PREMIÈRE PARTIE DU XV* SIÈCLE
APERÇU GÉNÉRAL
La première partie du xve siècle finit en U53, à la prise de Con slanlinople par les Turcs ottomans.
XVe SIÈCLE APRÈS J. C.
Le grand schisme domine l'histoire de tous les états chrétiens. Les conciles de Pise, de Constance et de Bâle nomment chacun à son tour un pape : le premier pour remplacer deux pontifes rivaux ; le second pour appliquer les principes de réformes déjà posés et qui furent encore laissés en oubli; le troisième pour couvrir les prétentions démocratiques et révolutionnaires d'une fraction de l'Église et tenir tête au pape légitime de Rome, qui s'appuie sur un autre concile, le concile de Florence. La condamnation des hérétiques de Bohème est l'œuvre des pères de Constance ; ceux de Florence décrètent la réconciliation des Églises latine et grecque , sans pouvoir réveiller les sympathies de l'Occident en faveur des Grecs enveloppés par les Turcs; la supériorité des conciles généraux sur les papes, proclamée à Constance et à Bâle, n'empêche pas Nicolas Y, qui triomphe avec le concile de Florence, de raffermir et de propager en Italie la puissance du saint-siége.
L'Allemagne semble avoir fait le sacrifice de ses anciens droits sur la péninsule: l'empereur Robert, choisi par les électeurs ecclésiastiques; Sigismond, le second fils de Charles IV; Frédéric IM, prince de la maison d'Autriche renouvelée, qui a régné depuis sans interruption , hasardent de courtes apparitions en Italie. Rome pourrait redevenir le centre de la nation italienne , soustraite à la tutelle germanique. Les empereurs songent surtout à agrandir et à faire prospérer leurs États héréditaires. Leur pouvoir impérial est trop limité par la diète, qui fait les lois, les traités, les alliances, les déclarations de guerre, exerce la haute police, et se réserve mémo des attributions judiciaires ; les membres immédiats du corps germanique sont partagés en quatre classes : le collège des électeurs, celui des princes, le corps des villes libres et impériales, le corps de la noblesse immédiate.
Sous des empereurs faibles, sous des papes rivaux, les factions guelfe et gibeline se sont presque éteintes en Italie. A Milan , les Visconti , après avoir longtemps lutté contre Venise pour empêcher ses conquêtes en terre ferme, laissent aux Sforza, famille d'aventuriers braves et heureux, un duché encore considérable, mais difficile à garder. Les Médicis s'étudient à calmer les agitations des Florentins pour leur faire goûter tous les fruits de la liberté, du culte des lois, de l'industrie et des lettres ; Pise et Livourne , au pouvoir de Florence, lui donnent les avantages des villes maritimes, sans l'exposer aux mêmes périls. Naples, qui a vu se renouveler, sous les princes de la maison de Duras, les anciennes luttes angevines, est enfin conquise par les Aragonais de Sicile : Alphonse, roi d'Aragon et des grandes îles de la Méditeranée, se rend digne
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de régner sur des Italiens, par la protection qu'à l'exemple du pape et des Médicis il accorde aux beaux-arts.
II domine à la fois les deux péninsules. La Navarre passe par un mariage sous l'influence de son fils dont l'ambition cause des luttes parricides. La Castille ne connaît plus que les guerres de la noblesse contre le roi. Les Portugais vont chercher sur la côte atlantique de l'Afrique des expéditions saintes et des courses d'aventures qui leur préparent un siècle de gloire et de prospérité commerciale.
Le siècle s'ouvre en France par un lamentable spectacle : la démence du roi , les intrigues et les perfidies de la reine Isabeau de Bavière, les rivalités sanglantes des deux maisons d'Orléans et de Bourgogne, toutes deux d'origine royale; des massacres rendus pour des massacres au sein de Paris; l'assassinat pour l'assassinat; nos provinces au pouvoir de l'Anglais Henri V de Lancastre qui n'étant pas, comme son père, obligé de donner tous ses soins à s'affermir sur un trône usurpé, avait recommencé la guerre de France. La bataille d'Azincourt est complétée par le traité de Troycs. Le peuple de France , accablé de tous les fléaux , en proie aux soldats, aux seigneurs, aux impôts, à la famine, aux maladies contagieuses, n'abandonne pas le légitime successeur du pauvre roi. Charles VII doit le bonheur de recouvrer le royaume à l'héroïsme inspiré de Jeanne d'Arc, à la bravoure patriotique de la petite noblesse, bientôt même au duc de Bourgogne, chèrement racheté au parti national, et à l'argent de Jacques Cœur, qui fut ensuite exilé et dépouillé. La France sort de ses ruines par la ferme énergie du roi, qui ne fait grâce ni aux seigneurs traîtres ou cupides, ni au dauphin ambitieux. Au moment où les Anglais sont enfin chassés de nos provinces, ils s'agitent dans leur île au sein des factions nées de l'opposition des maisons de Lancastre et d'York qui, toutes deux, descendaient d'Édouard III.
Dans les États du nord , la rivalité de nations arme les Suédois contre le Danemark, auquel ils ne veulent pas rester soumis. Mais les Suédois auraient dû d'abord être unis entre eux pour échapper à la suprématie danoise. C'est plus qu'une question de suprématie qui, depuis près de deux siècles, s'agite entre les Russes et les Mongols de la grande horde; le joug pèse sur les Slaves, gardiens d'une des portes de l'Europe.
A l'extrémité orientale du monde chrétien , l'existence môme des Grecs est en question : les secours des Occidentaux , si souvent imet achetés d'avance par une promesse de réunion des deux , ont été moins utiles aux Paléologue que l'invasion des Mon-
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gols conduits par le terrible Tamerlan. Mais après vingt années de désastres ou d'anarchie intérieure , les ottomans reparaissent jus* qu'au nord de la Thrace, sur le Danube, et en Albanie ; si le Hon« grois Jean Huniade et FAIbanais Scanderberg semblent invincibles, dans le port et sous les murs de Constantinople le nouveau sultan Mahomet II n'a affaire qu'à quelques milliers de Génois, et à des Grecs sans armes ou sans courage : le dernier empereur, Constantin XII, meurt du moins noblement; Constantinople devient la capitale de la puissance ottomane établie en Europe.
Quelques récits d'histoire militaire ou ecclésiastique, et des travaux d'érudition ou de grammaire ferment l'âge byzantin sous la domination des Paléologue. Gemisthe Pléthon, et surtout Bessarion, son disciple, venus à Florence pour la réconciliation des deux Églises, y apportent le goût des lettres grecques. Dans la langue latine, la théologie s'honore des noms de Pierre d'Ailly, qui a écrit sur la réforme de l'Église , et de Gerson , une des grandes lumières de l'université de Paris et du concile de Constance, défenseur des principes gallicans , l'un des auteurs présumés de V Imitation de Jésus- Christ; il s'est occupé d'astrologie et a censuré trop sérieusement le Roman de la Rose. La littérature profane est cultivée surtout par Léonard Arétin , le Pogge et Guarin de Vérone : leur latinité a de la correction et de l'élégance, et n'est pas indigne quelquefois de celle des anciens; la recherche, l'interprétation, ou la traduction des manuscrits perdus ou oubliés, des ouvrages historiques, des mémoires sur les événements publics du temps, des discours, des lettres, des satires prouvent leur goût et la fécondité de leur esprit.
La poésie italienne crée le genre fantasque et se plaît à la composition de sonnets. En France, l'historien Enguerrand de Monstrelet, moins habile et moins éclairé que Froissart, pâlit devant Alain Chartier, orateur et poète : cette bouche « de laquelle étaient issus tant de mots dorés » reçut un baiser de la dauphine Marguerite d'Écosse, belle-fille de Charles VII. Les poésies légères de Charles d'Orléans, le prisonnier d'Azincourt, ont du naturel et de la grâce, et sont empreintes d'un sentiment parfait de la mélodie; mais il parait étranger aux fortes émotions de l'âme. Les compositions des mystères, jouées par les acteurs de la passion de Jésus-Christ ; les moralités, les farces et les sotties , jouées par les clercs du palais f organisés en corporation de la basoche, et à qui l'occasion des fêtes particulières à leur profession attire un grand concours de peuple, donnent naissance au théâtre français.
^ La propagation des lumières va "être accélérée par l'invention de rimprimerie. Déjà au moyen de planches de bois solides , on avait
représenté des mots et des lignes d'écriture sur les cartes à jouer ; on avait imprimé des recueils d'images avec de courtes inscriptions, et des livrets d'église ou d'école. L'idée des types mobiles, premier germe de la typographie proprement dite, est conçue avant 4440 par Guttemberg ; les caractères mobiles de fonte , inventés enfin soit par Guttemberg, soit par Fust, perfectionnés par Schœffer, sont employés pour la première fois par ces trois artistes à l'impression d'une Bible, commencée à Mayence vers U50. Les premiers livres imprimés avec une date positive sont les psautiers de Mayence de U57 et 4459, le traité de Durand sur les offices divins en 4459, le Catholicofiy ou dictionnaire latin de Jean Balbi en 4460. En moins de vingt ans, Rome, Venise, la France, l'Angleterre et l'Espagne ont des imprimeries ; à la fin du siècle , on imprimera dans deux cents villes de l'Europe. Cette découverte est dans l'histoire de la civilisation humaine et des révolutions politiques et religieuses de l'Europe le véritable point d'arrêt entre le moyen âge et les temps modernes.
1400. promise : Bajazet s'apprête à la con-
AiflAMkAM.A i quérir. Mais les Mongols, à la solli-
tan TZSZSS^ îtt ~ Station des Grecs et des émirs déeurs ecclésiastiques et le comte pa- é(Jés ar le suItan s»é,ancent, en
a m du Rhin déposent Wenceslas et franchissant l'Euphrate, sur les terres u, substituent un autre empereur oltomanes. Sivas l'ancienne Sébaste),
Lab In Zutt L™"1* 'écente conquête de Bajazet, au bout
palatin Robert reçoit la couronne. de dix.huit Mjours de siège, est era-
— Mort du premier portée d'assaut et saccagée par Ta-
poëte anglais, Chaucer : ses merlan.— Les Mongols frappent aussi,
itions ressemblent un peu à en Syrie, les mameluks d'Egypte, af-
celles de Boccace. Sectaire de Wl- faiblis par les luttes intestines.
Tu fiV2!ruété Vf™*™16, 801,3 Italie. - Malgré le deuil de R.chard II, il était rentré en faveur rÉ Ifae en proie au schlsmeï le ju.
à l'avènement des Lancastre , ses bllé attire à Rome un concours improtecteurs, mense de fidèles sans distinction
Eupagne. — En représailles des d'obédience, pirateries des Africains, Henri 111 de
Casulle envoie sa flotte occuper la 1401.
position de Tétouao, sur la côte au Allemagne et Italie.— Expé-
sud de Ceuta. dll!on de j»empereur Robert pour
France. — Les chroniques de enlever le Milanais à Jean Galéas
Proissart s'arrêtent à Tan 1400 : Visconti. Venise, où il restera quatre
Monstrelet, qui est né en Flandre, mois, lui fait bon accueil, mais ne
les continue de 1400 à 1453. lui fournit pas d'armée.
Cirées, ifiongols et Tore*. — Angleterre. — Incessantes ré-
le prince Jean refuse de livrer à voiles de la noblesse pendant dix ans?
fcjaxet Constantinople, qu'il lui a les Gallois reprennent les armes. — .
Le comte de la Marche, Edmond Mortime r , descendant du deuxième flls d'Édouard III, Lionel de Clarence , est opposé à Henri IV.
Kniptre grec. — L'empereur Manuel Paléologue parcourt l'Europe pour solliciter des secours contre Bajazet.
DNpnKne. — Henri III de Castille diminue les impôts pour les gens de la campagne ; il réprime la cupidité des juges et des agents du fisc.
Hongrie. — Le roi Sigismond est quelque temps prisonnier de ses sujets, les nobles de Hongrie.
Halle. — Le comte de Savoie, Amédée VIII acquiert le Génevois.— Boucicaut, maréchal d« France, envoyé à Gènes en qualité de gouverneur, y fait cesser le désordre par sa sévérité.
raongol». — Tamerlan quitte la Syrie pour achever la conquête de l'Irak babylonien. Bagdad est pour la seconde fois détruite (9 août).
Allemagne. — L'ordre teutonique achète de Sigismond , margrave de Brandebourg, dont Josse n'est que l'engagist*», la partie de la Marche située au delà de l'Oder : l'ordre acquiert ainsi une voie de communication directe avec l'Allemagne.
Bohême et Pologne. — Wladislas Jagellon, roi de Pologne, refuse la couronne que kii offrent les Bohémiens révoltés.
Espagne et Sicile. — Martin le Jeune , fils du roi d'Aragon Martin l'Ancien, marié depuis onze ans à la reine de Sicile, règne seul après la mort de sa femme (mai).
France. — Lettres patentes du roi en faveur de la confrérie de la
Rassion et de la résurrection de otre-Seigneur : elle pourra donner en spectacle au peuple , les jours de féte religieuse, les drames appelés mystères; la représentation en durait souvent pendant plusieurs jours.
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Italie. — Puissance de Jean Galéas Visconti. Il repousse les troupes de l'empereur ; est accepté pour seigneur par Pérouse; bat, avec le concours de Gonzague de Mantoue, les armées confédérées de Florence et de Bologne. Jean Bentivoglio , seigneur de Bologne, est tué par ses sujets qui acceptent pour prolecteur Jean Galéas. Florence est forcée d'accepter son alliance. 11 est entouré d'artistes et de savants ; il a favorisé l'agriculture et l'art militaire. A sa mort , son fils aîné , âgé de quatorze ans, lui succède à Milan; le second à Pavie, Verccil, Alexandrie, Tortone, Vérone et Vicence.
mongols et Tnrc». — Rencontre furieuse à Ancyre ou Angouri, dans l'Asie Mineure : trois jours de combat, délaite de Bajazet; il est fait prisonnier et traité avec honneur.
Sa mort en captivité a donné lieu à la fable de la cage de fer. Les Mongols sont maîtres de l'Anatolie , ils passent à Pruse et à Nicée. — Anarchie dans l'empire ottoman : onze ans de luttes intestines entre les (ils de Bajazet ; les deux armées d'Kurope et d'Asie ont chacune leur prétendant, l'un à Andrinople, l'autre à Pruse.
France. — La France accepte l'obédience du pape d'Avignon, Benoit XIII , mais en ne lui laissant qu'une autorité nominale sur l'Eglise.
Hongrie. — Le parti pontifical donne pour quelque temps la couronne au roi de Naples, Ladislas Duras.
Italie. — Le Français Boucicaut emploie contre les infidèles , sur les côtes de Phénicie , la flotte que les Génois destinaient à protéger Famagouste, qu'ils ont conquise dans l'Ile de Chypre : sac de Beyrout où habitaient des marchands vénitiens; en représailles , le Vénitien Charles Zéno sort du port de Modon pour assaillir au passage des vaisseaux génois. Pendant plusieurs années Bou-
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cicaut continue les incursions sur les côtes musulmanes. — Pertes des Visconti , quoique les jeunes fils du duc Jean Galéas aient pour régents l'habile condottiere Jacques de Verme et Charles Malatesta, seigneur de Riminl : réveil des factions guelfe et gibeline. Bologne et Pérouse se donnent au pape; Sienne redevient libre ; Parme, Plaisance, Beggio, Verceil , Novare le seront bientôt.
Mon gol0. — Ta merlan , auquel le roi de Castille a envoyé depuis 1393 des députés qui ont assisté au combat d'Ancyre, a répondu par une ambassade à ces propositions d'amitié :
parmi les nouveaux députés qui viennent de la Castilic, l'un d'eux, Ruy Gonzalès de Clavijo, a laissé un journal de son voyage.
Pologne. — Conquête du territoire russe de Smolensk.
Allemagne. — Confédération de princes d'Allemagne avec les rois de France et de Pologne pour rétablir l'empereur déchu Wenceslas. — Vigoureuse résistance des Ditmarses contre les comtes de Holstein ; ce peuple qui occupe un pays fertile entre les embouchures de l'Elbe et de l'Eider , environné de digues et coupé de canaux pour le détendre des inondations, est cause en deux ans de la mort de deux comtes.
France. — Mort du duc de Bourgogne; Jean sans Peur, son fils, lui succède. — Le duc d'Orléans gouverne au nom du roi son frère. — Le roi de Navarre reçoit le duché de Nemours.
Italie. — Venise achète Vicence que le duc de Milan ne pouvait défendre contre François Carrare H.
Celui-ci se fait proclamer seigneur à Vérone. — Le roi de Naples, Ladislas de Duras, s'immisce daus les affaires (ies Romains soulevés contre le pape.
Hongol*. — Tamerlan retourne à Samarcande.
Pologne. — L'ordre teulonique
qui a déjà une partie de la marche de Brandebourg se fait céder par le roi de Pologne le duché de Saraogitie : c'est l'époque de la plus grande prospérité de Tordre; les villes qu'il possède en Prusse rivalisent par leur activité commerciale avec les grandes cités de la Baltique.
Danemark,- Marguerite se fait céder par la comtesse de Holstein presque tout le Slesvig comme gage de l'argent qu'elle lui prête.
France. — Désordres de la reine ; rivalité des ducs d'Orléans et de Bourgogne; feinte réconciliation à Vinceunes.
Italie. — Alliance de Venise et de Milan contre les Carrare. Les troupes vénitiennes prennent Vérone et Padoue. Carrare vient implorer la miséricorde du sénat qui le jette dans un cachot. — Amédée Mil de Savoie fonde l'université de Turin.
Mongols. — Tamerlan part pour la conquête de la Chine. Il meurt en route à Otrar, dans le Turkestan, à soixante et onze ans (l*r avril). Il a laissé la mémoire du conquérant le plus infatigable et le plus cruel. Bichesse agricole et commerciale du pays de Samarcande où il résidait :
les produits de toutes les parties du monde y affluaient.
Angleterre et Ecosse. — Le
roi d'Ecosse , Robert III Stuart, qui redoute l'ambition de son frère, le duc d'Albany , meurtrier de son fils aîné, envoie en France son second fils Jacques : une tempête le jette sur la côte d'Angleterre , où il est retenu prisonnier pendant dix-huit ans. Douleur et mort du roi. Administration du duc d'Albany au nom de Jacques IeP.
Kftpaajne. — Mort de Henri 111 de Castille. Il laisse un fils de moins de deux ans. Son frère Ferdinand refuse la couronne et respecte le droit
de cet enfant dont H administre, défend et agrandit le royaume.
France et Rome. — Le clergé de France, réuni à Paris, demande la convocation d'un concile général pour terminer le schisme. Le nouveau pape de Rome , Grégoire Xll , écrit à Benoit XIII, le pape d'Avignon, au roi et à l'université de Paris pour les assurer de son désir de concorde : promesse sans efTet.
Italie. — Le Jeune duc de Milan, Jean-Marie Visconti , donne à Guido Torelli , le fief comtal de Guastalla que conservera sa maison. — Prise de Pise par les Florentins ; son port est barré par des chaînes : Florence dédaignera de s'en servir. — Atrocités du gouvernement vénitien : le conseil des Dix condamne à mort François H Carrare et ses deux fils; ils sont étranglés.
France. — Jean sans Peur fait assassiner à Paris Louis, duc d'Orléans, frère du roi.
Italie.— La république de Gènes fait la conquête de Sarzane , à l'entrée de la Toscane. Le conseil de la république donne à la banque de Saint-George sa forme constitutive, qui en a fait un des solides appuis financiers de l'État. — La ville de Lépante , sur la côte nord-ouest du golfe du même nom (golfe de Corinthe), se donne aux Vénitiens qui dédommagent le prince de Morée.
Espagne. — C'est autour de Jaen que se concentrent les efforts des Castillans et des Maures de Grenade.
Les chrétiens poussent jusqu'à Malaga. Le régent de Castille Ferdinand rend inutile l'intervention des vaisseaux africains de Tlemcen et de Tunis, appelés par le roi musulman d'Espagne.
France. — Valenti ne Visconti, veuve de Louis d'Orléans , demande Justice du meurtre. Le docteur Jean
lPRÈS J. C.
Petit ose en faire l'apologie au nom du duc de Bourgogne (mars); cependant Jean sans Peur est déclaré , par jugement, ennemi du roi et de l'État. Quand il a réduit les Liégeois, ses sujets rebelles, il revient triomphant dans la capitale où n'osent pas rester Charles VI et Isabeau.
France et nom e.— Benoit XIII excommunie tous ceux qui ne sont pas ses adhérents (16 mai) : déclaration de Charles VI et de l'université de Paris (21 mai); le maréchal de Boucicaut est chargé de s'assurer de sa personne ; il se sauve dans la Catologne, sa patrie (juillet). Convocation d'un concile à Pise au nom de plusieurs cardinaux qui veulent rendre la paix à l'Église.
Italie.— Ligue de Milan, de Ferrare , de Mantoue , de Riniini contre Terzi, maître de Parme, et Ottoboni, maître de Reggio (mai): l'armée confédérée est sous les ordres d'un nouveau condottière , Sforza Attendolo, fils d'un paysan de Colignoïa enRomagne, dont les débuts ne sont pas triomphants. — Un traître, Paul des tîrsins, livre Rome à l'ambitieux Ladislas de Duras (avril) qui n'y fait qu'un court séjour (juin). — Venise acquiert Patras : avec Patras et Lé-
Ï>ante, elle domine le bassin des lies oniennes. Cent mille ducats lui donnent Zara, conquête du roi de Naples.
Angleterre. — L'assemblée ecclésiastique d'Oxford défend de traduire en langue vulgaire aucun texte de l'Écriture sainte.
Bohême. — Progrès de l'hérésie de Jean Huss, qui avait étudié à Oxford et connaissait les doctrines de Wiclef : il attaquait, avec la tolérance de la noblesse , du roi et de la reine, dont il était confesseur, le clergé, le pape, les indulgences et la communion sous une seule espèce.
L'université de Prague, qui l'a élu recteur, se divise : quarante mille étudiants allemands et polonais se retirent des cours, en haine de l'iié-
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résfe. Il est excommunié ; l'Interdit est lancé par le pape contre la ville de Prague.
Danemark. — Commencement d'une longue guerre entre le Holstein et le Danemark au sujet du Slesvig, qui ne restera pas aux rois danois.
Kcpagne et «telle.— Mort du roi
de Sicile, Martin le Jeune : son père le roi d'Aragon, Martin l'Ancien, est accepté pour roi par les Siciliens.
France* — Toute-puissance du duc de Bourgogne , que la convention de Chartres semble avoir réconcilié avec la maison d'Orléans. II fait juger par des commissaires et décapiter Jean de Montagu, surintendant des finances.
Italie* — Concile de Pise où se rendent, avec les cardinaux, les patriarches latins, les archevêques, évéques et abbés, les quatre généraux des ordres mendiants , les députés de plusieurs universités, Surtout de celle de Paris , trois cents docteurs en théologie et en droit , des ambassadeurs de rois et de seigneurs (mars). Déposition des deux papes(Sjuin); élection d'Alexandre V ( 26 juin ). Mais Grégoire XII retiendra pendant cinq ans encore le titre de pape; Benoit XIII ne l'abandonnera qu'avec la vie. La réforme de l'Église est ajournée à un prochain concile indiqué pour dans trois ans. Le concile reconnaît le titre de roi de Naples à Louis II d'Anjou (27 juillet ) ; le titre d'empereur à neoceslas , le prince déchu. — La perfidie de Sforza cause la mort violente des seigneurs de Parme et de Kef?gio (27 mai ) : les deux villes subissent le marquis de Ferrare pour maître (27 juillet ). — Pendant que ftoucicaut gouverne Milan . dont les habitants l'ont appelé, Gènes renonce au protectorat de la France et accepte la tutelle du marquis de "muferrat. — Les troupes pontificales chassent de Rome l'armée de Ladislas de Duras.
Allemagne. — La mort de l'em-
pereur Robert donne lieu à la rivalité
des deux frères, Wenceslas et Sigismond, et de leur neveu Josse de Luxembourg, marquis de Moravie, margrave de Brandebourg.
Espagne. — Le roi d'Aragon et de Sicile meurt en Sardaigne , sans laisser d'héritier. Il est le dernier roi issu des anciens comtes de Barcelone, doul la dynastie a commencé en 1 137.
Deux aus d'anarchie ; cinq concurrents. — Le refus du tribut et de l'hommage par le roi maure de Grenade , Yousouf , amène les Castillans sous les murs d'Antéquera, au nordouest de Malaga , qui capitule au bout de six mois. Yousouf tous les deux ans renouvellera la trêve avec les chrétiens.
France. — Factions armées des Bourguignons et des Armagnacs : le jeune duc d'Orléans a épousé la fille du comte d'Armagnac; Paris et la France se partagent entre eux. La corporation des bouchers à Paris se met au service de Jean sans Peur ; les princes du sang se sont ralliés au parti d'Orléans.
Italie. — Louis II d'Anjou , le.
compétiteur de Ladislas de Duras au trône de Naples, est reçu à Rome.
Pologne. — Les Polonais et les Lithuaniens combattent en Prusse les chevaliers teutons, qui éprouvent un grand désastre.
Allemagne. — Mort de Josse de Moravie ; désistement de Wenceslas :
Sigismond est seul empereur. — Sigismond fait gouverner par le burgrave de Nuremberg, Frédéric, prince de la maison de Hohenzollern qui a déjà deux siècles et demi de durée, le margraviat de Brandebourg qu'il lui vendra en 14 16. — Comme roi de Hongrie, il revendique Zara aux Vénitiens ; guerre de deux ans.
Italie. — Victoire inutile de Louis 11 d'Anjou à Rocca-Stcca ou Ponte-Corvo, près du Garigliano.
«nUse.— Appenzell, menacé par
XVe SIÈCLE APRÈS J. C.
l'abbé de Saint-Gall qui prétendait & une domination tyrannique sur la cité et par la maison d'Autriche f forme un traité réciproque de bourgeoisie perpétuelle avec sept cantons UelvéUques.
Danemark ^ Norvège et Suède.—Mort de Marguerite la Grande.
Ses qualités héroïques ; sa libéralité envers P Église ; fautes de sa vie privée. — Eric le Poniéranien , qui lui succède , est sans vertu et sans habileté. Il partage ses faveurs dans les trois royaumes entre des Danois et des Allemands.
Eftpagne. — Neuf juges, chargés de décider souverainement de la question de succession aux trônes d'Aragon et de Sicile qui désormais restent unis,- font roi Ferdinand le Juste, né de Jean hr, roi de Casiille, et d'une princesse aragonaise (juin).
—Il renonce à la régence de Castille.
France. — Honteuses promesses faites par le parti armagnac aux Anglais dont il reçoit les secours (mai) : il s'aliène ainsi la nation et le roi.
Italie* — Jean-Marie Visconti meurt assassiné ( mai ) ; il n'est regretté ni de son frère Philippe-Marie, qui réunira toutes les possessions de Milan, ni de ses sujets. — Mort opportune de Facino Cane , qui avait usurpé Verceil, Alexandrie, Novare, Tortone et Pavie. — Fondation d'une université à Parme.
Orient. — Lutte de Chypre et des musulmans de Syrie, que protège mal le gouvernement central de PÉgypte, épuisé par les discordes
Turcs. -- Malgré leurs rivalités intérieures, les Turcs, sous Musa, font éprouver un grand désastre à l'empereur Sigismond, près de Sémendria, en Servie, sur le Danube.
Angleterre.— Mort de Henri IV.
Son fils Henri Y renonce à la vie de plaisir et saisit énergiquemeut la direction des affaires.
France. — Horreurs commises à Paris par la faction de Bourgogne avec Paide des Cabochiens. Ordonnance inutile pour la réforme du royaume.
Italie* — Un concile à Rome condamne les écrits de Wiclef.
Turc*. — Mahomet 1er, troisième fils de Bajazet, est reconnu sultan par les Ottomans: il rétablit l'empire ébranlé. Respecté de ses voisins, il vécut en paix avec l'empereur Manuel.
Angleterre* — Le roi arrête les effets d'une conspiration formée en faveur du comte de Mardi , descendant du second fils d'Edouard 1LI.
Danemark. — Les perfidies du roi du Nord, Éric, raniment pour vingt et un ans la lutte avec le Holstein à propos du Slesvig.
France* — Charles VI marche contre le duc de Bourgogne ; mais il lui accorde la paix devant Arras. — Au siège de cette ville, on fait usage pour la première fois des arquebuses, qu'on appelait canons à main.
Italie. — Le comte de Savoie a réduit à l'obéissance féodale le marquis de Saluces. 11 ne peut en obtenir autant du duc de Bourbon , nouveau seigneur de Bombes et de Beaujolais . dans le voisinage de ses possessions de la Bresse et du Bugey. — Expédition infructueuse de l'empereur Sigismond en Lom hardie. — Au règne de Ladislas, fort agité par des guerres d'ambition, succèdent les scandales et les intrigues honteuses de la cour de Jeanne II , sa sœur. Louis II d'Anjou ne renouvelle pas la guerre de dynastie.
Rome. — Sur la demande de P empereur, Jean XXIII se résigne à convoquer le concile de Constance, qui est le dix-septième concile général (nov.\ Les pères décident d'abord , malgré le pape, qu'ils opineront par nations et non par tètes ; les députés et les docteurs laïques y auront voix déli-
bérative. L'hérésiarque Jean Huss est emprisonné malgré un sauf-conduit de l'empereur.