grands progrès, ses livres furent, jusqu'au xv siècle, l'oracle des écoles d'Italie et de France. Albucassis, qui meurt en 4406 ou 4407, enseigna la médecine théorique et pratique, la pharmacie, la chirurgie ; il a décrit les instruments chirurgicaux. Le Persan Ferdoucy a composé pour Mahmoud, guerrier caznévide, un grand poème historique sur la Perses mal
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récompensé par le sullan, il se vengea par des invectives, comme tous les poètes qui trouvent des ingrats.
Quelques auteurs grecs s'occupent de médecine par imitation. Constantin l'Africain a le premier fait connaître en Europe la médecine des Arabes; il l'enseigna peut-être à Salerne, chez les Normands. La littérature ne peut s'enorgueillir des histoires byzantines auxquelles chaque siècle ajoute quelques volumes. L'abrégé de Dion Cassius, composé par Xiphilin, est devenu précieux par la perte de ce grand ouvrage historique.
La langue latine sert aux chroniqueurs et aux théologiens. Les questions de dogmes laissent un peu la place aux questions de philosophie : à part l'hérésie du moine Bérenger de Tours, qui nie la présence réelle au temps de Grégoire VIL Le débat des réalistes et des nominaux commence à passionner l'école. Roscelin de Cornpiègne est le premier chef célèbre des nominaux ; d'après eux, les idées générales, c'est-à-dire les essences de Platon , les formes substantielles d'Aristote, et généralement les abstractions, n'existant que dans le langage, il faut n'attribuer d'existence réelle qu'aux individus, et reconnaître que les idées particulières, éléments de toutes les autres, naissent immédiatement des sensations. Lanfranc et Anselme de Ganterbury, tous deux Italiens, qui occupèrent tour à tour l'archevêché primatial de Ganterbury , réalistes déterminés, soutiennent l'existence des idées générales ou universelles. Cette dispute s'est prolongée dans les siècles suivants, au sein des chapitres et des monastères, où les études de l'Europe étaient concentrées et dégradées souvent par une scolastique barbare.
Entre les langues vulgaires, la langue tudesque donne en prose des traductions du Psautier et du Cantique des cantiques; en vers, une ode en l'honneur d'un archevêque de Cologne mort en <075. En France la langue romane est assouplie par les troubadours et par les trouvères. Guillaume, comte de Poitiers, duc d'Aquitaine, rouvre la liste des troubadours ; la galanterie et la bravoure inspirent les poëtes grands seigneurs, l'art n'est pas alors une profession. Bien qu'on ne connaisse ni Homère ni Virgile, quelque souvenir des sujets antiques perce dans les épopées ; une légende languedocienne a pour héros un seigneur des environs de Toulouse auquel le poè'te attribue les aventures d'Ulysse. La chanson de Roland ou de Roncevaux prend sous la plume du trouvère normand Turold la forme que nous lui connaissons. Dans ce siècle brillant do la chevalerie, un moine compose la fameuse chronique latine attribuée faussement à l'archevêque de Reims, Turpin, contemporain de Charlemagne : c'est un véritable poëme.
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Les cléments matériels manquaient aux travaux de l'intelligence : le papier de chiffon n'était pas inventé, la fabrication du papyrus d'fcgypte avait presque cessé par les ravages des Sarrasins, et le prix du parchemin était devenu excessif. On s'avisa d'une ressource singulière : on eut recours à un art jadis professé à Rome, comme un passage de Cicéron l'atteste : a Nam quod id palimpsesto sert bis, » à l'art de gratter d'anciens manuscrits pour les rendre propres à recevoir une nouvelle écriture; des livres classiques se transformèrent en psautiers, en missels, en traités de liturgie et de théologie. Que de richesses de l'antiquité ont dû être ainsi perdues pour alimenter le travail quotidien des monastères et des écoles !
IOOO.
Dans l'Europe chrétienne, l'approche de l'an 1000, qu'on redoutait comme devant voir finir le monde, décida bien des repentirs, fit un peu trêve aux souffrances des peuples opprimés par le régime féodal, accrut l'influence morale, la puissance et les richesses de l'Église.
Empire «T Allemagne et Pologne.— Pèlerinage d'Othon III au tombeau de saint Adalbert, évéque de Prague. Il fonde pour la Pologne l'archevêché de Gonesne. 11 vit entouré de moines et de prêtres. — Il fait ouvrir le tombeau de Charlemagne, à Aix-la-Chapelle.
Espagne. — Avènement de Sanche 111 le Grand, au trône de Navarre.
Hongrie* — Les Hongrois ayant donné le titre de roi à leur duc Étienne, le pape Sylvestre lui envoie une couronne bénite, lui confère le titre et les pouvoirs d'apôtre de la Hongrie avec le droit de régler les affaires ecclésiastiques du royaume.
Orient musulman. — Le poète persan , Aboul-Cacem-Ferdoucy , a entrepris, à la demande de Mahmoud le Gaznévide, l'histoire des rois de Perse sous le titre de Shau- Nameh , Livre des Rois , depuis les premiers temps jusqu'à Jesde-
gerde III j cette immense composition contient plus de soixante mille vers; il y consacra trente ans.
Scandinaves. — Le roi des Danois, Suénon, et Eric, le roi de la Suède, s'unissent contre Olafs de Norvège, le réduisent à se tuer,»
partagent le pays conquis entre trois comtes qui le gardèrent pendant seize ans.
Angleterre. — Ethelred II, qui se soumet à payer aux Normands un tribut, établit l'impôt du danegeld sur ses sujets.
Eapagne. — Le roi de Navarre épouse la petite-fille du comte de Cas tille.
Scandinave». — L'Islandais Biorn, cherchant son père au Groenland, est poussé par une tempête fort loin au sud-ouest; il aperçoit une terre plate couverte de bois. Un second voyage fait avec Leif, fils d'Eric Rauda qui avait fondé les établissements du Groenland , lui fait découvrir une partie de la côte qu'on a appelée depuis l'Amérique septentrionale, et qui alors reçoit d'eux le nom de Vinland (pays du vin), à cause des raisins sauvages qu'ils y trouvent. Les indigènes étaient de petite taille. Commerce d'échange ; les Groenlandais tirent du pays de belles fourrures.
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Allemagne. — A la mort d'Othon 1)1, l'élection donne le trône à Vlenii 11, duc de Bavière, descendant du roi Henri l'Oiseleur, qui est âgé de trente ans. 11 sera, par piété, encore plus zélé pour l'Eglise que les princes saxons, ses parents.
Angleterre* — Mariage du roi Ethehed 11 avec Emma, fille de Richard 1", duc de Normandie. Par son ordre, tous les Danois de l'Angleterre sont égorgés ( massacre de la Saint-Brice, 13 novembre). Les invasions danoises , pkis dévastatrices que jamais, deviennent annuelles; le roi de Danemark, Suénon, met le pays anglais à feu et à sang.
Bohême et Pologne. — Le duc de Bohême , fils atné de Boleslas U , privé de la vue par le duc de Pologne dans une conférence perfide à Cracovie, résigne le duché a son frère , qui ne peut pas mieux le défendre.
France. — A la mort de son oncle Henri, frère de Hugues Capet, le roi Robert combat pour la possession de son héritage, le fief de Bourgogne, dont une partie, la Franche-Comté, restera sous la suzeraineté allemande.
Pologne. — Un édit de Boleslas Chrobri , par lequel il ordonne à ses troupes de chanter un hymne religieux avant de livrer bataille, est la plus ancienne loi écrite que l'on connaisse en Pologne.
Allemagne V — L'évêque de Wurtzbourg en Franconie supposant à la fondation de l'évéché de Bamberg, qui devait restreindre l'étendue de son diocèse, le roi Henri II lui accorde en dédommagement cent cinquante manses ou familles de serfs : on spécifiait alors la valeur du domaine , non par l'espace qu'il occupait, mais par le nombre des paysans qui y étaient attachés. Pour confirmer la fondation, le pape exi-
,PRES J. C
gea une redevance annuelle de cent marcs d'argent avec un beau cheval équipé en guerre.
Allemagne et Italie. — La
présence d'Henri U en Lombardie, où il est couronné roi, n'anéantit pas le parti d'Ardouin, marquis d'ivrée, qui a pris la couronne d'Italie.
KcoBse. — La royauté est rendue héréditaire par Malcolm.
Espagne. — A la mort du fils atné d'Almanzor, qui avait, comme lui , gouverné avec fermeté au nom du calife Hescham U , le califat est en proie à l'anarchie et aux guerres civiles qui doivent amener sa dissolution.
Allemagne et Bohême. —
L'empereur arrache la Bohême des mains des Polonais; la guerre durera treize ans, en Saxe, en Silésie , en Bohème.
Allemagne et France. — Le
roi Robert défend son vassal, le comte de Flandre, contre Henri H d'Allemagne, qui viendra lui-même à Paris pour négocier la paix.
Allemagne et Hongrie. — Le
roi germain donne sa sœur au roi de Hongrie, Etienne.
Espagne. — Le chef des gardes africaines, dont les derniers princes de Cordoue avaient imprudemment augmenté le nombre, est assez puissant pour se faire proclamer calife , sans toutefois fonder de dynastie.
Espagne. — Les comtes chrétiens de Barcelone et d'Urgel prennent parti dans les luttes civiles des musulmans.
Allemagne et Bobcme»— Le
XIe SIÈCLE APRÈS J. C.
duc de Bohême est renversé par son frère (Jdalric avec le consentement de l'empereur.
Allemagne et Italie* — Une
nouvelle expédition du roi Henri II en Italie force à la fuite le prétendant Ardouin.
Angleterre et Danemark. —
Le Danois Suénon est résolu à s'établir en Angleterre; il prend Londres, où il se fait proclamer roi. Ethclred II se retire en Normandie.
Bulgares et Grées* — Les
cruautés commises par l'empereur Basile à l'égard de ses prisonniers bulgares souillent la gloire la plus légitimement acquise pendant vingtsix campagnes consécutives. — Le roi des Bulgares, Samuel, finit tristement un règne de quarante ans. La guerre continue avec ses successeurs.
me. — Henri II ramène en Italie le pape Benoît VIII, qu'une faction avait dépouillé de son siège. Il est couronné empereur à Rome. — Revenant en Allemagne par la France , Henri II s'arrête à une abbaye de Verdun, avec l'intention de se faire moine ; l'abbé lui ordonne de continuer à gouverner l'empire. — Il se qualifie souvent de roi des Romains, litre nouveau qui passera aussi à ses successeurs.
lois.
Angleterre et Danemark. —
Kanut succède à son père Suénon sur les trônes de Danemark et d'Angleterre. — Elhelred II est rentré dans Londres, mais il y meurt bientôt.
Bohême et Pologne* — La
pierre , reprise entre les deux peuples , se fera tour à tour en Misnie , en Moravie et en Lusace.
chine* • — Le recensement des contribuables donne le chiffre de
21 97G9C5 hommes; en ajoutant le?
enfants jusqu'à l'âge de vingt ans.
les femmes, les magistrats, les lettrés, les bonzes, les eunuques, les soldats, les navigateurs, on aurait pour la population totale au moins un chiffre double.
Kt* pagne* — Il est facile à deux frères du sang des Edrissites, l'un gouverneur d'Algéziras, en Espagne, l'autre de Ceuta, en Afrique, d'occuper chacun à son tour, par la révolte, de 1015 à 1017, le trône des Ommiades de Gordoue.
Italie. — Ardouin, qui avait aspiré autrefois à la couronne d'Italie, meurt dans un monastère du Piémont.
ltus«le. — Wladimir , qui avait donné des apanages considérables à sept de ses dix fils, meurt en allant combattre un fils rebelle, fait par lui prince de Novogorod. L'église russe le compte au nombre de ses saints , et le féte le 15 juillet : il avait créé plusieurs évechés suffragants de l'archevêché de Kiev. La fondation de villes , d'églises , d'édifices publics , avec l'aide d'artistes grecs; le défrichement de terres désertes; l'établissement de colonies; sa charité pour les pauvres et pour les malades, rachètent les atrocités de ses premières années. — Son neveu , Swiatopolk , commet toutes sortes de crimes pour dépouiller ses fils.
Espagne* — La ville de Léon est relevée de ses ruines par le roi Alphonse V.
Italie et Normand h. — Le pape Benoît VIII , avec les secours qu'il a demandés à tous les évéques et aux défenseurs des églises, fait face à l'invasion des Sarrasins en Toscane ; il anime contre eux les Pisans et les Génois. — Des chevaliers normands viennent alors combattre en Italie, attirés par les récits de quarante gentilshommes de leur pays qui avaient visité, comme pèlerins, Saint-Michel
XIe SIÈCLE APRÈS J. C.
du Mont-Gargano , au nord-est de la Pouille, peut-être au retour d'un voyage en terre sainte. Un citoyen puissant de ttari, Mélo, qui avait soulevé la Pouille contre les Grecs, leur promettait de faciles conquêtes dans un pays beau et fertile , occupé par des peuples rivaux , les Grecs et les Lombards, que menaçaient les Sarrasins de Sicile.
Angleterre. — La mort d'Edmond Cote de Fer, fds d'Éthelred H, et le mariage de Kanut le Grand avec la veuve d'Éthelred, Emma, assurent aux Danois la possession de l'Angleterre.
Boggie. — Le prince de Novogorod, fils de Wladimir, laroslaw, avec l'appui de Varègues, force son oncle, l'ambitieux Swiatopolk, qui a déjà saisi Kiev, à fuir auprès de son beaupère le roi de Pologne.
Kniptre d'Allemagne et Pologne. — Le traité de Boleslas- Chrobri avec Henri II affranchit la Pologne de l'hommage féodal envers l'empire.
Pologne et wiimale. — Intervention armée de Boleslas-ChrobrL dans la rivalité sanglante d' laroslaw, qui vient de rebâtir Kiev, et de Swiatopolk. Boleslas garde la Russie Rouge, située entre le Bug et le San, pour prix du rétablissement de son gendre Swiatopolk.
Bulgarie et empire grec. —
Après la mort de leur roi , neveu de Samuel, les Bulgares sont soumis définitivement par l'empereur Basile H, qui forme de leur pays une province nouvelle. Les Bulgares sont transportés par lui au delà du Danube et remplacés par des Turcs Patzinaees ou Petchcnègues. Ils resteront sous le
joug des Grecs pendant plus d'un
siècle et demi.
France. — Le roi Robert fait un voyage à Rome.
Russie. — laroslaw, avec une nouvelle armée de Varègues de Ne— vogorod, met en fuite Swiatopolk qui, après un dernier combat, meurt dans le délire du crime. — Le trône de Kiev reste à laroslaw ; mais il n'y aura de paix pour lui qu'après avoir combattu encore ses neveux et ses frères.
Italie et Normands? — Des
Normands , conduits par Drengot et Osmont, vont rejoindre leurs compatriotes dans la Pouille, et, comme eux, vendent leurs services tour à tour aux Grecs, aux Lombards et aux républiques maritimes indépendantes.
Allemagne et Grées. — L'empereur Henri II arréle les envahissements des Grecs dans l'Italie méridionale.
impie»— Mort du troisième calife faiimite , Hakem , dont le règne a été signalé par des folies , par des actes de sacrilège et de cruauté : il s'était fait passer pour Dieu.
Vrance. — En présence du roi Robert et de la reine Constance, le concile d'Orléans condamne au supplice du feu treize manichéens.
Russie. — Un frère d'Iaroslaw, qui avait reçu pour apanage la principauté de Tmoutarakan , ancienne ville de l'Ile de Tainan, entre la mer Noire et la mer d'Azof , après s'élre rendu maître des régions septentrionales qui le séparaient de Kiev, vient même attaquer cette ville. Il ne peut la prendre, mais il s'établit, à l'est, àTchernigof, sur la Desna : un traité avec laroslaw lui laissa ce qu'il avait pris.
XIe SIÈCLE
Allemagne et France. — Entrevue amicale des deux rois Henri 11 et Robert près d'Ivoy, au confluent du Cbiers et de la Meuse.
Italie. — Le pape Benoît VIII Tait venir à Rome le fameux musicien Gui , moine d'Arezzo , qui a inventé les lignes de ia gamme et les six notes : « ut, ré, mi, fa, sol, la, » pour remplacer les points et les lettres dont on se servait ordinairement en musique. La note si a été ajoutée à r octave par un savant du xvi« siècle.
Allemagne. — Mort de Henri II de Bavière , dit le Saint, dernier roi de la maison de Saxe. Le duc de Franconie, Conrad 11, dit le Salique, est élu roi.
empire grec et Rome. — Le
patriarche de Constaminople, de concert avec l'empereur Basile 11 , envoie des députés à Rome pour tâcher d'obtenir à prix d'argent le titre d'évéque œcuménique en Orient. Le clergé d'Italie et celui de France décident le pape à ne pas commettre une honteuse faiblesse.
Allemagne.— Le roi Conrad II met le duc de Souabe , rebelle , au ban de la diète, qui est l'assemblée générale en Allemagne, et le dépouille de son domaine.
Danemark. — Les murmures des Danois, dont le roi, Kanut , habite en Angleterre , forcent celui-ci à revenir passer au moins un hiver en Danemark.
France.— Le concile d'Arras approuve l'usage des peintures dans les églises; elles sont,1lit-iL le livre des illettrés.
Pologne. — Mort du duc Boleslas-Chrobri, qui était sur le point de prendre le titre de roi ; il est enterré dans la cathédrale de Posnanie.
APRES J. C, 269
Empire «T Allemagne et lia-
lie.— Après avoir fait reconnaître à l'avance, comme roi d'Allemagne, son (ils qui est âgé de neuf ans, Conrad II passe en Italie, où les ennemis des Allemands ont offert la couronne au fils du roi de France et au duc d'Aquitaine.
Danemark, empire d'Allemagne et Rome. — La dévotion fait entreprendre à Kanut le Grand , roi d'Angleterre et de Danemark, le pèlerinage de Rome ; il assiste au couronnement de Conrad le Salique.
Kxpugne. — Alphonse V, roi de Léon , porte la guerre contre les Arabes, au sud-ouest du Douro, jusqu'à Viseu; il est tué au siège de cette ville.
Danemark, Norvège et Sue-
de — Les Danois , révoltés contre le roi Kanut le Grand , à son approche rentrent dans le devoir. Il enlève la Norvège au roi Olafis qui va chercher un asile en Russie. 11 punit le chef de la rébellion danoise, son beau-frère le comte Ulph , qu'il fait assassiner dans l'église de Roskild, ville de l'Ile Seeland. La possession de la péninsule de Scanie par le roi du Danemark, lui rend facilement accessibles la Norvège et la Suède.
Empire grec. — Romain- Argyre, d'une famille ancienne et illustre, qui vient d'épouser Zoé, fille du dernier empereur de la maison macédonienne, Constantin VII I, après la mort de celui-ci, est porté au trône. Stm règne sera court. Zoé , jusqu'à soixante et (Jouze ans , occupera le monde de ses adultères et de ses crimes ; un changeur de monnaie et un caifateur de vaisseaux seront par elle revêtus de la pourpre.
Expagne. — Bermude III, roi de Léon , épouse une princesse castil-
lane. Sanche III, roi de Navarre, réunit la Castille à ses États, du droit de sa femme , sœur atnée du jeune comte qui vient de mourir ; mais c'est au détriment du roi de Léon , qui est le suzeraiu nominal de la Castille.
Italie et Normand*. — En 1029, si ce n'est en 1025, les Normands d'Italie, qui déjà s'étaient mêlés aux querelles des petits princes lombards de Capoue et de Salerne , et des ducs grecs de Naples , aident le duc de Naples , Sergius IV, à reconquérir la ville que lui avait enlevée le prince de Capoue , Pandulfe. — Leur comte, Rainulfe, obtient en récompense un grand et fertile territoire entre Naples et Capoue , où ils fondent la ville d'Aversa, sur les ruines de l'ancienne Alella.
Angleterre ^ Danemark et Norvège. — Le roi Kanut attaque de nouveau la Norvège, dont il reste maître quand le roi Olafs a été blessé mortellement sur un champ de bataille.—Son gouvernement , dais ses trois royaumes, est juste et charitable.
Orient musulman. — Mort de Mahmoud, le premier Gaznévide du Khoracan; son fils Masoud lui succède.
nu m nef». — Vainqueur des Tchoudes , peuple idolâtre de Livonie , le Russe laroslaw fonde dans ce pays la ville de Oerpt, au sud-ouest du lac Peipus.
Espagne. — Abdication forcée du dernier calife ommiade de Cordoue , Hescham III ; il vécut encore, pendant cinq ans, dans une agréable retraite, avec des savants et des poules, comme aux beaux jours de la royauté. Les rares qualités d' Hescham auraient mérité un meilleur sort et un siècle moins agité. —
Démembrement général du califat:
chaque grande cité a son souverain particulier, qui exerce un pouvoir héréditaire. Tolède; Séville; Grenade et Jaen ; Malaga et Algéziras; Alméria , sur la côte du sud-est ; Murcie , sur ia Ségura inférieure ; Valence , Dénia et les Iles Baléares ; Saragosso avec Hucsca et Tudéla ; Badajoz , à l'ouest, dans le pays de l'AI-Garb , avec Lisbonne, forment autant de royaumes. — Le peuple de Cordouc donna le titre de roi au vizir des derniers califes, Djahwar, simple et désintéressé, qui ne voulut pas gouverner sans un conseil des principaux de la ville; ne s'inquiélant que du maintien de la justice et de la prospérité de ceux qui s'étaient faits SCS sujets, il évita d'avoir la guerre avec les princes indépendants des autres grandes cités.
France. — Mort de Robert le Pieux; avènement de son fils Henri Ier. Révolte des frères d'Henri et de sa mère. — Le concile de Bourges prescrit le célibat aux sous-diacres et l'usage de la tonsure à tous les clercs.
Orient musulman. — Mort du calife Kader-Billah ; son fils Kaiem n'est pas plus puissant que lui à Bagdad.
Pologne et Russie. — laroslaw, aidé de son frère qui réside à Tchcrnigof, reprend sur les Polonais la Russie Rouge, et avec les prisonniers repeuple les parties désertes de ses États.
Russie. — Kiev, menacée par une invasion des Petchenègues , est sauvée par laroslaw.
France. — Henri I"f, pour avoir la paix avec son frère Robert, lui donne le fief de Bourgogne, qui était depuis si peu de temps réuni à la couronne. Il récompense le zèle de son allié, le duc de Normandie, par la cession du Vexin français. Les comtes de Blois, de Champagne et de
XIe SIÈCLE APRÈS J. G
Flandre sont les seigneurs les plus hostiles au roi.— Horrible famine en France.
Russie* — Hardie expédition des roupies de Novogorod Jusqu'aux monts Ourals, entre l'Europe et .'Asie, qui protégeaient la Russie contre les attaques des nations de l'Orient. Elle coûta la vie à presque tous ceux qui y prirent part.
Allemagne et les Bourgognes. — L'empereur Conrad 11 le Sali que recueille l'héritage du roi Rodolphe III : les deux Bourgognes, qui formaient le royaume d'Arles, sont réunies à l'empire.
Espagne* — Pour réconcilier les maisons de Navarre et de Léon , le second fils de Sanche III, Ferdinand , épouse la sœur de BermudellI; la Castille est érigée en royaume pour Ferdinand.
Boue. — Benoît IX t qui est porté, encore enfant, sur le saintsiège, grâce au crédit et aux largesses de son père le comte de Tusculum, mettra le comble, par ses mœurs scandaleuses, par ses rapines et par ses violences , aux maux et a la honte de l'Église de Rome, qui est comme inféodée depuis un siècle à la imtssante maison issue de Théodora et de Marozie. Il est le dernier de rette souche viciée des comtes de Tusculum.
Allemagne et France. — La
fille de l'empereur Conrad, fiancée au roi de France, meurt avant le mariage.
Espagne* — Sanche III de Navarre, dit le Grand, un an avant de mourir, fait le partage de ses Étais cotre ses quatre flls : 1° Garcie sera roi de la Navarre et de la Vieille Caslille jusqu'à isurgos ; 2° Ferdinand, roi de Castille ; 3° Gonzalez , comte de Sobrarve et de Ribagorce , pays compris entre la Cinca et la Sègre ,
affluents de l'Èbre ; 4° Ram ire, roi d'Aragon.
•avole.— Le seigneur Humbert, Saxon de naissance , allié aux maisons de Bavière et des derniers rois de Bourgogne, fils du vice-roi du royaume d'Arles , reçoit de l'empereur Conrad le Salique , en récompense de services féodaux, le Chalais qui est au sud du lac de Genève , la terre de Saint-Maurice , sur le haut Rhône, et le Valais formé par le bassin supérieur du Rhône , qui semblent avoir été les domaines primitifs de la maison de Savoie.
France. — Robert le Magnifique ou le Diable, duc de Normandie depuis sept ans, entreprend un pèlerinage en terre sainte : il meurt à Nlcée. Son fils, Guillaume le Bâtard, lui succède.
Orient musulman. — Togrul- Beg et Daoud , petits-fils du Turc Seldgiouk, commencent à s'établir dans le Khoraçan malgré le gaznévide Masoud.
Allemagne et Danemark. — •
L'empereur Conrad reçoit la main d'une fille de Kanut le Grand pour son fils. Le margraviat allemand de Sleswick est cédé aux Danois : le Brandebourg devient la marche septentrionale du duché de Saxe.
Angleterre, Danemark et Norvège. — Mort de Kanut le Grand. Le premier, il fit frapper de la monnaie dans les États du Nord : les Scandinaves, avant lui, faisaient le commerce d'échange, ou employaient l'or et l'argent au poids ; ils ne connaissaient que les monnaies étrangères enlevées dans leurs courses. — Ses fils se partagent ses couronnes de Danemark, de Norvège, d'Angleterre. La Norvège secouera promptement le joug danois.
Italie. — Boniface 11, dit le Pieux, comte de Modène, de Reggio, de
XIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Mantoue , de Fcrrarc , de Crémone , lerres allodiales qu'il a héritées de son père, duc et marquis de Toscane par le choix de l'empereur Conrad, fête pendant trois mois , avec une magnificence royale , sa nouvelle épouse, Béatrix, fille du duc de Haute-Lorraine.
Empire d'Allemagne et Italie* — Les grandes villes de Lombardie aspirent à l'indépendance , surtout Milan , soulevée par son archevêque Héribcrt. — Héribert commença à faire paraître dans les combats le char de l'insurrection, ou carrocio, qui portait l'étendard de jberté. — L'empereur Conrad vient en Italie.
Espagne. — Bermude 111 ayant déclaré la guerre à son beau-frère le roi de Castille, Ferdinand, est accablé à la fois par les Castillans et par les Navarrais ; il périt dans un combat.
Ferdinand se porte sur Léon où il est couronné roi; il réunit ainsi les royaumes de Léon et de Castille. Les Galiciens résistent longtemps à la domination d'un prince d'origine navarraise.
Orient mosnlman* — Le célèbre philosophe et médecin musulman Avicenne (Abou-Ibn-Sina), né dans la Perse, à Chiraz , élève des écoles de Boukhara , après une vie fort agitée, pleine de vicissitudes, d'ambition, de plaisir, de travail, meurt à Hamadan, ville de l'Irak- Pcrsiquc. — Ses canons ou Préceptes de médecine ont été pendant plusieurs siècles la base de l'enseignement en Asie et en Europe; il est à la fois l'Hippocrate et l'Aristote des Arabes.
Pologne» — L'empereur donne asile en Saxe à la régente de Pologne, que les révoltes des nobles ont forcée à fuir avec son fils enfant, qui est petit-fils de Boleslas Chrobri.
Angleterre. — Un peu après la
mort de Kanut le Grand , Emma tente la restauration de la dynastie anglo-saxonne, en présentant au peuple les enfants qu'elle avait eus d'Éthelred 11 ; le sang de Kanut l'emporte par les trahisons du comte Godwin, comte de Wessex.
Empire d'Allemagne et Italie.—Conrad reçoit à Milan les plaintes des moines du mont Cassin qu'a violemment dépouillés Pandulfe de Naples. 11 marche contre lui, le dépouille solennellement de sa principauté , la donne à Gaimar IV, prince de Salerne, et confirme à l'abbaye la possession de sps terres et de ses droits.— Il investit le chef normand, Rainulfe, du comté d'Aversa. — l^a peste chassant d'Italie l'armée allemande, Conrad l'ait continuer la guerre contre l'archevêque Héribert par les comtes et les marquis du nord de l'Italie. — Conrad visite son nouveau royaume d'Arles , dont il assure la possession héréditaire à son fils.
Espagne. — La mort violente de Gonzalès, comte de Sobrarve et de Ribagorcc, fait tomber ses États dans la main de son frère Ramire 1er, roi d'Aragon.
Hongrie. — A la mort d'Ëtienne, qui avait ajouté la Transylvanie à la Hongrie , l'élection donne la couronne au lils d'une de ses sœurs, né d'un doge de Venise; le nouveau prince règne entouré d'Italiens et d'Allemands. L'anarchie commence pour la Hongrie.
Pologne. — Brzétislas, qui vient de succéder en Bohême à son père Udalric, tombe sur la Pologne, qui est sans roi depuis 1032, prend Breslaw , sur l'Oder , Posnan et Gnesnc ; il établit beaucoup de Polonais, comme colons, dans ses États.
Empire d'Allemagne et Italie.— Conrad donne aux villes et aux seigneurs de l'Italie du nord une constitution qui favorise le morcellement
(les fiefs et protège les arrièrc-vas- couvre plusieurs cantons de Pologne
saux contre les grands feudataires.— dont un gentilhomme, Mazos, s'était
Conrad est regardé comme rauteur formé un État indépendant, la Ma-
du droit féodal écrit qui régit les zovic.
terres d'empire. — Son fils Henri 111 in/,0
fe Noir lui succède à vingt-deux aus. 1X#
JA.A Angleterre. — Après la mort
1U4U* de deux des fils de Kanut, les An-
Empire d'Allemagne et lia- g,ais Prcnnent pour roi Edouard le Ile. — Le nouveau roi d'Allemagne, Confesseur * fil» d'tfthelred II et Henri III, reçoit à Ingelheim, près de d'Kinma. Le comte Godwin a favo- Maycnce, la soumission de l'arche- risé son ^1*5 votion ; il devient son vôque de Milan. beau- père, et se révoltera plus d'une
fois contre lui. — Il n'est plus ques- Italle et Normands.— En 1040, lion de danegeld ni d'invasion ( asi ce n'est en 103?, ta colonie nor- noise mande, grossie par l'arrivée de nou- , .
veaux chevaliers sous la conduite de «"«emark. — Le Danemark Guillaume Drogon et d'Umfroy fils Jf^P10 Pour roî 1,11 étranger, le de Tancrède, seigneur de Hauleville Norvégien Magnus, fils (VOlafs , qui près de Coutances en Normandie sè dl^a ava,t recon(lujs les Etats patermet au service du capitan grec Ma- ne,ssur un fi,s de Kanut. niacès, pour combattre les Sarrasins Kmplre grec. — A Constantide Sicile. nople, Zoé, du sang macédonien,
1041. malgré ses soixante-trois ans, se rc-
di.,c;«„w«« -i , niarie avec un de ses anciens amants,
ae Dieu, qui défendait toute violence,
du mercredi soir au lundi malin, et lispagnc. — Le roi d'Aragon
procurait un peu de repos aux gens entreprend de dépouiller son frore,
taillables et aux débiteurs. Ils pro- 1° roi de Navarre; avec l'aide dos
noncent des peines sévères, tempo- princes musulmans de SaragOMe ,
relies et ecclésiastiques, contre les d'Huesca et de Tudéla ; il est battu, violateurs de la trêve.
Italie et Normands. — Les „ . T1 . „.
Normands, revenus de leur course Allemagne. — Le roi Henri III
eu Sicile , font la guerre pour leur monte lui-même en chaire dans l'as-
compte dans la Pouille , autour de semblée de Constance pour défendre
la ville de Melfi, au détriment des ,cs délits particuliers et publics et
Grecs. Pour établir une paix universelle dans
toute l'Allemagne.
Pologne.— Le roi d'Allemagne
aide les Polonais contre les Bohé- Danemark. — Tentative d usurmiens. — Casimir lOT,le prince fugi- . Pation du neveu de Kan"t le Grand, tif de Pologne qui, envoyé par sa rSuénon,filsdu comte Ulph, qui s'aide
mère à Paris pour faire ses études, des suédois, pendant le séjour de
s'était ensuite retiré à l'abbaye de «agnus en Norvège. — Le Sleswick
Cluny.et y avait prononcé ses vœux dano,s est enva,,i Par ,es Va"dale.
est rappelé par les Polonais pour les idolâtres, qui habitent la côte ger*
affranchir des guerres intestines des ""nique en face des Iles danoises,
vingt-quatre grands vassaux. Le pape France. — Le mal des ardents,
le dispense de ses engagements mo- fléau épidémique, commence à sévir
nastiques, moyennant un tribut ap- en France pour deux siècles : hôpi-
pelé le denier de Saiut-Pierre.— Il re- taux fondés pour les pauvres.
XIe SIÈCLE APRÈS J. C.
Grée* et nuise». — Des intérêts de commerce provoquent une rupture : guerre maritime; les Russes s'approchent du détroit de Constantinople. La meilleure construction des vaisseux grecs, qui étaient aussi mieux dirigés, l'usage du feu grégeois et la tempête , servent d'abord l'empereur; mais les Russes , qui ont perdu quinze mille des leurs, réparent ce désastre.
Italie* — Les capitaines normands assemblés à Melfl font le partage féodal des terres enlevées aux Grecs; ilscréent comte de Pouillc leur chef Guillaume dit Bras de Fer, qui reçoit la seigneurie d'Ascoli, mais Ils ne lui donnent aucun droit de suzeraineté : chacun fut souverain dans la terre qui lui échut.
Angleterre* — Édouard le Confesseur donne à ses peuples les lois communes.
Kspagne. — Ferdinand Ier, roi de Léon et de Castille, emporte d'assaut Viseu et enlève aux Maures Lamégo, sur le bas Douro, qui passait pour imprenable.
Grec* et Russes* — Les Russes qui, après leur expédition maritime, cherchent à regagner leur pays par terre, sont tués par les Grecs dans la Mésie.— Trêve, que suivra un traité de paix en 1047.
Rome. — Benoit IX, que \e mépris et l'indignation du clergé et du peuple allaient chasser pour la troisième fois du trône pontifical, vend la papauté à l'archlprétre Jean Gratien qui prend le nom de Grégoire VI. Le nouveau titulaire du siège de Rome a besoin de recourir à la force pour réprimer le pillage et le meurtre, laissés impunis, autour de la ville et dans la ville même.
Espagne* — Coïmbre , au sudouest de Viseu, sur le bas Mondégo,
se rend au roi de Léon et de Castille.
Empire d' Allemagne, Italie et Rome.— Henri 111 le Noir entreprend le voyage d'Italie que les empereurs allemands devaient faire au moins une fois pendant leur règne.
Il réunit dans la plaine de Ronraglia, près de Plaisance, tous les feudataires de la couronne avec leurs arrière-vassaux. — Après avoir fait déposer dans le concile de Sut ri le pape simoniaque Grégoire VI, Henri III reçoit la couronne impériale des mains du nouvel élu Clément II, évôque allemand, qu'il a fait désigner. Déjà le sénat et le peuple romain lui avaient conféré la dignité de patrice. Le concile de Sutri a reconnu de nouveau qu'il ne pourra être élu de souverain pontife sans le consentement de l'empereur.
En dix ans se succéderont quatre papes d'origine allemande , désignés par le chef de l'empire.
Espagne. — Ferdinand Ier porte surtout ses armes vers le centre et vers l'est de l'Espagne musulmane, pour dégager complètement la vieille Castille.
Ranemark et Worvége. — Le
roi Magnus, qui déjà avait cédé une partie de la Norvège à un prince national de ce pays, désigne à son lit de mort, pour lui succéder en Danemark, le fils du comte Ulph, neveu de Kanut le Grand, Suénou, qui avait voulu le détrôner.
Empire d'Allemagne et Italie. — L'empereur rend la principauté de Capoue à Pandulfequi, neuf ans auparavant, en avait été privé par Conrad II ; Gaimar IV reste prince de Salerne et d'Amalû. — 11 confirme à Drogon, seigneur normand, comte de Venouse, frère et successeur de Guillaume, le titre de comte de Pouille, et à Rainuife, le premier Normand établi en Italie, le titre de comte d'Avcrsa.
XIe SIÈCr.E AMÈS J. C
Hongrie» — Le roi de Hongrie, André, de la famille de saint Étienne, qui, pour devenir roi, avait promis aux seigneurs hongrois le rétablissement de l'idolâtrie, signale au contraire son avènement par la protection énergique des chrétiens. — La seconde place dans l'État est celle de duc, qu'André donne à son frère Bela.
Angleterre et Normandie? —
Guillaume le Bâtard, affermi dans le duché de Normandie par la victoire du val des Dunes, entre Caen et Argentan, que le roi de France l'a aidé à gagner contre des seigneurs rebelles, va visiter à Londres le roi Edouard et le trouve entouré de Normands.
Espagne. — Ferdinand I", roi de Léon et de Castille, rend tributaire le roi musulman de Tolède.
Allemagne, France et Italie*
» Le pape Léon IX préside tour à tour des conciles à Rome (avril), à Reims (octobre), à Mayence (novembre), pour réprimer la simonie et le mariage des prêtres.
Bohême et Pologne* — Nouvelle invasion de la Pologne par les Bohémiens; ils dépouillent surtout la ville de Gnesne.
Espagne* — Le roi musulman de Saragosse est rendu tributaire par le roi de Castille et de Léon.
France et Italie* — Plusieurs assemblées à Tours, à Rome, à Brionne en Normandie , à Verceil , à Paris, discutent et condamnent l'hérésie de Bérenger de Tours touchant l'eucharistie.
Allemagne et Borne. — Intimité de Léon IX et d'Henri III : ils passent ensemble à Augsbourg le temps de la féte de la Purification*
France et Ruante. — Le roi
Henri Ier épouse Anne, fille d'Iaroslaw, prince de Russie.
Italie et normands* — Los
Grecs , incapables d'arrêter les progrès des Normands, assassinent leur chef, Drogon. Son frère Umfroy lui succède dans la principauté de Pouille et dans le commandement militaire.
Allemagne et Bohême. —
L'empereur, allié des Polonais, as* siège Brzétislas dans sa capitale , Prague. Le roi de Bohême, obligé à l'hommage et au tribut , garde son royaume, qui était augmenté alors d'une partie de la Silésie et de la Moravie.
Eapagne. — Le roi de Navarre fonde à Najéra , un peu à l'ouest de Logrono , un monastère auquel il s'engage, pour lui et pour ses successeurs, à donner la dîme de toutes les conquêtes faites sur les Sarrasin^.
Rome* — L'empereur cède au saint-siége ses droits sur la ville de Bénévent, qui appartenait aux Lombards, en dédommagement d'un tribut annuel que lui devaient les rois de Germanie, au sujet de la fondation de l'évêché de Bamberg faite cinquante ans plus tôt.
Angleterre. — Le fils aîné de Godwin , Harold , hérite de sa puissance , et mérite la faveur du roi Édouard et du peuple anglo-saxon.
Empire d'Allemagne, Empire grec, normands et Rome.
— Le pape est l'âme de la ligue qui se forme entre les Grecs et les Allemands contre les Normands de la Pouille; il est allé solliciter le secours d'Henri III, et ramène un corps de troupes allemandes, commandé par Godcfroi le Barbu , duc de Basse-Lorraine. Les Grecs marchent avec lui au combat de Civitclla
276 XIe SIÈCLE
ou Civitata, au nord de Lucéric (18 juin). L'armée normande, commandée par Umfroy et par son frère consanguin Robert Guiscard, l'Adroit ou le Rusé , est victorieuse et fait le pape prisonnier.
Kmplrc grec et Ilomc. — Le
patriarche de Gonslantinople, Michel dit Cérulairc, se déclare contre l'Église romaine ; il attaque et refuse de suivre certains usages du rite latin.
Emplie grec. — Gonstanlin Monomaquc est renversé par la sœur de Zoé qui l'avait fait empereur , Théodora. Celle-ci s'entoure de sages ministres et de bons généraux.
Empire grec et Rome* — Trois légats de Léon IX, envoyés à Constanlinople, sont bien reçus par l'empereur Constantin Monomaque.
Mais le patriarche Michel persiste dans son opposition; solennellement excommunié, il entraîne le clergé^et le peuple dans son parti (juillet). — C'est l'origine du schisme qui depuis, jusqu'à nos jours, a séparé les Grecs de l'Église latine.
Espagne* — Une perfidie de Ferdinand Ier, roi de Léon et de Casiille, cause la guerre avec la Navarre ; le roi Garcie est tué dans un combat près de Burgos. — Ferdinand I,r n'empêche pas les Navarrais de faire roi le fils aîné de Garcie.
France. — Les troupes d'Henri Itr sont battues par le duc de Normandie, dojit il avait soutenu un vassal rebelle. — Un concile à Narboune recommande de nouveau la trêve de Dieu, et l'étend aussi du mercredi soir au lundi malin.
Normand* et Rome. — Léon IX, prisonnier des Normands , leur accorde, comme fief relevant du saintsiége, tous les pays qu'ils pourront conquérir en Galabre et en Sicile (mars); il devient ainsi, quelques mois après le commencement du grand schisme, le suzerain de pays qui
APRÈS J. C
appartenaient a l'empire d'Orient 11 meurt peu de temps après ' Rome (avril).
Bohême. — Brzétislas en mourant, suivant l'usage tschèque, laisse le duché de Bohême entier à son flls aîné; la Moravie seulement servit à former des apanages pour trois autres de ses fils; et le cinquième n'eut que l'expectative de l'évêché de Prague.
D'après le droit de majorât, le plus âgé des princes devait succéder, sans distinction de la branche dont il était issu.— Le nouveau duc chasse tous les Allemands, qui vivaient sur la terre de Bohême comme dans un pays de conquête; il n'excepte pas sa mère, qui est d'origine franconienne.
France. — L'hérésie de Berenger de Tours occupe les conciles de Tours et d'Angers.
Italie. — Le grand domaine de Toscane, de Modène, de Reggio, etc., qui aurait dû, faute d'héritier mâle , faire retour au suzerain l'empereur, est réservé à la jeune comtesse Mathilde par sa mère Béatrix, qui a épousé, après la mort du marquis de Toscane, Boni face 11 le Vieux, le duc de Basse-Lorraine, Godefroi le Barbu.
Rome* — Léon IX étant mort dans les derniers jours de l'année 1054, les Romains demandent un pape à l'empereur. L'influence d'un moine toscan, Hildebrand, qui a pratiqué la règle bénédictine àCluny et qui est alors sous-diacre , fait désigner un évêque de Bavière, Victor II.
Russie. — - Mort d'Iaroslaw. Il a pifblié des lois sages et humaines sous le nom de Vérités russes ; des écoles gratuites et la propagation des meilleurs ouvrages de la Grèce civilisent les peuples. — Celui des cinq fils d'Iaroslaw qui a reçu en apanage le territoire de Pérelaslawl ,
XIe SIÈCLE APRÈS J. C.
sot le Dnieper, combat les Turcs, maîtres des régions méridionales.